[…] sont rituellement pures.
טְהוֹרוֹת.
Rabbi Yits'haq Nappa'ha dit : notre michna [qui enseigne que les chaînes des animaux contractent l'impureté] traite d'ornements qui sont passés de leur destination première — la parure d'un homme — à une destination nouvelle : la parure d'un animal. Ils avaient jadis appartenu à un homme, qui les a ensuite fixés afin d'attacher une lanière à un animal. Leur impureté rituelle d'origine ne cesse pas lorsqu'ils sont attachés à l'animal.
אָמַר רַבִּי יִצְחָק נַפָּחָא: בְּבָאִין מִנּוֹי אָדָם לְנוֹי בְּהֵמָה.
Et Rav Yossef dit : les anneaux des animaux peuvent contracter l'impureté rituelle puisqu'un homme tire son animal au moyen de ceux-ci ; ils sont donc considérés comme des ustensiles à l'usage de l'homme. N'a-t-on pas enseigné dans une baraïta : l'aiguillon de métal [maqel] pour l'animal contracte l'impureté rituelle ? Quelle en est la raison, alors même qu'il s'agit d'un ustensile d'animal ? Puisqu'un homme maîtrise son animal au moyen de celui-ci, il est tenu pour un ustensile à l'usage de l'homme ; il peut donc contracter l'impureté. Ici aussi, s'agissant des chaînes, puisqu'un homme tire son animal au moyen de celles-ci, elles sont tenues pour des ustensiles à l'usage de l'homme.
וְרַב יוֹסֵף אָמַר: הוֹאִיל וְאָדָם מוֹשֵׁךְ בָּהֶם אֶת הַבְּהֵמָה. מִי לָא תַּנְיָא: מַקֵּל שֶׁל בְּהֵמָה, שֶׁל מַתֶּכֶת מְקַבֵּל טוּמְאָה. מַה טַּעַם? — הוֹאִיל וְאָדָם רוֹדָהּ בָּהֶן. הָכָא נָמֵי, הוֹאִיל וְאָדָם מוֹשֵׁךְ בָּהֶן.
Et nous avons appris dans notre michna : si les chaînes des animaux ont contracté l'impureté rituelle, on peut les immerger [au miqvé] alors qu'elles sont à leur place sur l'animal, sans avoir d'abord à les retirer. La Guemara soulève une question : n'y a-t-il pas là une 'hatsitsa [interposition] qui rend l'immersion invalide ? Les anneaux de la chaîne sont solidement attachés à la chaîne, et il n'y a pas de place pour que l'eau du bain rituel entoure complètement la chaîne.
וְטוֹבְלָן בִּמְקוֹמָן: וְהָאִיכָּא חֲצִיצָה!
Rabbi Ami dit : la michna traite d'un cas où il a frappé les anneaux de la chaîne au marteau, les élargissant et créant ainsi un espace suffisant pour permettre à l'eau d'entourer la chaîne de tous côtés.
אָמַר רַבִּי אַמֵּי: בְּשֶׁרִיתְּכָן.
La Guemara demande : disons que Rabbi Ami est de l'avis de Rav Yossef. Car s'il était de l'avis de Rabbi Yits'haq Nappa'ha, qui a dit que notre michna traite d'ornements passés de leur destination première — la parure d'un homme — à la parure d'un animal, et qui peuvent donc être impurs d'une impureté contractée lorsqu'ils étaient encore parure d'un homme, cela ferait difficulté. Puisqu'il a frappé la chaîne, il a accompli une action qui a modifié son identité, et l'impureté aurait cessé même sans immersion.
לֵימָא רַבִּי אַמֵּי כְּרַב יוֹסֵף סְבִירָא לֵיהּ, דְּאִי כְּרַבִּי יִצְחָק נַפָּחָא, דְּאָמַר: בְּבָאִין מִנּוֹי אָדָם לְנוֹי בְּהֵמָה — כֵּיוָן דְּרִיתְּכָן, עֲבַד בְּהוּ מַעֲשֶׂה וּפְרַחָה לַהּ טוּמְאָה מִינַּיְיהוּ.
Car nous avons appris dans une michna : tous les ustensiles descendent à leur état d'impureté rituelle par la pensée [ma'hachava]. Même si un ustensile inachevé ne peut contracter l'impureté, si l'artisan a décidé de ne pas l'achever, il prend aussitôt le statut légal d'un ustensile achevé et peut contracter l'impureté. Cependant, ils ne s'élèvent de leur état d'impureté rituelle que par un changement résultant d'une action [chinouï ma'assé]. Un ustensile rituellement impur, une fois qu'il subit un changement physique, n'est plus impur. Or frapper les anneaux est une action qui produit un changement physique ; la chaîne devrait donc être rituellement pure sans immersion.
דִּתְנַן: כׇּל הַכֵּלִים יוֹרְדִין לִידֵי טוּמְאָתָן בְּמַחְשָׁבָה, וְאֵין עוֹלִין מִטּוּמְאָתָן אֶלָּא בְּשִׁינּוּי מַעֲשֶׂה!
