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Traité Shabbat

60a

Étude de Shabbat 60a

Étude de la Mishna & Guémara 60a

S'agissant d'un présentoir [kolav, sorte de portant], suis ses clous, auxquels les objets sont suspendus. S'agissant d'une échelle [soulam], suis ses barreaux [chlivot]. S'agissant d'une grande balance [arsa], suis ses chaînes [chalchelot] et non ses plateaux. Et les Sages disent : pour tous ces ustensiles, tout suit le support [hamaamid]. Le statut juridique de l'objet n'est pas déterminé par la partie de l'ustensile la plus importante quant à la fonction, mais par la partie la plus importante quant à la structure. Ainsi, selon Rabbi Ne'hemia, il existe une distinction, même dans les lois du Chabbat, entre une bague munie d'un sceau et une bague sans sceau, car à son avis le sceau constitue la fonction principale de la bague. Les Sages, en revanche, estiment qu'au regard des lois d'impureté rituelle, l'essentiel de la bague est l'anneau lui-même, et non le sceau ; c'est pourquoi ils autorisent à sortir dans le domaine public le Chabbat même avec une bague munie d'un sceau.
בְּקוֹלָב הַלֵּךְ אַחַר מַסְמְרוֹתָיו. בְּסוּלָּם הַלֵּךְ אַחַר שְׁלִיבוֹתָיו. בְּעַרְסָא הַלֵּךְ אַחַר שַׁלְשְׁלוֹתָיו. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: הַכֹּל הוֹלֵךְ אַחַר הַמַּעֲמִיד.
Rava dit : cette contradiction peut se résoudre autrement. La michna qui traite des lois d'impureté rituelle a enseigné les deux types de bagues de façon disjonctive [litsdadim], c'est-à-dire en visant des cas différents : une bague qui porte un sceau peut contracter l'impureté parce qu'elle est un ornement d'homme [takhchit d'ich] ; une bague qui ne porte pas de sceau peut contracter l'impureté parce qu'elle est un ornement de femme [takhchit d'icha].
רָבָא אָמַר, לִצְדָדִים קָתָנֵי: יֵשׁ עָלֶיהָ חוֹתָם — תַּכְשִׁיט דְּאִישׁ, אֵין עָלֶיהָ חוֹתָם — תַּכְשִׁיט דְּאִשָּׁה.
Rav Na'hman bar Yits'hak proposa une autre résolution à la contradiction entre les michnayot : poses-tu une contradiction à partir des lois d'impureté rituelle envers les lois du Chabbat ?! Les principes qui fondent ces domaines de la halakha sont entièrement différents. S'agissant de l'impureté rituelle, la Torah a dit : « tout ustensile [kli] avec lequel un travail est fait » (Bamidbar 31, 51) — or une bague munie d'un sceau est un ustensile et peut donc contracter l'impureté. Mais s'agissant du Chabbat, la Torah a dit que l'interdiction tient au fait que l'objet est une charge [massoï] : ainsi, lorsqu'elle ne porte pas de sceau, c'est un ornement [takhchit] et l'on peut la porter dans le domaine public ; lorsqu'elle porte un sceau, c'est une charge et l'on ne peut pas la porter.
רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק אָמַר: טוּמְאָה אַשַּׁבָּת קָרָמֵית?! טוּמְאָה, ״כְּלִי מַעֲשֶׂה״ אֲמַר רַחֲמָנָא — וּכְלִי הוּא. שַׁבָּת, מִשּׁוּם מַשּׂוֹי אֲמַר רַחֲמָנָא, אֵין עָלֶיהָ חוֹתָם — תַּכְשִׁיט, יֵשׁ עָלֶיהָ חוֹתָם — מַשּׂוֹי.
Nous avons également appris dans la michna : ni avec une aiguille non percée [ma'hat che-eina nekouva]. La Guemara demande : à quel usage ce type d'aiguille est-il propre ? Rav Yossef dit : puisqu'une femme rassemble ses cheveux et les fixe à sa résille au moyen de l'aiguille non percée.
