Guémara
La Guemara demande : Qu'y a-t-il de différent dans le premier membre [de la michna], qui enseigne qu'il n'est tenu d'apporter qu'un seul sacrifice expiatoire (korban 'hatat) pour chaque Chabbat, et dans le dernier membre, qui enseigne qu'il est tenu [d'un sacrifice] pour chaque catégorie principale de travail (melakha) qu'il a accomplie ? Rav Safra dit : Ici, lorsqu'il ignore que le jour est Chabbat, c'est par la prise de conscience du Chabbat qu'il se désiste ; quand on lui dit que c'était Chabbat, il s'arrête aussitôt. Et là, lorsqu'il ignore que les travaux sont interdits, c'est par la prise de conscience des travaux qu'il se désiste ; quand on lui dit que ce travail est interdit, il s'arrête aussitôt. Rav Na'hman dit à Rav Safra : Se désiste-t-il à cause du Chabbat pour une autre raison que parce qu'il sait que les travaux sont interdits [s'il ne savait pas que le travail est interdit, lui dire que c'est Chabbat ne le ferait pas se désister] ? Et de même, se désiste-t-il d'accomplir les travaux, quand on lui dit que c'est interdit, pour une autre raison que parce qu'il sait que c'est Chabbat [s'il ne savait pas que c'était Chabbat, il n'aurait aucune raison de se désister du travail] ? [Attribuer la distinction entre les deux parties de la michna à ce qui finit par lui devenir connu dans chaque cas est donc erroné.] Rav Na'hman dit plutôt : Le sacrifice que la Torah l'a obligé à apporter, pour quoi y est-il obligé ? C'est pour avoir commis une transgression par inadvertance (chegaga). Là-bas, où il ignorait que le jour était Chabbat, il a agi par inadvertance à l'égard d'une seule chose ; ici, où il ignorait [l'interdit des] travaux, il a agi par inadvertance à l'égard de plusieurs choses, et il est tenu d'apporter des sacrifices expiatoires selon le nombre de choses dont il était inconscient.
מַאי שְׁנָא רֵישָׁא וּמַאי שְׁנָא סֵיפָא? אָמַר רַב סָפְרָא: כָּאן — מִידִיעַת שַׁבָּת הוּא פּוֹרֵשׁ, וְכָאן — מִידִיעַת מְלָאכָה הוּא פּוֹרֵשׁ. אֲמַר לֵיהּ רַב נַחְמָן: כְּלוּם פֵּרֵישׁ מִשַּׁבָּת אֶלָּא מִשּׁוּם מְלָאכוֹת, וּכְלוּם פֵּרֵישׁ מִמְּלָאכוֹת אֶלָּא מִשּׁוּם שַׁבָּת! אֶלָּא אָמַר רַב נַחְמָן: קׇרְבָּן דְּחַיֵּיב רַחֲמָנָא אַמַּאי — אַשְּׁגָגָה. הָתָם חֲדָא שְׁגָגָה, הָכָא טוּבָא שְׁגָגוֹת הָוְיָין.
[La michna enseigne :] Il est tenu [d'un sacrifice] pour chaque travail (melakha) [accompli le Chabbat]. La Guemara demande : D'où tirons-nous la division des travaux ('hilouk melakhot) — quelle est la source de la halakha selon laquelle, si l'on accomplit plusieurs travaux interdits le Chabbat au cours d'un seul moment d'inadvertance (he'lem e'had), chaque travail interdit est compté comme une faute distincte quant au châtiment ? Chmouel dit : Le verset énonce « Et vous observerez le Chabbat, car il est saint pour vous ; celui qui le profane sera assurément mis à mort [mot youmat] » (Chemot 31, 14). Du langage redoublé, mot youmat, nous apprenons que la Torah a multiplié plusieurs morts pour une seule profanation [bien que plusieurs infractions aient été commises au cours d'un seul moment d'inadvertance, chacune est comptée comme une faute distincte quant au châtiment]. La Guemara objecte : Ce verset a été écrit à propos d'une transgression intentionnelle (mezid) [or la Guemara cherche une source pour les multiples sacrifices apportés pour une transgression par inadvertance] ! La Guemara répond : Si [ce verset] ne s'applique pas à la transgression intentionnelle — car il n'enseigne aucune halakha applicable aux actes intentionnels, cela ayant déjà été écrit : « Six jours tu feras un travail, et le septième jour il sera saint pour vous, un Chabbat de repos complet pour l'Éternel ; quiconque y fait un travail sera mis à mort » (Chemot 35, 2) — alors applique-le à la transgression par inadvertance [le verset enseigne que ce qui a été écrit concernant la peine de mort pour la profanation du Chabbat en général s'applique à toutes les halakhot du Chabbat, y compris les cas d'inadvertance]. Et quel est alors le sens du terme « sera mis à mort » dans le verset [veut-il dire que celui qui commet une transgression par inadvertance est passible de mort] ? Cela signifie qu'il « mourra » par paiement d'argent [la mort est employée au sens de châtiment : il sera contraint de payer pour de nombreux sacrifices afin d'expier ses fautes].
