AccueilÉtudeTanakhBibliothèqueSujetsParachaDivrei TorahRabbanimSagesHistoireÀ proposMes favorisFaire un don
Retour

Traité Shabbat

82a

Étude de Shabbat 82a

Étude de la Mishna & Guémara 82a

[Un magicien égyptien dit aux Sages d'Israël : comment se fait-il que vous ne soyez pas atteints par la sorcellerie,] puisque vous ne vous essuyez pas avec un tesson de poterie, que vous ne tuez pas de pou sur vos vêtements, et que vous n'arrachez pas un légume pour le manger avant d'avoir dénoué le fagot lié par le jardinier ? Cela implique que toutes ces actions comportent un danger de sorcellerie.
דְּלָא מִקַּנַּח לְכוּ בְּחַסְפָּא, וְלָא קְטִיל לְכוּ כִּינָּא אַמָּנַיְיכוּ, וְלָא שְׁלִיף לְכוּ יַרְקָא וַאֲכִיל לְכוּ מִכִּישָּׁא דְּאָסַר גִּינָּאָה.
Rav Houna dit à son fils Rabba : pour quelle raison ne te trouve-t-on pas parmi ceux qui étudient devant Rav 'Hisda, dont les enseignements halakhiques sont incisifs ? Rabba lui répondit : à quoi bon aller chez lui ? Car lorsque je vais chez lui, il me fait asseoir et m'occupe de choses banales [non liées à la Torah]. Par exemple, il m'a dit : celui qui entre aux toilettes ne doit pas s'asseoir brusquement ni se forcer à l'excès, car le rectum (karkachta) repose sur trois « dents » [les muscles qui le maintiennent en place], et l'on craint que ces dents du rectum ne se déboîtent [par l'effort] et qu'il n'en vienne à un danger. Rav Houna lui dit : il s'occupe de choses essentielles à la vie de l'être humain, et tu dis qu'il s'occupe de choses banales ?! À plus forte raison [maintenant que je le sais], va chez lui.
אֲמַר לֵיהּ רַב הוּנָא לְרַבָּה בְּרֵיהּ: מַאי טַעְמָא לָא שְׁכִיחַתְּ קַמֵּיהּ דְּרַב חִסְדָּא, דִּמְחַדְּדָן שְׁמַעְתָּתֵיהּ? אֲמַר לֵיהּ: מַאי אֵיזִיל לְגַבֵּיהּ? דְּכִי אָזֵילְנָא לְגַבֵּיהּ מוֹתִיב לִי בְּמִילֵּי דְעָלְמָא. אָמַר לִי: מַאן דְּעָיֵיל לְבֵית הַכִּסֵּא לָא לִיתֵּיב בְּהֶדְיָא, וְלָא לִיטְרַח טְפֵי — דְּהַאי כַּרְכַּשְׁתָּא אַתְּלָת שִׁינֵּי יָתֵיב, דִילְמָא מִשְׁתַּמְטִי שִׁינֵּי דְכַרְכַּשְׁתָּא וְאָתֵי לִידֵי סַכָּנָה. אֲמַר לֵיהּ: הוּא עָסֵיק בְּחַיֵּי דִּבְרִיָּיתָא וְאַתְּ אָמְרַתְּ בְּמִילֵּי דְעָלְמָא?! כׇּל שֶׁכֵּן זִיל לְגַבֵּיהּ.
La Guemara poursuit l'examen de ces halakhot. Rav Houna dit : celui qui [s'est soulagé et] a besoin de s'essuyer, et a devant lui une pierre et un tesson de poterie, s'essuie avec la pierre et ne s'essuie pas avec le tesson [car il pourrait se blesser]. Et Rav 'Hisda dit : il s'essuie avec le tesson et ne s'essuie pas avec la pierre [qui est mouktsé]. La Guemara soulève une objection [à partir d'une baraïta] : s'il avait devant lui une pierre et un tesson, il s'essuie avec le tesson et ne s'essuie pas avec la pierre. C'est là une réfutation décisive de l'opinion de Rav Houna ! Rafram bar Papa l'expliqua devant Rav 'Hisda selon l'opinion de Rav Houna : [la baraïta] ne traite pas de tessons [proprement dits], mais des bords lisses de récipients [qui ne présentent aucun danger].
