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Traité Shabbat

63b

Étude de Shabbat 63b

Étude de la Guémara 63b

Guémara
« …[refuse] la bonté à son prochain, et il abandonne la crainte du Tout-Puissant » (Iyov 6, 14) — [le verset vise celui qui élève un chien méchant,] car en langue grecque on appelle le chien lamas [allusion phonétique à melamas, « il refuse »]. Rav Na'hman bar Yits'hak dit : celui qui garde un chien méchant dans sa maison se dépouille même de la crainte du Ciel, comme il est dit à la fin de ce même verset : « …et il abandonne la crainte du Tout-Puissant ».
מֵרֵעֵהוּ חָסֶד״ — שֶׁכֵּן בְּלָשׁוֹן יְוָנִית קוֹרִין לְכֶלֶב ״לַמָּס״. רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק אָמַר: אַף פּוֹרֵק מִמֶּנּוּ יִרְאַת שָׁמַיִם, שֶׁנֶּאֱמַר ״וְיִרְאַת שַׁדַּי יַעֲזוֹב״.
La Guemara rapporte : une certaine femme [enceinte] entra dans une maison pour y cuire [son pain au four]. Le chien de cette maison aboya contre elle, et son fœtus se déplaça [provoquant une fausse couche]. Le maître de maison lui dit : « N'aie pas peur, car on lui a retiré ses crocs (nivé) et on lui a retiré ses griffes (toufré) [il ne peut plus mordre ni griffer] ». Elle lui répondit : « Prends ta bonté et jette-la sur les ronces (a'hizré) [ton réconfort ne sert à rien], car déjà l'enfant a bougé [et mourra certainement] ».
הַהִיא אִיתְּתָא דַּעֲיַילָא לְהָהוּא בֵּיתָא לְמֵיפָא. נְבַח בָּהּ כַּלְבָּא, אִיתְעֲקַר וַלְדַּהּ. אֲמַר לַהּ מָרֵי דְבֵיתָא לָא תִּידְחֲלִי, דִּשְׁקִילִי נִיבֵיהּ וּשְׁקִילִין טוּפְרֵיהּ. אֲמַרָה לֵיהּ: שְׁקִילָא טֵיבוּתָיךְ וְשַׁדְיָא אַחִיזְרֵי, כְּבָר נָד וָלָד.
À ce propos, Rav Houna dit : que signifie ce qui est écrit : « Réjouis-toi, jeune homme, dans ta jeunesse, que ton cœur te rende heureux aux jours de ton adolescence ; marche dans les voies de ton cœur et selon ce que voient tes yeux ; mais sache que pour toutes ces choses Dieu te fera venir en jugement » (Kohélet 11, 9) ? Jusqu'ici — « selon ce que voient tes yeux » — ce sont les paroles du mauvais penchant (yétser hara') ; à partir de là — « mais sache, etc. » — ce sont les paroles du bon penchant (yétser tov).
אָמַר רַב הוּנָא: מַאי דִכְתִיב: ״שְׂמַח בָּחוּר בְּיַלְדוּתֶךָ וִיטִיבְךָ לִבְּךָ בִּימֵי בְחוּרוֹתֶיךָ וְהַלֵּךְ בְּדַרְכֵי לִבְּךָ וּבְמַרְאֵה עֵינֶיךָ וְדָע כִּי עַל כׇּל אֵלֶּה יְבִיאֲךָ הָאֱלֹהִים בַּמִּשְׁפָּט״ — עַד כָּאן דִּבְרֵי יֵצֶר הָרָע, מִכָּאן וְאֵילָךְ דִּבְרֵי יֵצֶר טוֹב.
Rich Lakich dit : jusqu'ici [le verset se rapporte] aux paroles de la Torah — on a la possibilité d'étudier la Torah, de s'y adonner et de se réjouir de ses nouveautés ; à partir de là — « mais sache, etc. » — [il se rapporte] aux bonnes actions : on finira par rendre des comptes pour ce qu'on a étudié mais n'a pas mis en pratique.
רֵישׁ לָקִישׁ אָמַר: עַד כָּאן לְדִבְרֵי תוֹרָה, מִכָּאן וְאֵילָךְ לְמַעֲשִׂים טוֹבִים.
Nous avons appris dans la Michna qu'une jarretière (birit) est pure [non susceptible d'impureté]. Rav Yehouda dit : la birit, c'est un bracelet (etsada) [que l'on porte au bras].
בִּירִית טְהוֹרָה. אָמַר רַב יְהוּדָה: בִּירִית זוֹ אֶצְעָדָה.
Rav Yossef souleva une objection : il est dit ici qu'une jarretière (birit) est pure et qu'une femme peut sortir avec le Chabbat, alors qu'un bracelet (etsada), lui, est impur ! Cela est mentionné explicitement dans le verset énumérant le butin de la guerre contre Midian : « Nous avons apporté l'offrande de l'Éternel, ce que chacun a trouvé en objets d'or : bracelets de cheville (etsada), bracelets de bras (tsamid), bagues, boucles d'oreilles et colliers, pour faire l'expiation de nos âmes devant l'Éternel » (Bamidbar 31, 50). Et plus haut dans ce même chapitre, il est écrit au sujet du butin : « Purifiez-vous le troisième jour et le septième jour, vous et vos captifs » (Bamidbar 31, 19). Il apparaît donc qu'un bracelet peut contracter l'impureté !