La Guemara rejette cet argument : en réalité, Rabbi Ami pourrait interpréter la michna exactement comme l'a fait Rabbi Yits'haq Nappa'ha, car il est de l'avis de Rabbi Yehouda, qui a dit qu'une action accomplie pour améliorer un ustensile [letaqen] n'est pas une action capable de débarrasser cet ustensile de son impureté rituelle, ainsi qu'il a été enseigné dans une baraïta : Rabbi Yehouda dit : on n'a pas dit qu'un changement par une action purifie un ustensile de son impureté rituelle lorsqu'il s'agit d'une action accomplie pour améliorer l'ustensile ; on l'a dit seulement pour une action accomplie pour abîmer l'ustensile [leqalqel].
סָבַר לַהּ כְּרַבִּי יְהוּדָה דְּאָמַר מַעֲשֶׂה לְתַקֵּן לָאו מַעֲשֶׂה הוּא. דְּתַנְיָא, רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: לֹא אָמְרוּ שִׁינּוּי מַעֲשֶׂה לְתַקֵּן אֶלָּא לְקַלְקֵל.
On a enseigné dans une baraïta : la michna traite d'un cas où les anneaux attachés à la chaîne sont bien espacés, de sorte que l'eau entoure complètement les anneaux de la chaîne sans aucune interposition.
בְּמַתְנִיתָא תָּנֵי בִּמְחוּלָּלִין.
On a enseigné dans la Tossefta : un certain disciple de la Haute-Galilée demanda à Rabbi Eliézer : j'ai entendu dire que l'on distingue entre un type d'anneau et un autre type d'anneau ; mais je ne sais pas à propos de quelle halakha cette distinction est faite. Rabbi Eliézer lui dit : peut-être n'as-tu entendu cette distinction qu'à propos de Chabbat — un anneau de parure peut être déplacé le Chabbat, et d'autres anneaux non. Car, à propos de l'impureté rituelle, cet anneau-ci et cet anneau-là ne font qu'un, et il n'y a entre eux aucune distinction.
שָׁאַל תַּלְמִיד אֶחָד מִגָּלִיל הָעֶלְיוֹן אֶת רַבִּי אֱלִיעֶזֶר: שָׁמַעְתִּי שֶׁחוֹלְקִין בֵּין טַבַּעַת לְטַבַּעַת. אָמַר לוֹ: שֶׁמָּא לֹא שָׁמַעְתָּ אֶלָּא לְעִנְיַן שַׁבָּת. דְּאִי לְעִנְיַן טוּמְאָה, דָּא וְדָא חֲדָא הִיא.
La Guemara soulève une objection : et à propos de l'impureté rituelle, celui-ci et celui-là ne font-ils qu'un ? N'avons-nous pas appris dans une michna : l'anneau porté par un homme est rituellement impur ; mais l'anneau d'un animal, celui des ustensiles, et tous les autres anneaux qui ne sont pas portés par des hommes, sont rituellement purs ! Apparemment, une distinction est bien faite entre différents types d'anneaux pour les lois de l'impureté rituelle aussi. La Guemara répond : lorsque Rabbi Eliézer disait cette parole au disciple, il lui disait, lui aussi, qu'à propos de l'impureté rituelle il n'y a pas de distinction entre les différents types d'anneaux portés par un homme.
וּלְעִנְיַן טוּמְאָה דָּא וְדָא אַחַת הִיא? וְהָתְנַן: טַבַּעַת אָדָם טְמֵאָה, וְטַבַּעַת בְּהֵמָה וְכֵלִים וּשְׁאָר כׇּל הַטַּבָּעוֹת טְהוֹרוֹת! כִּי קָאָמַר לֵיהּ אִיהוּ, נָמֵי דְּאָדָם קָאָמַר לֵיהּ.
La Guemara soulève une autre objection : et à propos des anneaux portés par un homme, celui-ci et celui-là ne font-ils qu'un ? N'a-t-on pas enseigné dans une baraïta : un anneau dont on a fait une boucle [bouqla] au bout d'une ceinture pour l'attacher autour de ses reins, ou une agrafe pour nouer des vêtements entre ses épaules, est rituellement pur ? Les Sages n'ont déclaré un anneau rituellement impur qu'à propos d'un anneau porté au doigt d'une personne. Apparemment, il y a bien une distinction entre différents anneaux portés par un homme. La Guemara répond : lorsque Rabbi Eliézer disait cette parole au disciple, il lui disait, lui aussi, qu'il n'y a pas de distinction entre les différents types d'anneaux portés au doigt.
וּדְאָדָם, דָּא וְדָא אַחַת הִיא? וְהָתַנְיָא: טַבַּעַת שֶׁהִתְקִינָה לַחְגּוֹר בָּהּ מׇתְנָיו וּלְקַשֵּׁר בָּהּ בֵּין כְּתֵפָיו — טְהוֹרָה, וְלֹא אָמְרוּ טְמֵאָה אֶלָּא שֶׁל אֶצְבַּע בִּלְבַד! כִּי קָאָמַר לֵיהּ אִיהוּ, נָמֵי דְּאֶצְבַּע קָאָמַר לֵיהּ.