הָיוּ לְפָנָיו צְרוֹר וָחֶרֶס, רַב הוּנָא אָמַר: מְקַנֵּחַ בַּצְּרוֹר וְאֵין מְקַנֵּחַ בַּחֶרֶס, וְרַב חִסְדָּא אָמַר: מְקַנֵּחַ בַּחֶרֶס וְאֵין מְקַנֵּחַ בַּצְּרוֹר. מֵיתִיבִי: הָיוּ לְפָנָיו צְרוֹר וָחֶרֶס — מְקַנֵּחַ בַּחֶרֶס וְאֵין מְקַנֵּחַ בַּצְּרוֹר, תְּיוּבְתָּא דְרַב הוּנָא! תַּרְגְּמַהּ רַפְרָם בַּר פָּפָּא קַמֵּיהּ דְּרַב חִסְדָּא אַלִּיבָּא דְרַב הוּנָא: בְּאוֹגְנֵי כֵּלִים.
S'il avait devant lui une pierre et des herbes [pour s'essuyer le Chabbat, quelle est la règle ?] Il y a sur ce point une controverse entre Rav 'Hisda et Rav Hamnouna. L'un dit : il s'essuie avec la pierre et ne s'essuie pas avec les herbes ; et l'autre dit : il s'essuie avec les herbes et ne s'essuie pas avec la pierre. La Guemara soulève une objection [à partir d'une baraïta] : celui qui s'essuie avec une matière inflammable, ses dents inférieures [qui maintiennent les intestins en place] tombent ! [Comment alors peut-on s'essuyer avec des herbes ?] La Guemara répond : cela n'est pas une difficulté. Ici [où c'est permis], il s'agit d'herbe humide ; là [où c'est interdit], il s'agit d'herbe sèche.
הָיוּ לְפָנָיו צְרוֹר וַעֲשָׂבִים, רַב חִסְדָּא וְרַב הַמְנוּנָא, חַד אָמַר: מְקַנֵּחַ בַּצְּרוֹר וְאֵין מְקַנֵּחַ בָּעֲשָׂבִים, וְחַד אָמַר: מְקַנֵּחַ בָּעֲשָׂבִים וְאֵין מְקַנֵּחַ בַּצְּרוֹר. מֵיתִיבִי: הַמְקַנֵּחַ בְּדָבָר שֶׁהָאוּר שׁוֹלֶטֶת בּוֹ שִׁינָּיו הַתַּחְתּוֹנוֹת נוֹשְׁרוֹת! לָא קַשְׁיָא: הָא בְּלַחִין, הָא בִּיבֵשִׁין.
La Guemara poursuit l'examen de ce sujet. Au sujet de celui qui a besoin de se soulager et ne le fait pas, il y a une controverse entre Rav 'Hisda et Ravina. L'un dit : un esprit mauvais (roua'h raa) le domine ; et l'autre dit : une odeur de putréfaction (roua'h zouhama) le domine. Il a été enseigné dans une baraïta conformément à celui qui dit qu'une odeur de putréfaction le domine, car il a été enseigné : celui qui a besoin de se soulager et [pourtant] mange, est comparable à un four que l'on a chauffé par-dessus ses cendres ; et c'est là le début de l'odeur de putréfaction.
הַנִּצְרָךְ לִפָּנוֹת וְאֵינוֹ נִפְנֶה, רַב חִסְדָּא וְרָבִינָא, חַד אָמַר: רוּחַ רָעָה שׁוֹלֶטֶת בּוֹ, וְחַד אָמַר: רוּחַ זוּהֲמָא שׁוֹלֶטֶת בּוֹ. תַּנְיָא כְּמַאן דְּאָמַר רוּחַ זוּהֲמָא שׁוֹלֶטֶת בּוֹ, דְּתַנְיָא: הַנִּצְרָךְ לִנְקָבָיו וְאוֹכֵל — דּוֹמֶה לְתַנּוּר שֶׁהִסִּיקוּהוּ עַל גַּב אֶפְרוֹ, וְזוֹ הִיא תְּחִלַּת רוּחַ זוּהֲמָא.
[Au sujet de] celui qui a eu besoin de se soulager et ne parvient pas à se soulager : Rav 'Hisda dit : qu'il se lève et s'asseye, qu'il se lève et s'asseye [de façon répétée]. Rav 'Hanan de Nehardéa dit : qu'il se déplace sur les côtés [et tente de se soulager à un autre endroit]. Rav Hamnouna dit : qu'il manipule une pierre à cet endroit. Et les Sages disent : qu'il détourne sa pensée [vers d'autres sujets]. Rav A'ha, fils de Rava, dit à Rav Achi : mais à plus forte raison, lorsqu'il détourne sa pensée, ne parviendra-t-il pas à se soulager ! Rav Achi lui répondit : qu'il détourne sa pensée d'autres sujets [et qu'il se concentre exclusivement sur son effort]. Rav Yirmeya de Difti dit : moi-même j'ai vu un certain Arabe (tayaa) qui se levait et s'asseyait, se levait et s'asseyait, jusqu'à ce que cela se déverse de lui comme [d']une marmite. [Cette méthode est donc efficace.]
