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Traité Shabbat

9b

Étude de Shabbat 9b

Étude de la Mishna & Guémara 9b

Mishna 1
MICHNA : Après avoir traité le sujet limité et défini des lois du transport d'un domaine à l'autre le Chabbat, la Michna commence à exposer les lois du Chabbat selon l'ordre chronologique, en débutant par les activités que l'on ne doit pas accomplir avant l'entrée du Chabbat. À propos de la conduite quotidienne, la Michna enseigne : une personne ne doit pas s'asseoir devant le coiffeur à l'approche de l'heure de Min'ha, jusqu'à ce qu'elle ait récité la prière de l'après-midi. Et une personne ne doit pas entrer au beit hamer'hats (les bains), ni entrer pour travailler dans une tannerie [boursaki]. Et elle ne doit ni commencer à prendre une séouda (un repas), ni siéger pour rendre un jugement, jusqu'à ce qu'elle ait prié. Toutefois, si ces personnes ont déjà entrepris l'une de ces activités, elles n'ont pas besoin de s'interrompre pour réciter la Téfila de la Amida. Le Tana énonce un principe : on s'interrompt dans toutes ces activités pour réciter le Chéma, mais on ne s'interrompt pas pour réciter la Amida.
מַתְנִי׳ לֹא יֵשֵׁב אָדָם לִפְנֵי הַסַּפָּר סָמוּךְ לַמִּנְחָה עַד שֶׁיִּתְפַּלֵּל. לֹא יִכָּנֵס אָדָם לַמֶּרְחָץ, וְלֹא לַבּוּרְסְקִי, וְלֹא לֶאֱכוֹל, וְלֹא לָדִין, וְאִם הִתְחִילוּ — אֵין מַפְסִיקִין. מַפְסִיקִין לִקְרוֹת קְרִיאַת שְׁמַע וְאֵין מַפְסִיקִין לִתְפִלָּה.(משנה)
Guémara
GUEMARA : D'abord, la Guemara cherche à préciser : de quelle « approche de Min'ha » s'agit-il, autrement dit, l'approche de quelle Min'ha la Michna vise-t-elle ? Car il existe une différence entre l'heure de la grande Min'ha [Min'ha guedola], qui commence environ une demi-heure après midi, et l'heure de la petite Min'ha [Min'ha ketana], qui commence environ deux heures et demie avant le coucher du soleil. La Guemara développe : si tu dis qu'il est interdit d'accomplir toutes ces activités à l'approche de Min'ha guedola, pourquoi cela ? N'y a-t-il pas encore beaucoup de temps qui reste dans la journée ? Il faut donc dire plutôt que la Michna vise l'approche de Min'ha ketana.
גְּמָ׳ הֵי ״סָמוּךְ לַמִּנְחָה״? אִילֵּימָא לְמִנְחָה גְּדוֹלָה — אַמַּאי לָא? הָאִיכָּא שְׁהוּת בַּיּוֹם טוּבָא! אֶלָּא סָמוּךְ לְמִנְחָה קְטַנָּה.
La Guemara objecte sur la base de la MISHNA : « si ces personnes ont commencé, elles n'ont pas besoin de s'interrompre. » Disons que ceci constituera une réfutation décisive de l'opinion de Rabbi Yéhochoua ben Lévi, car Rabbi Yéhochoua ben Lévi a dit : dès que le temps de la prière de l'après-midi est arrivé, il est interdit à une personne de goûter quoi que ce soit avant d'avoir récité la prière de Min'ha. Cela implique que, même si l'on a commencé à manger, on doit s'interrompre.
אִם הִתְחִילוּ אֵין מַפְסִיקִין. נֵימָא תֶּיהְוֵי תְּיוּבְתָּא דְּרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי, דְּאָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: כֵּיוָן שֶׁהִגִּיעַ זְמַן תְּפִלַּת הַמִּנְחָה, אָסוּר לְאָדָם שֶׁיִּטְעוֹם כְּלוּם קוֹדֶם שֶׁיִּתְפַּלֵּל תְּפִלַּת הַמִּנְחָה.
