Guémara
Le troisième jour de la semaine, [Dieu] leur dit la mitsva de la délimitation (hagbala) autour du mont Sinaï. Le quatrième jour de la semaine, [les époux] firent la séparation (pericha) [les maris et les femmes se séparèrent les uns des autres]. Et les Sages (Rabbanan), eux, soutiennent : le deuxième jour de la semaine fut fixée la néoménie (le début du mois) ; le deuxième jour de la semaine [Dieu] ne leur dit rien du tout, à cause de la fatigue du voyage ; le troisième jour de la semaine, [Dieu] leur dit : « Et vous serez pour Moi [un royaume de prêtres et une nation sainte ; telles sont les paroles que tu diras aux enfants d'Israël] » (Chemot 19, 6) ; le quatrième jour de la semaine, [Dieu] leur dit la mitsva de la délimitation ; le cinquième jour de la semaine, [les époux] firent la séparation. La Guemara soulève une objection : le verset ne dit-il pas « Et tu les sanctifieras aujourd'hui et demain [et ils laveront leurs vêtements] » (Chemot 19, 10) — indiquant que les maris et les femmes ne furent séparés que pendant deux jours ? Cela fait difficulté selon l'opinion de Rabbi Yossi, qui a dit plus haut que la séparation dura trois jours.
בִּתְלָתָא אֲמַר לְהוּ מִצְוַת הַגְבָּלָה; בְּאַרְבְּעָה עֲבוּד פְּרִישָׁה. וְרַבָּנַן סָבְרִי — בִּתְרֵי בְּשַׁבָּא אִיקְּבַע יַרְחָא, בִּתְרֵי בְּשַׁבָּא לָא אֲמַר לְהוּ וְלָא מִידֵּי מִשּׁוּם חוּלְשָׁא דְאוֹרְחָא; בִּתְלָתָא אֲמַר לְהוּ: ״וְאַתֶּם תִּהְיוּ לִי״; בְּאַרְבְּעָה אֲמַר לְהוּ מִצְוַת הַגְבָּלָה; בְּחַמְשָׁא עֲבוּד פְּרִישָׁה. מֵיתִיבִי: ״וְקִדַּשְׁתָּם הַיּוֹם וּמָחָר״, קַשְׁיָא לְרַבִּי יוֹסֵי!
Rabbi Yossi pourrait te répondre : Moché ajouta un jour de sa propre initiative (midaato) [au nombre de jours que Dieu avait commandé]. Comme il est enseigné dans une beraïta : trois choses, Moché les fit de sa propre initiative, et le Saint béni soit-Il fut d'accord avec lui. Il ajouta un jour [aux jours de séparation avant la Révélation au Sinaï] de sa propre initiative ; il se sépara [totalement] de [sa] femme [après la Révélation au Sinaï] ; et il brisa les Tables [à la suite de la faute du Veau d'or].
אָמַר לְךָ רַבִּי יוֹסֵי: יוֹם אֶחָד הוֹסִיף מֹשֶׁה מִדַּעְתּוֹ. דְּתַנְיָא: שְׁלֹשָׁה דְּבָרִים עָשָׂה מֹשֶׁה מִדַּעְתּוֹ, וְהִסְכִּים הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא עִמּוֹ. הוֹסִיף יוֹם אֶחָד מִדַּעְתּוֹ, וּפֵירַשׁ מִן הָאִשָּׁה, וְשָׁבַר אֶת הַלּוּחוֹת.
[Premier cas :] il ajouta un jour de sa propre initiative. Quel [verset] interpréta-t-il [qui le conduisit à agir ainsi] ? [Il raisonna ainsi : puisque] le Saint béni soit-Il a dit « Sanctifie-les aujourd'hui et demain », la juxtaposition [des deux jours] enseigne qu'« aujourd'hui » est comme « demain » : de même que demain [les hommes et les femmes se sépareront] pour ce jour et la nuit qui le précède, de même aujourd'hui [requiert une séparation] pour le jour et la nuit qui le précède. Or, [puisque Dieu lui parla le matin et que] la nuit de ce jour-là était déjà passée, [Moché conclut :] apprends-en que [la séparation] doit s'appliquer pour deux jours en plus de celui-ci [il prolongea donc la séparation d'un jour]. Et d'où savons-nous que le Saint béni soit-Il fut d'accord avec son interprétation ? Du fait que la Présence divine (Chekhina) ne reposa [sur le mont Sinaï] que le matin du Chabbat [comme Moché l'avait déterminé].
