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Traité Shabbat

69b

Étude de Shabbat 69b

Étude de la Guémara 69b

Guémara
C'est pourquoi Abayé nous enseigne qu'il n'en est pas ainsi. La Guemara soulève une objection à partir d'une baraïta : Qu'est-ce qu'une transgression involontaire (chiguegat) d'un serment d'expression (chevouat bitouï) relatif au passé ? Quel est l'exemple de celui qui a juré faussement et par inadvertance au sujet d'un fait survenu dans le passé ? Il ne peut s'agir d'un cas où il aurait oublié le fait, car en ce cas il est exempté d'apporter un sacrifice. Il s'agit d'un cas où, s'il a dit : « Je sais que prêter ce faux serment est interdit, mais je ne sais pas si l'on est ou non passible d'apporter un sacrifice pour un faux serment » — il est tenu d'apporter un sacrifice pour une transgression involontaire. Apparemment donc, s'agissant d'un serment d'expression, le fait d'ignorer [l'obligation du] sacrifice (chiguegat korban) rend l'acte involontaire. La Guemara repousse cela : Selon l'opinion de qui est enseignée cette michna ? C'est l'opinion de Mounbaz. Selon lui, celui qui commet une transgression sans savoir si l'on est ou non passible d'apporter un sacrifice lorsqu'on accomplit cette transgression par inadvertance est considéré comme l'ayant accomplie par inadvertance.
קָא מַשְׁמַע לַן. מֵיתִיבִי: אֵיזוֹהִי שִׁגְגַת שְׁבוּעַת בִּיטּוּי לְשֶׁעָבַר — שֶׁאִם אָמַר ״יוֹדֵעַ אֲנִי שֶׁשְּׁבוּעָה זוֹ אֲסוּרָה, אֲבָל אֵינִי יוֹדֵעַ אִם חַיָּיבִין עָלֶיהָ קׇרְבָּן אוֹ לֹא״ — חַיָּיב! הָא מַנִּי? — מוֹנְבַּז הִיא.
Il existe une autre version (lichana a'harina) de la discussion de l'énoncé d'Abayé où, après avoir cité la halakha relative au serment d'expression, la question fut posée : Selon l'opinion de qui est enseignée cette michna ? Si tu dis que c'est selon l'opinion de Mounbaz, cela va de soi (pechita) : Or donc, si dans toute la Torah — là où il n'y a aucune nouveauté (qui n'est pas un 'hidouch) dans l'obligation d'apporter un sacrifice — il a dit que l'ignorance portant sur le sacrifice (chiguegat korban) est considérée comme une transgression involontaire (chegaga), ici, où il y a une nouveauté [et où le sacrifice du serment d'expression est plus singulier que les autres sacrifices pour le péché], à plus forte raison (lo kol chèken) [l'ignorance portant sur le sacrifice doit-elle être considérée comme involontaire] ! Plutôt, n'est-ce pas l'opinion des Sages (Rabbanan), et n'est-ce pas une réfutation concluante (teyouvta) de l'opinion d'Abayé ! La Guemara conclut : En effet, c'est une réfutation concluante.
(לִישָּׁנָא אַחֲרִינָא: מַנִּי? אִילֵּימָא מוֹנְבַּז — פְּשִׁיטָא, הַשְׁתָּא בְּכׇל הַתּוֹרָה דְּלָאו חִידּוּשׁ הוּא אָמַר שִׁגְגַת קׇרְבָּן שְׁמָהּ שְׁגָגָה, הָכָא דְּחִידּוּשׁ הוּא — לֹא כׇּל שֶׁכֵּן?! אֶלָּא לָאו רַבָּנַן הִיא, וּתְיוּבְתָּא דְאַבָּיֵי! תְּיוּבְתָּא.)
