Guémara
L'enseignement de Rabba est conforme à ce tanna de la baraïta, qui a qualifié de transgresseurs ceux qui violaient un décret rabbinique.
כִּי הַאי תַּנָּא:
Il a été enseigné dans une Tossefta : Dans les bains [ambtiaot] des grandes villes, on peut s'y promener et, même si l'on transpire en le faisant, on n'a pas à s'en inquiéter. Rava dit : ceci s'applique spécifiquement aux bains des grandes villes ; mais dans ceux des villages, non, cela ne s'applique pas. Quelle en est la raison ? Puisque les bains des villages sont petits, leur chaleur est intense, et le seul fait de les traverser fera certainement transpirer.
אַמְבַּטְיָאוֹת שֶׁל כְּרַכִּים מְטַיֵּיל בָּהֶן וְאֵינוֹ חוֹשֵׁשׁ. אָמַר רָבָא: דַּוְקָא כְּרַכִּין, אֲבָל דִּכְפָרִים — לָא. מַאי טַעְמָא — כֵּיוָן דְּזוּטְרִין נְפִישׁ הַבְלַיְיהוּ.
Nos maîtres ont enseigné : un homme peut se réchauffer face à un feu [medoura] le Chabbat, puis sortir et se rincer à l'eau froide, à condition qu'il ne se rince pas d'abord à l'eau froide pour ensuite se réchauffer face au feu. Cela est interdit parce qu'il réchaufferait ainsi l'eau qui est sur son corps et la rendrait tiède. Nos maîtres ont également enseigné : une personne qui souffre des intestins peut chauffer une serviette [aloundit] et la poser sur ses intestins, même le Chabbat. Cela est permis à condition qu'on n'apporte pas une bouilloire [qoumqoumos] d'eau chaude pour la poser sur ses intestins le Chabbat, de peur que l'eau ne se répande et qu'il n'en vienne à l'essorer (Tossafot), ce qui est un travail interdit le Chabbat. Et poser une bouilloire directement sur ses intestins est interdit même en semaine, à cause du danger encouru : si l'eau est extrêmement chaude, elle pourrait se répandre et le brûler.
תָּנוּ רַבָּנַן: מִתְחַמֵּם אָדָם כְּנֶגֶד הַמְּדוּרָה וְיוֹצֵא וּמִשְׁתַּטֵּף בְּצוֹנֵן, וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יִשְׁתַּטֵּף בְּצוֹנֵן וְיִתְחַמֵּם כְּנֶגֶד הַמְּדוּרָה, מִפְּנֵי שֶׁמַּפְשִׁיר מַיִם שֶׁעָלָיו. תָּנוּ רַבָּנַן: מֵיחֵם אָדָם אֲלוּנְטִית וּמַנִּיחָהּ עַל בְּנֵי מֵעַיִם בְּשַׁבָּת, וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יָבִיא קוֹמְקוּמוֹס שֶׁל מַיִם חַמִּין וְיַנִּיחֶנּוּ עַל בְּנֵי מֵעַיִם בְּשַׁבָּת. וְדָבָר זֶה אֲפִילּוּ בַּחוֹל אָסוּר, מִפְּנֵי הַסַּכָּנָה.
De même, nos maîtres ont enseigné : un homme peut apporter une cruche [qiton] pleine d'eau froide et la poser face au feu le Chabbat ; non pas pour que l'eau chauffe, car il est interdit de cuire le Chabbat, mais pour en atténuer la froideur, car il est permis de rendre l'eau moins froide le Chabbat. Rabbi Yehouda dit : une femme peut prendre une fiole [pakh] d'huile et la poser face au feu ; non pas pour que l'huile cuise, mais pour qu'elle se réchauffe jusqu'à devenir tiède. Rabban Chimon ben Gamliel dit : une femme peut enduire sa main d'huile, la réchauffer face au feu, puis enduire de cette huile réchauffée son jeune enfant, et elle n'a pas à s'inquiéter d'avoir cuit le Chabbat.
