Même un objet inanimé peut déplacer une source d'impureté de cette manière. Et si la nourriture et la boisson ont fait pencher le plateau de la balance, elles demeurent pures. La Guemara demande : selon l'opinion de qui va ce qui a été enseigné dans une baraïta : « Toutes les impuretés qui en déplacent d'autres [par mouvement] demeurent pures » — c'est-à-dire qu'un objet ne devient pas impur s'il est déplacé par une source d'impureté — « excepté le déplacement [hessét] par un zav, qui n'a pas son pareil dans toute la Torah entière » ? Disons que cela n'est pas selon l'opinion de Rabbi 'Akiva, car si c'était selon l'opinion de Rabbi 'Akiva, il y aurait aussi le cas de l'idolâtrie [avoda zara] — car selon lui, l'idolâtrie aussi transmet l'impureté à un objet en le déplaçant ! La Guemara répond : même si tu dis que la baraïta est selon l'opinion de Rabbi 'Akiva, enseigne ainsi : « le zav et tout ce qui lui ressemble ». Selon Rabbi 'Akiva, de même que la femme nidda entre dans cette catégorie, de même l'idole y entre aussi.
כָּרְעוּ הֵן טְהוֹרִין. כְּמַאן אָזְלָא הָא דְּתַנְיָא כׇּל הַטֻּמְאוֹת הַמְּסִיטוֹת טְהוֹרוֹת, חוּץ מֵהֶיסֵּטוֹ שֶׁל זָב שֶׁלֹּא מָצִינוּ לוֹ חָבֵר בְּכׇל הַתּוֹרָה כּוּלָּהּ — לֵימָא דְּלָא כְּרַבִּי עֲקִיבָא, דְּאִי כְּרַבִּי עֲקִיבָא — אִיכָּא נָמֵי עֲבוֹדָה זָרָה! אֲפִילּוּ תֵּימָא רַבִּי עֲקִיבָא, תְּנָא זָב וְכׇל דְּדָמֵי לֵיהּ.
Le dilemme évoqué incidemment lors d'une discussion antérieure est ici examiné en profondeur. Rav 'Hama bar Gouria a posé un dilemme : l'idolâtrie a-t-elle [la capacité de transmettre l'impureté] par ses membres [démontée pièce par pièce], ou ne l'a-t-elle pas par ses membres ? La Guemara précise les contours du dilemme. Dans un cas où un profane [hedyot, non-spécialiste] peut la remettre dans son état d'origine, ne pose pas le dilemme, car dans ce cas elle est certainement considérée comme assemblée et n'est pas considérée comme brisée. Le cas où tu pourrais poser le dilemme, c'est là où un profane ne peut pas la remettre dans son état d'origine. Quelle est la règle dans ce cas ? Les deux côtés du dilemme sont : dit-on que, puisqu'un profane ne peut pas la remettre, elle est considérée comme brisée ? Ou bien dit-on qu'il ne lui manque rien ? — l'idolâtrie ne peut être annulée par le bris que dans un cas où elle s'en trouve incomplète. Et certains posent ce dilemme dans l'autre sens, sur la base d'une supposition différente : dans un cas où un profane ne peut pas la remettre dans son état d'origine, ne pose pas le dilemme, car dans ce cas elle est certainement considérée comme brisée. Quand tu pourrais poser le dilemme, c'est dans un cas où un profane peut la remettre dans son état d'origine. Quelle est la règle dans ce cas ? Les deux côtés du dilemme sont : dit-on que, puisqu'un profane peut la remettre, elle est considérée comme assemblée ? Ou bien dit-on qu'à présent, en tout cas, elle est en pièces [détachée et jetée] et permise ? Aucune résolution n'a été trouvée pour l'une ou l'autre version de ce dilemme. C'est pourquoi qu'il reste en suspens [téikou].
