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Traité Shabbat

45a

Étude de Shabbat 45a

Étude de la Guémara 45a

Guémara
La Guemara ajoute : de même, il est logique de dire que Rav tient comme l'opinion de Rabbi Yehouda, car Rav a dit : on peut poser une lampe au sommet d'un palmier la veille de Chabbat pour qu'elle brûle [pendant] Chabbat, mais on ne peut pas poser une lampe au sommet d'un palmier un Yom Tov. Admettons, si tu dis que Rav tient comme l'opinion de Rabbi Yehouda sur ce point — c'est là [la raison] pour laquelle il y a une distinction entre Chabbat et Yom Tov : puisque la lampe est écartée [mouktsé] le Chabbat, on n'en viendra pas à la transporter ; mais puisqu'il est permis de transporter une lampe un Yom Tov, on craint qu'on ne grimpe au palmier ou ne se serve de l'arbre le Yom Tov, transgressant ainsi l'interdit rabbinique de se servir de ce qui est attaché au sol un Yom Tov. Mais si tu dis que Rav tient comme l'opinion de Rabbi Chimon, qui soutient que la lampe n'est pas écartée même le Chabbat, quelle différence y a-t-il pour moi entre Chabbat et Yom Tov ? A priori, il ne devrait y avoir aucune distinction entre les deux.
הָכִי נָמֵי מִיסְתַּבְּרָא דְּרַב כְּרַבִּי יְהוּדָה סְבִירָא לֵיהּ, דְּאָמַר רַב: מַנִּיחִין נֵר עַל גַּבֵּי דֶּקֶל בְּשַׁבָּת, וְאֵין מַנִּיחִין נֵר עַל גַּבֵּי דֶּקֶל בְּיוֹם טוֹב. אִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא דְּרַב כְּרַבִּי יְהוּדָה סְבִירָא לֵיהּ — הַיְינוּ דְּשָׁנֵי בֵּין שַׁבָּת לְיוֹם טוֹב. אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן סְבִירָא לֵיהּ, מָה לִי שַׁבָּת וּמָה לִי יוֹם טוֹב?
La Guemara demande : et Rav tient-il vraiment comme l'opinion de Rabbi Yehouda, selon laquelle il est interdit de déplacer un objet écarté [mouktsé] ? N'a-t-on pas posé cette question à Rav : quelle est la règle quant au fait de déplacer une lampe de 'Hanoukka de devant les 'habarei — les prêtres du feu zoroastriens perses (ces prêtres interdisaient d'allumer des feux certains jours, et pour les empêcher de découvrir qu'il avait allumé les lumières de 'Hanoukka, il fallait les déplacer rapidement) — le Chabbat ? Et il leur a répondu : on peut fort bien le faire ! En apparence, Rav ne tient donc pas qu'il existe un interdit de mouktsé. La Guemara répond : ce n'est pas une preuve, car les circonstances de contrainte [chéat ha-de'haq] sont différentes, et Rav l'a permis à cause du danger encouru. Ainsi Rav Kahana et Rav Achi dirent-ils à Rav à ce sujet : est-ce là la halakha ? Il leur répondit : Rabbi Chimon est digne qu'on s'appuie sur lui dans des circonstances de contrainte comme celle-ci.
וְרַב כְּרַבִּי יְהוּדָה סְבִירָא לֵיהּ? וְהָא בְּעוֹ מִינֵּיהּ דְּרַב מַהוּ לְטַלְטוֹלֵי שְׁרָגָא דַחֲנוּכְּתָא מִקַּמֵּי חַבָּרֵי בְּשַׁבְּתָא, וַאֲמַר לְהוּ: שַׁפִּיר דָּמֵי! — שְׁעַת הַדְּחָק שָׁאנֵי. דְּהָא אֲמַרוּ לְהוּ רַב כָּהֲנָא וְרַב אָשֵׁי לְרַב: הָכִי הִלְכְתָא? אֲמַר לְהוּ: כְּדַי הוּא רַבִּי שִׁמְעוֹן לִסְמוֹךְ עָלָיו בִּשְׁעַת הַדְּחָק.
