Guémara
et de même, des boucs désignés pour expier un acte d'idolâtrie publique involontaire qui ont été perdus, et que l'on a séparés et sacrifiés d'autres à leur place — dans de tels cas, tous les animaux perdus, s'ils sont retrouvés par la suite, doivent être laissés mourir. C'est conforme à la halakha selon laquelle une offrande pour le péché dont le propriétaire a déjà obtenu l'expiation est laissée mourir. Tel est l'avis de Rabbi Yehouda. Rabbi Elazar et Rabbi Shimon disent : ils doivent paître jusqu'à ce qu'ils développent un défaut, puis ils sont vendus et le produit de la vente est affecté aux offrandes volontaires communautaires. Ils ne sont pas laissés mourir, car la halakha est qu'une offrande pour le péché communautaire n'est pas laissée mourir.
וְכֵן שְׂעִירֵי עֲבוֹדָה זָרָה שֶׁאָבְדוּ וְהִפְרִישׁ אֲחֵרִים תַּחְתֵּיהֶן – כּוּלָּן יָמוּתוּ. דִּבְרֵי רַבִּי יְהוּדָה. רַבִּי אֶלְעָזָר וְרַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמְרִים: יִרְעוּ עַד שֶׁיִּסְתָּאֲבוּ, וְיִמָּכְרוּ וְיִפְּלוּ דְּמֵיהֶן לִנְדָבָה. שֶׁאֵין חַטַּאת צִבּוּר מֵתָה.
Abaye explique son objection : mais pourquoi faudrait-il même attendre que les offrandes développent un défaut ? Disons ici aussi que le tribunal stipule tacitement à leur sujet que, s'il s'avère finalement qu'ils n'étaient pas nécessaires, ils ne doivent avoir qu'une sainteté qui réside dans leur valeur ; il devrait donc être possible de les racheter même s'ils ne développent pas de défaut.
וְאַמַּאי? לֵימָא לֵב בֵּית דִּין מַתְנֶה עֲלֵיהֶן!
Rabba repousse l'objection : as-tu dit qu'il y a une preuve tirée du cas des animaux perdus ? Les cas d'animaux perdus sont différents, car ils ne sont pas fréquents. Dès lors, le tribunal ne stipule pas pour une telle éventualité.
אֲבוּדִין קָאָמְרַתְּ? שָׁאנֵי אֲבוּדִין, דְּלָא שְׁכִיחִי.
Abaye insiste : mais considère le cas d'une vache rousse [parah adumah], qui n'est pas fréquente, et pourtant il est enseigné dans une baraïta : une vache rousse peut être rachetée pour toute disqualification qui lui arrive. Si elle meurt, elle sera rachetée ; si elle a été égorgée au mauvais endroit, elle sera rachetée ; si une autre, plus choisie qu'elle, a été trouvée, elle sera rachetée. Mais une fois que le prêtre l'a correctement égorgée sur son arrangement de bois sur le mont des Oliviers, elle ne peut plus être rachetée. On présume que la raison pour laquelle elle peut être rachetée si une autre plus choisie est trouvée est que le tribunal stipule tacitement que, dans un tel cas, elle doit être consacrée avec une sainteté qui réside dans sa valeur. Il ressort donc que, même pour des cas peu fréquents, le tribunal fait de telles stipulations. Rabba rejette la preuve : la vache rousse est différente, car dans tous les cas elle n'a que la sainteté des objets consacrés pour l'entretien du Temple [kodshei bedek habayit], qui réside uniquement dans la valeur de l'objet ; elle peut donc toujours être rachetée, même si elle est encore sans défaut.
הֲרֵי פָּרָה, דְּלָא שְׁכִיחָא, וְתַנְיָא: פָּרָה נִפְדֵּית עַל כׇּל פְּסוּל שֶׁבָּהּ – מֵתָה תִּפָּדֶה, נִשְׁחֲטָה תִּפָּדֶה, מָצָא אַחֶרֶת נָאָה הֵימֶנָּה תִּפָּדֶה. שְׁחָטָהּ עַל גַּבֵּי מַעֲרַכְתָּהּ – אֵין לָהּ פְּדִיָּיה עוֹלָמִית! שָׁאנֵי פָּרָה, דְּקׇדְשֵׁי בֶּדֶק הַבַּיִת הִיא.
