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Traité Shabbat

94b

Étude de Shabbat 94b

Étude de la Mishna & Guémara 94b

[Rabbi Chimon tient pour exempt] même celui qui transporte un mort pour l'enterrer. Rava dit : et Rabbi Chimon concède que celui qui transporte le Chabbat une houe (mara) avec laquelle creuser, ou un rouleau de Torah dans lequel lire, est passible [d'un sacrifice]. La Guemara s'étonne : cela va de soi ! Car si ces actes de transport relevaient eux aussi de la catégorie d'un « travail dont on n'a pas besoin pour lui-même » (melakha chè-eina tzerikha le-goufah) — puisque l'intention du porteur est de creuser ou de lire —, alors, selon Rabbi Chimon, où trouverais-tu un acte de transport qui serait considéré comme un « travail dont on a besoin pour lui-même » (melakha chè-tzerikha le-goufah) ? La Guemara répond : il y a néanmoins un élément nouveau dans le propos de Rava. De peur que tu ne dises que Rabbi Chimon ne déclare passible que dans un cas où l'on transporte un objet à la fois pour le besoin du porteur et pour le besoin de l'objet lui-même — par exemple lorsqu'on transporte une houe pour elle-même, afin d'en aiguiser le tranchant, et pour le porteur, afin de creuser avec elle ; ou lorsqu'on transporte un rouleau de Torah pour lui-même, afin de le corriger, et pour le porteur, afin d'y lire —, c'est pourquoi Rava nous enseigne [que Rabbi Chimon déclare passible le transport d'un objet même lorsqu'il n'est transporté que pour le seul besoin du porteur, et non pour le besoin de l'objet].
אַף בְּמוֹצִיא אֶת הַמֵּת לְקוֹבְרוֹ. אָמַר רָבָא: וּמוֹדֶה רַבִּי שִׁמְעוֹן בְּמָר לַחְפּוֹר בּוֹ וְסֵפֶר תּוֹרָה לִקְרוֹת בּוֹ — דְּחַיָּיב. פְּשִׁיטָא, דְּאִי הָא נָמֵי מְלָאכָה שֶׁאֵינָהּ צְרִיכָה לְגוּפָהּ הִיא, אֶלָּא מְלָאכָה שֶׁצְּרִיכָה לְגוּפָהּ לְרַבִּי שִׁמְעוֹן הֵיכִי מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ? מַהוּ דְתֵימָא, עַד דְּאִיכָּא לְגוּפוֹ וּלְגוּפָהּ, כְּגוֹן מָר לַעֲשׂוֹת לוֹ טַס וְלַחְפּוֹר, סֵפֶר תּוֹרָה לְהַגִּיהַּ וְלִקְרוֹת בּוֹ, קָא מַשְׁמַע לַן.
La Guemara rapporte : il y avait un mort dans la ville de Deroqeret, et Rav Na'hman bar Yits'haq permit de le transporter le Chabbat vers un karmelit, parce que, pour quelque raison, il ne pouvait rester là où il était. Rabbi Yo'hanan, frère de Mar fils de Rabbana, dit à Rav Na'hman bar Yits'haq : selon qui [as-tu permis cela] ? Selon Rabbi Chimon ? Admettons que Rabbi Chimon exempte [dans un tel cas] de l'obligation d'apporter un sacrifice pour le péché (hatat) ; il subsiste néanmoins une interdiction rabbinique ! Rav Na'hman bar Yits'haq lui répondit : par Dieu (haÉlohim) ! es-tu entré [dans la compréhension de la chose] ? Même selon Rabbi Yehouda c'est permis, car ai-je dit [qu'on le transporte] vers le domaine public ? J'ai dit [qu'on le transporte] vers un karmelit, [ce qui n'est interdit que par décret rabbinique] : « Grande est la dignité humaine (kevod ha-beriyot), qui repousse un commandement négatif (lo taassé) de la Torah » — [à savoir] : « Tu ne t'écarteras pas de ce qu'ils te diront, ni à droite ni à gauche » (Devarim 17, 11).
