Guémara
…car on les fait bouillir sept fois. Et si l'on n'ôte pas [les lupins] de leurs cosses, ils pourrissent. C'est pourquoi [le fait d'en retirer la partie comestible] est considéré comme un cas où l'on sépare le déchet d'avec la nourriture (pessolet mitokh okhel). En effet, la partie comestible du lupin, en pourrissant, fait que la cosse devient nauséabonde ; en retirer la partie comestible a donc le statut juridique de celui qui retire le déchet.
דְּשָׁלְקִי לֵיהּ שִׁבְעָא זִימְנֵי, וְאִי לָא שָׁקְלִי לֵיהּ מַסְרַח — וְכִפְסוֹלֶת מִתּוֹךְ אוֹכֶל דָּמֵי.
[La michna a enseigné, parmi ceux qui sont passibles pour avoir accompli les catégories principales de travail :] « et celui qui moud (ha-to'hen) ». Rav Papa dit : celui qui coupe des betteraves (silka) en menus morceaux le Chabbat est passible au titre de [la mélakha de] moudre (to'hen), car les deux actions se ressemblent. Rav Menaché dit : celui qui taille des copeaux de bois pour en faire de la sciure (Rambam) est passible au titre de moudre. Rav Achi dit : s'il est méticuleux dans sa découpe quant à la mesure — c'est-à-dire qu'il prend soin de couper tous les copeaux à une dimension précise — il est aussi passible au titre de [la mélakha de] découper (me'hatekh).
וְהַטּוֹחֵן. אָמַר רַב פָּפָּא: הַאי מַאן דְּפָרֵים סִילְקָא — חַיָּיב מִשּׁוּם טוֹחֵן. אָמַר רַב מְנַשֶּׁה: הַאי מַאן דְּסָלֵית סִילְתֵּי — חַיָּיב מִשּׁוּם טוֹחֵן. אָמַר רַב אָשֵׁי: אִי קָפֵיד אַמִּשְׁחֲתָא — חַיָּיב מִשּׁוּם מְחַתֵּךְ.
[La michna a enseigné, parmi ceux qui sont passibles pour avoir accompli les catégories principales de travail :] « et celui qui pétrit (ha-lach) et celui qui cuit au four (ha-ofé) ». Rav Papa dit : notre tana a laissé de côté [la mélakha de] cuire les teintures (bichoul samemanim), qui était accomplie dans le Michkan, et a retenu [la mélakha de] cuire au four (ofé), qui n'était pas accomplie dans la construction du Michkan ?! [Si, comme il a été dit plus haut, toutes les catégories principales de travail sont déduites des travaux du Michkan, pourquoi le tana a-t-il omis la cuisson des teintures ?] La Guemara répond : notre tana a suivi l'ordre de la préparation du pain (sidoura de-pat), qui est le principe sous-jacent à l'agencement des catégories principales de travail. Il a commencé par labourer et a conclu par la préparation du pain.
וְהַלָּשׁ וְהָאוֹפֶה. אָמַר רַב פָּפָּא: שְׁבַק תַּנָּא דִידַן בִּישּׁוּל סַמְמָנִין דַּהֲוָה בְּמִשְׁכָּן וּנְקַט אוֹפֶה?! תַּנָּא דִידַן סִידּוּרָא דְפַת נָקֵט.
Rav A'ha bar Rav Avira dit : celui qui jette un piquet [de bois humide] dans un four pour le faire sécher est passible au titre de [la mélakha de] cuire (mevachel). La Guemara objecte : cela va de soi ! La Guemara répond : on aurait pu penser (mahou de-téma) qu'il a l'intention de durcir l'ustensile — puisqu'en définitive le piquet se durcit dans le four, à la différence de la cuisson où le feu amollit ce qui est cuit. C'est pourquoi [Rav A'ha] nous enseigne (kamachma lan) qu'au départ le bois s'amollit dans le four, et que ce n'est qu'ensuite qu'il durcit [de sorte qu'il y a bien là un acte de cuisson]. Rabba bar Rav Houna dit : celui qui fait bouillir de la poix (koufra) est passible au titre de cuire. La Guemara objecte : cela va de soi ! La Guemara répond : on aurait pu penser que, puisque [la poix] se durcit de nouveau ensuite, dis [que ce n'est pas considéré comme cuisson] — on aurait pu croire que, la poix étant dure avant la cuisson et redevenant dure après, la faire bouillir n'est pas considéré comme cuire. C'est pourquoi [Rabba bar Rav Houna] nous enseigne [que même une transformation temporaire est considérée comme cuisson].