Abaye demande : si c'est ainsi, si elle meurt ou est égorgée, comment peut-elle être rachetée ? Pour qu'un objet soit racheté, n'exigeons-nous pas qu'il subisse d'abord le processus de ha'amadah ve-ha'arakhah [mise debout et évaluation] ? L'animal doit être tenu debout devant un Cohen qui évalue ensuite le montant du rachat (cf. Vayikra 27, 11-12), et un animal mort ne peut pas se tenir debout. Rabba répond : conformément à l'avis de qui est-ce ? Conformément à l'avis de Rabbi Shimon, qui dit : les objets consacrés pour être offerts sur l'autel étaient inclus dans l'exigence de ha'amadah ve-ha'arakhah, mais les objets ayant la sainteté des objets consacrés pour l'entretien du Temple — comme la vache rousse — n'étaient pas inclus dans l'exigence de ha'amadah ve-ha'arakhah.
אִי הָכִי, מֵתָה אוֹ נִשְׁחֲטָה תִּפָּדֶה?! הָא בָּעֵינַן הַעֲמָדָה וְהַעֲרָכָה! הָא מַנִּי – רַבִּי שִׁמְעוֹן הִיא, דְּאָמַר: קׇדְשֵׁי מִזְבֵּחַ הָיוּ בִּכְלַל הַעֲמָדָה וְהַעֲרָכָה, קׇדְשֵׁי בֶּדֶק הַבַּיִת לָא הָיוּ בִּכְלַל הַעֲמָדָה וְהַעֲרָכָה.
Abaye demande : si, comme tu le prétends, la baraïta est conforme à l'avis de Rabbi Shimon, dis et essaie de justifier la clause finale, qui dit : une fois que le prêtre l'a correctement égorgée sur son arrangement de bois sur le mont des Oliviers, elle ne peut plus être rachetée.
אִי רַבִּי שִׁמְעוֹן, אֵימָא סֵיפָא: שְׁחָטָהּ עַל גַּבֵּי מַעֲרַכְתָּהּ, אֵין לָהּ פְּדִיָּיה עוֹלָמִית.
Et cet énoncé n'est pas conforme à l'avis de Rabbi Shimon, car n'est-il pas enseigné dans une baraïta : Rabbi Shimon dit que la viande d'une vache rousse correctement égorgée est susceptible de devenir rituellement impure avec l'impureté rituelle des aliments, bien qu'il soit interdit d'en consommer dans son état actuel, puisqu'elle a eu un moment où elle était apte à être mangée. Et pour expliquer quand elle l'était, Réch Lakich dit : Rabbi Shimon disait qu'une vache rousse peut être rachetée même lorsqu'elle est sur son arrangement de bois. Elle est considérée comme apte à être mangée en raison de la possibilité de la racheter, ce qui permettrait ensuite d'en consommer. Du commentaire de Réch Lakich, il ressort que la clause finale — et, par extension logique, le reste de la baraïta — n'est pas conforme à l'avis de Rabbi Shimon.
וְהָתַנְיָא, רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: פָּרָה מְטַמְּאָה טוּמְאַת אֳוכָלִין, הוֹאִיל וְהָיְתָה לָהּ שְׁעַת הַכּוֹשֶׁר; וְאָמַר רֵישׁ לָקִישׁ: אוֹמֵר הָיָה רַבִּי שִׁמְעוֹן, פָּרָה נִפְדֵּית עַל גַּב מַעֲרַכְתָּהּ!
Rabba concède donc que la vache rousse peut être rachetée en raison du fait que le tribunal fait une stipulation à son sujet ; néanmoins, il défend son avis selon lequel le tribunal ne stipule pas normalement pour des cas peu fréquents : plutôt, le cas de la vache rousse est différent, puisqu'elle a une grande valeur monétaire. Dès lors, pour éviter une perte importante, le tribunal fait une stipulation malgré le fait qu'il s'agisse d'un cas peu fréquent.
אֶלָּא שָׁאנֵי פָּרָה, הוֹאִיל וְדָמֶיהָ יְקָרִין.
La Guemara intercale une question concernant la baraïta : le Maître a dit dans la baraïta : si une vache rousse meurt, elle sera rachetée. La Guemara demande : mais peut-on racheter des objets consacrés afin d'en donner la viande aux chiens ? Certes non. Néanmoins, la viande d'une vache rousse morte sans avoir été égorgée ne convient à aucun autre usage. Rav Mesharshiya dit : elle est rachetée pour sa peau. La Guemara demande : mais le tribunal se tient-il debout en stipulant avec à l'esprit la peau de la vache, qui a vraisemblablement peu de valeur ? Rav Kahana dit : comme disent les gens dans un adage populaire : d'un chameau, même juste son oreille. Puisqu'un chameau est si précieux, même la chair de son oreille a de la valeur et devrait être sauvée si possible. De même, la peau d'une vache rousse sera aussi précieuse.
