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Traité Shabbat

91b

Étude de Shabbat 91b

Étude de la Mishna & Guémara 91b

[s'agissant de] la disqualification d'aliments consacrés (kodachim) du fait d'être sortis de l'enceinte du parvis (azara), la mesure significative est un volume d'olive (kazayit), car celui qui mange cette mesure d'aliments consacrés disqualifiés est passible [de punition] ; s'agissant du Chabbat aussi, sa mesure pour la culpabilité devrait être un volume d'olive ! La Guemara réfute : Comment peux-tu établir cette comparaison ?! Là-bas, dans le cas des aliments consacrés, dès l'instant où il l'a fait sortir au-delà du mur du parvis, il a été disqualifié du fait de l'interdit de « sortie » (yotsé) ; en revanche, s'agissant du Chabbat, il n'est passible que lorsqu'il le fait sortir vers le domaine public (rechout ha-rabbim), [lieu] bien au-delà des murs du parvis. Ici, dans le cas où l'on a jeté de la térouma dans la maison le Chabbat, l'interdit du Chabbat et l'impureté de la térouma surviennent simultanément. Puisque le volume d'olive est significatif quant à l'impureté, il l'est pareillement quant au Chabbat.
יוֹצֵא — בִּכְזַיִת, לְעִנְיַן שַׁבָּת נָמֵי — בִּכְזַיִת! הָכִי הַשְׁתָּא?! הָתָם — מִדְּאַפְּקֵיהּ חוּץ לְחוֹמַת הָעֲזָרָה אִיפְּסִיל לֵיהּ בְּיוֹצֵא, אַשַּׁבָּת לָא מִיחַיַּיב עַד דְּמַפֵּיק לֵיהּ לִרְשׁוּת הָרַבִּים, הָכָא — שַׁבָּת וְטוּמְאָה בַּהֲדֵי הֲדָדֵי קָאָתְיָין.
Nous avons appris dans la MISHNA : si l'on a stocké (mis en réserve) la semence, l'a fait sortir, puis l'a réintroduite, il n'est passible que [s'il a réintroduit] sa mesure [de culpabilité]. La Guemara objecte : Cela est évident ! En la réintroduisant dans la maison, il manifeste qu'il ne la considère plus comme significative, et l'objet prend alors le statut juridique d'un objet appartenant à n'importe qui. Abayé dit : De quoi traitons-nous ici ? Nous traitons d'un cas où il l'a jetée dans la réserve (otsar) et où son emplacement reste discernable pour celui qui l'a jetée, en ce qu'il sait où elle a atterri. De peur que tu ne dises : puisque son emplacement est discernable, elle conserve son statut initial — la Michna nous enseigne que, du fait même qu'il l'a jetée dans la réserve, il a manifesté qu'il annulait la signification antérieure de l'objet.
חָזַר וְהִכְנִיסוֹ אֵינוֹ חַיָּיב אֶלָּא כְּשִׁיעוּרוֹ. פְּשִׁיטָא! אָמַר אַבָּיֵי: הָכָא בְּמַאי עָסְקִינַן — כְּגוֹן שֶׁזְּרָקוֹ לְאוֹצָר וּמְקוֹמוֹ נִיכָּר. מַהוּ דְּתֵימָא: כֵּיוָן דִּמְקוֹמוֹ נִיכָּר בְּמִילְּתֵיהּ קַמָּיְיתָא קָאֵי, קָא מַשְׁמַע לַן — מִדְּזַרְקֵיהּ לְאוֹצָר, בַּטּוֹלֵי בַּטְּלֵיהּ.
Mishna 1
MICHNA : Celui qui fait sortir des aliments de sa maison le Chabbat et les a posés sur le seuil (askoufa) de la porte — qu'il les ait ensuite fait sortir du seuil vers le domaine public, ou qu'une autre personne les ait fait sortir — est exempt, parce qu'il n'a pas accompli son travail [interdit] de transport d'un domaine à l'autre en une seule fois. De même, si l'on a posé une corbeille (koupa) pleine de fruits sur le seuil extérieur, lequel se trouve dans le domaine public, et qu'une partie de la corbeille est demeurée à l'intérieur — bien que la plupart des fruits soient dehors, dans le domaine public — il est exempt, jusqu'à ce qu'il fasse sortir la corbeille tout entière.
מַתְנִי׳ הַמּוֹצִיא אוֹכָלִין וּנְתָנָן עַל הָאַסְקוּפָּה, בֵּין שֶׁחָזַר וְהוֹצִיאָן, בֵּין שֶׁהוֹצִיאָן אַחֵר — פָּטוּר, מִפְּנֵי שֶׁלֹּא עָשָׂה מְלַאכְתּוֹ בְּבַת אַחַת. קוּפָּה שֶׁהִיא מְלֵיאָה פֵּירוֹת וּנְתָנָהּ עַל אַסְקוּפָּה הַחִיצוֹנָה, אַף עַל פִּי שֶׁרוֹב פֵּירוֹת מִבַּחוּץ — פָּטוּר, עַד שֶׁיּוֹצִיא אֶת כָּל הַקּוּפָּה.(משנה)
Guémara