הוֹסִיף יוֹם אֶחָד מִדַּעְתּוֹ, מַאי דְּרַשׁ? ״הַיּוֹם וּמָחָר״ — הַיּוֹם כְּמָחָר. מָה לְמָחָר לֵילוֹ עִמּוֹ, אַף הַיּוֹם לֵילוֹ עִמּוֹ. וְלַיְלָה דְּהָאִידָּנָא נְפַק לֵיהּ, שְׁמַע מִינַּהּ תְּרֵי יוֹמֵי לְבַר מֵהָאִידָּנָא. וּמְנָלַן דְּהִסְכִּים הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא עַל יָדוֹ — דְּלָא שְׁרַאי שְׁכִינָה עַד צַפְרָא דְשַׁבְּתָא.
[Deuxième cas :] il se sépara de [sa] femme [après la Révélation au Sinaï]. Quel [verset] interpréta-t-il [qui le conduisit à agir ainsi] ? Il appliqua un raisonnement a fortiori (kal va'homer) à lui-même et dit : si Israël, avec qui la Présence divine n'a parlé qu'une seule fois et [pour qui Dieu] a fixé un moment précis [où la Chekhina se révélerait], et pourtant la Torah a dit « Tenez-vous prêts [pendant trois jours], n'approchez pas une femme » (Chemot 19, 15) — moi, avec qui la Présence divine parle à toute heure et [pour qui Dieu] ne fixe pas de moment précis, à plus forte raison [dois-je me séparer de ma femme]. Et d'où savons-nous que le Saint béni soit-Il fut d'accord avec lui ? Comme il est écrit [après la Révélation au Sinaï] : « Va leur dire : retournez à vos tentes » (Devarim 5, 26) [c'est-à-dire à vos maisons et à vos femmes], et il est écrit aussitôt après : « Et toi, tiens-toi ici avec Moi » (Devarim 5, 27) [indiquant que Moché ne fut pas autorisé à rentrer chez lui, devant constamment se tenir prêt à recevoir la parole de Dieu]. Et certains disent [une autre source indiquant que Dieu approuva son raisonnement] : [lorsque Aharon et Miryam critiquèrent la séparation de Moché d'avec sa femme, Dieu dit :] « Je lui parle bouche à bouche [manifestement et non en énigmes ; il contemple l'image de l'Éternel ; pourquoi donc n'avez-vous pas craint de parler contre Mon serviteur, contre Moché ?] » (Bamidbar 12, 8) [ce qui indique que Dieu approuva son raisonnement].
וּפֵירַשׁ מִן הָאִשָּׁה, מַאי דְּרַשׁ? נָשָׂא קַל וָחוֹמֶר בְּעַצְמוֹ, אָמַר: וּמָה יִשְׂרָאֵל שֶׁלֹּא דִּבְּרָה שְׁכִינָה עִמָּהֶן אֶלָּא שָׁעָה אַחַת, וְקָבַע לָהֶן זְמַן, אָמְרָה תּוֹרָה: ״וְהָיוּ נְכֹנִים וְגוֹ׳ אַל תִּגְּשׁוּ״. אֲנִי, שֶׁכׇּל שָׁעָה וְשָׁעָה שְׁכִינָה מְדַבֶּרֶת עִמִּי, וְאֵינוֹ קוֹבֵעַ לִי זְמַן — עַל אַחַת כַּמָּה וְכַמָּה. וּמְנָלַן דְּהִסְכִּים הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא עַל יָדוֹ? — דִּכְתִיב: ״לֵךְ אֱמֹר לָהֶם שׁוּבוּ לָכֶם לְאׇהֳלֵיכֶם״, וּכְתִיב בָּתְרֵיהּ: ״וְאַתָּה פֹּה עֲמֹד עִמָּדִי״. וְאִית דְּאָמְרִי: ״פֶּה אֶל פֶּה אֲדַבֶּר בּוֹ״.