חַיָּיב עַל כׇּל מְלָאכָה וּמְלָאכָה: חִילּוּק מְלָאכוֹת מְנָלַן? אָמַר שְׁמוּאֵל, אָמַר קְרָא: ״מְחַלְּלֶיהָ מוֹת יוּמָת״ — הַתּוֹרָה רִבְּתָה מִיתוֹת הַרְבֵּה עַל חִילּוּל אֶחָד. הַאי בְּמֵזִיד כְּתִיב! אִם אֵינוֹ עִנְיָן לְמֵזִיד, דִּכְתִיב: ״כׇּל הָעֹשֶׂה מְלָאכָה יוּמָת״, תְּנֵהוּ עִנְיָן לְשׁוֹגֵג. וּמַאי ״יוּמָת״? — יוּמַת בְּמָמוֹן.
La Guemara demande : Et qu'il déduise [plutôt] la division des travaux de là où la tire Rabbi Natan ! Car il a été enseigné dans une baraita que Rabbi Natan dit : Il est écrit « Vous n'allumerez pas de feu dans toutes vos demeures le jour du Chabbat » (Chemot 35, 3). Que vient enseigner ce verset [l'interdit d'allumer est déjà inclus dans l'interdit général d'accomplir un travail le Chabbat] ? [Il faut le comprendre ainsi :] Puisqu'il est déjà dit « Et Moché rassembla toute l'assemblée des enfants d'Israël et leur dit : Voici les choses [ele hadevarim] que l'Éternel a ordonné de faire. Six jours sera fait un travail, et le septième jour il sera saint pour vous, un Chabbat de repos complet pour l'Éternel » (Chemot 35, 1-2). [Et Rabbi Natan dérive ainsi :] « Voici les choses » (ele hadevarim) — qui désigne les halakhot du Chabbat — comporte des accentuations superflues dans le contexte du verset. La Torah aurait pu se contenter de dire « une chose » (davar). Quand elle dit « choses » (devarim) au pluriel, cela enseigne au moins deux points ; l'ajout de l'article défini « les choses » (hadevarim) ajoute au moins un troisième point ; la valeur numérique (guematria) des lettres du mot ele — alef = 1, lamed = 30, he = 5 — est trente-six. Le total, trois plus trente-six, dérive de l'expression « voici les choses », fait allusion aux trente-neuf travaux interdits qui furent énoncés à Moché au Sinaï.
וְתִיפּוֹק לֵיהּ חִילּוּק מְלָאכוֹת מֵהֵיכָא דְּנָפְקָא לֵיהּ לְרַבִּי נָתָן! דְּתַנְיָא, רַבִּי נָתָן אוֹמֵר: ״לֹא תְבַעֲרוּ אֵשׁ בְּכֹל מֹשְׁבֹתֵיכֶם בְּיוֹם הַשַּׁבָּת״ מַה תַּלְמוּד לוֹמַר? לְפִי שֶׁנֶּאֱמַר ״וַיַּקְהֵל מֹשֶׁה אֶת כׇּל עֲדַת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל אֵלֶּה הַדְּבָרִים וְגוֹ׳ שֵׁשֶׁת יָמִים תֵּעָשֶׂה מְלָאכָה״. ״דְּבָרִים״, ״הַדְּבָרִים״, ״אֵלֶּה הַדְּבָרִים״ — אֵלּוּ שְׁלֹשִׁים וָתֵשַׁע מְלָאכוֹת שֶׁנֶּאֶמְרוּ לְמֹשֶׁה בְּסִינַי.
