Guémara
En revanche, si deux personnes tenaient un disque (igoul) de figues sèches, trop lourd pour qu'une seule personne le porte, et qu'elles l'ont sorti vers le domaine public, ou bien si elles tenaient une poutre et l'ont sortie vers le domaine public — Rabbi Yehouda dit : si une seule personne est incapable de le sortir seule et que deux personnes l'ont sorti, elles sont passibles [d'un sacrifice]. Et sinon, c'est-à-dire si une seule personne est capable de le sortir seule, elles sont exemptes. Rabbi Chimon dit : même si une seule personne est incapable de le sortir seule et que deux personnes l'ont sorti, elles sont exemptes. C'est à propos de ce cas qu'il est dit « en l'accomplissant (baassota) » (Vayikra 4, 27), pour établir un principe : un individu qui accomplit une transgression est passible, [mais] deux personnes qui accomplissent une transgression sont exemptes.
בְּעִיגּוּל שֶׁל דְּבֵילָה וְהוֹצִיאוּהוּ לִרְשׁוּת הָרַבִּים, בְּקוֹרָה וְהוֹצִיאוּהָ לִרְשׁוּת הָרַבִּים, רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אִם לֹא יָכוֹל אֶחָד לְהוֹצִיאוֹ וְהוֹצִיאוּהוּ שְׁנַיִם — חַיָּיבִין, וְאִם לָאו — פְּטוּרִין. רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: אַף עַל פִּי שֶׁלֹּא יָכוֹל אֶחָד לְהוֹצִיאוֹ וְהוֹצִיאוּהוּ שְׁנַיִם — פְּטוּרִים, לְכָךְ נֶאֱמַר ״בַּעֲשֹׂתָהּ״ — יָחִיד שֶׁעֲשָׂאָהּ חַיָּיב, שְׁנַיִם שֶׁעֲשָׂאוּהָ — פְּטוּרִין.
La Guemara demande : sur quoi porte leur désaccord ? La Guemara répond : ils divergent sur l'interprétation de ce verset : « Et si une seule âme (nefech a'hat) parmi le peuple du pays pèche par inadvertance, en accomplissant (baassota) l'un des commandements de l'Éternel qu'il ne faut pas faire, et se rend coupable » (Vayikra 4, 27). Rabbi Chimon estime : trois termes restrictifs sont écrits dans ce verset. C'est comme s'il était écrit : une âme qui pèche, une qui pèche, et en l'accomplissant elle pèche. La Torah aurait pu transmettre le même sens en disant simplement « et si l'un du peuple du pays » ; les mots superflus sont donc restrictifs et le verset se comprend ainsi : une âme, et non plusieurs ; une, et non deux ; en l'accomplissant, et non en l'accomplissant à deux. L'un des termes vient exclure de la culpabilité le cas où chacune des deux personnes accomplit une partie de la transgression, c'est-à-dire celle-ci arrache (oker) un objet d'un domaine et celle-là le dépose (mania'h) dans un autre domaine. Et l'un des termes vient exclure le cas où celle-ci est capable d'accomplir l'action seule et celle-là en est aussi capable, et les deux l'accomplissent ensemble. Et l'un des termes vient exclure même le cas où celle-ci est incapable d'accomplir l'action seule et celle-là en est également incapable : puisque les deux ont transgressé cet interdit ensemble, elles sont toutes deux exemptes.
בְּמַאי קָמִיפַּלְגִי? בְּהַאי קְרָא: ״וְאִם נֶפֶשׁ אַחַת תֶּחֱטָא בִשְׁגָגָה מֵעַם הָאָרֶץ בַּעֲשֹׂתָהּ״. רַבִּי שִׁמְעוֹן סָבַר: תְּלָתָא מִיעוּטֵי כְּתִיבִי, ״נֶפֶשׁ תֶּחְטָא״, ״אַחַת תֶּחְטָא״, ״בַּעֲשֹׂתָהּ תֶּחְטָא״ — חַד לְמַעוֹטֵי זֶה עוֹקֵר וְזֶה מַנִּיחַ, וְחַד לְמַעוֹטֵי זֶה יָכוֹל וְזֶה יָכוֹל, וְחַד לְמַעוֹטֵי זֶה אֵינוֹ יָכוֹל וְזֶה אֵינוֹ יָכוֹל.