הָהוּא שָׁכְבָא דַּהֲוָה בִּדְרוֹקֶרֶת, שְׁרָא רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק לְאַפּוֹקֵיהּ לְכַרְמְלִית. אֲמַר לֵיהּ רַבִּי יוֹחָנָן אֲחוּהּ דְּמָר בְּרֵיהּ דְּרַבְנָא לָרַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: כְּמַאן, כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן? אֵימַר דְּפָטַר רַבִּי שִׁמְעוֹן מֵחִיּוּב חַטָּאת, אִיסּוּרָא דְרַבָּנַן מִיהָא אִיכָּא! אֲמַר לֵיהּ: הָאֱלֹהִים, דְּעָיְילַתְּ בֵּיהּ אַתְּ? וַאֲפִילּוּ לְרַבִּי יְהוּדָה שְׁרֵי, דְּמִי קָאָמֵינָא לִרְשׁוּת הָרַבִּים? לְכַרְמְלִית קָאָמֵינָא, גָּדוֹל כְּבוֹד הַבְּרִיּוֹת שֶׁדּוֹחֶה אֶת ״לֹא תַעֲשֶׂה״ שֶׁבַּתּוֹרָה.
Nous avons appris là-bas dans une michna [traitant des lois de la lèpre] : celui qui arrache les signes d'impureté (poils blancs) et celui qui brûle [la chair] vive (mi'hya) [au milieu d'une plaie lépreuse, pour tenter de se purifier] transgresse un commandement négatif (lo taassé), comme il est dit : « Prends garde (hichamer) à la plaie de la lèpre » (Devarim 24, 8) — [le terme hichamer indique une interdiction]. À ce sujet il a été dit : celui qui arrache l'un de deux poils blancs, [tous s'accordent] qu'il est passible, [car il ne reste qu'un seul poil, moins que la mesure qui détermine l'impureté, soit deux poils]. C'est à propos de celui qui arrache l'un de trois poils blancs qu'il y a divergence : Rav Na'hman dit : il est passible ; Rav Chéchet dit : il est exempt. Rav Na'hman dit : il est passible, car ses actes ont été efficaces — si un autre poil était retiré, l'impureté cesserait, [il a donc hâté sa purification]. Rav Chéchet dit : il est exempt, car pour l'instant, en tout cas, l'impureté subsiste, [son acte est sans effet].
תְּנַן הָתָם: הַתּוֹלֵשׁ סִימָנֵי טוּמְאָה וְהַכֹּוֶה [אֶת] הַמִּחְיָה עוֹבֵר בְּ״לֹא תַעֲשֶׂה״. אִיתְּמַר: אַחַת מִשְּׁתַּיִם חַיָּיב, אַחַת מִשָּׁלֹשׁ — רַב נַחְמָן אָמַר חַיָּיב, רַב שֵׁשֶׁת אָמַר פָּטוּר. רַב נַחְמָן אָמַר חַיָּיב — אַהְנִי מַעֲשָׂיו, דְּאִי מִשְׁתַּקְלָא חֲדָא אַחֲרִיתִי אָזְלָה לַהּ טוּמְאָה. רַב שֵׁשֶׁת אָמַר פָּטוּר — הַשְׁתָּא מִיהַת הָא אִיתָא לְטוּמְאָה.
Rav Chéchet dit : d'où tiré-je mon opinion ? Je la tire de ce que nous avons appris dans la michna : et de même, celui qui transporte la mesure d'une olive (kè-zayit) d'un cadavre ou la mesure d'une olive d'une charogne (nevéla) est passible. Par déduction : celui qui transporte une demi-olive est exempt. Or n'a-t-il pas été enseigné dans une baraïta : celui qui transporte une demi-olive d'un cadavre est passible ? La contradiction ne se résout-elle pas ainsi : ce qui a été enseigné dans la baraïta — « il est passible » — vise le cas où l'on a transporté une demi-olive [prise] d'une olive [entière, car il reste alors moins d'une olive, qui n'est plus source d'impureté] ; et ce que nous avons appris dans la michna — « il est exempt » — vise le cas où l'on a transporté une demi-olive [prise] d'une olive et demie [une olive entière subsistant, la source d'impureté demeure] ? Et Rav Na'hman [l'explique autrement] : et l'un et l'autre [cas] sont passibles ; et ce que nous avons appris dans la michna — « il est exempt » — vise le cas où l'on a transporté une demi-olive d'un grand cadavre, [où même Rav Na'hman concède que son acte fut sans effet].
