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Traité Shabbat

92a

Étude de Shabbat 92a

Étude de la Mishna & Guémara 92a

car s'il le veut, il peut déchirer la couture [du porte-monnaie] et prendre l'argent ! [Comment alors dire que la bourse n'est pas acquise tant que les pièces sont encore en partie à l'intérieur ?] La Guemara répond : Ici, il s'agit de longues barres de métal (niskha) [trop longues pour passer toutes en même temps]. Tant que la bourse entière n'est pas dans le domaine public, il n'a acquis aucune des longues barres, et il n'est pas passible [de vol]. La Guemara objecte : Et puisque la bourse possède des lacets (chenatsin) pour fermer son ouverture, il suffirait, pour être passible de vol, qu'il la fasse sortir de sorte que son embouchure soit dans le domaine public — car il peut alors dénouer les lanières et en retirer le contenu ! [Et quant au Chabbat,] puisque les lacets restent attachés à l'intérieur [du domaine privé], il n'est pas encore passible. La Guemara répond : Il s'agit d'un cas où la bourse n'a pas de lacets. Et si tu veux, dis plutôt qu'il s'agit d'un cas où elle a des lacets, mais où ces lacets sont enroulés autour de la bourse [de sorte qu'on ne peut la vider sans la sortir tout entière].
דְּאִי בָּעֵי מְפַקַּע לֵיהּ וְשָׁקֵיל! בְּנִסְכָּא. וְכֵיוָן דְּאִיכָּא שְׁנָצִין, מַפֵּיק לֵיהּ עַד פּוּמֵּיהּ וְשָׁרֵי וְשָׁקֵיל, וּשְׁנָצִין אֲגִידִי מִגַּוַּאי! דְּלֵיכָּא שְׁנָצִין. וְאִיבָּעֵית אֵימָא דְּאִית לֵיהּ, וּמְכָרְכִי עִילָּוֵיהּ.
[Il existe entre Abayé et Rava un différend parallèle à celui de 'Hizkiya et Rabbi Yo'hanan.] Et de même Rava dit : On n'a enseigné [dans la Michna que l'on est exempt] que pour la sortie d'un panier (qoupa) plein de concombres et de courges [objets distincts qui dépassent du panier] ; mais [pour la sortie d'un panier] plein de moutarde [graines fines qui en remplissent tout l'espace], il est passible. Il ressort donc que Rava tient : la fusion (égued) de plusieurs objets au sein d'un même récipient n'est pas appelée fusion [si bien que le récipient ne « relie » pas son contenu au domaine privé]. Abayé dit : Même [pour la sortie d'un panier] plein de moutarde, il est exempt. Il ressort donc qu'Abayé tient : la fusion de plusieurs objets au sein d'un même récipient est appelée fusion. La Guemara remarque : Abayé adopta par la suite l'opinion de Rava, et Rava adopta l'opinion d'Abayé [ils échangèrent leurs positions]. Et l'on soulève une contradiction entre une parole d'Abayé et une autre parole d'Abayé ; et l'on soulève une contradiction entre une parole de Rava et une autre parole de Rava.
וְכֵן אָמַר רָבָא: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא בְּקוּפָּה מְלֵאָה קִישּׁוּאִין וְדִלּוּעִין, אֲבָל מְלֵאָה חַרְדָּל — חַיָּיב. אַלְמָא קָסָבַר אֶגֶד כְּלִי לָא שְׁמֵיהּ אֶגֶד. אַבָּיֵי אֲמַר: אֲפִילּוּ מְלֵאָה חַרְדָּל — פָּטוּר, אַלְמָא קָסָבַר אֶגֶד כְּלִי שְׁמֵיהּ אֶגֶד. קָם אַבָּיֵי בְּשִׁיטְתֵיהּ דְּרָבָא, קָם רָבָא בְּשִׁיטְתֵיהּ דְּאַבָּיֵי, וְרָמֵי דְּאַבָּיֵי אַדְּאַבָּיֵי, וְרָמֵי דְּרָבָא אַדְּרָבָא.