בָּעֵי רַב חָמָא בַּר גּוּרְיָא: עֲבוֹדָה זָרָה יֶשְׁנָהּ לְאֵבָרִים, אוֹ אֵינָהּ לְאֵבָרִים? הֵיכָא דְּהֶדְיוֹט יָכוֹל לְהַחֲזִירָהּ — לָא תִּיבְּעֵי לָךְ, דִּכְמַאן דִּמְחַבְּרָא דָּמֵי. כִּי תִּיבְּעֵי לָךְ הֵיכָא דְּאֵין הֶדְיוֹט יָכוֹל לְהַחֲזִירָהּ, מַאי? כֵּיוָן דְּאֵין הֶדְיוֹט יָכוֹל לְהַחֲזִירָהּ — כְּמַאן דְּמִתַּבְרָא דָּמֵי, אוֹ דִילְמָא הָא לָא מְחַסְּרָה. וְאִיכָּא דְּבָעֵי לַהּ לְהַךְ גִּיסָא: הֵיכָא דְּאֵין הֶדְיוֹט יָכוֹל לְהַחֲזִירָהּ — לָא תִּיבְּעֵי לָךְ, דִּכְמַאן דְּמִתַּבְרָא דָּמֵי, כִּי תִּבְּעֵי לָךְ הֵיכָא דְּהֶדְיוֹט יָכוֹל לְהַחֲזִירָהּ, מַאי? כֵּיוָן דְּהֶדְיוֹט יָכוֹל לְהַחֲזִירָהּ — כְּמַאן דִּמְחַבְּרָא דָּמֵי, אוֹ דִילְמָא הַשְׁתָּא מִיהַת הָא מִשַּׁלְפָא וְשַׁדְיָא, תֵּיקוּ.
Rav A'hadvoï bar Ami a posé un dilemme : quelle est la loi concernant une idolâtrie plus petite qu'une olive [kèzaït] ? Rav Yossef objecta vigoureusement à cela : à propos de quel usage ce dilemme a-t-il été posé ? Si tu dis qu'il a été posé à propos de l'interdit de l'idolâtrie, qu'elle ne soit donc rien de plus que Zévouv, le Baal d'Ékron [la « mouche », maître d'Ékron], qui avait la taille et la forme d'une mouche — comme il a été enseigné dans une baraïta à propos du verset : « Et ils prirent Baal-Berit pour leur dieu » (Choftim / Juges 8, 33). Les Sages ont dit que cela fait référence à Zévouv, le Baal d'Ékron. Cela enseigne que chaque personne se faisait une image de son dieu et la plaçait dans sa poche ; lorsqu'elle s'en souvenait, elle la sortait de sa poche, l'embrassait et la baisait. Apparemment, même une idolâtrie de la taille d'une mouche relève de l'interdit de l'idolâtrie. Plutôt, le dilemme est : quelle est la loi concernant l'impureté ? Les deux côtés du dilemme sont les suivants : puisque l'idole est juxtaposée [rapprochée par déduction analogique] au chèrets [animal rampant impur], de même que le chèrets transmet l'impureté lorsqu'il a le volume d'une lentille [kaadacha], de même l'idolâtrie transmet l'impureté lorsqu'elle a le volume d'une lentille. Ou bien l'idolâtrie est-elle juxtaposée à un cadavre [mèt], et de même qu'un cadavre ne transmet l'impureté que lorsqu'il a au moins le volume d'une olive, de même l'idolâtrie ne transmet l'impureté que lorsqu'elle a au moins le volume d'une olive ?
בָּעֵי רַב אַחָדְבוּי בַּר אַמֵּי: עֲבוֹדָה זָרָה פְּחוּתָה מִכְּזַיִת, מַהוּ? מַתְקִיף לַהּ רַב יוֹסֵף: לְמַאי? אִילֵימָא לְעִנְיַן אִיסּוּרָא, לֹא יְהֵא אֶלָּא זְבוּב בַּעַל עֶקְרוֹן. דְּתַנְיָא: ״וַיָּשִׂימוּ לָהֶם בַּעַל בְּרִית לֶאֱלֹהִים״, זֶה זְבוּב בַּעַל עֶקְרוֹן. מְלַמֵּד שֶׁכׇּל אֶחָד וְאֶחָד עֹשֶׂה דְּמוּת יִרְאָתוֹ וּמַנִּיחָהּ בְּתוֹךְ כִּיסוֹ, כֵּיוָן שֶׁזּוֹכְרָהּ מוֹצִיאָהּ מִתּוֹךְ כִּיסוֹ וּמְחַבְּקָהּ וּמְנַשְּׁקָהּ. אֶלָּא לְעִנְיַן טוּמְאָה מַאי? כֵּיוָן דְּאִיתַּקַּשׁ לְשֶׁרֶץ: מָה שֶׁרֶץ בְּכַעֲדָשָׁה, אַף עֲבוֹדָה זָרָה נָמֵי בְּכַעֲדָשָׁה. אוֹ דִילְמָא, הָא אִיתַּקַּשׁ לְמֵת: מָה מֵת בִּכְזַיִת, אַף עֲבוֹדָה זָרָה בִּכְזַיִת.
