[cela] est permis, puisqu'on n'avait pas l'intention d'accomplir ce travail interdit.
מוּתָּר.
La Guemara demande : Cela veut-il dire que Chmouel — qui permet d'ajouter de l'eau même en quantité suffisante pour durcir un ustensile — tient l'avis de Rabbi Chimon, lequel dit qu'on peut accomplir une action qui entraîne par inadvertance un travail interdit ? Mais Chmouel n'a-t-il pas dit : on peut éteindre un morceau de métal incandescent (ga'helet chel matekhet) dans le domaine public le Chabbat, afin que la foule ne s'y blesse pas ? Cela parce que le morceau de métal incandescent n'est pas un feu véritable, et son extinction est interdite par décret rabbinique, non par la loi de la Torah ; or les Sages n'ont pas décrété [d'interdit] là où il y a péril pour la sécurité publique. En revanche, on ne peut pas éteindre une braise de bois (ga'helet chel ets) incandescente, car son extinction est interdite par la loi de la Torah. Et s'il te venait à l'esprit que Chmouel tient l'avis de Rabbi Chimon, il devrait être permis d'éteindre aussi le bois ! Car lorsqu'on éteint la braise, on n'a l'intention ni d'accomplir un travail interdit ni d'en tirer un quelconque bénéfice ; on vise seulement à empêcher la braise de causer une blessure. Éteindre la braise est donc un travail non nécessaire en lui-même (melakha she-eina tzerikha legoufa), et Rabbi Chimon enseigne que celui qui accomplit un travail non nécessaire en lui-même est exempté.
לְמֵימְרָא דִּשְׁמוּאֵל כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן סְבִירָא לֵיהּ? וְהָאָמַר שְׁמוּאֵל: מְכַבִּין גַּחֶלֶת שֶׁל מַתֶּכֶת בִּרְשׁוּת הָרַבִּים בִּשְׁבִיל שֶׁלֹּא יִזּוֹקוּ בָּהּ רַבִּים, אֲבָל לֹא גַּחֶלֶת שֶׁל עֵץ. וְאִי סָלְקָא דַעְתָּךְ סָבַר לַהּ כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן — אֲפִילּוּ שֶׁל עֵץ נָמֵי!
La Guemara répond : Dans le cas d'un acte non intentionnel (dévar she-eino mitkavèn), Chmouel tient l'avis de Rabbi Chimon ; mais dans le cas d'un travail non nécessaire en lui-même (melakha she-eina tzerikha legoufa), il tient qu'on est passible, conformément à l'avis de Rabbi Yehouda. Ravina dit : Dès lors, une épine (kots) dans le domaine public, susceptible de causer une blessure, on peut la déplacer de là par étapes, chacune de moins de quatre coudées (amot), le Chabbat. Car bien que la Torah interdise de transporter un objet sur quatre coudées dans le domaine public le Chabbat, transporter sur moins de quatre coudées n'est interdit que par la loi rabbinique ; et il ressort de la parole de Chmouel que les Sages n'ont pas décrété [d'interdit] là où la foule est menacée. C'est pourquoi, si l'épine se trouvait dans un karmelit — où l'interdit de transporter est de loi rabbinique — il est permis de la transporter même au-delà de quatre coudées.
בְּדָבָר שֶׁאֵין מִתְכַּוֵּין סָבַר לַהּ כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן, בִּמְלָאכָה שֶׁאֵינָהּ צְרִיכָה לְגוּפָהּ סָבַר לַהּ כְּרַבִּי יְהוּדָה. אָמַר רָבִינָא: הִלְכָּךְ קוֹץ בִּרְשׁוּת הָרַבִּים מוֹלִיכוֹ פָּחוֹת פָּחוֹת מֵאַרְבַּע אַמּוֹת, וּבְכַרְמְלִית אֲפִילּוּ טוּבָא.
