Guémara
« Et si vous errez et n'accomplissez pas tous ces commandements que l'Éternel a dits à Moïse » (Bamidbar 15, 22). Les Sages ont compris ce verset comme se rapportant spécifiquement aux lois de l'idolâtrie ('avoda zara). Et il est écrit : « Et l'âme qui agit d'une main levée [avec insolence], celle-là blasphème l'Éternel, et cette âme sera retranchée du sein de son peuple » (Bamidbar 15, 30) ; d'où l'on apprend que tous les commandements sont déduits par ce rapprochement (heqéch) à l'idolâtrie. De même que là-bas, à propos de l'idolâtrie, il s'agit d'une chose pour la transgression intentionnelle de laquelle on est passible de karet — comme il est dit « et cette âme sera retranchée » — et pour la transgression involontaire de laquelle on est tenu d'apporter un sacrifice expiatoire ('hatat) ; de même, toute chose pour la transgression intentionnelle de laquelle on est passible de karet, pour sa transgression involontaire on est tenu d'apporter un sacrifice expiatoire.
״וְכִי תִשְׁגּוּ וְלֹא תַעֲשׂוּ אֵת כׇּל הַמִּצְוֹת הָאֵלֶּה״, וּכְתִיב: ״וְהַנֶּפֶשׁ אֲשֶׁר תַּעֲשֶׂה בְּיָד רָמָה״. הוּקְשׁוּ כּוּלָּם לַעֲבוֹדָה זָרָה: מָה לְהַלָּן דָּבָר שֶׁחַיָּיבִים עַל זְדוֹנוֹ כָּרֵת וְשִׁגְגָתוֹ חַטָּאת, אַף כׇּל דָּבָר שֶׁחַיָּיבִין עַל זְדוֹנוֹ כָּרֵת וְעַל שִׁגְגָתוֹ חַטָּאת.
La Guemara demande : Cependant, selon Mounbaz, qui soutient que la catégorie de celui qui pèche involontairement (chogueg) inclut celui qui, au moment de l'acte, savait que c'était interdit — s'il en était pleinement conscient, en quel sens son acte était-il involontaire ? La Guemara répond : Il s'agit d'un cas où il était dans l'ignorance quant au sacrifice. Il savait qu'il commettait une transgression pour laquelle on est passible de karet lorsqu'elle est faite intentionnellement ; cependant, il ignorait qu'il serait tenu d'apporter un sacrifice expiatoire s'il la commettait involontairement. Puisqu'il n'avait pas connaissance de l'ensemble des châtiments et des formes d'expiation liés à cette transgression, il est considéré comme ayant péché involontairement et il est tenu d'apporter un sacrifice expiatoire. La Guemara demande : Et que soutiennent les Sages (Rabbanan) qui sont en désaccord avec Mounbaz ? Ils soutiennent : l'ignorance quant au sacrifice n'est pas considérée comme une faute involontaire (chegaga).
וְאֶלָּא מוֹנְבַּז, שְׁגָגָה בְּמַאי? כְּגוֹן שֶׁשָּׁגַג בְּקׇרְבָּן. וְרַבָּנַן: שִׁגְגַת קׇרְבָּן לֹא שְׁמָהּ שְׁגָגָה.
La Guemara demande : Et selon les Sages, l'absence de conscience portant sur quels aspects de l'interdit rend l'acte involontaire ? Rabbi Yo'hanan dit : C'est une transgression involontaire dès lors qu'il était dans l'ignorance quant au fait que le châtiment de sa transgression est le karet, même s'il savait que son acte enfreignait un interdit de la Torah (lav) et qu'il a accompli la transgression intentionnellement. Et Rich Lakich dit que, selon les Sages, ce n'est pas considéré comme involontaire tant qu'il n'était pas dans l'ignorance à la fois de l'interdit et du karet, c'est-à-dire qu'il ignorait que son acte était interdit par la loi de la Torah. Rava dit : Quelle est la raison de l'opinion de Rabbi Chim'on ben Lakich ? Le verset dit : « Et si une âme pèche par mégarde parmi le peuple du pays, en accomplissant l'une des choses que l'Éternel a défendu de faire, et qu'elle se rende coupable » (Vayiqra 4, 27), indiquant que ce n'est pas considéré comme involontaire tant qu'il n'était pas dans l'ignorance de l'interdit et du karet qui s'y rattache. Le verset indique que l'individu ignorait qu'il enfreignait « l'une des choses qui ne doivent pas être faites », c'est-à-dire qu'il existe un interdit de la Torah relatif à cet acte.
