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Traité Shabbat

80b

Étude de Shabbat 80b

Étude de la Mishna & Guémara 80b

Nos maîtres ont enseigné [tanou rabbanan] : celui qui transporte [d'un domaine à l'autre le Chabbat] des cheveux est passible [d'une faute] pour une quantité équivalente à ce qui sert à pétrir avec eux de l'argile — car on mêlait des cheveux à l'argile pour la renforcer. La quantité qui détermine la culpabilité pour le transport d'argile [tit] est ce qui suffit à façonner l'embouchure d'un creuset [pi kour] d'orfèvres travaillant l'or.
תָּנוּ רַבָּנַן: הַמּוֹצִיא שֵׂיעָר כְּדֵי לְגַבֵּל בּוֹ אֶת הַטִּיט. [טִיט] לַעֲשׂוֹת פִּי כוּר שֶׁל צוֹרְפֵי זָהָב.
Nous avons appris dans la michna : la quantité qui détermine la culpabilité pour le transport de chaux [sid] est l'équivalent de ce qui sert à enduire [comme dépilatoire]. Un tanna a enseigné dans une Tossefta : une quantité équivalente à ce qui sert à enduire le petit doigt de la plus jeune des filles — qui utilisait la chaux pour adoucir et embellir la peau. Rav Yehouda a dit au nom de Rav qu'à l'origine la chaux servait à un autre usage : on l'employait pour les filles d'Israël parvenues à la maturité physique mais n'ayant pas encore atteint l'âge [requis pour le mariage], ainsi que pour les femmes qui cherchaient à ôter leurs poils par souci esthétique. On enduisait les filles des pauvres de chaux [sid] ; on enduisait les filles des riches de fleur de farine [solet] ; on enduisait les filles des rois d'huile de myrrhe [chémen hamor], comme il est dit : « car ainsi s'accomplissaient les jours de leur épilation : six mois avec de l'huile de myrrhe » (Esther 2, 12). La Guemara demande : qu'est-ce que l'huile de myrrhe [chémen hamor] ? Rav Houna bar 'Hiyya a dit : c'est le sétakhèt. Rav Yirmeya bar Abba a dit : c'est de l'huile d'olive extraite d'une olive n'ayant pas encore atteint un tiers de sa croissance — cette huile acide agit comme dépilatoire. Il a été enseigné dans une baraïta : Rabbi Yehouda dit que l'anpiknon est de l'huile d'olive provenant d'une olive n'ayant pas atteint un tiers de sa croissance. Et pourquoi en enduit-on le corps ? Parce qu'elle ôte les poils et adoucit la peau.
סִיד כְּדֵי לָסוּד. תָּנָא: כְּדֵי לָסוּד אֶצְבַּע קְטַנָּה שֶׁבַּבָּנוֹת. אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: בְּנוֹת יִשְׂרָאֵל שֶׁהִגִּיעוּ לְפִירְקָן וְלֹא הִגִּיעוּ [לְשָׁנִים], בְּנוֹת עֲנִיִּים — טוֹפְלוֹת אוֹתָן בְּסִיד. בְּנוֹת עֲשִׁירִים — טוֹפְלוֹת אוֹתָן בְּסוֹלֶת, בְּנוֹת מְלָכִים — טוֹפְלוֹת אוֹתָן בְּשֶׁמֶן הַמּוֹר, שֶׁנֶּאֱמַר: ״שִׁשָּׁה חֳדָשִׁים בְּשֶׁמֶן הַמּוֹר״. מַאי שֶׁמֶן הַמּוֹר? רַב הוּנָא בַּר חִיָּיא אָמַר: סְטָכַת. רַב יִרְמְיָה בַּר אַבָּא אָמַר: שֶׁמֶן זַיִת שֶׁלֹּא הֵבִיא שְׁלִישׁ. תַּנְיָא, רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אַנְפִּיקְנוּן — שֶׁמֶן זַיִת שֶׁלֹּא הֵבִיא שְׁלִישׁ. וְלָמָּה סָכִין אוֹתוֹ — שֶׁמַּשִּׁיר אֶת הַשֵּׂיעָר וּמְעַדֵּן הַבָּשָׂר.