תָּנוּ רַבָּנַן: מֵבִיא אָדָם קִיתוֹן מַיִם וּמַנִּיחוֹ כְּנֶגֶד הַמְּדוּרָה. לֹא בִּשְׁבִיל שֶׁיֵּחַמּוּ, אֶלָּא בִּשְׁבִיל שֶׁתָּפוּג צִינָּתָן. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: מְבִיאָה אִשָּׁה פַּךְ שֶׁל שֶׁמֶן וּמְנִיחָתוֹ כְּנֶגֶד הַמְּדוּרָה. לֹא בִּשְׁבִיל שֶׁיִּבְשַׁל, אֶלָּא בִּשְׁבִיל שֶׁיִּפְשַׁר. רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: אִשָּׁה סָכָה יָדָהּ שֶׁמֶן וּמְחַמַּמְתָּהּ כְּנֶגֶד הַמְּדוּרָה, וְסָכָה לִבְנָהּ קָטָן, וְאֵינָהּ חוֹשֶׁשֶׁת.
Une question fut posée devant les Sages : concernant le fait de chauffer de l'huile de cette manière le Chabbat, quel en est le statut selon le premier tanna, qui permet de le faire avec de l'eau ? Permet-il aussi l'huile ? Rabba et Rav Yossef ont tous deux dit que l'opinion du premier tanna est de le permettre dans le cas de l'huile. Rav Na'hman bar Yits'haq a dit que l'opinion du premier tanna est de l'interdire. [Voici d'abord la position de] Rabba et Rav Yossef, qui ont tous deux dit que l'opinion du premier tanna est de le permettre : l'huile, même chauffée au point où la main s'en retire spontanément [soledet] tant elle est chaude, est permise à chauffer de cette manière. La raison en est que le premier tanna considère que l'huile n'est pas soumise à l'interdiction de cuire — cuire l'huile jusqu'à son point d'ébullition exige une très haute température ; la simple réchauffer n'est pas considéré comme cuire. Et Rabbi Yehouda est venu dire que l'huile est soumise à l'interdiction de cuire ; cependant, la réchauffer jusqu'à une température tiède n'équivaut pas à la cuire. C'est pourquoi il est permis de poser une fiole d'huile près du feu afin d'en élever la température, bien qu'il soit interdit de la chauffer jusqu'au point de cuisson. Et Rabban Chimon ben Gamliel est venu dire que l'huile est soumise à l'interdiction de cuire, et que la réchauffer équivaut à la cuire ; il ne l'a permise que dans le cas spécifique d'une femme qui a enduit sa main d'huile, l'a réchauffée, et en a enduit son enfant.
אִיבַּעְיָא לְהוּ: שֶׁמֶן מָה הוּא לְתַנָּא קַמָּא? רַבָּה וְרַב יוֹסֵף דְּאָמְרִי תַּרְוַיְיהוּ לְהֶתֵּירָא, רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק אָמַר לְאִיסּוּרָא. רַבָּה וְרַב יוֹסֵף דְּאָמְרִי תַּרְוַיְיהוּ לְהֶתֵּירָא: שֶׁמֶן אַף עַל פִּי שֶׁהַיָּד סוֹלֶדֶת בּוֹ — מוּתָּר. קָסָבַר תַּנָּא קַמָּא שֶׁמֶן אֵין בּוֹ מִשּׁוּם בִּשּׁוּל. וַאֲתָא רַבִּי יְהוּדָה לְמֵימַר שֶׁמֶן יֵשׁ בּוֹ מִשּׁוּם בִּשּׁוּל, וְהֶפְשֵׁרוֹ לֹא זֶה הוּא בִּשּׁוּלוֹ. וַאֲתָא רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל לְמֵימַר שֶׁמֶן יֵשׁ בּוֹ מִשּׁוּם בִּשּׁוּל, וְהֶפְשֵׁרוֹ זֶהוּ בִּשּׁוּלוֹ.