וְרַבָּנַן, שְׁגָגָה בְּמַאי? רַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: כֵּיוָן שֶׁשָּׁגַג בְּכָרֵת, אַף עַל פִּי שֶׁהֵזִיד בְּלָאו. וְרֵישׁ לָקִישׁ אָמַר עַד שֶׁיִּשְׁגּוֹג בְּלָאו וְכָרֵת. אָמַר רָבָא: מַאי טַעְמָא דְּרַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ — אָמַר קְרָא: ״אֲשֶׁר לֹא תֵעָשֶׂינָה בִּשְׁגָגָה וְאָשֵׁם״ — עַד שֶׁיִּשְׁגּוֹג בְּלָאו וְכָרֵת שֶׁבָּהּ.
La Guemara demande : Et que fait Rabbi Yo'hanan de ce verset cité comme preuve par Rabbi Chim'on ben Lakich ? La Guemara répond : Il en a besoin pour ce qui a été enseigné dans une baraïta : L'expression « parmi le peuple du pays » (Vayiqra 4, 27) enseigne que seuls certains pécheurs, et non tous, apportent des sacrifices pour leurs fautes involontaires. Elle vient exclure l'apostat (mechoumad). Lorsqu'un apostat pèche involontairement, il n'a aucune obligation d'apporter un sacrifice expiatoire, même après s'être repenti. Rabbi Chim'on ben El'azar dit au nom de Rabbi Chim'on : Cette halakha se déduit de l'expression de ce verset « ce qui ne doit pas être fait, et qu'elle se rende coupable ». Celui qui se repent du fait de sa prise de conscience, c'est-à-dire qui se repent dès qu'il prend conscience d'avoir commis une transgression, apporte un sacrifice pour sa transgression involontaire. En revanche, celui qui ne se repent pas du fait de sa prise de conscience d'avoir péché — par exemple un apostat qui continue de pécher même après avoir pris conscience d'avoir commis une transgression — n'apporte pas de sacrifice pour son acte involontaire. Rabbi Yo'hanan a compris le verset conformément à l'opinion de Rabbi Chim'on ben El'azar.
וְרַבִּי יוֹחָנָן, הַאי קְרָא דְּרַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ מַאי עָבֵיד לֵיהּ? מִיבְּעֵי לֵיהּ לְכִדְתַנְיָא: ״מֵעַם הָאָרֶץ״ — פְּרָט לִמְשׁוּמָּד. רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר אוֹמֵר מִשּׁוּם רַבִּי שִׁמְעוֹן: ״אֲשֶׁר לֹא תֵעָשֶׂינָה בִּשְׁגָגָה וְאָשֵׁם״. הַשָּׁב מִידִיעָתוֹ — מֵבִיא קׇרְבָּן עַל שִׁגְגָתוֹ, לֹא שָׁב מִידִיעָתוֹ — אֵינוֹ מֵבִיא קׇרְבָּן עַל שִׁגְגָתוֹ.