À ce même sujet, Rich Lakich posa une question à Rabbi Yo'hanan : des grains de blé que l'on a semés dans le sol [mais] qui n'ont pas encore pris racine, de sorte qu'on pourrait encore les ramasser, et des œufs placés sous la poule [chez qui] le processus d'incubation a commencé — quelle est la règle dans ces cas ? Rabbi Chimon admettrait-il qu'il est interdit de s'en servir le Chabbat ? Un côté de la question est : quand Rabbi Chimon n'est-il pas d'avis qu'il existe un interdit de mouktsé ? Dans un cas où l'on n'a pas écarté l'objet de ses propres mains, c'est-à-dire où l'on n'a pas accompli d'acte le mettant de côté ; mais dans un cas où l'on l'a écarté de ses propres mains, il est d'avis qu'il existe un interdit de mouktsé — or en semant le blé, on l'a écarté de ses propres mains, et de même pour l'œuf, qu'en le plaçant sous la poule pour le faire couver on a activement écarté. L'autre côté de la question est : ou peut-être n'y a-t-il aucune différence entre les cas, et Rabbi Chimon tient qu'il n'y a d'interdit de mouktsé dans aucun des deux. Rabbi Yo'hanan lui dit : il n'y a, selon Rabbi Chimon, d'interdit de mouktsé que dans le cas de l'huile qui est dans la lampe pendant qu'elle brûle ; puisqu'elle a été écartée pour sa mitsva — l'allumage des lumières de Chabbat — et qu'elle a aussi été écartée pour son interdit, elle est interdite par crainte qu'on n'éteigne la flamme par mégarde en la déplaçant tant qu'elle brûle.
בְּעָא מִינֵּיהּ רֵישׁ לָקִישׁ מֵרַבִּי יוֹחָנָן: חִטִּים שֶׁזְּרָעָן בְּקַרְקַע, וּבֵיצִים שֶׁתַּחַת תַּרְנְגוֹלֶת — מַהוּ? כִּי לֵית לֵיהּ לְרַבִּי שִׁמְעוֹן מוּקְצֶה — הֵיכָא דְּלָא דַּחְיֵיהּ בְּיָדַיִם, הֵיכָא דְּדַחְיֵיהּ בְּיָדַיִם — אִית לֵיהּ מוּקְצֶה, אוֹ דִילְמָא לָא שְׁנָא. אֲמַר לֵיהּ: אֵין מוּקְצֶה לְרַבִּי שִׁמְעוֹן אֶלָּא שֶׁמֶן שֶׁבַּנֵּר בְּשָׁעָה שֶׁהוּא דּוֹלֵק, הוֹאִיל וְהוּקְצָה לְמִצְוָתוֹ הוּקְצָה לְאִיסּוּרוֹ.
La Guemara demande : et [Rabbi Chimon] ne tient-il pas que l'interdit de mouktsé s'applique à un objet écarté pour sa seule mitsva, sans aucun interdit [associé] ? N'a-t-on pas enseigné dans une baraïta : celui qui a couvert la souka conformément à ses prescriptions halakhiques et l'a ornée, à des fins esthétiques, de tentures colorées et de tapisseries, et y a suspendu comme décorations des noix, des pêches, des amandes et des grenades, des grappes de raisin, des couronnes faites d'épis, du vin, des huiles et de la fleur de farine — il est interdit de s'en pourvoir jusqu'à l'issue du dernier jour de la fête (puisqu'elles ont toutes été écartées pour la mitsva de la souka, tout autre usage est interdit). Et si l'on a posé une condition au moment où on les a suspendues dans la souka, [déclarant] qu'on ne les destine pas exclusivement à cet usage mais qu'on entend s'en servir aussi à d'autres fins, leur usage est entièrement conforme à sa condition : il lui est permis de s'en servir à sa guise.
וְלֵית לֵיהּ הוּקְצָה לְמִצְוָתוֹ? וְהָתַנְיָא: סִיכְּכָה כְּהִלְכָתָהּ וְעִיטְּרָה בִּקְרָמִים וּבִסְדִינִין הַמְצוּיָּירִין, וְתָלָה בָּהּ אֱגוֹזִין, אֲפַרְסְקִין, שְׁקֵדִים וְרִמּוֹנִין, וּפַרְכִּילֵי עֲנָבִים, וַעֲטָרוֹת שֶׁל שִׁבּוֹלִין, יֵינוֹת, שְׁמָנִים וּסְלָתוֹת — אָסוּר לְהִסְתַּפֵּק מֵהֶן עַד מוֹצָאֵי יוֹם טוֹב הָאַחֲרוֹן. וְאִם הִתְנָה עֲלֵיהֶן — הַכֹּל לְפִי תְנָאוֹ.