[La baraita poursuit :] J'aurais pu penser que, s'il les a tous accomplis au cours d'un seul moment d'inadvertance [oubliant qu'ils sont interdits], il ne serait tenu d'apporter qu'un seul sacrifice expiatoire ? C'est pourquoi le verset énonce « Six jours tu travailleras, et le septième tu te reposeras ; au labour et à la moisson tu te reposeras » (Chemot 34, 21), ce qui indique qu'il y a des interdits propres tant au labour qu'à la moisson. Et je pourrais encore dire : pour le labour et pour la moisson il est tenu d'apporter deux [sacrifices], puisqu'ils ont été énoncés explicitement, mais pour l'accomplissement de tous les autres travaux interdits il n'est tenu que d'un seul ? C'est pourquoi le verset énonce « Vous n'allumerez pas de feu dans toutes vos demeures le jour du Chabbat » (Chemot 35, 3). Cela se dérive de la manière suivante : L'allumage (hav'ara) était inclus dans l'interdit général prohibant tous les travaux ; pourquoi alors a-t-il été distingué et interdit explicitement ? Il a été distingué afin d'assimiler les autres travaux à lui et de te dire : de même que l'allumage est une catégorie principale de travail interdit (av melakha) et que l'on est tenu de l'accomplir à lui seul, de même, pour toute catégorie principale de travail interdit, on est tenu de l'accomplir à elle seule.
יָכוֹל עֲשָׂאָן כּוּלָּן בְּהֶעְלֵם אֶחָד אֵינוֹ חַיָּיב אֶלָּא אַחַת? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״בֶּחָרִישׁ וּבַקָּצִיר תִּשְׁבֹּת״. וַעֲדַיִין אֲנִי אוֹמֵר: עַל חֲרִישָׁה וְעַל קְצִירָה חַיָּיב שְׁתַּיִם, וְעַל כּוּלָּן אֵינוֹ חַיָּיב אֶלָּא אַחַת?! תַּלְמוּד לוֹמַר: ״לֹא תְבַעֲרוּ אֵשׁ״ — הַבְעָרָה בַּכְּלָל הָיְתָה, וְלָמָּה יָצָאת? — לְהַקִּישׁ אֵלֶיהָ וְלוֹמַר לָךְ: מָה הַבְעָרָה שֶׁהִיא אַב מְלָאכָה וְחַיָּיבִין עָלֶיהָ בִּפְנֵי עַצְמָהּ, אַף כֹּל שֶׁהִיא אַב מְלָאכָה — חַיָּיבִין עָלֶיהָ בִּפְנֵי עַצְמָהּ.
[Pourquoi Chmouel ne dérive-t-il pas cette halakha de la même source que Rabbi Natan ?] La Guemara répond : Chmouel tient comme Rabbi Yossi, qui a dit : L'allumage a été distingué pour [enseigner] un simple interdit (lav) [celui qui allume un feu le Chabbat ne transgresse qu'un interdit, alors que l'accomplissement des autres catégories principales de travail est passible de lapidation (sekila) ou de retranchement (karet) ; en revanche, celui qui allume un feu le Chabbat n'a transgressé qu'un interdit]. Comme il a été enseigné dans une baraita : L'allumage a été distingué pour [enseigner] un simple interdit (lelav yatsat) — telles sont les paroles de Rabbi Yossi. Rabbi Natan dit : [L'allumage est comme tout autre travail interdit le Chabbat ;] il a été distingué pour diviser (le'halek yatsat) [les divers travaux et établir la responsabilité pour l'accomplissement de chacun d'eux].
שְׁמוּאֵל סָבַר לַהּ כְּרַבִּי יוֹסֵי, דְּאָמַר: הַבְעָרָה — לְלָאו יָצָאת. דְּתַנְיָא: הַבְעָרָה — לְלָאו יָצָאת, דִּבְרֵי רַבִּי יוֹסֵי. רַבִּי נָתָן אוֹמֵר: לְחַלֵּק יָצָאת.
