Et si tu veux dire que les gens de Houtsal agissent ainsi [qu'ils ont l'habitude de placer leur turban sur le côté, et qu'ils devraient donc être tenus pour responsables s'ils le transportent ainsi le Chabbat] — leur intention est annulée [batla daatan] devant l'opinion de tous les autres hommes [et leur usage n'est pas pris en compte].
וְאִם תִּמְצָא לוֹמַר אַנְשֵׁי הוּצָל עוֹשִׂין כֵּן — בָּטְלָה דַּעְתָּן אֵצֶל כׇּל אָדָם.
Mishna 1
MICHNA. Celui qui a l'intention de transporter [hors d'un domaine, le Chabbat] un objet devant lui, et qui, tout en marchant, se retrouve à le porter derrière lui — est exempt [patour]. Mais s'il avait l'intention de le porter derrière lui et qu'il s'est retrouvé à le porter devant lui — il est responsable [hayyav]. En vérité [be'émet] ils ont dit : une femme qui s'est ceinte d'un sinar [sorte de culotte-tablier portée sous les vêtements de dessus] — que [l'objet] soit placé devant elle ou derrière elle, et qu'il vienne à se déplacer de l'autre côté — elle est responsable, car il est habituel que [le sinar] tourne [autour d'elle, de sorte qu'elle savait dès le départ qu'il pourrait se retrouver de l'autre côté]. Rabbi Yehouda dit : même les porteurs de billets [mekablé pitkin, ces coureurs royaux qui transportent des messages glissés dans leur ceinture, sans s'attacher au côté où se trouve le billet] sont responsables, qu'ils transportent les billets devant eux ou derrière eux.
מַתְנִי׳ הַמִּתְכַּוֵּין לְהוֹצִיא לְפָנָיו, וּבָא לוֹ לְאַחֲרָיו — פָּטוּר. לְאַחֲרָיו וּבָא לוֹ לְפָנָיו — חַיָּיב. בֶּאֱמֶת אָמְרוּ: הָאִשָּׁה הַחוֹגֶרֶת בְּסִינָר, בֵּין מִלְּפָנֶיהָ וּבֵין מִלְּאַחֲרֶיהָ — חַיֶּיבֶת, שֶׁכֵּן רָאוּי לִהְיוֹת חוֹזֵר. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אַף מְקַבְּלֵי פִתְקִין.(משנה)
Guémara
GUEMARA. La Guemara demande : en quoi le cas de celui qui avait l'intention de transporter un objet devant lui et qui s'est retrouvé à le porter derrière lui est-il différent, pour qu'il soit exempt ? La raison est que son intention ne s'est pas réalisée [puisqu'il n'a pas accompli l'acte qu'il projetait]. Si tel est le motif, alors même celui qui avait l'intention de porter un objet derrière lui et qui s'est retrouvé à le porter devant lui devrait lui aussi être exempt, car voici que son intention non plus ne s'est pas réalisée ! Rabbi Elazar dit : cette michna est disjointe [tavrah, « brise-la »] — celui qui a enseigné ceci [la première clause] n'a pas enseigné cela [la seconde clause, car elles reflètent les avis de deux Sages différents]. Rava dit : mais quelle difficulté y a-t-il là ? Peut-être [peut-on expliquer ainsi] : celui qui avait l'intention de porter un objet devant lui et qui s'est retrouvé à le porter derrière lui — voici la raison pour laquelle il est exempt : il avait l'intention de [donner à l'objet] une garde supérieure [chemira meoula, en le gardant constamment sous les yeux], et il n'a finalement obtenu qu'une garde moindre [chemira pe'houta ; or cela ne lui convenait pas, donc ce n'est pas considéré comme un travail interdit]. Tandis que celui qui avait l'intention de porter un objet derrière lui et qui s'est retrouvé à le porter devant lui — voici la raison pour laquelle il est responsable : il avait l'intention d'une garde moindre, et il a finalement obtenu une garde supérieure.