Et d'où savons-nous que cette baraïta anonyme est conforme à l'opinion de Rabbi Chimon ? Nous l'établissons par comparaison avec une baraïta enseignée par Rabbi 'Hiyya bar Yossef. Car Rabbi 'Hiyya bar Yossef enseigna devant Rabbi Yo'hanan : on ne peut pas prendre du bois de la souka construite pour [donner de] l'ombre, un Yom Tov [quelconque], même si le bois est tombé de la souka le Yom Tov — car puisqu'il est interdit de détruire la souka le Yom Tov, [ce bois] a été écarté avant la fête pour toute la durée de la fête ; on ne peut prendre du bois que de ce qui est à côté de la souka, c'est-à-dire des fagots de bois qui ne servent pas à la souka (car en les plaçant là, on avait l'intention de s'en servir pendant la fête). Et Rabbi Chimon permet de prendre du bois même de la souka elle-même, puisqu'il tient qu'il n'y a pas d'interdit de mouktsé. Et [Rabbi Yehouda et Rabbi Chimon] s'accordent à dire que prendre du bois de la souka construite pour la fête de Souccot est interdit pendant la fête ; et si l'on a posé une condition à propos du bois, [déclarant] qu'on pourra s'en servir pendant la fête, tout est conforme à sa condition. En apparence, Rabbi Chimon interdit donc d'utiliser un objet écarté pour la seule raison d'une mitsva, même s'il n'a pas été écarté à cause d'un interdit. C'est pourquoi la Guemara rectifie la déclaration de Rabbi Yo'hanan : il n'y a d'interdit de mouktsé selon Rabbi Chimon que dans un cas semblable à l'huile de la lampe — il n'est pas nécessaire qu'il y ait à la fois un travail interdit et un interdit dû à la mitsva ; au contraire, dès lors qu'elle a été écartée pour la seule mitsva, elle est par là même écartée pour l'interdit. Il a également été dit : Rabbi 'Hiyya bar Abba a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : il n'y a d'interdit de mouktsé selon Rabbi Chimon que dans un cas semblable à l'huile de la lampe pendant qu'elle brûle ; puisqu'elle a été écartée pour sa mitsva, elle a été écartée pour son interdit.
וּמִמַּאי דְּרַבִּי שִׁמְעוֹן הִיא — דְּתָנֵי רַבִּי חִיָּיא בַּר יוֹסֵף קַמֵּיהּ דְּרַבִּי יוֹחָנָן: אֵין נוֹטְלִין עֵצִים מִן הַסּוּכָּה בְּיוֹם טוֹב אֶלָּא מִן הַסָּמוּךְ לָהּ. וְרַבִּי שִׁמְעוֹן מַתִּיר. וְשָׁוִין בְּסוּכַּת הַחַג בֶּחָג שֶׁהִיא אֲסוּרָה, וְאִם הִתְנָה עָלֶיהָ — הַכֹּל לְפִי תְנָאוֹ. כְּעֵין שֶׁמֶן שֶׁבַּנֵּר קָאָמְרִינַן, הוֹאִיל וְהוּקְצָה לְמִצְוָתוֹ הוּקְצָה לְאִיסּוּרוֹ. אִיתְּמַר נָמֵי, אָמַר רַבִּי חִיָּיא בַּר אַבָּא אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: אֵין מוּקְצֶה לְרַבִּי שִׁמְעוֹן אֶלָּא כְּעֵין שֶׁמֶן שֶׁבַּנֵּר בְּשָׁעָה שֶׁהוּא דּוֹלֵק, הוֹאִיל וְהוּקְצָה לְמִצְוָתוֹ הוּקְצָה לְאִיסּוּרוֹ.
