AccueilÉtudeTanakhBibliothèqueSujetsParachaDivrei TorahRabbanimSagesHistoireÀ proposMes favorisFaire un don
Retour

Traité Shabbat

46b

Étude de Shabbat 46b

Étude de la Guémara 46b

Guémara
Les bracelets (chéirim), les anneaux de nez (nezamim) et les bagues (tabaot) — bien qu'il soit interdit de sortir avec eux dans le domaine public le Chabbat — sont comme tous les ustensiles (kélim) que l'on peut déplacer dans la cour : dans le domaine privé, on peut les déplacer, et ils ne sont pas mouktsé. Et Oulla a dit : quelle en est la raison [pour qu'il soit permis de déplacer les anneaux de nez dans la cour] ? — Puisque le statut d'ustensile (torat kéli) s'applique à eux. [Il ressort donc que] le statut d'ustensile suffit à permettre de le déplacer le Chabbat. Ici aussi [dans notre cas], puisque le statut d'ustensile s'applique à eux [il est permis de les déplacer]. Rav Na'hman bar Yits'hak dit : béni soit le Miséricordieux (berikh Ra'hamana) de ce que Rava n'a pas fait honte à Rav Avya — [car] Rav Avya a réussi à répondre aux questions de Rava.
הַשֵּׁירִים וְהַנְּזָמִים וְהַטַּבָּעוֹת, הֲרֵי הֵן כְּכׇל הַכֵּלִים הַנִּטָּלִים בֶּחָצֵר. וְאָמַר עוּלָּא: מַה טַּעַם? — הוֹאִיל וְאִיכָּא תּוֹרַת כְּלִי עֲלֵיהֶן. הָכָא נָמֵי הוֹאִיל וְאִיכָּא תּוֹרַת כְּלִי עֲלֵיהֶן. אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: בְּרִיךְ רַחֲמָנָא דְּלָא כַּסְּפֵיהּ רָבָא לְרַב אַוְיָא.
Abayé souleva une contradiction devant Rabba, [citant deux sources] au sujet du mouktsé le Chabbat. Il a été enseigné dans une braïta : le reste de l'huile qui se trouve dans la lampe (ner) et dans la coupelle (kéara) dans laquelle on a allumé une mèche — il est interdit [de l'utiliser le Chabbat], mais Rabbi Chimon le permet. [Il ressort donc] que, selon Rabbi Chimon, il n'existe pas [d'interdit] de mouktsé. Et l'on oppose à cela [une source parallèle, où les Sages discutent de la loi concernant le premier-né (békhor) d'un animal cachère qui a contracté un défaut (moum) un jour de fête (Yom Tov) ; le premier-né doit être examiné pour déterminer si ce type de défaut le disqualifie comme offrande — s'il est disqualifié, il peut être racheté, abattu et consommé comme viande profane le jour de fête] : Rabbi Chimon dit : tout [premier-né] dont le défaut n'était pas perceptible (nikar) avant le jour de fête n'est pas parmi ce qui est préparé (min hamoukhan) [pour le jour de fête, et il est interdit de l'abattre]. [Il ressort donc que, selon Rabbi Chimon, une chose qui n'a pas été préparée à l'avance a un statut de mouktsé.]
רָמֵי לֵיהּ אַבָּיֵי לְרַבָּה. תַּנְיָא: מוֹתַר הַשֶּׁמֶן שֶׁבַּנֵּר וְשֶׁבַּקְּעָרָה — אָסוּר, וְרַבִּי שִׁמְעוֹן מַתִּיר. אַלְמָא לְרַבִּי שִׁמְעוֹן לֵית לֵיהּ מוּקְצֶה. וּרְמִינְהוּ, רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: כֹּל שֶׁאֵין מוּמוֹ נִיכָּר מֵעֶרֶב יוֹם טוֹב — אֵין זֶה מִן הַמּוּכָן!
[Rabba lui répondit :] comment peux-tu comparer [ces cas] ? Là-bas [dans le cas de la lampe], l'homme est assis et attend (metsapé) quand sa lampe va s'éteindre [il est sûr qu'elle va s'éteindre, et il peut compter sur le fait qu'une certaine quantité d'huile restera dans la lampe ou la coupelle]. Ici [dans le cas du premier-né], l'homme est-il assis et attend quand un défaut va lui survenir ? Il se dit : qui dit (mi yémar) qu'un défaut va lui survenir ? Et même si tu disais qu'un défaut va lui survenir — qui dit qu'un défaut permanent (moum kavoua) [qui permettrait de l'abattre] va lui survenir ? Et même si tu disais qu'un défaut permanent va lui survenir — qui dit qu'un Sage ('hakham) acceptera de s'occuper [de l'examiner] ? [Devant tant d'incertitudes, si le défaut n'était pas perceptible avant le jour de fête, la possibilité que le premier-né devienne disponible ne lui vient pas du tout à l'esprit.]