La Guemara rejette cette explication et répond : en réalité, la Michna vise bien l'approche de Min'ha guedola, et l'énoncé de Rabbi Yéhochoua ben Lévi traite, lui, de l'approche de Min'ha ketana. En réponse à la question : si la Michna vise l'approche de Min'ha guedola, ne reste-t-il pas un temps considérable dans la journée ? La Guemara explique que chacune des activités énumérées dans la Michna s'accomplit d'une manière particulièrement longue. Lorsque la Michna a dit « une personne ne doit pas s'asseoir devant le coiffeur », elle visait une coupe de cheveux à la manière de ben Elasa, dont la coiffure était très compliquée et exigeait plusieurs heures pour être achevée. Lorsque la Michna a dit « une personne ne doit pas entrer au beit hamer'hats à l'approche de Min'ha », elle visait l'ensemble des opérations liées à une visite aux bains : non seulement se laver, mais aussi se laver les cheveux, se rincer et transpirer. Et « elle ne doit pas entrer dans la tannerie à l'approche de Min'ha » : la référence est à une grande tannerie où se trouvent de nombreuses peaux à tanner, et où il doit engager le processus de tannage depuis le début. Et « elle ne doit pas entrer pour manger » : la référence est à une grande séouda, qui dure longtemps. Et « elle ne doit pas entrer pour siéger en jugement » : il s'agit d'un juge qui entre au commencement du procès, et, en général, il faudra longtemps avant qu'un verdict soit rendu.
לָא: לְעוֹלָם סָמוּךְ לְמִנְחָה גְּדוֹלָה — וּבְתִסְפּוֹרֶת בֶּן אֶלְעָשָׂה. וְלֹא לַמֶּרְחָץ — לְכוּלַּהּ מִילְּתָא דְּמֶרְחָץ. וְלֹא לְבוּרְסְקִי — לְבוּרְסְקִי גְּדוֹלָה. וְלֹא לֶאֱכוֹל — בִּסְעוּדָה גְּדוֹלָה. וְלֹא לָדִין — בִּתְחִלַּת דִּין.
Rav A'ha bar Ya'akov dit : en réalité, la Michna peut s'expliquer comme visant Min'ha guedola, et même notre coupe de cheveux ordinaire est interdite. Ab initio (d'emblée), pourquoi ne doit-on pas s'asseoir devant le coiffeur à l'approche de l'heure de Min'ha ? En raison d'un décret, de peur que les ciseaux ne se cassent et qu'un temps considérable ne s'écoule jusqu'à ce qu'on les répare ou qu'on s'en procure d'autres. Lorsque la Michna a dit « une personne ne doit pas entrer au beit hamer'hats à l'approche de Min'ha », c'est interdit même si elle n'entre que pour transpirer. Ab initio, pourquoi ne doit-elle pas entrer ? En raison d'un décret édicté par les Sages, de peur qu'elle ne s'évanouisse aux bains et qu'un temps considérable ne s'écoule jusqu'à ce qu'elle se remette. Et « elle ne doit pas entrer dans la tannerie à l'approche de Min'ha », même si elle a seulement l'intention d'examiner les peaux. Ab initio, pourquoi ne doit-elle pas entrer ? Par crainte qu'elle ne remarque un dommage à sa marchandise, ne devienne anxieuse et n'en vienne à réparer ce qui a été abîmé. Et « elle ne doit pas entrer pour prendre une séouda à l'approche de l'heure de Min'ha » : il s'agit même d'une petite séouda. Ab initio, pourquoi ne doit-elle pas entrer ? Par crainte qu'elle n'en vienne à prolonger longuement son repas. Et « elle ne doit pas entrer pour siéger en jugement à l'approche de l'heure de Min'ha » : la Michna vise même la conclusion du procès. Ab initio, pourquoi ne doit-elle pas entrer ? Par crainte qu'elle ne trouve une raison, contraire à ce qu'elle pensait initialement, et qu'elle ne renverse complètement le verdict, ce qui obligerait à recommencer le procès depuis le début.
רַב אַחָא בַּר יַעֲקֹב אָמַר: לְעוֹלָם בְּתִסְפּוֹרֶת דִּידַן, לְכַתְּחִילָּה אַמַּאי לֹא יֵשֵׁב — גְּזֵירָה שֶׁמָּא יִשָּׁבֵר הַזּוּג. וְלֹא לַמֶּרְחָץ — לְהַזִּיעַ בְּעָלְמָא. לְכַתְּחִלָּה אַמַּאי לָא — גְּזֵירָה שֶׁמָּא יִתְעַלְּפֶה. וְלֹא לַבּוּרְסְקִי — לְעַיּוֹנֵי בְּעָלְמָא. לְכַתְּחִלָּה אַמַּאי לָא — דִּילְמָא חָזֵי פְּסֵידָא בִּזְבִינֵיהּ וּמִטְּרִיד. וְלֹא לֶאֱכוֹל — בִּסְעוּדָה קְטַנָּה. לְכַתְּחִלָּה אַמַּאי לָא — דִילְמָא אָתֵי לְאִמְּשׁוֹכֵי. וְלֹא לָדִין — בִּגְמַר הַדִּין. לְכַתְּחִלָּה אַמַּאי לָא — דִילְמָא חָזֵי טַעְמָא וְסָתַר דִּינָא.