La Guemara apporte une preuve de ce que nous avons appris dans une michna : Le nombre des catégories principales de travaux interdits le Chabbat est de quarante moins un — que la michna se met ensuite à énumérer. Et nous avons discuté de cette michna : Pourquoi ai-je besoin de ce décompte de quarante moins un ? N'est-il pas suffisant de simplement énumérer les travaux interdits ? Et Rabbi Yo'hanan dit : Le décompte a été inclus pour enseigner que s'il a accompli tous les travaux interdits au cours d'un seul laps d'inconscience pendant lequel il ignorait l'interdit en cause, il est passible pour chacun et chacun d'eux. C'est pourquoi la michna a indiqué que l'on pourrait concevablement être tenu d'apporter trente-neuf sacrifices expiatoires. Dans quelles circonstances peut-on trouver un cas où l'on serait passible d'avoir transgressé involontairement l'ensemble des trente-neuf travaux ? Ce doit être dans un cas où, à l'égard du Chabbat, ses actes étaient intentionnels — car il savait que c'était Chabbat — et où, à l'égard des travaux interdits, ses actes étaient involontaires — car il ignorait que ces travaux sont interdits le Chabbat.
תְּנַן: אֲבוֹת מְלָאכוֹת אַרְבָּעִים חָסֵר אַחַת. וְהָוֵינַן בַּהּ: מִנְיָנָא לְמָה לִי? וְאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: שֶׁאִם עֲשָׂאָן כּוּלָּן בְּהֶעְלֵם אֶחָד — חַיָּיב עַל כׇּל אַחַת וְאַחַת. הֵיכִי מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ — בִּזְדוֹן שַׁבָּת וְשִׁגְגַת מְלָאכוֹת.
Soit, selon Rabbi Yo'hanan, qui a dit : dès lors qu'il était dans l'ignorance quant au fait que le châtiment de sa transgression est le karet, même s'il savait que son acte enfreignait un interdit de la Torah et qu'il a accompli la transgression intentionnellement — il est considéré comme ayant péché involontairement —, tu trouves cette possibilité dans un cas où il savait qu'accomplir un travail le Chabbat implique la transgression d'un interdit de la Torah, mais ignorait que le châtiment de cette transgression est le karet. Cependant, selon Rabbi Chim'on ben Lakich, qui a dit : ce n'est pas considéré comme involontaire tant qu'il n'était pas dans l'ignorance à la fois de l'interdit et du karet, il en résulte qu'il est totalement ignorant de l'ensemble des travaux interdits du Chabbat. S'il en est ainsi, lorsque Rabbi Yo'hanan a dit que le cas où l'on serait tenu d'apporter trente-neuf sacrifices expiatoires est celui où, à l'égard du Chabbat, ses actes étaient intentionnels parce qu'il savait que c'était Chabbat, la question se pose : à l'égard de quel aspect du Chabbat avait-il connaissance ? S'il ignorait totalement l'ensemble des travaux interdits le Chabbat, en quel sens ses actes étaient-ils intentionnels à l'égard du Chabbat ? La Guemara répond : Il avait connaissance des lois de l'interdit des limites du Chabbat (te'houmin), conformément à l'opinion de Rabbi 'Akiva. Selon Rabbi 'Akiva, l'interdiction de s'éloigner au-delà d'une certaine distance des limites de la ville le Chabbat relève de la loi de la Torah et non d'un simple décret rabbinique.
בִּשְׁלָמָא לְרַבִּי יוֹחָנָן, דְּאָמַר כֵּיוָן שֶׁשָּׁגַג בְּכָרֵת אַף עַל פִּי שֶׁהֵזִיד בְּלָאו — מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ כְּגוֹן דְּיָדַע לֵהּ לְשַׁבָּת בְּלָאו. אֶלָּא לְרַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ, דְּאָמַר עַד שֶׁיִּשְׁגּוֹג בְּלָאו וּבְכָרֵת — דְּיָדַע לֵיהּ לְשַׁבָּת בְּמַאי? דְּיָדְעֵהּ בִּתְחוּמִין, וְאַלִּיבָּא דְּרַבִּי עֲקִיבָא.