[Troisième cas :] il brisa les Tables [à la suite de la faute du Veau d'or]. Quel [verset] interpréta-t-il [qui le conduisit à agir ainsi] ? Moché dit : si, à propos de l'offrande pascale (Pessa'h), qui n'est qu'une seule des six cent treize mitsvot, la Torah a dit « [Et l'Éternel dit à Moché et à Aharon : ceci est l'ordonnance de l'agneau pascal ;] aucun fils d'étranger n'en mangera » (Chemot 12, 43) [se référant non seulement aux non-Juifs, mais aussi aux Juifs apostats] ; [s'agissant des Tables,] qui représentent la Torah tout entière, et alors qu'Israël [à ce moment] étaient apostats [puisqu'ils adoraient le Veau], à plus forte raison [ne sont-ils pas dignes de recevoir la Torah]. Et d'où savons-nous que le Saint béni soit-Il fut d'accord avec son raisonnement ? Comme il est dit : « [Les premières Tables] que tu as brisées [acher chibarta] » (Chemot 34, 1), et Rich Lakich a dit : le mot acher est une allusion à l'expression « que ta force soit droite [yichar ko'ha'kha] », pour t'avoir loué d'avoir brisé [les Tables].
שָׁבַר אֶת הַלּוּחוֹת, מַאי דְּרַשׁ? אָמַר: וּמָה פֶּסַח שֶׁהוּא אֶחָד מִתַּרְיָ״ג מִצְוֹת, אָמְרָה תּוֹרָה: ״וְכׇל בֶּן נֵכָר לֹא יֹאכַל בּוֹ״. הַתּוֹרָה כּוּלָּהּ [כָּאן] וְיִשְׂרָאֵל מְשׁוּמָּדִים — עַל אַחַת כַּמָּה וְכַמָּה. וּמְנָלַן דְּהִסְכִּים הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא עַל יָדוֹ? — שֶׁנֶּאֱמַר: ״אֲשֶׁר שִׁבַּרְתָּ״, וְאָמַר רֵישׁ לָקִישׁ: יִישַׁר כֹּחֲךָ שֶׁשִּׁבַּרְתָּ.
Viens et entends une difficulté supplémentaire, du verset : « Et tenez-vous prêts pour le troisième jour, car le troisième jour l'Éternel descendra sur le mont Sinaï aux yeux de tout le peuple » (Chemot 19, 11) [ceci indique que Dieu dit que la Torah serait donnée le troisième jour, après deux jours de séparation]. Cela fait difficulté selon l'opinion de Rabbi Yossi. La Guemara répond : n'avons-nous pas dit que Moché ajouta un jour de sa propre initiative ? Viens et entends [une preuve contre cela, de ce qui a été enseigné dans une beraïta] : ce qui est dit [dans la Torah] « car le troisième jour » signifie le troisième jour du mois et le troisième jour de la semaine [d'où il appert que la néoménie tomba un dimanche]. Cela fait difficulté selon l'opinion des Sages. La Guemara répond : les Sages pourraient te dire — de qui est l'opinion [de cette beraïta] ? C'est l'opinion de Rabbi Yossi [cette beraïta ne pose donc aucune difficulté à l'opinion des Sages].
תָּא שְׁמַע: ״וְהָיוּ נְכֹנִים לַיּוֹם הַשְּׁלִישִׁי״, קַשְׁיָא לְרַבִּי יוֹסֵי. הָא אָמְרִינַן יוֹם אֶחָד הוֹסִיף מֹשֶׁה מִדַּעְתּוֹ. תָּא שְׁמַע: ״שְׁלִישִׁי״ — שְׁלִישִׁי בַּחֹדֶשׁ וּשְׁלִישִׁי בַּשַּׁבָּת, קַשְׁיָא לְרַבָּנַן! אָמְרִי לָךְ רַבָּנַן: הָא מַנִּי — רַבִּי יוֹסֵי הִיא.
[Selon l'opinion des Sages,] le troisième de quoi [de quel décompte] ? Comme il a été enseigné dans une beraïta : il est écrit « Et Moché rapporta (vayachev) les paroles du peuple à l'Éternel » (Chemot 19, 8), et il est écrit aussitôt après : « [Et l'Éternel dit à Moché : voici, Je viens à toi dans l'épaisseur de la nuée, afin que le peuple entende quand Je parlerai avec toi, et qu'en toi aussi ils croient à jamais.] Et Moché redit (vayagued) les paroles du peuple à l'Éternel » (Chemot 19, 9).