אָמַר מָר: מֵתָה תִּפָּדֶה. וְכִי פּוֹדִין אֶת הַקֳּדָשִׁים לְהַאֲכִילָן לִכְלָבִים?! אָמַר רַב מְשַׁרְשְׁיָא: מִשּׁוּם עוֹרָהּ. וְקָיְימִי בֵּית דִּין וּמַתְנוּ אַדַּעְתָּא דְּעוֹרָהּ?! אָמַר רַב כָּהֲנָא, אָמְרִי אִינָשֵׁי: מִגַּמְלָא אוּנַּהּ.
MICHNA : Abaye soulève une objection à la prétention de Rabba selon laquelle le tribunal stipule tacitement pour les objets consacrés aux offrandes publiques, à partir de la michna (2b) : les Sages dirent à Rabbi Shimon : quelle est la halakha quant à savoir si des boucs consacrés pour des jours différents peuvent être sacrifiés, celui-ci à la place de celui-là ? Par exemple, si un bouc avait été initialement consacré pour être sacrifié dans le cadre des offrandes supplémentaires du Yom Kippour, peut-il être sacrifié à la place dans le cadre des offrandes supplémentaires d'une Fête ? Rabbi Shimon leur répondit : un tel bouc peut être sacrifié. Ils dirent à Rabbi Shimon : puisque, selon toi, leur expiation n'est pas la même, comment pourraient-ils être sacrifiés ? Rabbi Shimon leur répondit : ils peuvent être permutés, car en fin de compte tous viennent expier la souillure du Mikdash ou de ses aliments sacrés.
אֵיתִיבֵיהּ: אָמְרוּ לוֹ לְרַבִּי שִׁמְעוֹן, מַהוּ שֶׁיִּקְרְבוּ זֶה בָּזֶה? אָמַר לְהוּ: יִקְרְבוּ. אָמְרוּ לוֹ: הוֹאִיל וְאֵין כַּפָּרָתָן שָׁוָה, הֵיאַךְ הֵן קְרֵיבִין? אָמַר לָהֶן: כּוּלָּן בָּאִין לְכַפֵּר עַל טוּמְאַת מִקְדָּשׁ וְקָדָשָׁיו.
Abaye explique l'objection tirée de la michna : mais selon Rabba, pourquoi Rabbi Shimon a-t-il donné la raison qu'il a donnée ? Que Rabbi Shimon dise plutôt que le tribunal stipule tacitement à leur sujet qu'ils doivent être consacrés pour le jour où ils seront finalement apportés. Rabba répond : as-tu dit une preuve tirée d'un énoncé de Rabbi Shimon ? Rabbi Shimon n'accepte pas le principe que le tribunal stipule tacitement à leur sujet, comme il ressort de ce que Rav Idi bar Avin dit que Rav Amram dit que Rabbi Yo'hanan dit : à propos des agneaux consacrés pour les temidim qui n'ont pas été nécessaires au public — selon l'avis de Rabbi Shimon, ils ne sont pas rachetés s'ils sont sans défaut ; selon l'avis des Sages, ils le sont, même s'ils sont sans défaut.
וְאַמַּאי? לֵימָא לֵב בֵּית דִּין מַתְנֶה עֲלֵיהֶן! רַבִּי שִׁמְעוֹן קָאָמְרַתְּ? רַבִּי שִׁמְעוֹן לֵית לֵיהּ לֵב בֵּית דִּין מַתְנֶה עֲלֵיהֶן. דְּאָמַר רַב אִידִי בַּר אָבִין, אָמַר רַב עַמְרָם, אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: תְּמִידִין שֶׁלֹּא הוּצְרְכוּ לַצִּבּוּר, לְדִבְרֵי רַבִּי שִׁמְעוֹן אֵין נִפְדִּין תְּמִימִים, לְדִבְרֵי חֲכָמִים נִפְדִּין תְּמִימִים.
