Guémara
De peur que tu ne dises qu'en agissant ainsi son intention première se trouve entièrement annulée — puisque, au moment où il l'accomplit, il n'a plus conscience de la raison pour laquelle il l'avait mis en réserve — le tanna de la michna nous enseigne [kâ machma lan] que quiconque accomplit une action avec un objet dont il s'était occupé par le passé, accomplit cette action avec l'intention première à l'esprit.
מַהוּ דְּתֵימָא, בַּטּוֹלֵי בַּטְּלַהּ לְמַחְשַׁבְתּוֹ — קָא מַשְׁמַע לַן: כׇּל הָעוֹשֶׂה, עַל דַּעַת רִאשׁוֹנָה הוּא עוֹשֶׂה.
Rav Yehouda dit au nom de Chmouel : Rabbi Méir déclarait responsable même celui qui fait sortir le Chabbat un seul grain de blé en vue de l'ensemencement. La Guemara objecte : cela est évident [pechita] ! Nous avons appris dans la michna que la mesure qui détermine la responsabilité pour celui qui fait sortir des semences en vue de l'ensemencement le Chabbat est « une quantité quelconque » [kol chéhou] ; or, puisque le principe veut qu'une michna anonyme [stam michna] soit conforme à l'opinion de Rabbi Méir, il est clair que Rabbi Méir le déclarerait responsable pour un seul grain — et même pour moins d'un grain. La Guemara répond que la précision de Chmouel était nécessaire : de peur que tu ne dises que lorsque la michna emploie l'expression « une quantité quelconque », c'est pour exclure la mesure ordinaire de la sortie d'aliments le Chabbat — soit le volume d'une figue sèche [kigrogéret] — et qu'en réalité on n'est responsable que s'il y a au moins le volume d'une olive [kazaït] de ce que l'on fait sortir ; c'est pourquoi Chmouel nous enseigne que « une quantité quelconque » vise même un seul grain. Rav Yits'hak, fils de Rav Yehouda, soulève une forte objection [matkif] : mais alors, selon cette approche [d'après laquelle la mesure de la responsabilité dépend uniquement de l'intention de celui qui fait sortir l'objet, et non de mesures objectives], celui qui a formé le projet de faire sortir d'un coup tout le contenu de sa maison — serait-il de même tenu pour responsable seulement lorsqu'il fait tout sortir d'un seul coup ?! La Guemara répond : il n'y a pas de comparaison. Là [s'agissant de celui qui projette de faire sortir le contenu de toute sa maison], son intention est rendue sans valeur [batla da`to] au regard de l'opinion de tout autre homme, car la plupart des gens n'agissent pas de cette manière.
אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: מְחַיֵּיב הָיָה רַבִּי מֵאִיר אַף בְּמוֹצִיא חִטָּה אַחַת לִזְרִיעָה. פְּשִׁיטָא, ״כׇּל שֶׁהוּא״ תְּנַן! מַהוּ דְּתֵימָא: ״כׇּל שֶׁהוּא״ — לְאַפּוֹקֵי מִגְּרוֹגֶרֶת, וּלְעוֹלָם עַד דְּאִיכָּא כְּזַיִת, קָא מַשְׁמַע לַן. מַתְקִיף לַהּ רַב יִצְחָק בְּרֵיהּ דְּרַב יְהוּדָה: אֶלָּא מֵעַתָּה, חִישֵּׁב לְהוֹצִיא כׇּל בֵּיתוֹ, הָכִי נָמֵי דְּלָא מִיחַיַּיב עַד דְּמַפֵּיק לְכוּלֵּיהּ?! הָתָם — בָּטְלָה דַּעְתּוֹ אֵצֶל כׇּל אָדָם.
