Guémara
il est permis de la dresser et il est permis de la démonter le Chabbat. [Or si un objet permanent comme celui-là peut être assemblé le Chabbat sans qu'il y ait à craindre l'interdit de bâtir, à plus forte raison ne devrait-il pas y avoir de construction ni de démolition dans le cas d'un candélabre.] Plutôt, Abayé a dit : ici [la michna] parle d'un candélabre particulier fait de jointures (`houlyot`), de pièces amovibles, et l'on craint que, en le déplaçant, il ne tombe et ne se disloque en ses éléments, et que l'on n'en vienne à le remonter — ce qui équivaudrait à façonner un ustensile (`keli`) le Chabbat. La Guemara demande : s'il en est ainsi, s'il s'agit de ce type de candélabre, quelle est la raison de l'opinion de Rabbi Chimon ben Lakich qui permet [de le déplacer] ?
מוּתָּר לִנְטוֹתָהּ וּמוּתָּר לְפָרְקָה בְּשַׁבָּת. אֶלָּא אָמַר אַבָּיֵי: בְּשֶׁל חוּלְיוֹת. אִי הָכִי, מַאי טַעְמָא דְּרַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ דְּשָׁרֵי?
La Guemara répond : [il ne s'agit pas d'un candélabre que l'on peut réellement démonter.] Plutôt, que signifie « jointures » (`houlyot`) ? Semblable à des jointures, c'est-à-dire qu'il comporte des rainures (`'hidkei`) et qu'il a l'apparence d'être fait de pièces distinctes. Par conséquent, en résumé : un candélabre fait de jointures véritables, qu'il soit grand ou petit, il est interdit de le manier. De plus, un grand candélabre qui a des rainures — tout le monde s'accorde qu'il est interdit de le manier, par décret rabbinique édicté à cause du grand candélabre fait de jointures. [Comme il est courant qu'un grand candélabre soit fait de jointures, qui verrait quelqu'un porter un grand candélabre rainuré supposerait à tort, vu leur ressemblance, qu'il est fait de jointures, et permettrait à tort de porter un grand candélabre réellement composé de jointures.] Là où Rabbi Yo'hanan et Reich Lakich divergent, c'est dans le cas d'un petit candélabre qui a des rainures : ce Sage, Rabbi Yo'hanan, tient que l'on édicte un décret [interdisant de manier même un petit candélabre rainuré] à cause d'un grand ; et ce Sage, Reich Lakich, tient que l'on n'édicte pas de décret. [Car un petit candélabre n'est pas habituellement fait de jointures : tout le monde comprend que les rainures y sont purement décoratives.]
מַאי ״חוּלְיוֹת״ — כְּעֵין חוּלְיוֹת, דְּאִית בַּהּ חִידְקֵי. הִלְכָּךְ: חוּלְיוֹת, בֵּין גְּדוֹלָה בֵּין קְטַנָּה — אֲסוּרָה לְטַלְטְלָהּ. גְּדוֹלָה נָמֵי דְּאִית בָּהּ חִידְקֵי — גְּזֵירָה אַטּוּ גְּדוֹלָה דְּחוּלְיוֹת. כִּי פְּלִיגִי בִּקְטַנָּה דְּאִית בָּהּ חִידְקֵי: מָר סָבַר גָּזְרִינַן, וּמָר סָבַר לָא גָּזְרִינַן.
La Guemara s'interroge : et Rabbi Yo'hanan a-t-il réellement dit cela [que la halakha est conforme à l'opinion de Rabbi Yehouda] ? Rabbi Yo'hanan n'a-t-il pas énoncé le principe suivant : la halakha est conforme à une michna anonyme (`stam michna`) ? Or nous avons appris dans la michna [qui traite de l'impureté rituelle d'un chariot dont le train inférieur est détachable] : le train roulant (`moukhani`) du chariot, lorsqu'il est détachable du chariot, n'est pas considéré comme lié à lui [et ils sont considérés comme deux unités indépendantes au regard des lois d'impureté rituelle] ; et il n'est pas mesuré avec lui [ceci concerne le calcul du volume de quarante `séa`, car un récipient d'un volume supérieur à quarante `séa` n'a pas le statut d'ustensile et ne peut contracter l'impureté] ; et le train roulant ne protège pas non plus avec le chariot sous une tente sur le mort [un grand chariot est lui-même considéré comme une tente, et les ustensiles qui s'y trouvent ne deviennent pas impurs si le chariot surplombe un cadavre ; mais le train roulant n'y est pas inclus avec le chariot : si un trou du chariot est obturé par le train roulant, il n'est pas considéré comme obturé au regard de la protection contre l'impureté] ; et, de même, on ne peut tirer le chariot le Chabbat lorsqu'il y a de l'argent dessus.