GUEMARA : La Guemara commence par demander : Quelle est la nature de ce seuil (askoufa) au regard du Chabbat ? Si tu dis que c'est un seuil ayant le statut juridique du domaine public — en ce qu'il ne s'élève pas au-dessus de neuf téfa'him (paumes), que sa surface est de quatre par quatre téfa'him, et qu'il convient à l'usage de la multitude — pourquoi serait-il exempt ? N'a-t-il pas fait sortir des aliments du domaine privé (rechout ha-ya'hid) vers le domaine public ! Dis plutôt que c'est un seuil ayant le statut juridique du domaine privé, en ce qu'il s'élève au-dessus de dix téfa'him et que sa surface est de quatre par quatre téfa'him. En ce cas, pourquoi la Michna dit-elle : qu'il les ait ensuite fait sortir du seuil vers le domaine public, ou qu'une autre personne les ait fait sortir, il est exempt ? Pourquoi serait-il exempt ? N'a-t-il pas fait sortir des aliments du domaine privé vers le domaine public !
גְּמָ׳ הַאי אַסְקוּפָּה, מַאי? אִילֵימָא אַסְקוּפָּה רְשׁוּת הָרַבִּים — פָּטוּר? הָא קָא מַפֵּיק מֵרְשׁוּת הַיָּחִיד לִרְשׁוּת הָרַבִּים! אֶלָּא אַסְקוּפָּה רְשׁוּת הַיָּחִיד. בֵּין שֶׁחָזַר וְהוֹצִיאָן, בֵּין שֶׁהוֹצִיאָן אַחֵר — פָּטוּר? הָא קָא מַפֵּיק מֵרְשׁוּת הַיָּחִיד לִרְשׁוּת הָרַבִּים!
Dis plutôt que la Michna parle d'un seuil qui est un karmélit. Et elle nous enseigne ceci : la raison pour laquelle il est exempt tient au fait que l'objet est venu reposer (na'h) dans un karmélit ; mais si l'objet n'est pas venu reposer dans un karmélit, il est passible même [si l'objet] a traversé un karmélit. Cela vient enseigner que la Michna n'est pas conforme à l'opinion de Ben Azzaï, ainsi qu'il a été enseigné dans une baraïta : Celui qui fait sortir un objet d'une boutique ('hanout), qui est un domaine privé, vers une place publique (pelatya), qui est un domaine public, en passant par un portique (setiv), qui est un karmélit — est passible, parce qu'il a soulevé l'objet dans un domaine privé et l'a déposé dans un domaine public. Et Ben Azzaï le déclare exempt, parce que, selon lui, un domaine exempt (mékom petor) sépare entre le domaine privé et le domaine public.
אֶלָּא אַסְקוּפָּה כַּרְמְלִית, וְהָא קָא מַשְׁמַע לַן: טַעְמָא דְּנָח בְּכַרְמְלִית, הָא לָא נָח בְּכַרְמְלִית — מִיחַיַּיב. מַתְנִיתִין דְּלָא כְּבֶן עַזַּאי. דְּתַנְיָא: הַמּוֹצִיא מֵחֲנוּת לִפְלַטְיָא דֶּרֶךְ סְטָיו — חַיָּיב, וּבֶן עַזַּאי פּוֹטֵר.
« Une corbeille qui est pleine [de fruits…] » etc. 'Hizkiya dit : on n'a enseigné [cette halakha] qu'au sujet d'une corbeille pleine de concombres (kichouïn) et de courges (dilouïn), tous deux longs [de sorte qu'une partie de chaque fruit demeure à l'intérieur même lorsque la plus grande partie de la corbeille est dans le domaine public] ; mais [si la corbeille est] pleine de moutarde ('hardal), il est passible [pour avoir fait sortir une mesure de grains de moutarde individuels vers le domaine public]. La Guemara conclut : Il appert donc qu'il [= 'Hizkiya] estime que la liaison [d'objets] par un récipient (égued kéli) n'est pas appelée « liaison » (lo chémeih égued) [c'est-à-dire : bien que plusieurs objets soient dans une même corbeille, ils n'ont pas le statut d'une unité unique]. Et Rabbi Yo'hanan dit : même [si la corbeille était] pleine de moutarde, il est exempt. Il appert donc qu'il estime que la liaison par un récipient est appelée « liaison » (chémeih égued).
קוּפָּה שֶׁהִיא מְלֵיאָה כּוּ׳. אָמַר חִזְקִיָּה: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא בְּקוּפָּה מְלֵיאָה קִישּׁוּאִין וְדִלּוּעִין, אֲבָל מְלֵיאָה חַרְדָּל — חַיָּיב. אַלְמָא קָסָבַר אֶגֶד כְּלִי — לָא שְׁמֵיהּ אֶגֶד. וְרַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: אֲפִילּוּ מְלֵיאָה חַרְדָּל — פָּטוּר. אַלְמָא קָסָבַר אֶגֶד כְּלִי — שְׁמֵיהּ אֶגֶד.