À propos de la chaux, la Guemara rapporte : Rav Beïvaï avait une fille. Il l'enduisit de chaux membre par membre [petit à petit] et, de ce fait, elle devint si belle que, lorsqu'il la maria, il reçut pour elle quatre cents zouz de cadeaux, en sus de sa dot. Il y avait dans le voisinage de Rav Beïvaï un certain non-Juif. Il avait une fille et voulut faire de même. Il enduisit de chaux son corps entier en une seule fois, et elle mourut. Il dit : Rav Beïvaï a tué ma fille. Rav Na'hman a dit : Rav Beïvaï, qui boit de la bière [chikhra], ses filles ont besoin d'être enduites de chaux — car la bière fait pousser les poils ; nous, qui ne buvons pas de bière, nos filles n'ont pas besoin d'être enduites de chaux.
רַב בִּיבִי הַוְיָא לֵיהּ בְּרַתָּא, טַפְלַהּ אֵבֶר אֵבֶר, שְׁקַל בָּהּ אַרְבַּע מֵאָה זוּזֵי. הֲוָה הָהוּא גּוֹי בְּשִׁבָבוּתֵיהּ. הַוְיָא לֵיהּ בְּרַתָּא, טַפְלַהּ בְּחַד זִימְנָא וּמֵתָה. אֲמַר: קְטַל רַב בִּיבִי לִבְרַתִּי. אָמַר רַב נַחְמָן: רַב בִּיבִי דְּשָׁתֵי שִׁיכְרָא — בָּעֲיָין בְּנָתֵיהּ טִפְלָא, אֲנַן דְּלָא שָׁתֵינַן שִׁיכְרָא — לָא בָּעֲיָין בְּנָתַן טִפְלָא.
Nous avons appris dans la michna : Rabbi Yehouda dit : une quantité équivalente à ce qui sert à enduire la tempe [kilkoul] pour que [les poils] restent couchés. [Rabbi Ne'hemya dit : une quantité équivalente à ce qui sert à enduire l'andifi pour ôter les poils fins.] La Guemara demande : qu'est-ce que le kilkoul et qu'est-ce que l'andifi ? Rav a dit : la tempe [tsida] et la zone située au-dessous de la tempe [bat tsida]. La Guemara demande : cela revient-il à dire que la mesure de Rabbi Yehouda est plus grande ? Or nous tenons pour établi que c'est la mesure des Sages qui est la plus grande ! La Guemara répond : la mesure de Rabbi Yehouda est plus petite que celle des Sages et plus grande que celle de Rabbi Ne'hemya. La Guemara soulève une objection à partir d'une baraïta où Rabbi [Yehouda HaNassi] a dit : la position de Rabbi Yehouda et sa mesure paraissent justes s'agissant de chaux dissoute [délayée dans beaucoup d'eau], et la position de Rabbi Ne'hemya paraît juste s'agissant de blocs [grumeaux] de chaux. Or, s'il te venait à l'esprit que ces termes [kilkoul et andifi] désignent la tempe et la zone située au-dessous de la tempe, alors ce qu'on enduit sur l'une, le kilkoul, et ce qu'on enduit sur l'autre, l'andifi, se rapporteraient tous deux à de la chaux dissoute [et la distinction de Rabbi n'aurait pas de sens]. Plutôt, Rabbi Yits'hak a dit que l'on disait à l'école de Rabbi Ami : quand [Rabbi] Ne'hemya a dit andifi, il entendait a'andifa, c'est-à-dire la chaux dont on enduit l'intérieur des récipients de terre cuite contenant du vin.
רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר כְּדֵי לָסוּד כִּלְכּוּל. מַאי כִּלְכּוּל וּמַאי אַנְדִּיפֵי? אָמַר רַב: צִידְעָא וּבַת צִידְעָא. לְמֵימְרָא דְּשִׁיעוּרָא דְרַבִּי יְהוּדָה נְפִישׁ? הָא קַיְימָא לַן דְּשִׁיעוּרָא דְרַבָּנַן נְפִישׁ! זוּטָא מִדְּרַבָּנַן, וּנְפִישׁ מִדְּרַבִּי נְחֶמְיָה. מֵיתִיבִי, אָמַר רַבִּי: נִרְאִין דִּבְרֵי רַבִּי יְהוּדָה בְּחָבוּט, וְדִבְרֵי רַבִּי נְחֶמְיָה בְּבֵיצַת הַסִּיד. וְאִי סָלְקָא דַעְתָּךְ צִידְעָא וּבַת צִידְעָא, אִידֵּי וְאִידֵּי חָבוּט? אֶלָּא אָמַר רַבִּי יִצְחָק, אָמְרִי דְּבֵי רַבִּי אַמֵּי — אַאַנְדִּיפָא.