Rav Yehouda a dit au nom de Chmouel : il n'y a d'interdit de mouktsé selon Rabbi Chimon que dans les seuls cas des figues sèches [gerogarot] et des raisins secs [tsimouqim]. Le cas de celui qui monte des figues et des raisins sur son toit afin de les faire sécher au soleil est la seule situation où Rabbi Chimon tient qu'ils sont interdits le Chabbat à cause de l'interdit de mouktsé ; car, aux premiers stades du processus, ils dégagent une mauvaise odeur et sont impropres à la consommation, [si bien qu']on les écarte consciemment. La Guemara objecte : et les autres aliments ne sont-ils pas inclus dans l'interdit de mouktsé ? N'a-t-on pas enseigné dans une baraïta : celui qui mangeait des figues et en a laissé un reste qu'il a monté sur le toit pour en faire des figues sèches, et de même celui qui mangeait des raisins et en a laissé un reste qu'il a monté sur le toit pour en faire des raisins secs — on ne peut les manger le Chabbat à moins de les avoir désignés pour être mangés avant Chabbat ; sinon, ils sont interdits comme mouktsé. Et tu dirais de même à propos des pêches, des coings et de toutes les autres espèces de fruits que l'on a mis à sécher : il est interdit de les manger tous le Chabbat à cause du mouktsé.
אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: אֵין מוּקְצֶה לְרַבִּי שִׁמְעוֹן אֶלָּא גְּרוֹגְרוֹת וְצִימּוּקִים בִּלְבַד. וּמִידִּי אַחֲרִינָא לָא? וְהָתַנְיָא: הָיָה אוֹכֵל בִּתְאֵנִים וְהוֹתִיר וְהֶעֱלָן לַגַּג לַעֲשׂוֹת מֵהֶן גְּרוֹגְרוֹת, בַּעֲנָבִים וְהוֹתִיר וְהֶעֱלָן לַגַּג לַעֲשׂוֹת מֵהֶן צִימּוּקִין — לֹא יֹאכַל עַד שֶׁיַּזְמִין. וְכֵן אַתָּה אוֹמֵר בַּאֲפַרְסְקִין וַחֲבוּשִׁין וּבִשְׁאָר כׇּל מִינֵי פֵּירוֹת.
La Guemara cherche à préciser : de qui est l'opinion [dans] la baraïta ? Si tu dis que c'est l'opinion de Rabbi Yehouda, cette baraïta est superflue : si, dans un cas où l'on n'a pas écarté [l'objet] de ses propres mains, il tient qu'il existe un interdit de mouktsé, dans un cas où on l'a écarté de sa propre main, à plus forte raison est-ce interdit — il n'est pas nécessaire d'énoncer la halakha dans ce cas particulier.
מַנִּי? אִילֵימָא רַבִּי יְהוּדָה — וּמָה הֵיכָא דְּלָא דַּחְיֵיהּ בְּיָדַיִם אִית לֵיהּ מוּקְצֶה, הֵיכָא דְּדַחְיֵיהּ בְּיָדַיִם לֹא כׇּל שֶׁכֵּן?
[La Guemara poursuit :] mais alors, n'est-ce pas l'opinion de Rabbi Chimon ? En apparence, il étend les lois du mouktsé au-delà des figues sèches et des raisins secs. La Guemara réfute cela : en réalité, cette halakha est conforme à Rabbi Yehouda, qui tient qu'il existe un interdit de mouktsé ; et le cas cité ici, où l'on mangeait des figues, est nécessaire pour nous enseigner une halakha nouvelle. Il pourrait te venir à l'esprit de dire que, puisqu'on était en train de manger, on n'a pas besoin de désignation préalable, et que, si l'on changeait d'avis, on pourrait aussitôt récupérer les figues sèches que l'on a posées sur le toit. C'est pourquoi la baraïta nous enseigne que, dès lors qu'on les a montées sur le toit, on en a détourné son attention, et qu'elles sont complètement écartées [mouktsé].
אֶלָּא לָאו רַבִּי שִׁמְעוֹן הִיא! לְעוֹלָם רַבִּי יְהוּדָה, וְאוֹכֵל אִצְטְרִיכָא לֵיהּ. סָלְקָא דַעְתָּךְ אָמֵינָא, כֵּיוָן דְּקָאָכֵיל וְאָזֵיל לָא לִיבְעֵי הַזְמָנָה. קָמַשְׁמַע לַן, כֵּיוָן דְּהֶעֱלָן לַגַּג אַסּוֹחֵי אַסְּחֵהּ לְדַעְתֵּיהּ מִינַּיְיהוּ.
Sur le même sujet : Rabbi Chimon fils de Rabbi [Yehouda HaNassi] posa une question à son père, Rabbi [Yehouda HaNassi] :
בְּעָא מִינֵּיהּ רַבִּי שִׁמְעוֹן בַּר רַבִּי מֵרַבִּי:

Rachi

מניחין נר - מבעוד יום:,ע"ג דקל - וידלק שם בשבת דליכא למיחש לכשיכבה לישקליה מיניה ונמצא משתמש במחובר דכיון דאקצייה לדבר האסור בין השמשות איתקצי לכולי יומא:,ואין מניחין כו' בי"ט - דשקיל ומנח ליה ומשתמש באילן:,מה לי שבת כו' - בשבת נמי שקיל ליה לכשיכבה:

שרגא דחנוכתא - אחר שכבה:,מקמי חברי - שלא יראוהו בחצר כדאמרינן בפרקין דלעיל (שבת דף כב:) דנותנו בטפח הסמוך לרשות הרבים וידעו שהדליקו בו נר והם גזרו שלא להדליק אי נמי ביום חגם אין מניחין לדלוק אור אלא בבית ע"ז:,חברי - שם אומה שהיתה עם פרסיים:,הכי הילכתא - בתמיה:,בשעת הדחק - סכנה אלמא שלא בשעת הדחק אסור:

שזרען בקרקע - ועדיין לא השרישו מהו ללקוט ולאכול:,אין מוקצה לר' שמעון בדבר הראוי - אלא בשמן שבנר בשעה שהוא דולק כדתניא לעיל:,הואיל והוקצה למצותו - לשבת:,הוקצה לאיסורו - איסור כיבוי:

והוקצה למצותו לית ליה - בתמיה דקס"ד שמן שבנר דוקא קאמר דאיכא תרתי מוקצה למצוה ומוקצה של שעת דליקתו משום איסור כיבוי אבל מוקצה למצוה גרידא לא אסר ואפילו בשעת המצוה:,והתניא סיככה - לסוכה כו':,קרמים - בגדי צבעונים שקורין אובריינ"א:,אפרסקין - פירסיק"י בלע"ז:,יינות שמנים - בכלי זכוכית:,עד מוצאי יו"ט האחרון - והכא מוקצה למצוה איכא מוקצה דאיסור ליכא דאי משום סתירת אהל כי מטא חולו של מועד לשתרי דומיא דנר שכבה:

והא ממאי דר' שמעון היא - דמותיבנא לך מיניה:,דתני ר' חייא כו' אין נוטלין עצים - בפסח ועצרת מסוכה העשויה לצל ואפילו נפלו משום מוקצה דאיתקצאי מחמת סתירת אהל בי"ט:,אלא מן הסמוך לה - אם סמך חבילות עצים אצל דופנה ליכא איסור מוקצה דדעתיה עילויה מאתמול למישקלינהו למחר דלא סתר בהו אהלא ומהך דתני ר' חייא בר יוסף הוי מצי לאותבי ברישא אלא ניחא ליה לאותבי ממתניתא דר' חייא ור' אושעיא כדאמרינן בעלמא (חולין דף קמא.) כל מתניתא דלא מיתניא בי ר' חייא כו':,ור' שמעון מתיר - אם נפלה דלית ליה מוקצה והכי מוקמינן ליה במסכת ביצה:,ושוין בסוכת החג בחג - שהוקצה למצותה דמצותה כל שבעה אלמא כל שעת מצותה נוהג מוקצה שלה ואע"ג דליכא איסור סתירה:,כעין שמן קאמינא - ולא משום איסור אלא משום מצוה דהואיל דהוקצה למצותו דשבת הוקצה לכל זמן איסור דליקתו ולא יותר דאין מצותו אלא בשעת דליקתו ומשכבה אין בו מצוה אבל בסוכת החג מצותה כל שבעה והקצאתה כל זמן מצותה:

אלא גרוגרות וצמוקין - גרוגרות תאנים שמעלה לגג ליבשן ומשנשתהו שם מעט אין ראוים לאכילה עד שיתייבשו וכן צימוקים דענבים:,היה אוכל בתאנים - רבותא אשמעי' דהוה אכיל ואזיל מכיון דאסקינהו אסח דעתיה ואקצן:,חבושין - קויינ"ץ:,וכן אתה אומר כו' - ואע"ג דהני חזי כל שעתא ואפי' נשתהו לא נתקלקלו מיהו הואיל ואקצינהו אסירי:

אי נימא ר"י - למה לי הנך דנקט דדחינהו בידים אפי' הכניסן נמי לאוצר בעו הזמנה:

Tossafot

הכי נמי מסתברא דרב כר' יהודה ס"ל - בכמה מקומות אשכחן דרב סבר כר' יהודה דאסר מטה שייחדה למעות והניח עליה מעות ואילו לר' שמעון שרי דהא שרי חצוצרות אפי' תקע בה כמה זימני ודכרכי דזוזי (לעיל שבת דף יט:) אלא דבעי לאוכוחי דסבר כר' יהודה במיגו דאיתקצאי בין השמשות כו':

מקמי חברי בשבתא - שביום חג שלהם לא היו מניחין נר אלא בבית ע"ז ומאי דקמבעיא ליה בנר חנוכה טפי מבנר שבת משום דלצורך אכילה היו מניחים להם ואע"ג דבשעת הסכנה אמרינן בבמה מדליקין (לעיל שבת דף כא:) דמניחה על שולחנו ודיו הכא מיירי אם יארע שלא הניחה על שולחנו א"נ אומר ר"י דשעת הסכנה דלעיל לאו סכנת חברים קאמר אלא סכנת גזירה שגזרו שלא להדליק נר חנוכה:

היכא דדחייה בידים אית ליה - ואף על גב דנר שכבה שרי ר' שמעון אף על גב דדחייה בידים דהתם שאני כיון שכבר פסק דיחוי שלה אבל הכא לעולם הן דחויין כל זמן שמונחין שם:,אלא שמן שבנר - לאו דווקא שבנר דההוא אסור משום מכבה כדאמר בפ"ב דביצה (דף כב.) המסתפק ממנו חייב משום מכבה אלא המטפטף מנר ומשום דמוקצה למצותו לא אסור נר הדולק לטלטל כדפרישית לעיל אלא כדאמר בסוף פירקין משום דהוי בסיס לדבר האסור תימה לר"י דאמאי נקט שמן שבנר טפי ה"ל למינקט אין מוקצה לר' שמעון אלא גרוגרות וצימוקין דדמו טפי לחיטין שזרען דלא איתקצאי לא מחמת מצוה ולא מחמת איסור וליכא למימר דסבר ר' יוחנן דלר' שמעון אין מוקצה בגרוגרות וצימוקין דהא רבי קאמר בסמוך דאית ליה לרבי שמעון מוקצה בגרוגרות וצימוקין ומסתמא לא פליג:

עד מוצאי י"ט האחרון של חג - הקשה ר"ת ביום טוב האחרון דלא אסר אלא מטעם מיגו דאיתקצאי בין השמשות מחמת יום שעבר והא רבי שמעון שרי מותר השמן שבנר אף על גב דהוקצה בין השמשות למצותו משום יום הבא ונראה לר"י דבמה שאוסרת הברייתא יום טוב האחרון לא אתיא כר' שמעון:

ולא מן הסמוך לה - בפרק המביא כדי יין (ב. צה ל: ושם) גרס במשנה אלא מן הסמוך לה ופריך בגמ' והא קסתר אוהלא ומשני מאי מן הסמוך לה סמוך לדפנות והשתא אי גרס בברייתא דהכא אלא מן הסמוך לה הוי בסמוך לדפנות ואי גרס ולא מן הסמוך לה מיירי במה שעל הסכך וטעמא משום דסתר אוהלא כדאמר התם:,ואם התנה הכל לפי תנאו - בריש המביא (ג"ז שם) פריך עלה והא קא סתר אוהלא ומוקי לה בסוכה נפולה וברעועה דמאתמול דעתיה עלה:

אלא בגרוגרות וצימוקין - בירושלמי פ' שמסריחין בינתיים כיון שמתקלקלין כל כך אין דעתו לקחתם עד שיתקנו היטב:,וכן אתה אומר באפרסקין - אף על פי שאין מתקלקלין כל כך מקצה אותם מדעתו:

היכא דלא דחייה בידים אית ליה מוקצה - כגון הא דתנן בפרק מפנין (לקמן שבת קכו:) ולא את האוצר ותנן נמי בפרק בתרא (דף קנו:) רבי יהודה אומר אם לא היתה נבלה מע"ש אסורה כו':

ואוכל איצטריכא ליה - מדנקט אוכל במוקצה דדחייה בידים נראה דאזיל ואכיל שרי ליה לר"י במוקצה דלא דחייה בידים כגון גבי אוצר:

Texte : Sefaria — William Davidson Edition - Vocalized Aramaic · traduction française de travail, à valider.

Shabbat 45a
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שבת מ״ה אמַסֶּכֶת שַׁבָּת