La Guemara demande : Quel est le tanna qui a enseigné cette baraïta ? Car les Sages ont enseigné : Si l'on a agi involontairement à l'égard de ceci — le fait que c'est Chabbat — et de cela — les travaux interdits précis —, c'est le cas de transgression involontaire (chogueg) énoncé dans la Torah. Si l'on a agi intentionnellement à l'égard de ceci et de cela, c'est le cas de transgression intentionnelle (mézid) énoncé dans la Torah. Si l'on a agi involontairement à l'égard du Chabbat et intentionnellement à l'égard des travaux — c'est-à-dire qu'il a oublié que c'était Chabbat, mais savait que ces travaux sont interdits lorsque c'est Chabbat —, ou si l'on a agi involontairement à l'égard des travaux et intentionnellement à l'égard du Chabbat — c'est-à-dire qu'il ignorait que ces travaux sont interdits, mais savait que le travail est interdit le Chabbat —, ou même s'il a dit : « Je sais que ce travail est interdit le Chabbat ; cependant, je ne sais pas si l'on est tenu ou non d'apporter un sacrifice pour son accomplissement », il est tenu d'apporter un sacrifice expiatoire comme quiconque pèche involontairement. Conformément à l'opinion de qui est cette baraïta ? Elle est conforme à l'opinion de Mounbaz, qui soutient que l'on est considéré comme ayant péché involontairement même dans un cas où l'on était dans l'ignorance uniquement quant au sacrifice.
מַאן תְּנָא לְהָא דְּתָנוּ רַבָּנַן: שָׁגַג בָּזֶה וּבָזֶה — זֶהוּ שׁוֹגֵג הָאָמוּר בַּתּוֹרָה. הֵזִיד בָּזֶה וּבָזֶה — זֶהוּ מֵזִיד הָאָמוּר בַּתּוֹרָה. שָׁגַג בְּשַׁבָּת וְהֵזִיד בִּמְלָאכוֹת, אוֹ שֶׁשָּׁגַג בִּמְלָאכוֹת וְהֵזִיד בְּשַׁבָּת, אוֹ שֶׁאָמַר: יוֹדֵעַ אֲנִי שֶׁמְּלָאכָה זוֹ אֲסוּרָה, אֲבָל אֵינִי יוֹדֵעַ שֶׁחַיָּיבִין עָלֶיהָ קׇרְבָּן אוֹ לֹא — חַיָּיב. כְּמַאן — כְּמוֹנְבַּז.
Abayé dit : Tous s'accordent à propos d'un serment d'énonciation (chevou'at bitouï) — cas où l'on a juré de s'interdire ou de s'obliger à accomplir un acte — que la halakha est la suivante : s'il enfreint son serment, il n'est tenu d'apporter un sacrifice que s'il était dans l'ignorance quant à son interdit, c'est-à-dire qu'il ignorait qu'il est interdit par la loi de la Torah d'enfreindre un serment. La Guemara demande : À l'opinion de qui Abayé se réfère-t-il dans l'expression « tous s'accordent » ? Assurément, c'est l'opinion de Rabbi Yo'hanan à propos de l'opinion des Sages dans leur controverse avec Mounbaz. Bien que Rabbi Yo'hanan soutienne en général que le fait d'être dans l'ignorance quant au karet suffit à rendre son acte involontaire, le cas du serment est différent. La Guemara demande : Dans le cas du serment, il est évident qu'il en conviendrait. Lorsque Rabbi Yo'hanan dit que l'on n'a pas besoin d'être dans l'ignorance quant à l'interdit, c'est dans un cas où il y a un interdit passible de karet ; cependant, ici, où il n'y a pas de châtiment de karet, Rabbi Yo'hanan ne dirait pas ainsi. Manifestement, il convient que l'on doit être dans l'ignorance quant à l'interdit. Il semble n'y avoir rien de nouveau dans la déclaration d'Abayé.