Nous avons également appris dans la michna : « Et tout autre homme n'en est responsable que selon sa mesure [kechi`ouro]. » La Guemara observe : la michna n'est pas conforme à l'opinion de Rabbi Chimon ben Elazar, ainsi qu'il a été enseigné dans une baraïta. Rabbi Chimon ben Elazar a énoncé un principe : toute chose qui n'est pas digne d'être mise en réserve, et que l'on n'a donc pas coutume de mettre en réserve, mais qui a été jugée digne de l'être par telle personne, laquelle l'a effectivement mise de côté — puis un autre vient et fait sortir l'objet ainsi mis en réserve — cette personne-là, qui l'a fait sortir, est rendue responsable par la pensée de celle-ci, qui l'avait mis de côté.
וְכׇל אָדָם אֵין חַיָּיבִין עָלָיו אֶלָּא כְּשִׁיעוּרוֹ. מַתְנִיתִין דְּלָא כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר, דְּתַנְיָא: כְּלָל אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר, כׇּל שֶׁאֵינוֹ כָּשֵׁר לְהַצְנִיעַ, וְאֵין מַצְנִיעִין כָּמוֹהוּ, וְהוּכְשַׁר לָזֶה וְהִצְנִיעוֹ, וּבָא אַחֵר וְהוֹצִיאוֹ — נִתְחַיֵּיב זֶה בְּמַחְשַׁבְתּוֹ שֶׁל זֶה.
Rava dit au nom de Rav Na'hman : si quelqu'un a fait sortir le Chabbat le volume d'une figue sèche [kigrogéret] de semences en vue de les manger, puis, en chemin, s'est ravisé [nimlakh] et a décidé de les employer pour l'ensemencement ; ou bien, inversement, s'il avait l'intention de les faire sortir en vue de l'ensemencement et s'est ravisé pour décider de les manger — il est responsable. La Guemara s'étonne : cela est évident [pechita] ! De quelque côté que l'on examine ce cas, il est manifestement responsable : va de ce côté-ci [examine son intention première], il y a une mesure qui détermine la responsabilité ; et va de ce côté-là [examine son intention finale], il y a une mesure qui détermine la responsabilité. La Guemara répond que l'énoncé de Rav Na'hman apporte une idée nouvelle : de peur que tu ne dises que, pour être déclaré responsable d'avoir fait sortir un objet le Chabbat, nous exigeons que le soulèvement [`akira] et le dépôt [hana'ha] de l'objet soient accomplis avec une seule et même intention — ce qui n'est pas le cas ici, c'est-à-dire que le changement d'intention transforme son acte en deux demi-travaux distincts — c'est pourquoi Rav Na'hman nous enseigne que cela est considéré comme un seul acte interdit, et que celui qui l'a accompli est responsable.
אָמַר רָבָא אָמַר רַב נַחְמָן: הוֹצִיא כִּגְרוֹגֶרֶת לַאֲכִילָה, וְנִמְלַךְ עָלֶיהָ לִזְרִיעָה, אִי נָמֵי לִזְרִיעָה, וְנִמְלַךְ עָלֶיהָ לַאֲכִילָה — חַיָּיב. פְּשִׁיטָא, זִיל הָכָא — אִיכָּא שִׁיעוּרָא, וְזִיל הָכָא — אִיכָּא שִׁיעוּרָא! מַהוּ דְּתֵימָא בָּעֵינַן עֲקִירָה וְהַנָּחָה בַּחֲדָא מַחְשָׁבָה וְהָא לֵיכָּא — קָא מַשְׁמַע לַן.