מֵתִיב רַב יוֹסֵף: בִּירִית טְהוֹרָה וְיוֹצֵא בָּהּ בְּשַׁבָּת, וְאִילּוּ אֶצְעָדָה טְמֵאָה הִיא!
[La Guemara répond :] en réalité, voici ce que Rav Yehouda veut dire : une jarretière (birit) [portée] à la jambe tient la place d'un bracelet (etsada) [porté] au bras. Elle entoure la jambe pour maintenir le bas (la chaussette) en place, de même que le bracelet entoure le bras. Mais, à la différence du bracelet, la jarretière ne peut pas contracter l'impureté, car ce n'est pas un ornement : elle ne fait que retenir le bas.
הָכִי קָאָמַר: בִּירִית תַּחַת אֶצְעָדָה עוֹמֶדֶת.
La Guemara rapporte : Ravin et Rav Houna étaient assis devant Rav Yirmeya. Et Rav Yirmeya était assis et somnolait [tandis que les deux disciples conversaient]. Et Ravin était assis et disait : la jarretière (birit) se porte à une seule jambe, tandis que les chaînes de chevilles (kevalim) se portent aux deux jambes [voilà la différence entre elles].
יָתֵיב רָבִין וְרַב הוּנָא קַמֵּיהּ דְּרַב יִרְמְיָה, וְיָתֵיב רַב יִרְמְיָה וְקָא מְנַמְנֵם. וְיָתֵיב רָבִין וְקָאָמַר: — בִּירִית בְּאַחַת, כְּבָלִים בִּשְׁתַּיִם.
Rav Houna lui dit : celles-ci [les jarretières] comme celles-là [les chaînes de chevilles] se portent aux deux jambes ; et [quand elle porte des jarretières aux deux jambes,] on place une chaînette (chalchélet) entre elles, et elles deviennent [des objets ayant] le statut de chaînes de chevilles (kevalim).
אֲמַר לֵיהּ רַב הוּנָא: אֵלּוּ וְאֵלּוּ בִּשְׁתַּיִם, וּמְטִילִין שַׁלְשֶׁלֶת בֵּינֵיהֶן וְנַעֲשׂוּ כְּבָלִים.
[Ravin demanda :] et est-ce que la chaînette (chalchélet) qui y est reliée en fait un ustensile [susceptible d'impureté] ? Si une jarretière sans chaînette n'est pas considérée comme un ustensile, pourquoi l'ajout d'une chaînette en ferait-il un ustensile pouvant contracter l'impureté ?
וְשַׁלְשֶׁלֶת שֶׁבּוֹ מְשַׁוְּיָא לֵיהּ מָנָא?
Et si tu disais que la raison en est conforme à l'avis de Rabbi Chmouel bar Na'hmani — car Rabbi Chmouel bar Na'hmani a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : d'où sait-on qu'un ustensile de métal qui émet un son (machmia' kol) est [un ustensile] impur ? De ce qu'il est dit : « Tout objet (davar) qui passe au feu, vous le ferez passer au feu et il sera pur » (Bamidbar 31, 23) — davar : « même la parole (dibbour) » est sous-entendue, c'est-à-dire même un objet qui émet un son [est un ustensile, et doit passer au feu pour être purifié].
וְכִי תֵּימָא כְּרַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר נַחְמָנִי, דְּאָמַר רַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר נַחְמָנִי אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: מִנַּיִין לְמַשְׁמִיעַ קוֹל בִּכְלֵי מַתָּכוֹת שֶׁהוּא טָמֵא — שֶׁנֶּאֱמַר: ״כׇּל דָּבָר אֲשֶׁר יָבֹא בָאֵשׁ״ — אֲפִילּוּ דִּיבּוּר בַּמַּשְׁמָע.
[La Guemara réfute le rapprochement :] cependant, ce cas n'est pas semblable. Certes, là-bas [pour l'ustensile de métal sonore], on a besoin de l'ustensile pour son son, et [le son] accomplit une fonction (ma'asé) ; mais ici, quelle fonction la chaînette accomplit-elle ? [Bien qu'elle produise un son, elle ne sert à rien.]
בִּשְׁלָמָא הָתָם — קָא בָעוּ לַהּ לְקָלָא, וְקָעָבֵיד מַעֲשֶׂה, הָכָא מַאי מַעֲשֶׂה קָעָבֵיד?
Shabbat 63b
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שבת ס״ג במַסֶּכֶת שַׁבָּת