Car il a été enseigné qu'ils discutèrent du cas de celui qui fait sortir des fruits vers le domaine public. Abayé dit : [S'il les a fait sortir] dans sa main, il est passible — [même si le reste de son corps est demeuré dans le domaine privé,] car la fusion de plusieurs objets dans sa main n'est pas appelée fusion ; mais [s'il les a fait sortir] dans un récipient [dont une partie est restée dans le domaine privé], il est exempt. Et Rava dit : [S'il les a fait sortir] dans sa main, il est exempt — [car le statut de sa main est déterminé par celui du reste de son corps, demeuré à l'intérieur] ; mais [s'il les a fait sortir] dans un récipient, il est passible !
דְּאִיתְּמַר: הַמּוֹצִיא פֵּירוֹת לִרְשׁוּת הָרַבִּים, אַבָּיֵי אָמַר: בַּיָּד — חַיָּיב, בִּכְלִי — פָּטוּר. וְרָבָא אָמַר: בַּיָּד — פָּטוּר, בִּכְלִי — חַיָּיב!
[Ces paroles sont contraires à leurs opinions énoncées plus haut.] La Guemara répond : Inverse [les attributions], et dis que c'est Rava qui a dit : [S'il les a fait sortir] dans sa main, il est passible. La Guemara soulève une objection : N'avons-nous pas appris dans la MISHNA : « Si le maître de maison a étendu sa main au-dehors [vers le domaine public] et que le pauvre y a pris un objet, ou bien y a déposé un objet que [le maître de maison] a rentré, tous deux sont exempts » ? [Il apparaît donc que l'on n'est pas passible pour avoir simplement déplacé dans sa main un objet vers le domaine public.] La Guemara répond : Là [dans la Michna], il s'agit d'un cas où sa main se trouvait à plus de trois téfa'him du sol [l'objet n'a donc pas le statut d'avoir été posé à terre, et il est exempt] ; ici [dans la parole de Rava], il s'agit d'un cas où sa main se trouvait à moins de trois téfa'him du sol [or tout ce qui est à moins de trois téfa'him a le statut d'avoir été posé à terre].
אֵיפוֹךְ: בַּיָּד — חַיָּיב. וְהָתְנַן: פָּשַׁט בַּעַל הַבַּיִת אֶת יָדוֹ לַחוּץ, וְנָטַל הֶעָנִי מִתּוֹכָהּ אוֹ שֶׁנָּתַן לְתוֹכָהּ וְהִכְנִיס — שְׁנֵיהֶן פְּטוּרִין. הָתָם — לְמַעְלָה מִשְּׁלֹשָׁה, הָכָא — לְמַטָּה מִשְּׁלֹשָׁה.
Mishna 1
MICHNA. Celui qui fait sortir un objet [vers le domaine public le Chabbat], que ce soit de sa main droite ou de sa main gauche, dans son giron (‘heq) ou sur ses épaules — il est passible, car telle était la manière de porter [des fils de Qéhat. Tous les travaux interdits le Chabbat se déduisent du Tabernacle (Michkan), y compris le travail de « faire sortir » d'un domaine à l'autre.] Mais [celui qui fait sortir un objet] d'une manière inhabituelle, du revers de la main, ou avec son pied, ou avec sa bouche, ou avec son coude (marpéq), avec son oreille ou avec ses cheveux, ou avec sa ceinture creuse (pounda) dont l'ouverture est tournée vers le bas, ou entre sa ceinture et sa tunique, ou avec l'ourlet de sa tunique, ou avec sa chaussure, ou avec sa sandale — il est exempt, car il n'a pas fait sortir [l'objet] à la manière de ceux qui font sortir.
