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Traité Shabbat

72b

Étude de Shabbat 72b

Étude de la Guémara 72b

Guémara
Celui qui avait l'intention de soulever une plante déjà détachée du sol le Chabbat et qui, par erreur, trancha une plante encore attachée au sol — ce qui, en d'autres circonstances, constitue l'accomplissement du travail interdit de moissonner (kotsér) — est exempt d'apporter un sacrifice expiatoire ('hatat) pour son acte erroné, car il n'avait pas l'intention d'accomplir un acte de coupe. Celui qui agit par mégarde [mitassek], c'est-à-dire sans aucune intention d'accomplir l'acte, n'encourt absolument aucune responsabilité. Celui qui avait l'intention de couper une plante détachée et qui, par inadvertance, trancha une plante encore attachée au sol — Rava dit : lui aussi est exempt ; Abayé dit : il est tenu pour responsable ['hayav]. La Guemara développe : Rava dit qu'il est exempt parce qu'il n'avait pas l'intention d'accomplir un acte de coupe interdit. Son intention était d'accomplir une action entièrement permise le Chabbat ; il n'avait aucune méprise quant aux lois du Chabbat — ce ne fut qu'un acte erroné. Et Abayé dit qu'il est tenu pour responsable parce qu'il avait l'intention d'accomplir un acte de coupe ordinaire ; puisqu'il avait l'intention d'accomplir cet acte et qu'il a réalisé son intention, la Torah le qualifie d'inadvertance (chogeg) et non de mégarde (mitassek).
נִתְכַּוֵּין לְהַגְבִּיהַּ אֶת הַתָּלוּשׁ, וְחָתַךְ אֶת הַמְחוּבָּר — פָּטוּר. לַחְתּוֹךְ אֶת הַתָּלוּשׁ, וְחָתַךְ אֶת הַמְחוּבָּר, רָבָא אָמַר: פָּטוּר. אַבָּיֵי אָמַר: חַיָּיב. רָבָא אָמַר פָּטוּר — דְּהָא לָא מִיכַּוֵּון לַחֲתִיכָה דְאִיסּוּרָא. אַבָּיֵי אֲמַר חַיָּיב — דְּהָא קָמִיכַּוֵּין לַחֲתִיכָה בְּעָלְמָא.
Rava dit : d'où puis-je tirer cette opinion ? De ce qui a été enseigné dans une baraïta : il existe une rigueur propre au Chabbat plus grande que celle des autres mitsvot, et une rigueur propre aux autres mitsvot plus grande que celle du Chabbat. La Guemara développe : la rigueur du Chabbat plus grande que celle des autres mitsvot, c'est que, pour le Chabbat, celui qui a commis deux transgressions le Chabbat — même s'il l'a fait au cours d'un seul oubli (héélem é'had) — est tenu d'apporter un sacrifice expiatoire pour chacune et chacune d'elles, ce qui n'est pas le cas pour les autres mitsvot : là, si une personne commet une transgression plusieurs fois au cours d'un seul oubli, elle n'est tenue d'apporter qu'un seul sacrifice expiatoire. Et la rigueur des autres mitsvot plus grande que celle du Chabbat, c'est que, pour les autres mitsvot, celui qui accomplit un acte par inadvertance sans intention (chagag belo mitkavén) est tenu pour responsable, ce qui n'est pas le cas pour le Chabbat.
אָמַר רָבָא: מְנָא אָמֵינָא לַהּ? דְּתַנְיָא: חוֹמֶר שַׁבָּת מִשְּׁאָר מִצְוֹת, וְחוֹמֶר שְׁאָר מִצְוֹת מִשַּׁבָּת. חוֹמֶר שַׁבָּת מִשְּׁאָר מִצְוֹת, שֶׁהַשַּׁבָּת עָשָׂה שְׁתַּיִם בְּהֶעְלֵם אֶחָד — חַיָּיב עַל כׇּל אַחַת וְאַחַת, מַה שֶּׁאֵין כֵּן בִּשְׁאָר מִצְוֹת. וְחוֹמֶר שְׁאָר מִצְוֹת מִשַּׁבָּת — שֶׁבִּשְׁאָר מִצְוֹת שָׁגַג בְּלֹא מִתְכַּוֵּין — חַיָּיב, מַה שֶּׁאֵין כֵּן בְּשַׁבָּת.