וּמִי אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן הָכִי? וְהָאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: הֲלָכָה כִּסְתָם מִשְׁנָה. וּתְנַן, מוּכְנִי שֶׁלָּהּ בִּזְמַן שֶׁהִיא נִשְׁמֶטֶת — אֵין חִיבּוּר לָהּ, וְאֵין נִמְדֶּדֶת עִמָּהּ, וְאֵין מַצֶּלֶת עִמָּהּ בְּאֹהֶל הַמֵּת, וְאֵין גּוֹרְרִין אוֹתָהּ בְּשַׁבָּת בִּזְמַן שֶׁיֵּשׁ עָלֶיהָ מָעוֹת.
Par déduction : s'il n'y a pas d'argent dessus, il est permis de déplacer le chariot — et ce, bien qu'il y ait eu de l'argent dessus au crépuscule (`bein hachemachot`) [or un objet écarté au crépuscule est écarté pour tout le Chabbat]. [Dans cette michna, déplacer le chariot est permis : la michna anonyme est donc manifestement conforme à l'opinion de Rabbi Chimon, qui tient qu'il n'y a pas d'interdit de mouktsé. Pourquoi alors Rabbi Yo'hanan, qui tranche toujours selon une michna anonyme, n'a-t-il pas tranché selon l'opinion de Rabbi Chimon ?] Rabbi Zéira a dit : que notre michna s'applique seulement au cas où il n'y avait pas d'argent sur le chariot durant tout le crépuscule. [Cette interprétation forcée est admise afin de ne pas contredire ni rejeter l'affirmation de Rabbi Yo'hanan.]
הָא אֵין עָלֶיהָ מָעוֹת — שַׁרְיָא, וְאַף עַל גַּב דַּהֲווֹ עָלֶיהָ בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת? אָמַר רַבִּי זֵירָא: תְּהֵא מִשְׁנָתֵינוּ שֶׁלֹּא הָיוּ עָלֶיהָ מָעוֹת כׇּל בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת, שֶׁלֹּא לִשְׁבּוֹר דְּבָרָיו שֶׁל רַבִּי יוֹחָנָן.
Rabbi Yehochoua ben Lévi a dit : une fois, Rabbi [Yehouda HaNassi] se rendit à la ville de Deyosfera, et il rendit un jugement au sujet d'un candélabre conforme au jugement que Rabbi Chimon avait rendu au sujet d'une lampe à huile (`ner`). [Cette description manque de clarté ;] aussi un dilemme fut-il soulevé devant les Sages : cela signifie-t-il qu'il rendit, dans le cas d'un candélabre, un jugement semblable à celui de Rabbi Chimon dans le cas d'une lampe à huile, à savoir pour permettre [de le déplacer] ? Ou bien, peut-être, rendit-il dans le cas d'un candélabre un jugement pour interdire [de le déplacer], et, dans un autre cas, jugea-t-il conformément au jugement de Rabbi Chimon dans le cas d'une lampe à huile, pour permettre [de la déplacer] ? Aucune solution ne fut trouvée à ce dilemme, et il reste donc en suspens (`teikou`).
אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: פַּעַם אַחַת הָלַךְ רַבִּי לִדְיוֹסְפָרָא, וְהוֹרָה בִּמְנוֹרָה כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן בְּנֵר. אִיבַּעְיָא לְהוּ: הוֹרָה בִּמְנוֹרָה כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן בְּנֵר — לְהֶיתֵּרָא, אוֹ דִילְמָא: הוֹרָה בִּמְנוֹרָהּ לְאִיסּוּרָא — וּכְרַבִּי שִׁמְעוֹן בְּנֵר לְהֶיתֵּרָא. תֵּיקוּ.