Rav Kahana objecta vigoureusement à cela : un homme transforme-t-il donc son argent en pure perte [anparot] ?! [Car en agissant ainsi, il gâterait à la fois la chaux et le vin.] Plutôt, Rav Kahana a dit : cette chaux n'est pas placée à l'intérieur du récipient, mais elle sert à tracer des graduations sur l'extérieur du récipient pour en mesurer le contenu, comme nous l'avons appris dans une michna : au Temple, il y avait des graduations [chnatot] sur le récipient du hin pour mesurer le vin. Elles indiquaient : lorsqu'il est rempli jusqu'ici, telle est la mesure de vin requise pour la libation du sacrifice d'un taureau [un demi-hin] ; lorsqu'il est rempli jusqu'ici, la mesure de vin requise pour la libation du sacrifice d'un bélier [un tiers de hin] ; lorsqu'il est rempli jusqu'ici, la mesure de vin requise pour la libation du sacrifice d'un agneau [un quart de hin]. Et si tu veux, dis plutôt : qu'est-ce que l'andifa ? C'est le front [apouta] sur lequel on enduit la chaux — non pour ôter des poils, mais pour adoucir et embellir la peau ; une chaux épaisse peut servir à cet usage. Et une preuve en est rapportée d'un certain Galiléen [bar Galil] qui se trouva venir à Babylone, et à qui l'on dit : lève-toi et enseigne-nous l'œuvre ésotérique du Char divin [Maassé Merkava]. Il leur répondit : je vais vous l'enseigner comme Rabbi Ne'hemya l'a enseigné à son collègue. Alors un frelon [araïta] sortit du mur, le piqua au front [andifi], et il mourut. Il apparaît donc qu'andifi signifie le front. Et au sujet de l'incident lui-même, on dit de lui, par jeu de mots : de ce qui était sien, cela lui advint [min dilé da lé] — il fut châtié pour son arrogance d'avoir voulu enseigner publiquement le Maassé Merkava.
מַתְקִיף לַהּ רַב כָּהֲנָא: וְכִי אָדָם עוֹשֶׂה מְעוֹתָיו אַנְפָּרוֹת?! אֶלָּא אָמַר רַב כָּהֲנָא: שְׁנָתוֹת. כְּדִתְנַן: שְׁנָתוֹת הָיוּ בַּהִין — עַד כָּאן לַפָּר, עַד כָּאן לָאַיִל, עַד כָּאן לַכֶּבֶשׂ. וְאִיבָּעֵית אֵימָא: מַאי ״אַנְדִּיפָא״ — אַפּוּתָא. וְכִי הָא דְּהָהוּא בַּר גָּלִיל [דְּאִיקְּלַע לְבָבֶל], דַּאֲמַרוּ לֵיהּ: קוּם דְּרוֹשׁ לַנָא בְּ״מַעֲשֵׂה מֶרְכָּבָה״. אֲמַר לְהוּ: אֶדְרוֹשׁ לְכוּ כְּדִדְרַשׁ רַבִּי נְחֶמְיָה לְחַבְרֵיהּ. וּנְפַקָא עָרָעִיתָא מִן כּוּתְלָא וּמְחָתֵיהּ בְּאַנְדִּיפֵי וּמִית. וַאֲמַרוּ לֵיהּ: מִן דִּילֵיהּ דָּא לֵיהּ.
Mishna 1