Rav Avya dit — et certains disent que c'est Rabba bar 'Oulla qui le dit : viens et entends une résolution de ce dilemme à partir de ce qui a été enseigné dans une baraïta : une idolâtrie plus petite qu'une olive n'a aucune impureté du tout, comme il est dit : « Et il fit sortir l'achéra de la maison de l'Éternel, hors de Jérusalem, vers le torrent du Cédron, et il la brûla au torrent du Cédron, la réduisit en poussière, et jeta sa poussière sur les tombes des gens du peuple » (II Rois / Melakhim II 23, 6). De même qu'un cadavre transmet l'impureté lorsqu'il a le volume d'une olive, de même l'idolâtrie transmet l'impureté lorsqu'elle a le volume d'une olive.
אָמַר רַב אַוְיָא וְאִיתֵּימָא רַבָּה בַּר עוּלָּא, תָּא שְׁמַע דְּתַנְיָא: עֲבוֹדָה זָרָה פְּחוּתָה מִכְּזַיִת אֵין בָּהּ טוּמְאָה כׇּל עִיקָּר, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיַּשְׁלֵךְ אֶת עֲפָרָהּ אֶל קֶבֶר בְּנֵי הָעָם״ — מָה מֵת בִּכְזַיִת, אַף עֲבוֹדָה זָרָה בִּכְזַיִת.
La Guemara pose maintenant une question générale : et selon les Sages [Rabbanan], à propos de quelle loi l'idolâtrie a-t-elle été juxtaposée au chèrets [animal rampant] ? La juxtaposition établit que, comme le chèrets, elle ne transmet pas l'impureté par le port [massa]. La juxtaposition à la femme nidda établit que, comme la nidda, elle a la capacité de transmettre l'impureté par ses membres. La juxtaposition au cadavre établit qu'elle ne transmet pas l'impureté lorsqu'elle a le volume d'une lentille [mais seulement à partir d'une olive]. La Guemara suggère : disons plutôt que toutes ces juxtapositions viennent enseigner une rigueur [‘houmra]. À propos de quelle loi la Torah a-t-elle juxtaposé l'idolâtrie au chèrets ? C'est pour établir qu'elle transmet l'impureté lorsqu'elle a le volume d'une lentille. La juxtaposition de l'idolâtrie à la femme nidda serait pour établir qu'elle transmet l'impureté par une pierre très lourde [èven mèssama, posée sur un support sans le toucher directement] ; et la Torah l'aurait juxtaposée au cadavre pour établir qu'elle transmet l'impureté de tente [ohel, à toute personne ou objet se trouvant sous le même toit] — autant de rigueurs qui existent pour ces types d'impureté ! La Guemara répond : l'impureté de l'idolâtrie est d'ordre rabbinique [dérabbanan]. Et chaque fois qu'il y a deux possibilités concernant un décret rabbinique — une indulgence et une rigueur — nous opérons la juxtaposition pour établir la possibilité indulgente, et nous ne l'opérons pas pour établir la possibilité rigoureuse.