אָמַר אַבָּיֵי: הַכֹּל מוֹדִים בִּשְׁבוּעַת בִּיטּוּי, שֶׁאֵין חַיָּיבִין עָלֶיהָ קׇרְבָּן עַד שֶׁיִּשְׁגּוֹג בְּלָאו שֶׁבָּהּ. ״הַכֹּל מוֹדִים״, מַאן — רַבִּי יוֹחָנָן. פְּשִׁיטָא, כִּי קָאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן, הֵיכָא דְּאִיכָּא כָּרֵת, אֲבָל הָכָא דְּלֵיכָּא כָּרֵת — לָא!
La Guemara explique : Il pourrait te venir à l'esprit de dire ce qui suit : Puisque l'obligation d'apporter un sacrifice dans le cas du serment est une halakha inédite ('hidouch) — car dans toute la Torah dans son ensemble nous ne trouvons pas d'interdit pour la transgression involontaire duquel on est tenu d'apporter un sacrifice et pour la transgression intentionnelle duquel on n'est pas passible de karet ; et ici, on est tenu d'apporter un sacrifice pour sa transgression involontaire —, j'aurais pu dire que s'il était dans l'ignorance, c'est-à-dire qu'il ignorait qu'il serait obligé, quant au sacrifice, qu'il soit lui aussi tenu [d'apporter un sacrifice] même selon les Sages, qui sont en désaccord avec Mounbaz,
סָלְקָא דַּעְתָּךְ אָמֵינָא, הוֹאִיל וְחַיָּיב קׇרְבָּן — חִידּוּשׁ הוּא, דִּבְכָל הַתּוֹרָה כּוּלָּהּ לָא אַשְׁכְּחַן לָאו דְּמַיְיתֵי עֲלֵיהּ קׇרְבָּן, וְהָכָא מַיְיתֵי — כִּי שָׁגַג בְּקׇרְבָּן נָמֵי לִיחַיַּיב,
Rachi
וכי תשגו ולא תעשו את כל המצות האלה - וילפינן בהוריות (דף ח.) זו ע"ז שהיא שקולה ככל המצות וכתיב תורה אחת כל התורה במשמע:,הוקשו - קרבנות של שגגות של כל עבירות לשל ע"ז מה ע"ז קרבן שלה אינו בא אלא על עבירה גמורה שחייב על זדונו כרת דסמיך ליה והנפש אשר תעשה ביד רמה ונכרתה:,אף כל התורה - אין מביאין חטאת אלא על דבר שזדונו כרת:
ואלא מונבז - דאמר לעיל דמי שהיתה לו ידיעה בשעת מעשה חייב חטאת:,דשגג במאי - הא גבי חטאת שגגה כתיב:,דשגג בקרבן - דיודע שחייב על זדונו כרת אבל אינו יודע שחייב עליה חטאת:,לא שמה שגגה - עד ששגג בעבירה עצמה:
ורבנן - דבעו שגגה בעבירה עצמה שגגה במאי קאמרי שגגה בכולה מילתא בלאו וכרת או בכרת לחודיה:,כיון ששגג בכרת אע"ג שהזיד בלאו - שאז הקרבן על הכרת הוא בא כדאמרן לעושה בשגגה וסמיך ליה והנפש אשר תעשה וגו':,לא תעשינה - היינו לאו:
מנינא למה לי - ליתני אבות מלאכות הזורע והחורש כו' למה לי למיתנא ארבעים חסר אחת ליתנינהו ואנן ידעינן דמ' חסר אחת איכא:,שאם עשאן כולן כו' - וסימנא בעלמא אשמעינן לידע כמה חטאות חייב על חילול שבת אחת:,היכי משכחת לה - דמיחייב ע"כ לא משכחת לה אלא בזדון שבת דיודע שהוא שבת ושגגת מלאכות דאינו יודע שהמלאכות הללו אסורות דאי בזדון מלאכות ושגגת שבת דיודע שהן אסורות בשבת אבל שכח שהיום שבת הא תנן דאינו חייב אלא אחת לכל שבת וזדון שבת לא הוי אא"כ יודע אחת מהלכותיה דאי לא ידע בחדא מינייהו אין שבת חלוק לו משאר ימים וזה ששגג בכולן אין כאן זדון שבת:
בשלמא לר' יוחנן - דאמר שגגת כרת שמה שגגה:,משכחת לה - זדון שבת בלאוין ושגגת מלאכות בכריתות דיודע לה לשבת שהוזהר על הלאוין או של כולן או של אחת מהן:,דידע לה לשבת במאי - הלא בכולן שגג כסבור שכל ל"ט מלאכות מותרות:,בתחומין - דאינן בקרבן:,ואליבא דר' עקיבא - דאמר במסכת סוטה תחומין דאורייתא נינהו דתנן בו ביום דרש רבי עקיבא ומדותם מחוץ לעיר כו':
זהו שוגג האמור בתורה - כלומר היכא דשגג בשבת ובמלאכות אין כאן לא דין ולא דיין לקנתר ואין לך שוגג כזה:,הזיד בזה ובזה - אין לך מזיד כזה:,שגג באחת מהן - אף זה שוגג וחייבים עליה קרבן:
שבועת ביטוי - שאוכל ולא אוכל שאכלתי ולא אכלתי חייב עליה קרבן וכתיב ביה ונעלם דהיינו שוגג הכל מודים בשוגג שלה דאם נשבע שלא אוכל ואכל אינו חייב אלא אם כן שכח שבועתו כשאכל דהשתא שגג בלאו שבה:,הכל מודים מאן רבי יוחנן - כלומר על כרחין אביי לאו אפלוגתא דמונבז ורבנן קאי דלישמעינן דמודה מונבז בהא (דהא) שגגת קרבן לא הויא שגגה דמהיכא תיתי והא ק"ו היא השתא בכל התורה כולה דליכא חידוש בקרבן דידהו אמר מונבז דמיחייב בשגגת קרבן הכא דחידוש הוא דאין בה כרת ומביא קרבן עליה לא כ"ש אלא לרבנן קאמר ואפלוגתא דר"י ור"ל קאי ומאן הכל מודים ר"י דאף על גב דבעלמא קאמר אף על פי שהזיד בלאו הכא בעינן שישגוג בלאו:,פשיטא - כיון דאליבא דרבנן איפליג דאמרי שגגת קרבן לאו שגגה היא אי בלאו שלה הזיד במאי שגג דע"כ לא קאמר ר"י בעלמא אלא במקום כרת דשגג בכרת:
סלקא דעתך אמינא - בשבועת ביטוי נמי קאי רבי יוחנן במילתיה דאף על פי שהזיד בלאו ודקשיא לך במאי שגג שגג בקרבן דהואיל וחידוש מודו ביה רבנן:
Tossafot
מה ע"ז שחייבים על זדונו כרת - וא"ת מ"מ הקישא דשוגג למזיד למה לי דאפילו לא הוי כתיב התם קרא דוהנפש אשר תעשה ביד רמה ילפינן שפיר מע"ז שחייב על זדונה כרת כו' וי"ל דלית לן לאקושה לע"ז אלא במאי דכתיב בההיא פרשה כדמשמע מתוך פירוש הקונטרס ולהכי אצטריך לאתויי הכא והנפש אשר תעשה תדע דהא לא ילפינן מע"ז דניבעי על זדונו סקילה כע"ז משום דלא כתיב סקילה בההיא פרשה אלא כרת והא דממעטינן בריש פרק בתרא דמכות (דך יג:) פסח ומילה מקרבן אע"פ שיש בהן כרת משום דמה ע"ז דאמר רחמנא לא תעביד והני קום עשה נינהו היינו נמי משום דכתיב והנפש אשר תעשה ביד רמה דמשמע מה שצויתי שלא לעשות וא"ת רבנן דהכא ר' עקיבא ור' עקיבא אית ליה