Nous avons appris dans la michna : « En revanche, on peut placer [de l'eau dans une bouilloire afin de la réchauffer]. » Nos maîtres ont enseigné dans une baraïta : Une personne peut placer de l'eau chaude dans de l'eau froide, mais non de la froide dans de la chaude ; telle est la parole de Beit Chammaï — car selon eux, l'eau froide se trouve chauffée par l'eau chaude au-dessous d'elle. Et Beit Hillel disent : aussi bien le chaud dans le froid que le froid dans le chaud sont permis. Cependant, Beit Hillel ne l'ont pas permis dans tous les cas. De quoi parle-t-on ? D'un verre (kos). Mais dans un bain (ambati) contenant beaucoup d'eau, il est permis de verser du chaud dans le froid, mais non du froid dans le chaud. Et Rabbi Chimon ben Menasya interdit même de mettre du chaud dans le froid. Rav Na'hman dit : la halakha suit l'avis de Rabbi Chimon ben Menasya en cette matière.
אֲבָל נוֹתֵן כּוּ׳. תָּנוּ רַבָּנַן: נוֹתֵן אָדָם חַמִּין לְתוֹךְ הַצּוֹנֵן, וְלֹא הַצּוֹנֵן לְתוֹךְ הַחַמִּין, דִּבְרֵי בֵּית שַׁמַּאי. וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים: בֵּין חַמִּין לְתוֹךְ הַצּוֹנֵן וּבֵין צוֹנֵן לְתוֹךְ הַחַמִּין מוּתָּר. בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים — בְּכוֹס, אֲבָל בְּאַמְבָּטִי — חַמִּין לְתוֹךְ הַצּוֹנֵן, וְלֹא צוֹנֵן לְתוֹךְ הַחַמִּין. וְרַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן מְנַסְיָא אוֹסֵר. אָמַר רַב נַחְמָן: הֲלָכָה כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן מְנַסְיָא.
Rav Yossef pensait dire que le statut juridique d'une bassine [séfel] — un ustensile servant à se laver — est comme celui d'un bain (ambati), et qu'il est interdit d'y verser de l'eau. Abayé lui dit que Rabbi 'Hiyya a enseigné une baraïta : une bassine n'est pas comme un bain quant à y verser de l'eau. La Guemara demande : et selon ce qui était d'abord venu à l'esprit de Rav Yossef — qu'une bassine est comme un bain à l'égard de cette halakha — et puisque Rav Na'hman a dit que la halakha suit l'avis de Rabbi Chimon ben Menasya en cette matière, cela voudrait-il dire que le Chabbat il n'y a aucune possibilité de se laver à l'eau chaude ? Or jamais aucun interdit général de se laver à l'eau chaude le Chabbat n'a été enseigné !
סָבַר רַב יוֹסֵף לְמֵימַר סֵפֶל הֲרֵי הוּא כְּאַמְבָּטִי. אָמַר לֵיהּ אַבָּיֵי, תָּנֵי רַבִּי חִיָּיא: סֵפֶל אֵינוֹ כְּאַמְבָּטִי. וּלְמַאי דִּסְלֵיק אַדַּעְתָּא מֵעִיקָּרָא דְּסֵפֶל הֲרֵי הוּא כְּאַמְבָּטִי, וְאָמַר רַב נַחְמָן הֲלָכָה כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן מְנַסְיָא, אֶלָּא בְּשַׁבָּת רְחִיצָה בְּחַמִּין לֵיכָּא!
La Guemara répond : Penses-tu que Rabbi Chimon ben Menasya se réfère à la clause finale (séfa) de la michna ? Non, il se réfère à la première clause (récha) de la michna, où nous avons appris que Beit Hillel permettent aussi bien l'eau chaude dans la froide que l'eau froide dans la chaude, et [que là] Rabbi Chimon ben Menasya interdit de placer de l'eau froide dans la chaude. La Guemara demande : S'il en est ainsi, dis [donc] que Rabbi Chimon ben Menasya a énoncé son avis conformément à l'avis de Beit Chammaï — la halakha n'est-elle pas généralement établie selon Beit Hillel ? La Guemara explique : Il a dit ceci : Beit Chammaï et Beit Hillel n'ont pas été en désaccord sur ce point. [Rabbi Chimon ben Menasya avait une tradition différente quant aux avis de Beit Chammaï et de Beit Hillel.]