Et Rabbi Yehouda estime : l'un des termes vient exclure le cas où celle-ci arrache un objet et celle-là le dépose — car il convient lui aussi qu'elles sont exemptes dans ce cas. Et l'un des termes vient exclure le cas où celle-ci est capable d'accomplir l'action seule et celle-là en est aussi capable. Et l'un des termes vient exclure le cas d'un individu qui a accompli une transgression conformément à la décision d'un tribunal (bet din) : si un tribunal a rendu une décision erronée déclarant permise une action interdite et qu'un individu a accompli cette action en se fondant sur cette décision, il est exempt d'apporter un sacrifice pour le péché (qorban 'hatat) et est considéré comme ayant péché par contrainte (anous). Et Rabbi Chimon estime qu'un individu qui a accompli une transgression conformément à la décision d'un tribunal est passible d'apporter un sacrifice pour le péché en raison de son erreur : son acte n'est pas considéré comme intentionnel, mais entre dans la catégorie de l'acte par inadvertance.
וְרַבִּי יְהוּדָה: חַד לְמַעוֹטֵי זֶה עוֹקֵר וְזֶה מַנִּיחַ, וְחַד לְמַעוֹטֵי זֶה יָכוֹל וְזֶה יָכוֹל, וְחַד לְמַעוֹטֵי יָחִיד שֶׁעֲשָׂאָהּ בְּהוֹרָאַת בֵּית דִּין. וְרַבִּי שִׁמְעוֹן: יָחִיד שֶׁעֲשָׂאָהּ בְּהוֹרָאַת בֵּית דִּין — חַיָּיב.
La Guemara demande : et Rabbi Méïr, qui les déclare passibles dans un cas où chacune était capable d'accomplir l'acte seule, comment interprète-t-il le troisième terme restrictif ? La Guemara répond : est-il écrit dans le verset « une âme qui pèche, une qui pèche, en l'accomplissant elle pèche » ? Il n'y a pas trois termes restrictifs dans le verset. Seuls deux termes restrictifs sont écrits, car les mots « une seule âme (nefech a'hat) qui pèche » constituent une seule expression. Dès lors, un terme vient exclure de la culpabilité le cas où celle-ci arrache un objet et celle-là le dépose ; et un terme vient exclure l'individu qui a accompli une transgression conformément à la décision d'un tribunal.
וְרַבִּי מֵאִיר — מִי כְּתִיב ״נֶפֶשׁ תֶּחְטָא״ ״אַחַת תֶּחְטָא״ ״בַּעֲשֹׂתָהּ תֶּחְטָא״? תְּרֵי מִעוּטֵי כְּתִיבִי, חַד לְמַעוֹטֵי זֶה עוֹקֵר וְזֶה מַנִּיחַ, וְחַד לְמַעוֹטֵי יָחִיד שֶׁעֲשָׂאָהּ בְּהוֹרָאַת בֵּית דִּין.
Le Maître a dit [plus haut] : dans un cas où celle-ci est capable et celle-là incapable, et qu'elles l'ont accompli ensemble, tout le monde s'accorde à dire qu'on est passible. La Guemara cherche à préciser : laquelle des deux est passible ? Rav 'Hisda dit : celle qui est capable d'accomplir l'acte seule est passible — car si c'était celle qui est incapable de l'accomplir seule qui était passible, que fait-elle donc qui la rendrait passible ? Ses efforts sont insuffisants pour accomplir la tâche. Rav Hamnouna dit à Rav 'Hisda : elle fait pourtant bien des choses, car elle l'assiste (messaya') ! Il lui répondit : l'assistance fournie par celui qui en aide un autre à accomplir une tâche que ce dernier aurait pu accomplir lui-même est insubstantielle (en bo mamach).