Rav Na'hman bar Yits'haq a dit : l'opinion du premier tanna est de l'interdire. Il explique la controverse de la manière suivante : selon le premier tanna, concernant l'huile, même si la chaleur n'est pas si forte que la main s'en retire spontanément, il est interdit de la chauffer. Il considère que l'huile est soumise à l'interdiction de cuire, et que la réchauffer équivaut à la cuire. Et Rabbi Yehouda est venu dire, avec indulgence, que la réchauffer n'équivaut pas à la cuire. Et Rabban Chimon ben Gamliel est venu contredire Rabbi Yehouda et dire que l'huile est soumise à l'interdiction de cuire, et que la réchauffer équivaut à la cuire. La Guemara objecte : selon cette explication, l'opinion de Rabban Chimon ben Gamliel est identique à celle du premier tanna. Quelle est la différence entre eux ? La Guemara répond : il y a entre eux une différence pratique dans un cas où cela est fait d'une manière inhabituelle [kilea'har yad], c'est-à-dire autrement qu'à l'ordinaire. Selon le premier tanna, il est totalement interdit de chauffer l'huile, tandis que selon Rabban Chimon ben Gamliel, il est permis de chauffer l'huile d'une manière inhabituelle.
רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק אָמַר לְאִיסּוּרָא: שֶׁמֶן אַף עַל פִּי שֶׁאֵין הַיָּד סוֹלֶדֶת בּוֹ — אָסוּר. קָסָבַר שֶׁמֶן יֵשׁ בּוֹ מִשּׁוּם בִּשּׁוּל, וְהֶפְשֵׁרוֹ זֶהוּ בִּשּׁוּלוֹ. וַאֲתָא רַבִּי יְהוּדָה לְמֵימַר הֶפְשֵׁרוֹ לֹא זֶהוּ בִּשּׁוּלוֹ. וַאֲתָא רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל לְמֵימַר שֶׁמֶן יֵשׁ בּוֹ מִשּׁוּם בִּשּׁוּל, וְהֶפְשֵׁרוֹ זֶהוּ בִּשּׁוּלוֹ. רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל הַיְינוּ תַּנָּא קַמָּא? אִיכָּא בֵּינַיְיהוּ כִּלְאַחַר יָד.
Rav Yehouda a dit au nom de Chmouel que la halakha est la suivante : concernant aussi bien l'huile que l'eau, les chauffer jusqu'au point où la main s'en retire spontanément est interdit ; les chauffer jusqu'à un point où la main ne s'en retire pas spontanément est permis. La Guemara demande : et quelles sont les circonstances dans lesquelles la main s'en retire spontanément ? Toutes les mains ne sont pas égales dans leur sensibilité à la chaleur. Le Sage Ra'hava dit : toute eau qui pourrait brûler le ventre d'un bébé est considérée comme une eau dont la main se retire spontanément.
אָמַר רַבִּי יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: אֶחָד שֶׁמֶן וְאֶחָד מַיִם, יָד סוֹלֶדֶת בּוֹ — אָסוּר, אֵין יָד סוֹלֶדֶת בּוֹ — מוּתָּר. וְהֵיכִי דָמֵי יָד סוֹלֶדֶת בּוֹ? אָמַר רַחֲבָא: כׇּל שֶׁכְּרֵיסוֹ שֶׁל תִּינוֹק נִכְוֵית.
Rav Yits'haq bar Avdimi dit : une fois, j'ai suivi Rabbi [Yehouda HaNassi] dans la maison de bains le Chabbat pour l'assister, et j'ai voulu poser pour lui une fiole d'huile dans la baignoire [ambati], afin de réchauffer quelque peu l'huile avant de l'en oindre. Et il me dit : prends de l'eau du bain dans un récipient second [keli cheni] et places-y [l'huile]. La Guemara remarque : apprends de cette parole de Rabbi trois halakhot. Apprends-en que l'huile est soumise à l'interdiction de cuire — c'est pourquoi il a interdit de la poser dans la baignoire. Et apprends-en qu'un récipient second n'est pas [assez] chaud et ne cuit pas. Et apprends-en, concernant l'huile, que la réchauffer équivaut à la cuire.
