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Traité Shabbat

80a

Étude de Shabbat 80a

Étude de la Guémara 80a

Guémara
Un tanna a enseigné dans une Tossefta : la mesure qui rend passible [de sanction] pour avoir transporté de l'encre (dyo) équivaut à ce qui sert à écrire deux lettres lorsqu'il transporte de l'encre sèche, deux lettres lorsque l'encre est dans la plume (koulmos), et deux lettres dans l'encrier (kalmarin). Rava posa un dilemme : quelle est la halakha si quelqu'un a transporté assez d'encre pour écrire une lettre sous forme d'encre sèche, assez pour écrire une lettre dans la plume, et assez pour écrire une lettre dans l'encrier ? [Ces quantités] se joignent-elles pour constituer la mesure de culpabilité, ou chacune est-elle considérée séparément ? Aucune solution ne fut trouvée à ce dilemme. Que la question reste donc en suspens (teikou).
תָּנָא: שְׁתֵּי אוֹתִיּוֹת בִּדְיוֹ, שְׁתֵּי אוֹתִיּוֹת בְּקוּלְמוֹס, שְׁתֵּי אוֹתִיּוֹת בְּקַלְמָרִין. בָּעֵי רָבָא: אוֹת אַחַת בִּדְיוֹ, אוֹת אַחַת בְּקוּלְמוֹס, אוֹת אַחַת בְּקַלְמָרִין, מַהוּ? תֵּיקוּ.
Rava dit : celui qui a transporté le Chabbat une quantité d'encre équivalant à ce qui sert à écrire deux lettres, et qui a écrit ces deux lettres tout en marchant, est passible [de sanction] pour avoir transporté l'encre, même s'il n'a pas déposé la matière écrite [dans le domaine public] : leur écriture est leur déposition (ketivatan zo hi hana'hatan). Il est passible même sans avoir posé l'encre à terre. Et Rava dit : celui qui a transporté assez d'encre pour écrire une lettre et l'a écrite, puis a recommencé et transporté assez d'encre pour écrire encore une lettre et l'a écrite, est exempt. Quelle en est la raison ? Au moment où il a transporté la dernière [goutte d'encre], la mesure de la première lui faisait déjà défaut.
אָמַר רָבָא: הוֹצִיא שְׁתֵּי אוֹתִיּוֹת וּכְתָבָן כְּשֶׁהוּא מְהַלֵּךְ — חַיָּיב, כְּתִיבָתָן זוֹ הִיא הַנָּחָתָן. וְאָמַר רָבָא: הוֹצִיא אוֹת אַחַת וּכְתָבָהּ, וְחָזַר וְהוֹצִיא אוֹת אַחַת וּכְתָבָהּ — פָּטוּר. מַאי טַעְמָא? בְּעִידָּנָא דְּאַפְּקַהּ לְבָתְרָיְיתָא, חֲסַר לֵיהּ שִׁיעוּרָא דְקַמַּיְיתָא.
Et Rava dit, à propos d'un cas semblable : celui qui a transporté le Chabbat une moitié de figue sèche (gerogeret) et l'a déposée dans un autre domaine, puis a recommencé et transporté une autre moitié de figue sèche et l'a déposée, la première devient comme une [moitié] qu'un chien aurait happée ou qui aurait brûlé, et il est exempt — car il n'a pas transporté la mesure d'une figue sèche entière qui le rendrait passible. La Guemara s'étonne : et pourquoi est-il exempt — la figue entière n'est-elle pas déposée [ensemble] ? Pourquoi ne serait-il pas passible pour l'avoir transportée ? La Guemara explique : voici ce que Rava veut dire — et s'il a soulevé la première moitié avant la déposition de la seconde, c'est-à-dire que les deux moitiés n'ont jamais été déposées ensemble, alors la première devient comme une [moitié] happée ou brûlée, et il est exempt. Et Rava dit : celui qui a transporté le Chabbat une moitié de figue sèche et l'a déposée, puis a recommencé et transporté une autre moitié de figue sèche en la faisant passer au-dessus [de la première], est passible, bien qu'elles n'aient jamais été déposées ensemble. La Guemara demande : et pourquoi est-il passible ? La seconde moitié ne s'est pas immobilisée ! La Guemara répond : il s'agit d'un cas où il l'a fait passer à moins de trois [tefa'him de la première].