Avant de discuter la baraïta dans le contexte du débat entre Abayé et Rava, la Guemara en analyse le texte. Le Maître a dit dans la baraïta : la rigueur du Chabbat plus grande que celle des autres mitsvot, c'est que, pour le Chabbat, celui qui a commis deux transgressions le Chabbat — même au cours d'un seul oubli — est tenu d'apporter un sacrifice expiatoire pour chacune et chacune d'elles, ce qui n'est pas le cas pour les autres mitsvot. La Guemara demande : quelles sont les circonstances ? Si tu dis qu'il a accompli par inadvertance des actes de moisson (ketsira) et de mouture (te'hina) le Chabbat, la situation correspondante pour les autres mitsvot est le cas où il a mangé de la graisse interdite ('hélev) et du sang (dam) — s'il en est ainsi, il n'y a aucune différence entre le Chabbat et les autres mitsvot : ici on est tenu d'apporter deux sacrifices expiatoires, et là on est tenu d'apporter deux sacrifices expiatoires ! Au contraire, quelles sont les circonstances, pour les autres mitsvot, où l'on n'est tenu d'apporter qu'un seul sacrifice expiatoire ? C'est le cas où il a mangé de la graisse interdite, puis a de nouveau mangé de la graisse interdite, au cours d'un seul oubli. La situation correspondante pour le Chabbat est le cas où l'on a accompli un acte de moisson, puis un autre acte de moisson, au cours d'un seul oubli. Mais là encore il n'y a aucune différence entre le Chabbat et les autres mitsvot : ici on est tenu d'apporter un seul sacrifice expiatoire, et là on est tenu d'apporter un seul sacrifice expiatoire !
אָמַר מָר: חוֹמֶר שַׁבָּת מִשְּׁאָר מִצְוֹת, שֶׁהַשַּׁבָּת עָשָׂה שְׁתַּיִם בְּהֶעְלֵם אֶחָד — חַיָּיב עַל כׇּל אַחַת וְאַחַת, מַה שֶּׁאֵין כֵּן בִּשְׁאָר מִצְוֹת. הֵיכִי דָמֵי? אִילֵּימָא דַּעֲבַד קְצִירָה וּטְחִינָה, דִּכְווֹתַהּ גַּבֵּי שְׁאָר מִצְוֹת אֲכַל חֵלֶב וְדָם. הָכָא תַּרְתֵּי מִיחַיַּיב, וְהָכָא תַּרְתֵּי מִיחַיַּיב! אֶלָּא שְׁאָר מִצְוֹת דְּלָא מִיחַיַּיב אֶלָּא חֲדָא הֵיכִי דָּמֵי — דַּאֲכַל חֵלֶב וְחֵלֶב. דִּכְווֹתַהּ גַּבֵּי שַׁבָּת — דַּעֲבַד קְצִירָה וּקְצִירָה, הָכָא חֲדָא מִיחַיַּיב, וְהָכָא חֲדָא מִיחַיַּיב!
La Guemara explique : en réalité, il s'agit d'un cas où l'on a accompli des actes de moisson et de mouture. Et quel est le sens de l'expression « ce qui n'est pas le cas pour les autres mitsvot » ? Elle ne vise pas l'ensemble des mitsvot en général, mais l'interdit de l'idolâtrie ('avoda zara), qui est composé de prohibitions distinctes dont chacune entraîne une responsabilité indépendante. Cela est conforme à l'opinion de Rabbi Ami, car Rabbi Ami a dit : celui qui a sacrifié à une idole, a fait fumer de l'encens devant elle et a versé du vin en libation devant elle, au cours d'un seul oubli, n'est tenu d'apporter qu'un seul sacrifice expiatoire — et ce, bien que, s'il avait accompli ces rites séparément, il eût été tenu d'apporter un sacrifice expiatoire pour chacun. Telle est donc la rigueur des autres mitsvot par rapport au Chabbat.
לְעוֹלָם דַּעֲבַד קְצִירָה וּטְחִינָה, וּמַאי ״מַה שֶּׁאֵין כֵּן בִּשְׁאָר מִצְוֹת״ — אַעֲבוֹדָה זָרָה, וְכִדְרַבִּי אַמֵּי. דְּאָמַר רַבִּי אַמֵּי: זִיבַּח וְקִיטֵּר וְנִיסֵּךְ בְּהַעֲלָמָה אַחַת — אֵינוֹ חַיָּיב אֶלָּא אַחַת.
La Guemara demande : dans quel cas as-tu établi la baraïta — dans le cas de l'idolâtrie ? Dans ce cas, énonce la fin [de la baraïta] et vois si cette explication s'y applique également. La fin énonce : la rigueur des autres mitsvot plus grande que celle du Chabbat, c'est que, pour les autres mitsvot, celui qui accomplit un acte par inadvertance sans intention (chagag belo mitkavén) est tenu pour responsable, ce qui n'est pas le cas pour le Chabbat. Or ce cas d'acte accompli par inadvertance sans intention à propos de l'idolâtrie, quelles sont ses