La Guemara soulève une objection supplémentaire à l'opinion de Chmouel : S'il tient comme Rabbi Yossi à propos de l'interdit explicite de l'allumage, qu'il dérive [plutôt] la division des travaux de là où Rabbi Yossi la tire ! Car il a été enseigné dans une baraita que Rabbi Yossi dit : Il est dit « Parle aux enfants d'Israël en disant : une âme qui péchera par erreur, parmi tous les commandements de l'Éternel qui ne doivent pas être accomplis, et qui en accomplira une d'entre eux [me'a'hat mehena] » (Vayikra 4, 2). [Rabbi Yossi interprète ce verset ainsi :] parfois on est tenu d'apporter un seul sacrifice expiatoire pour toutes ses transgressions, et parfois on est tenu d'apporter un sacrifice expiatoire pour chacune et chacune de ses transgressions. Et Rabbi Yossi fils de Rabbi 'Hanina a dit : Quelle est la raison [du raisonnement] de Rabbi Yossi ? Il interprète l'expression singulière employée dans ce verset. [La Torah aurait pu dire simplement « une » (a'hat) ; elle a dit « d'une » (me'a'hat). Elle aurait pu dire simplement « elles » (hena) ; elle a dit « d'elles » (mehena).] Rabbi Yossi dérive qu'il y a des cas d'une seule transgression qui, quant au châtiment, sont « elles » (hena), c'est-à-dire multiples ; et des cas d'« elles », plusieurs transgressions, qui, quant au châtiment, sont « une » (a'hat).
וְתִיפּוֹק לֵיהּ לְחִלּוּק מְלָאכוֹת מֵהֵיכָא דְּנָפְקָא לֵיהּ לְרַבִּי יוֹסֵי! דְּתַנְיָא, רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: ״וְעָשָׂה מֵאַחַת מֵהֵנָּה״, פְּעָמִים שֶׁחַיָּיבִים אַחַת עַל כּוּלָּן, וּפְעָמִים שֶׁחַיָּיבִין עַל כׇּל אַחַת וְאַחַת. וְאָמַר רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי חֲנִינָא: מַאי טַעְמָא דְּרַבִּי יוֹסֵי, ״אַחַת״ ״מֵאַחַת״, ״הֵנָּה״ ״מֵהֵנָּה״ — אַחַת שֶׁהִיא הֵנָּה, הֵנָּה שֶׁהִיא אַחַת.
[Et de plus :] Le terme « une » (a'hat) désigne une transgression pleine et entière [du Chabbat, par exemple celui qui a eu l'intention d'écrire et a écrit un nom complet, « Chimon ». Le terme « d'une » (me'a'hat) désigne le cas où il n'a accompli qu'une partie de la transgression, par exemple celui qui a écrit
״אַחַת״ — שִׁמְעוֹן. ״מֵאַחַת״ —
Rachi
מאי שנא רישא - דשגגת שבת וזדון מלאכות לא מיחייב אלא אחת לכל שבת וסיפא דזדון שבת ושגגת מלאכות חייב על כל מלאכה ומלאכה:,כאן מידיעת שבת הוא פורש - רישא כי אמרו ליה שבת הוא פורש מן המלאכה ומכיר שחטא ועל כך הוא מביא קרבן הלכך שגגת שבת היא ועל השבת הוא צריך להביא:,כאן מידיעת מלאכות הוא פורש - כי אמרי ליה שבת הוא לא פריש דהא נמי ידע וכי אמרי ליה מלאכה חשובה היא זו פריש הלכך על מנין המלאכות יביא:,כלום פריש משבת אלא משום - דכי אודעיה שבת הוא הכיר שחטא על המלאכות וכלום פריש ממלאכה כלומר ע"י ידיעת המלאכות אלא משום שבת דכי אמרו ליה מלאכות הן הכיר שחילל שבת:
חילוק מלאכות - שגופי מלאכות מתחלקים לחטאות אע"פ שבהעלם אחד:,מות יומת - מיתות הרבה:,בממון - לאפושי קרבנות:
מה ת"ל - והלא כבר נאמר לא תעשה כל מלאכה:,דברים - משמע תרי ה' לרבות חד הרי שלשה אלה בגמטריא ל"ו הרי ל"ט:
ת"ל בחריש ובקציר תשבות - כלומר בלאו לא תבערו הוה לן למילף מהאי אם לא שיש להשיב:,ועדיין אני אומר על חריש וקציר חייב שתים - אם עשאן בהעלם אחד שהרי הוציאם מן הכלל לחלקן לשתים ומשמע אזהרה לקציר לעצמה ואזהרה לחריש לעצמה:,ועל כולן אחת - דבחדא מלאכה כיילינהו וחד לאו ובדבר שהיה בכלל ויצא מן הכלל ללמד לא ללמד כו' לא דיינינן ליה דהוי ליה כלל בלא תעשה ופרט בעשה ואין דנין אותו בכלל ופרט אי נמי הוי חריש וקציר שני כתובין הבאין כאחד ואין מלמדין דהוה ליה למיכתב חד:,ת"ל לא תבערו כו' - וחריש וקציר לדרשה אחרינא אי כר' עקיבא דדריש ליה בעלמא (ר"ה דף ט.) לענין תוספת שביעית אי כרבי ישמעאל לענין שבת מה חריש רשות אף קציר רשות ללמד על קציר העומר שדוחה שבת:,בכלל היתה - דלא תעשה כל מלאכה:,להקיש אליה - כל שאר המלאכות שנכללו עמה בכלל שזו מדה בתורה כל דבר שהיה בכלל ויצא מן הכלל ללמד לא ללמד על עצמו יצא כו':
ללאו - שאין חייבין עליה כרת וסקילה כשאר מלאכות אלא מה שאמור בה:,לחלק - כדאמרן מה הבערה מיוחדת:
ועשה מאחת מהנה - האמור לענין חטאות הוה ליה למכתב ועשה אחת ולישתוק אייתר ליה שאר' מ"ם דמאחת וכל תיבת מהנה לדרשה ודרוש הכי פעמים שכל מעשה עבירותיו חשוב אחת ופעמים שהוא קרוי הנה לשון רבים:
וא"ר יוסי בר' חנינא מ"ט דר' יוסי - כלומר מאי דריש ביה דאכתי מ' דמהנה ומ' דמאחת למאי אתא:,אחת מאחת - אחת הוה ליה למכתב וכתיב מאחת וכן נמי הנה ה"ל למכתב (הנה) [למדרש פעמים שהוא הנה] וכתב מהנה ודרוש אחת והנה בלא מ"ם הכי פעמים אחת שהוא הנה שבת [אחת] לבדו הוא מחלל ויש כאן חטאות הרבה דאזלי בתר מלאכות ופעמים הנה שהיא אחת מלאכות הרבה עשה ואינו חייב אלא אחת דבהנך תרי גווני איכא למשמע ועשה אחת וחייב הנה ואיכא למימר נמי הכי ועשה אחת הנה עשייתו הוי אחת אע"פ שהן הנה [וחייב א'] ומ"ם יתירה [דרוש הכי] לרבות שהכותב שם משמעון דאע"ג שנתכוון לעשות תיבה גדולה הואיל ושתי אותיות הראשונות שם במקום אחר הן חייב והיינו מאחת מקצת המלאכה ולא כולה יביא חטאת:
Tossafot
אם אינו ענין למזיד דהא כתיב כו' - ואם תאמר ולימא אם אינו ענין למזיד משום דאטו בתרי קטלא קטלת ליה וי"ל דאי לאו קרא אחרינא דמייתי הוה מוקמינן ליה להאי קרא במזיד ומות יומת דברה תורה כלשון בני אדם אבל השתא דלא איצטריך למזיד מוקמי ליה ע"כ בשוגג ולחייב קרבן על כל א':
יכול שאם עשאן כולם בהעלם אחד כו' - תימה א"כ מניינא דקרא דברים הדברים אלה הדברים למה לי כיון דלא אתא לחלק ויש לומר דצריך למניינא לפי שיש מלאכות שאינן חשובות ואיצטריך מניינא לאשמעינן דכולהו הויין מלאכות להתחייב עליהן ומיהו ממתניתין דמ' מלאכות דייק שפיר דבהעלם אחד חייב על כל אחת דלא הוה צריך למניינא כיון דמני כולהו בהדיא ומיהו קשה לר"י דלקמן בהזורק (שבת דף צז:) משמע דהאי מניינא אתיא לחלק דאמר התם למימרא דמחייב רבי אתולדה במקום אב והתניא רבי אומר דברים