Et Abayé a dit : Tous s'accordent (hakol modim), s'agissant de la terouma, à dire que l'on n'est passible d'ajouter le paiement du cinquième ('homech) de la valeur de la terouma [pour l'avoir mangée par inadvertance] que si l'on est dans l'ignorance quant à son interdit (chichgog be-lav chebah). La Guemara demande : À l'opinion de qui Abayé fait-il référence par la formule « Tous s'accordent » ? Certainement à l'opinion de Rabbi Yo'hanan. Bien qu'en général il tienne que l'ignorance portant sur le karet suffit à rendre l'acte involontaire, le cas de la terouma est différent. La Guemara demande : Dans le cas de la terouma, il est évident qu'il en conviendrait ! Lorsque Rabbi Yo'hanan dit que l'on n'a pas besoin d'être dans l'ignorance quant à l'interdit, c'est dans un cas où il y a un interdit passible de karet ; mais ici, où il n'y a pas de châtiment de karet, Rabbi Yo'hanan ne dirait pas ainsi. La Guemara répond que néanmoins Abayé a introduit un élément nouveau : De peur que tu ne dises que, puisque celui qui mange intentionnellement de la terouma est passible de mort par la main du Ciel (mita biydé chamayim), peut-être la mort tient-elle lieu de karet ; et là où il était dans l'ignorance quant au châtiment de mort pour ce péché, il devrait également être tenu de payer le cinquième additionnel, comme celui qui accomplit la transgression par inadvertance, puisque son cas est analogue à celui de l'homme considéré comme involontaire faute d'avoir conscience du karet. C'est pourquoi Abayé nous enseigne qu'il n'en est pas ainsi. Rava a dit : En effet, la mort tient lieu de karet, et le cinquième additionnel tient lieu de sacrifice. Celui qui est dans l'ignorance quant à la mort par la main du Ciel et quant au cinquième additionnel a le même statut juridique que celui qui est dans l'ignorance quant au karet et au sacrifice.
וְאָמַר אַבָּיֵי: הַכֹּל מוֹדִים בִּתְרוּמָה שֶׁאֵין חַיָּיבִין עָלֶיהָ חוֹמֶשׁ עַד שֶׁיִּשְׁגּוֹג בְּלָאו שֶׁבָּהּ. ״הַכֹּל מוֹדִים״ מַאן? — רַבִּי יוֹחָנָן. פְּשִׁיטָא! כִּי אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן הֵיכָא דְּאִיכָּא כָּרֵת, הֵיכָא דְּלֵיכָּא כָּרֵת לָא! מַהוּ דְּתֵימָא: מִיתָה בִּמְקוֹם כָּרֵת עוֹמֶדֶת, וְכִי שָׁגַג בְּמִיתָה נָמֵי לִיחַיַּיב — קָא מַשְׁמַע לַן. רָבָא אָמַר: מִיתָה בִּמְקוֹם כָּרֵת עוֹמֶדֶת וְחוֹמֶשׁ בִּמְקוֹם קׇרְבָּן קָאֵי.
Rav Houna a dit : Celui qui marchait en chemin ou dans le désert et ne sait pas quand tombe le Chabbat compte six jours [à partir du jour où il a pris conscience qu'il avait perdu le compte du Chabbat] et observe ensuite un jour comme Chabbat. 'Hiya bar Rav dit : Il observe d'abord un jour comme Chabbat, puis il compte six jours de semaine. La Guemara explique : Sur quoi divergent-ils ? Un Sage, Rav Houna, tient : C'est à l'image de la création du monde — les jours de semaine, puis le Chabbat. Et un Sage, 'Hiya bar Rav, tient : C'est à l'image d'Adam, le premier homme, qui fut créé le sixième jour [et observa le Chabbat, suivi des six jours de la semaine]. La Guemara soulève une objection à l'opinion de 'Hiya bar Rav à partir d'une baraïta : Si une personne marchait en chemin et ne sait pas quand tombe le Chabbat, elle observe un jour pour six. Quoi, cela ne signifie-t-il pas qu'il compte six [jours] puis observe un jour, conformément à l'opinion de Rav Houna ? La Guemara repousse cela : Non, cela peut aussi signifier qu'il observe un jour puis compte six.