אָמַר רַב שֵׁשֶׁת: מְנָא אָמֵינָא לַהּ — דִּתְנַן: וְכֵן כְּזַיִת מִן הַמֵּת וּכְזַיִת מִן הַנְּבֵילָה — חַיָּיב, הָא חֲצִי זַיִת — פָּטוּר, וְהָתַנְיָא: ״חֲצִי זַיִת — חַיָּיב״! — מַאי לָאו, הָא דְּתַנְיָא ״חַיָּיב״ — דְּאַפֵּיק חֲצִי זַיִת מִכְּזַיִת, וְהָא דִּתְנַן ״פָּטוּר״ — דְּאַפֵּיק חֲצִי זַיִת מִכְּזַיִת וּמֶחֱצָה. וְרַב נַחְמָן: אִידֵּי וְאִידֵּי חַיָּיב, וְהָא דִּתְנַן ״פָּטוּר״, דְּאַפֵּיק חֲצִי זַיִת מִמֵּת גָּדוֹל.
Mishna 1
MICHNA. Celui qui ôte ses ongles le Chabbat l'un avec l'autre [sans ciseaux], ou avec ses dents ; et de même celui qui ôte ses cheveux [à la main] ; et de même sa moustache ; et de même sa barbe ; et de même la femme qui tresse [ses cheveux] (godélet) ; et de même celle qui applique du fard bleu aux yeux (ko'hélet) ; et de même celle qui se met du rouge [au visage] (poqéset) — Rabbi Éliézer les déclare tous passibles, [car chacun a accompli un travail interdit par la Torah] ; et les Sages [l']interdisent au titre du repos [chabbatique] (chevout), [aucun de ces actes ne constituant un travail interdit par la Torah].
מַתְנִי׳ הַנּוֹטֵל צִפׇּרְנָיו זוֹ בָּזוֹ, אוֹ בְּשִׁינָּיו, וְכֵן שְׂעָרוֹ, וְכֵן שְׂפָמוֹ, וְכֵן זְקָנוֹ, וְכֵן הַגּוֹדֶלֶת, וְכֵן הַכּוֹחֶלֶת, וְכֵן הַפּוֹקֶסֶת — רַבִּי אֱלִיעֶזֶר מְחַיֵּיב, וַחֲכָמִים אוֹסְרִין מִשּׁוּם שְׁבוּת.(משנה)
Guémara
GUEMARA. Rabbi Élazar dit : la divergence porte [spécifiquement] sur le cas où l'on ôte ses ongles à la main ; mais avec un ustensile, [tous s'accordent] qu'il est passible. La Guemara s'étonne : cela va de soi ! Nous avons appris explicitement [l'expression] « l'un avec l'autre » dans la michna ! La Guemara répond : de peur que tu ne dises que les Sages exemptent aussi celui qui ôte son ongle avec un ustensile — [parce qu'on n'a pas d'intérêt pour l'ongle ôté, on n'aurait pas accompli le travail de tonte] — et que ce qui a été enseigné dans la michna, « l'un avec l'autre », viserait [seulement] à te faire connaître la portée [de l'opinion] de Rabbi Éliézer, [qui déclare passible même lorsqu'on ôte ses ongles l'un avec l'autre] : c'est pourquoi Rabbi Élazar nous enseigne [qu'il n'en est pas ainsi].
גְּמָ׳ אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: מַחֲלוֹקֶת בַּיָּד, אֲבָל בִּכְלִי — חַיָּיב. פְּשִׁיטָא, ״זוֹ בָּזוֹ״ תְּנַן! מַהוּ דְּתֵימָא: רַבָּנַן בִּכְלִי נָמֵי פָּטְרִי, וְהָא דְּקָתָנֵי ״זוֹ בָּזוֹ״ — לְהוֹדִיעֲךָ כֹּחוֹ דְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר, קָא מַשְׁמַע לַן.
Et Rabbi Élazar dit : la divergence porte [spécifiquement] sur celui qui ôte ses ongles pour lui-même ; mais pour celui qui ôte les ongles d'autrui, de l'avis de tous il est exempt. La Guemara s'étonne : cela va de soi ! Nous avons appris explicitement [le mot] « ses ongles » dans la michna ! La Guemara répond : de peur que tu ne dises que Rabbi Éliézer déclare passible aussi celui qui coupe les ongles d'autrui, et que ce qui a été enseigné dans la michna, « ses ongles », viserait [seulement] à te faire connaître la portée [de l'opinion] des Sages, [qui exemptent même celui qui ôte ses propres ongles, et à plus forte raison ceux d'autrui] : c'est pourquoi Rabbi Élazar nous enseigne [que de l'avis de tous il est exempt lorsqu'il ôte les ongles d'autrui].
וְאָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: מַחֲלוֹקֶת לְעַצְמוֹ, אֲבָל לַחֲבֵירוֹ — דִּבְרֵי הַכֹּל פָּטוּר. פְּשִׁיטָא, ״צִפׇּרְנָיו״, תְּנַן! מַהוּ דְתֵימָא רַבִּי אֱלִיעֶזֶר לַחֲבֵירוֹ נָמֵי מְחַיַּיב, וְהָא דְּקָתָנֵי ״צִפׇּרְנָיו״ לְהוֹדִיעֲךָ כֹּחָן דְּרַבָּנַן, קָא מַשְׁמַע לַן.
« Et de même celui qui ôte ses cheveux, etc. » Un Sage a enseigné [dans la Tossefta] : celui qui ôte de quoi remplir l'ouverture des ciseaux (melo pi ha-zoug) est passible. Et combien [faut-il] pour remplir l'ouverture des ciseaux ? Rav Yehouda dit : deux [cheveux]. La Guemara objecte : mais n'a-t-il pas été enseigné [plus loin dans cette baraïta] : et pour [la transgression de] la tonsure [en signe de deuil] (qor'ha) — « Vous ne vous ferez pas de tonsure entre vos yeux pour un mort » (Devarim 14, 1) — deux [cheveux suffisent] ? [La quantité requise pour remplir l'ouverture des ciseaux serait-elle donc différente ?] La Guemara répond : dis [qu'il ne s'agit pas de deux mesures différentes ; la baraïta dit] : et de même pour la tonsure, deux est la mesure.
וְכֵן שְׂעָרוֹ כּוּ׳. תָּנָא: הַנּוֹטֵל מְלֹא פִי הַזּוּג — חַיָּיב. וְכַמָּה מְלֹא פִי הַזּוּג? אָמַר רַב יְהוּדָה: שְׁתַּיִם. וְהָתַנְיָא: וְלַקׇּרְחָה שְׁתַּיִם! אֵימָא: וְכֵן לַקׇּרְחָה שְׁתַּיִם.
Cela a aussi été enseigné dans une baraïta : celui qui ôte de quoi remplir l'ouverture des ciseaux le Chabbat est passible. Et combien [faut-il] pour remplir l'ouverture des ciseaux ? Deux [cheveux]. Rabbi Éliézer dit : [on est passible pour] un [seul]. Et les Sages concèdent à Rabbi Éliézer que celui qui cueille et arrache des poils blancs parmi des [poils] noirs est passible même s'il n'a ôté qu'un seul [poil], [ses actes montrant qu'un seul poil compte pour lui]. Et cette chose [arracher les poils blancs] est interdite aux hommes même en semaine, comme il est dit : « Une femme ne portera pas de vêtement d'homme, et un homme ne revêtira pas un habit de femme » (Devarim 22, 5). [Les Sages en déduisent que toute action habituellement faite par les femmes pour s'embellir est interdite aux hommes.]
תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: הַנּוֹטֵל מְלֹא פִי הַזּוּג בְּשַׁבָּת — חַיָּיב. וְכַמָּה מְלֹא פִי הַזּוּג — שְׁתַּיִם. רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: אַחַת, וּמוֹדִים חֲכָמִים לְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר בִּמְלַקֵּט לְבָנוֹת מִתּוֹךְ שְׁחוֹרוֹת, שֶׁאֲפִילּוּ אַחַת חַיָּיב. וְדָבָר זֶה אַף בַּחוֹל אָסוּר, מִשּׁוּם שֶׁנֶּאֱמַר: ״לֹא יִלְבַּשׁ גֶּבֶר שִׂמְלַת אִשָּׁה״.