וְרַבָּנַן, לְמַאי הִלְכְתָא אִיתַּקַּשׁ לְשֶׁרֶץ — דְּלָא מְטַמֵּא בְּמַשָּׂא, לְנִדָּה — דְּאֵינָהּ לְאֵבָרִין, לְמֵת — דְּלָא מְטַמֵּא בְּכַעֲדָשָׁה. אֵימָא לְחוּמְרָא: לְמַאי הִלְכְתָא אַקְּשַׁהּ רַחֲמָנָא לְשֶׁרֶץ — לְטַמּוֹיֵי בְּכַעֲדָשָׁה, לְנִדָּה — לְטַמּוֹיֵי בְּאֶבֶן מְסָמָא, אַקְּשַׁהּ רַחֲמָנָא לְמֵת — לְטַמּוֹיֵי בְּאֹהֶל! טוּמְאַת עֲבוֹדָה זָרָה דְּרַבָּנַן הִיא, וְקוּלָּא וְחוּמְרָא — לְקוּלָּא מַקְּשִׁינַן, לְחוּמְרָא לָא מַקְּשִׁינַן.
Mishna 1
MICHNA : Voici une autre michna qui s'écarte du sujet central de ce traité ; elle aussi se fonde sur une allusion tirée des Écritures. D'où déduit-on que le navire [sefina] est pur, en ce sens qu'il ne peut pas devenir impur ? Comme il est dit : « la voie d'un navire au cœur de la mer » (Michlé / Proverbes 30, 19).
מַתְנִי׳ מִנַּיִן לִסְפִינָה שֶׁהִיא טְהוֹרָה — שֶׁנֶּאֱמַר: ״דֶּרֶךְ אֳנִיָּה בְלֶב יָם״.(משנה)
Guémara
GUEMARA : L'allusion de la michna demande à être clarifiée. Le verset semble énoncer une évidence : bien sûr qu'un navire est au cœur de la mer ! Plutôt, ce verset nous enseigne par allusion que le statut légal d'un bateau est comme celui de la mer : de même que la mer est pure et ne peut devenir impure, de même un bateau est pur et ne peut devenir impur. Il a été enseigné dans une baraïta que 'Hanania dit : cette loi se déduit de la loi du sac [sak], car l'impureté des récipients de bois est assimilée à l'impureté du sac. De même qu'un sac, qui peut devenir impur, se transporte aussi bien plein que vide, de même tout objet qui se transporte aussi bien plein que vide peut devenir impur. Cela vient exclure un navire, qui ne se transporte pas [sur la terre ferme] plein et vide, car en raison de son poids il ne peut être transporté plein.
גְּמָ׳ פְּשִׁיטָא, אֳנִיָּה בְּלֶב יָם הִיא! הָא קָא מַשְׁמַע לַן כְּיָם: מָה יָם טָהוֹר — אַף סְפִינָה טְהוֹרָה. תַּנְיָא, חֲנַנְיָה אוֹמֵר: נִלְמְדֶנָּה מִשַּׂק, מָה שַׂק מִיטַּלְטֵל מָלֵא וְרֵיקָן — אַף כֹּל מִיטַּלְטֵל מָלֵא וְרֵיקָן. לְאַפּוֹקֵי סְפִינָה, דְּאֵינָהּ מִיטַּלְטֶלֶת מְלֵאָה.
La Guemara demande : quelle est la différence pratique entre les deux raisons ? La conclusion halakhique, selon les deux, est qu'un navire ne peut devenir impur. La Guemara explique : il y a entre elles une différence concernant un navire fait de terre cuite [‘hèrès, ou de tout matériau autre que le bois]. Selon celui qui dit que cela se déduit du verset « un navire au cœur de la mer », ce bateau-là aussi est au cœur de la mer [et reste donc pur]. En revanche, selon celui qui dit que cela se déduit de la loi du sac, cette loi ne s'applique qu'aux matériaux qui sont écrits dans le même verset que le sac et lui sont assimilés : s'il se transporte aussi bien plein que vide, oui, il peut devenir impur ; et s'il ne peut se transporter plein et vide, non, il ne peut pas devenir impur. Mais un navire de terre cuite peut devenir impur même s'il ne se transporte pas plein et vide.