On raconte que Rav Malkiya se trouva dans la maison de Rabbi Simlaï et déplaça une lampe à huile (`cheraga`) éteinte, et Rabbi Simlaï s'irrita [car, selon lui, il est interdit de déplacer une lampe à huile parce qu'elle est mouktsé]. De même, Rabbi Yossi le Galiléen se trouva à l'endroit de Rabbi Yossi fils de Rabbi 'Hanina, et déplaça une lampe à huile, et Rabbi Yossi fils de Rabbi 'Hanina s'irrita. La Guemara rapporte aussi que Rabbi Abahou, lorsqu'il se trouvait à l'endroit de Rabbi Yehochoua ben Lévi, déplaçait une lampe à huile ; mais lorsqu'il se trouvait à l'endroit de Rabbi Yo'hanan, il ne déplaçait pas de lampe à huile. La Guemara s'étonne : de quelque côté que l'on se tourne, il y a une difficulté. S'il tient comme l'opinion de Rabbi Yehouda, qu'il agisse partout selon l'opinion de Rabbi Yehouda [et s'abstienne de déplacer la lampe] ; et s'il tient comme l'opinion de Rabbi Chimon, qu'il agisse partout selon l'opinion de Rabbi Chimon [et déplace la lampe à huile] ! La Guemara répond : en réalité, on peut expliquer que Rabbi Abahou tient comme l'opinion de Rabbi Chimon ; mais c'est par déférence (`kevod`) envers Rabbi Yo'hanan qu'il n'agissait pas [ainsi], pour ne pas aller à l'encontre de son jugement là où il faisait autorité.
רַב מַלְכִּיָּא אִיקְּלַע לְבֵי רַבִּי שִׂמְלַאי וְטַילְטֵל שְׁרָגָא, וְאִיקְּפַד רַבִּי שִׂמְלַאי. רַבִּי יוֹסֵי גָּלִילָאָה אִיקְּלַע לְאַתְרֵיהּ דְּרַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי חֲנִינָא, טַילְטֵל שְׁרָגָא וְאִיקְּפַד רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי חֲנִינָא. רַבִּי אֲבָהוּ כִּי אִיקְּלַע לְאַתְרֵיהּ דְּרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי הֲוָה מְטַלְטֵל שְׁרָגָא. כִּי אִיקְּלַע לְאַתְרֵיהּ דְּרַבִּי יוֹחָנָן לָא הֲוָה מְטַלְטֵל שְׁרָגָא. מָה נַפְשָׁךְ? אִי כְּרַבִּי יְהוּדָה סְבִירָא לֵיהּ — לֶיעְבַּד כְּרַבִּי יְהוּדָה. אִי כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן סְבִירָא לֵיהּ — לֶיעְבַּד כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן! — לְעוֹלָם כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן סְבִירָא לֵיהּ, וּמִשּׁוּם כְּבוֹדוֹ דְרַבִּי יוֹחָנָן הוּא דְּלָא הֲוָה עָבֵיד.
[Au sujet des lois du maniement des lampes le Chabbat,] Rav Yehouda a dit : une lampe à huile (`cheraga demich'ha`) éteinte, il est permis de la manier ; tandis qu'une lampe à naphte (`cheraga denafta`), il est interdit de la manier. [Comme l'odeur du naphte est désagréable, la lampe sert exclusivement à éclairer ; aussi est-il interdit de la manier.] Rabba et Rav Yossef ont dit tous deux : une lampe à naphte aussi, il est permis de la manier, puisqu'elle convient à couvrir un ustensile (`keli`).
אָמַר רַב יְהוּדָה: שְׁרָגָא דְּמִשְׁחָא שְׁרֵי לְטַלְטוֹלַהּ, דְּנַפְטָא — אֲסִיר לְטַלְטוֹלַהּ. רַבָּה וְרַב יוֹסֵף דְּאָמְרִי תַּרְוַיְיהוּ: דְּנַפְטָא נָמֵי שְׁרֵי לְטַלְטוֹלַהּ, דְּהוֹאִיל וַחֲזֵי לְכַסּוֹת בֵּיהּ מָנָא.