הָכִי הַשְׁתָּא? הָתָם, אָדָם יוֹשֵׁב וּמְצַפֶּה אֵימָתַי תִּכְבֶּה נֵרוֹ. הָכָא, אָדָם יוֹשֵׁב וּמְצַפֶּה מָתַי יִפּוֹל בּוֹ מוּם? מֵימָר אָמַר: מִי יֵימַר דְּנָפֵיל בֵּיהּ מוּמָא, וְאִם תִּמְצֵי לוֹמַר דְּנָפֵיל בֵּיהּ מוּמָא — מִי יֵימַר דְּנָפֵיל בֵּיהּ מוּם קָבוּעַ. וְאִם תִּמְצֵי לוֹמַר דְּנָפֵל בֵּיהּ מוּם קָבוּעַ — מִי יֵימַר דְּמִזְדְּקֵק לֵיהּ חָכָם?
Rami bar 'Hama souleva une objection [contre ce dernier point, à partir de ce que nous avons appris dans une michna] : on annule (mefirin) les vœux (nedarim) le Chabbat — [une femme qui a fait vœu qu'un certain aliment lui est interdit, son mari peut annuler son vœu le Chabbat][et l'on peut demander à un Sage de trouver une ouverture pour dissoudre (nichalin) ses vœux, c'est-à-dire un élément que celui qui a fait le vœu n'avait pas pris en compte, ou un regret, si cette annulation ou dissolution] est pour les besoins du Chabbat. Et pourquoi [, après que le mari a annulé le vœu de sa femme, lui serait-il permis de manger cet aliment ? Lorsqu'elle a fait vœu de ne pas manger cet aliment, elle l'a sciemment mis de côté ; même si l'on trouve un moyen de dissoudre le vœu, l'aliment devrait rester mouktsé. Sur la base de la même incertitude soulevée plus haut,] disons : qui dit (mi yémar) que son mari acceptera de s'occuper [d'annuler son vœu] ? [Peut-être refusera-t-il de l'annuler.]
מֵתִיב רָמֵי בַּר חָמָא: מְפֵירִין נְדָרִים בְּשַׁבָּת, [וְנִשְׁאָלִין לִנְדָרִים שֶׁהֵן] לְצוֹרֶךְ הַשַּׁבָּת. וְאַמַּאי? — לֵימָא: מִי יֵימַר דְּמִיזְדְּקֵק לַהּ בַּעַל?
[La Guemara répond :] là-bas [dans le cas des vœux], c'est selon ce qu'a dit Rav Pin'has au nom de Rava. Car Rav Pin'has a dit au nom de Rava : toute [femme] qui fait un vœu — c'est en fonction de l'avis (al daat) de son mari qu'elle fait son vœu. [Sachant que son mari a le pouvoir de l'annuler, ses vœux ne sont pas absolus et leur validation finale ne vient que par l'accord de son mari. Lorsqu'une femme fait un vœu, elle ne met donc pas l'aliment absolument de côté.]
הָתָם כִּדְרַב פִּנְחָס מִשְּׁמֵיהּ דְּרָבָא. דְּאָמַר רַב פִּנְחָס מִשְּׁמֵיהּ דְּרָבָא: כׇּל הַנּוֹדֶרֶת — עַל דַּעַת בַּעְלָהּ הִיא נוֹדֶרֶת.
Viens et entends (ta chéma) [une autre preuve, à partir de ce qui a été enseigné] : on peut demander à un Sage de dissoudre (nichalin) des vœux faits pour les besoins du Chabbat, le Chabbat même [c'est-à-dire celui qui a fait vœu, le Chabbat, qu'il lui est interdit de manger ce jour-là]. Et pourquoi [lui est-il permis de manger ce qui lui était interdit par son vœu] ? Disons : qui dit (mi yémar) que le Sage acceptera de s'occuper [de dissoudre son vœu ? Par conséquent, il a certainement détourné son attention de l'aliment, l'a mis de côté, et il devrait être interdit d'en manger]. — Là-bas [dans les lois des vœux], si le Sage n'accepte pas de s'occuper [de dissoudre son vœu], il lui suffit de [le faire devant] trois hommes ordinaires (hedyotot) [il trouvera certainement un moyen de dissoudre son vœu]. Mais ici [dans le cas du premier-né], qui dit qu'un Sage acceptera de s'occuper [de l'examiner ? Dans les lois des premiers-nés, seul un Sage ordonné (semoukh), ayant reçu une autorisation spéciale, est habilité à vérifier qu'il s'agit d'un défaut permanent et à permettre le rachat et l'abattage de l'animal comme animal profane.]
תָּא שְׁמַע: נִשְׁאָלִין לִנְדָרִים שֶׁל צוֹרֶךְ הַשַּׁבָּת בְּשַׁבָּת. וְאַמַּאי? לֵימָא: מִי יֵימַר דְּמִזְדְּקֵק לֵיהּ חָכָם? — הָתָם — אִי לָא מִיזְדְּקֵק לֵיהּ חָכָם סַגְיָא לֵיהּ בִּשְׁלֹשָׁה הֶדְיוֹטוֹת. הָכָא — מִי יֵימַר דְּמִיזְדְּקֵק לֵיהּ חָכָם.