MICHNA : la quantité qui détermine la culpabilité pour le transport de terre [adama] le Chabbat est l'équivalent du sceau des grands sacs [marak ; on scellait avec de la terre l'ouverture des sacs pour qu'une éventuelle effraction soit visible] ; telle est la parole de Rabbi Akiva. Et les Sages disent : la quantité rendant passible est bien moindre, l'équivalent du sceau des lettres [missives]. La quantité qui détermine la culpabilité pour le transport de fumier [zével] et de sable fin est l'équivalent de ce qui sert à fumer une seule tige de chou [kéla'h chel kérouv] ; telle est la parole de Rabbi Akiva. Et les Sages disent : la quantité qui détermine la culpabilité pour son transport est l'équivalent de ce qui sert à fumer un poireau [kréïcha], ce qui est moindre que pour le chou. La quantité qui détermine la culpabilité pour le transport de sable grossier [gros] est l'équivalent de ce qui sert à mettre sur une cuillerée pleine de chaux. [La quantité pour le transport d']un roseau [kané] est l'équivalent de ce qui sert à confectionner une plume à écrire [koulmos]. Et si le roseau était épais — [impropre à l'écriture] — ou fendu en éclats, sa mesure de culpabilité est l'équivalent de ce qui sert à cuire l'œuf le plus facile à cuire d'entre les œufs, déjà battu et placé dans une marmite [ilpas].
מַתְנִי׳ אֲדָמָה — כְּחוֹתַם הַמַּרְצוּפִין, דִּבְרֵי רַבִּי עֲקִיבָא. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: כְּחוֹתַם הָאִיגְּרוֹת. זֶבֶל וָחוֹל הַדַּק — כְּדֵי לְזַבֵּל קֶלַח שֶׁל כְּרוּב, דִּבְרֵי רַבִּי עֲקִיבָא. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: כְּדֵי לְזַבֵּל כְּרֵישָׁא. חוֹל הַגַּס — כְּדֵי לִיתֵּן עַל מְלֹא כַּף סִיד. קָנֶה — כְּדֵי לַעֲשׂוֹת קוּלְמוֹס. וְאִם הָיָה עָבֶה אוֹ מְרוּסָּס — כְּדֵי לְבַשֵּׁל בּוֹ בֵּיצָה קַלָּה שֶׁבַּבֵּיצִים, טְרוּפָה וּנְתוּנָה בָּאִילְפָּס.(משנה)
Guémara
GUEMARA : nous avons appris dans la michna [que la mesure du sable grossier est l'équivalent de ce qui sert à mettre] sur une cuillerée pleine de chaux. Un tanna a enseigné dans une Tossefta : une quantité équivalente à ce qui se place sur le bord de la truelle [kaf] des plâtriers, et non sur une cuillère servant à manger. La Guemara demande : quel est le tanna qui tient que le sable est bénéfique au plâtre [à la chaux] et qu'on l'y mélange donc ? Rav 'Hisda a dit : c'est Rabbi Yehouda, comme il a été enseigné dans une baraïta : [en deuil de la destruction du Temple,] un homme ne plâtrera pas sa maison à la chaux [qui est blanche], à moins d'y avoir mêlé de la paille ou du sable [ce qui rendra la teinte moins blanche et moins flatteuse]. Rabbi Yehouda dit : la paille est permise, mais le sable est interdit, parce que, mêlé au plâtre, il forme un ciment blanc [térakhsid]. Rabbi Yehouda tient donc que l'on mélange ordinairement le sable au plâtre. Rava a dit : même si tu dis que notre michna suit l'avis des Sages qui sont en désaccord avec Rabbi Yehouda, nous pouvons dire que sa détérioration est précisément son amélioration. Même si les Sages tiennent que mêler du sable au plâtre n'est pas bénéfique, puisque, après la destruction du Temple, seul un plâtre partiellement gâté peut être utilisé, l'ajout de sable au plâtre permet justement de l'employer.