La Guemara rapporte : Rav Avya se trouva dans la maison de Rava. Ses pieds étaient salis de boue (`tina`), et il les posa sur le lit devant Rava. Rava s'irrita contre lui d'avoir sali le lit et, de ce fait, chercha à le tourmenter [par des questions auxquelles il ne saurait répondre]. Rava lui dit : quelle est la raison pour laquelle Rabba et Rav Yossef ont dit tous deux qu'une lampe à naphte aussi, il est permis de la manier ? Rav Avya lui répondit : puisqu'elle convient à couvrir un ustensile. Rava lui dit : mais s'il en est ainsi, tous les cailloux (`tserorot`) qui sont dans la cour pourraient eux aussi être maniés [d'emblée le Chabbat], puisqu'ils conviennent à couvrir un ustensile ! Rav Avya lui répondit : [il y a une distinction entre ces cas.] Celle-ci, la lampe, le statut d'ustensile (`torat keli`) lui est appliqué [et des allègements valent pour les ustensiles au regard des lois de mouktsé] ; ceux-là, les cailloux, le statut d'ustensile ne leur est pas appliqué [car ils sont une matière brute, et il est interdit de les manier à moins qu'on ne les ait affectés à un usage précis avant le Chabbat]. N'a-t-il pas été enseigné dans une baraïta que
רַב אַוְיָא אִיקְּלַע לְבֵי רָבָא. הֲוָה מְאִיסָן (בֵּי) כַּרְעֵיהּ בְּטִינָא. אִתֵּיב אַפּוּרְיָא קַמֵּיהּ דְּרָבָא. אִיקְּפַד רָבָא, בְּעָא לְצַעוֹרֵיהּ. אֲמַר לֵיהּ: מַאי טַעְמָא רַבָּה וְרַב יוֹסֵף דְּאָמְרִי תַּרְוַויְיהוּ שְׁרָגָא דְנַפְטָא נָמֵי שְׁרֵי לְטַלְטוֹלַהּ? אֲמַר לֵיהּ: הוֹאִיל וְחַזְיָא לְכַסּוֹיֵי בַּהּ מָנָא. אֶלָּא מֵעַתָּה, כׇּל צְרוֹרוֹת שֶׁבֶּחָצֵר מִטַּלְטְלִין, הוֹאִיל וְחַזְיִין לְכַסּוֹיֵי בְּהוּ מָנָא. אֲמַר לֵיהּ: הָא אִיכָּא תּוֹרַת כְּלִי עָלֶיהָ. הָנֵי לֵיכָּא תּוֹרַת כְּלִי עֲלֵיהֶן. מִי לָא תַּנְיָא:
Rachi
מותר לנטותה - דסתם כילת חתנים אין לה גג טפח שנקליטין יוצאין לשני ראשי המטה באמצעה אחד לכאן ואחד לכאן ונותן כלונס' מזה לזה ומשליך האהל עליה והוא שופע לכאן ולכאן וכיון שאינו רחב טפח אינו אהל ואין בו לא בנין ולא סתירה:,בשל חוליות - במנורה של פרקים שמא תפול ותתפרק ויחזירנה ונמצא עושה כלי:
חידקי - חיתוכין סביב לה קרונ"ש ודומה לפרקים ומאן דחזי סבר של פרקים הוא:,גדולה - הואיל ודרכה לעשותה של חוליות כי אית ביה חידקי סברי דחוליות הן ואסור אפילו לריש לקיש כדאמר לעיל ניטלת בשתי ידים אסור לטלטלה:,כי פליגי בקטנה דאית בה חידקי - דכולי עלמא ידעי דלאו חוליות נינהו:,גזרינן - אטו חוליות:
ומי אמר רבי יוחנן הכי - הלכה כר' יהודה:
תהא משנתינו - דמוכני דקתני הא אין עליה מעות שריא כגון שלא היו עליה בין השמשות והכי תידוק מינה טעמא דיש עליה מעות כשקדש היום הא אין עליה כשקדש היום שריא:
לדיוספרא - מקום:,איבעיא להו - חדא הוראה הואי והכי קאמר הורה במנורה להיתרא כדרך שהיה ר' שמעון מתיר בנר ישן או דילמא שתי הוראות הוה הורה במנורה לאיסור כדאמרן בדחידקי וגזרינן אטו חוליות וכר"ש הורה בנר להיתר:
וטלטל שרגא - נר שכבה:,לעולם כרבי שמעון סבירא ליה - דאי סבירא ליה דאסור לא הוה מטלטל ליה לכבוד ר' יהושע בן לוי דליעבד איסורא:
שרגא דמשחא - שדלק נר של שמן:,שרי לטלטולה - אחר שכבה כר' שמעון דלא מאיס:,אבל בנפטא - דמסרח אפילו רבי שמעון מודה דלא חזי אלא למלאכתו:
איקפד רבא - משום טינוף המטה:,ובעה לצעוריה - בשאלות:
Tossafot
דחוליות בין גדולה בין קטנה אסורה - קשה לר"י דבפ"ב דביצה (דף כא:) תנן ג' דברים ר"ג מחמיר כב"ש וחשיב אין זוקפין את המנורה ומשמע דב"ה שרי ומפרש התם בגמרא הכא במנורה של חוליות עסקינן משום דמיחזי כבונה דב"ש סברי יש בנין בכלים ויש סתירה בכלים וב"ה סברי אין בנין כו' אלמא שרי ב"ה מנורה של חוליות להחזיר ומאן דשרי בסוף פירקא להחזיר מטה של חוליות ברפוי איכא לאוקמא ה"נ ברפוי אבל למאן דאסר קשה ותירץ ר"י דהתם מיירי כגון שהחוליות מחוברין יחד ואינם מתפרקין ופעמים מטין אותן ופעמים זוקפין אותן:
הורה במנורה להיתרא וכר"ש בנר נמי להיתרא או דילמא במנורה הורה לאיסורא וכר"ש בנר להיתרא - וא"ת אמאי לא קאמר נמי או דילמא הורה במנורה להיתרא כרבי שמעון בנר וכרבי שמעון בנר לא סבירא ליה דכה"ג איתא באלו טריפות (חולין דף נו: ושם) הורו בטרפחת כרבי בזפק איבעיא להו הורו בטרפחת לאיסורא וכרבי בזפק להיתרא או דילמא הורו בטרפחת להיתרא כרבי בזפק וכרבי בזפק לא סבירא להו וי"ל דהכא לא שייך למיתלי מנורה בנר כדתלי טרפחת בזפק דהכא אין טעם אחד לשניהם דנר משום מוקצה ומנורה משום בנין ועוד דלא בעי למימר דר' לא סבר בנר כר"ש משום דריב"ל פסיק לעיל כר"ש ואם תאמר ובההיא דאלו טריפות אמאי לא קאמר נמי תרוייהו להיתרא כדאמר הכא או דילמא הורו בטרפחת להיתרא וכר' בזפק נמי להיתרא ומיהו בלאו הכי מגיהין שם הספרים ול"ג הורו בטרפחת לאיסורא דהא כ"ע שרו לה דתניא התם היא האם היא טרפחת היא שלחופית ובניטל האם הוה עובדא והאכילה רבי טרפון לכלבים ואמר הלכה חמורך טרפון ואמר ליה רבי עקיבא טועה בדבר משנה אתה וגרס התם הורו בטרפחת להיתרא וכרבי בזפק להיתרא כו' ורש"י פי' הורה במנורה להיתרא כר"ש בנר וחדא הוראה הוי ואין נראה דאין לתלות מנורה בנר ועוד דאכתי הוי ליה למיבעיא או דילמא תרוייהו להיתרא:
דנפטא אסור לטלטלה - פי' בקונט' אפילו לר"ש וכן משמע דהא שרגא דמשחא דשרי לטלטלה היינו לר' שמעון ועוד מדפריך רבא בסמוך לרבה ורב יוסף מ"ש מצרורות שבחצר ואי שרי ר' שמעון דנפטא תיקש' ליה לכ"ע אליבא דרבי שמעון לכך פי' בקונט' דהכא אליבא דר' שמעון קאי ואע"ג דרב אית ליה מוקצה גבי מטה שיחדה למעות. ורבה נמי אית ליה כדאמר אביי כל מילי דמר עביד כרב ורב יוסף נמי משמע דאית ליה מוקצה בפ' נוטל (לקמן שבת קמב:) דקאמר כמה חריפא שמעתתא דדרדקי אימור דאמור בשכח לכתחילה מי אמור הכא אליבא דר"ש. קאמר וליה לא ס"ל ומיהו נראה לפרש דהכא מיירי נמי אליבא דרבי יהודה ולא מיירי בהדליקו בו באותה שבת וה"ק שרגא דמשחא של מתכת שרי לטלטולה ואפילו לרבי יהודה כדתניא לעיל (שבת ד' מד) כל הנרות של מתכת מטלטלין דנפטא אסור אפי' לרבי שמעון דמאיס טפי מנר ישן ורבה ורב יוסף שרו אפי' לרבי יהודה דלא [עי' תוס' מנחות מא: ד"ה כל מילי]:
Texte : Sefaria — William Davidson Edition - Vocalized Aramaic · traduction française de travail, à valider.