Rabbi Zéra dit : la formulation de la Michna ne correspond pas exactement à l'opinion de 'Hizkiya, et elle ne correspond pas exactement à l'opinion de Rabbi Yo'hanan. La Guemara explique : Elle ne correspond pas exactement à l'opinion de 'Hizkiya, car la Michna a enseigné : « jusqu'à ce qu'il fasse sortir la corbeille tout entière ». La Guemara en déduit : la raison pour laquelle il est passible, c'est qu'il a fait sortir la corbeille tout entière ; mais si une partie de la corbeille est demeurée à l'intérieur, même s'il a fait sortir tous les fruits, il est exempt. Il appert donc que la Michna estime que la liaison par un récipient est appelée « liaison » [puisque le récipient fond les fruits en une seule entité, lorsqu'une partie de la corbeille demeure à l'intérieur, par extension ses fruits aussi sont réputés y être demeurés]. Et elle ne correspond pas exactement à l'opinion de Rabbi Yo'hanan, car la Michna a enseigné : « bien que la plupart des fruits soient dehors ». La Guemara en déduit : la raison pour laquelle il est exempt, c'est que seule la plupart des fruits sont dehors ; mais si tous les fruits étaient dehors, alors, même si une partie de la corbeille demeure liée à l'intérieur, il est passible. Il appert donc que la Michna estime que la liaison par un récipient n'est pas appelée « liaison ».
אָמַר רַבִּי זֵירָא: מַתְנִיתִין דְּלָא כְּחִזְקִיָּה דַּיְקָא, וּדְלָא כְּרַבִּי יוֹחָנָן דַּיְקָא: כְּחִזְקִיָּה לָא דַּיְקָא — דְּקָתָנֵי: ״עַד שֶׁיּוֹצִיא אֶת כָּל הַקּוּפָּה״ — טַעְמָא דְּכׇל הַקּוּפָּה, הָא כׇּל הַפֵּירוֹת — פָּטוּר, אַלְמָא קָסָבַר אֶגֶד כְּלִי שְׁמֵיהּ אֶגֶד. כְּרַבִּי יוֹחָנָן לָא דַּיְקָא — דְּקָתָנֵי: ״אַף עַל פִּי שֶׁרוֹב פֵּירוֹת בַּחוּץ״ — טַעְמָא דְּרוֹב פֵּירוֹת, הָא כׇּל פֵּירוֹת, אַף עַל גַּב דַּאֲגִידָא קוּפָּה מִגַּוַּאי — חַיָּיב, אַלְמָא קָסָבַר אֶגֶד כְּלִי לָא שְׁמֵיהּ אֶגֶד.
La Guemara objecte : Mais cela est difficile — les déductions [tirées] de la Michna sont contradictoires ! La Guemara explique : 'Hizkiya résout la contradiction conformément à son raisonnement, et Rabbi Yo'hanan résout la contradiction conformément à son raisonnement. La Guemara développe [selon les deux Sages, la Michna vise deux cas distincts]. 'Hizkiya résout la contradiction selon son raisonnement : « jusqu'à ce qu'il fasse sortir la corbeille tout entière » — dans quel cas cela est-il dit ? Cela est dit dans le cas d'une corbeille pleine de concombres et de courges ; mais [dans le cas d'] une corbeille pleine de moutarde, il devient comme celui qui a fait sortir la corbeille tout entière, et il est passible [pour avoir fait sortir la moutarde]. Et Rabbi Yo'hanan résout la contradiction selon son raisonnement : « bien que la plupart des fruits soient dehors [il est exempt] » — et cette règle vaut non seulement s'il a fait sortir la plupart des fruits, mais même s'il a fait sortir tous les fruits il est également exempt, jusqu'à ce qu'il fasse sortir la corbeille tout entière.
וְאֶלָּא קַשְׁיָא! חִזְקִיָּה מְתָרֵץ לְטַעְמֵיהּ, וְרַבִּי יוֹחָנָן מְתָרֵץ לְטַעְמֵיהּ. חִזְקִיָּה מְתָרֵץ לְטַעְמֵיהּ: ״עַד שֶׁיּוֹצִיא אֶת כָּל הַקּוּפָּה״, בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים — בְּקוּפָּה מְלֵיאָה קִישּׁוּאִין וְדִלּוּעִין, אֲבָל מְלֵיאָה חַרְדָּל — נַעֲשֶׂה כְּמִי שֶׁהוֹצִיא אֶת כָּל הַקּוּפָּה, וְחַיָּיב. רַבִּי יוֹחָנָן מְתָרֵץ לְטַעְמֵיהּ, ״אַף עַל פִּי שֶׁרוֹב פֵּירוֹת בַּחוּץ״, וְלֹא רוֹב פֵּירוֹת בִּלְבַד, אֶלָּא אֲפִילּוּ כׇּל פֵּירוֹת — פָּטוּר, עַד שֶׁיּוֹצִיא אֶת כָּל הַקּוּפָּה.
