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Traité Shabbat

56b

Étude de Shabbat 56b

Étude de la Guémara 56b

Guémara
[Tsiva, le serviteur de Mefivochèt, dit à David :] « […] ton serviteur. Et il a calomnié ton serviteur auprès de mon seigneur le roi ; mais mon seigneur le roi est comme un ange de Dieu : fais donc ce qui est bon à tes yeux » (II Samuel 19, 26-28). « Et le roi lui dit : Pourquoi parles-tu encore de tes affaires ? J'ai dit : Toi et Tsiva, vous partagerez les terres. Et Mefivochèt dit au roi : Qu'il prenne même le tout, puisque mon seigneur le roi est rentré en paix dans sa maison » (II Samuel 19, 30-31). Mefivochèt dit ainsi à David : Moi, j'avais espéré ton retour, disant : « Quand reviendra-t-il en paix ? », et toi, tu me fais cela, en donnant à Tsiva la moitié de mes terres ? Ce n'est pas contre toi que j'ai des griefs, mais contre Celui qui t'a ramené en paix.
עַבְדֶּךָ. וַיְרַגֵּל בְּעַבְדְּךָ אֶל אֲדֹנִי הַמֶּלֶךְ וַאדֹנִי הַמֶּלֶךְ כְּמַלְאַךְ הָאֱלֹהִים וַעֲשֵׂה הַטּוֹב בְּעֵינֶיךָ״. ״וַיֹּאמֶר לוֹ הַמֶּלֶךְ לָמָּה תְּדַבֵּר עוֹד דְּבָרֶיךָ אָמַרְתִּי אַתָּה וְצִיבָא תַּחְלְקוּ אֶת הַשָּׂדֶה. וַיֹּאמֶר מְפִיבֹשֶׁת אֶל הַמֶּלֶךְ גַּם אֶת הַכֹּל יִקָּח אַחֲרֵי אֲשֶׁר בָּא אֲדֹנִי הַמֶּלֶךְ בְּשָׁלוֹם אֶל בֵּיתוֹ״. אָמַר לוֹ: אֲנִי אָמַרְתִּי ״מָתַי תָּבֹא בְּשָׁלוֹם״, וְאַתָּה עוֹשֶׂה לִי כָּךְ? לֹא עָלֶיךָ יֵשׁ לִי תַּרְעוֹמוֹת אֶלָּא עַל מִי שֶׁהֱבִיאֲךָ בְּשָׁלוֹם.
C'est ce qui est écrit : « Et le fils de Yehonatan était Meriv-Baal » (I Chroniques 8, 34). La Guemara demande : Et son nom était-il « Meriv-Baal » ? N'était-il pas Mefivochèt ! Mais [il fut ainsi appelé] parce qu'il entra en querelle (meriva) avec son Maître (Baal), c'est-à-dire Dieu, en se plaignant que Dieu eût sauvé David. Une voix céleste (bat qol) sortit et lui dit : Querelleur (natsa), fils de querelleur ! [tu es exactement comme ton père Chaoul]. La Guemara explique : « Querelleur » — c'est ce que nous avons dit [qu'il s'est plaint contre Dieu d'avoir sauvé David]. « Fils de querelleur » — comme il est écrit : « Et Chaoul vint jusqu'à une ville d'Amalec et il se querella dans la vallée (na'hal) » (I Samuel 15, 5). Et Rabbi Mani dit : [Chaoul se querella avec Dieu] au sujet des affaires de la vallée [disant : pour le meurtre d'une seule personne, la Torah ordonne de briser la nuque d'une génisse dans une vallée pour expier le crime (voir Devarim 21, 1-9) ; pourquoi donc faudrait-il tuer tous ces Amalécites ?].
הַיְינוּ דִּכְתִיב: ״וּבֶן יְהוֹנָתָן מְרִיב בָּעַל״, וְכִי ״מְרִיב בַּעַל״ שְׁמוֹ? וַהֲלֹא מְפִיבֹשֶׁת שְׁמוֹ! אֶלָּא מִתּוֹךְ שֶׁעָשָׂה מְרִיבָה עִם בְּעָלָיו. יָצְתָה בַּת קוֹל וְאָמְרָה לוֹ: נַצָּא בַּר נַצָּא. ״נַצָּא״ — הָא דַּאֲמַרַן. ״בַּר נַצָּא״ — דִּכְתִיב: ״וַיָּבֹא שָׁאוּל עַד עִיר עֲמָלֵק וַיָּרֶב בַּנָּחַל״, אָמַר רַבִּי מָנִי: עַל עִסְקֵי נַחַל.
Quant à notre sujet : Rav Yehouda dit au nom de Rav : Lorsque David dit à Mefivochèt : « Toi et Tsiva, vous partagerez les terres », une voix céleste (bat qol) sortit et lui dit : Re'havam et Yarovam partageront la royauté.
אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: בְּשָׁעָה שֶׁאָמַר דָּוִד לִמְפִיבֹשֶׁת: אַתָּה וְצִיבָא תַּחְלְקוּ אֶת הַשָּׂדֶה, יָצְתָה בַּת קוֹל וְאָמְרָה לוֹ: רְחַבְעָם וְיָרָבְעָם יַחְלְקוּ אֶת הַמְּלוּכָה.
Rav Yehouda dit au nom de Rav : Si David n'avait pas accepté le rapport calomnieux de Tsiva au sujet de Mefivochèt, la royauté de la maison de David n'aurait pas été divisée, Israël n'aurait pas servi l'idolâtrie [à cause de Yarovam], et nous n'aurions pas été exilés de notre terre.
אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: אִילְמָלֵי לֹא קִיבֵּל דָּוִד לָשׁוֹן הָרָע לֹא נֶחְלְקָה מַלְכוּת בֵּית דָּוִד, וְלֹא עָבְדוּ יִשְׂרָאֵל עֲבוֹדָה זָרָה, וְלֹא גָּלִינוּ מֵאַרְצֵנוּ.
Rabbi Chmouel bar Na'hmani dit au nom de Rabbi Yonatan : Quiconque dit que le roi Chlomo a fauté n'est rien d'autre qu'un homme dans l'erreur, car il est dit : « Et son cœur ne fut pas entier avec l'Éternel son Dieu, comme le cœur de David son père » (I Rois 11, 4). [On en déduit] par implication : c'est comme le cœur de David son père [que celui de Chlomo] ne fut pas, mais fauter, il ne fauta pas non plus.
אָמַר רַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר נַחְמָנִי אָמַר רַבִּי יוֹנָתָן: כׇּל הָאוֹמֵר שְׁלֹמֹה חָטָא אֵינוֹ אֶלָּא טוֹעֶה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְלֹא הָיָה לְבָבוֹ שָׁלֵם עִם ה׳ אֱלֹהָיו כִּלְבַב דָּוִד אָבִיו״ — כִּלְבַב דָּוִד אָבִיו הוּא דְּלָא הֲוָה, מִיחְטָא נָמֵי לָא חֲטָא.
Mais alors, comment vais-je expliquer [le verset] : « Et il advint, au temps de la vieillesse de Chlomo, que ses femmes détournèrent son cœur après d'autres dieux » (I Rois 11, 4) ? Ce verset est conforme à l'enseignement de Rabbi Natan. Car Rabbi Natan releva une contradiction [entre les deux parties du verset] : il est écrit « Et il advint, au temps de la vieillesse de Chlomo, que ses femmes détournèrent son cœur après d'autres dieux », mais n'est-il pas écrit [aussi] « comme le cœur de David son père » — [indiquant que] c'est comme le cœur de David son père que celui de Chlomo ne fut pas, mais fauter, il ne fauta pas non plus ! Voici plutôt ce que [le verset] veut dire : « Et il advint, au temps de la vieillesse de Chlomo, que ses femmes détournèrent son cœur pour aller après d'autres dieux » — mais il n'alla pas [après eux].
אֶלָּא מָה אֲנִי מְקַיֵּים ״וַיְהִי לְעֵת זִקְנַת שְׁלֹמֹה נָשָׁיו הִטּוּ אֶת לְבָבוֹ״ — הַהִיא כְּרַבִּי נָתָן. דְּרַבִּי נָתָן רָמֵי, כְּתִיב: ״וַיְהִי לְעֵת זִקְנַת שְׁלֹמֹה נָשָׁיו הִטּוּ אֶת לְבָבוֹ״, וְהָכְתִיב: ״כִּלְבַב דָּוִד אָבִיו״ — כִּלְבַב דָּוִד אָבִיו הוּא דְּלָא הֲוָה מִיחְטָא נָמֵי לָא חֲטָא! הָכִי קָאָמַר: ״וַיְהִי לְעֵת זִקְנַת שְׁלֹמֹה נָשָׁיו הִטּוּ אֶת לְבָבוֹ לָלֶכֶת אַחֲרֵי אֱלֹהִים אֲחֵרִים״ — וְלֹא הָלַךְ.
Mais n'est-il pas écrit : « Alors Chlomo bâtit un haut-lieu (bama) pour Kemoch, l'abomination de Moav, sur la montagne qui est face à Jérusalem, et pour Molekh, l'abomination des fils d'Ammon » (I Rois 11, 7) [indiquant que Chlomo s'égara bel et bien après les idoles] ? [La Guemara répond :] Cela [peut se comprendre ainsi] : il chercha à bâtir [un haut-lieu pour les idoles] mais ne le bâtit pas.
וְהָכְתִיב: ״אָז יִבְנֶה שְׁלֹמֹה בָּמָה לִכְמוֹשׁ שִׁקֻּץ מוֹאָב״ — שֶׁבִּקֵּשׁ לִבְנוֹת וְלֹא בָּנָה.
[La Guemara objecte :] Mais alors, [le verset] : « Alors Yehochoua bâtit un autel à l'Éternel [Dieu d'Israël sur le mont Eval] » (Josué 8, 30) — [signifierait-il qu']il chercha à bâtir mais ne bâtit pas ?! [Non,] il bâtit bel et bien ; ici aussi [pour Chlomo], il bâtit bel et bien !