Sur la base de cette halakha, Rava posa un dilemme : à propos de celui qui a fait sortir le volume d'une demi-figue sèche [`hatsi grogéret] de semences en vue de l'ensemencement — ce qui est inférieur à la mesure qui détermine la responsabilité — et qu'entre-temps les semences ont gonflé d'humidité [tafe'ha] pour atteindre le volume d'une figue sèche, et qu'il s'est ravisé sur le sort de ce volume de figue sèche de semences pour décider de les manger : quelle est la halakha ? Les deux termes du dilemme sont les suivants. Si tu dis [im timtsé lomar] que là, dans le premier cas, il est responsable parce que « va de ce côté-ci [examine son intention première], il y a une mesure qui détermine la responsabilité ; et va de ce côté-là [examine son intention finale], il y a une mesure qui détermine la responsabilité » — mais qu'ici, en ce cas-ci, puisqu'au moment où il l'a fait sortir il n'y avait pas la mesure qui détermine la responsabilité pour celui qui fait sortir des semences en vue de les manger, alors il n'est pas responsable. Ou bien, peut-être : puisque, s'il s'était tu et n'avait formé aucune intention à l'égard des semences, il serait responsable au titre de l'intention de les faire sortir en vue de l'ensemencement — alors maintenant aussi il est responsable, car même d'après son intention révisée il a mené à terme le travail interdit de la sortie.
בָּעֵי רָבָא: הוֹצִיא חֲצִי גְרוֹגֶרֶת לִזְרִיעָה וְתָפְחָה, וְנִמְלַךְ עָלֶיהָ לַאֲכִילָה, מַהוּ? אִם תִּמְצֵי לוֹמַר: הָתָם הוּא דְּמִיחַיַּיב — דְּזִיל הָכָא אִיכָּא שִׁיעוּרָא וְזִיל הָכָא אִיכָּא שִׁיעוּרָא, הָכָא, כֵּיוָן דִּבְעִידָּנָא דְּאַפְּקֵהּ לָא הֲוָה בֵּיהּ שִׁיעוּר אֲכִילָה — לָא מִיחַיַּיב, אוֹ דִילְמָא: כֵּיוָן דְּאִילּוּ אִישְׁתִּיק וְלָא חַשֵּׁיב עֲלֵיהּ מִיחַיַּיב אַמַּחְשָׁבָה דִזְרִיעָה — הַשְׁתָּא נָמֵי מִיחַיַּיב.
Et si tu dis que, puisque, s'il s'était tu et n'avait formé aucune intention à l'égard des semences, il serait responsable au titre de l'intention de les faire sortir en vue de l'ensemencement — alors maintenant aussi il est responsable : [voici le cas suivant.] S'il a fait sortir des semences dans la mesure d'une figue sèche [kigrogéret] en vue de les manger, et qu'elles se sont desséchées [tsamka] au point qu'il en reste moins que cette mesure, et qu'il s'est ravisé pour décider de les employer en vue de l'ensemencement : quelle est la halakha ? Ici, assurément, s'il s'était tu et n'avait formé aucune intention à l'égard des semences, il ne serait pas responsable au titre de l'intention première, car il en reste moins que la mesure de la responsabilité ; ou bien, peut-être, suivons-nous son intention présente, auquel cas il est responsable. Et si tu dis que nous suivons son intention présente et qu'il est responsable, le dilemme se pose : si quelqu'un a fait sortir le volume d'une figue sèche [kigrogéret] de semences en vue de les manger, et qu'elles se sont desséchées au point qu'il en reste moins que cette mesure, puis qu'elles ont [de nouveau] gonflé jusqu'au volume d'une figue : quelle est la halakha ? Y a-t-il disqualification [di'houï] au regard des lois du Chabbat — puisque, à un certain instant, il y avait moins que la mesure qui détermine la responsabilité, il ne peut plus être tenu responsable de la sortie, même si la quantité se reconstitue ? Ou bien, peut-être, n'y a-t-il pas de disqualification au regard des lois du Chabbat — car les instants décisifs qui déterminent la responsabilité pour la sortie d'un objet sont le moment du soulèvement [`akira] et le moment du dépôt [hana'ha], et à ces deux jonctions la mesure de la responsabilité était entière. Aucune résolution ne fut trouvée à aucun de ces dilemmes ; qu'ils demeurent donc en suspens [téïkou].