וְאָמַר רָבָא: הוֹצִיא חֲצִי גְרוֹגֶרֶת אַחַת וְהִנִּיחָה, וְחָזַר וְהוֹצִיא חֲצִי גְרוֹגֶרֶת אַחַת וְהִנִּיחָה — רִאשׁוֹנָה נַעֲשָׂה כְּמִי שֶׁקְּלָטָהּ [כֶּלֶב] אוֹ שֶׁנִּשְׂרְפָה, וּפָטוּר. וְאַמַּאי? הָא מַנְּחָה? הָכִי קָאָמַר: וְאִם קָדַם וְהִגְבִּיהַּ רִאשׁוֹנָה קוֹדֶם הַנָּחַת שְׁנִיָּיה — נַעֲשֵׂית רִאשׁוֹנָה כְּמִי שֶׁנִּקְלְטָה אוֹ שֶׁנִּשְׂרְפָה, וּפָטוּר. וְאָמַר רָבָא: הוֹצִיא חֲצִי גְרוֹגֶרֶת וְהִנִּיחָהּ, וְחָזַר וְהוֹצִיא חֲצִי גְרוֹגֶרֶת וְהֶעֱבִירָהּ דֶּרֶךְ עָלֶיהָ — חַיָּיב. וְאַמַּאי? הָא לָא נָח! כְּגוֹן שֶׁהֶעֱבִירָהּ תּוֹךְ שְׁלֹשָׁה.
La Guemara demande : mais Rava lui-même n'a-t-il pas dit que [pour un objet passant] à moins de trois [tefa'him] du sol, selon l'avis des Sages (Rabbanan), une déposition sur une surface quelconque est requise [faute de quoi il n'est pas considéré comme déposé] ? La Guemara répond : ce n'est pas une difficulté. Ici [où Rava exige une immobilisation effective], il s'agit de celui qui lance (zorek) ; là [où la seule proximité suffit à le rendre passible], il s'agit de celui qui fait passer (ma'avir) un objet de sa main, puisqu'il peut le déposer à tout instant.
וְהָאָמַר רָבָא: תּוֹךְ שְׁלֹשָׁה לְרַבָּנַן צָרִיךְ הַנָּחָה עַל גַּבֵּי מַשֶּׁהוּ! לָא קַשְׁיָא: כָּאן בְּזוֹרֵק, כָּאן בְּמַעֲבִיר.
Nos maîtres ont enseigné : celui qui a transporté [dans le domaine public] une moitié de figue sèche, puis a recommencé et transporté une autre moitié de figue sèche — en un seul moment d'inadvertance (he'elem e'had), il est passible ; en deux moments d'inadvertance, il est exempt, car dans aucun des deux il n'a transporté une mesure qui le rendrait passible. Rabbi Yossi dit : [si] en un seul moment d'inadvertance il les a transportées vers un seul domaine, il est passible ; vers deux domaines, il est exempt, car il n'existe aucune manière permise de réunir les deux moitiés. Rabba dit, à propos de la parole de Rabbi Yossi : cela ne vaut que dans un cas où il y a, entre [les deux sections], une zone entraînant l'obligation d'un sacrifice pour faute ('hatat) — c'est-à-dire un domaine privé (rechout ha-ya'hid) entre les deux sections du domaine public, où le transport est interdit par la Torah. Mais s'ils étaient séparés par un karmelit, non [il ne serait pas exempt].
תָּנוּ רַבָּנַן: הוֹצִיא חֲצִי גְרוֹגֶרֶת וְחָזַר וְהוֹצִיא חֲצִי גְרוֹגֶרֶת, בְּהֶעְלֵם אֶחָד — חַיָּיב, בִּשְׁתֵּי הֶעְלֵמוֹת — פָּטוּר. רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: בְּהֶעְלֵם אֶחָד לִרְשׁוּת אַחַת — חַיָּיב, לִשְׁתֵּי רְשׁוּיוֹת — פָּטוּר. אָמַר רַבָּה: וְהוּא שֶׁיֵּשׁ חִיּוּב חַטָּאת בֵּינֵיהֶם. אֲבָל כַּרְמְלִית — לֹא.
Abaye dit : même s'ils étaient séparés par un karmelit, [cela n'en fait pas un seul domaine et] il est exempt. Mais s'ils étaient séparés par une grosse poutre (pissla), non, [les deux sections] ne sont pas considérées comme distinctes. Et Rava dit : même s'ils étaient séparés par une grosse poutre, [selon Rabbi Yossi] elles sont considérées comme distinctes et il est exempt. La Guemara remarque : Rava suit ici sa propre ligne, car Rava a dit : la définition du domaine (rechout) pour le Chabbat est semblable à la définition du domaine pour les actes de divorce (guittin).
אַבָּיֵי אָמַר: אֲפִילּוּ כַּרְמְלִית. אֲבָל פִּיסְלָא — לֹא. וְרָבָא אָמַר: אֲפִילּוּ פִּיסְלָא. וְאָזְדָא רָבָא לְטַעְמֵיהּ, דְּאָמַר רָבָא: רְשׁוּת שַׁבָּת כִּרְשׁוּת גִּיטִּין דָּמְיָא.
Nous avons appris dans la MISHNA : la mesure qui rend passible pour avoir transporté du fard bleu (ke'hol) équivaut à ce qui sert à farder un seul oeil. La Guemara demande : comment la Michna peut-elle dire un seul oeil ? Les femmes ne fardent pas un seul oeil. Rav Houna dit : parce que les femmes pudiques (tsenou'ot), qui se couvrent le visage d'un voile, ne fardent que l'unique oeil qui apparaît. La Guemara soulève une objection à partir d'une beraita : Rabbi Chimon ben Elazar dit : pour le transport du fard bleu, si c'est à usage médical (refoua), la mesure de culpabilité équivaut à ce qui sert à farder un seul oeil ; si c'est pour orner (kichout) l'oeil, la mesure qui rend passible équivaut à ce qui sert à farder deux yeux. Hillel, fils de Rabbi Chmouel bar Na'hmani, l'expliqua : lorsque cette beraita fut enseignée, c'était à propos des femmes des villages.