La Guemara soulève une objection à partir de ce qui a été enseigné dans une baraïta : Celui qui fait sortir la corbeille du colporteur (koupat ha-rokhline) le Chabbat — laquelle contient différents articles, principalement des aromates (bessamim) — et l'a posée sur le seuil extérieur de la maison, bien que la plupart des espèces d'articles de la corbeille soient dehors, il est exempt, jusqu'à ce qu'il fasse sortir la corbeille tout entière. Il pourrait te venir à l'esprit de dire que cela parle d'une corbeille pleine de petits paquets (tseraré) d'aromates divers — ce qui est difficile selon l'opinion de 'Hizkiya [car, bien que la plupart des paquets soient entrés dans le domaine public, il est exempt] ! La Guemara répond : 'Hizkiya pourrait te dire : De quoi traitons-nous ici ? De tiges [oranessé / ournassé] — les aromates se présentent sous forme de tiges qui emplissent toute la longueur de la corbeille [de sorte que, tant qu'une partie de la corbeille demeure à l'intérieur, une partie de chaque tige y demeure également].
מֵיתִיבִי: הַמּוֹצִיא קוּפַּת הָרוֹכְלִין וּנְתָנָהּ עַל אַסְקוּפָּה הַחִיצוֹנָה, אַף עַל פִּי שֶׁרוֹב מִינִין בַּחוּץ — פָּטוּר, עַד שֶׁיּוֹצִיא אֶת כָּל הַקּוּפָּה. קָא סָלְקָא דַּעְתָּךְ בִּצְרָרֵי, קַשְׁיָא לְחִזְקִיָּה! אָמַר לָךְ חִזְקִיָּה: הָכָא בְּמַאי עָסְקִינַן — בְּאוּרְנָסֵי.
Rav Bivaï bar Abayé soulève [lui aussi] une objection à partir de ce que nous avons appris : Celui qui vole une bourse (kis) le Chabbat est passible [du paiement pour le vol]. [En vertu du principe selon lequel celui qui encourt deux châtiments reçoit le plus grand des deux, on devrait, en ce cas, l'exempter du paiement pour le vol, puisque l'accomplissement d'un travail interdit le Chabbat est passible de lapidation ; toutefois, ce cas est différent] car il était déjà passible pour le vol dès qu'il a soulevé la bourse — [cela a eu lieu] avant qu'il n'en vienne à transgresser l'interdit d'accomplir un travail interdit le Chabbat en la transportant dans le domaine public. En revanche, [s'il n'a pas soulevé la bourse mais] qu'il la traînait [au sol] en sortant [du domaine privé], il est exempt [du paiement pour le vol], car en ce cas il n'est passible du vol que lorsqu'il traîne la bourse hors de la propriété du propriétaire vers le domaine public : l'interdit du vol et l'interdit du Chabbat sont transgressés en une seule fois. Et si tu venais à penser que la liaison [d'objets] par un récipient est appelée « liaison » (chémeih égued), en ce cas l'interdit du vol précéderait l'interdit du Chabbat [car, dès l'instant où l'ouverture (la bouche) de la bourse entre dans le domaine public, il est passible pour le vol, comme si l'argent à l'intérieur avait été sorti ; tandis que, pour le Chabbat, il ne serait passible que lorsque la bourse tout entière serait entrée dans le domaine public] !
מֵתִיב רַב בִּיבִי בַּר אַבָּיֵי: הַגּוֹנֵב כִּיס בְּשַׁבָּת — חַיָּיב, שֶׁכְּבָר נִתְחַיֵּיב בִּגְנֵיבָה קוֹדֶם שֶׁיָּבֹא לִידֵי אִיסּוּר שַׁבָּת. הָיָה מְגָרֵר וְיוֹצֵא — פָּטוּר, שֶׁהֲרֵי אִיסּוּר גְּנֵיבָה וְאִיסּוּר שַׁבָּת בָּאִין כְּאֶחָד. וְאִי סָלְקָא דַעְתָּךְ אֶגֶד כְּלִי — שְׁמֵיהּ אֶגֶד, קָדֵים לֵיהּ אִיסּוּר גְּנֵיבָה לְאִיסּוּר שַׁבָּת!
La Guemara explique : Si cela parle d'un cas où il l'a fait sortir par son ouverture (sa bouche), en effet il en est ainsi — il serait passible pour le vol. Mais de quoi traitons-nous ici ? D'un cas où il l'a fait sortir par son dessous (choulayim) [puisque aucune partie de l'argent n'est accessible avant que la bourse tout entière ne soit dans le domaine public, il a transgressé les interdits simultanément]. La Guemara demande : Mais n'y a-t-il pas l'emplacement de la couture (mékom 'halama) ? [Il pourrait accéder à l'argent même s'il traînait la bourse dehors par son dessous,]
אִי דְּאַפְּקֵיהּ דֶּרֶךְ פִּיו — הָכִי נָמֵי. הָכָא בְּמַאי עָסְקִינַן? — דְּאַפְּקֵיהּ דֶּרֶךְ שׁוּלָיו. וְהָאִיכָּא מְקוֹם חֲלָמָה,