וְאִם תִּמְצֵי לוֹמַר: כֵּיוָן דְּאִילּוּ אִישְׁתִּיק וְלָא חַשֵּׁיב עֲלֵיהּ מִיחַיַּיב אַמַּחְשָׁבָה דִזְרִיעָה, הַשְׁתָּא נָמֵי מִיחַיַּיב — הוֹצִיא כִּגְרוֹגֶרֶת לַאֲכִילָה וְצָמְקָה וְנִמְלַךְ עָלֶיהָ לִזְרִיעָה, מַהוּ? הָכָא וַדַּאי כִּי אִישְׁתִּיק — אַמַּחְשָׁבָה קַמַּיְיתָא לָא מִיחַיַּיב, אוֹ דִילְמָא בָּתַר הַשְׁתָּא אָזְלִינַן, וּמִיחַיַּיב. וְאִם תִּמְצֵי לוֹמַר: בָּתַר הַשְׁתָּא אָזְלִינַן, וּמִיחַיַּיב — הוֹצִיא כִּגְרוֹגֶרֶת לַאֲכִילָה וְצָמְקָה וְחָזְרָה וְתָפְחָה, מַהוּ? יֵשׁ דִּיחוּי לְעִנְיַן שַׁבָּת, אוֹ אֵין דִּיחוּי לְעִנְיַן שַׁבָּת? תֵּיקוּ.
Rava posa un dilemme devant Rav Na'hman : si quelqu'un a lancé [zarak] le volume d'une olive [kazaït] de térouma dans une maison impure, quelle est la halakha ? La Guemara cherche à préciser la question : à propos de quoi ce dilemme fut-il posé ? Si c'est au regard du Chabbat, la mesure que nous exigeons pour déterminer la responsabilité de la sortie est le volume d'une figue sèche [kigrogéret], et une olive est plus petite que cela. Et si c'est au regard de l'impureté rituelle [toum'a], la mesure que nous exigeons pour déterminer l'impureté d'un aliment est au moins le volume d'un œuf [kebéïtsa], et une olive est, elle aussi, plus petite que cela. La Guemara répond : en réalité, ce dilemme fut posé au regard du Chabbat ; et il vise un cas où il y a dans la maison moins que le volume d'un œuf d'aliments, et où cette olive lancée dans la maison complète [machlimo] la quantité des aliments présents jusqu'au volume d'un œuf. Le dilemme est alors : quelle est la halakha en ce cas ? Est-ce du fait que l'olive se joint [mitstaréf] aux aliments de la maison au regard de l'impureté rituelle qu'il est également responsable au regard du Chabbat ? Ou bien, peut-être, pour tout ce qui touche à la sortie le Chabbat exige-t-on le volume d'une figue sèche [kigrogéret] pour être responsable ? Rav Na'hman lui dit : nous avons déjà appris la résolution de ce dilemme dans une baraïta. Abba Chaoul dit : la mesure qui détermine la responsabilité pour la sortie de l'offrande balancée des deux pains [chté halé'hem] et des pains de proposition [lé'hem hapanim] qui étaient dans le Temple est le volume d'une figue sèche [kigrogéret]. La Guemara demande : et pourquoi est-ce là leur mesure ? Disons plutôt : du fait qu'au regard…