circonstances ? Si tu dis qu'il s'agit d'un cas où il pensait que c'était une synagogue et s'est prosterné devant elle, alors qu'il s'est trouvé qu'il se prosternait devant une idole — il n'a commis aucune transgression : puisque son cœur était tourné vers le Ciel, ce n'est même pas une transgression par inadvertance. Au contraire, il s'agit d'un cas où il a vu une statue [andarta] à l'effigie du roi et s'est prosterné devant elle. Quelles sont les circonstances ? Si la baraïta vise un cas où il s'est prosterné parce qu'il a accepté cette image sur lui comme un dieu, il a servi l'idolâtrie volontairement (mézid) et n'est pas tenu d'apporter un sacrifice expiatoire. Et s'il n'a pas accepté cette image sur lui comme un dieu et s'est prosterné par simple déférence envers le monarque, cela n'est rien et ne constitue pas un acte d'idolâtrie.
בְּמַאי אוֹקֵימְתַּהּ — בַּעֲבוֹדָה זָרָה? אֵימָא סֵיפָא: חוֹמֶר בִּשְׁאָר מִצְוֹת, שֶׁבִּשְׁאָר מִצְוֹת שָׁגַג בְּלֹא מִתְכַּוֵּין — חַיָּיב, מַה שֶּׁאֵין כֵּן בְּשַׁבָּת — הַאי שָׁגַג בְּלֹא מִתְכַּוֵּין דַּעֲבוֹדָה זָרָה הֵיכִי דָּמֵי? אִילֵּימָא כְּסָבוּר בֵּית הַכְּנֶסֶת הוּא וְהִשְׁתַּחֲוָה לָהּ — הֲרֵי לִבּוֹ לַשָּׁמַיִם. וְאֶלָּא דְּחָזֵי אִנְדְּרָטָא וְסָגֵיד לֵהּ, הֵיכִי דָּמֵי? אִי דְּקַבְּלֵהּ עֲלֵיהּ בֶּאֱלוֹהַּ — מֵזִיד הוּא. וְאִי דְּלָא קַבְּלֵהּ עֲלֵיהּ בֶּאֱלוֹהַּ — לָאו כְּלוּם הוּא.
Au contraire, il s'agit d'un cas où l'on s'est prosterné par amour (méahava) de quelqu'un qui a demandé qu'on se prosterne devant la statue, ou par crainte (miyira) de quelqu'un qui y contraint. Il est sous l'impression que, tant qu'il n'a pas l'intention de tout cœur de servir l'idole, aucun interdit n'est en jeu. Cela s'accorde bien avec l'opinion d'Abayé, qui dit : celui qui se prosterne par amour ou par crainte est tenu pour responsable et doit apporter un sacrifice expiatoire. Mais selon l'opinion de Rava, qui dit : celui qui se prosterne par amour ou par crainte est exempt d'apporter un sacrifice expiatoire — que peut-on dire ? Selon l'opinion de Rava, la difficulté demeure : il n'existe aucun cas où il y ait une différence entre la règle de l'idolâtrie et celle du Chabbat. Au contraire, il s'agit d'un cas où l'on se dit à soi-même que cela est permis (omér moutar) : il est sous l'impression que l'idolâtrie est permise, et son acte par inadvertance résulte de l'ignorance et non de l'oubli. L'énoncé de la baraïta « ce qui n'est pas le cas pour le Chabbat » vise alors celui qui était sous l'impression qu'accomplir des travaux le Chabbat est permis : celui qui accomplit des travaux interdits dans ces circonstances est complètement exempt.
אֶלָּא מֵאַהֲבָה וּמִיִּרְאָה. הָנִיחָא לְאַבָּיֵי, דְּאָמַר חַיָּיב. אֶלָּא לְרָבָא דְּאָמַר פָּטוּר, מַאי אִיכָּא לְמֵימַר? אֶלָּא בְּאוֹמֵר ״מוּתָּר״. מַה שֶּׁאֵין כֵּן בְּשַׁבָּת דְּפָטוּר — לִגְמָרֵי.
Cette conclusion contredit un autre énoncé de Rava. À propos de celui qui ignore à la fois l'essence même du Chabbat et les travaux interdits individuels, Rava ne posa une question à Rav Na'hman que pour savoir s'il fallait le déclarer tenu d'apporter un seul, ou bien tenu d'apporter deux sacrifices expiatoires ; mais la possibilité de l'exempter complètement ne vint pas à l'esprit de Rava. Cette explication de la baraïta est donc incompatible avec l'opinion de Rava.
עַד כָּאן לָא בְּעָא מִינֵּיהּ רָבָא מֵרַב נַחְמָן, אֶלָּא אִי לְחַיּוֹבֵי חֲדָא, אִי לְחַיּוֹבֵי תַּרְתֵּי, אֲבָל מִפְטְרֵיהּ לִגְמָרֵי — לָא.