מִי סָבְרַתְּ רַבִּי שִׁמְעוֹן אַסֵּיפָא קָאֵי? אַרֵישָׁא קָאֵי: וּבֵית הִלֵּל מַתִּירִין בֵּין חַמִּין לְתוֹךְ צוֹנֵן וּבֵין צוֹנֵן לְתוֹךְ הַחַמִּין, וְרַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן מְנַסְיָא אוֹסֵר צוֹנֵן לְתוֹךְ חַמִּין. לֵימָא רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן מְנַסְיָא דְּאָמַר כְּבֵית שַׁמַּאי? — הָכִי קָאָמַר: לֹא נֶחְלְקוּ בֵּית שַׁמַּאי וּבֵית הִלֵּל בְּדָבָר זֶה.
Rav Houna, fils de Rav Yehochoua, dit : J'ai vu que Rava n'était pas strict dans le cas d'un ustensile et ne faisait aucune distinction entre le froid et le chaud. D'où tira-t-il cette permission ? D'une baraïta que Rabbi 'Hiyya enseigna : une personne peut placer une cruche d'eau (kiton chel mayim) dans une bassine d'eau (séfel chel mayim), aussi bien le chaud dans le froid que le froid dans le chaud. Rav Houna dit à Rav Achi : il y a une faiblesse dans cette preuve, car peut-être est-ce différent là-bas parce que l'ustensile forme une cloison (mafsik keli) entre l'eau chaude et l'eau froide — il ne verse pas l'eau froide dans la bassine elle-même, mais y place une cruche dont les parois font cloison. Il lui dit : le terme « verser » (me'aré) a été énoncé dans cette baraïta. Voici la version exacte : une personne peut verser une cruche d'eau dans une bassine d'eau, aussi bien le chaud dans le froid que le froid dans le chaud. [Il n'y a donc pas lieu de distinguer entre les deux cas.]
אָמַר רַב הוּנָא בְּרֵיהּ דְּרַב יְהוֹשֻׁעַ: חֲזֵינָא לֵיהּ לְרָבָא דְּלָא קָפֵיד אַמָּנָא — מִדְּתָנֵי רַבִּי חִיָּיא: נוֹתֵן אָדָם קִיתוֹן שֶׁל מַיִם לְתוֹךְ סֵפֶל שֶׁל מַיִם, בֵּין חַמִּין לְתוֹךְ צוֹנֵן וּבֵין צוֹנֵן לְתוֹךְ חַמִּין. אֲמַר לֵיהּ רַב הוּנָא לְרַב אָשֵׁי: דִּילְמָא שָׁאנֵי הָתָם דְּמַפְסֵיק כְּלִי! אָמַר לֵיהּ — ״מְעָרֶה״ אִיתְּמַר: מְעָרֶה אָדָם קִיתוֹן שֶׁל מַיִם לְתוֹךְ סֵפֶל שֶׁל מַיִם, בֵּין חַמִּין לְתוֹךְ צוֹנֵן, בֵּין צוֹנֵן לְתוֹךְ חַמִּין.
Mishna 1
MICHNA : [Poursuivant la discussion des ustensiles où l'interdit de cuire s'applique alors même qu'ils ne sont pas effectivement sur le feu, la michna établit :] La marmite [ilpas] et le pot (kedéra) qu'on a retirés [du feu] alors qu'ils étaient encore bouillants — même s'ils ont été retirés avant le Chabbat — on n'y placera pas d'épices le Chabbat même. Bien que le pot ne soit pas effectivement posé sur le feu, les épices y sont tout de même cuites, parce que le pot est un récipient primaire (keli richon), c'est-à-dire un récipient dont le contenu a été cuit sur le feu.