אָמַר רַב אַחָא בַּר רַב עַוִּירָא: הַאי מַאן דִּשְׁדָא סִיכְּתָא לְאַתּוּנָא — חַיָּיב מִשּׁוּם מְבַשֵּׁל. פְּשִׁיטָא! מַהוּ דְּתֵימָא לְשָׁרוֹרֵי מָנָא קָא מִיכַּוֵין, קָא מַשְׁמַע לַן דְּמִירְפָּא רָפֵי וַהֲדַר קָמֵיט. אָמַר רַבָּה בַּר רַב הוּנָא: הַאי מַאן דְּאַרְתַּח כּוּפְרָא — חַיָּיב מִשּׁוּם מְבַשֵּׁל. פְּשִׁיטָא! מַהוּ דְּתֵימָא כֵּיוָן דַּהֲדַר וְאִיקִּישׁ אֵימָא לָא, קָא מַשְׁמַע לַן.
Rava dit : celui qui, par inadvertance, a fabriqué un tonneau de terre cuite (‘havita) le Chabbat est passible d'apporter sept sacrifices pour le péché (sheva 'hataot) : il émiette les mottes de terre, ce qui constitue (1) moudre (to'hen) ; (2) il trie les pierres d'avec la terre (borer) ; (3) il pétrit le mortier (lach) ; (4) il découpe le mortier en morceaux de taille appropriée (me'hatekh) ; (5) il construit le moule (boné) ; (6) il allume le feu (mav'ir) ; puis il cuit le récipient de terre, ce qui constitue (7) cuire au four (ofé) [ce dernier détail selon les Gueonim]. Celui qui fabrique un four (tanour) est passible de huit sacrifices pour le péché (chemoné 'hataot), car en plus de ces sept travaux il étale une couche supplémentaire de mortier pour achever l'ouvrage, accomplissant ainsi la mélakha de (8) lisser (mema'hek). Abayé dit : celui qui, par inadvertance, fabrique un panier en roseaux ('halta) le Chabbat est passible d'apporter onze sacrifices pour le péché (a'hat esré 'hataot). En élaguant les roseaux, il accomplit à la fois (1) moissonner (kotser) et (2) planter (notéa), car il stimule la croissance des roseaux restants. Il (3) rassemble les roseaux (me'amer) ; (4) les trie (borer) ; (5) les lisse et les égalise (mema'hek) ; il les coupe en menus morceaux, ce qui constitue (6) moudre (to'hen) ; et (7) il les coupe à une mesure précise (me'hatekh). Lorsqu'il commence à tresser les roseaux, il accomplit les mélakhot de (8) tendre la chaîne (mésekh) ; (9) confectionner deux mailles (assiyat chté baté nirin) ; et (10) tisser (oreg). La confection de l'objet dans son ensemble constitue (11) construire (boné) [ce dernier détail selon les Gueonim]. Et s'il coud l'ouverture du panier, il est passible d'apporter treize sacrifices pour le péché (cheloch esré 'hataot), avec en plus les mélakhot de (12) coudre (tofer) et (13) nouer (kocher).
אָמַר רָבָא: הַאי מַאן דַּעֲבַד חָבִיתָא — חַיָּיב מִשּׁוּם שֶׁבַע חַטָּאוֹת. תַּנּוּרָא — חַיָּיב מִשּׁוּם שְׁמוֹנֶה חַטָּאוֹת. אָמַר אַבָּיֵי: הַאי מַאן דַּעֲבַד חַלְּתָא — חַיָּיב אַחַת עֶשְׂרֵה חַטָּאוֹת. וְאִי חַיְּיטֵיהּ לְפוּמֵּיהּ — חַיָּיב שְׁלֹשׁ עֶשְׂרֵה חַטָּאוֹת.