שְׁלִישִׁי לְמַאי? לְכִדְתַנְיָא: ״וַיָּשֶׁב מֹשֶׁה אֶת דִּבְרֵי הָעָם אֶל ה׳״, וּכְתִיב: ״וַיַּגֵּד מֹשֶׁה אֶת דִּבְרֵי הָעָם אֶל ה׳״.
La Guemara demande : que dit le Saint béni soit-Il à Moché, que dit Moché à Israël, que dirent Israël à Moché, et que répondit Moché devant la Toute-Puissance (haGuevoura) ? [Les versets ne détaillent pas le contenu de l'ordre de Dieu à Moché, que Moché transmit ensuite au peuple et que celui-ci accepta. Il faut dire que] ceci se réfère à la mitsva de la délimitation (hagbala) [que Moché dit au peuple et que celui-ci accepta ; il retourna ensuite rapporter à Dieu que le peuple avait accepté la mitsva] ; telles sont les paroles de Rabbi Yossi bar Yehouda. Rabbi [Yehouda haNassi] dit : au début il exposa son châtiment [et la difficulté liée à la réception de la Torah], comme il est écrit « Et Moché rapporta (vayachev) » — [ce qui s'interprète de manière homilétique :] des paroles qui ébranlent (mechabevin) l'esprit de l'homme (Rav Haï Gaon) ; et finalement il exposa sa récompense, comme il est écrit « Et Moché redit (vayagued) » — des paroles qui attirent le cœur de l'homme comme la aggada. Et certains disent : au début il exposa sa récompense, comme il est écrit « Et Moché rapporta » — des paroles qui apaisent (mechivin) [et calment] l'esprit de l'homme ; et finalement il exposa son châtiment, comme il est écrit « Et Moché redit » — des paroles aussi dures pour l'homme que des nerfs [amers] (guidin).
מָה אָמַר לוֹ הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא לְמֹשֶׁה, וּמָה אָמַר לָהֶם מֹשֶׁה לְיִשְׂרָאֵל, וּמָה אָמְרוּ יִשְׂרָאֵל לְמֹשֶׁה, וּמָה הֵשִׁיב מֹשֶׁה לִפְנֵי הַגְּבוּרָה? זוֹ מִצְוַת הַגְבָּלָה, דִּבְרֵי רַבִּי יוֹסֵי בַּר יְהוּדָה. רַבִּי אוֹמֵר: בַּתְּחִילָּה פֵּירֵשׁ עוֹנְשָׁהּ, דִּכְתִיב: ״וַיָּשֶׁב מֹשֶׁה״ — דְּבָרִים שֶׁמְּשַׁבְּבִין דַּעְתּוֹ שֶׁל אָדָם, וּלְבַסּוֹף פֵּירֵשׁ מַתַּן שְׂכָרָהּ, דִּכְתִיב: ״וַיַּגֵּד מֹשֶׁה״ — דְּבָרִים שֶׁמּוֹשְׁכִין לִבּוֹ שֶׁל אָדָם כְּאַגָּדָה. וְאִיכָּא דְאָמְרִי: בַּתְּחִילָּה פֵּירֵשׁ מַתַּן שְׂכָרָהּ, דִּכְתִיב: ״וַיָּשֶׁב מֹשֶׁה״ — דְּבָרִים שֶׁמְּשִׁיבִין דַּעְתּוֹ שֶׁל אָדָם, וּלְבַסּוֹף פֵּירֵשׁ עוֹנְשָׁהּ, דִּכְתִיב: ״וַיַּגֵּד מֹשֶׁה״ — דְּבָרִים שֶׁקָּשִׁין לָאָדָם כְּגִידִּין.