אָמַר מָר: זֶה יָכוֹל וְזֶה אֵינוֹ יָכוֹל — דִּבְרֵי הַכֹּל חַיָּיב. הֵי מִנַּיְיהוּ מִיחַיַּיב? אָמַר רַב חִסְדָּא: זֶה שֶׁיָּכוֹל, דְּאִי זֶה שֶׁאֵינוֹ יָכוֹל — מַאי קָא עָבֵיד! אֲמַר לֵיהּ רַב הַמְנוּנָא: דְּקָא מְסַיַּיע בַּהֲדֵיהּ! אֲמַר לֵיהּ: מְסַיֵּיעַ אֵין בּוֹ מַמָּשׁ.
Rav Zevid dit au nom de Rava : nous aussi, nous avons appris cette halakha dans une michna, à propos des objets sur lesquels un zav s'étend ou chevauche. Selon la loi de la Torah, tout objet destiné à s'étendre ou à chevaucher (michkav oumochav), sur lequel un zav s'étend ou chevauche, devient impur même si le zav n'est pas entré en contact direct avec lui. Si un zav était assis sur un lit (mita) et qu'il y avait quatre vêtements (taliot) sous les quatre pieds du lit, ils sont tous impurs : le poids du zav est considéré comme ayant reposé sur chacun des vêtements, car le lit est incapable de tenir sur trois pieds. Et Rabbi Chimon déclare les vêtements purs, puisque seule une partie de son poids reposait sur chaque vêtement. En revanche, s'il chevauchait un animal et qu'il y avait quatre vêtements sous les pattes de l'animal, ils sont tous purs, car l'animal est capable de tenir sur trois pattes. Or pourquoi les vêtements sont-ils purs ? Les pattes de l'animal ne s'assistent-elles pas mutuellement pour soutenir le poids du zav ? N'est-ce pas parce que nous disons : un objet qui assiste est insubstantiel ?
אָמַר רַב זְבִיד מִשְּׁמֵיהּ דְּרָבָא, אַף אֲנַן נָמֵי תְּנֵינָא: הָיָה יוֹשֵׁב עַל גַּבֵּי הַמִּטָּה, וְאַרְבַּע טַלִּיּוֹת תַּחַת רַגְלֵי הַמִּטָּה — טְמֵאוֹת, מִפְּנֵי שֶׁאֵינָהּ יְכוֹלָה לַעֲמוֹד עַל שָׁלֹשׁ, וְרַבִּי שִׁמְעוֹן מְטַהֵר. הָיָה רוֹכֵב עַל גַּבֵּי בְּהֵמָה וְאַרְבַּע טַלִּיּוֹת תַּחַת רַגְלֵי הַבְּהֵמָה — טְהוֹרוֹת, מִפְּנֵי שֶׁיְּכוֹלָה לַעֲמוֹד עַל שָׁלֹשׁ. וְאַמַּאי? הָא קָמְסַיַּיעַ בַּהֲדֵי הֲדָדֵי! לָאו מִשּׁוּם דְּאָמְרִינַן מְסַיֵּיעַ אֵין בּוֹ מַמָּשׁ?
Rav Yehouda de Diskarta dit : en réalité, je peux te dire qu'une personne ou un objet qui assiste est substantiel (yech bo mamach) ; mais ici, c'est différent, car l'animal a levé complètement sa patte. La michna ne traite pas du cas d'un animal qui pourrait théoriquement tenir sur trois pattes, mais d'une situation réelle où il a complètement levé l'une de ses pattes, de sorte que la quatrième patte n'assistait même pas à soutenir le poids de l'animal. La Guemara rejette la suggestion de Rav Yehouda de Diskarta : puisqu'il lève tantôt cette patte, tantôt celle-là, [le cas] devrait avoir le statut légal d'un zav qui se retourne. N'avons-nous pas appris dans une michna : à propos d'un zav qui était étendu sur cinq bancs ou sur cinq ceintures-bourses (poundaot) — s'il était étendu dans le sens de leur longueur, ils sont impurs (à des moments différents, tout son corps reposait sur chacun des bancs ou sur chacune des bourses) ; s'il était étendu dans le sens de leur largeur, ils sont purs, car à aucun moment son poids entier n'a été soutenu par l'un des bancs ou l'une des bourses ; mais s'il a dormi en travers de leur largeur, il y a doute (safek) s'il s'est ou non retourné sur eux pendant son sommeil. Cela soulève la possibilité qu'à un certain moment il se soit étendu dans le sens de leur longueur et que son poids entier ait été soutenu par l'un des bancs ; c'est pourquoi tous les bancs sont impurs. Un zav qui déplace son poids d'un endroit à un autre rend tous ces endroits impurs. De même, le fait que l'animal lève des pattes différentes ne suffit pas pour que chacune soit considérée comme n'assistant pas à soutenir le poids du zav.