Abayé souleva une contradiction devant Rav Yossef : Rabbi Chimon a-t-il vraiment dit que, lorsque [la lampe] s'est éteinte, il est permis de la déplacer [le Chabbat] ? Par déduction : si elle s'est éteinte — oui [il est permis de la déplacer] ; si elle ne s'est pas éteinte — non [il est interdit de la déplacer]. Quelle en est la raison [pour qu'il soit interdit de déplacer une lampe allumée] ? — Peut-être, alors qu'il la saisit, va-t-elle s'éteindre ? Or n'avons-nous pas appris de Rabbi Chimon qu'il a dit : une chose non intentionnelle (davar chééno mitkavén) [un acte permis dont découle un travail interdit non voulu] est permise ? Car il a été enseigné dans une braïta, Rabbi Chimon dit : un homme peut traîner (gorer) un lit, une chaise et un banc [sur le sol], pourvu qu'il n'ait pas l'intention de creuser un sillon ('harits) [dans le sol. Même si un sillon se forme par mégarde, on n'a pas à s'en soucier, puisque telle n'était pas son intention. Selon Rabbi Chimon, il ne devrait donc y avoir aucun interdit à déplacer une lampe allumée, même si elle risque de s'éteindre, puisque telle n'est pas l'intention de celui qui la déplace.]
רָמֵי לֵיהּ אַבָּיֵי לְרַב יוֹסֵף: מִי אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן כָּבְתָה מוּתָּר לְטַלְטְלָהּ. כָּבְתָה — אִין, לֹא כָּבְתָה — לָא. מַאי טַעְמָא? — דִילְמָא בַּהֲדֵי דְּנָקֵיט לַהּ כָּבְיָא? הָא שָׁמְעִינַן לֵיהּ לְרַבִּי שִׁמְעוֹן דְּאָמַר דָּבָר שֶׁאֵין מִתְכַּוֵּין — מוּתָּר. דְּתַנְיָא רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: גּוֹרֵר אָדָם כִּסֵּא מִטָּה וְסַפְסָל, וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יִתְכַּוֵּין לַעֲשׂוֹת חָרִיץ!
[La Guemara répond qu'il y a une distinction entre les cas :] partout où, s'il a l'intention [d'accomplir l'acte], il y a un interdit de la Torah (issour deoraïta) [par exemple éteindre une lampe] — même lorsqu'il n'a pas l'intention [de le faire], Rabbi Chimon a décrété [l'interdiction] par décret rabbinique (midrabbanan). Partout où, même s'il a l'intention [d'accomplir l'acte], il n'y a qu'un interdit rabbinique (issour derabbanan) [par exemple creuser un sillon, qui n'est pas un véritable acte de labour interdit par la Torah, mais n'est interdit que par les Sages] — lorsqu'il n'a pas l'intention [de l'accomplir], Rabbi Chimon permet même [cet acte] d'emblée (lekhat'hila).
כׇּל הֵיכָא דְּכִי מִיכַּוֵין אִיכָּא אִיסּוּרָא דְאוֹרָיְיתָא, כִּי לָא מִיכַּוֵין — גָּזַר רַבִּי שִׁמְעוֹן מִדְּרַבָּנַן. כׇּל הֵיכָא דְּכִי מִיכַּוֵין אִיכָּא אִיסּוּרָא דְרַבָּנַן — כִּי לָא מִיכַּוֵין שָׁרֵי רַבִּי שִׁמְעוֹן לְכַתְּחִילָּה.
Rava souleva une objection [à cette distinction, à partir de ce que nous avons appris dans une michna] : les marchands de vêtements (mokhré kessout) [de tissus de chaatnez, mélange interdit de laine et de lin,] vendent à leur manière habituelle [à des non-Juifs ; un marchand peut placer les vêtements qu'il vend sur ses épaules sans avoir à se soucier de l'interdit de porter du chaatnez,] pourvu qu'il n'ait pas l'intention [d'en tirer profit] : au soleil contre le soleil, et sous la pluie contre la pluie. Et les gens scrupuleux (hatsnouïn) [particulièrement méticuleux dans l'accomplissement des mitsvot] les suspendent à un bâton (makél) derrière eux. Or n'est-ce pas ici un cas où, s'il a l'intention [de porter le vêtement], il y a un interdit de la Torah, et où, malgré tout, lorsqu'il n'a pas l'intention [de le porter], Rabbi Chimon permet [d'emblée ? Il ressort donc que Rabbi Chimon ne distingue pas entre les cas sur cette base.]
מֵתִיב רָבָא: מוֹכְרֵי כְסוּת מוֹכְרִין כְּדַרְכָּן, וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יִתְכַּוֵּין בַּחַמָּה מִפְּנֵי הַחַמָּה וּבַגְּשָׁמִים מִפְּנֵי הַגְּשָׁמִים, וְהַצְּנוּעִין מַפְשִׁילִין בְּמַקֵּל לַאֲחוֹרֵיהֶן. וְהָא הָכָא, דְּכִי מִיכַּוֵין — אִיסּוּרָא דְאוֹרָיְיתָא אִיכָּא, כִּי לָא מִיכַּוֵין — שָׁרֵי רַבִּי שִׁמְעוֹן לְכַתְּחִילָּה!
Plutôt, Rava dit [une autre explication de l'interdiction de Rabbi Chimon dans le cas de la lampe à huile] :
אֶלָּא אָמַר רָבָא:

Rachi

השירים - אצעדות:,הרי הן ככל הכלים - אע"פ שאסור לצאת בהן לרה"ר כדאמרי' בפרק במה אשה יוצאה (לקמן שבת נט:) גזירה דילמא שלפא ומחויא מיהו תורת כלי עליהן ומותר לטלטלן שלא כדרך מלבוש:

מומו ניכר - גבי בכור קאי:

מי יימר דמזדקק ליה חכם - שימצא חכם שיזקק לו ביו"ט לראות אם מום קבוע הוא או לא:

מפירין נדרים - בעל לאשתו :,ונשאלין לנדרים - לחכם להתירן:,שהן לצורך שבת - כגון נדר שלא יאכל היום:,ואמאי - מותרת לאכול ואפי' שרי לה בעל ליתסר לה משום מוקצה דהא אסחה דעתה ואמרה מי יימר דמזדקק לה בעל:

על דעת בעלה - ע"מ אם ירצה הבעל וסמכה עליה דמזדקק לה ביום שמעו:

הכא מי יימר כו' - והדיוטות לא מצו למישרייה לבכור אלא במום הידוע לכל כגון מחוסר אבר:

איסורא דאורייתא - כיבוי אב מלאכה הוא חריץ ליכא איסור דאורייתא דחופר כלאחר יד הוא דחופר דאמר לקמן תולדה דחורש וחייב ה"מ חופר כדרכו במרא וקרדום:

מוכרין כדרכן - ואפי' של כלאים לובשו להראותו בשוק:,ובלבד שלא יתכוין - להנאת חימום והא ר"ש היא מדאזיל בתר כוונה:

Tossafot

ואמר עולא מה טעם - להכי איצטריך לפרושי האי טעמא משום דמשמע ליה דסבר האי תנא כמאן דאסר לקמן להתקשט בהן בחצר מדקתני הרי הן ככל הכלים הניטלין בחצר פירוש ככל הכלים שמלאכתן לאיסור דשרי לצורך גופן ומקומן ולהכי מפרש עולא דאיכא תורת כלי עליה וקשה לר"י דאמר בפ' מי שהפך (מ"ק יב: ושם) ר' יהודה נשיאה נפק בחומרתא דמדושא [עי' פי' רש"י שם] שמע ר' אמי ואיקפיד אמר רב יוסף מ"ט איקפיד והתניא השירים והנזמים כו' ומאי פריך מינה אדרבה מינה משמע דאסור לצאת בהן כדפי' והתם קאמר נפק דמשמע דרך מלבוש ונראה לר"י דחומרתא דמדושא היינו טבעת של עץ כמו שמפרשים רבותיו של רש"י ולא של אלמוג כמו שהוא מפרש דאלמוגין מפרש בראש השנה (דף כג.) כסיתא והכא קאמר דמדושא אלא של עץ אחר הוא ששמו מדושא ואין שם תכשיט עליו וכשיוצאים בו דרך מלבוש לא הוי קישוט אלא טלטול בעלמא ולהכי ידע רב יוסף דר' אמי לא איקפד אלא משום טלטול והשתא מייתי שפיר מהך ברייתא דשרי לטלטל לצורך גופו או לצורך מקומו כשאר כלי' שמלאכתן לאיסור דניטלין לצורך גופו או לצורך מקומו ונפק לחצר קאמר אבל לרה"ר אסור כדאמרי' בפ' הדר (עירובין סט. ושם) ההוא גברא דנפיק בחומרתא דמדושא חזייה לר' יהודה נשיאה כסייה אמר כגון זה מבטל רשות לר' יהודה:

והתנן ר"ש אומר כל שאין מומו ניכר מעי"ט אין זה מן המוכן - קשה לר"י מאי קא פריך הא ע"כ טעמא דר"ש לאו משום מוקצה אלא משום דסבר דאין רואין מומין ביו"ט דהא ר' יהודה דאית ליה טפי מוקצה שרי התם בריש אין צדין (ביצה כה: ושם) בכור שנפל לבור ירד מומחה ויראה אם יש בו מום יעלה וישחוט ואם לאו לא ישחוט וי"ל דדייק מדלא קתני ר"ש אוסר לפי שאין רואין מומין בי"ט דהוה משמע לכתחילה אסור אבל בדיעבד מבוקר ומדקתני אין זה מן המוכן משמע דהוי מוקצה ואפי' בקרו אינו מבוקר ובהכי פליגי דר' יהודה סבר רואין מומין בי"ט הלכך לא הוי מוקצה דמיירי בנפל בו מום מעי"ט כדמוקי לה התם ור"ש סבר אין רואין ולכך אפי' ביקרו אינו מבוקר משום מוקצה וא"ת דבביצה משמע דאביי סבר כאדא בר אוכמי דאמר לר"ש היכא דנפל בו מום מעי"ט אם בקרו מבוקר דאמר אביי התם כוותיה דרבה בר רב הונא מסתברא מדקתני תלת בבי בברייתא (ומוקמא ההיא ברייתא כאדא בר אוכמי) וע"כ הא דשני ליה בין נפל בו מום קבוע מעי"ט לנפל בו מום בי"ט משום דבנפל בו בי"ט איכא תלתא מי יימר כדקאמר בסמוך ובנפל בו מעי"ט ליכא אלא חד מי יימר דמיזדקיק ליה חכם מאי קשיא מנר שכבה דליכא כל הני מי יימר וי"ל דחזר בו אביי ולית ליה (דאדא בר אוכמי) משמע מתני' דרב אושעיא דאדא בר אוכמי משבש ותני דמתני' דהתם נמי דיקא כרב אושעיא כדמפרש התם:

מי יימר דנפל ביה מומא - נראה דכל הני מי יימר דקאמר רבה לאו דווקא דהא ר"ש אסר אפי' בנפל בו מום קבוע מעי"ט דהשתא ליכא אלא חד מי יימר דמיזדקיק ליה חכם דהא קאי אר' יהודה דלא שרי אלא כשהיה בו מום קבוע מעי"ט דהא פריך אהא דקאמר ר' יהודה ואם לאו לא ישחוט פשיטא ומשני לא צריכא דנפל ביה מאתמול מום עובר והשתא הוה ליה מום קבוע מהו דתימא כיון דדעתיה עילויה נשחטיה קמ"ל א"כ הא דקאמר אם יש בו מום יעלה וישחוט היינו ע"כ מום קבוע מעי"ט ואפי' לאדא בר אוכמי דשרי ר"ש בדיעבד בחד מי יימר מ"מ בנפל בו מום עובר מעי"ט דאיכא תרתי מי יימר לכאורה משמע התם דאסר לכך נראה דלאו דוקא הן דאפי' בחד מי יימר סגי וכן מוכחא מאתקפתא דרמי בר חמא דפריך מחד מי יימר:,מי יימר דמיזדקיק לה בעל - ואע"ג דפירות שנדרה מהם אינם מוקצין לענין טלטול דהא חזו לשאר בני אדם מ"מ אית לן למימר מיגו דאיתקצאי בין השמשות מאכילתם איתקצאי לכולי יומא אי נמי מיירי בפירות שלה ואסרתן לכל אדם:

מי יימר דמיזדקיק לה בעל - תימה מי דמי התם ודאי לא מיזדקיק ליה חכם דאין רואין מומין בי"ט אבל הכא דאין לך איסור בדבר מיזדקק לה בעל ולית לן למימר מי יימר דהא לר' יהודה דקסבר רואין מומין בי"ט לא אמרי' מי יימר וי"ל דבעל נמי לא ניחא להזדקק דזימנין דשרי נדרים שנדרה לדבר מצוה:

התם אי לא מיזדקיק ליה חכם סגי ליה בג' הדיוטות אבל הכא כו' - ואע"ג דבפ"ק דחולין (דף יח:) אמר רב יהודה אמר ר' ירמיה ספק משמיה דרב ספק משמיה דשמואל ג' מתירין את הבכור במקום שאין מומחה היינו דוקא במומין מובהקין כגון ניסמת עינו נקטעה ידו נשברה רגלו כדאמרינן בשילהי כל פסולי המוקדשין (בכורות לו:) וה"נ דהוה מצי למימר מי יימר דמזדקקי ליה ג' הדיוטות דודאי לא מיזדקקי ליה משום דאין רואין מומין בי"ט והא דנקט דמיזדקק ליה חכם משום דחכם שרי בכל מומין: ,ולפ"ז א"ש גבי טבל דאמר אם עבר ותיקנו מתוקן דדוקא חכם אמר הכא לא מיזדקיק אבל בג' הדיוטות לא אמר מי יימר ומיהו לפי מ"ש בפנים ה"נ המ"ל כו' לא א"ש טבל כדפי' לעיל ולהכי נקט חכם משום דמתיר בכל מומין ועיקר טעמא משום דהכא איכא איסורא והתם ליכא והא דנקט התם אם לא מיזדקיק ליה חכם סגיא בג' הדיוטות אע"ג דשרי חשיב מוקצה אי לא סגיא ליה בג' הדיוטות [ת"י]:

כבתה אין לא כבתה לא - כן דרך הש"ס דאע"ג דהוה מצי לאתויי רישא דקתני בהדיא חוץ מן הנר הדולק בשבת מייתי סיפא ודייק מינה:

דכל היכא דקמכוין איכא איסורא דאורייתא - וא"ת דהכא בכיבוי ליכא איסורא דאורייתא לר"ש דמלאכה שאינה צריכה לגופה היא וי"ל דה"ק דכי מיכוין איכא איסורא דאורייתא כגון בפתילה וצריך להבהבה אע"פ שזה התירוץ דחוק הוא הא בלאו הכי פריך ליה שפיר הרב פור"ת:

Texte : Sefaria — William Davidson Edition - Vocalized Aramaic · traduction française de travail, à valider.

Shabbat 46b
100%
שבת מ״ו במַסֶּכֶת שַׁבָּת