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Traité Shabbat

66b

Étude de Shabbat 66b

Étude de la Mishna & Guémara 66b

[La béquille d'un amputé est faite] uniquement pour redresser ses pas et raffermir sa posture. Il n'appuie pas tout le poids de son corps dessus. Ici, en revanche, dans le cas de la jambe de bois, elle est faite pour s'appuyer dessus, et de fait il y appuie tout le poids de son corps.
לְתָרוֹצֵי סוּגְיָא עֲבִידָא, הָכָא — לִסְמוֹךְ עִילָּוֵיהּ הוּא דַּעֲבִידָא, וְסָמֵיךְ עֲלֵיהּ.
Il a été enseigné dans la Michna que les supports [du siège] d'un zav et son siège sont susceptibles de contracter l'impureté transmise par pression (midras), qu'on ne sort pas avec eux le Chabbat, et qu'on n'entre pas avec eux dans la cour [du Temple] (azara).
טְמֵאִין מִדְרָס, וְאֵין יוֹצְאִין בָּהֶן בְּשַׁבָּת, וְאֵין נִכְנָסִין בָּהֶן לָעֲזָרָה.
Le tanna [récitant], qui enseignait les michnayot devant Rabbi Yo'hanan, enseigna la halakha contraire dans la MISHNA : « On entre avec eux dans la cour [du Temple]. »
תָּנֵי תַּנָּא קַמֵּיהּ דְּרַבִּי יוֹחָנָן: ״נִכְנָסִין בָּהֶן לָעֲזָרָה״.
Rabbi Yo'hanan lui dit : « J'enseigne [pour ma part] qu'“une femme accomplit la 'halitsa avec ce [support]” — car il a en tout point le statut légal d'une chaussure — et toi tu dis qu'“on entre dans la cour du Temple” [avec lui, alors qu'il est interdit d'y entrer chaussé] ?! Enseigne [plutôt] : “On n'entre pas avec eux dans la cour du Temple.” »
אֲמַר לֵיהּ: אֲנִי שׁוֹנֶה ״אִשָּׁה חוֹלֶצֶת בּוֹ״, וְאַתְּ אָמְרַתְּ ״נִכְנָסִין״?! תְּנִי ״אֵין נִכְנָסִין בָּהֶן לָעֲזָרָה״.
Nous avons appris dans la Michna que les louqtamin sont purs. La Guemara demande : qu'est-ce que les louqtamin ? Rabbi Abahou dit : ce sont des jouets de bois en forme d'âne que l'on portait sur les épaules, donnant l'impression que l'âne le chevauche. Rava bar Papa dit : ce sont des échasses [dont on se sert pour ne pas se salir en marchant dans la boue, ou pour s'amuser]. Rava bar Rav Houna dit : ce sont des masques [peramei].
לוּקַטְמִין טְהוֹרָה. מַאי לוּקַטְמִין? אָמַר רַבִּי אֲבָהוּ: חֲמָרָא דְּאַכַּפָּא. רָבָא בַּר פָּפָּא אָמַר: קִישְׁרֵי. רָבָא בַּר רַב הוּנָא אָמַר: פְּרָמֵי.
Mishna 1
MICHNA. Les jeunes garçons peuvent sortir [le Chabbat] avec des nœuds [comme remède populaire], et les fils de rois avec des clochettes. Et tout homme [est autorisé à sortir avec de tels objets le Chabbat] ; mais les Sages ont parlé du cas présent [c'est-à-dire des situations courantes].
מַתְנִי׳ הַבָּנִים יוֹצְאִין בִּקְשָׁרִים וּבְנֵי מְלָכִים בְּזוֹגִין, וְכׇל אָדָם — אֶלָּא שֶׁדִּבְּרוּ חֲכָמִים בַּהוֹוֶה.(משנה)
Guémara
GUEMARA. Nous avons appris dans la Michna que les jeunes garçons peuvent sortir le Chabbat avec des nœuds. La Guemara demande : qu'est-ce que ces nœuds ? Adda Mari dit que Rav Na'hman bar Baroukh dit que Rav Achi bar Avin dit que Rav Yehouda dit : ce sont des guirlandes [de tiges] de la plante poua (la garance), que l'on noue pour ses vertus médicinales.
גְּמָ׳ מַאי קְשָׁרִים? אָמַר אַדָּא מָרִי אָמַר רַב נַחְמָן בַּר בָּרוּךְ אָמַר רַב אָשֵׁי בַּר אָבִין אָמַר רַב יְהוּדָה: קִשּׁוּרֵי פוּאָה.