בפ"ק דכריתות (דף ז:) דהאי קרא דמגדף במברך את השם כתיב וי"ל דלישנא דנקט הכא הוקשה כל התורה כולה לע"ז נקט אליבא דרבנן דרבי עקיבא אבל לר"ע אית לן למימר דהוקשה כל התורה כולה למברך את השם וא"ת ולמונבז האי דרשא דר' יהושע בן לוי מנא ליה ואומר ר"י דנפקא ליה כדדריש רבי בפ"ק דיבמות (דף.) ובפ"ב דהוריות (דף ח.) נאמר כאן ונודעה החטאת אשר חטאו עליה ונאמ' ואשה אל אחותה לא תקח לצרור לגלות ערותה עליה:
אלא למונבז שגגה במאי - לא מצי למימר ששגג בלאו והזיד בקרבן דאין סברא לחייב בהזיד בקרבן דלא שב מידיעתו הוא וליכא נמי למימר שגג בלאו וקרבן דסברא הוא דכיון דמקיש למזיד אפי' מזיד בכל דבר ושוגג רק בדבר אחד דהיינו בקרבן יש לנו לחייבו ומיהו היכא דאיכא סקילה בעינן שיהא שוגג גם בסקילה דאי הוה מזיד בסקילה אין לחייבו בקרבן דכיון דאינו שב מסקילה פשיטא שאפילו היה יודע שחייב גם קרבן שלא היה שב ולא שב מידיעתו הוא ואע"ג דבהזיד בכרת חשיב ליה שב מידיעתו לקרבן היינו משום דכרת אפשר בתשובה וקרבן לא אפשר בתשובה ועוד דגבי כרת שייך שפיר למימר אם היה יודע שחייב כרת עם הקרבן היה שב:,כגון ששגג בכרת אע"פ שהזיד בלאו - וטעמא דר' יוחנן משום דלא כתיב לאו בהיקשא דר' יהושע ולא כתיב אלא כרת בההיא ענינא ולהכי בעי מ"ט דריש לקיש ולא בעי מ"ט דר' יוחנן וצ"ל דרבי יוחנן מיירי אליבא דרבנן דאית להו היקשא דרבי יהושע בן לוי אבל לרבי דנפקא ליה מג"ש דעליה מודה רבי יוחנן דבעי עד שישגוג בלאו וכרת דהא כתיב לאו בההוא קרא ואשה אל אחותה לא תקח וגו':
אמר קרא אשר לא תעשינה בשגגה - קשה לר"י מנא ליה לריש לקיש דרבנן דרשי הכי ובעו שגגת לאו וליכא למימר דמשמע ליה למדרש קרא הכי דהא ע"כ סבירא ליה דאין סברא לדרוש כן דהא איהו סבר כמונבז כדאמר לעיל ומונבז לא בעי שגגת לאו אלא שגגת קרבן גרידא דבהדיא תניא לקמן או שאמר יודע אני שמלאכה זו אסורה אבל איני יודע אם חייבים עליה קרבן אם לאו חייב ולא קאמר קרבן ומלקות אם לאו:
דידע לה בתחומין - לא מצי למימר דידע לה בדאיסי דבההוא נמי חייב חטאת כדפירשתי בפרק קמא (דף ו: בד"ה הא קמ"ל) תימה לר"י דאמאי לא קאמר דידע לה לשבת בעשה דכתיב וביום השביעי תשבות וגו' (שמות כ״ג:י״ב) וכתיב נמי ושמרתם את השבת (שם לא):
עד שישגוג בלאו שבה - כגון נשבע שלא יאכל ואכל ובשעת אכילה שכח איסור שבועה וקרינן ביה האדם דבשעת שבועה שנשבע היה יודע היטב איסור שבועה אלא שבשעת אכילה היה סבור דמותר לעבור על שבועתו ורש"י פירש דבשעת אכילה שכח שנשבע ואין נראה דאין זה קרוי שגג בלאו שבה במה שאינו נזכר שנשבע:
Texte : Sefaria — William Davidson Edition - Vocalized Aramaic · traduction française de travail, à valider.