מַאי בֵּינַיְיהוּ? אִיכָּא בֵּינַיְיהוּ סְפִינָה שֶׁל חֶרֶס. מַאן דְּאָמַר ״אֳנִיָּה בְּלֶב יָם״, הָא נָמֵי בְּלֶב יָם הִיא. לְמַאן דְּאָמַר כְּשַׂק — הָנָךְ הוּא דִּכְתִיבִי גַּבֵּי שַׂק, דְּאִי מִיטַּלְטֵל מָלֵא וְרֵיקָן אִין, אִי לָא — לָא. אֲבָל סְפִינָה שֶׁל חֶרֶס, אַף עַל גַּב דְּאֵינָהּ מִיטַּלְטֶלֶת מְלֵאָה.
Autrement, il y a entre elles une différence concernant un navire du Jourdain [sefinat haYardèn], qui est une petite barque utilisée sur le fleuve Jourdain. Selon celui qui dit que cela se déduit du verset « un navire au cœur de la mer », celui-ci aussi est un navire au cœur de la mer — un fleuve est pur comme la mer, et la barque restera pure. Selon celui qui dit que cela se déduit de la loi du sac, et que pour devenir impur il faut être transporté plein et vide, celui-ci aussi se transporte aussi bien plein que vide, et peut donc devenir impur. Comme l'a dit Rabbi 'Hanina ben 'Akavya : pour quelle raison a-t-on dit qu'un navire du Jourdain peut devenir impur ? Parce qu'on le charge sur la terre ferme [et qu'on le porte ainsi] avant de le descendre dans l'eau — il est donc transporté plein sur la terre. Rav Yehouda dit au nom de Rav : qu'un homme ne se prive jamais d'assister à la maison d'étude [beit hamidrach], ne serait-ce qu'un seul instant, car cette michna — qui énonce qu'un navire du Jourdain peut devenir impur — fut enseignée pendant plusieurs années dans la maison d'étude, mais sa raison ne fut révélée que lorsque Rabbi 'Hanina ben 'Akavya vint et l'expliqua.
אִי נָמֵי סְפִינַת הַיַּרְדֵּן. לְמַאן דְּאָמַר אֳנִיָּה בְּלֶב יָם הִיא — הָא נָמֵי אֳנִיָּה בְּלֶב יָם הִיא. לְמַאן דְּאָמַר מִיטַּלְטֶלֶת מָלֵא וְרֵיקָן — הָא נָמֵי מִיטַּלְטֶלֶת מְלֵאָה וְרֵיקָנִית. דְּאָמַר רַבִּי חֲנִינָא בֶּן עֲקַבְיָא: מִפְּנֵי מָה אָמְרוּ סְפִינַת הַיַּרְדֵּן טְמֵאָה — מִפְּנֵי שֶׁטּוֹעֲנִים אוֹתָהּ בַּיַּבָּשָׁה, וּמוֹרִידִין אוֹתָהּ לַמַּיִם. אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: לְעוֹלָם אַל יִמְנַע אָדָם אֶת עַצְמוֹ מִבֵּית הַמִּדְרָשׁ וַאֲפִילּוּ שָׁעָה אַחַת, שֶׁהֲרֵי כַּמָּה שָׁנִים נִשְׁנֵית מִשְׁנָה זוֹ בְּבֵית הַמִּדְרָשׁ וְלֹא נִתְגַּלָּה טַעְמָהּ עַד שֶׁבָּא רַבִּי חֲנִינָא בֶּן עֲקַבְיָא וּפֵירְשָׁהּ.