Abayé dit : Em [ma mère, en réalité sa nourrice] m'a dit, à propos des propriétés curatives de la garance : trois guirlandes maintiennent la maladie en son état [et l'empêchent d'empirer], cinq la guérissent, et sept sont efficaces même contre la sorcellerie.
אָמַר אַבָּיֵי, אֲמַרָה לִי אֵם: תְּלָתָא — מוֹקְמִי, חֲמִשָּׁה — מַסּוּ, שִׁבְעָה — אֲפִילּוּ לִכְשָׁפִים מְעַלּוּ.
Rav A'ha bar Yaakov dit : et ce bienfait [procuré par la garance] n'a lieu que dans le cas où celui sur qui les nœuds ont été noués ne regarde ni le soleil ni la lune, ne voit pas la pluie, et n'entend ni le bruit du fer [qu'on frappe], ni le cri du coq, ni le bruit des pas. Rav Na'hman bar Yits'hak dit : [s'il en est ainsi,] le pouvoir curatif de la garance est tombé dans un puits — [c'est-à-dire qu'avec tant de conditions, il ne procure en pratique aucun bienfait].
אָמַר רַב אַחָא בַּר יַעֲקֹב: וְהוּא דְּלָא חֲזִי לֵיהּ שִׁמְשָׁא וְסֵיהֲרָא, וְלָא חֲזִי מִיטְרָא, וְלָא שְׁמִיעַ לֵיהּ קָל בַּרְזְלָא, וְקָל תַּרְנוּגְלָא, וְקָל נִיגְרֵי. אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: נְפַל פּוּתָא בְּבֵירָא.
La Guemara demande : [si ces nœuds de garance ont des vertus curatives,] pourquoi la Michna a-t-elle mentionné spécifiquement les garçons ? Même les filles peuvent bénéficier du remède ! Et de même, pourquoi a-t-elle mentionné spécifiquement les jeunes enfants ? Même les adultes peuvent en bénéficier !
מַאי אִירְיָא בָּנִים? אֲפִילּוּ בָּנוֹת נָמֵי! מַאי אִירְיָא קְטַנִּים? אֲפִילּוּ גְּדוֹלִים נָמֵי!
Plutôt, qu'est-ce que ces nœuds ? Comme ce qu'Avin bar Houna dit que Rabbi 'Hama bar Gourya dit : un fils qui a des langueurs [un attachement excessif] pour son père et a du mal à se séparer de lui, [le père] prend une lanière de la chaussure droite et la lui noue au bras gauche [comme talisman, pour aider l'enfant à surmonter sa langueur]. [Ces sentiments sont plus fréquents chez les petits enfants, et surtout chez les garçons à l'égard de leur père ; c'est pourquoi les Sages ont permis spécifiquement aux jeunes garçons de sortir avec ces nœuds.] À ce propos, Rav Na'hman bar Yits'hak dit : et ton moyen mnémotechnique [pour savoir où nouer la lanière] sont les tefillin, [que l'on noue par la main droite sur le bras gauche]. Et l'inverse [nouer la lanière de la chaussure gauche au bras droit] est dangereux, [car cela aggraverait sa langueur].
אֶלָּא מַאי קְשָׁרִים — כִּי הָא דְּאָמַר אָבִין בַּר הוּנָא אָמַר רַבִּי חָמָא בַּר גּוּרְיָא: בֵּן שֶׁיֵּשׁ לוֹ גַּעְגּוּעִין עַל אָבִיו — נוֹטֵל רְצוּעָה מִמִּנְעָל שֶׁל יָמִין וְקוֹשֵׁר לוֹ בִּשְׂמֹאלוֹ. אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: וְסִימָנָיךְ — תְּפִילִּין, וְחִילּוּפָא סַכַּנְתָּא.
Avin bar Houna dit que Rav 'Hama bar Gourya dit : renverser une coupe [vide où il y avait eu de l'eau chaude] sur le nombril [à des fins de guérison] le Chabbat, c'est tout à fait permis.
אָמַר אָבִין בַּר הוּנָא אָמַר רַב חָמָא בַּר גּוּרְיָא: סַחוֹפֵי כָּסָא אַטִּיבּוּרֵי בְּשַׁבְּתָא — שַׁפִּיר דָּמֵי.
Shabbat 66b
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שבת ס״ו במַסֶּכֶת שַׁבָּת