גְּמָ׳ עַל מְלֹא כַּף סִיד. תָּנָא: כְּדֵי לִיתֵּן עַל פִּי כַּף שֶׁל סַיָּידִין. מַאן תְּנָא דְּחוֹל מְעַלֵּי לֵיהּ לְסִיד? אָמַר רַב חִסְדָּא: רַבִּי יְהוּדָה הִיא, דְּתַנְיָא: לֹא יָסוּד אָדָם אֶת בֵּיתוֹ בְּסִיד, אֶלָּא אִם כֵּן עֵירַב בּוֹ תֶּבֶן אוֹ חוֹל. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: תֶּבֶן מוּתָּר, חוֹל אָסוּר — מִפְּנֵי שֶׁהוּא טְרַכְסִיד. רָבָא אָמַר: אֲפִילּוּ תֵּימָא רַבָּנַן — קִילְקוּלוֹ זֶהוּ תִּיקּוּנוֹ.
[La michna a enseigné :] « un roseau, l'équivalent de ce qui sert à confectionner une plume à écrire [koulmos] », etc. ; la taille de la plume n'a pas été précisée. Un tanna a enseigné dans une Tossefta : il s'agit d'une plume qui atteint les jointures de ses doigts. Rav Achi posa un dilemme : s'agit-il de la jointure supérieure des doigts ou de la jointure inférieure ? Aucune résolution ne fut trouvée à ce dilemme — qu'il demeure donc non tranché [téïkou].
קָנֶה כְּדֵי לַעֲשׂוֹת קוּלְמוֹס. תָּנָא: קוּלְמוֹס הַמַּגִּיעַ לְקִשְׁרֵי אֶצְבְּעוֹתָיו. בָּעֵי רַב אָשֵׁי: קֶשֶׁר הָעֶלְיוֹן אוֹ קֶשֶׁר הַתַּחְתּוֹן? תֵּיקוּ.
[La michna a enseigné :] « et si [le roseau] était épais », etc. [il est considéré comme combustible, et sa mesure de culpabilité est l'équivalent de ce qui sert à cuire un œuf battu]. Un tanna a enseigné dans une Tossefta : « battu » signifie battu dans l'huile et placé dans une marmite [ilpas]. Mar, fils de Ravina, dit à son fils : as-tu appris ce qu'est « l'œuf facile à cuire » ? Il lui répondit : c'est l'œuf de la tourterelle [tsiltsla]. Il demanda à son père : quelle en est la raison ? Est-ce parce qu'il est petit ? Si c'est le cas, dis [plutôt] l'œuf du moineau [tsipparta] ! Il resta silencieux, sans explication. Il demanda ensuite à son père : as-tu appris quelque chose à ce sujet ? Il lui répondit : ainsi a dit Rav Chéchet : il s'agit de l'œuf de poule. Et quelle est la raison pour laquelle on l'appelle « l'œuf facile à cuire » ? Parce que les Sages ont estimé qu'il n'y a pas d'œuf plus facile à cuire que l'œuf de poule. Il demanda à son père : et qu'y a-t-il de différent dans cette mesure ? Toutes les mesures des travaux interdits le Chabbat concernant la nourriture sont d'un volume de figue sèche [grogéret], et ici la mesure serait celle d'un œuf facile à cuire ? Il lui répondit : ainsi a dit Rav Na'hman : on est passible pour le transport d'un volume de figue sèche [pris] d'un œuf facile à cuire — et non pour l'œuf entier.
וְאִם הָיָה עָבֶה כּוּ׳. תָּנָא: טְרוּפָה בְּשֶׁמֶן וּנְתוּנָה בָּאִילְפָּס. אֲמַר לֵיהּ מָר בְּרֵיהּ דְּרָבִינָא לִבְרֵיהּ: מִי שְׁמִיעַ לָךְ בֵּיצָה קַלָּה מַאי הִיא? אֲמַר לֵיהּ: בֵּיעֲתָא דְצִילְצְלָא. מַאי טַעְמָא — מִשּׁוּם דְּזוּטְרָא? אֵימָא: דְּצִיפַּרְתָּא! אִישְׁתִּיק. אֲמַר לֵיהּ: מִידֵּי שְׁמִיעַ לָךְ בְּהָא? [אֲמַר לֵיהּ: הָכִי] אָמַר רַב שֵׁשֶׁת: בֵּיצַת תַּרְנְגוֹלֶת. וּמַאי קָרוּ לַהּ ״בֵּיצָה קַלָּה״ — שִׁיעֲרוּ חֲכָמִים, אֵין לָךְ בֵּיצָה קַלָּה לְבַשֵּׁל יוֹתֵר מִבֵּיצַת תַּרְנְגוֹלֶת. וּמַאי שְׁנָא כׇּל שִׁיעוּרֵי שַׁבָּת כִּגְרוֹגֶרֶת וְהָכָא כְּבֵיצָה? אֲמַר לֵיהּ, הָכִי אָמַר רַב נַחְמָן: כִּגְרוֹגֶרֶת מִבֵּיצָה קַלָּה.