Rachi

חוץ לחומת עזרה - להיקף החיל שלפני עזרת נשים או לעזרת נשים שהיא בחיל:,בהדי הדדי אתיין - דעד דאתנח ונצטרף עם השאר (לא קבל טומאתו מן האויר דהא) לא הוי ביה שיעור:

פשיטא - כיון דלא זרעיה בטליה ממחשבה קמייתא והוה ליה ככל אדם:,אמר אביי - מתניתין בשלא נמלך עליו בפירוש אלא שזרקו לאוצר עם פירותיו וזהו ביטול מחשבה מדלא אצנעיה לחודיה ולמיתנייה איצטריך כגון שמקומו ניכר שלא נתערב יפה עם השאר והרי הוא ניכר ביניהם:,מ"ד כיון דמקומו ניכר במילתא קמייתא קאי - דהוה ליה כמאן דאצנעיה לחודיה: ,ה"ג קמ"ל מדזרקיה לאוצר בטולי בטליה:

מתני' על האסקופה - בגמרא מוקי לה באסקופה כרמלית:,מלאכתו בבת אחת - עקירה ממקום חיוב והנחה במקום חיוב [והכא] הוה ליה עקירה ממקום חיוב והנחה במקום פטור והדר עקריה ממקום פטור ואנחיה במקום חיוב:,עד שיוציא - כלומר אלא אם כן הוציא בראשונה כל הקופה ובגמ' מפרש לה:

גמ' אי נימא איסקופה רה"ר - כגון גבוהה ט' ורחב ארבעה ורבים מכתפין עליו דחזיא לרבים לכתופי כדאמר בפ"ק (דף ח.):,רשות היחיד - גבוהה י' ורחבה ד' כי חזר והוציאה ליחייב דאיכא עקירה מרה"י והנחה ברה"ר:

אלא אסקופה כרמלית - מג' ועד ט' [ולא ט' בכלל] ואינה מקורה ורחבה ד':,הא לא נח מיחייב - ואע"ג דהעבירו דרך כרמלית ולא אמר מהלך כעומד דמי ואיכא הנחת גופו דהוי כהנחת חפץ:,מחנות - רה"י:,פלטיא - רה"ר:,סטיו - מקום מוקף איצטבאות לישב והוא כרמלית דלא בקעיה ביה רבים להדיא:

קישואין ודילועין - שהן ארוכין ועדיין יש מהם בפנים וכל מה דאגיד לגואי כל דהו לאו הוצאה היא:,אבל מליאה חרדל - שהרי יש ממנו כולן בחוץ אע"פ שעל ידי הכלי הוא נאגד לצד פנים חייב דאגד כלי לא שמיה אגד לומר לא יצא כולו ועדיין אגדו בידו בפנים זהו לשון הש"ס לענין שבת כל כמה דלא נפיק ליה כוליה קרי ליה אגוד דאגודו שייך לגבי רשות קמא:

בד"א - דעד שיוציא את כל הקופה:,במליאה קישואין - שהן ממלאין בארכן את כל רוחב הקופה וכל כמה דלא נפק כולה קופה לא נפיק אינהו:,ר' יוחנן מתרץ לטעמיה - תרתי קתני מתניתין לא זו אף זו דסיפא [מוכחא] דקתני כל הקופה ולא קתני כל הפירות והכי קאמר אף על פי שרוב הפירות מבחוץ או אפילו כל הפירות מבחוץ נמי פטור עד שיוציא כל הקופה:

רוכלין - מוכרי בשמים:,קס"ד בצררי - שהיה בה צרור של בשמים שחוקין דכי אפקה למקצת קופה נפיק בההיא פורתא כמה צרורות כולן וקתני פטור אלמא אגד כלי שמיה אגד:,באורנסי - אגודות שרשין ארוכין או קנה או קילופה של קנמון שהן ארוכין:

הגונב כיס בשבת חייב - בתשלומין ואע"פ שנדון בנפשו שכבר נתחייב בגניבה בשעה שהגביה הכיס בבית הבעלים:,היה מגרר ויוצא - שלא קנאה בהגבהה אלא בהוצאה מבית הבעלים:,פטור - מתשלומין:,שהרי איסור שבת כו' - ובכתובות פריך אי דאפקיה לרה"ר איסור גניבה ליכא דרשות הרבים לאו מקום קנייה היא ומוקי לה בצדי רה"ר אי נמי שצירוף ידו למטה מג' וקבלה:,קדים ליה איסור גניבה לאיסור שבת - דכיון שהוציאו מקצתו קנה כל המעות שמבחוץ שיכול להוציאו דרך פיו ולענין שבת מפטר דאגידי גבי רשות היחיד על ידי הכלי:

דרך שוליו - וכיון דלא מצי למשקל לא קני בהגבהתו:,הא איכא מקום חלמה - מקום התפירה שיכול לקרוע ולהוציא. חלמה שולדורא כמו בהעור והרוטב (חולין קכג.) שאני עור דחלים:

Tossafot

קס"ד בצררי קשיא לחזקיה - ואלימא ליה ממתני' משום דסתם קופת הרוכלים אית ביה צררי וכ"מ מדקתני ובה מינין הרבה ומשני באורנסי ובה מינין הרבה אורחא דמילתא נקט וכל המינין ארוכים:

Texte : Sefaria — William Davidson Edition - Vocalized Aramaic · traduction française de travail, à valider.

Shabbat 91b
100%
שבת צ״א במַסֶּכֶת שַׁבָּת