בְּעָא מִינֵּיהּ רָבָא מֵרַב נַחְמָן: זָרַק כְּזַיִת תְּרוּמָה לְבַיִת טָמֵא מַהוּ? לְמַאי: אִי לְעִנְיַן שַׁבָּת — כִּגְרוֹגֶרֶת בָּעֵינַן, אִי לְעִנְיַן טוּמְאָה — כְּבֵיצָה אוֹכָלִין בָּעֵינַן! לְעוֹלָם לְעִנְיַן שַׁבָּת, וּכְגוֹן דְּאִיכָּא פָּחוֹת מִכְּבֵיצָה אוֹכָלִין, וְהַאי מַשְׁלִימוֹ לִכְבֵיצָה. מַאי: מִדְּמִצְטָרֵף לְעִנְיַן טוּמְאָה — מִיחַיַּיב נָמֵי לְעִנְיַן שַׁבָּת, אוֹ דִילְמָא: כׇּל לְעִנְיַן שַׁבָּת כִּגְרוֹגֶרֶת בָּעֵינַן? אֲמַר לֵיהּ: תְּנֵיתוּהָ. אַבָּא שָׁאוּל אוֹמֵר: שְׁתֵּי הַלֶּחֶם וְלֶחֶם הַפָּנִים שִׁיעוּרָן כִּגְרוֹגֶרֶת, וְאַמַּאי? לֵימָא: מִדִּלְעִנְיַן
Rachi
מהו דתימא - כיון דשכח בשעת הוצאה שלא היה זכור בהצנעתו:,בטלה לו מחשבתו - ואין כאן לא חשיבות מחשבת הצנעה ולא מחשבת הוצאה:,קמ"ל - דכל העושה סתם על דעת הראשונה עושה ובחשיבותיה קמא קאי:
כל שהוא תנן - וסתם משנה רבי מאיר:,לאפוקי מגרוגרת - דשאר אוכלין:,אלא מעתה - דמתני' בדעתיה תלינן כדקאמרת משום דעל דעת ראשונה מחשבת ליה שיעורא:,חישב להוציא כל ביתו - בהוצאה אחת דלא אחשבה אלא אם כן הוציא כולה כאחד:,הכי נמי - דכי אפקא פורתא פורתא לא מיחייב:,בטלה דעתיה - ושיעורא דחשיב לאינשי חשיב:
וכל אדם אין חייבין אלא כשיעורו - ואע"פ שהוכשר לזה והצניעו:
כגרוגרת - איכא שיעורא לאכילה ולהוצאה וכ"ש לזריעה דשיעורא בכל שהוא:
ותפחה - ועמדה על גרוגרת קודם הנחה:,ונמלך עליה לאוכלה - והניחה מהו:,את"ל - בההיא אע"ג דעקירה והנחה לאו בחדא מחשבה הואי מיחייב:,התם הוא דזיל הכא כו' - בשעת מחשבה ראשונה היה בו כשיעור למחשבתו ושיעור למחשבה שניה הלכך מיצטרפי עקירה והנחה:,אבל הכא בעידנא דאפקה לא הוה בה שיעור - למחשבה שניה של הנחה ולא מצטרפי הנחה לעקירה:,כיון דאילו אשתיק - בהך שניה אית בה שיעור לזריעה ומיחייב:,השתא נמי מיחייב - הואיל ויש שיעור למחשבה אחרונה ובשיעור זה איכא שיעורא למחשבה ראשונה ויותר:
לא מיחייב - דהא בשעת הנחה ליכא שיעור למחשבה קמייתא:,בתר השתא - בתר מחשבה דהשתא אזלינן לענין הנחה:,יש דיחוי - מה שחסרה בינתים אילו אנחה בההיא שעתא לא מיחייב מי אמרינן תורת דיחוי דנדחה לו מחיוב חטאת ובטלה לה עקירה וכי הדר תפחה והניחה הוי הנחה בלא עקירה:
אי לענין טומאה - דמיבעיא לך אם נטמא לטמא טומאת אוכלין או לאו כביצה בעינן:,והאי משלימו - שנחה אצלו והשלימו וע"י הנחה זו נטמאו:,,שיעורן כגרוגרת - אם הוציאן לרה"ר בשבת:,ואמאי לימא - בכזית מיחייב דהא חשיבה הוצאה לענין איפסולי ביוצא דאי אכליה הוא עובר בלאו דכל שבקודש פסול בא הכתוב ליתן לא תעשה על אכילתו ואכילה בכזית:
Tossafot
מתקיף לה רב יצחק - פירש בקונטרס דפריך אאביי וקשה דאמאי נטר ליה עד הכא ואומר הרב פור"ת בשם רבינו שמואל דאדרב יהודה אבוה פריך וה"פ כיון דאמרת דמוציא חטה אחת לזריעה חייב אע"פ שאין רגילות משום דבתר מחשבתו אזלינן ה"נ כשחישב להוציא כל ביתו ניזול בתר מחשבתו ולא נחייבנו בפחות כיון דפחות מיכן אינו חשוב בעיניו ומשני התם בטלה דעתו אצל כל אדם דאין אדם שלא יהא חשוב בעיניו פחות מכן אבל הכא יש בני אדם שחשובה להם חטה אחת לזריעה:
או דילמא בתר השתא אזלינן - משמע דאי בתר השתא אזלינן ליכא למיבעיא מידי מדקאמר את"ל בתר השתא אזלינן הוציא גרוגרת לאכילה וצמקה וחזרה ותפחה מהו ולא מיבעיא ליה אקמייתא ואמאי אכתי תיבעי ליה אי הוה דיחוי אצל שבת או לא כדבעי בסמוך דהא מיד כשצמקה נדחית וי"ל דדוקא ההיא דבסמוך חשיב ליה דיחוי שנדחית בין משיעור ראשון בין משיעור אחרון אבל הכא דמשיעור אחרון מיהא לא נדחית לא חשיב ליה דיחוי:
אי לענין טומאה כביצה אוכלין בעינן - משמע דלא מקבל אוכל טומאה בפחות מכביצה ומה שהביא רש"י מת"כ דאוכל מקבל טומאה בכל שהוא דתניא מכל האוכל שמטמא בכל שהוא יכול יהא מטמא אחרים ת"ל אשר יאכל אוכל הנאכל בבת אחת הוי אומר זה ביצת תרנגולת אומר ר"ת דאסמכתא היא דה"נ מעשר ירק מרבינן בת"כ מוכל מעשר הארץ ולא הוי אלא אסמכתא בעלמא והא דפריך בפרק כל שעה (פסחים ד' לג:) למ"ד משקין מיבלע בליעי מהא דתנן טמא מת שסחט זיתים וענבים כביצה מכוונת טהורים ואי מיבלע בליעי אמאי טהורים ומוקי לה בענבים שלא הוכשרו לאימת קא מיתכשרי לכי סחיט להו וכי סחיט להו בציר ליה שיעוריה אתי שפיר גם לפי' הקונטרס דאע"ג דמקבל טומאה בכל שהוא מ"מ בציר ליה שיעורא מלקבל הכשר לפירוש הרב פור"ת דמפרש בשם רש"י בפ' חבית (לקמן שבת קמה.) דאין אוכל מקבל הכשר בפחות מכביצה וטעמא משום דמאשר יאכל נפקא לן לטמא אחרים בכביצה ואהא כתב אשר יבא עליו מים וכן בפרק אלו עוברין (פסחים מה.) גבי בצק שבסידקי עריבה דמפרש אביי כגון דאיכא פחות מכביצה אוכלין ונגעו בהאי בצק בפסח דאיסורו חושבו מצטרף אע"ג דבלא צירוף פחות מכביצה הוה מצי לאוקמי דנגע שרץ בכזית שבסידקי עריבה בפסח דאיסורו חושבו מקבל טומאה בשאר ימות השנה אי קפיד אין אי לא לא אלא דלענין קבלת טומאה עצמה לא נפקא לן מינה מידי דבלאו הכי אסורה משום חמץ להכי נקט לענין לטמא אחרים ומייתי רבינו תם ראיה דאין אוכל מקבל טומאה פחות מכביצה דתניא בפרק אלו עוברין (פסחים מד.) המקפה של תרומה השום והשמן של חולין ונגע טבול יום במקצתן פסל את כולן מקפה של