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Traité Shabbat

54a

Étude de Shabbat 54a

Étude de la Mishna & Guémara 54a

« …avec la parure d'une prostituée (chit zona) et le cœur rusé » (Michlé 7, 10). Le mot che'houzot peut être interprété comme un acronyme (notarikon) des mots chit zona, « parure d'une prostituée », les lettres tav et 'het — de forme semblable — étant interverties.
שִׁית זוֹנָה וּנְצוּרַת לֵב״.
Nous avons appris dans la MISHNA : les brebis sortent kevoulot. La Guemara demande : que signifie kevoulot ? Cela signifie qu'on leur lie (mekhablin) la queue par en bas, au moyen d'une peau, afin que les mâles ne les saillissent pas. La Guemara explique : d'où peut-on déduire que ce mot kavoul est un terme désignant ce qui ne produit pas de fruit ? De ce qu'il est écrit — lorsque Salomon donna à 'Hiram une portion de terre, celui-ci se plaignit : « Quelles sont ces villes que tu m'as données, mon frère ? Et il les appela “terre de Kavoul” jusqu'à ce jour » (I Rois 9, 13).
הָרְחֵלִים יוֹצְאוֹת כְּבוּלוֹת. מַאי ״כְּבוּלוֹת״? — שֶׁמְּכַבְּלִין אַלְיָה שֶׁלָּהֶן לְמַטָּה כְּדֵי שֶׁלֹּא יַעֲלוּ עֲלֵיהֶן זְכָרִים. מַאי מַשְׁמַע דְּהַאי ״כָּבוּל״ לִישָּׁנָא דְּלָא עָבֵיד פֵּירֵי הוּא — דִּכְתִיב: ״מָה הֶעָרִים [הָאֵלֶּה] אֲשֶׁר נָתַתָּ לִּי אָחִי וַיִּקְרָא לָהֶן אֶרֶץ כָּבוּל עַד הַיּוֹם הַזֶּה״.
Que signifie « terre de Kavoul » ? Rav Houna dit : [c'est] que ses habitants y étaient enveloppés (mekhoubalin) et entourés d'argent et d'or. Rava lui dit : s'il en est ainsi, est-ce là ce qui est écrit — « Et 'Hiram sortit de Tyr pour voir les villes que Salomon lui avait données, et elles ne plurent point à ses yeux » (I Rois 9, 12) ? Parce que ses habitants étaient enveloppés d'argent et d'or, les villes ne plaisaient pas à ses yeux ? Rav Houna lui dit : oui, en effet [c'est précisément cette richesse qui déplut à 'Hiram] : puisqu'ils étaient riches et délicats (mefanké), ils n'accomplissaient pas de travail [or 'Hiram cherchait des hommes qu'il pût enrôler au service du roi].
מַאי ״אֶרֶץ כָּבוּל״? אָמַר רַב הוּנָא: שֶׁהָיוּ בָּהּ בְּנֵי אָדָם שֶׁמְּכוּבָּלִין בְּכֶסֶף וּבְזָהָב. אֲמַר לֵיהּ רָבָא: אִי הָכִי, הַיְינוּ דִּכְתִיב: ״(כִּי לֹא) יָשְׁרוּ בְּעֵינָיו״ — מִפְּנֵי שֶׁמְּכוּבָּלִין בְּכֶסֶף וּבְזָהָב לֹא יָשְׁרוּ בְּעֵינָיו? אֲמַר לֵיהּ: אִין, כֵּיוָן דְּעַתִּירֵי וּמְפַנְּקִי, לָא עָבְדִי עֲבִידְתָּא.
Rav Na'hman bar Yits'hak dit : c'était une terre sablonneuse ('homton). Et pourquoi l'appelait-on Kavoul ? Parce que le pied s'y enfonce (mistarga) jusqu'à la cheville (kavla). Et les gens disent, pour décrire une terre de mauvaise qualité : une terre liée (mekhabelta) [comme entravée], qui ne produit pas de fruit.
רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק אָמַר: אֶרֶץ חוֹמְטוֹן הָיְתָה. וְאַמַּאי קָרֵי לַהּ ״כָּבוּל״ — דְּמִשְׂתָּרְגָא בַּהּ כַּרְעָא עַד כַּבְלָא. וְאָמְרִי אִינָשֵׁי: אַרְעָא מְכַבַּלְתָּא דְּלָא עָבְדָא פֵּירֵי.