À la suite de la déclaration de Rav, la Guemara cite ce que dit Rabbi Yonatan : qu'un homme ne se prive jamais d'assister à la maison d'étude ni de l'étude de paroles de Torah, même à l'heure de la mort, comme il est dit : « Voici la Torah : un homme qui meurt dans une tente » (Bamidbar / Nombres 19, 14). C'est une allusion au fait que, même à l'heure de la mort, on doit s'adonner à l'étude de la Torah. Rich Lakich dit : les paroles de Torah ne se maintiennent que chez celui qui se fait mourir sur elle [qui est prêt à y consacrer tous ses efforts], comme il est dit : « Voici la Torah : un homme qui meurt dans une tente » — la Torah ne s'acquiert que par celui qui se fait mourir dans sa tente. Rava dit :
אָמַר רַבִּי יוֹנָתָן: לְעוֹלָם אַל יִמְנַע אָדָם אֶת עַצְמוֹ מִבֵּית הַמִּדְרָשׁ וּמִדִּבְרֵי תוֹרָה וַאֲפִילּוּ בִּשְׁעַת מִיתָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״זֹאת הַתּוֹרָה אָדָם כִּי יָמוּת בְּאֹהֶל״ — אֲפִילּוּ בִּשְׁעַת מִיתָה תְּהֵא עוֹסֵק בַּתּוֹרָה. אָמַר רֵישׁ לָקִישׁ: אֵין דִּבְרֵי תוֹרָה מִתְקַיְּימִין אֶלָּא בְּמִי שֶׁמֵּמִית עַצְמוֹ עָלֶיהָ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״זֹאת הַתּוֹרָה אָדָם כִּי יָמוּת בְּאֹהֶל״. אָמַר רָבָא
Rachi
כרעו הן - ונשאו הן את הזב:,טהורין - דתנן כל שהזב נישא עליו טהור חוץ מן הראוי למשכב ומושב האדם אבל כל שאר כלים ואוכלים אין מיטמאין מחמת משכב ומושב כדתניא (לעיל שבת דף נט.) מי שמיוחד לישיבה יצא זה שאומרים עמוד ונעשה מלאכתנו ולמהוי אפילו ראשון לטומאה מחמת משא הזב נמי לא דכי כתיב משא הזב באדם כתיב והנושא אותם וגו' והא דאמר לעיל נכרי ונכרית וע"ז שהסיטום אחרים טמאים באדם קאמרינן:,כל הטמאו' המסיטות - אחרים כגון בכף מאזנים או אדם טמא מת שהסיט את חברו טהורין:,שלא מצינו לו - בשאר טומאות שבתורה אלא בזב:,וכל דדמי ליה - דאתי מריבויא דזב וע"ז מנדה גמרי דהיינו זב:
ישנה לאברים - כגון של חוליות ישנה לטומאתה אבר אבר או לא:,דהדיוט יכול להחזירה - שאין צריך אומן לכך:
פחותה מכזית - והיא שלמה:,לענין איסור - ליאסר בהנאה:,ומחבקה ומנשקה - וזהו לשון ברית אהבה וחבה אלמא אדוקים בה וע"ז היא:,הא איתקש למת - כדלקמן אל קבר בני העם:
ורבנן למאי הלכתא כו' - אתקפתא היא לרבנן דאמרי אינה מטמאה במשא למאי הלכתא אמרו אליבייהו דאיתקש לנדה דאינה לאברים ולשרץ דלא מטמינן במשא למת דאינה מטמאה בכעדשה כולהו לקולא:,אימא - כולהו לחומרא:,דרבנן - דכל הנך היקשות דברי קבלה נינהו ואסמכתא בעלמא ושקץ תשקצנו לאו לשון שרץ ממש הוא אלא עיקר קרא לכנות לה שם לגנאי אתא:
מתני' שהיא טהורה - שאינה מקבלת טומאה:,בלב ים - הרי היא כים:
גמ' פשיטא אניה בלב ים היא - לאו פירכא היא אלא פירוש למתני':,נלמדנה משק - שהרי כלי עץ היא והוקשה לשק לענין טומאה:,אף כו' - וזו אינה מיטלטל' מלאה דגדולה היא:
ספינה של חרס - דלא איתקש לשק:
אי נמי ספינת הירדן - איכא בינייהו שהיא קטנה ומיטלטלת מלאה וריקנית לפי שהנהר קטן:,הא נמי בלב ים - דים לאו דוקא וכל הנהרות נמי טהורין הן:,נשנית משנה זו - של מסכת כלים דתני בה ספינת הירדן טמאה ולא נתגלה הטעם למה:
Tossafot
ע"ז ישנה לאיברים כו' - בשל חוליות מבעיא ליה אבל ע"ז שנשתברה פשיטא ליה דלא מטמאה ולא משום היקישא דנדה פשיטא ליה בנשתברה דדמיא לגמרי לנדה שאין אדם יכול להחזירה דא"כ אמאי קאמר לעיל דמבעיא ליה אליבא דר' עקיבא אליבא דרבנן נמי מצי למיבעי דהא דנפקא להו דע"ז אינה לאיברים מנדה הני מילי כשנשתברה לגמרי אלא ודאי בלא נדה פשיטא ליה דנשתברה טהורה:,כי תבעי לך היכא דאין הדיוט כו' - לענין טומאה מבעיא ליה כדפי' הקונט' ולעיל נמי מייתי אפלוגתא דרבי עקיבא ורבנן אבל לענין איסורא דאורייתא לא שייך למילף מנדה ואע"ג דאסור בהנאה בטומאה דרבנן מיבעיא ליה אי פרחה אי לאו משמע דבהדיוט יכול להחזירה פשיטא דאסירה אפילו ללישנא בתרא מדבעי לענין טומאה בהדיוט יכול להחזירה דאי איסור הנאה דאורייתא שרי כ"ש דלא מטמא וקשה לר"י דבפרק ג' דמסכת ע"ז (ד' כט:) פליגי רב ושמואל בע"ז שנשתברה מאליה דרב אמר צריכה לבטל כל קיסם וקיסם ושמואל אמר אין ע"ז צריכה לבטל אלא דרך גדילתה ובעי לאוקמא פלוגתייהו בשברי שברים ומסיק דבע"ז של חוליות עסקינן והדיוט יכול להחזירה קא מיפלגי דרב סבר כיון דהדיוט יכול להחזירה כו' לא בטלה משמע דבאין הדיוט יכול להחזירה אפי' רב מודה דשריא ונראה לר"י דהתם פליגי בחוליות קטנים דכשמתפרקין הוו כעין שברי שברים דקאמר התם מעיקרא אבל הכא מיירי בחוליות גדולות דאפי' שמואל מודה דאסירי בהנאה אפי' אין הדיוט יכול להחזירה:
וישימו להם בעל ברית וגו' - האי קרא בשופטים כתיב וקשה לר"י למה לא הביא קרא דמלכים (ב א) זבוב בעל עקרון ולמה ליה לאתויי ברייתא וי"ל דאי מהתם ה"א זבוב גדול היה אלא שהיה לו דמות זבוב לכך מייתי מהכא שהיה קטן כשאר זבובים כדקתני ומניחה בתוך כיסו ודריש לה מדכתיב בעל ברית משמע שכרתו להן ברית להיות כל שעה אצלם ומסברא קאמר זה זבוב בעל עקרון:
מה מת בכזית אף ע"ז בכזית - תימה [לר"י] לרבי עקיבא אי ישנה לאברים נוקי האי היקישא לקולא דבעי כזית אאברים אבל ע"ז שלימה אפילו אין בה כזית דומיא דמת כשהוא שלם דמטמא אפילו אין בו כזית. כדאמר בנזיר בפרק כ"ג (דף נ.) ויש לומר דבמת אפי' אבר שלם שאין בו כזית טמא כדאמרינן נמי התם א"כ כך לי אבר אחד כמו כולה ואם תאמר אכתי מצי לאוקמא היקישא בחוליא אחת שכנגדה במת לא חשיב אבר וי"ל דההיא אפילו כזית לא מטמא דכשברי שברים חשיבא:
נלמדנה משק - דספינה אינה מיוחדת למדרס אף על פי שכל שעה יושבין בה בני אדם מכל מקום עיקרן עשויות לפרגמטיא ואומר בה עמוד ונעשה מלאכתנו דאי ספינה מיוחדת למדרס לא הוה ילפינן משק כדאמרינן בריש אלו מומין (בכורות לח.) דמדרסות לא איתקוש לשק:,לאפוקי ספינה שאינה מיטלטלת מליאה - ומה שמיטלטלת בים לא חשיב ליה טלטול כיון דעיקר הילוכה מחמת המים:
Texte : Sefaria — William Davidson Edition - Vocalized Aramaic · traduction française de travail, à valider.