מַתְנִי׳ הָאִילְפָּס וְהַקְּדֵרָה שֶׁהֶעֱבִירָן מְרוּתָּחִין — לֹא יִתֵּן לְתוֹכָן תַּבְלִין.(משנה)
Rachi
מותר - שאין מתכיון לכך:
גחלת של מתכת - שמשליכין לחוץ פסולת של ברזל דלא שייך כבוי בהכי מדאורייתא ומדרבנן אסורה והיכא דאיכא נזקא לרבים לא גזרו על השבות:,אבל לא של עץ - דאיסורא דאורייתא היא וחייב סקילה:,אפילו של עץ נמי - דהא לרבי שמעון מלאכה שאינה צריכה לגופה פטור עליה וכל כיבוי אינו צריך לגופו חוץ מעושי פחמין או מהבהבי פתילה:
הלכך - כיון דאמרת לא גזרו שבות דכיבוי מתכת במקום נזקא דרבים:,קוץ ברשות הרבים מוליכו פחות פחות מד' אמות - עד שיסלקנו לצידי רשות הרבים דאיסורא דרבנן הוא:,ובכרמלית - דטלטול דידיה דרבנן:,אפילו טובא - יעבירנו בעקירה אחת:
חמין לתוך צונן - דקסבר תתאה גבר ואין החמין מרתיחין את הצונן אלא מפשירין:,ולא צונן לתוך חמין - שהתחתונים מרתיחים את העליונים דתתאה גבר:,בכוס - דלשתיה קבעי להו ולא ניחא ליה שיחומו הרבה ועוד דכלי שני הוא:,אוסר - אפילו חמין לתוך צונן:
ספל הרי הוא כאמבטי' - ואף על גב דכלי שני הוא הואיל ולאו לשתיה אלא לרחיצה אסירי דניחא ליה שיחמו הרבה וגזרינן:,אלא בשבת רחיצה בחמין ליכא - בתמיה דהא לרבי שמעון אפילו חמין לתוך צונן אסור לא משכחת חמין שהוחמו ואפילו מע"ש שלא יהיו צריכין להפיג רתיחתן ואם כן לא ירחוץ אפילו פניו ידיו ורגליו בחמין:
מי סברת ר' שמעון אסיפא קאי - דלא שרי ת"ק אלא חמין לתוך צונן ואתא איהו ואסר אף חמין לתוך צונן:,ארישא קאי - לשתיה וצונן לתוך חמין דקשרו ב"ה קאסר:
מתני' שהעבירן - מן האור:,מרותחין - בין השמשות:,לא יתן לתוכן תבלין - משתחשך דכלי ראשון כל זמן שרותח מבשל:
Tossafot
אפילו של עץ נמי - ואם תאמר ומאי ס"ד דמקשה וכי משום דסבר שמואל כרבי שמעון באין מתכוין יסבור כמותו במלאכה שאינו צריך לגופה וי"ל דס"ד דמקשה דודאי הא בהא תליא משום דסבר רבי יהודה דמלאכה שאינו צריך לגופה חייב עליה היכא דמתכוין בשאין מתכוין נמי החמירו חכמים אבל לרבי שמעון דפטור עליה מן התורה אף במתכוין לא חש לאסור מדרבנן כשאין מתכוין כיון דמתכוין עצמו ליכא אלא איסורא דרבנן ומיהו לפי האמת לאו הא בהא תליא דשמואל אע"ג דבמלאכה שאינה צריכה לגופה סבר כרבי יהודה דחייב [מתיר] באין מתכוין ולרבי יהודה נמי אסור אין מתכוין אפילו בגרירה דמתכוין עצמו לא אסיר אלא מדרבנן כדאמרי' לקמן ובשילהי כל התדיר (זבחים דף צא: ושם) דאמר שמואל המתנדב יין מביאו ומזלפו ע"ג האשים ופריך והא קא מכבה ומשני דסבר דבר שאין מתכוין מותר ופריך כי הכא דאמר שמואל מכבין גחלת של מתכת אבל לא של עץ והשתא אומר רשב"א דפריך מכ"ש דכיון דסבר שמואל דמלאכה שאינה צריכה לגופה חייב א"כ סבירא ליה נמי בשבת דבר שאין מתכוין אסור דסבר המקשה דהתם דהא בהא תליא כמו מקשה דהכא וכיון דבשבת אסור אין מתכוין כ"ש בעלמא אך הקשה דמשמע דאי הוי סבר שמואל מלאכה שאינה צריכה לו פטור עליה הוה אתי שפיר ואמאי והא מלאכה שאינה צריכה לגופה בשאר איסורים דלאו שבת חייב עליה וכיון דסבירא ליה דהא בהא תליא א"כ אמאי קאמר התם דבר שאין מתכוין מותר:
נותן אדם חמין לתוך צונן - אפי' בכלי ראשון דחמין לתוך צונן אינו מבשל כמו שאפרש ולא צונן לתוך חמין אפילו בכלי שני דגזרי ב"ש כלי שני אטו כלי ראשון וב"ה דפליגי ושרו צונן לתוך חמין היינו דוקא בכלי שני כדקתני בד"א בכוס משמע דבכלי ראשון מודו ב"ה ולא משום דסברה הך ברייתא דתתאה גבר כדפירש בקונטרס דאם כן יקשה מהכא למ"ד עילאה גבר ולמאן דאמר תתאה גבר נמי הא מבשל כדי קליפה כמו שאפרש לקמן בע"ה אלא נראה כמו שאומר ר"ת דחמין לתוך צונן משמע שהצוננין של מטה מרובים שדרך ליתן המועט במרובה ולכך אין מבשלים החמין המועטים כלל לפי שמתערבין בצוננין המרובין ומתבטל חמימותן ולא צונן לתוך חמין שהחמין של מטה מרובין ומתערבין בהן הצוננין המועטין ומתבשלין:,אבל באמבטי כו' - נראה דהאי אמבטי איירי כגון שהוא כלי שני ולא הוי כההוא אמבטי דלעיל דקאמר בקשתי להניח פך באמבטי מדקאמר ספל אינו כאמבטי והאי ספל ע"כ כלי שני דאי כלי ראשון אמאי אינו כאמבטי ודכוותיה אמבטי הוי כלי שני ועוד דאי באמבטי שהוא כלי ראשון איירי לא הוה ליה למינקט אמבטי אלא מיחם שהוא לשתיה דומיא דכוס ומדנקט אמבטי משמע דבכלי שני איירי ואתא לפלוגי בכלי שני בין כוס שהוא לשתיה לאמבטי לפי שחמין הרבה ואיכא למיגזר דהרואה אותן חמין כל כך סבור דכלי ראשון הוא ובמתני' דנקט במיחם שהוא ראשון לא יתן לתוכו מים הוה מצי למימר באמבטי שהוא שני לא יתן לתוכו מים אלא דמתני' מיירי בשתיה ומפליג בין מיחם לכוס:
מי סברת ר"ש בן מנסיא אסיפא קאי ארישא קאי - היינו דוקא למאי דס"ד לרב יוסף מעיקרא אבל למאי דמסקי' דספל אינו כאמבטי קאי אסיפא בכוס וסבר שפיר ר"ש בן מנסיא כב"ה דאפילו צונן לתוך חמין מותר ואתיא מתני' דשריא לתוך הכוס אליבא דהלכתא דהלכה כר"ש בן מנסיא וא"ת למאי דסלקא דעתך דארישא קאי ואסר בכוס צונן לתוך חמין מאי קמ"ל רב יוסף דספל הרי הוא כאמבטי כוס נמי הרי הוא כאמבטי לר"ש בן מנסיא דהלכתא כוותיה וי"ל דרב יוסף לב"ה אתא לאשמעינן דשרו בכוס:
נותן אדם קיתון של מים - וא"ת ואמאי לא מייתי ברייתא דלעיל דספל אינו כאמבטי ואמאי איצטריך נמי רבי חייא למיתני תרוייהו וי"ל דהשתא קמ"ל בין חמין לתוך צונן בין צונן לתוך חמין דההיא דספל אינו כאמבטי ה"א דקאי אר"ש בן מנסיא דאסר באמבטי אפי' חמין לתוך צונן ועליה קאמר דספל אינו כאמבטי ושרי חמין לתוך צונן אבל צונן לתוך חמין ה"א דאסור ואפשר ההיא דלעיל היינו הך דהכא אלא שקיצרה ונקט לישנא דרב יוסף דמייתי עלה:,שאני התם דמפסיק כלי - וא"ת דאמר לעיל (שבת דף מ:) טול בכלי שני ותן אבל בכלי ראשון לא אע"ג דמפסיק מנא וי"ל דהתם בכלי ראשון והכא דבכלי שני שאני:
Texte : Sefaria — William Davidson Edition - Vocalized Aramaic · traduction française de travail, à valider.