הדברים אלה הדברים כו' ופי' בקונטרס התם דהכי פריך הואיל ומניינא לא אתא אלא לחילוק חטאות ואי ס"ד דמחייב אתולדה במקום אב טובא ה"ל למיתני ולפי מה שפירשנו דמניינא לא אתא אלא לאשמעינן דכולהו חשובות מלאכות להתחייב עליהם לא הוה פריך מידי ונראה לר"י דגרס הכא כמו במכילתא דתניא התם רבי נתן אומר לא תבערו אש למה נאמר לפי שנאמר ויקהל משה שומע אני שלא יהא חייב עד שיעבור ל"ט מלאכות תלמוד לומר בחריש ובקציר וכו' והשתא אי לאו לא תבערו ה"א דמניינא אתא למימר שאינו חייב על אחת או שתים עד שיעבור כל ל"ט וכיון דכתיב לא תבערו דילפינן מיניה דחייב על כל אחת בפני עצמה אם כן מניינא אתא למימר דאל"ט דווקא הוא דחייב על כל אחת ואחת אבל אתולדה במקום אב לא והשתא מוכח שפיר בהזורק דרבי לא מחייב אתולדה במקום אב ואתי נמי שפיר להאי גירסא דקתני לפי שנאמר דברים הדברים וגו' יכול כו' דמשמע דמתוך קרא דהדברים הוא דמשמע ליה דאינו חייב עד שיעבור כולן וכן בפ"ק דפסחים (דף ה:) לפי שנאמר לא יראה לך יכול יטמין ויקבל פקדונות מן הנכרים אבל לגירסת הספרים מאי קאמר לפי שנאמר בלאו קרא נמי הוה אמרינן הכי כל כמה דלא נפקא לן חילוק מלאכות משום מקום:,על חרישה וקצירה חייב שתים - וא"ת מנא ליה דחייב שתים נימא דלא מיחייב אתרוייהו אלא אחת וי"ל משום דכתיב בחריש ובקציר דמשמע תרי מילי מדלא כתב בחריש וקציר:,ועל כולן אינו חייב אלא אחת - פירש בקונט' משום דהוי ליה כלל בלא תעשה ופרט בעשה וקשה דכללא נמי כתיב בעשה וביום השביעי תשבות ועוד דגבי כלל ופרט דוקא הוא דאמרינן בפרק קמא דמו"ק (דף ג.) דלא דיינינן כשאין הכלל בלשון הפרט אבל לגבי דבר שהוא יצא מן הכלל לא אשכחן בשום מקום ועוד דבמועד קטן איכא למ"ד דנין ונראה כפי' אחרון שפי' בקונט' דלא ילפינן מחריש וקציר משום דהוו שני כתובים הבאים כאחד וכה"ג אמרינן בפרק ד' מיתות (סגהדרין סז:) אוב וידעוני בכלל כל המכשפים היו כו' ופריך וליהוי אוב וידעוני שני כתובים הבאין כא' ואם תאמר והיכי יליף מלא תבערו כל שכן דהוי ג' כתובים הבאין כאחד ואין מלמדין לכ"ע וכ"ת דחריש וקציר אתא לכדדרשינן בריש מו"ק (ד' ד.) מה חריש רשות כו' אם כן היכי הוה בעי למילף מיניה מעיקרא הא לא אתי להכי ואומר ר"י דלא הוו ג' כתובים מדלא כתבינהו או כולהו בלאו או כולהו בעשה ולהכי ילפינן מהבערה ומהשתא אייתר ליה חריש וקציר לכדדרשינן במו"ק:
הבערה ללאו יצאת - וא"ת והא איצטריך למיכתב לא תבערו משום סיפיה דקרא דכתיב בכל מושבותיכם דדרשינן מינה ביבמות (דף ו:) ובסנהדרין (דף לה:) דאין רציחה דוחה שבת וי"ל דהוה מצי למיכתב בלישנא אחריתי ולא לכתוב לא תבערו ומשום דדרשינן בפ"ק (דף כ.) אבל אתה מבעיר כו' לא הוה צריך למיכתב לא תבערו:
מאי טעמא דר' יוסי - פי' בקונט' כלומר דאכתי מ"ם דמאחת ומהנה למה לי ולשון מאי טעמא אינו משמע כן ונראה לר"י דה"פ מ"ט דר' יוסי הא איצטריך קרא לשם משמעון ולאבות ולתולדות ומנא ליה דחייב על כל אחת ואחת ומפרש דמאחת שם משמעון מהנה לאבות ותולדות ומ"מ מדסמכינהו להדדי דרשינן אחת שהיא הנה והנה שהיא אחת:
Texte : Sefaria — William Davidson Edition - Vocalized Aramaic · traduction française de travail, à valider.