Rachi

נתכוין להגביה את התלוש - כגון דנפל סכין בערוגת הירק ונתכוין להגביהו:,וחתך את המחובר פטור - דכתיב אשר חטא בה ודרשינן בכריתות פרט למתעסק בדבר אחר ועשה דבר זה ושוגג היכי דמי כגון שנתכוין לכך אבל שגג דסבר שאין היום שבת או סבר שמלאכה זו מותרת וזה מתעסק בהגבהה היה ולא בחתיכה:,דהא לא איכוין אחתיכה דאיסורא - בשגגת שבת או בשגגת מלאכות אלא מתעסק בחתיכת היתר הוה שיודע שהוא שבת ויודע שחתיכת מחובר אסור:

משא"כ בשאר מצות - כולה מפרש לה ואזיל:,שגג בלא מתכוין - לקמן מפרש לה:

חלב ודם - דומיא דטחינה וקצירה שהן שני גופין:,אלא גבי שאר מצות היכי דמי - דפטור:,כגון חלב וחלב - בהעלם אחד:

דרבי אמי - במסכת סנהדרין בפרק ד' מיתות יליף למילתיה מקרא דאין חילוק חטאות לעכו"ם:

והשתחוה לה - והיינו שגג שהיא ע"ז בלא מתכוין שלא נתכוון להשתחוות לע"ז:,הרי לבו לשמים - ומה חיוב יש כאן אפי' ידע שהוא בית ע"ז והשתחוה בו לשמים אין חיוב כאן:,אנדרטא - צורת המלך שעושין לכבוד המלך והשתחוה לה ולא לשם אלהות:

מאהבה ומיראה - מאהבת אדם או מיראת אדם השתחוה לע"ז וקרי ליה שוגג בלא מתכוין כלומר שגג בהכי דסבור כיון דאין מתכוין לבו לאלהות מותר:,אלא באומר מותר - כגון גר שנתגייר בין הנכרים כסבור שאין ע"ז בתורה וקרי ליה שגג בלא מתכוין:,דפטור לגמרי - בתמיה:

עד כאן לא קבעי מיניה רבא מרב נחמן - העלם זה וזה בידו מהו לעיל בפירקין (שבת דף ע:) דהיינו אומר מותר דאמר אין שבת בתורה היינו העלם זה וזה:

Tossafot

נתכוין להגביה את התלוש - פירש בקונטרס כגון סכין מוטל בערוגת ירק ונתכוין להגביה וחתך את המחובר א"כ הא דפליגי בנתכוין לחתוך את התלוש וחתך את המחובר היינו לחתוך תלוש וחתך מחובר אחר אבל לחתוך מחובר זה וחתך מחובר אחר משמע דחייב לכ"ע וקשה לר"ת דבסוף פ' ספק אכל (כריתות יט:) אמר שמואל המתעסק בחלבים ועריות חייב שכן נהנה בשבת פטור דמלאכת מחשבת אסרה תורה ומוכח התם דאפילו בנתכוין ללקוט תאנה זו וליקט תאנה אחרת פטר שמואל ולקמן בפרק הזורק (שבת דף צז:) פטר רבא נתכוין לזרוק ארבע וזרק שמנה כי לא אמר כל מקום שתרצה תנוח וכל שכן בנתכוין לזרוק בצד זה וזרק בצד אחר דלא נעשה כלל רצונו או נתכוין לחתוך מחובר זה וחתך מחובר אחר דפטור ונראה לר"ת דהכא מיירי בנתכוין לחתוך תלוש ונמצא שהוא מחובר וחותך מה שהיה מתכוין אלא שלא היה יודע שהיה מחובר ופליגי אביי ורבא בקרא דאשר חטא בה דמוקי ליה רבי אליעזר בפרק ספק אכל (שם יט:) פרט למתעסק והכי איתא התם בהדיא דקאמר עלה לרבא משכחת לה שנתכוין לחתוך את התלוש וחתך את המחובר לאביי שנתכוין להגביה את התלוש כו' ושמואל דפטר מטעם מלאכת מחשבת היינו בנתכוין לחתוך מחובר זה וחתך מחובר אחר דלא נעשה מחשבתו והשתא אתי שפיר דקאמר לקמן דמפרש שגג בלא מתכוין דשאר מצות היכי דמי כגון דסבור שומן הוא ואכלו דהיינו ממש דומיא דשבת לפר"ת:,רבא אמר פטור - ואם תאמר והא אמר בפרק בן סורר ומורה (סנהדרין דף עד.) דע"ז וגילוי עריות ושפיכות דמים יהרג ואל יעבור אם כן אפילו לא מקבל ליה חייב ואין לומר דרבא לטעמיה דאמר במס' ע"ז בפרק ר' ישמעאל (עבודה זרה דף נד.) דאפילו בע"ז בצינעא וחי בהם ולא שימות בהם והא דקאמר רבא בפ"ב דכתובות (דף יט.) גבי עדים שאמרו להם חתמו שקר כו' שאין לך דבר שעומד בפני פיקוח נפש אלא ע"ז וגילוי עריות ושפיכות דמים ה"פ אפילו מאן דמחמיר לא מחמיר אלא בע"ז ג"ע ושפיכות דמים דאם כן דטעמא דרבא דפטר הוי משום הכי מאי מייתי אביי בפ' ד' מיתות (סנהדרין סא:) מכמה ברייתות לימא דאתיא כמ"ד בפרק בן סורר (כם עד.) יהרג ואל יעבור דפלוגתא דתנאי היא וי"ל דסבר רבא דאפי' למ"ד דחייב למסור את עצמו אם לא מסר עצמו לא מיחייב מיתה בבית דין וקשה לרשב"א דאמר רבא במסכת ע"ז הכל היו בכלל לא תעבדם כשפרט לך הכתוב וחי בהם יצא אונס משמע דלא מפיק אלא אונס מיתה אבל שאר אונסין הוו בכלל לא תעבדם וחייב) והכא פטור אפי' מאהבה דליכא אונס מיתה וי"מ דההיא דאמר יהרג ואל יעבור היינו בסתם אע"ג דלא מקבל עליה לאלוה אבל הכא במפרש דקעביד מאהבה ומיראה אי נמי אפילו בסתם ובע"ז שהכל אין עובדין אותה אלא מאהבה ומיראה דומיא דהמן דמייתי עלה התם להם אי אתה משתחוה אבל אתה משתחוה לאדם כמותך יכול אפי' נעבד כהמן ת"ל לא תעבדם [וקאמר רבא כהמן ולא כהמן דאילו התם מיראה והכא לאו מיראה] ומההיא גופא נמי יש לדקדק דחייב אע"ג דלא קבל עליה באלוה דמשמע דאסר נעבד כהמן דומיא דאדם שכמותך דשרי והיינו בלא קיבלו עליו באלוה ועוד דאמר בפרק ד' מיתות (סנהדרין דף ס:) הפוער עצמו לפעור זו היא עבודתו אע"ג דקא מכוין לבזוייא הזורק אבן למרקוליס זו היא עבודתו אע"ג דקא מכוין למירגמיה אלמא דחייב אע"פ שאין מקבל עליו באלוה ומיהו יש לפרש אע"ג דקא מכוין לבזוייא מכוין לעובדה דרך בזיון וברגימה זו והא דלא דחי ראיות דאביי בעובד מאהבה ומיראה סתם משום דסתם עובד כמדעתו דמי וא"ת ולמאי דפטר רבא אמאי לא השתחוה מרדכי להמן וי"ל כדאמרינן במדרש ששתי צורות היו על לבו ועוד משום קידוש השם כדאשכחן בירושלמי במסכת שביעית בפ"ד כגון פפוס ולולינוס אחיו שנתנו להם מים בזכוכית צבועה ולא קבלו מהם:

הניחא לאביי דאמר חייב - פי' הניחא לאביי בהא דמשכחת גבי ע"ז שגג בלא מתכוין אבל מ"מ גם לאביי לא מיתוקמא ברייתא שפיר בהכי דהא אם חלל שבת מאהבה ומיראה נמי חייב ולהכי איצטריך בסמוך לאוקמא אליבא דאביי שגג בלא מתכוין ה"ד דסבור רוק הוא ובלעו:,באומר מותר - והא דמעטינן בפ"ב דמכות (דף ז: ושם) בשגגה פרט לאומר מותר שאני גבי גלות דטובא בשגגה כתיבי התם ולהכי נמי אמר בסוף פ"ב דב"ק (דף כו: ושם) היתה אבן מונחת לו בחיקו ולא הכיר בה מעולם לענין גלות פטור מבשגגה לענין שבת פטור משום דבעינן מלאכת מחשבת והשתא תיפוק ליה דגבי שבת נמי כתיב בשגגה אלא ודאי דוקא גבי גלות ממעטינן משום דכתיבי בשגגה טובא:

עד כאן לא בעא מיניה רבא מרב נחמן כו' - וא"ת אמאי לא מייתי מתני' דהשוכח עיקר שבת דאינו חייב אלא אחת ולא הוי פטור לגמרי וי"ל דניחא ליה לאתויי מרבא דמספקא ליה בהעלם זה וזה דדילמא אפי' תרתי מיחייב דכי אוקי הכא באומר מותר היינו בנתעלמה ממנו לפי שעה דהיינו דומיא דהעלם זה וזה בידו כדפי' לעיל דאם לא נודע לו מעולם איסור ע"ז אינו ישראל כלל כיון שמודה בע"ז דדוחק להעמיד בתינוק שנשבה לבין העכו"ם:

Texte : Sefaria — William Davidson Edition - Vocalized Aramaic · traduction française de travail, à valider.

Shabbat 72b
100%
שבת ע״ב במַסֶּכֶת שַׁבָּת