La Guemara demande : et les Sages qui ne sont pas d'accord avec Rabbi Shimon et tiennent que le tribunal fait de telles stipulations — qui sont-ils ? Où leur avis est-il consigné ? Si nous disions qu'il s'agit des Sages qui ont statué, dans la michna citée plus haut (Shekalim 4, 5), à propos de l'encens excédentaire, qu'il peut être racheté,
וְרַבָּנַן דִּפְלִיגִי עֲלֵיהּ דְּרַבִּי שִׁמְעוֹן – מַאן נִינְהוּ? אִי נֵימָא רַבָּנַן דִּקְטוֹרֶת –
Rachi
וכן שעירי ע"ז - צבור שחטאו בע"ז בהוראת ב"ד מביאין פר לעולה ושעיר לחטאת כדכתיב בפרשת שלח לך ואותו שעיר מתן דמו על הפרוכת ועל מזבח הזהב כדאמר בזבחים בפרק ב"ש (זבחים דף לט:):,כולן ימותו - דלא דמו לשעירי הרגלים דתנן בהו במתניתין לא קרבו ברגל זה יקרבו ברגל אחר אבל אלו אינן ראויין עד יום הכפורים לשנה הבאה וכבר עברה לה שנה והוו להו מתרומה ישנה והלכך ימותו כדין חטאת שכפרו בעליה שהלכה למשה מסיני חמש חטאות מתות וזו אחת מהם:,שאין חטאת צבור מתה - לא נאמרה הלכה דחמש חטאות אלא ביחיד וטעמא דר"ש מפרש בהוריות (דף ו:) ובתמורה (דף טו:):
לימא לב ב"ד מתנה עליהן - שיפדו בלא מום:
דלא שכיח - הילכך לא חשוב ב"ד להתנות עליהן:
והרי פרה - אדומה:,דלא שכיחא - בכל ימי בית ראשון ובית שני לא עשו אלא שבע:,על כל פסול שבה - אם אירע בה שום פסול תפדה:,נשחטה תפדה - נשחטה חוץ למקומה:,ע"ג מערכתה - בהכשר בהר המשחה ובמקום הבדוק לה מקבר התהום כדאמר בפרק בתרא דזבחים (דף קיג.):,אין לה פדייה עולמית - מאחר שנעשית בהכשר גנאי הוא להוציאה לחולין:,דקדושת בדק הבית היא - כלומר אינה מקדשי מזבח ליקדש קדושת הגוף לפיכך נפדית בלא מום ואינה צריכה לב ב"ד:
העמדה והערכה - שתעמוד על רגליה ויעריכנה הכהן כדכתיב (ויקרא כ״ז:י״א-י״ב) והעמיד את הבהמה לפני הכהן והעריך הכהן וגו':,דר"ש - במסכת תמורה בפרק בתרא (דף לב:):
פרה מטמאה טומאת אוכלין - אע"ג דאית ליה לר"ש איסורי הנאה אין מטמאין טומאת אוכלין ויליף ליה מכל האוכל אשר יאכל אוכל שאתה יכול להאכילו לאחרים קרוי אוכל ושאין אתה יכול להאכילו לאחרים אין קרוי אוכל במסכת מנחות בפרק המנחות והנסכים (מנחות דף קא:) ופרה איסורי הנאה היא:,מטמאה טומאת אוכלין - אם נגע שרץ בבשרה וחזר ונגע בשרה באוכלין טימאתן:,הואיל ויש לה שעת הכושר - לכך:,ואמר ריש לקיש - מהו שעת הכושר שלה:,אומר היה ר' שמעון פרה - שנשחטה כהלכתה על גב מערכתה:,נפדית - אם מצא נאה הימנה וסבירא ליה לר"ש העומד לפדות כפדוי דמי והויא ליה אוכל שאתה יכול להאכילו לאחרים:
אלא - לא תוקמה כר"ש והאי דקתני מצא נאה הימנה תפדה משום דלב ב"ד מתנה עליה אע"ג דלא שכיחא איידי דדמיה יקרין מסקי אדעתייהו לאתנויי: האי תנא סבירא ליה וכו' עד באין מעמידין לא גרסינן:
וכי קיימו ב"ד ומתנו - משום הצלה פורתא דדמי עורה:
נימא - להו ר"ש לב ב"ד מתנה שאם לא יקריב ברגל זה יקרב ברגל זה ולמה ליה לשנויי שינויא דחיקא כולן באין לכפר כו':
Tossafot