גְּמָ׳ מַאי שְׁנָא לְפָנָיו וּבָא לוֹ לְאַחֲרָיו דְּפָטוּר — דְּלָא אִתְעֲבִידָא מַחְשַׁבְתּוֹ, לְאַחֲרָיו וּבָא לוֹ לְפָנָיו נָמֵי, הָא לָא אִתְעֲבִידָא מַחְשַׁבְתּוֹ! אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: תַּבְרַהּ, מִי שֶׁשָּׁנָה זוֹ לֹא שָׁנָה זוֹ. אָמַר רָבָא: וּמַאי קוּשְׁיָא? דִילְמָא: לְפָנָיו וּבָא לוֹ לְאַחֲרָיו הַיְינוּ טַעְמָא דְּפָטוּר — דְּנִתְכַּוֵּון לִשְׁמִירָה מְעוּלָּה וְעָלְתָה בְּיָדוֹ שְׁמִירָה פְּחוּתָה, לְאַחֲרָיו וּבָא לוֹ לְפָנָיו הַיְינוּ טַעְמָא דְּחַיָּיב — דְּנִתְכַּוֵּון לִשְׁמִירָה פְּחוּתָה וְעָלְתָה בְּיָדוֹ שְׁמִירָה מְעוּלָּה.
[Rava poursuit :] Mais alors, quelle est [la véritable] difficulté ? C'est la déduction [dioka] tirée de la michna qui est problématique. Celui qui a l'intention de transporter un objet devant lui, et l'objet s'est retrouvé porté derrière lui, est exempt — par déduction [a contrario] : celui qui a l'intention de le transporter derrière lui, et l'objet s'est effectivement retrouvé derrière lui, est responsable. [Mais] dis [examine] la clause finale : celui qui a l'intention de transporter un objet derrière lui, et qui s'est retrouvé à le porter devant lui, c'est lui qui est responsable — par déduction : celui qui a l'intention de le transporter derrière lui, et qui s'est effectivement retrouvé à le porter derrière lui, est exempt ! [La déduction de la première clause contredit celle de la dernière clause.] Rabbi Elazar dit : cette michna est disjointe — celui qui a enseigné ceci n'a pas enseigné cela.
אֶלָּא מַאי קוּשְׁיָא — דִּיּוּקָא דְמַתְנִיתִין קַשְׁיָא: הַמִּתְכַּוֵּין לְהוֹצִיא לְפָנָיו וּבָא לוֹ לְאַחֲרָיו — פָּטוּר, הָא לְאַחֲרָיו וּבָא לוֹ לְאַחֲרָיו — חַיָּיב. אֵימָא סֵיפָא: לְאַחֲרָיו וּבָא לוֹ לְפָנָיו הוּא דְּחַיָּיב, הָא לְאַחֲרָיו וּבָא לוֹ לְאַחֲרָיו פָּטוּר! אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: תַּבְרַהּ, מִי שֶׁשָּׁנָה זוֹ לֹא שָׁנָה זוֹ.
Rav Achi dit : quelle difficulté y a-t-il là ? Peut-être la michna énonce-t-elle [la halakha] selon le procédé didactique du « il n'était pas nécessaire » [lo mibaaya] : il n'était pas nécessaire [d'enseigner] que celui qui [avait l'intention de porter l'objet] derrière lui et qui s'est retrouvé à le porter derrière lui est responsable — car cela est évident, puisque son intention s'est réalisée. Mais [la michna] avait besoin [d'enseigner] que même celui qui [avait l'intention de porter l'objet] derrière lui et qui s'est retrouvé à le porter devant lui est responsable. Car il te serait venu à l'esprit de dire : puisque son intention ne s'est pas réalisée, qu'il ne soit pas responsable — c'est pourquoi [la michna] nous fait savoir que, ayant eu l'intention d'une garde moindre et ayant obtenu une garde supérieure, il est responsable.