וְלֹא בְּמַחַט שֶׁאֵינָהּ נְקוּבָה. לְמַאי חַזְיָא? אָמַר רַב יוֹסֵף: הוֹאִיל וְאִשָּׁה אוֹגֶרֶת בָּהּ שְׂעָרָהּ.
Abayé lui dit : s'il en est ainsi, que l'aiguille soit comme une jarretière [birit] rituellement pure, et qu'elle soit donc permise. Il existe en effet un type de jarretière — une lanière qui empêche les bas d'une femme de tomber — qui ne peut pas contracter l'impureté. Une femme est autorisée à sortir le Chabbat dans le domaine public en la portant, même si elle est ornementée, car par pudeur une femme n'ôtera certainement pas sa jarretière ni ne l'exhibera dans le domaine public. De même, pour l'aiguille, on suppose qu'une femme ne dénouera pas ses cheveux dans la rue.
אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי: וְתֶהֱוֵי כְּבִירִית טְהוֹרָה, וְתִשְׁתְּרֵי.
Rav Adda de la ville de Narach expliqua plutôt devant Rav Yossef : puisqu'une femme partage ses cheveux avec elle [pour faire la raie]. La Guemara demande : le Chabbat, où il est interdit de se peigner les cheveux, à quel usage cette aiguille est-elle propre ? Rava dit : il y a une plaque d'or [tass chel zahav] à l'autre extrémité de l'aiguille. En semaine, elle s'en sert pour faire la raie de ses cheveux ; le Chabbat, elle insère l'aiguille dans sa coiffe et pose la plaque d'or contre son front, à titre d'ornement.
אֶלָּא תַּרְגְּמַהּ רַב אַדָּא נַרְשָׁאָה קַמֵּיהּ דְּרַב יוֹסֵף: הוֹאִיל וְאִשָּׁה חוֹלֶקֶת בָּהּ שְׂעָרָהּ. בְּשַׁבָּת לְמַאי חַזְיָא? אָמַר רָבָא: טַס שֶׁל זָהָב יֵשׁ לָהּ עַל רֹאשָׁהּ. בַּחוֹל חוֹלֶקֶת בָּהּ שְׂעָרָהּ, בְּשַׁבָּת מַנִּיחָתָהּ כְּנֶגֶד פַּדַּחְתָּהּ.
Mishna 1
MICHNA : Un homme ne sortira pas le Chabbat avec une sandale cloutée [sandal hamesoumar], comme cela sera expliqué dans la Guemara. Et il ne sortira pas avec une seule sandale lorsqu'il n'a pas de plaie au pied. Il ne sortira ni avec les tefilin, ni avec une amulette [kamea] lorsqu'elle ne provient pas d'un expert [moum'he] — c'est-à-dire qu'elle a été écrite par quelqu'un qui ne s'est pas fait une réputation d'expert dans la rédaction d'amulettes efficaces pour ceux qui les portent. Et il ne sortira ni avec une cuirasse [chiryon], ni avec un casque [kasda], ni avec des jambières [magafayim] — ces termes seront expliqués dans la Guemara. Et s'il est sorti dans le domaine public avec l'un de ces objets, il n'est pas tenu d'apporter un sacrifice expiatoire ['hatat].
מַתְנִי׳ לֹא יֵצֵא הָאִישׁ בְּסַנְדָּל הַמְסוּמָּר. וְלֹא בְּיָחִיד, בִּזְמַן שֶׁאֵין בְּרַגְלוֹ מַכָּה. וְלֹא בִּתְפִילִּין, וְלֹא בְּקָמֵיעַ בִּזְמַן שֶׁאֵינוֹ מִן הַמּוּמְחֶה. וְלֹא בְּשִׁרְיוֹן וְלֹא בְּקַסְדָּא וְלֹא בְּמַגָּפַיִים. וְאִם יָצָא — אֵינוֹ חַיָּיב חַטָּאת.(משנה)
Guémara
GUEMARA : La Guemara demande : quelle est la raison pour laquelle les Sages ont interdit de sortir le Chabbat avec une sandale cloutée ?
גְּמָ׳ סַנְדָּל הַמְסוּמָּר מַאי טַעְמָא?