כְּחוֹל כְּדֵי לִכְחוֹל עַיִן אַחַת. עַיִן אַחַת הָא לָא כָּחֲלִי! אָמַר רַב הוּנָא: שֶׁכֵּן צְנוּעוֹת כּוֹחֲלוֹת עַיִן אַחַת. מֵיתִיבִי, רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר אוֹמֵר: כְּחוֹל, אִם לִרְפוּאָה — כְּדֵי לִכְחוֹל עַיִן אַחַת, אִם לְקַשֵּׁט — בִּשְׁתֵּי עֵינַיִם. תַּרְגְּמַהּ הִילֵּל בְּרֵיהּ דְּרַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר נַחְמָנִי: כִּי תַּנְיָא הַהִיא בְּעִירָנִיּוֹת.
Nous avons appris dans la MISHNA : la mesure qui rend passible pour avoir transporté de la cire (cha'ava) équivaut à ce qui sert à poser sur l'ouverture d'un petit trou pour le boucher. Un tanna a enseigné dans une Tossefta : assez pour poser sur l'ouverture d'un petit trou dans un récipient contenant du vin.
(שַׁעֲוָה כְּדֵי לִיתֵּן עַל פִּי נֶקֶב קָטָן. תָּנָא: כְּדֵי לִיתֵּן עַל פִּי נֶקֶב קָטָן שֶׁל יַיִן.)
Nous avons appris dans la MISHNA : la mesure qui rend passible pour avoir transporté de la colle (devek) équivaut à ce qui sert à poser au sommet d'une planchette (chafchaf). Nos maîtres ont enseigné : cela signifie une quantité équivalant à ce qui sert à poser au sommet d'une planchette fixée à l'extrémité de la perche d'un chasseur d'oiseaux.
דֶּבֶק כְּדֵי לִיתֵּן בְּרֹאשׁ הַשַּׁפְשָׁף. תָּנָא: כְּדֵי לִיתֵּן בְּרֹאשׁ שַׁפְשָׁף שֶׁבְּרֹאשׁ קָנֶה שֶׁל צַיָּידִין.
Nous avons appris dans la MISHNA : la mesure qui rend passible pour avoir transporté de la poix (zefet) et du soufre (gofrit) équivaut à ce qui sert à boucher un trou dans un récipient et à y percer un petit trou, etc. Un tanna a enseigné dans une Tossefta : on est passible pour avoir transporté une quantité équivalant à ce qui peut servir à transformer un grand trou en un petit trou.
זֶפֶת וְגׇפְרִית כְּדֵי לַעֲשׂוֹת כּוּ׳. תָּנָא: כְּדֵי לַעֲשׂוֹת נֶקֶב קָטָן.
Nous avons appris dans la MISHNA : la mesure qui rend passible pour avoir transporté de l'argile broyée ('harsit) équivaut à ce qui sert à pétrir et à ménager une ouverture pour la soufflerie dans un creuset d'orfèvre (kour). Rabbi Yehouda dit : une quantité équivalant à ce qui sert à fabriquer un petit trépied (pitpout) pour le creuset. La Guemara s'étonne : cela voudrait-il dire que la mesure de Rabbi Yehouda est plus grande ? Ne tenons-nous pas [pour établi] que la mesure des Sages (Rabbanan) est la plus grande, comme nous l'avons appris dans une Michna où Rabbi Yehouda dit, à propos des roseaux : la mesure de culpabilité équivaut à ce qui sert à prendre la mesure d'une chaussure pour un enfant ? [Or cela] est plus petit que la mesure fixée par les Sages. La Guemara répond : ici aussi, dis [qu'il ne s'agit] pas d'assez de matière pour fabriquer le trépied entier, mais pour enduire (lassoud) les fissures du petit trépied d'un petit fourneau (kira), ce qui ne requiert qu'une quantité minime d'enduit.
חַרְסִית כְּדֵי לַעֲשׂוֹת פִּי כוּר כּוּ׳. לְמֵימְרָא דְּשִׁיעוּרָא דְּרַבִּי יְהוּדָה נְפִישׁ? הָא קַיְימָא לַן דְּשִׁיעוּרָא דְרַבָּנַן נְפִישׁ, דִּתְנַן, רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: כְּדֵי לִיטּוֹל הֵימֶנּוּ מִדַּת מִנְעָל לְקָטָן. אֵימָא: כְּדֵי לָסוּד פִּיטְפּוּט כִּירָה קְטַנָּה.
Nous avons appris dans la MISHNA : la mesure qui rend passible pour avoir transporté du son (soubin) équivaut à ce qui sert à poser sur l'ouverture d'un creuset d'orfèvre (kour).
סוּבִּין כְּדֵי לִיתֵּן עַל פִּי כוּר שֶׁל צוֹרְפֵי זָהָב.