אָמַר רַב אָשֵׁי: מַאי קוּשְׁיָא? דִּילְמָא לָא מִיבַּעְיָא קָאָמַר: לָא מִיבַּעְיָא לְאַחֲרָיו וּבָא לוֹ לְאַחֲרָיו דְּחַיָּיב — דְּאִיתְעֲבִידָא מַחְשַׁבְתּוֹ, אֶלָּא אֲפִילּוּ לְאַחֲרָיו וּבָא לוֹ לְפָנָיו אִיצְטְרִיכָא לֵיהּ. סָלְקָא דַּעְתָּךְ אָמֵינָא, הוֹאִיל וְלָא אִיתְעֲבִידָא מַחְשַׁבְתּוֹ לָא לִיחַיַּיב — קָא מַשְׁמַע לַן דְּנִתְכַּוֵּון לִשְׁמִירָה פְּחוּתָה וְעָלְתָה בְּיָדוֹ שְׁמִירָה מְעוּלָּה דְּחַיָּיב.
Quant au cas de celui qui [avait l'intention de transporter l'objet] derrière lui et qui s'est retrouvé à le porter derrière lui, [il fait] l'objet d'une controverse entre les tannaïm. Comme il a été enseigné [dans une baraïta] : celui qui transporte des pièces de monnaie dans sa bourse-ceinture [pounda], l'ouverture tournée vers le haut — est responsable [car c'est la manière habituelle de transporter des pièces]. [Mais si] l'ouverture est tournée vers le bas — Rabbi Yehouda le déclare responsable, et les Sages l'exemptent. Rabbi Yehouda leur dit : ne reconnaissez-vous pas que, [dans le cas de celui qui avait l'intention de transporter l'objet] derrière lui et qui s'est retrouvé à le porter derrière lui, il est responsable [donc celui qui a obtenu la garde moindre qu'il visait est responsable] ? Et ils lui dirent : et toi, ne reconnais-tu pas que [celui qui transporte un objet] du revers de la main ou avec le pied est exempt [donc un transport accompli d'une manière inhabituelle n'est pas considéré comme un transport] ?
וּלְאַחֲרָיו וּבָא לוֹ לְאַחֲרָיו תַּנָּאֵי הִיא. דְּתַנְיָא: הַמּוֹצִיא מָעוֹת בְּפוּנְדָּתוֹ וּפִיהָ לְמַעְלָה — חַיָּיב. פִּיהָ לְמַטָּה — רַבִּי יְהוּדָה מְחַיֵּיב, וַחֲכָמִים פּוֹטְרִין. אָמַר לָהֶן רַבִּי יְהוּדָה: אִי אַתֶּם מוֹדִים בִּלְאַחֲרָיו וּבָא לוֹ לְאַחֲרָיו שֶׁהוּא חַיָּיב? וְאָמְרוּ לוֹ: וְאִי אַתָּה מוֹדֶה כִּלְאַחַר יָדוֹ וְרַגְלוֹ שֶׁהוּא פָּטוּר?
Rabbi Yehouda dit : moi, j'ai dit une chose [en faveur de mon avis], et eux ont dit une chose. Moi, je n'ai pas trouvé de réponse à leur argument, et eux n'ont pas trouvé de réponse au mien. [La Guemara analyse cet échange :] du fait qu'il leur dit « ne reconnaissez-vous pas… ? », n'en déduit-on pas a contrario que les Rabbanan exemptent [dans le cas où l'objet a été porté derrière comme prévu] ? [La Guemara objecte :] et selon ton raisonnement, du fait qu'ils lui disent « ne reconnais-tu pas… ? », en déduirait-on a contrario que Rabbi Yehouda déclare responsable [celui qui transporte du revers de la main] ? Mais voici qu'il a été enseigné [explicitement dans une baraïta] : [celui qui transporte] du revers de la main ou avec le pied, de l'avis de tous il est exempt !