Chmouel dit : c'étaient des gens qui se dérobaient aux décrets de persécution religieuse [chilfei ha-chemad] ; après l'une des guerres, ils se cachaient dans une grotte. Et ceux qui étaient cachés dirent : celui qui veut entrer, qu'il entre ; mais celui qui veut sortir, qu'il ne sorte pas. Car celui qui sort n'a aucun moyen de savoir si l'ennemi est ou non en embuscade au-dehors ; sortir risquerait donc de révéler la présence de ceux qui sont cachés dans la grotte.
אָמַר שְׁמוּאֵל: שִׁלְפֵי הַשְּׁמָד הָיוּ, וְהָיוּ נֶחְבָּאִין בִּמְעָרָה, וְאָמְרוּ: הַנִּכְנָס — יִכָּנֵס, וְהַיּוֹצֵא — אַל יֵצֵא.
Il advint que la sandale de l'un d'eux se retourna — l'avant de la sandale se trouvant à l'arrière — et ses empreintes parurent comme les pas de quelqu'un qui sortait de la grotte. Ils crurent que l'un d'eux était sorti et craignirent que leurs ennemis ne l'eussent vu et ne fussent à présent en train de fondre sur eux pour les attaquer. Dans leur panique, ils se bousculèrent les uns les autres et s'entretuèrent en plus grand nombre que ce que les ennemis avaient tué parmi eux. Pour commémorer ce désastre causé par une sandale cloutée, on interdit de sortir avec elle dans le domaine public.
נֶהְפַּךְ סַנְדָּלוֹ שֶׁל אֶחָד מֵהֶן, כִּסְבוּרִין הֵם אֶחָד מֵהֶן יָצָא וְרָאוּהוּ אוֹיְבִים וְעַכְשָׁו בָּאִין עֲלֵיהֶן. דָּחֲקוּ זֶה בָּזֶה וְהָרְגוּ זֶה אֶת זֶה יוֹתֵר מִמַּה שֶּׁהָרְגוּ בָּהֶם אוֹיְבִים.
Rabbi Ilaï ben Elazar dit que la raison du décret était différente : une fois, ils étaient assis dans une grotte et entendirent un bruit [de sandale cloutée] au-dessus de la grotte. Ils crurent que leurs ennemis étaient venus sur eux. Ils se bousculèrent les uns les autres et s'entretuèrent en plus grand nombre que ce que les ennemis avaient tué parmi eux.
רַבִּי אִילְעַאי בֶּן אֶלְעָזָר אוֹמֵר: בִּמְעָרָה הָיוּ יוֹשְׁבִין, וְשָׁמְעוּ קוֹל מֵעַל גַּבֵּי הַמְּעָרָה. כִּסְבוּרִין הָיוּ שֶׁבָּאוּ עֲלֵיהֶם אוֹיְבִים. דָּחֲקוּ זֶה בָּזֶה וְהָרְגוּ זֶה אֶת זֶה יוֹתֵר מִמַּה שֶּׁהָרְגוּ בָּהֶן אוֹיְבִים.
Rami bar Ye'hezkel dit que la raison du décret était différente : ils étaient assis dans une synagogue et entendirent un bruit [de sandale cloutée] derrière la synagogue. Ils crurent que leurs ennemis étaient venus sur eux. Ils se bousculèrent les uns les autres et s'entretuèrent en plus grand nombre que ce que les ennemis avaient tué parmi eux.
רָמֵי בַּר יְחֶזְקֵאל אָמַר: בְּבֵית הַכְּנֶסֶת הָיוּ יוֹשְׁבִין, וְשָׁמְעוּ קוֹל מֵאֲחוֹרֵי בֵּית הַכְּנֶסֶת. כִּסְבוּרִין הָיוּ שֶׁבָּאוּ עֲלֵיהֶם אוֹיְבִים. דָּחֲקוּ זֶה בָּזֶה וְהָרְגוּ זֶה אֶת זֶה יוֹתֵר מִמַּה שֶּׁהָרְגוּ בָּהֶן אוֹיְבִים.
Shabbat 60a
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שבת ס׳ אמַסֶּכֶת שַׁבָּת