Viens et entends une preuve de ce qui a été enseigné dans une beraïta : le « sixième » [était] le sixième jour du mois et le sixième jour de la semaine. Cela aussi fait difficulté selon l'opinion des Sages. La Guemara répond : cette beraïta est elle aussi selon l'opinion de Rabbi Yossi. Mais [s'il en est ainsi,] selon l'opinion des Sages, le sixième de quoi [de quel décompte] ? Rava dit :
תָּא שְׁמַע: ״שִׁשִּׁי״ — שִׁשִּׁי בַּחוֹדֶשׁ, שִׁשִּׁי בַּשַּׁבָּת, קַשְׁיָא לְרַבָּנַן! הָא נָמֵי רַבִּי יוֹסֵי הִיא. שִׁשִּׁי לְמַאי? רָבָא אָמַר:
Rachi
בתלתא אמר להו מצות הגבלה - שהדברים שנאמרו לו בשני ירד לערב ואמרן לישראל כדכתיב ויבא משה ויקרא לזקני העם וגו' ולמחרת השכים ועלה וישב משה את דברי העם וגו' כדאמר כל עליותיו בהשכמה היו ובו ביום נאמר לו הנה אנכי בא אליך בעב וגו' ומצות הגבלתם דהשמרו לכם עלות בהר אע"פ שהיא כתובה אחר וקדשתם היום ומחר שהיא מצות פרישה קודם לכן נאמרה דכתיב בההיא עלייה שעלה בשלישי להשיב להקב"ה דברי העם דנעשה (ונשמע) הנה אנכי בא אליך וסיפא דקרא ויגד משה את דברי העם וגו' וכי מה דברי העם יש כאן אלא מצות הגבלה נאמר לו בו ביום ולקמן תניא לה הכי ולערב אמרה לישראל ולמחרת בד' השכים ועלה והגיד שקבלו עליהם מצות הגבלה ונאמרה לו מצות פרישה וקדשתם היום ומחר ואע"פ שיש עוד ג' ימים עד יום שבת האמרינן לקמן לר"י דמשה הוסיף יום אחד מדעתו:,היום ומחר - משמע בה' נאמר לו לפרוש ה' וו':
אמר לך ר' יוסי - לעולם ברביעי נאמר לו לפרוש ד' וה' והוא הוסיף יום אחד והסכים הקב"ה לדעתו:,ופירש מן האשה - לגמרי לאחר מתן תורה מיד משפירש עם חביריו שוב לא חזר לתשמיש:
אף היום - צריך להיות לילו עמו והא לא אפשר:
וקבע להם זמן - אימתי ידבר עמהם:,אמרה תורה והיו נכונים וגו' - פירשו מנשותיהן:,ולא קבע לי זמן - לדבורו שאוכל לפרוש קודם לכן:,לאהליכם - להתיר נשותיכם לתשמיש שאסרתי לכם:
בן נכר - מומר שנתנכרו מעשיו לאביו שבשמים:,התורה כולה - תלויה בלוחות הללו וישראל מומרים על אחת כמה וכמה שאינם כדי לה:,אשר - אישור שאישרו ושיבחו על שבירתן:
ה"ג והיו נכונים ליום השלישי ול"ג והיו נכונים לשלשת ימים:,הא אמרן יום אחד הוסיף - והאי קרא דוהיו נכונים ליום השלישי קודשא בריך הוא אמר ליה ומשה אמר להן היו נכונים לשלשת ימים ולא אמר ליום השלישי אלא פירשו ג' ימים וקרא דכתיב ויהי ביום השלישי בהיות הבקר שלישי לימים שלמים שלילן עמם קאמר:,ת"ש - דתניא בברייתא הכי שלישי שלישי בחדש היה שלישי בשבת היה ולקמן בעי שלישי קמא למאי ע"כ במילתא דשלישי קמיירי וקאמר עלה שלישי זה שלישי בחדש:,קשיא לרבנן - דשמעינן בחד בשבא איקבע ירחא א"כ על כרחך בתרי בשבת אמר ואתם תהיו בתלתא הגבלה בארבעה פרישה ובשביעי נתנה תורה דהא לכ"ע בשבת נתנה תורה:
לכדתניא כו' - והכי קאמר יום שלישי לדברים שהתחיל משה להמשיך לבם של ישראל ולפרש עונשן ומתן שכרן ואותו יום היה שלישי בחדש שלישי בשבת ורבי יוסי קאמר לה:,וישב ויגד וכי מה אמר הקב"ה למשה - בין וישב משה דנעשה (ונשמע) לויגד משה שאמר להן לישראל ומה אמרו ישראל למשה על כך שהוצרך משה להגיד למקום והלא לא נאמר בינתים אלא הנה אנכי בא וגו':