Il a été enseigné dans une baraïta que Rabbi Chimon ben Élazar dit : un ongle dont la majeure partie a été détachée [et qui ne tient plus au doigt que par un petit morceau], et des lambeaux de peau (tzitzin) dont la majeure partie a été détachée du corps — à la main, il est permis de les ôter complètement le Chabbat ; avec un ustensile, il est passible d'un sacrifice pour le péché (hatat). La Guemara s'étonne : y a-t-il une chose pour laquelle, avec un ustensile, on est passible d'un sacrifice pour le péché, et que, faite à la main, elle soit permise d'emblée (le-khat'hila), [sans même être interdite par décret rabbinique] ?! La Guemara répond : voici ce que Rabbi Chimon ben Élazar a voulu dire : si la majeure partie a été détachée, l'ôter à la main est permis ; avec un ustensile, il est exempt mais c'est interdit d'emblée. Et si la majeure partie n'a pas [encore] été détachée, à la main il est exempt mais c'est interdit d'emblée ; avec un ustensile, il est passible d'un sacrifice pour le péché. Rav Yehouda dit : la halakha est conforme à [l'opinion de] Rabbi Chimon ben Élazar [en cette matière]. Rabba bar bar 'Hana dit au nom de Rabbi Yo'hanan : et cela [à condition] que [les parties partiellement détachées de l'ongle] se soient détachées vers le haut [près de l'ongle] et qu'elles le fassent souffrir ; [en ce cas on peut les ôter d'emblée].
תַּנְיָא, רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר אוֹמֵר: צִפּוֹרֶן שֶׁפֵּירֵשׁ רוּבָּהּ, וְצִיצִין שֶׁפֵּרְשׁוּ רוּבָּן, בַּיָּד — מוּתָּר, בִּכְלִי — חַיָּיב חַטָּאת. מִי אִיכָּא מִידֵּי דְּבִכְלִי חַיָּיב חַטָּאת, וּבַיָּד מוּתָּר לְכַתְּחִלָּה?! הָכִי קָאָמַר: פֵּירְשׁוּ רוּבָּן, בַּיָּד — מוּתָּר, בִּכְלִי — פָּטוּר אֲבָל אָסוּר. לֹא פֵּירְשׁוּ רוּבָּן, בַּיָּד — פָּטוּר אֲבָל אָסוּר, בִּכְלִי — חַיָּיב חַטָּאת. אָמַר רַב יְהוּדָה: הֲלָכָה כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר. אָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: וְהוּא שֶׁפֵּרְשׁוּ כְּלַפֵּי מַעְלָה וּמְצַעֲרוֹת אוֹתוֹ.
« Et de même la femme qui tresse [ses cheveux], etc. » Celle qui tresse, celle qui applique du fard bleu aux yeux et celle qui se met du rouge — au titre de quel [travail] est-elle déclarée passible ? Rabbi Avin dit au nom de Rabbi Yossi fils de Rabbi 'Hanina : celle qui tresse [est passible] au titre du tissage (oréguet), [tresser et tisser étant des actions semblables] ; celle qui applique le fard bleu, au titre de l'écriture (kotévet) ; celle qui se met du rouge, au titre du filage (tova), [les femmes faisaient un fil d'une substance pâteuse qu'elles passaient sur leur visage pour le rougir]. Les Sages dirent devant Rabbi Abahou : est-ce là la manière habituelle de tisser ? est-ce là la manière habituelle d'écrire ? est-ce là la manière habituelle de filer ? [Rabbi Éliézer conviendrait certes que celui qui accomplit un travail d'une manière inhabituelle est exempt.] Rabbi Abahou dit plutôt : pour moi, la chose m'a été expliquée par Rabbi Yossi fils de Rabbi 'Hanina lui-même,
וְכֵן הַגּוֹדֶלֶת כּוּ׳. גּוֹדֶלֶת, כּוֹחֶלֶת וּפוֹקֶסֶת מִשּׁוּם מַאי מְחַיְּיבָא? אָמַר רַבִּי אָבִין, אָמַר רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי חֲנִינָא: גּוֹדֶלֶת — מִשּׁוּם אוֹרֶגֶת, כּוֹחֶלֶת — מִשּׁוּם כּוֹתֶבֶת, פּוֹקֶסֶת — מִשּׁוּם טוֹוָה. אֲמַרוּ רַבָּנַן קַמֵּיהּ דְּרַבִּי אֲבָהוּ: וְכִי דֶרֶךְ אֲרִיגָה בְּכָךְ, וְכִי דֶרֶךְ כְּתִיבָה בְּכָךְ, וְכִי דֶרֶךְ טְוִיָּה בְּכָךְ?! אֶלָּא אָמַר רַבִּי אֲבָהוּ: לְדִידִי מִפָּרְשָׁא לִי מִינֵּיהּ דְּרַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי חֲנִינָא,