וכן שעירי ע"ז שאבדו. למאן דמפרש בפרק הוציאו לו (יומא דף נ.) דפר דקתני הכא הוא פר העלם דבר של צבור ניחא אבל למ"ד פר כ"ג תימה אמאי לא תני ליה פר העלם דבר בהדי שעירי ע"ז שרגיל לשנותם יחד כדקתני להו התם אמילתא דאחרים ועוד תימה מאי שנא דלא קתני פרי העלם דבר בלשון רבים כדקתני שעירי לשון רבים דמדקתני שעירי א"כ קסבר י"ב שבטים מביאים י"ב שעירים ה"נ מייתו י"ב פרים דשניהן שוין כדקתני פרק קמא דהוריות (דף ד:):
אי הכי נשחטה תפדה הא בעינן העמדה והערכה. תימה דמשמע דאי קדשי מזבח היא ניחא והא רבי יוחנן אית ליה בפרק בתרא דתמורה (דף לב: ושם) דאחד זה ואחד זה היו בכלל העמדה והערכה ומיהו יש לומר הך סוגיא אתיא כר"ל דאמר לרבנן קדשי מזבח לא היו בכלל העמדה והערכה אבל קשה דמעיקרא פריך אביי דלא אמר לב ב"ד מתנה עליהן ולבסוף פריך דאפילו במידי דלא שכיח אמר לב ב"ד מתנה עליהן ועוד דסבר דפרה קדשי מזבח היא וכן במסקנא ובכל דוכתין מסקינן שאני פרה דקדשי בדק הבית היא וסתמא דהש"ס בפ"ק דחולין (דף יא. ושם) מפרש דטרפות פוסל בפרה משום דחטאת קרייה רחמנא לכן נראה דאביי ידע שפיר דפרה קדשי בדק הבית היא ומ"מ סבר דאין נפדית אלא מחמת לב ב"ד מתנה עליהן להכי פריך והרי פרה דלא שכיח פירוש שימצאו נאה ממנה אפילו הכי מסקי דעתייהו ואמר לב ב"ד מתנה עליהם משום דקדשי בדק הבית היא א"כ בקדשי מזבח נמי אי אמר לב ב"ד מתנה עליהן אית לן למימר אפילו במילתא דלא שכיח ומשני שאני פרה דקדשי בדק הבית היא ואין צריך ללב ב"ד מתנה והשתא פריך אי הכי נשחטה תפדה אא"ב דמכח לב ב"ד נפדית כן דעתם להתנות ואי לאו תהא לדמי נסכים והוי כבעל מום מעיקרו דמודי ביה ר' יוחנן דלא בעי העמדה והערכה שפיר וא"ת ואי קדשי בדק הבית היא היכי פריך בסמוך וכי פודין את הקדשים להאכילם לכלבים הא של בדק הבית ודאי פודין דהא דאין פודין נפקא לן מואכלת ולא לכלביך (דברים יב) דכתיב בפסולי המוקדשים של מזבח כדמוכח בפרק ב' דבכורות (דף טו. ושם) דמההוא קרא נפקא לן גיזה וחלב של קדשי בדק הבית מותרים ואפילו קדם הקדישן למומן תנן התם דמותרין לאחר פדיונן בגיזה ועבודה ובהדיא קתני התם אם מתו יפדו יש לומר דמדרבנן אסור כדמוכח בפרק כל שעה (פסחים דף לב.) גבי חמץ של הקדש והא דקתני אם מתו יפדו היינו מדאורייתא:
פרה מטמאה טומאת אוכלין. מפורש במקום אחר:
וכי פודין את הקדשים. ואע"ג דפלוגתא היא בפ"ב דבכורות (דף טו:) אפילו בקדם הקדישן למומן מ"מ סתם משנה התם (דף יד.) ובפרק הזרוע (חולין דף קל.) כמ"ד אין פודין:,משום עורה. הקשה הר"ר מרדכי מ"ש מהא דאמר [זבחים] (דף קג:) בכור שנטרף קוברים אותו עם עורו לפי שאין פודין את הקדשים להאכילם לכלבים ולא אמר שיפדו משום עורו ולמאי דפרישית שאין פודין מדרבנן בקדשי בדק הבית ניחא ולפיכך מותר ליהנות מעורה אבל התם דאין פודין מדאורייתא אסור גם העור:
רבי שמעון לית ליה לב ב"ד מתנה עליהם. ולא מצי לשנויי אבודין שאני דאבודין דלעיל ודאי לא שכיחי דנזהרים לשמרן ביותר לפי שקדושתן מרובה שדמן נכנס לפני ולפנים א"נ אינהו גופייהו לא שכיחי דפר ושעיר של יום הכפורים אינן אלא פעם אחת בשנה וכן שעירי ע"ז לא שכיחי כלל אבל הכא אע"ג דמיירי נמי בשעיר החיצון של יום הכפורים מכל מקום שעירי חיצונים שכיחי טובא ואבודין דידהו שכיחי ומסקי בית דין דעתייהו להתנות עליהן:
Texte : Sefaria — William Davidson Edition - Vocalized Aramaic · traduction française de travail, à valider.