אָמַר רַבִּי יְהוּדָה: אֲנִי אָמַרְתִּי דָּבָר אֶחָד וְהֵן אָמְרוּ דָּבָר אֶחָד. אֲנִי לֹא מָצָאתִי תְּשׁוּבָה לְדִבְרֵיהֶם וְהֵן לֹא מָצְאוּ תְּשׁוּבָה לִדְבָרַי. מִדְּקָאֲמַר לְהוּ ״אִי אַתֶּם מוֹדִין״ — לָאו מִכְּלָל דְּפָטְרִי רַבָּנַן? וְלִיטַעְמָיךְ, דְּקָאָמְרִי לֵיהּ ״אִי אַתָּה מוֹדֶה״ — מִכְּלָל דִּמְחַיֵּיב רַבִּי יְהוּדָה? וְהָתַנְיָא: לְאַחַר יָדוֹ וְרַגְלוֹ דִּבְרֵי הַכֹּל פָּטוּר!
[La Guemara conclut :] plutôt, [la baraïta doit se comprendre ainsi :] celui qui [avait l'intention de transporter l'objet] derrière lui et qui s'est retrouvé à le porter derrière lui — de l'avis de tous, il est responsable. [Celui qui transporte] du revers de la main ou avec le pied — de l'avis de tous, il est exempt. Là où ils divergent, c'est dans le cas [des pièces] dans la bourse-ceinture dont l'ouverture est tournée vers le bas : ce Maître [Rabbi Yehouda] l'assimile [au cas de celui qui avait l'intention de transporter] derrière lui et qui s'est retrouvé à le porter derrière lui [et le déclare responsable], et ce Maître [les Rabbanan] l'assimile [au transport] du revers de la main ou avec le pied [et l'exempte].
אֶלָּא: לְאַחֲרָיו וּבָא לוֹ לְאַחֲרָיו, דִּבְרֵי הַכֹּל חַיָּיב. לְאַחַר יָדוֹ וְרַגְלוֹ, דִּבְרֵי הַכֹּל פָּטוּר. כִּי פְּלִיגִי, בְּפוּנְדָּתוֹ וּפִיהָ לְמַטָּה: מָר מְדַמֵּי לֵיהּ לְאַחֲרָיו וּבָא לוֹ לְאַחֲרָיו, וּמָר מְדַמֵּי לֵיהּ לְאַחַר יָדוֹ וְרַגְלוֹ.
[La michna disait :] « En vérité ils ont dit : une femme… etc. » Il a été enseigné [dans la Tossefta] : chaque fois [que la michna emploie l'expression] « en vérité » [be'émet], c'est une halakha [transmise depuis le Sinaï, indiscutée]. [La michna disait :] « Rabbi Yehouda dit : même les porteurs de billets. » Il a été enseigné : car les scribes royaux [lavlaré malkhout] agissent ainsi [ils placent leurs billets de tous les côtés de leur ceinture].
בֶּאֱמֶת אָמְרוּ הָאִשָּׁה כּוּ׳. [תָּנָא כׇּל ״בֶּאֱמֶת״ — הֲלָכָה הִיא. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר אַף מְקַבְּלֵי פִתְקִין.] תָּנָא: שֶׁכֵּן לַבְלָרֵי מַלְכוּת עוֹשִׂין כֵּן.
Mishna 2
MICHNA. Celui qui transporte un pain [grosse miche] vers le domaine public [le Chabbat] est responsable. Si deux personnes le transportent [ensemble] — elles sont exemptes [car aucune n'a accompli un travail interdit complet à elle seule]. [Mais] si une seule personne était incapable de le transporter [seule] et que deux personnes l'ont transporté — elles sont responsables. Et Rabbi Chimon les exempte [même dans ce cas].