הוּצְרַךְ לִיפָּנוֹת וְאֵינוֹ יָכוֹל לִיפָּנוֹת, אָמַר רַב חִסְדָּא: יַעֲמוֹד וְיֵשֵׁב, יַעֲמוֹד וְיֵשֵׁב. רַב חָנָן מִנְּהַרְדְּעָא אָמַר: יִסְתַּלֵּק לִצְדָדִין. רַב הַמְנוּנָא אָמַר: יְמַשְׁמֵשׁ בִּצְרוֹר בְּאוֹתוֹ מָקוֹם. וְרַבָּנַן אָמְרִי: יַסִּיחַ דַּעְתּוֹ. אֲמַר לֵיהּ רַב אַחָא בְּרֵיהּ דְּרָבָא לְרַב אָשֵׁי: כׇּל שֶׁכֵּן דְּכִי מַסַּח דַּעְתֵּיהּ לָא מִפְּנֵי! אֲמַר לֵיהּ: יַסִּיחַ דַּעְתּוֹ מִדְּבָרִים אֲחֵרִים. אָמַר רַב יִרְמְיָה מִדִּיפְתִּי: לְדִידִי חֲזֵי לִי הַהוּא טַיָּיעָא דְּקָם וְיָתֵיב וְקָם וְיָתֵיב עַד דְּשָׁפֵךְ כְּקִדְרָה.
Nos maîtres ont enseigné dans une baraïta : celui qui veut entrer et prendre un repas régulier [destiné à durer un certain temps] doit parcourir une distance de quatre amot dix fois — et certains disent : dix amot quatre fois — [afin d'accélérer le mouvement des entrailles], puis se soulager, puis entrer et s'asseoir à sa place.
תָּנוּ רַבָּנַן: הַנִּכְנָס לִסְעוּדַת קֶבַע, יְהַלֵּךְ עֶשֶׂר פְּעָמִים שֶׁל אַרְבַּע [אַרְבַּע] אַמּוֹת, וְאָמְרִי לַהּ: אַרְבַּע פְּעָמִים שֶׁל עֶשֶׂר עֶשֶׂר אַמּוֹת, וְנִפְנֶה, וְנִכְנָס וְיֹשֵׁב בִּמְקוֹמוֹ.
Mishna 1
MICHNA. [Celui qui transporte au-dehors le Chabbat] un tesson de poterie [est passible] dans une mesure équivalente à celle qui sert à placer entre une poutre et sa voisine [empilées au sol pour les caler] ; telles sont les paroles de Rabbi Yehouda. Rabbi Méir dit : dans une mesure équivalente à celle qui sert à attiser le feu avec lui. Rabbi Yossi dit : dans une mesure équivalente à celle qui sert à contenir un revi'it [de liquide]. Rabbi Méir dit : bien qu'il n'y ait pas de preuve à la chose, il y a une allusion à la chose [dans l'Écriture], comme il est dit : « …et il n'en restera, parmi ses débris, pas un tesson pour racler du feu au foyer » (Isaïe 30, 14). Rabbi Yossi lui dit : est-ce de là une preuve ? [Le verset conclut :] « …ou pour puiser de l'eau à la citerne » [ce qui indique que le tesson n'a d'importance que s'il est assez grand pour contenir de l'eau].
מַתְנִי׳ חֶרֶס — כְּדֵי לִיתֵּן בֵּין פַּצִּים לַחֲבֵרוֹ, דִּבְרֵי רַבִּי יְהוּדָה. רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: כְּדֵי לַחְתּוֹת בּוֹ אֶת הָאוּר. רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: כְּדֵי לְקַבֵּל בּוֹ רְבִיעִית. אָמַר רַבִּי מֵאִיר: אַף עַל פִּי שֶׁאֵין רְאָיָה לַדָּבָר, זֵכֶר לַדָּבָר: ״לֹא יִמָּצֵא בִמְכִתָּתוֹ חֶרֶשׂ לַחְתּוֹת אֵשׁ מִיָּקוּד״. אָמַר לוֹ רַבִּי יוֹסֵי: מִשָּׁם רְאָיָה? ״וְלַחְשׂוֹף מַיִם מִגֶּבֶא״.(משנה)
Guémara
GUEMARA. Une question fut posée devant les Sages : la mesure énoncée par Rabbi Méir est-elle la plus grande, ou bien la mesure énoncée par Rabbi Yossi est-elle la plus grande ? [La Guemara répond :] par le raisonnement, la mesure de Rabbi Yossi est la plus grande ; mais d'après le verset, il apparaît que c'est la mesure de Rabbi Méir qui est la plus grande. Car s'il te venait à l'esprit que la mesure de Rabbi Yossi [pour le tesson] est la plus grande, le prophète le maudirait-il d'abord [en disant] qu'un petit récipient ne se trouvera pas, puis le maudirait-il [ensuite en disant] qu'un grand récipient ne se trouvera pas ?! Abayé dit : la Michna [elle aussi parle d'un grand tesson], [car « racler] du feu » se rapporte à un grand brasier [de sorte que, même dans la Michna, la mesure de Rabbi Méir est la plus grande].