Nous avons appris dans la Michna que, si l'on a commencé l'une des activités susmentionnées — coupe de cheveux, bain, tannerie, séouda et jugement —, on n'est pas tenu de s'interrompre. La Guemara demande : à partir de quand considère-t-on que la coupe de cheveux a commencé ? Rav Avin dit : à partir du moment où l'on place le linge du coiffeur sur ses genoux. Et à partir de quand considère-t-on que le bain a commencé ? Rav Avin dit : à partir du moment où celui qui entre au beit hamer'hats pour se laver ôte son vêtement de dessus, son manteau. Et à partir de quand considère-t-on que sa visite à la tannerie a commencé ? À partir du moment où il noue le tablier de cuir entre ses épaules (Me'iri). Et à partir de quand considère-t-on que le repas a commencé ? Rav dit : à partir du moment où l'on se lave rituellement les mains pour la séouda. Et Rabbi 'Hanina dit : à partir du moment où l'on dénoue sa ceinture.
מֵאֵימָתַי הַתְחָלַת תִּסְפּוֹרֶת? אָמַר רַב אָבִין: מִשֶּׁיַּנִּיחַ מַעְפּוֹרֶת שֶׁל סַפָּרִין עַל בִּרְכָּיו. וּמֵאֵימָתַי הַתְחָלַת מֶרְחָץ? אָמַר רַב אָבִין: מִשֶּׁיַּעֲרֶה מַעְפׇּרְתּוֹ הֵימֶנּוּ. וּמֵאֵימָתַי הַתְחָלַת בּוּרְסְקִי? — מִשֶּׁיִּקְשׁוֹר בֵּין כְּתֵיפָיו. וּמֵאֵימָתַי הַתְחָלַת אֲכִילָה? — רַב אָמַר: מִשֶּׁיִּטּוֹל יָדָיו. וְרַבִּי חֲנִינָא אָמַר: מִשֶּׁיַּתִּיר חֲגוֹרוֹ.
La Guemara fait observer : et ils ne sont pas en désaccord. Plutôt, ceci — l'énoncé de Rabbi 'Hanina, qui a dit que le début du repas se compte à partir du moment où l'on dénoue sa ceinture — vaut pour nous, les gens de Babylonie, qui ont coutume de serrer fortement leur ceinture ; aussi le début du repas est-il le moment où l'on dénoue sa ceinture. Et cela — l'énoncé de Rav, qui a dit que le début du repas se compte à partir du moment où l'on se lave rituellement les mains — vaut pour eux, les gens d'Éretz Israël, qui ne serraient pas fortement leur ceinture ; aussi est-ce seulement lorsque l'on se lave les mains que le repas commence.
וְלָא פְּלִיגִי: הָא לַן, וְהָא לְהוּ.
De même, Abayé dit : ces érudits babyloniens de la Torah, selon l'opinion de celui qui dit que la prière du soir est facultative, dès que l'un d'eux dénoue sa ceinture, nous ne lui imposons pas d'interrompre son repas pour prier. Et la Guemara s'étonne : et selon l'opinion de celui qui dit que la prière du soir est obligatoire, lui imposerions-nous donc d'interrompre ? Tout le monde ne s'accorde-t-il pas à dire que la prière de l'après-midi est obligatoire ? Or nous avons appris dans notre Michna que, si ces personnes ont commencé à manger, elles n'ont pas besoin de s'interrompre. Et à propos de cette loi, Rabbi 'Hanina a dit : le début du repas se compte à partir du moment où l'on dénoue sa ceinture… [le folio se poursuit sur Shabbat 10a].
אָמַר אַבָּיֵי: הָנֵי חַבְרִין בַּבְלָאֵי, לְמַאן דְּאָמַר תְּפִלַּת עַרְבִית רְשׁוּת, כֵּיוָן דִּשְׁרָא לֵיהּ הֶמְיָינֵיהּ לָא מַטְרְחִינַן לֵיהּ, וּלְמַאן דְּאָמַר חוֹבָה מַטְרְחִינַן לֵיהּ?! וְהָא תְּפִלַּת מִנְחָה דִּלְכוּלֵּי עָלְמָא חוֹבָה הִיא, וּתְנַן אִם הִתְחִילוּ — אֵין מַפְסִיקִין. וְאָמַר רַבִּי חֲנִינָא מִשֶּׁיַּתִּיר חֲגוֹרוֹ!