אָמַר רַב הוּנָא: הָיָה מְהַלֵּךְ בַּדֶּרֶךְ אוֹ בַּמִּדְבָּר וְאֵינוֹ יוֹדֵעַ אֵימָתַי שַׁבָּת, מוֹנֶה שִׁשָּׁה יָמִים וּמְשַׁמֵּר יוֹם אֶחָד. חִיָּיא בַּר רַב אוֹמֵר: מְשַׁמֵּר יוֹם אֶחָד, וּמוֹנֶה שִׁשָּׁה. בְּמַאי קָמִיפַּלְגִי — מָר סָבַר כִּבְרִיָּיתוֹ שֶׁל עוֹלָם, וּמָר סָבַר כְּאָדָם הָרִאשׁוֹן. מֵיתִיבִי: הָיָה מְהַלֵּךְ בַּדֶּרֶךְ וְאֵינוֹ יוֹדֵעַ אֵימָתַי שַׁבָּת מְשַׁמֵּר יוֹם אֶחָד לְשִׁשָּׁה. מַאי לָאו, מוֹנֶה שִׁשָּׁה וּמְשַׁמֵּר יוֹם אֶחָד?! לָא, מְשַׁמֵּר יוֹם אֶחָד וּמוֹנֶה שִׁשָּׁה.
La Guemara demande : S'il en est ainsi, si c'est bien ce que voulait dire la baraïta, pourquoi employer la formule « il observe un jour pour six » ? Elle aurait dû dire : « il observe un jour et compte six ». Et de plus, il fut enseigné dans une baraïta : Si quelqu'un marchait en chemin ou se trouvait dans le désert et ne sait pas quand tombe le Chabbat, il compte six jours et observe un jour. C'est une réfutation concluante (teyouvta) de l'opinion de Rabbi 'Hiya bar Rav. La Guemara conclut : En effet, c'est une réfutation concluante de l'opinion de 'Hiya bar Rav.
אִי הָכִי ״מְשַׁמֵּר יוֹם אֶחָד לְשִׁשָּׁה״ — ״מְשַׁמֵּר יוֹם אֶחָד וּמוֹנֶה שִׁשָּׁה״ מִיבְּעֵי לֵיהּ. וְעוֹד, תַּנְיָא: הָיָה מְהַלֵּךְ בַּדֶּרֶךְ אוֹ בַּמִּדְבָּר וְאֵינוֹ יוֹדֵעַ אֵימָתַי שַׁבָּת, מוֹנֶה שִׁשָּׁה וּמְשַׁמֵּר יוֹם אֶחָד, תְּיוּבְתָּא דְּרַבִּי חִיָּיא בַּר רַב! תְּיוּבְתָּא.
Rava a dit : La personne qui a perdu le compte du Chabbat et traite un jour de la semaine comme Chabbat prépare chaque jour assez de nourriture pour subvenir à ses besoins, sauf ce jour-là qu'elle a désigné comme Chabbat. La Guemara demande : Et ce jour-là, qu'il meure [donc] ?! Plutôt, cela signifie que la veille il prépare le double de la nourriture qu'il prépare les autres jours, afin de subvenir à ses besoins pour ce jour-là et le jour suivant. La Guemara demande : Et peut-être la veille était-elle précisément Chabbat ? En ce cas, non seulement il aurait accompli un travail le Chabbat, mais il l'aurait accompli le Chabbat en vue d'un jour de semaine. Plutôt, chaque jour il prépare assez de nourriture pour subvenir à ses besoins pour ce jour-là, y compris ce jour qu'il a désigné comme Chabbat. Et si tu demandes : En quoi ce jour qu'il a désigné comme Chabbat se distingue-t-il des autres ? Il se distingue par le kidouch et la havdala qu'il récite ce jour-là.
אָמַר רָבָא: בְּכָל יוֹם וָיוֹם עוֹשֶׂה לוֹ כְּדֵי פַרְנָסָתוֹ [בַּר מֵהָהוּא יוֹמָא]. וְהָהוּא יוֹמָא לֵימוּת?! דְּעָבֵיד מֵאֶתְמוֹל שְׁתֵּי פַרְנָסוֹת. וְדִילְמָא מֵאֶתְמוֹל שַׁבָּת הֲוַאי! אֶלָּא כָּל יוֹם וָיוֹם עוֹשֶׂה לוֹ פַּרְנָסָתוֹ, אֲפִילּוּ הָהוּא יוֹמָא. וְהָהוּא יוֹמָא בְּמַאי מִינְּכַר לֵיהּ? בְּקִידּוּשָׁא וְאַבְדָּלְתָּא.
Rava a dit : S'il avait une connaissance partielle du jour où il est parti — c'est-à-dire qu'il ne se souvient pas quel jour de la semaine c'était, mais qu'il se souvient du nombre de jours écoulés depuis son départ — il peut, chaque semaine, accomplir un travail tout au long du jour de son départ, puisqu'il n'a certainement pas quitté sa maison le Chabbat. La Guemara demande : Cela va de soi (pechita), et quel élément nouveau a-t-on introduit ici ? La Guemara répond : De peur que tu ne dises que, puisqu'il n'est pas parti le Chabbat, il n'est pas non plus parti le vendredi (erev Chabbat), et que cet homme, même s'il est parti le jeudi, devrait être autorisé à accomplir un travail durant deux jours — le huitième et le neuvième jour depuis son départ, [soit] le même jour de la semaine que celui de son départ et le jour suivant. C'est pourquoi Rava nous enseigne que, parfois, on trouve une caravane (chayara) et il arrive que l'on parte en voyage même le vendredi. Il n'est donc pas autorisé à accomplir un travail le jour de la semaine qui suit celui de son départ.