גְּמָ׳ אִיבַּעְיָא לְהוּ: שִׁיעוּרָא דְרַבִּי מֵאִיר נְפִישׁ, אוֹ שִׁיעוּרָא דְרַבִּי יוֹסֵי נְפִישׁ? מִסְּבָרָא — שִׁיעוּרָא דְרַבִּי יוֹסֵי נְפִישׁ, וּמִקְּרָא — שִׁיעוּרָא דְרַבִּי מֵאִיר נְפִישׁ. דְּאִי סָלְקָא דַּעְתָּךְ שִׁיעוּרָא דְרַבִּי יוֹסֵי נְפִישׁ, לָיֵיט לַהּ בְּמָנָא זוּטְרָא, וַהֲדַר לָיֵיט לַהּ בְּמָנָא רַבָּה?! אָמַר אַבָּיֵי: [מַתְנִיתִין נָמֵי] לַחְתּוֹת אֵשׁ מִיקִידָה גְּדוֹלָה.
[Nous avons appris dans la MISHNA :] Rabbi Yossi lui dit : est-ce de là une preuve ? [Il tire preuve pour son opinion de la conclusion de ce même verset.] La Guemara remarque : Rabbi Yossi a bien parlé à Rabbi Méir ! Et [comment] Rabbi Méir [répond-il à cette preuve] ? Il dit [que le verset] est formulé selon le style de « il n'est pas besoin de dire » (lo mibaaya) : il n'est pas besoin de dire qu'une chose qui a de la valeur pour les gens [un grand tesson pour attiser le feu] ne se trouvera pas, mais même une chose qui n'a pas de valeur pour les gens [un tesson pour puiser de l'eau] ne se trouvera pas. [Ainsi la conclusion du verset ne contredit pas l'opinion de Rabbi Méir.]
רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: מִשָּׁם רְאָיָה. שַׁפִּיר קָאָמַר לֵיהּ רַבִּי יוֹסֵי לְרַבִּי מֵאִיר! וְרַבִּי מֵאִיר ״לָא מִיבַּעְיָא״ קָאָמַר: לָא מִיבַּעְיָא מִידֵּי דַּחֲשִׁיב לְאִינָשֵׁי דְּלָא לִישְׁתְּכַח לֵיהּ, אֶלָּא אֲפִילּוּ מִידֵּי דְּלָא חֲשִׁיב לְאִינָשֵׁי לָא לִישְׁתְּכַח לֵיהּ.
Nous avons achevé [le chapitre] « Celui qui transporte du vin » (Hadran alakh « HaMotsi yayin »).
הדרן עלך המוציא יין
Mishna 2
MICHNA. Rabbi Akiva dit : d'où [sait-on] que l'idolâtrie (avoda zara) — par exemple la statue d'une divinité — transmet l'impureté par le port [même lorsque celui qui la porte n'entre pas en contact avec elle], tout comme une femme nidda ? Comme il est dit : « Tu rendras impurs le revêtement d'argent de tes statues et le placage d'or de tes idoles ; tu les jetteras comme une [femme] souillée (dava), tu lui diras : sors ! » (Isaïe 30, 22). De même qu'une femme nidda transmet l'impureté par le port, de même l'idolâtrie transmet l'impureté par le port.
מַתְנִי׳ אָמַר רַבִּי עֲקִיבָא: מִנַּיִין לַעֲבוֹדָה זָרָה שֶׁמְּטַמְּאָה בְּמַשָּׂא כְּנִדָּה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״תִּזְרֵם כְּמוֹ דָוָה צֵא תֹּאמַר לוֹ״ — מָה נִדָּה מְטַמְּאָה בְּמַשָּׂא, אַף עֲבוֹדָה זָרָה מְטַמְּאָה בְּמַשָּׂא.
Shabbat 82a
100%
שבת פ״ב אמַסֶּכֶת שַׁבָּת