Rachi

מתני' לא ישב אדם לפני הספר - להסתפר:,סמוך למנחה - קודם למנחה:,עד שיתפלל - שמא ישכח ולא יתפלל והא אפילו בחול נמי והא דתני הכא משום דדמי להא דתני גבה לא יצא החייט במחטו ע"ש עם חשכה שמא ישכח ויצא משתחשך:,ולא יכנס - סמוך למנחה:,לא למרחץ כו' - וטעמא דכולהו משום שמא ימשך עד שיעבור זמן תפלה:,ואם התחילו - אחת מכל אלו:,אין מפסיקין - אלא יגמור ואח"כ מתפלל ובגמרא (דף י.) מפרש בדאיכא שהות לגמור קודם שיעבור הזמן:,מפסיקין לק"ש - דאיתא מדאורייתא:,ואין מפסיקין לתפלה - ובגמרא (דף יא.) פריך הא תנא ליה רישא:

גמ' מנחה גדולה - התחלת זמן תמיד של בין הערבים מכי מתחיל להעריב דהיינו מחצי שבע ולמעלה דהא חצי שש וחצי שבע חמה עומדת בראש כל אדם וקודרת כנגדה למטה ואינה נוטה לשום צד ומחצי ז' ולמעלה נוטה ברקיע למערב סמוך למנחה מהתחלת שבע:,מנחה קטנה - בט' ומחצה שהיו רגילין שלא לאחרו יותר מכן כדאמרי' בתמיד נשחט סמוך לה מתחילת י':

אם התחילו אין מפסיקין - בתמיה ויעבור הזמן לימא תהוי תיובתא כו' דקתני הכא יגמרו סעודתם:

בן אלעשה - חתנו של רבי היה ופזר מעות ללמוד תספורת של כ"ג [נדרי' נא.] שהיה מספר כל ראשו ולא לגמרי אלא מניח כל השערות קצת כדי שיהא ראשו של זה בצד עיקרו של זה והיינו כסום יכסמו [את ראשיהם] (יחזקאל מ״ד:כ׳) ומימשיך טובא:,לכולא מילתא דמרחץ - לחוף ראשו ולהשתטף בחמין ובצונן ולהזיע:,בורסקי גדולה - עורות הרבה ובתחלת תקונן:

שמא ישבר הזוג - של מספרים ויהא צריך לחזר אחר זוג אחר:,למרחץ - נמי לא תימא לכולא מילתא דמרחץ אלא להזיע בעלמא:,יתעלפה - פשמי"ר בלע"ז:,לעיוני בעלמא - שאין זה תחלת עשייתה ואפ"ה לכתחלה לא יכנס לה סמוך למנחה גדולה:,דילמא חזי פסידא בזביניה - שמא נתקלקלו בתוכה העורות:,ומטריד - יצטער ויהא טרוד בצערו ולא יתפלל:,וסתרו דינא - יסתרו מה שפסקו ויחזרו בהן וחוזר להיות תחלת הדין:

מאימתי התחלת תספורת - דנימא שוב אין מפסיק כדתנן אם התחילו כו':,מעפורת - סודר ונותנו על ברכיו שלא יפול השער על בגדיו:,משיערה מעפרתו הימנו - סודרו הוא ראשון להפשטת בגדיו:,משיקשור בין כתפיו - את בתי זרועותיו שקורין ברצייר"א:

הא לן והא להו - בני בבל היו חוגרין את עצמן בחוזק וכשאוכלין צריכין להתירם ובני ארץ ישראל לא היו נוהגין כן בהתרת חגורה קודם נטילת ידים:

למאן דאמר תפלת ערבית רשות - במסכת ברכות (דף כז:) מפני שהיא כנגד הקטר חלבים ואימורים שאין מעכבין כפרתן: ,לא מטרחינן ליה - להפסיק אלא יגמור ואחר כך יתפלל:,ולמאן דאמר חובה כו' - בתמיה:

Tossafot

מתני' לא ישב אדם לפני הספר סמוך למנחה עד שיתפלל - והא דאמר בערבי פסחים (דף צפ: ושם) ערבי שבתות וערבי ימים טובים לא יאכל עד שתחשך היינו אפילו התפלל לא יאכל כדמפרש התם כדי שיכנס לשבת כשהוא בתאוה אבל לא התפלל אפילו בשאר ימים נמי אסור כדאמר הכא:,ואם התחילו אין מפסיקין - אפילו התחילו באיסור כדמוכח בסוכה (דף לח.) גבי מי שבא בדרך ואין בידו לולב נוטלו על שולחנו ופריך למימרא דמפסיקין והא תנן אם התחילו אין מפסיקין ולא משני דהכא בהתחילו בהיתר וגבי לולב התחילו באיסור דמצפרא זמניה הוא וה"נ משמע בגמ' דקאמר כיון דשרי המייניה לא מטרחינן ליה ויתיישב נמי הא דקשה בגמרא גבי לימא תהוי תיובתא דריב"ל:

אין מפסיקין - ודוקא בדאיכא שהות ביום להתפלל כדמשמע בגמרא דקאמר במנחה לא שכיח שכרות משמע דאין לו להפסיד תפלת מנחה ובסוכה (ג"' שם) בהדיא מוקי מתני' בדאיכא שהות דמשני אמה שהבאתי לעיל הא דאיכא שהות והא דליכא שהות:,לימא תהוי תיובתא דר' יהושע בן לוי - משמע ליה דאפילו התחיל מפסיק מדאמר אסור לטעום וא"ת לוקי מתניתין בהתחיל בהיתר דאשכחן גבי הבדלה (ע"פ דף ק'.) דקאמר נמי כי האי לישנא אסור לאדם לטעום כלום קודם שיבדיל ואפ"ה משמע אם התחילו בהיתר אין מפסיקין דקאמר התם הכי אמר רב הבדלה אינה קובעת וה"מ דקבעי ואכלי אבל אתחולי מעיקרא לא מתחלינן ויש לומר דאם התחילו אין מפסיקין משמע ליה אפילו התחילו באיסור כדפירש במתני':