מַתְנִי׳ הַמּוֹצִיא, בֵּין בִּימִינוֹ בֵּין בִּשְׂמֹאלוֹ, בְּתוֹךְ חֵיקוֹ אוֹ עַל כְּתֵיפָיו — חַיָּיב, שֶׁכֵּן מַשָּׂא בְּנֵי קְהָת. כִּלְאַחַר יָדוֹ, בְּרַגְלוֹ, בְּפִיו וּבְמַרְפְּקוֹ, בְּאׇזְנוֹ וּבִשְׂעָרוֹ, וּבְפוּנְדָּתוֹ וּפִיהָ לְמַטָּה, בֵּין פּוּנְדָּתוֹ לַחֲלוּקוֹ, וּבִשְׂפַת חֲלוּקוֹ, בְּמִנְעָלוֹ, בְּסַנְדָּלוֹ — פָּטוּר, שֶׁלֹּא הוֹצִיא כְּדֶרֶךְ הַמּוֹצִיאִין.(משנה)
Guémara
GUEMARA. Rabbi Elazar dit : Celui qui fait sortir un fardeau [du domaine privé vers le domaine public], même s'il le fait à une hauteur de plus de dix téfa'him [au-dessus du sol, au-delà des limites du domaine public proprement dit], est passible — car telle était la manière de porter des fils de Qéhat. La Guemara demande : Et d'où savons-nous que la manière de porter des fils de Qéhat se faisait à plus de dix téfa'him ? La Guemara répond : Car il est écrit, à propos du portage des Léviim : « …et les tentures du parvis, et le rideau de l'entrée du parvis qui entoure le Tabernacle et l'autel, et ses cordages, pour tout son service » (Bamidbar 3, 26). Ce verset rapproche (maqich) l'autel du Tabernacle : de même que le Tabernacle [mesurait] dix amot [de haut], de même l'autel [mesurait] dix amot. [Quant au verset qui paraît l'infirmer — « tu feras l'autel… et trois amot sa hauteur » (Chemot 27, 1) — il doit être compris autrement.]
גְּמָ׳ אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: הַמּוֹצִיא מַשּׂאוֹי לְמַעְלָה מֵעֲשָׂרָה טְפָחִים — חַיָּיב, שֶׁכֵּן מַשָּׂא בְּנֵי קְהָת. וּמַשָּׂא בְּנֵי קְהָת מְנָלַן? דִּכְתִיב: ״עַל הַמִּשְׁכָּן וְעַל הַמִּזְבֵּחַ סָבִיב״ — מַקִּישׁ מִזְבֵּחַ לְמִשְׁכָּן: מָה מִשְׁכָּן עֶשֶׂר אַמּוֹת, אַף מִזְבֵּחַ עֶשֶׂר אַמּוֹת.
La Guemara demande : Et le Tabernacle lui-même, d'où savons-nous [qu'il était porté à plus de dix téfa'him] ? La Guemara répond : Car il est écrit : « tu feras les planches du Tabernacle en bois d'acacia, dressées debout ; dix amot la longueur d'une planche » (Chemot 26, 15-16). Et il est écrit, à propos de l'érection du Tabernacle : « il étendit la tente sur le Tabernacle » (Chemot 40, 19) ; et Rav dit : Moché notre maître l'étendit lui-même. De là tu apprends que la taille des Léviim était de dix amot. [Si Moché put se tenir debout et étendre seul la couverture sur la tente, il devait mesurer au moins dix amot — et tels étaient sans doute aussi les autres Léviim.] Et l'on tient par tradition que tout fardeau que l'on hisse au moyen de barres (motot) — un tiers se trouve au-dessus de la taille du porteur et deux tiers au-dessous. Il se trouve donc que [l'autel] était porté très haut [le bas de l'autel se trouvant à au moins un tiers de dix amot, soit vingt téfa'him, au-dessus du sol].
וּמִשְׁכָּן גּוּפֵיהּ מְנָלַן? דִּכְתִיב: ״עֶשֶׂר אַמּוֹת אֹרֶךְ הַקָּרֶשׁ״, וּכְתִיב: ״וַיִּפְרֹשׂ אֶת הָאֹהֶל עַל הַמִּשְׁכָּן״, וְאָמַר רַב: מֹשֶׁה רַבֵּינוּ פְּרָשׂוֹ. מִכָּאן אַתָּה לָמֵד גּוֹבְהָן שֶׁל לְוִיִּים עֶשֶׂר אַמּוֹת. וּגְמִירִי דְּכֹל טוּנָא דְּמִידְּלֵי בְּמוֹטוֹת — תִּילְתָּא מִלְּעֵיל וּתְרֵי תִּילְתֵי מִלְּתַחַת, אִישְׁתְּכַח דַּהֲוָה מִידְּלֵי טוּבָא.