זו מצות הגבלה - שאע"פ שכתובה אחר מצות פרישה בשלישי נאמרה לו והוצרך להשיב שקבלו עליהן:,עונשה - של תורה:,משבבין - כמו וילך שובב (ישעיהו נ״ז:י״ז) שמונעין מלקבל שאם יקבלו יענשו הדברים הללו משבבין את לבם מן המקום ואף על פי כן קיבלו עליהן:,כגידין - ירק מר:
ששי ששי בחדש כו' - לקמיה בעי ששי קמא למאי דהכא ליכא למימר ששי לאותן דברים דבשלמא שלישי דברייתא לעיל איכא למימר דאיירי בהו דהא כל ג' ימים היה משה מדבר באותן הדברים דעל כרחיך ויגד משה בד' כתיב דברים שקבלו בג':,קשיא לרבנן - דמשמע דבחד בשבא איקבע ירחא:
Tossafot
בתלתא אמר להו מצות הגבלה - לכ"ע הגבלה קדמה לפרישה דתלתא ויאמר כתיבי וסברא הוא דכל אחד נאמר ביומו בקמא כתיב ואתם תהיו לי וגו' ובבתרא כתיב מצות פרישה ומצות הגבלה ובאמצעי לא כתב ביה מידי שיעשה משה שליחות לישראל ואית לן למישדי מצות הגבלה אההיא אמירה ולא אמצות פרישה שהרי מיד אחר אמירה אחרונה כתיבא מצות פרישה:
היום כמחר - אין זו דרשה גמורה אלא משמע דהיום ממש דאי לאו הכי אין זה מדעתו:
ומה ישראל כו' - וא"ת מאי קאמר (דהוסיף) מדעתו דאורייתא הוא דק"ו ניתן לידרש וי"ל דלא הוי ק"ו גמור דשאני התם משום עשרת הדברות:,וקבע להם זמן - תימה לר"י דהיא הנותנת דמשום שקבע להם זמן וידעו שבאותו יום ודאי תדבר שכינה עמהם הוצרכו לפרוש אבל הוא מספק למה יפרוש וי"ל דלהם נמי איכא ספיקא שמא לא תפלוט והכי עביד ק"ו ומה ישראל שקבע להן זמן וא"כ לא היו צריכים לפרוש משום קרי דביום אחד היה די אפ"ה משום חשש פליטה שהיא קלה הוזקקו לפרוש אני שלא קבע לי זמן ויש חשש קרי שהוא חמור לא כ"ש שיש לי לפרוש:,ואתה פה עמוד עמדי - וא"ת מנלן דפירש משה מדעתו קודם ושוב הסכים הקב"ה על ידו שמא זה הוא צווי גמור שצוה לו לפרוש ותירץ ר"ת דאם איתא דמחמת צווי הקב"ה פירש ולא מדעתו היאך היה מערער אהרן ומרים דכתיב ותדבר מרים ואהרן במשה אלא ודאי מתחלה פירש ממנה לגמרי משה מדעתו ואע"ג דהסכים הקב"ה על ידו מ"מ נתרעמו עליו לפי שאילו לא פירש מדעתו לא היה הקב"ה מסכים דבדרך שאדם הולך בה מוליכין אותו שהרי לאהרן ומרים לא אמר לפרוש אע"ג שגם עמהם היה מדבר ומיהו קשה דמשמע במדרש שלא ידעו זמן גדול שפירש ממנה גבי אלדד ומידד שהיו מתנבאים שאמרה מרים אשרי נשותיהן של אלו שנתמנו בעליהן פרנסין על הציבור אמרה צפורה אוי להם לנשותיהם של אלו שמיום שנתייחדה שכינה עם אחיך פירש ממני מיד ותדבר מרים ואהרן במשה משמע שלא ידעו קודם לכן וכי לא ידעו הא דכתיב ואתה פה עמוד עמדי ואור"ת דודאי ידעו אבל היו סבורין שפירש ע"פ הדבור עד שאמרה להם צפורה שמדעתו פירש ממנה מתחלה:
ומה פסח כו' - אין זה ק"ו גמור דאם מומר אסור בפסח שהוא קרבן מ"מ לא היה לו למנוע מליתן להם התורה ולהחזירם בתשובה:
קשיא לרבנן - פי' למה שפירש רבא לעיל דבקביעא דירחא פליגי:
Texte : Sefaria — William Davidson Edition - Vocalized Aramaic · traduction française de travail, à valider.