Rachi

שיער - יפה לטיט:,ה"ג טיט כדי לעשות פי כור של צורפי זהב:

אצבע קטנה - דרכן לסוד את כל הגוף להאדים:,שהגיעו לפרקן ולא הגיעו - שהביאו שתי שערות ולא באו לכלל שנים הראויות לכך ומתביישות בדבר:,טופלות - מושחות:,אנפיקנון - דתנן במנחות (דף פה:) אין מביאין אנפיקנון הוא שמן זית שלא הביא שליש:,ולמה סכין אותו - היינו שמן המור:

טפלה - בסיד:,שקל בה ד' מאות זוזי - שנתייפה וקפצו עליה המהוגנין לה ונתנו (לה) ממון:,השכר משחיר ומרבה שיער:

כלכול צידעא - טינפל"א וסדין אותה להשכיב השיער:,בת צידעתא - למטה הימנה להסיר שיער דק והוא אנדיפי:,למימרא דשיעורה דר' יהודה נפיש - בתמיה והא קיימא לן גבי גמי דשיעורה דרבי יהודה זוטר ומחמיר בשיעורי שבת:,ומשני נפיש מדר' נחמיה וזוטר מדרבנן - דאמרי לסוד אצבע קטנה:,בחבוט - סיד הנימוח במים הרבה דהוא עשוי לסוד כלכול:,ודברי רבי נחמיה בביצת הסיד - הנגבל במים ועשוי ביצים ביצים מוטנ"ס בלע"ז הוא עשוי לסוד אנדיפי ואי ס"ד אנדיפי נמי שיעור הוא כגון בת צידעא:,אידי ואידי - כלכול ואנדיפי תרווייהו בסיד חבוט ונמוח סדין אותו:,אנדיפא - כלי חרס ולו שני דדין אחת למעלה ואחת למטה וכשרוצה למלאותו סותם את הדד התחתון ולשון אנדיפי שתי פיות כדתניא (עירובין דף קד.) מעלין בדיופי ובתוספתא גרס באנדיפי:

אנפרות - הפסד לשום יין בכלי סתום בסיד והיין ממחה הסיד ויוצא:,שנתות - סימנים כלי חרס גדול ויש בו בליטות בליטות כמין אגוזים קטנים עד כאן לסאה עד כאן לסאתים וסדין אותו בסיד כדי שיהיו לבנות ונכרות:,כדתנן - במנחות שנתות היו בהין:,עד כאן לפר - חצי ההין:,עד כאן לאיל - שלישית ההין:,עד כאן לכבש - רביעית ההין דכתיב חצי ההין יהיה לפר וגו' כן לשון מורי הזקן מפי אביו ששמע מר' שמעון ורבותי מפרשים אנדיפא כל הגוף ומתוך שאינו עשוי להשכיב השיער אלא להאדים בעי סיד עב:,אנפרות - שאינו סד בו בתו לאחר שקנאו דחייש שמא תמות כי ברתיה דההוא נכרי:,שנתות - כלומר אבר אבר יטפלנה ואי אפשר בלשון זה ולא נאמר שיטת הש"ס כן להזכיר אבר אבר בלשון שנתות ויצטרך להביא פירוש לפירושו שנתות היו בהין:,אפותא - פדחת שלא במקום שיער ולהאדים:,ערעיתא - צירעה:,באנדיפי - פדחתו:,מן דיליה דא ליה - מידו היתה זאת לו שלא היה לו לדרוש במרכבה:

מתני' אדמה - ארזילי"י:,מרצופין - שקין העשוין מקליפת עץ גדול שנושאין בהן פרקמטיא בספינות וחותמין אותם:,כחותם האיגרות - שחותמין אותם שלא יקרב איש בהן אלא מי שנשתלחו לו ושיעורא דרבנן זוטר:,כרישא - קפלוט ושיעוריה זוטר משל כרוב:,על מלא כף סיד - בגמרא מפרש כף של סיידין טרואי"ל בלע"ז:,מרוסס - סדוק סדקין הרבה כמו והכה הבית הגדול רסיסים (עמוס ו׳:י״א):,ביצה קלה - בגמרא מפרש לה:

גמ' לא יסוד אדם את ביתו בסיד - לאחר חורבן משום אבילות של ירושלים:,תבן או חול - שלא יהא לבן כל צרכו:,טרכסיד - סיד חזק ומתקשה יותר משאם לא עירב בו:,קילקולו זהו תיקונו - דאי לאו דמקלקל ליה ומשחירו לא היה מישתרי הלכך ע"כ הא דקשיא ליה מעליותא היא לגביה ומשערינן ביה ורבותי מפרשין קילקולו לובן זה תיקונו לענין חוזק ולא נהירא לי דקילקולו זהו תקונו משמע דשם הקלקול מתקנו ולהאי לישנא אין שם הקלקול מתקנו ולמה הוזכר קילקול כאן הכי הוה [ליה] לתרוצי נהי דאשחורי משחיר אחזוקי מחזיק:

קשר עליון - של אמצע היד או קשר תחתון של אמצע האצבע:

טרופה בשמן - שממהרת לבשלה:,דצילצלתא - עוף קטן:,כל שיעורי שבת - באוכלין וכל הוצאתן וקצירתן וטחינתן כגרוגרת:,כגרוגרת - מביצת תרנגולת שהיא ממהרת לבשל ולא כביצה שלימה שעורו:

Tossafot

המוציא שיער כדי לגבל בו את הטיט טיט כדי לעשות פי כור כן גרס בתוספתא וכן גרס רש"י ולהך גירסא שיער כדי לגבל בו את הטיט כשיעור טיט הנעשה מרביעית שופכין אבל לספרים דגרסי שיער כדי לגבל בו טיט לעשות פי כור של צורפי זהב קשה דאמר לעיל אין אדם טורח לגבל טיט כדי לעשות פי כור ויש לפרש דמיירי בטיט שהוא מגובל כבר ואחר הגיבול נותנין בו שיער כדי לתקנו:

שהגיעו לפירקן ולא הגיעו - פירוש בסמוך לפירקן שקרובות להנשא ועושות כדי ליפות וללבן עצמן כדאמרינן בפרק אע"פ (כתובות דף נט:) הרוצה ללבן את בתו ישקנה חלב ויאכילנה אפרוחין סמוך לפירקה:

Texte : Sefaria — William Davidson Edition - Vocalized Aramaic · traduction française de travail, à valider.

Shabbat 80b
100%
שבת פ׳ במַסֶּכֶת שַׁבָּת