אָמַר רָבָא: אִם הָיָה מַכִּיר מִקְצָת הַיּוֹם שֶׁיָּצָא בּוֹ, עוֹשֶׂה מְלָאכָה כׇּל הַיּוֹם כּוּלּוֹ. פְּשִׁיטָא! מַהוּ דְתֵימָא: כֵּיוָן דְּשַׁבָּת לָא נָפֵיק, בְּמַעֲלֵי שַׁבְּתָא [נָמֵי] לָא נָפֵיק. וְהַאי, אִי נָמֵי בְּחַמְשָׁה בְּשַׁבְּתָא נָפֵיק — לִישְׁתְּרֵי לֵיהּ לְמֶיעְבַּד מְלָאכָה תְּרֵי יוֹמֵי — קָא מַשְׁמַע לַן זִימְנִין דְּמַשְׁכַּח שְׁיָּירְתָּא וּמִקְּרֵי וְנָפֵיק.
Nous avons appris dans la michna qu'il existe une différence de halakha entre celui qui connaît l'essence du Chabbat (ikar Chabbat) et celui qui ne la connaît pas. La Guemara demande : D'où, dans la Torah, ces choses sont-elles déduites ? Rav Na'hman a dit au nom de Rabba bar Avouh : Deux versets sont écrits. L'un dit : « Et les enfants d'Israël observeront le Chabbat, pour faire le Chabbat dans leurs générations, alliance perpétuelle » (Chemot 31, 16). Et il est écrit : « Et mes Chabbatot vous observerez, et mon Sanctuaire vous révérerez, je suis l'Éternel » (Vayikra 26, 2). Comment se fait-il que le Chabbat soit au singulier dans un verset, alors que dans l'autre il est au pluriel [Chabbatot] ? Il faut le comprendre ainsi : « Et les enfants d'Israël observeront le Chabbat » — une seule observance pour de nombreux Chabbatot [si quelqu'un commet plusieurs transgressions, il n'est, dans certains cas, passible que d'un seul sacrifice]. « Et mes Chabbatot vous observerez » — une observance pour chaque Chabbat [dans certains cas, on est passible d'un sacrifice pour le péché à chaque fois que l'on a profané le Chabbat par inadvertance].
הַיּוֹדֵעַ עִיקַּר שַׁבָּת: מְנָהָנֵי מִילֵּי? אָמַר רַב נַחְמָן אָמַר רַבָּה בַּר אֲבוּהּ: תְּרֵי קְרָאֵי כְּתִיבִי: ״וְשָׁמְרוּ בְנֵי יִשְׂרָאֵל אֶת הַשַּׁבָּת״, וּכְתִיב: ״וְאֶת שַׁבְּתֹתַי תִּשְׁמֹרוּ״. הָא כֵּיצַד? ״וְשָׁמְרוּ בְנֵי יִשְׂרָאֵל אֶת הַשַּׁבָּת״ — שְׁמִירָה אַחַת לְשַׁבָּתוֹת הַרְבֵּה. ״וְאֶת שַׁבְּתֹתַי תִּשְׁמֹרוּ״ — שְׁמִירָה אַחַת לְכׇל שַׁבָּת וְשַׁבָּת.
Rav Na'hman bar Yits'hak soulève une vive objection (matkif) : Au contraire, c'est l'inverse qui est raisonnable. « Et les enfants d'Israël observeront le Chabbat » — une seule observance pour chaque Chabbat. « Et mes Chabbatot vous observerez » — une seule observance pour de nombreux Chabbatot.
מַתְקִיף לַהּ רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: אַדְּרַבָּה, אִיפְּכָא מִסְתַּבְּרָא: ״וְשָׁמְרוּ בְנֵי יִשְׂרָאֵל אֶת הַשַּׁבָּת״ — שְׁמִירָה אַחַת לְכׇל שַׁבָּת וְשַׁבָּת. ״וְאֶת שַׁבְּתֹתַי תִּשְׁמֹרוּ״ — שְׁמִירָה אַחַת לְשַׁבָּתוֹת הַרְבֵּה.
Nous avons appris dans la michna qu'il existe une différence entre celui qui sait que le jour est Chabbat [et accomplit un travail] et celui qui oublie l'essence même du Chabbat et accomplit des travaux interdits.
הַיּוֹדֵעַ שֶׁהוּא שַׁבָּת.