חולין ושום ושמן של תרומה ונגע טבול יום במקצתן לא פסל אלא מקום מגעו והוינן בה מקום מגעו אמאי פסל והא לא הוי כביצה ורש"י ל"ג הכי אלא גריס והא בטל ברובא ומפרש דהכי פריך מקום מגעו אמאי פסול והא בטל שום ושמן אגב מקפה דהא משום הכי קתני ברישא פסל את כולן ואין נראה למחוק הספרים ועוד נהי דבטלי ברישא להחמיר להקל לא אמרינן דבטלי ועוד דלא שייך למימר דבטלי השום והשמן כיון שהן בעין מדקתני לא פסל אלא מקום מגעו ועוד (דתניא בתוספתא) בד"א בזמן שהיא גוש בקערה משמע שהן בעין ואין להאריך ורש"י חזר בו בכריתות (דף כא.) וגבי פרה מיטמא טומאת אוכלין (חולין דף פב.) והא דאמר בפ"ק דחולין (דף כד:) התורה העידה על כלי חרס אפילו מלא חרדל לאו דוקא חרדל אלא כלומר מלא ביצים ומשום דבחרדל איכא טובא ראשון ושני כו' ומקבל טומאה מדרבנן נקט ליה:,אי לענין שבת כגרוגרת בעינן - הוה מצי למיפרך אמאי נקט זרק ואמאי נקט תרומה ולבית טמא:,כגון דאיכא פחות מכביצה אוכלים כו' - אור"י דלהכי נקט זרק דהשתא בהדי הדדי קא אתיין דלא מחייב לענין שבת עד דנח כדאמר בפרק המוציא (לעיל שבת דף פ.) תוך ג' לרבנן בעיא הנחה על גבי משהו אבל מכניס מכי אתי תוך ג' איכא איסור שבת ואיסור טומאה ליכא עד דמצטרף ולא אתון בהדי הדדי ודוקא נקט כזית תרומה דאיכא איסור לאוכלו בטומאה אבל פחות מכזית לא וכן כזית חולין כיון דאין איסור לאוכלו בטומאה לא שייך לומר מיגו דמצטרף לענין טומאה מצטרף לענין שבת וא"ת מ"ש כזית תרומה מחצי זית דהא בתרומה טמאה ליכא אלא עשה כדמוכח בהערל (יבמות דף ג:) דהאוכלה בטומאת עצמה אינו לוקה וחצי זית נמי הא קי"ל כר' יוחנן דחצי שיעור אסור מן התורה (יומא עד.) וי"ל דמ"מ כזית חמיר טפי שהרי זית הוא שיעור ללקות עליו בכל מקום ודוקא לבית טמא אבל לבית טהור לא אע"ג דחשיב ללקות עליו זר האוכלו מש"ה לא חשיב בפחות מגרוגרת כיון דאיסור זרות לא בא ע"י הוצאה זו:,פחות מכביצה אוכלין - ה"ה דה"מ למימר דאיכא כביצה אוכלין שאין הם צריכין לצירוף וכזית לבד צריך לצירופן א"נ אור"י דנקט דוקא פחות מכביצה אבל כביצה אפשר דאין מצטרף כיון שקודם צירוף כבר מטמא דילמא שבע לה טומאה דבעיא היא בהקומץ רבה (מנחות כד.) גבי עשרון שחלקו ונטמא אחד מהן והניחו בכלי ונגע טבול יום בטמא מהו מי אמר שבע לה טומאה ולא נטמא הטהור אע"ג דאם היו שניהם טהורים ונגע טבול יום באחד מהן שניהם טמאין דכלי מצרף מה שבתוכו לקדש השתא דשבע לה טומאה לא מצטריף או דילמא לא אמרי' שבע לה טומאה ומשום דהתם מספקא לן נקט פחות מכביצה:
Texte : Sefaria — William Davidson Edition - Vocalized Aramaic · traduction française de travail, à valider.