Et si tu veux, dis plutôt [que les Léviim n'étaient pas d'une taille extraordinaire, et] que cela se déduit de l'Arche (aron) — car le Maître a dit : L'Arche [mesurait] neuf téfa'him [de haut, selon ce qu'énonce la Torah], et le Couvercle (kapporet) un téfa'h, ce qui fait dix en tout. Et l'on tient par tradition que tout fardeau que l'on hisse au moyen de barres — un tiers se trouve au-dessus de la taille du porteur et deux tiers au-dessous. Il se trouve donc que le bas de l'Arche se tenait à plus de dix téfa'him au-dessus du sol. La Guemara demande : Et déduisons-le donc de Moché [pourquoi la première preuve ne suffisait-elle pas] ? La Guemara répond : Peut-être Moché était-il différent [des autres Léviim, et plus grand qu'eux], car le Maître a dit : La Présence divine (Chekhina) ne repose que sur un homme sage, fort, riche et de haute stature. [Puisque la Chekhina reposait sur Moché, il devait être de haute taille.]
וְאִיבָּעֵית אֵימָא: מֵאָרוֹן. דְּאָמַר מָר: אָרוֹן תִּשְׁעָה וְכַפּוֹרֶת טֶפַח. הֲרֵי כָּאן עֲשָׂרָה, וּגְמִירִי דְּכֹל טוּנָא דְּמִידְּלֵי בְּמוֹטוֹת — תִּילְתָּא מִלְּעֵיל וּתְרֵי תִּילְתֵי מִלְּרַע, אִישְׁתְּכַח דְּמִלְּמַעְלָה מֵעֲשָׂרָה הֲוָה קָאֵי. וְלִיגְמַר מִמֹּשֶׁה? דִּילְמָא מֹשֶׁה שָׁאנֵי, דְּאָמַר מָר: אֵין הַשְּׁכִינָה שׁוֹרָה אֶלָּא עַל חָכָם גִּבּוֹר וְעָשִׁיר וּבַעַל קוֹמָה.
Rav dit au nom de Rabbi 'Hiyya : Celui qui fait sortir un fardeau le Chabbat sur sa tête est passible d'un sacrifice expiatoire ('hatat), car les gens de Houtsal font ainsi [ils ont coutume de porter leurs charges sur la tête]. La Guemara demande : Et les gens de Houtsal constituent-ils la majorité du monde ? [Même si en un seul endroit c'est une manière habituelle de porter, cela reste une manière inhabituelle dans le reste du monde.] Plutôt, si cet enseignement a été énoncé, il l'a été ainsi : Rav dit au nom de Rabbi 'Hiyya : Si un habitant de Houtsal a fait sortir un fardeau sur sa tête le Chabbat, il est passible, car les gens de sa ville font ainsi. La Guemara demande de nouveau : [Même si les habitants de sa ville font cela,] que son intention soit annulée devant celle de tous les autres hommes ! [Si un individu ou un petit groupe se conduit d'une manière inhabituelle, sa conduite n'en devient pas habituelle ; la norme se détermine selon la majorité des hommes.] Plutôt, si cet enseignement a été énoncé, il l'a été ainsi : Celui qui fait sortir un fardeau sur sa tête est exempt,
אָמַר רַב מִשּׁוּם רַבִּי חִיָּיא: הַמּוֹצִיא מַשּׂאוֹי בְּשַׁבָּת עַל רֹאשׁוֹ — חַיָּיב חַטָּאת, שֶׁכֵּן אַנְשֵׁי הוּצָל עוֹשִׂין כֵּן. וְאַנְשֵׁי הוּצָל רוּבָּא דְעָלְמָא?! אֶלָּא, אִי אִיתְּמַר הָכִי אִיתְּמַר: אָמַר רַב מִשּׁוּם רַבִּי חִיָּיא: אֶחָד מִבְּנֵי הוּצָל שֶׁהוֹצִיא מַשּׂוֹי עַל רֹאשׁוֹ בְּשַׁבָּת — חַיָּיב, שֶׁכֵּן בְּנֵי עִירוֹ עוֹשִׂין כֵּן. וְתִיבְטַל דַּעְתּוֹ אֵצֶל כׇּל אָדָם! אֶלָּא, אִי אִיתְּמַר הָכִי אִיתְּמַר: הַמּוֹצִיא מַשּׂוֹי עַל רֹאשׁוֹ — פָּטוּר,