בתספורת של בן אלעשה כו' - נראה דהכי הלכתא ושרי סעודה קטנה במנחה גדולה עד זמן תפלה ודוקא סעודה גדולה כגון סעודת אירוסין ונשואין וסעודת מילה אסור ודלא כרב אחא בר יעקב דאסר אפילו סעודה קטנה סמוך למנחה גדולה דהלכה כלישנא קמא דסתם לן הש"ס ורב אשי שהוא בתראה סידר את הש"ס והלכתא כותיה לגבי רב אחא בר יעקב ואמאי דאמר לקמן מאימתי התחלת דין אין להוכיח דמתניתין איירי בתחלת הדין דלא כרב אחא דאיכא למימר דקאי אאם התחילו אין מפסיקין ומיהו סמוך למנחה קטנה אסור אפילו סעודה קטנה ואם התחילו מפסיקין ואע"ג דהש"ס אי לאו דר' יהושע בן לוי הוה מוקי לה בסעודה קטנה וסמוך למנחה קטנה ואם התחילו אין מפסיקין ולא קי"ל כר' יהושע בן לוי כדאמר בפרק תפלת השחר (ברכות כח:) מ"מ כיון דמסיק סתם הש"ס הכי משמע דבהא דאם התחילו מפסיקין קיימא לן כוותיה ודוקא בהא דאמר דאסור לטעום אפילו פירות לא קיימא לן כוותיה:

הא לן והא לאו - פי' בקונטרס בני בבל היו חוגרים עצמם בחוזק וכ"מ בסמוך מדקאמר הני חברין בבלאי למ"ד תפלת ערבית רשות מכי שרא המייניה לא מטרחינן ליה ורבי חנינא שהיה בא"י היה אומר לתלמידיו שהיו מבבל ורב שהיה מבבל אומר לתלמידיו שהיו מא"י לפי שדרכן היה להתרחק שלא היו יכולין לעסוק כל כך בביתם וקשה דבפרק כיצד מברכין (ברכות דף מד.) בסופו קאמר רב חסדא אמר על הארץ ועל פירותיה ור' יוחנן אמר על הארץ ועל הפירות ואמר התם לא פליגי הא לן והא להו מתקיף לה רב נחמן ארב חסדא אינהו אכלי ואנן מברכינן ומאי פריך לימא רב חסדא אומר לתלמידיו שהיו מארץ ישראל וי"ל דקים ליה שבאותה שעה לא היו לפניו תלמידים מארץ ישראל:

למ"ד תפלת ערבית רשות לא מטרחינן ליה - וא"ת תיפוק ליה משום ק"ש וי"ל כגון שקרא ק"ש ונראה לר"י אפילו למאן דאמר תפלת ערבית רשות אין לבטלה בחנם אלא בשביל שום צורך כמו בשרא המייניה דהכא או אם יש שום מצוה שאינה עוברת יעשה המצוה ולא יתפלל אע"פ שהמצוה אינה עוברת אבל בחנם אין לבטלה תדע שהרי יעקב תקנה ולמה יש לבטלה בחנם ועוד דאמרינן בפרק תפלת השחר (שם כי: ושם) שהיא כנגד הקטרת אברים שהיא כל הלילה דלא מעכבי כפרה אלא מצוה ה"נ תפלת ערבית מצוה ואין להאריך:

Texte : Sefaria — William Davidson Edition - Vocalized Aramaic · traduction française de travail, à valider.

Shabbat 9b
100%
שבת ט׳ במַסֶּכֶת שַׁבָּת