אֶלָּא מֵעַתָּה: ״אָז יִבְנֶה יְהוֹשֻׁעַ מִזְבֵּחַ לַה׳״ — שֶׁבִּקֵּשׁ לִבְנוֹת וְלֹא בָּנָה?! אֶלָּא דִּבְנָה, הָכָא נָמֵי דִּבְנָה!
[Le verset] doit plutôt se comprendre comme il a été enseigné [dans une baraïta] : Rabbi Yossi dit : [il est écrit] « Et les hauts-lieux qui étaient face à Jérusalem, à la droite de la montagne de l'Onction (Har haMich'ha), que Chlomo, roi d'Israël, avait bâtis pour Achtorèt, l'abomination des Sidoniens, [et pour Kemoch, l'abomination de Moav, et pour Milkom, l'abomination des fils d'Ammon, le roi les rendit impurs] » (II Rois 23, 13) [— tous furent détruits par Yochiyahou].
אֶלָּא כִּדְתַנְיָא, רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: ״וְאֶת הַבָּמוֹת אֲשֶׁר עַל פְּנֵי יְרוּשָׁלִַים אֲשֶׁר מִימִין לְהַר הַמִּשְׁחָה אֲשֶׁר בָּנָה שְׁלֹמֹה מֶלֶךְ יִשְׂרָאֵל לְעַשְׁתֹּרֶת שִׁקֻּץ צִידֹנִים וְגוֹ׳״.
[La Guemara demande :] Est-il possible qu'Assa [roi juste] soit venu et ne les ait pas détruits, que Yehochafat [roi juste] soit venu et ne les ait pas détruits, jusqu'à ce que vienne Yochiyahou qui les détruisit ? Mais n'est-ce pas qu'Assa et Yehochafat détruisirent toute idolâtrie en terre d'Israël ! [Le verset] juxtapose plutôt les premiers [c'est-à-dire Chlomo] aux derniers [c'est-à-dire Yochiyahou] : de même que les derniers [Yochiyahou] n'accomplirent pas la destruction de ces hauts-lieux [car elle avait été faite par ses prédécesseurs], et pourtant le verset la lui attribue pour le louer [comme s'il avait détruit tous ces hauts-lieux], de même les premiers [Chlomo] n'accomplirent pas la construction, et pourtant le verset la lui attribue pour le blâmer [puisqu'il n'empêcha pas leur construction].
אֶפְשָׁר בָּא אָסָא וְלֹא בִּיעֲרָם, יְהוֹשָׁפָט וְלֹא בִּיעֲרָם, עַד שֶׁבָּא יֹאשִׁיָּה וּבִיעֲרָם? וַהֲלֹא כׇּל עֲבוֹדָה זָרָה שֶׁבְּאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל אָסָא וִיהוֹשָׁפָט בִּיעֲרוּם! אֶלָּא מַקִּישׁ רִאשׁוֹנִים לָאַחֲרוֹנִים, מָה אַחֲרוֹנִים לֹא עָשׂוּ וְתָלָה בָּהֶן לְשֶׁבַח, אַף רִאשׁוֹנִים לֹא עָשׂוּ וְתָלָה בָּהֶן לִגְנַאי.
[La Guemara soulève une autre question :] Mais n'est-il pas écrit : « Et Chlomo fit le mal aux yeux de l'Éternel » (I Rois 11, 6) [indiquant clairement que Chlomo a fauté] ? [La réponse :] Mais parce qu'il aurait dû protester contre la conduite de ses femmes [leur implication dans l'idolâtrie] et qu'il ne protesta pas, le verset lui en impute la responsabilité comme s'il avait fauté.
וְהָכְתִיב: ״וַיַּעַשׂ שְׁלֹמֹה הָרַע בְּעֵינֵי ה׳״! אֶלָּא מִפְּנֵי שֶׁהָיָה לוֹ לִמְחוֹת בְּנָשָׁיו וְלֹא מִיחָה מַעֲלֶה עָלָיו הַכָּתוּב כְּאִלּוּ חָטָא.
Rav Yehouda dit au nom de Chmouel : Il eût mieux valu pour ce juste [Chlomo] qu'il fût un serviteur chargé de puiser de l'eau et de fendre du bois pour une autre chose [c'est-à-dire l'idolâtrie], plutôt que d'avoir le verset écrire à son sujet : « Et il fit le mal aux yeux de l'Éternel » — bien qu'il ne l'eût pas fait.
אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: נוֹחַ לוֹ לְאוֹתוֹ צַדִּיק שֶׁיְּהֵא שַׁמָּשׁ לְדָבָר אַחֵר, וְאַל יִכָּתֵב בּוֹ ״וַיַּעַשׂ הָרָע בְּעֵינֵי ה׳״.
Shabbat 56b
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שבת נ״ו במַסֶּכֶת שַׁבָּת