Nous avons appris dans la MISHNA : les brebis sortent kevounot. La Guemara demande : que signifie kevounot ? C'est qu'on les recouvre (mekhabnin) pour [obtenir] de la laine fine. [On enveloppait les brebis d'un drap dès le jour de leur naissance afin que leur laine demeure parfaitement propre et puisse servir à confectionner des vêtements de laine particulièrement fins.] Comme nous l'avons appris dans une MISHNA : la couleur d'une plaie de lèpre (se'et) est comme celle de la laine blanche. La Guemara a demandé : qu'est-ce que la laine blanche ? Rav Beïvaï bar Abayé dit : comme la laine propre d'un agneau nouveau-né (ben yomo), qu'on recouvre dès la naissance pour [obtenir] de la laine fine.
כְּבוּנוֹת. מַאי ״כְּבוּנוֹת״? — שֶׁמְכַבְּנִין אוֹתָן לְמֵילָת. כְּדִתְנַן: שְׂאֵת — כְּצֶמֶר לָבָן. מַאי צֶמֶר לָבָן? אָמַר רַב בִּיבִי בַּר אַבָּיֵי: כְּצֶמֶר נָקִי בֶּן יוֹמוֹ שֶׁמְכַבְּנִין אוֹתוֹ לְמֵילָת.
Notre Michna poursuit : et les chèvres sortent [les pis] liés (tseroupot). [Rabbi Yossi l'interdit. Rabbi Yehouda distingue entre le cas où l'on a lié les pis pour tarir la production de lait et celui où on les a liés pour conserver le lait.] Il a été énoncé que les Amoraïm divergeaient quant à la décision (halakha) dans cette controverse : Rav dit : la halakha est selon Rabbi Yehouda, et Chmouel dit : la halakha est selon Rabbi Yossi.
וְהָעִזִּים יוֹצְאוֹת צְרוּרוֹת. אִיתְּמַר, רַב אָמַר: הֲלָכָה כְּרַבִּי יְהוּדָה, וּשְׁמוּאֵל אָמַר: הֲלָכָה כְּרַבִּי יוֹסֵי.
Et il en est qui enseignent cette tradition (chemaata) indépendamment de la Michna. Rav dit : [si on les a liés] pour tarir [le lait], c'est permis, mais non pour [le] conserver. Et Chmouel dit : l'un comme l'autre sont interdits.
וְאִיכָּא דְמַתְנֵי לְהָא שְׁמַעְתָּא בְּאַפֵּי נַפְשַׁיהּ. רַב אָמַר: לְיַבֵּשׁ מוּתָּר וְלֹא לֵחָלֵב, וּשְׁמוּאֵל אָמַר: אֶחָד זֶה וְאֶחָד זֶה אָסוּר.
Et il en est qui enseignent cette controverse à propos de cette baraïta : les chèvres sortent les pis liés pour tarir [le lait], mais non pour [le] conserver. Au nom de Rabbi Yehouda ben Betéra ils dirent : telle est la halakha [selon la stricte lettre de la loi], mais qui peut tirer au sort pour discerner [à la seule vue] lequel [pis] a été lié pour tarir et lequel l'a été pour conserver le lait ? Et puisqu'on ne peut les distinguer, [les Sages ont dit :] l'un comme l'autre sont interdits. Chmouel dit — et certains rapportent que Rav Yehouda dit au nom de Chmouel : la halakha est selon Rabbi Yehouda ben Betéra. [Du point de vue pratique, selon toutes les versions de la controverse, Chmouel tient que c'est interdit dans les deux cas.] Lorsque Ravin vint [d'Erets Israël à Babylone], il dit que Rabbi Yo'hanan avait dit : la halakha est selon le premier Tana [anonyme de la Michna, qui permet aux chèvres de sortir les pis liés dans tous les cas].