Rachi

מפקע - קורע:,בנסכא - שהן חתיכות ארוכות וכל זמן שמקצתן בפנים לא קנה:,ופרכינן וכיון דאיכא שנצין - רצועות שקורין אשטולד"ץ:,מפיק ליה עד פומיה ושקיל - וכיון דמצי למשקלינהו קני ולענין שבת לא מיחייב עד דמפיק להו לשנצין דעל ידו הוא אגוד לרה"י שהרי לא יצאו: ,ומכרכי עילויה - שאין יכול להוציאו בלא שנצין:

קם אביי בשיטתיה כו' - שניהם חזרו בדבריהם והחליפום:

ביד חייב - משיצאו הפירות ואע"פ שגופו ברשות היחיד ולא אמרינן אגד גופו שמיה אגד:,בכלי פטור - כל זמן שיש מקצת הכלי בביתו:,ביד פטור - דאגד גופו שמיה אגד דידו בתר גופו גרירא בכלי חייב וקשיא אתרוייהו למה שהחליפו שיטתן:

התם למעלה מג' - וטעמא משום דלא נח ולא משום אגד גופה:,והכא למטה מג' - דליכא למיפטרי' משום הנחה דכמונח דמי:

מתני' שכן משא בני קהת - בכתף ישאו (במדבר ז׳:ט׳) וימין ושמאל וחיק אורח ארעא ובשם רבינו יצחק בר יהודה מצאתי שאמר בשם רב האי שמפורש בהש"ס ירושלמי ופקודת אלעזר בן אהרן הכהן שמן המאור וקטורת הסמים ומנחת התמיד ושמן המשחה [שמן] אחד בימין [ושמן] אחד בשמאל והקטורת בחיקו והחביתין בכתף:,מרפקו - איישיל"א:,פונדתו - אזור חלול:,ופיה למטה - אין דרך הוצאה בכך אבל פיה למעלה דרך הוצאה:,שפת חלוקו - שפה התחתונה:

גמ' המוציא משאוי למעלה מי' - מעבירו באויר בידו ואינו על כתפו וגבוה מן הארץ [עשרה] קאמר דאי במונח על כתפו מתניתין היא והא דתנן (לקמן שבת דף ק.) הזורק ד' אמות בכותל למעלה מעשרה כזורק באויר אלמא אין למעלה מעשרה רשות הרבים דווקא זורק אבל מעביר חייב דיליף מבני קהת במשכן:,אשר על המשכן וגו' - בקלעי החצר משתעי:,אף מזבח - גובהו י' אמות והוצרך לסובבו בקלעים של י' אמות רחב ומה אני מקיים וג' אמות קומתו (שמות כ״ז:א׳) משפת סובב ולמעלה ומה אני מקיים וקומה ה' דקלעים משפת מזבח ולמעלה כך מפורש בזבחים (דף נט:) שהיו הקלעים ט"ו אמות:

מכאן אתה למד - דקס"ד שאר הלוים נמי גביהי כמשה:,תלתא מלעיל - וכיון דמזבח י' אמות והוא נושא בכתף כדכתיב (במדבר ז׳:ט׳) ולבני קהת לא נתן (עגלות) וגו' והלוים י' אמות כי מדלו ליה תילתא למעלה מראשיהן או מכתיפו נמצא גבוה מן הארץ קרוב לשליש של י' אמות דהוו טובא טפי יותר מי' טפחים:

ואיבעית אימא - לא גביהי לוים ולאו ממזבח גמרינן דשמא לוים לא גביהי אלא ז' אמות ואין משאן דמזבח גבוה מן הארץ אלא ב' או ג' טפחים ומארון גמר לה ר' אלעזר:,אשתכח דלמעלה מי' קאי - טובא אפילו אין גובהן של לוים אלא ג' אמות כמונו הרי י"ח טפחים וארון אינו תלוי למטה מכתפותיהן אלא ו' טפחים וב' שלישי טפח אישתכח דגבוה י' ויותר:,וליגמר ממשה - שפרש המשכן ונמצא דגובהן של לוים עשר אמות ונילף מלוים נושאי המזבח:,דאמר מר - במסכת נדרים:

אנשי הוצל - היו נושאין כדי מים ויין על ראשיהן ואין אוחזין אותם בידים:

Tossafot

דאי בעי מפקע ליה - נראה לר"י שכיסין שלהם לא היו תפורות בחוזק כמו שלנו ולהכי פריך ממקום התפירה ולא ממקום אחר:

ורמי דאביי אדאביי - קים ליה להש"ס דהך מילתא דמייתי איתמר בתר דהדור בהו:

המוציא בפיו כו' - והא דתנן באמרו לו (כריתות ד' יג:) אם היתה שבת והוציאו בפיו חייב ה"מ אוכלים שדרכן להוציאן בפיו בשעת אכילה:

התם למעלה מג' - ונהי דלאו שמיה אגד הנחה ליכא כדפירש בקונטרס הקשה ה"ר אלחנן לרבה דמוקי מתני' בריש מכילתין (דף ד.) כר"ע דאמר קלוטה כמי שהונחה דמיא בהך בבא דמייתי הכא אמאי שניהם פטורין והלא למעלה מג' לר' עקיבא כמו למטה מג' לרבנן וי"ל דרבה סבר אגד גוף שמיה אגד ור"י מפרש התם למעלה מג' ואית לן למימר דשמיה אגד כדאמר בפ"ק (דף ג.) דידו בתר גופו גריר הכא למטה מג' דלאו שמיה אגד:

לאחר ידו ברגלו - ולספרים דגרס כלאחר ידו י"ל דברגלו הוי פירוש כלאחר ידו ומיהו גירסא קמא ניחא טפי דהכי תניא בברייתא בגמרא:,במרפקו - הוא שקורין קוד"א ולא כמו שפירש בקונטרס אישיל"ש מדתנן באהלות (פ"א מ"ח) רמ"ח אברים באדם שלשים בפיסת היד ו' בכל אצבע שנים בקנה שנים במרפק אחד בזרוע שנים בכתף כו' משמע דמרפק הוא למטה מן הזרוע וכן בפרק האומר משקלי (ערכין יט:) ידי ורגלי עלי ממלא חבית מים ומכניס ביד עד העציל וברגל עד הארכובה ולעציל קרי ליה במתניתין דהתם במרפקו ותרגום של אצילי ידי מרפקי ידיה (יחזקאל י״ג:י״ח) משמע דעציל היינו קוד"א שהוא ביד כנגד ארכובה ברגל ובפ"ב דזבחים (דף יח:) לא יחגרו ביזע שאין חוגרין לא למטה ממתניהם ולא למעלה מאציליהם אלא כנגד אצילי ידיהם ואי אצילי היינו אישיל"ש היאך יחגרו למעלה מהם ועוד א"כ כנגד אציליהן היאך חוגרים אדרבה שם היא מקום זיעה אלא ודאי היינו קוד"א וכן יש להוכיח מכאן דלא כמפרש דמקום תפילין הוי בקנה למטה ממרפק דבכל מקום אמרינן תפילין בזרוע ובמס' אהלות (פ"א מ"ח) משמע דזרוע הוא למעלה ממרפק ועוד דבפ' האומר משקלי (שם ד' יט:) פריך וביד עד העציל והכתיב והיה לאות על ידך ותנא זה קיבורית ומשני דאורייתא קיבורית כולה פירוש קרויה יד בנדרים הלך אחר לשון בני אדם משמע דמקום תפילין למעלה מן העציל:

אישתכח דלמעלה מי' הוה קאי - דמכתף אדם עד לארץ שלש אמות כדאמר בתרגום מגלת אסתר פרשנדתא אצטליב על תלת אמין וכן כלהו וראשיהם היו קטועים ומקוה דאמר (יומא לא.) דהוי כל גופו עולה בהן אפילו ראש באמה על אמה ברום ג' אמות דכשיכנס במים יעלו המים למעלה מראשו וכוכין דאמר בסוף המוכר פירות (ב"ב דף ק.) דאורכן ארבע אמות היינו עם ראש וצואר ועובי הארון עם מה שמשקעין ארון בתוך הכוך טפח או טפחיים וגבי היזק ראיה דהצריך ארבע אמות בריש בבא בתרא (דף ב:) משום צואר וראש ובקל יגביה עצמו שיוכל לראות לכך צריך ארבע אמות והא דאמרינן במי שהוציאוהו (עירובין דף מח.) דמקומו של אדם ארבע אמות היינו כשפושט ידו למעלה מראשו:

Texte : Sefaria — William Davidson Edition - Vocalized Aramaic · traduction française de travail, à valider.

Shabbat 92a
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שבת צ״ב אמַסֶּכֶת שַׁבָּת