מַתְנִי׳ הַמּוֹצִיא כִּכָּר לִרְשׁוּת הָרַבִּים — חַיָּיב. הוֹצִיאוּהוּ שְׁנַיִם — פְּטוּרִין. לֹא יָכוֹל אֶחָד לְהוֹצִיאוֹ וְהוֹצִיאוּהוּ שְׁנַיִם — חַיָּיבִין. וְרַבִּי שִׁמְעוֹן פּוֹטֵר.
Guémara 2
GUEMARA. Rav Yehouda dit au nom de Rav — et certains disent que c'est Abayé qui l'a dit, et d'autres encore que cela a été enseigné dans une baraïta : [pour une action accomplie par deux personnes,] lorsque celui-ci est capable [de l'accomplir seul] et que celui-là est capable [de l'accomplir seul] — Rabbi Méir les déclare responsables, et Rabbi Yehouda et Rabbi Chimon les exemptent. [Lorsque] celui-ci est incapable et celui-là est incapable [de l'accomplir seul, et qu'ils l'ont donc fait ensemble] — Rabbi Yehouda et Rabbi Méir les déclarent responsables, et Rabbi Chimon les exempte. [Lorsque] celui-ci est capable et celui-là est incapable [et qu'ils l'ont fait ensemble] — de l'avis de tous, il est responsable.
גְּמָ׳ אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב, וְאָמְרִי לַהּ אָמַר אַבָּיֵי, וְאָמְרִי לַהּ בְּמַתְנִיתָא תָּנָא: זֶה יָכוֹל וְזֶה יָכוֹל — רַבִּי מֵאִיר מְחַיֵּיב, וְרַבִּי יְהוּדָה וְרַבִּי שִׁמְעוֹן פּוֹטְרִים. זֶה אֵינוֹ יָכוֹל וְזֶה אֵינוֹ יָכוֹל — רַבִּי יְהוּדָה וְרַבִּי מֵאִיר מְחַיְּיבִים וְרַבִּי שִׁמְעוֹן פּוֹטֵר. זֶה יָכוֹל וְזֶה אֵינוֹ יָכוֹל — דִּבְרֵי הַכֹּל חַיָּיב.
Cela aussi a été enseigné dans une baraïta : celui qui transporte un pain vers le domaine public est responsable. Si deux personnes le transportent — Rabbi Méir les déclare responsables, et Rabbi Yehouda dit : si une seule personne était incapable de le transporter et que deux l'ont transporté, elles sont responsables ; mais sinon [si chacune en était capable seule et qu'elles l'ont néanmoins transporté ensemble], elles sont exemptes. Et Rabbi Chimon les exempte [même lorsque aucune n'en était capable seule]. La Guemara demande : d'où ces enseignements [sont-ils tirés, quelle en est la source scripturaire] ? [La Guemara répond] que nos maîtres ont enseigné [dans le Torat Kohanim] : « …en l'accomplissant [baassotah] » (Vayikra 4, 27) — celui qui accomplit la totalité [de la transgression est responsable], et non celui qui n'en accomplit qu'une partie. Comment cela ? Deux personnes qui tenaient [ensemble] une fourche et engrangeaient [les gerbes], ou une navette et tissaient [les fils de la chaîne], ou une plume et écrivaient, ou un roseau et le transportaient vers le domaine public — j'aurais pu penser qu'elles sont responsables : c'est pourquoi le verset enseigne « en l'accomplissant » — celui qui accomplit la totalité [est responsable], et non celui qui n'en accomplit qu'une partie.
תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: הַמּוֹצִיא כִּכָּר לִרְשׁוּת הָרַבִּים — חַיָּיב. הוֹצִיאוּהוּ שְׁנַיִם — רַבִּי מֵאִיר מְחַיֵּיב, וְרַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אִם לֹא יָכוֹל אֶחָד לְהוֹצִיאוֹ וְהוֹצִיאוּהוּ שְׁנַיִם — חַיָּיבִין, וְאִם לָאו — פְּטוּרִים, וְרַבִּי שִׁמְעוֹן פּוֹטֵר. מְנָא הָנֵי מִילֵּי? דְּתָנוּ רַבָּנַן: ״בַּעֲשֹׂתָהּ״ — הָעוֹשֶׂה אֶת כּוּלָּהּ וְלֹא הָעוֹשֶׂה אֶת מִקְצָתָהּ, כֵּיצַד? שְׁנַיִם שֶׁהָיוּ אוֹחֲזִין בְּמַלְגֵּז וְלוֹגְזִין, בְּכַרְכֵּר וְשׁוֹבְטִין, בְּקוּלְמוֹס וְכוֹתְבִין, בְּקָנֶה וְהוֹצִיאוּהוּ לִרְשׁוּת הָרַבִּים, יָכוֹל יְהוּ חַיָּיבִין — תַּלְמוּד לוֹמַר: ״בַּעֲשֹׂתָהּ״ — הָעוֹשֶׂה אֶת כּוּלָּהּ וְלֹא הָעוֹשֶׂה מִקְצָתָהּ.
Rachi
מתני' המתכוין להוציא לפניו - כגון שצרר מעות בסדינו כדי שיהיו תלוין לפניו ובא לו לאחריו:,פטור - דלא נתקיימה מחשבתו וה"ל כמתעסק ולא מתכוין:,לאחריו ובא לו לפניו חייב - בגמ' מפרש טעמא:,סינר - כעין מכנסיים קטנים וחוגרת אותו לצניעות ואם תלתה בו שום דבר להוציא ובא לו לצד אחר חייבת:,שכן ראוי להיות חוזר - דרכו להיות חוזר סביבותיה ומתחלתה ידעה שסופו להתהפך:,ר' יהודה אומר אף מקבלי פתקין - של מלך למוסרם לרצים אף הם חייבים בהוצאתן אפילו לא נתקיימה מחשבתן כגון הוציאן על מנת לתתן לרץ זה ונתנו לזה כך לשון רבותי ולבי מגמגם:
גמ' מי ששנה זו לא שנה זו - ת"ק פטר בתרוייהו ותנא בתרא מחייב בתרוייהו:,ועלתה בידו שמירה פחותה - ואנן סהדי דלא ניחא ליה אבל סיפא כל שכן דניחא ליה:
דיוקא דמתני' קשיא - דיוקא דמצינן למידק ממתני':,לאחריו ובא לו לפניו הוא דחייב - דעלתה בידו שמירה מעולה:
וחכמים פוטרין - שאין דרך הוצאה בכך:
אני אמרתי דבר אחד - אי אתם מודים כו':,והם אמרו דבר א' - אי אתה מודה כו':,מכלל דמחייב רבי יהודה - בתמיה הא ודאי דברי הכל פטור דלא מפקי אינשי הכי:
לאחריו ובא לו לאחריו דברי הכל חייב - דיש מוציאין כן בשמירה פחותה:,לאחר ידו דברי הכל פטור - דאין מוציאין כן:,מר מדמי לה לאחריו - דשמירה פחותה היא ומר מדמי לה לאחר ידו דלא דמי למוציא לאחריו דהתם משתמרים הן מן הגנבים אבל אלו נופלין מאליהן ואין מוציאין כן:
שכן לבלרי מלכות עושין כן - בדעתו למוסרן לזה ואין מוצאו ודבר המלך נחוץ ומצא אחר ומוסרו לו:
מתני' הוציאו שנים פטורין - כדילפינן בעשותה יחיד ולא שנים:,חייבים - וטעמא מפרש בגמרא:
זה יכול - להוציאו לבדו וזה יכול להוציאו לבדו והוציאו שניהם:,ר"מ מחייב - דלא דריש בעשותה להכי אלא לפטור יחיד שעשה בהוראת ב"ד כדלקמן:,ור' יהודה פוטר - דלאו אורחיה בהכי וסתם מתני' ר' יהודה היא:,זה אינו יכול וזה אינו יכול - דאורחייהו להוציא בשנים בהא סבירא ליה לרבי יהודה כרבי מאיר דחייב ורבי שמעון פוטר דיליף מקראי כדלקמן:,זה יכול וזה אינו יכול - והוציאו שניהן דברי הכל חייב ולקמן מפרש הי מינייהו חייב: ה"ג הוציאוהו שנים ר' מאיר מחייב ול"ג פטור:
ר' יהודה אומר אם לא יכול אחד - כלומר כל אחד ואחד:,ואם לאו - אלא זה יכול וזה יכול פטור וממילא דבכי האי גוונא ר' מאיר מחייב:,מלגז - פורק"א בת ג' שיניים ומהפכין בה תבואה בגורן והוא מעמר דהוא אב מלאכה:,ולוגזין - מאספין השבלין:,בכרכר ושובטין - דהוא מיסך כדאמר בפרק כלל גדול (לעיל שבת דף עה) שובט הרי הוא בכלל מיסך:,בקנה והוציאוהו כו' - וכל הנך זה יכול וזה יכול נינהו:
Tossafot
ואת"ל אנשי הוצל עושין כן בטלה דעתן אצל כל אדם - משמע דעל אתרא נמי אמר דבטלה דעתן וכן בריש בכל מערבין (עירובין דף כח.) פריך ובבל הוי רובא דעלמא והתניא כו' וכן בתר הכי פריך ופרסאי הוי רובא דעלמא וקשה דבפ' חבית (לקמן שבת קמד:) גבי של בית מנשיא היו סוחטים ברמונים ופריך בית מנשיא הוי רובא דעלמא ומשני אין דהתנן המקיים קוצים בכרם כו' שכן בערביא מקיימין קוצים לגמליהן ופריך מי דמי ערביא אתרא הוא הכא בטלה דעתו אצל כל אדם וי"ל דהתם חשוב מנהג ערביא דלכל העולם נמי אם היה להם רוב גמלים הוו נמי מקיימי אבל בית מנשיא דחד גברא בטלה דעתו אע"ג דלכל העולם אם היה להם רמונים הרבה היו סוחטין:
רבי יהודה אומר אף מקבלי פיתקין - מפרש רבינו שמואל שיש אדם ממונה למלך שנושא פיתקין של מלך לידע מנין גבוריו וחייליו ובית אוצרותיו ונושאין אותן בכיסיהן התלויין באזוריהן ואותן כיסין חוזרין פעמים לפניהן ופעמים לאחוריהן והוי ממש דומיא דסינר דלעיל שהוא חוזר ות"ק דר' יהודה לא חשיב ליה חוזר והא דמייתי בגמרא תנא שכן לבלרי מלכות עושין כן כלומר שחוזר דבענין זה מיירי רישא (דברייתא) [דמתני']:
תברא מי ששנה זו כו' - ת"ק ה"ל למינקט לאחריו ובא לו לפניו פטור ולתנא בתרא דמחייב הוה לו למינקט לפניו ובא לו לאחריו דהוי רבותא טפי אלא דהשתא לא ידע שיש בזה שום חילוק:
הא לאחריו ובא לאחריו פטור - לעיל (שבת דף צא:) גבי חזקיה משני נעשה ובפ"ק דקדושין (דף ה.) גבי נתנה היא ואמרה היא ובכמה דוכתי לא משני:
זה אינו יכול וזה אינו יכול ר"מ ורבי יהודה מחייבין - מה שהקשה ריב"א אמאי לא אמרינן חטאת אחד אמר רחמנא ולא שנים ושלשה כדאמר גבי כופר מפורש בפרק ד' וה' (ב"ק דף מ. ד"ה כופר):
Texte : Sefaria — William Davidson Edition - Vocalized Aramaic · traduction française de travail, à valider.