אָמַר רַב יְהוּדָה מִדִּיסְקַרְתָּא: לְעוֹלָם אֵימָא לָךְ מְסַיֵּיעַ יֵשׁ בּוֹ מַמָּשׁ, וְשָׁאנֵי הָכָא דְּעָקְרָה לַהּ לִגְמָרֵי. וְכֵיוָן דְּזִימְנִין עָקְרָה הָא, וְזִימְנִין עָקְרָה הָא, לֶיהֱוֵי כְּזָב הַמִּתְהַפֵּךְ! מִי לָא תְּנַן: זָב שֶׁהָיָה מוּטָּל עַל חֲמִשָּׁה סַפְסָלִין אוֹ עַל חָמֵשׁ פּוּנְדָּאוֹת, לְאוֹרְכָּן — טְמֵאִים, לְרׇחְבָּן — טְהוֹרִין. יָשֵׁן, סָפֵק מִתְהַפֵּךְ עֲלֵיהֶן — טְמֵאִין.
La Guemara conclut : ne faut-il donc pas dire que les vêtements situés sous les pattes de l'animal demeurent purs parce que nous disons « un objet qui assiste est insubstantiel » ? Chaque patte ne fait qu'assister à soutenir le poids du zav. De même, Rav Papi dit au nom de Rava : nous aussi, nous avons appris une preuve à l'appui de cette halakha,
אֶלָּא לָאו, מִשּׁוּם דְּאָמְרִינַן מְסַיֵּיעַ אֵין בּוֹ מַמָּשׁ. אָמַר רַב פַּפִּי מִשְּׁמֵיהּ דְּרָבָא: אַף אֲנַן נָמֵי תְּנֵינָא,
Rachi
עיגול וקורה גדולים הן ואין אחד יכול להוציאו:,ואם לאו - שיכול אחד להוציאו:
נפש תחטא - משמע נפש ולא נפשות:,חד למעוטי זה עוקר - מרשות הרבים:,וזה מניח - ברשות היחיד דכל כמה דלא כתיב אלא חד מיעוט מסתברא דהאי הוא דממעט דהאי קעביד פלגא והאי פלגא וליכא חד דמסייע בכולהו:,וחד - יתורא למעוטי אף על פי דעבדי כי הדדי דהאי עביד כולה והאי עביד כולה ומיהו זה יכול וזה יכול הוא דממעיט דלאו אורחיה למעבדה בתרי:,וחד - יתורא למעוטי תו זה אינו יכול וזה אינו יכול דאף על גב דאורחייהו למיעבד בתרי מעטינהו:
יחיד שעשה בהוראת ב"ד - הורו ב"ד שחלב מותר והלך היחיד ועשה על פיהם דאנוס הוא ורבי שמעון לטעמיה דאמר בהוריות יחיד שעשה בהוראת ב"ד חייב:
תרי מיעוטי כתיבי - נפש אחת חד מיעוטא הוא דאורחיה דקרא לאישתעי הכי:
זה שיכול - דאיהו עבדה לכולה:,אין בו ממש - מי שאינו אלא מסייע בדבר ואם בא לעשותו לבדו אינו יכול אין בו ממש ולא חשיב מידי ולא מיפטר אידך:
אף אנן נמי תנינא - דמסייע אין בו ממש:,היה - זב יושב על גבי מטה:,וד' טליות - טליתות:,שאינה יכולה לעמוד על ג' - וכיון דזה אינו יכול וזה אינו יכול כל אחד ואחד כולי מעשה עביד וגבי מדרס הזב בעינן שינשא רובו עליו בת"כ:,ור' שמעון מטהר - ר' שמעון לטעמיה דאמר זה אינו יכול וזה אינו יכול נמי אינו אלא כמסייע ופטור (ל"א דבעי שיעור זיבה לזה ושיעור זיבה לזה כלומר רובו של זה מכביד על כל אחד ואחד ואפילו מסייע לא הוי):,מפני שיכולה לעמוד על ג' - הלכך כל אחד ואחד ה"ל רביעי ואינו אלא מסייע וסתמא כר' יהודה דזה יכול וזה יכול קרי מסייע:
דעקרה ליה לגמרי - עוקרת הרגל מן הארץ ואפי' מסייע לא הוי:,ופרכינן ואי טעמא משום דעקרה ליה כיון דזימנין דעקרה האי וזימנין עקרה האי ובכל ג' איכא לספוקי שמא הכבידה עליהן ולא עקרתן לטמינהו מספק כזב המהפך על ה' פונדאות דמטמינן ליה מספק:,פונדאות - כמין חריטין כיסים ארוכים ונותנין בהן מעות ובלעז בריד"ש וראויין לשמש שכיבה עם מלאכתן שיושב עליהם והם מלאות מעות ופותח פיהם ונוטל ואין צריך לומר לו עמוד ונעשה מלאכתנו:,לאורכן - כגון שהיה שוכב על מיעיו או פרקדן ואורכו מוטל על אורכן:,טמאים - גרסינן במשנה דטהרות דיש לומר בכל אחת מהן שנישא רובו עליו פעמים על זו ופעמים על זו:,לרחבן טהורין - לפי שארכו מוטל על רחבן ואין רובו נישא על אחת מהן:,ישן - לו עליהן לרחבן:,ספק נתהפך - על ארכו ונמצא כולו נשען על אחת מהן:,טמאות - דכל חדא איכא למימר על זו נתהפך אלמא מטמינן מספק והתם נמי אי משום עקירה הוא ניטמינהו מספיקא אלא לאו טעמא משום דכולהו הוו כל חדא וחדא מסייע ואין בו ממש כן נראה בעיני משנה זו ורבותי גורסין לאורכן טהורין ופירשו טעמא דלאורכן טהורין משום דאמרי שמא ביניהן שכב ולא עליהם וקשיא לי א"כ לקולא תלינן ואמאי תני סיפא ספק נתהפך טמאים:
Tossafot
תלתא מיעוטי כתיבי - והא דנקט בעשותה בברייתא טפי מהנך משום שהוא מיעוט אחרון שבפסוק ובהא פליגי ולא ידע ר"י דאמאי נקט דמילתיה דר' שמעון יחיד שעשאה חייב כו' ולא נקט לישנא דלעיל העושה את כולה ולא העושה את מקצתה ושמא לישנא דשנים שעשאוה פטורין משמע טפי אפי' זה אינו יכול וזה אינו יכול:,חד למעוטי זה עוקר וזה מניח - וזה כתב אות אחת ובא חבירו וכתב אות שניה לא איצטריך קרא אלא אהוצאה דה"א אהכנסה ואהוצא' הוא דקפיד רחמנא וליחייב אפי' בלא הנחה: ה"ג ורבי שמעון יחיד שעשאה בהוראת ב"ד לא צריך קרא ול"ג ר"ש לטעמיה דאמר יחיד שעשאה בהוראת ב"ד חייב כדפירש בקונטרס דהא תנן בהדיא בפ"ק דהוריות (ד' ג.) הלך ועשה על פיהן בין הביאו כפרתן בין לא כו' ר' שמעון פוטר ומפרש טעמא תולה בב"ד אנוס הוא:
אמר מר זה יכול וזה אינו יכול - נראה לר"י דהאי אינו יכול היינו אפי' בעל כח הרבה אלא שהוא נושא הקורה בענין זה בכי האי גוונא שאלמלא אחר לא היה יכול לנושאה לבדו כגון באצבע או תופשה בענין זה שאינו יכול לנושאה לבדו דמה לנו לכחו כיון דהשתא מיהא אינו יכול לנושאה:,הי מינייהו מיחייב - לא בעי למימר שיהא פטור אותו שיכול וליחייב שאינו יכול דאין זה סברא אלא קאמר דליתחייב נמי אפילו שאינו יכול כמו לר' יהודה ור"מ דאמרי לעיל זה אינו יכול וזה אינו יכול חייב:
אמר רב זביד משמיה דרבא אף אנן נמי תנינא - פירוש דמסייע אין בו ממש קשה לר"י דהכא אית ליה לרב זביד דמסייע אין בו ממש וכן רב אשי בסמוך ובפ"ב דביצה (דף כב.) אמרינן אמימר כחל עינא על יד נכרי בשבת א"ל רב אשי מאי דעתיך כו' ואמר רב כהנא חולה שאין בו סכנה אומר לנכרי ועושה הא מסייע בהדיה דקא עמיץ ופתח א"ל איכא רב זביד דקאי כוותך ושני ליה מסייע אין בו ממש משמע דרב זביד ורב אשי סוברים דיש בו ממש ואין לומר דהא דאמר הכא אין בו ממש לא שיפטר לגמרי אלא דאין בו חיוב חטאת דהא מייתי רב אשי דעבודתו כשרה משמע דאפי' פסולא דרבנן ליכא א"כ לענין שבת נמי מנלן שיש בו איסורא דרבנן ומיהו לרב אשי איכא למימר דבתר דשמעה מאמימר סברה אלא לרב זביד קשה דאיהו גופיה קאמר משמיה דרבא דאין בו ממש ואמימר היה הרבה אחר רבא ואפי' אחר רב פפא שהיה תלמידו של רבא ושמא בתר מעשה דאמימר שמעה רב זביד משמיה דרבא ולא מרבא עצמו ועוד אור"י דהכי פריך התם והא קא מסייע בהדיה דקא עמיץ ופתח ואע"ג דמסייע אין בו ממש בעלמא הא אית לן למימר דאסרו משום שחיקת סממנין ומשני דאין בו ממש אפילו לענין זה:,ור"ש מטהר - פי' בקונטרס דר"ש לטעמיה דפטר זה אינו יכול וזה אינו יכול [ואינו] נראה לרשב"א דשאני התם דגלי רחמנא דאיכא קרא לפטור ונראה דטעמא משום דבעי שיהיה רוב הזב נישא על כל אחד וכן משמע במסכת זבים פ"ד (משנה ה) דתנן הזב בכף מאזנים ומשכב ומושב כנגדו כרע הזב טהורין כרעו הן טמאין ר"ש אומר ביחיד טמאין פי' כשאין אלא משכב אחד או מושב אחד במרובין טהורין שאין כ"א נושא רובו: ,היה רוכב ע"ג בהמה - בעומדת איירי דאי במהלכת כל שעה עוקרת רגל הא' ועומדת על ג' וטמא מה שתחתיהן שאינה יכולה לעמוד על שתים:,מפני שיכולה לעמוד על ג' - וה"ל כל רגל אינו יכול והג' אחרים יכולין:
וכיון דזימנין עקרה הא וזימנין הא ליהוי כזב המתהפך - ואפילו ברה"ר טמא:,לאורכן טמאין - כן גריס הקונטרס ופי' דטמאין משום דאיכא למימר דכל אחד נושא רובו עליו פעמים על זה ופעמים על זה לרוחבן טהורין שאין רובו נישא על כל אחד מהן ולפי זה אתיא כר"ש דבעי שיהא רוב הזב נישא עליו ור"י אומר דמצי למימר דאתיא אפילו כרבנן וטעמא דטהורות משום דה"ל כל אחד מסייע שאין בו ממש ומהך רישא הוה מצי למיפרך דמטמאין לאורכן מספיקא אלא ניחא ליה למיפרך מסיפא דמפרש בה טעמא אמאי טמאין:
Texte : Sefaria — William Davidson Edition - Vocalized Aramaic · traduction française de travail, à valider.