וְאִיכָּא דְמַתְנֵי לַהּ אַהָא: עִזִּים יוֹצְאוֹת צְרוּרוֹת לְיַבֵּשׁ אֲבָל לֹא לֵחָלֵב. מִשּׁוּם רַבִּי יְהוּדָה בֶּן בְּתֵירָא אָמְרוּ: כָּךְ הֲלָכָה, אֲבָל מִי מֵפִיס אֵיזוֹ לְיַבֵּשׁ וְאֵיזוֹ לֵחָלֵב? וּמִתּוֹךְ שֶׁאֵין מַכִּירִים, אֶחָד זֶה וְאֶחָד זֶה אָסוּר. אָמַר שְׁמוּאֵל: וְאָמְרִי לַהּ אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: הֲלָכָה כְּרַבִּי יְהוּדָה בֶּן בְּתֵירָא. כִּי אֲתָא רָבִין אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: הֲלָכָה כְּתַנָּא קַמָּא.
Mishna 1
MICHNA : Et avec quoi [un animal] ne sort-il pas [dans le domaine public le Chabbat] ? Un chameau ne sort pas avec une housse (metoultelet), ni akoud, ni ragoul [deux manières différentes de lier ses pattes ensemble, qui seront expliquées dans la Guemara]. Et de même [il est interdit de lier ainsi] tous les autres animaux.
מַתְנִי׳ וּבַמָּה אֵינָהּ יוֹצְאָה? — לֹא יֵצֵא גָּמָל בִּמְטוּלְטֶלֶת, לֹא עָקוּד וְלֹא רָגוּל, וְכֵן שְׁאָר כׇּל הַבְּהֵמוֹת.(משנה)
Et de même, on ne lie pas des chameaux l'un à l'autre pour tirer [le premier, entraînant ainsi les autres à sa suite]. Mais on peut prendre les cordes [attachées à chacun] dans sa main et les tirer, pourvu qu'on ne les entrelace (yikhrokh) pas.
לֹא יִקְשׁוֹר גְּמַלִּים זֶה בָּזֶה וְיִמְשׁוֹךְ, אֲבָל מַכְנִיס חֲבָלִים לְתוֹךְ יָדוֹ וְיִמְשׁוֹךְ, וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יִכְרוֹךְ.
Guémara
GUEMARA : On a enseigné [dans la Tossefta] : le chameau ne sort pas avec une housse liée à sa seule queue. Mais il sort avec une housse liée à la fois à sa queue et à sa bosse ['hotarto, car alors on peut supposer que la housse ne tombera pas]. Rabba bar Rav Houna dit : la chamelle sort avec une housse liée à son arrière-faix (chilyeta). [Parce que tout mouvement de la housse lui causerait de la douleur, l'animal n'essaiera pas de la détacher ; il n'y a donc pas lieu de craindre qu'elle tombe.]
גְּמָ׳: תָּנָא לֹא יֵצֵא הַגָּמָל בִּמְטוּלְטֶלֶת הַקְּשׁוּרָה לוֹ בִּזְנָבוֹ, אֲבָל יוֹצֵא הוּא בִּמְטוּלְטֶלֶת הַקְּשׁוּרָה בִּזְנָבוֹ וּבְחוֹטַרְתּוֹ. אָמַר רַבָּה בַּר רַב הוּנָא: יוֹצֵא הַגָּמָל בִּמְטוּלְטֶלֶת הַקְּשׁוּרָה לוֹ בְּשִׁילְיְיתָא.
[Nous avons appris dans la MISHNA :] ni akoud, ni ragoul. Rav Yehouda dit : akoud [signifie] la ligature (akédat) d'une patte antérieure et d'une patte postérieure ensemble, comme la ligature d'Yits'hak fils d'Avraham [à propos duquel est employé le terme vaya'akod]. Ragoul [signifie] qu'on ne plie pas le bas de la patte antérieure sur le haut de la patte antérieure pour la lier. [Cela se faisait afin que le chameau ne dispose plus que de trois pattes et ne puisse s'enfuir.]
לֹא עָקוּד וְלֹא רָגוּל. אָמַר רַב יְהוּדָה: ״עָקוּד״ — עֲקֵידַת יָד וָרֶגֶל, כְּיִצְחָק בֶּן אַבְרָהָם. ״רָגוּל״ — שֶׁלֹּא יָכוֹף יָדוֹ עַל גַּבֵּי זְרוֹעוֹ וְיִקְשׁוֹר.
Shabbat 54a
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שבת נ״ד אמַסֶּכֶת שַׁבָּת