[La michna a enseigné, parmi ceux qui sont passibles pour avoir accompli les catégories principales de travail :] « celui qui tond la laine (ha-gozez et ha-tsémer) et celui qui la blanchit (ha-melabben) », qui sont des travaux relevant du processus de tonte et de filage de la laine. Rabba bar bar 'Hana dit au nom de Rabbi Yo'hanan : celui qui, par inadvertance, file de la laine encore attachée sur le dos de l'animal le Chabbat est passible d'apporter trois sacrifices pour le péché : un au titre de tondre (gozez), puisque, dans le processus, une partie de la laine se détache du mouton ; un au titre de carder la laine (menapets) ; et un au titre de filer (tové). Rav Kahana dit : ce n'est pas là une manière habituelle de tondre, ce n'est pas là une manière habituelle de carder, et ce n'est pas là une manière habituelle de filer [il n'est donc pas passible]. La Guemara demande : et n'est-ce pas là une manière habituelle de filer ? N'a-t-on pas enseigné dans une baraïta au nom de Rabbi Ne'hemia, à propos du verset relatif au travail du Michkan : « et toutes les femmes dont le cœur les porta avec sagesse filèrent les chèvres » (Chemot 35, 26) — ce qui signifie qu'elles lavaient le poil sur les chèvres et le filaient en fils sur les chèvres elles-mêmes, sans tondre le poil au préalable ? Il apparaît donc que filer sur le dos d'un animal est bien une manière habituelle de filer ! La Guemara répond : une sagesse extraordinaire (‘hokhma yetéra) est différente. Bien que certaines personnes soient capables de filer la laine de cette façon, la personne ordinaire n'est pas capable d'accomplir cet exploit [cela ne définit donc pas la manière habituelle].
הַגּוֹזֵז אֶת הַצֶּמֶר וְהַמְלַבְּנוֹ. אָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: הַטּוֹוֶה צֶמֶר שֶׁעַל גַּבֵּי בְּהֵמָה בְּשַׁבָּת — חַיָּיב שָׁלֹשׁ חַטָּאוֹת: אַחַת מִשּׁוּם גּוֹזֵז, וְאַחַת מִשּׁוּם מְנַפֵּץ, וְאַחַת מִשּׁוּם טוֹוֶה. רַב כָּהֲנָא אָמַר: אֵין דֶּרֶךְ גְּזִיזָה בְּכָךְ, וְאֵין דֶּרֶךְ מְנַפֵּץ בְּכָךְ, וְאֵין דֶּרֶךְ טְוִויָּה בְּכָךְ. וְלָא? וְהָתַנְיָא מִשְּׁמֵיהּ דְּרַבִּי נְחֶמְיָה: שָׁטוּף בָּעִזִּים, וְטָווּי בָּעִזִּים, אַלְמָא טְוִויָּה עַל גַּבֵּי בְּהֵמָה שְׁמָהּ טְוִויָּה! חָכְמָה יְתֵירָה שָׁאנֵי.
Nos maîtres ont enseigné dans une Tossefta : celui qui, par inadvertance, arrache une grande plume de l'aile d'un oiseau le Chabbat, qui en coupe la pointe (kotmo), et qui en extrait les fins filaments qui composent la plume (morto) est passible d'apporter trois sacrifices pour le péché. Et Rabbi Chimon ben Lakich dit, en guise d'explication : celui qui arrache [la plume de] l'aile (tolech) est passible au titre de [la mélakha de] tondre (gozez). Celui qui en coupe la pointe (kotem) est passible au titre de découper (me'hatekh). Et celui qui en extrait les filaments (memaret) est passible au titre de lisser (mema'hek).
תָּנוּ רַבָּנַן: הַתּוֹלֵשׁ אֶת הַכָּנָף וְהַקּוֹטְמוֹ וְהַמּוֹרְטוֹ — חַיָּיב שָׁלֹשׁ חַטָּאוֹת. וְאָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ: תּוֹלֵשׁ — חַיָּיב מִשּׁוּם גּוֹזֵז, קוֹטֵם — חַיָּיב מִשּׁוּם מְחַתֵּךְ, מְמָרֵט — חַיָּיב מִשּׁוּם מְמַחֵק.