Rachi

ב' אותיות בדיו - דיו יבש:,שתי אותיות בקולמוס - כלומר כל היכא דמפיק ליה שיעורו כשתי אותיות:,קלמרין - קסת הסופר:,אות אחת בדיו אות אחת בקולמוס - מי מיצטרפי או לא ואי אמרת תיפוק ליה משום קולמוס לא מחייב עליה משום שהוא טפל לפחות מכשיעור דתנן לקמן (שבת דף צג:) המוציא אוכלין פחות מכשיעור בכלי פטור אף על הכלי מפני שהכלי טפילה לו:

כשהוא מהלך - שלא עמד לפוש דתהוי הנחת גופו הנחה אפילו הכי חייב דעיקר הנחת דיו על הכתב הוא:,וחזר והוציא - בהעלם אחד:,חסר שיעור דקמייתא - כשמתייבשת נחסר השיעור ולכי גמרה הוצאה דבעינן לצרופה אין כאן שיעור ב' אותיות:

ואמאי הא מנחה - וכיון דבהעלם אחד מצטרפי לכי גמרה הוצאה:,כמי שקלטה כלב - דתנן לקמן (שבת דף קב.) הזורק וקלטה כלב פטור דלא הויא הנחה מכחו והכא נמי כי גמרה הוצאה בטלה להנחה קמייתא והויא כמאן דליתא:

לרבנן - דפליגי לקמן בהזורק ולית להו קלוטה כמו שהונחה אפילו עברה סמוך לקרקע לא מיחייב עד שתנוח על גבי משהו מקום כל שהוא ולא בעינן מקום ד' הואיל ובתוך ג' הוא מ"מ הנחה כל דהו בעינן:,מעביר - לא צריך הנחה דהא מנחה בידו דידו סמוכה לקרקע:

לשתי רשויות - ושתיהן ר"ה אלא שיש הפסק ביניהם:,והוא שיש חיוב חטאת ביניהם - שמופסקות ברה"י אבל אם היה כרמלית מפסיקן כגון קרפף יותר מבית סאתים או בקעה וב' בתים פתוחים אחד לרה"ר זה ואחד לזה והוציא חצי גרוגרת מבית זה לרשות זה וחצי גרוגרת מבית זה לרשות זה שהיא פתוחה לה חייב דכיון דלא מפסיק לה רה"י חדא רשותא הוא:

פיסלא - עץ שוכב לרחבו של רה"ר וממלא כל רחבו והוציא חצי גרוגרת מביתו מכאן וחצי גרוגרת מכאן: ,כרשות גיטין דמי - ולענין גיטין פיסלא רשות לנפשיה הוא כדאמרן בהזורק (גטין דף עז:) ההוא גברא דזרק גיטא לדביתהו בחצירו איגנדר גיטא ונפל בפיסלא ואוקי התם שהשאיל לה מקום בחצירו חד מקום מושלי אינשי תרי מקומות לא מושלי אינשי:

הא לא כחלי - אלא שתי עינים:,צנועות - שהולכות מעוטפות ואין מגלות אלא עין אחד לראות וכוחלות אותו:,בעירניות - בנות כפרים אינן צריכות צניעות כל כך שאין שחוק וקלות ראש מצוי שם ועמה מועטין ואינן מכסין פניהם וכוחלות ב' עיניהם:

של יין - למעוטי שמן ודבש שהיין זב דרך נקב קטן יותר משמן ודבש:

שפשף שבראש קנה של ציידין - מושיבין נסר קטן בראש קנה ונותנין עליו דבק והעוף יושב עליה ונדבק בו וצריך ליתן שם הרבה כדי שיהא העוף נדבק בו:

לסוד - לטוח בקעים שבו:

Tossafot

אות אחת בקולמוס ואות אחת בקלמרין - אע"פ ששני קולמוסים מצטרפי כה"ג שמא לא מצטרפי:

והעבירה דרך עליה - מפרש הרב פורת דה"ה אפי' שלא דרך עליה אם העבירה תוך שלשה לקרקע מצטרף דהא אמרינן בסמוך בהעלם אחד חייב אפילו לשתי רשויות ואפילו רבי יוסי לא בעי אלא רשות אחת אבל עליה לא בעי ונקט דרך עליה דאפי' גבוה מן הקרקע ג' טפחים חייב כיון דהוי תוך ג' לחצי גרוגרת המונחת ע"ג קרקע:

והא אמר רבא תוך שלשה לרבנן צריך הנחה ע"ג משהו - תימה לר"י דתנן לקמן בריש הזורק (שבת דף צו.) הזורק מרה"י לרה"י ורה"ר באמצע ר' עקיבא מחייב וחכמים פוטרין ותני עלה בגמרא [צז.] תוך ג' לד"ה חייב אלמא לכ"ע לא בעינן הנחה ע"ג משהו תוך ג' ותירץ דרבא סבר כרבי יהודה דהמוצא תפילין (עירובין צז:) גבי היה קורא על ראש הגג כו' רבי יהודה אומר אפילו אינו מסולק מן הארץ . אלא מלא החוט גוללו אצלו וטעמא דאפילו אין איגודו בידו ליכא איסור אם מביאו אצלו דבעי הנחה ע"ג משהו כדאמר התם בגמרא וא"ת ומאי פריך התם לימא רבא כתנאי אמרה לשמעתיה דע"כ כתנאי אמרה דתנא דברייתא דהזורק לא סבר כוותיה וי"ל דהכי פריך לימא כתנאי דמתניתין דהתם אמרה לשמעתיה דבהא לא קפיד אם תנא דברייתא פליג עליה אלא דלא ליפלגו עליה רבנן דמתניתין דהתם מיהו תימה לר"י דלקמן בהזורק (שבת דף צז:) תנא מרה"י לרשות הרבים ועבר ד' אמות ברה"ר ר' יהודה מחייב וחכמים פוטרין ומסיק לעולם רבי יהודה חדא הוא דמחייב וחכמים פוטרין לגמרי ומשכחת לה דאמר עד דנפקא לרה"ר תנוח דרבי יהודה סבר אמרי' קלוטה כמי שהונחה דמיא אלמא לא בעינן לרבי יהודה הנחה ע"ג משהו ונראה לר"י דהתם מיירי במתגלגל ברה"ר ועדיף משאר קלוטה באויר והוי כמונח לרבי יהודה והא דקשה ממתני' דהתם דקתני זרק לתוך ארבע אמות ונתגלגל חוץ לארבע כו' שם [בד"ה אחזתז] נפרש בעז"ה:

בהעלם אחד לרשות אחד חייב - הקשה רבינו תם דאמר בהבונה (לקמן שבת קד:) כתב אות אחת בטבריא ואות אחת בציפורי חייב ונראה לו כגירסת ר"ח מרשות אחת חייב מב' רשויות פטור דבעי' עקירה ממקום אחד ור"י אומר דודאי גבי כתיבה אית לן למימר מחוסר קריבה לאו כמחוסר מעשה דמי אבל הוצאה לא הויא עד דמייתי תרוייהו לרשות אחד:

אבל פיסלא לא - בגיטין בפרק הזורק (גיטין דף עז:) משמע דאית ביה ד' אמות על ד' אמות ואינו גבוה י' א"נ גבוה י' ואינו רחב ד' ואומר ריב"א דללישנא קמא צריך לפרש הכא שהוא רשות הרבים כגון שרבים מכתפין עליו דאי כרמלית האמר אביי אפילו כרמלית ורבא דאמר אפילו פיסלא סבר אף על פי שהוא רשות הרבים כיון דלענין גיטין חשוב מקום בפני עצמו הכי נמי מחלק רשויות ולר"י נראה אפילו פיסלא שהוא כרמלית ושני ליה לאביי בין כרמלית המיטלטלת לשאינה מיטלטלת:

מיתיבי רשב"א אומר - לרב הונא פריך דאי לאו רב הונא הוה מוקמי מתני' לרפואה:,אם לרפואה - פי' רבינו שמואל אם לרפואה הצניעו זה חייבין עליו כל העולם כדי לכחול עין אחת דלרשב"א אית ליה דנתחייב זה במחשבתו של זה ואם לקשט כלומר אם לא הצניעו לרפואה אלא לקשט כדי שתי עינים דסתמו עומד לקישוט ואין נראה לר"י דלעיל תנא דם כדי לכחול עין אחת בד"א במוציא אבל במצניע בכל שהוא אלמא במצניע חייב בפחות מלכחול בו עין אחת ונראה לר"י דה"פ אם לרפואה שאותו כחול ראוי לרפואה שיעורו כדי לכחול עין אחת אפי' לא הצניעו לכך אי נמי אם לרפואה שבאותו מקום עושין אותו לרפואה ואם לקשט שעושין אותו לקישוט ואין רגילין לעשות ממנו רפואה כדי לכחול שתי עינים:

חרסית כדי לעשות פי כור - אע"ג דאמר לעיל (שבת דף עט.) אין אדם טורח לגבל טיט כדי לעשות בו פי כור חרסית חשיב טפי מטיט דמצניעין אותו לעשות פי כור של צורפי זהב אי נמי הכא מיירי במגובל:

Texte : Sefaria — William Davidson Edition - Vocalized Aramaic · traduction française de travail, à valider.

Shabbat 80a
100%
שבת פ׳ אמַסֶּכֶת שַׁבָּת