Rachi

קמ"ל - אביי דמודה רבי יוחנן בה דבעינן שגגת לאו דאי הזיד בלאו תו ליכא שגגה דבהא נמי פליגי רבנן אמונבז ואמרי דאין שגגת קרבן שגגה:,איזהו שבועת ביטוי לשעבר - בשלמא להבא כגון שלא אוכל משכחת לה כגון שנתעלמה השבועה ואכל אלא לשעבר כגון שאכלתי והוא לא אכל אין כאן שוגג דאי כסבור שאכל בשעה שנשבע אינו חייב קרבן דתניא בשבועות (פ"ג דף כו.) האדם בשבועה פרט לאנוס כלומר האדם בשבועה שיהא אדם בשעת שבועה שתהא דעתו עליו בשעת שבועה ופרשינן לה התם לאפוקי כי האי גוונא ומהשתא לא משכחת שגגה אלא בקרבן:,אמר יודע אני שאני נשבע לשקר - ונזהרתי על כך:,אבל איני יודע כו' - דאי בנתעלמה ממנו אזהרת שבועה אין לך אונס בשעת שבועה כזה:,חייב - אלמא מודו ביה רבנן דמיחייב אשגגת קרבן:,הא מני מונבז היא - דאמר נמי בעלמא שמה שגגה אבל לרבנן דפליגי עליה לית להו ביטוי לשעבר דסברי כר' ישמעאל דאמר בשבועות אינו חייב אלא על העתיד לבא (שם דף כה.) יש גורסין הא מני מונבז פשיטא השתא בכל התורה אמר מונבז שגגת קרבן שמה שגגה הכא דחידוש הוא לא כ"ש אלא לאו רבנן תיובתא דאביי תיובתא ולא נהירא לי דמאי פשיטותא הא איצטריך לאשמעינן דחלוקה שגגה זו משאר שגגות דאילו בכל התורה למונבז בין ששגג בקרבן בין ששגג בלאו וכרת שמה שגגה וכאן בלשעבר אם שגג בלאו שבה לאו שגגה היא דכתיב האדם בשבועה:

הכל מודים בתרומה - זר שאכל תרומה בשוגג משלם חומש על שגגתו דכתיב (ויקרא כ״ב:י״ד) ואיש כי יאכל קדש בשגגה אבל מזיד אין מוסיף חומש וחייב מיתה בידי שמים דכתיב (שם) ומתו בו כי יחללוהו וסמיך ליה וכל זר לא יאכל קדש:,בלאו שבה - כסבור חולין ואין כאן לאו:,מיתה - דכתיב בתרומה:,במקום כרת - דשאר עבירות:,וחומש - דשגגת תרומה במקום קרבן דשגגת שאר עבירות ולרבי יוחנן מיחייב חומש אשגגת מיתה:

מונה ו' - מיום ששם אל לבו שכחתו ומשמר השביעי:,משמר יום אחד ומונה ו' - וכל יום ששם אל לבו אינו משמר דשמא עשה מלאכה אבל יום המחרת משמר ולקמן מפרש דבהנך דאינו משמר לא עביד נמי מלאכה אלא כדי פרנסת היום:,כברייתו של עולם - ימי חול נמנו תחלה:,כאדם הראשון - שנברא בע"ש ויום ראשון למנינו שבת היה:,יום אחד לששה - משמע לו' שעברו:

וההוא יומא לימות - בתמיה:,ודלמא אתמול שבת הוה - ונמצא מחלל שבת שלא לפקוח נפש:,בקדושתא ואבדלתא - לזכרון בעלמא שיהא לו שם יום חלוק משאר ימים ולא תשתכח שבת ממנו:

אם היה מכיר מקצת יום שיצא בו - לא שזכר איזה יום בשבת היה אלא זכור שהיום יום שלישי ליציאתו או רביעי ליציאתו ומתוך כך ידע שמונה ליציאתו עושה מלאכה כל יום ח' וכן לעולם ודאי זהו יום שיצא בו וקים ליה דבשבת לא יצא שהרי בישוב לא שכח את השבת:,במעלי שבתא נמי לא נפיק - דאין דרך לצאת מפני כבוד השבת ועל כן כל יום ח' וט' ליציאתו לישתרו דליכא לספוקינהו בשבת:

מנא הני מילי - שיש מחלל בשבתות הרבה וחייב אחת על כולן ויש מחללן וחייב על כל שבת:,הכי גרסינן הא כיצד ושמרו בני ישראל את השבת שמירה אחת לשבתות הרבה ואת שבתותי תשמורו שמירה לכל שבת ושבת - דקרא קמא חדא שבת הוא דחשיב משמע שאינו מקפיד אלא על האחת והכא כתיב את שבתותי אכולהו קפיד ולא מסרן אלא לחכמים להודיען מסברא האי בשכח עיקר שבת דחדא שגגה היא והאי בשוכח שהיום שבת אבל יודע עיקר שבת דאיכא למימר ימים שבינתים [הויין] ידיעה לחלק:

איפכא מסתברא - ושמרו בני ישראל את השבת משמע שמירה אחת לשבת אחת ואת שבתותי תשמורו ב' שבתות ואינו מזהיר אלא על שמירה אחת ובין רב נחמן ובין רב נחמן בר יצחק לא פליגי אלא במשמעותא מאי דיליף מר מהאי קרא יליף מר מאידך:

Tossafot

הא מני מונבז היא - פירש בקונטרס אבל לרבנן דפליגי אמונבז לא אשכחן שגגת שבועת ביטוי לשעבר וסברי כרבי ישמעאל דאמר בשבועות דאינו חייב אלא על העתיד לבא והקשה ה"ר אליעזר לרבינו שמואל דהא רבנן דמונבז רבי עקיבא ור"ע מחייב בהדיא על לשעבר בשבועות [פ"ג וכלשון אחר שפי' בקונטרס מוכח בשבועות] בפ"ג (דף כו:) דאמר בעא מיניה רבא מרב נחמן איזהו שגגת ביטוי לשעבר אמר ליה כגון דאמר יודע אני ששבועה זו אסורה אבל איני יודע אם חייבין עליה קרבן אם לאו ופריך ליה כמאן כמונבז ומשני אפילו תימא רבנן אע"ג דבכל התורה כולה לית להו שגגה בקרבן כו' ומה שהקשה בקונטרס מאי פשיטא הא קמ"ל אף על גב דבעלמא הוי שגגה הכא לאו שגגה היא משום דהאדם בשבועה בעינן לאו פירכא היא דאי משום הא איצטריך ליתני בהדיא האדם בשבועה פרט לאנוס אלא משמע דשגגת קרבן אתא לאשמעינן ששמה שגגה ומיהו קשה דבלאו הך ברייתא הוה מצי למיפרך לאביי ממתניתין דשבועות דמחייב ר"ע שבועת ביטוי לשעבר ולא משכחת לה אלא אם כן הזיד בלאו על כן נראה כפירוש רבינו שמואל שהשיב לרבנן דשגגת קרבן לאו שמה שגגה משכחת שגגת שבועת ביטוי לשעבר כגון שיודע ששבועה זו אסורה אבל אינו יודע שיש בה לאו אבל סבור שיש בה איסור עשה וחשיב שפיר האדם בשבועה בענין זה וכן מוכח בשבועות (שם) דמהאדם בשבועה לא ממעט אלא כסבור בשעת שבועה שבאמת נשבע כגון תלמידי דרב דמר משתבע דהכי אמר רב כו' הלכך הא מני מונבז הוא דלרבנן הוה ליה למיתני ואינו יודע אם חייבין עליה לאו וההוא דשבועות דבעא מיניה רבא מרב נחמן פליגא אדאביי:

עושה כדי פרנסתו - אבל להלך יכול כל מה שירצה רק ביום שמשמר דאי לאו הכי לא יגיע לעולם ליישוב והא דקאמר במאי מינכר משום דאין זה היכר שבת במה שיושב ואינו הולך אי נמי אפי' ביום שמשמר הולך כמו שרוצה והשתא לא מינכר אלא בקידושא. הרב פור"ת:

Texte : Sefaria — William Davidson Edition - Vocalized Aramaic · traduction française de travail, à valider.

Shabbat 69b
100%
שבת ס״ט במַסֶּכֶת שַׁבָּת