[La michna a enseigné, parmi ceux qui sont passibles pour avoir accompli les catégories principales de travail :] « celui qui noue (ha-kocher) et celui qui dénoue (ha-matir) ». La Guemara demande : où donc nouait-on dans le Michkan ? Rava dit : on nouait [les toiles] aux piquets des tentes (yitdot ohalim). La Guemara rejette cela : et cela est-il considéré comme l'accomplissement de la mélakha de nouer ? C'était là nouer un nœud en vue de le dénouer (kocher al menat le-hatir). Lorsque les enfants d'Israël quittaient un campement, ils démontaient le Michkan, ce qui impliquait de dénouer tous les nœuds. Or on n'est pas passible pour avoir noué un nœud temporaire le Chabbat. Rava dit plutôt : c'est que les tisserands des toiles du Michkan, lorsqu'un fil se rompait, le nouaient. Rava lui dit : tu as résolu [le problème] concernant [la mélakha de] nouer ; mais concernant [la mélakha de] dénouer, qu'y a-t-il à dire ? Où, dans la construction du Michkan, accomplissait-on [la mélakha de] dénouer ? Et si tu dis que cela se faisait lorsqu'on trouvait deux fils dont les nœuds étaient noués l'un à côté de l'autre — on en dénouait un et on en laissait un noué — [voici la réfutation :] or, devant un roi de chair et de sang on n'agirait pas ainsi, car la toile paraîtrait défectueuse ; alors devant le Roi des rois des rois, le Saint béni soit-Il, agirait-on ainsi ?! Rava dit plutôt — et certains disent que c'est Rav Ilaï qui le dit : c'est que les pêcheurs de 'hilazon, dont le sang servait de teinture dans le Michkan, nouaient et dénouaient leurs filets.
הַקּוֹשֵׁר וְהַמַּתִּיר. קְשִׁירָה בַּמִּשְׁכָּן הֵיכָא הֲוַאי? אָמַר רָבָא: שֶׁכֵּן קוֹשְׁרִין בְּיִתְדוֹת אֹהָלִים. קוֹשְׁרִים?! הָהוּא קוֹשֵׁר עַל מְנָת לְהַתִּיר הוּא. אֶלָּא אָמַר אַבָּיֵי: שֶׁכֵּן אוֹרְגֵי יְרִיעוֹת שֶׁנִּפְסְקָה לָהֶן נִימָא קוֹשְׁרִים אוֹתָהּ. אֲמַר לֵיהּ רָבָא: תָּרֵצְתְּ קוֹשֵׁר, מַתִּיר מַאי אִיכָּא לְמֵימַר? וְכִי תֵּימָא: דְּאִי מִתְרְמֵי לֵיהּ תְּרֵי (חוּטֵי) קִיטְרֵי בַּהֲדֵי הֲדָדֵי, שָׁרֵי חַד וְקָטַר חַד — הַשְׁתָּא לִפְנֵי מֶלֶךְ בָּשָׂר וָדָם אֵין עוֹשִׂין כֵּן, לִפְנֵי מֶלֶךְ מַלְכֵי הַמְּלָכִים הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא, עוֹשִׂין?! אֶלָּא אָמַר רָבָא וְאִיתֵּימָא רַבִּי עִילַּאי, שֶׁכֵּן צָדֵי חִלָּזוֹן קוֹשְׁרִין וּמַתִּירִין.
[La michna a enseigné, parmi ceux qui sont passibles pour avoir accompli les catégories principales de travail :] « et celui qui coud deux points de couture (chté tefirot) ». La Guemara demande : mais cela ne tient pas (lo kaïma) ! Deux points se déferont aussitôt ; or une mélakha dont le résultat est temporaire n'est pas considérée comme une mélakha. Rabba bar bar 'Hana dit au nom de Rabbi Yo'hanan : cela n'a le statut juridique de mélakha que dans le cas où, après avoir cousu les points, il les a noués. Il a fait un nœud à chacune des deux extrémités du fil, de sorte que les points ne se défassent pas.
וְהַתּוֹפֵר שְׁתֵּי תְּפִירוֹת. וְהָא לָא קָיְימָא! אָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: וְהוּא שֶׁקְּשָׁרָן.