Rachi

אף במוציא את המת לקוברו - ולא תימא לא פטר אלא במניחו לחוץ דאין צורך לא לגופו של מוציא ולא לגופה של הוצאה דאפילו הוא צורך המת פטור:,מר לחפור בו - שהוא צורך המוציא:,מר לעשות לו טס ולחפור - מרה שנרצף פיו וצריך להושיב עליו כמין טס דק שיהא ראוי לחפור:,להגיה ולקרות:

לאפוקיה לכרמלית - שהיה מוטל בבזיון או בדליקה או בחמה ואי משום טלטול מניח עליו ככר או תינוק:,לא תעשה - לאו דלא תסור כי הכא:

התולש סימני טומאה - שתי שערות לבנות שהבהרת מטמאה בהן:,והכוה את המחיה - מחית בשר חי והוא סימן טומאה בשאת והכוה זה לבטלה משום מחיה ולטהרה:,עובר בלא תעשה - דהשמר בנגע הצרעת (דברים כד):,אחד מב' - שלא היו בה אלא שתי שערות ותלש האחד:,חייב - דשקלא לטומאה שאין מטמאה בפחות מב' דהכי ילפינן לה בת"כ שיער שנים וחייב מלקות:

מאי לאו הא דתני חייב דאפיק חצי זית מכזית - דשקליה ובצריה לשיעורא:,והא דתני פטור דאפיק חצי זית מכזית ומחצה - דאף על גב דמצמצם לשיעור לאו מילתא היא ולא אמרינן אהני דאי שקיל מיניה פורתא תו ליתא לשיעורא:,ממת גדול - דלא אהני מידי:

מתני' וכן שערו - תולש שער ראשו בידיו:,וכן הגודלת - שערה:,וכן הכוחלת - עיניה:,וכן הפוקסת - יש מרבותי אומרים מתקנת שערה במסרק או בידי' ויש שמפרשין טחה כמין בצק על פניה וכשנוטלו מאדים הבשר:,רבי אליעזר מחייב - בכולם חטאת וחכמים אוסרין משום שבות וטעמא דרבי אליעזר מפרש בגמרא משום מאי מיחייב:

גמ' מחלוקת ביד - בהא שנוטלן בידו ולא בכלי הוא דפטרי רבנן שאין דרך גזיזה בכך בחול:,מהו דתימא בכלי נמי פטרי רבנן - דאין כאן משום גוזז דלא שייך אלא בצמר בהמה:

מחלוקת לעצמו - בהא הוא דמחייב ר' אליעזר שיכול לאמן ידו לעצמו לתקנו בלא כלי:,אבל לחברו - אין יכול לאמן את ידו ליטול יפה בלי כלי:,פשיטא צפרניו תנן - של עצמו:

הנוטל מלא פי הזוג - מלא ראש המספרים:,חייב - בשבת לרבנן בכלי לר' אליעזר אף ביד וזהו שיעורו:,והא תניא - בההיא ברייתא בסיפא ולקרחה שהזהירה תורה לא תשימו קרחה (דברים י״ד:א׳) שתים הוי קרחה מכלל דפי הזוג לאו ב' שערות נינהו:

תניא נמי הכי - כרב יהודה דאמר שתים:,רבי אליעזר אומר - באחת הוא חייב ולא בעינן מלא פי הזוג:,אחת חייב - שבאחת הוא מקפיד שלא יהא נראה כזקן:,שמלת אשה - ודרך הנשים להקפיד על כך ולהתנאות:

ציצין - כמין רצועות דקות הפורשות מעור האצבע סביב הצפורן:,שפירשו רובן - קרובין לינתק:,מי איכא מידי כו' - כיון דבכלי חייב חטאת ביד איכא שבות גזירה אטו כלי:,כלפי מעלה - לצד הצפורן התחילו לפרוש דקא מצערו ליה טפי:

משום כותבת - שמוליכה מכחול סביב העין כאדם המוליך קולמוס סביב האות:,טווה - שמתקנת שערה בין אצבעותיה ופושטתו כשהוא נכרך ולשון השני עושה מאותו בצק כמין חוט:

Tossafot

גדול כבוד הבריות שדוחה את לא תעשה שבתורה - קשה לר"ת דגבי טלטול דהוי איסורא דרבנן לא שרינן משום כבוד הבריות אלא ע"י ככר או תינוק כדאמר בפרק במה מדליקין (לעיל שבת דף ל:) ובפרק כירה (שבת דף מג:) ויש לומר דשאני טלטול דאפשר על ידי ככר או תינוק לכך לא התיר בענין אחר:

אהני מעשיו דאי משתקלא חדא כו' - באחת מארבע דאי משתקלא חדא אחריתי נמי לא אזלא לה טומאה כ"ע מודו דפטור דהוי כמו חצי זית ממת גדול:

והא דתנן פטור דאפיק חצי זית ממת גדול - וה"ה דהוה מצי לאוקמיה כגון דליכא אלא חצי זית בלבד אלא דניחא ליה לשנויי בחצי זית ממת גדול דהוי רבותא טפי דאי ליכא אלא חצי זית מן הכל פשיטא דפטור ודווקא חצי זית אבל כזית ממת גדול חייב אע"ג דאי משתקלה זית אחר לא אזלא טומאה מ"מ אהני מעשיו דמשחתכו לא גריר בתר המת וכשיוציאו המת מן הבית וישאר כזית זה יטמא כל הבית ונמצא שעתה בהוצאה זו הוא גורם טהרה:,ממת גדול - לאו דווקא גדול אלא כלומר מב' זיתים או ג':

אבל בכלי ד"ה חייב - היינו כרבי יהודה דמחייב במלאכה שאינה צריכה לגופה וא"ת ודילמא רבנן כר"ש סבירא להו ומנא ליה דמחייב בכלי ויש לומר דא"כ ליפלגי בכלי להודיעך כחן דרבנן והא דקאמר מהו דתימא רבנן בכלי נמי פטרי היינו פירושו דס"ל כר"ש וכדפרישית אבל רש"י פירש דפטרי משום דלא שייכא גזיזה אלא בצמר ואין נראה לר"י דבהא ליכא למיטעי דבכל בעלי חיים שייכא גזיזה כדאמר לעיל התולש כנף חייב משום גוזז:

והוא שפירשו כלפי מעלה - פירש בקונטרס כנגד ראשי אצבעותיו שהן למעלה כשמגביה ידיו ור"ת מפרש שכלפי גוף קרי כלפי מעלה כדאשכחן בפ"ב דנדה (דף יג:) דקאמר מן העטרה ולמעלה והתם היינו לצד הגוף:

פוקסת - מה שפירש בקונטרס פוקסת היינו סורקת ביד או במסרק אין נראה דבגמרא משמע דהוי כעין טוויה וסריקה אינה כעין טוויה כלל ועוד דא"כ היה שונה סורקת כדתנן (נזיר דף מב.) נזיר חופף ומפספס אבל לא סורק:,וכי דרך אריגה בכך - ואף על גב דקולע נימין חשיבא אריגה כדאמרינן בפרק במה אשה (לעיל שבת ד' סד.) הכא בשער לא חשיבא אריגה כמו בבגד ועוד דהכא אין סופה להתקיים שעומדת לסתירה:

Texte : Sefaria — William Davidson Edition - Vocalized Aramaic · traduction française de travail, à valider.

Shabbat 94b
100%
שבת צ״ד במַסֶּכֶת שַׁבָּת