[La michna a enseigné, parmi ceux qui sont passibles pour avoir accompli les catégories principales de travail :] « celui qui déchire en vue de coudre (ha-koréa al menat litpor) deux points de couture ». La Guemara demande : y avait-il du déchirement (keria) dans la construction du Michkan ? [La Guemara répond] que ce sont Rabba et Rabbi Zéira qui, tous deux, énoncèrent l'explication suivante :
הַקּוֹרֵעַ עַל מְנָת לִתְפּוֹר. קְרִיעָה בַּמִּשְׁכָּן מִי הֲוָה? רַבָּה וְרַבִּי זֵירָא דְּאָמְרִי תַּרְוַויְיהוּ:
Rachi
דשלקי ליה שבעא זימנין - למתקן:,ואי לא שקלי ליה - לאוכל מתוך הפסולת מתוך שהוא רך ונימוק ע"י שנשלק הרבה:,מסרח - והלכך אוכל נמי כל זמן שמעורב בו הוי כפסולת ומיהו אוכל הוא ומחמירין עליה למיהוי ההוא דשקיל כפסולת מתוך אוכל ול"נ הבורר תורמוסין מתוך פסולת שלהן מששלקן פעם אחת ממרקין ומערין אותן המים ובורר המתולעות שלהן כמו שעושין לפולין וכן בכל פעם ופעם וזה בורר האוכל ומניח הפסולת ואי לא שלקי ליה מסרח גרסינן הלכך מששלקום פעמים ושלש חשיב ליה פסולת הואיל ואי שביק להו הכי דלא הדר שליק להו מסרחי וכשהוא נוטלן מתוך שאר מינין גרועין המעורבין בהן כפסולת מתוך אוכל דמי דהנהו שאר מינין לא מסרחי דגמר להו בישולייהו פעם ראשונה ושניה ורבינו הלוי גריס ואי שקילי ליה מסרח כשנוטלו נימוח בין אצבעותיו ונמאס הלכך ההוא דשקיל הוי כפסולת והנשאר הוי אוכל עד שחוזר ונוטלו:
דפרים סילקא - במ"ם גרסינן ולא בסמ"ך כדפירש בהעור והרוטב (חולין דף קכ.) מאי קיפה פירמא מינציי"ר בלע"ז מחתכו הדק:,דסלית סילתי - עצים דקים להבעיר אש:,ואי קפיד אמשחתא - לחותכן במדה:,מחתך - העור מקצצו במדה:
ונקט אופה - דלא שייך במלאכת המשכן כלל:,סדורא דפת - שהתחיל בו נקט ואופה במקום בשול דסממנין הוא דהוא בישול דפת:
דשדא סיכתא - שהשליך יתד לח לתנור חם ליבשו שיתקשה:,לשרורי - לחזק ואין כאן בישול:,דמרפי רפי - ע"י חום האור והמים שבתוכו יוצאין ולאחר שיצאו מימיו קמיט מתקשה וכי רפי ברישא הוי בישולו:,דארתח כופרא - שהתיך זפת:,דהדר אקושי - חוזר ומתקשה:
חביתא - של חרס:,שבע חטאות - טוחן הרגבים ושוחקן הדק הוי טוחן ובורר הצרורות הגסות מתוכן הרי שתים ומרקידן בנפה ומגבל הטיט דהיינו לש וממרח הטיט כשעושה הגולם שיהא חלק הרי ממחק ומבעיר את האור בכבשן ומצרפו בתוכו הרי מבשל חיובא דחופר ליכא דאינו צריך אלא לעפרה:,תנור חייב שמנה - דלאחר שצרפו בכבשן הוא טח עליו טפילה שיהא עב וחומו מתקיים והוא גמר מלאכתו ואמרינן לקמן (שבת דף עה:) כל מידי דהוי גמר מלאכה חייב משום מכה בפטיש אבל גבי חבית ליכא משום מכה בפטיש דמאליה נגמרה מלאכתו בתנור:,חלתא - כוורת של קנים:,חייב י"א - זומר הקנים והוא צריך להם חייב משום קוצר ומשום נוטע אספם יחד הרי זה מעמר בירר יפות הרי זה בורר החליקן הרי זה ממחק עשאן דקות מאחת שתים או שלש הרי זה טוחן חתכן במדה הרי זה מחתך הסיך השתי הרי זה מיסך ארג אחת למעלה ואחת למטה כדי להעמידו הרי עושה שתי בתי נירין ארג הרי זה אורג חתך לאחר אריגתה כדי להשוותם הרי זה מכה בפטיש כדאמרינן לקמן [שבת עה:] האי מאן דשקיל אקופי מגלימי חייב משום מכה בפטיש הרי י"א:,ואי חייטיה לפומיה - לעשות לה שפה הוסיף כאן תופר וקושר שצריך לקשור לאחר התפירה ומשום בונה ליכא לחיוביה לא בחבית ולא בתנור ולא בכוורת דאין בנין בכלים מפשיט ליכא למימר בקנים דאין הפשטה אלא בעור וי"מ שקודח נקבים בעץ שתוחבין בו ראשי הקנים של שתי ומחייב ליה משום טוחן ולא נהירא לי דההיא טחינה מלאכה שאינה צריכה לגופה היא וטוב לי לפרש שעושה אותן דקות והוי כמאן דסלית סילתי:
שטוף בעזים וטוו בעזים - קרא קדריש טוו את העזים (שמות לה) בגופן של עזים משמע:,חכמה יתירה - כדכתיב וכל אשה חכמת לב אבל להדיוט אין דרכו בכך והוי כלאחר יד:
התולש את הכנף - נוצה גדולה מן כנף העוף:,והקוטמו - לאחר שתלשו חותך ראשו שהוא דק וראוי להניחו בכר וכסת:,והמורטו - לצד זנבו שהוא קשה מורט שערו מכאן ומכאן ומשליך הקנה ונותן השיער בכר וכסת:,משום מחתך - דקפיד לחתוך עד מקום שהוא ראוי וגם מן הקנה אורג כובעים ועושה כובעים מכנפי עוף בלא שיער:,משום ממחק - דתנן גבי עור הממחקו:
ביתדות אהלים - נועצים יתידות בקרקע כדכתיב יתדות המשכן וקושרין היריעות בהן במיתריהם:,קושר ע"מ להתיר הוא - וכי האי גוונא פטרינן ליה לקמן דתנן כל קשר שאינו של קיימא. אין חייבין עליו:,בהדי הדדי - בשני חוטין זה אצל זה:,שרי חד - לאחר אריגתן מתיר האחד מפני שבולטין ונראין:,וקטר חד - כלומר מניח כמו שהוא:,השתא כו' אין עושין - שכשמתירו נראה הנקב ביריעה שחוטיה היו כפולין ששה והיו גסין ומתחלה היו זריזין בכך וכי מתרמו לה תרי קיטרי קושרין האחד ונותקין החוט השני מלמטה ולמעלה ומספקן בחוט ארוך וקושרין למעלה ולמטה ואין שם שנים קשרים סמוכין:,צדי חלזון - לצבוע התכלת בדמו והוא כמין דג קטן ועולה אחת לשבעים שנה:,קושרין ומתירין - שכל רשתות עשויות קשרים קשרים והן קשרי קיימא ופעמים שצריך ליטול חוטין מרשת זו ולהוסיף על זו מתיר מכאן וקושר מכאן:
והא לא קיימא - הכי וכיון דלא קיימא לאו מלאכה היא:,שקשרן - שקשר שני ראשי החוט:
Tossafot
האי מאן דפרים סילקא - דוקא בסילקא שייך טחינה אבל שאר אוכלין שרי:
מהו דתימא לשרורי מנא קא מכוין - ה"פ ואין בו בשול כלל קמ"ל דנהי דלשרורי מנא קא מכוין בשול מיהא יש בו דמירפא רפי והדר קמיט וחייב אבל אין לפרש קמ"ל דלא אמרי' לשרורי מנא קא מכוין דבפרק אין מעמידין (ע"' לח.) אמרי' גבי האי נכרי דשדא סיכתא לאתונא אי קבר בה ישראל קרא מעיקרא שפיר דמי ופריך פשיטא ומשני מהו דתימא לבשולי מנא קא מכוין קמ"ל לשרורי מנא קא מכוין:
חביתא ותנורא וחלתא - פי' רש"י דמשום בונה לא מיחייב דאין בנין בכלים ואין נראה דדוקא במחזיר מטה ומנורה של חוליות אמרי' דאין בנין בכלים אבל כשעושה לגמרי כל הכלי מיחייב משום בונה דאמרינן בריש הבונה (לקמן שבת ד' קב:) האי מאן דעייל שופתא בקופינא דמרא חייב משום בונה וצ"ע דלא ליקשי ממנפח בכלי זכוכית דסוף פרקין:
חכמה יתירה שאני - והעושים אותם בטלה דעתם אצל כל אדם כדאמרינן בהמצניע (לקמן שבת ד' צב:) גבי אנשי הוצל:
שכן צדי חלזון כו' - בריש אלו קשרים (לקמן שבת ק. א:) פירש בקונט' קושרין ומתירין פעמים קושרין את המכמורת ופעמים מתירין אותם:
Texte : Sefaria — William Davidson Edition - Vocalized Aramaic · traduction française de travail, à valider.