אָמַר רַבִּי יִצְחָק בַּר אַבְדִּימִי: פַּעַם אַחַת נִכְנַסְתִּי אַחַר רַבִּי לְבֵית הַמֶּרְחָץ, וּבִקַּשְׁתִּי לְהַנִּיחַ לוֹ פַּךְ שֶׁל שֶׁמֶן בְּאַמְבָּטִי, וְאָמַר לִי: טוֹל בִּכְלִי שֵׁנִי וְתֵן. שְׁמַע מִינַּהּ תְּלָת: שְׁמַע מִינַּהּ שֶׁמֶן יֵשׁ בּוֹ מִשּׁוּם בִּשּׁוּל, וּשְׁמַע מִינַּהּ כְּלִי שֵׁנִי אֵינוֹ מְבַשֵּׁל, וּשְׁמַע מִינַּהּ הֶפְשֵׁרוֹ זֶהוּ בִּשּׁוּלוֹ.
La Guemara s'étonne de ce récit : comment Rabbi a-t-il pu faire cela ? Comment a-t-il pu enseigner la halakha à son élève dans la maison de bains ? Rabba bar bar 'Hana n'a-t-il pas dit au nom de Rabbi Yo'hanan : en tout lieu il est permis de méditer des paroles de Torah, sauf dans la maison de bains et les toilettes ? Et si tu dis qu'il lui a parlé dans une langue profane, Abayé n'a-t-il pas dit : les paroles profanes, il est permis de les dire dans la langue sainte, l'hébreu, même dans la maison de bains, et les paroles saintes, il est interdit de les dire dans la maison de bains, même dans une langue profane ? La Guemara répond : il était permis à Rabbi de se conduire ainsi parce qu'il empêchait un individu de transgresser une interdiction, ce qui est différent.
הֵיכִי עָבֵיד הָכִי, וְהָאָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: בְּכָל מָקוֹם מוּתָּר לְהַרְהֵר חוּץ מִבֵּית הַמֶּרְחָץ וּבֵית הַכִּסֵּא! וְכִי תֵּימָא בִּלְשׁוֹן חוֹל אֲמַר לֵיהּ, וְהָאָמַר אַבָּיֵי: דְּבָרִים שֶׁל חוֹל מוּתָּר לְאוֹמְרָן בִּלְשׁוֹן קוֹדֶשׁ, שֶׁל קוֹדֶשׁ אָסוּר לְאוֹמְרָן בִּלְשׁוֹן חוֹל! אַפְרוֹשֵׁי מֵאִיסּוּרָא שָׁאנֵי.
Sache qu'il en est ainsi, car Rav Yehouda a dit au nom de Chmouel : il y eut un incident où un élève de Rabbi Meïr le suivit dans la maison de bains le Chabbat et voulut rincer le sol pour le nettoyer. Et Rabbi Meïr lui dit : on ne rince pas [le sol] le Chabbat. L'élève demanda s'il était permis d'enduire le sol d'huile. Il lui dit : on n'enduit pas [le sol]. Il apparaît donc qu'empêcher quelqu'un de transgresser une interdiction est différent. Ici aussi, dans l'incident concernant Rabbi, empêcher quelqu'un de transgresser une interdiction est différent et permis.
תִּדַּע, דְּאָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: מַעֲשֶׂה בְּתַלְמִידוֹ שֶׁל רַבִּי מֵאִיר שֶׁנִּכְנַס אַחֲרָיו לְבֵית הַמֶּרְחָץ וּבִקֵּשׁ לְהַדִּיחַ קַרְקַע. וְאָמַר לוֹ: אֵין מַדִּיחִין. לָסוּךְ לוֹ קַרְקַע. אָמַר לוֹ: אֵין סָכִין. אַלְמָא אַפְרוֹשֵׁי מֵאִיסּוּרָא שָׁאנֵי, הָכָא נָמֵי לְאַפְרוֹשֵׁי מֵאִיסּוּרָא שָׁאנֵי.
Ravina dit : apprends-en que celui qui cuit dans les eaux chaudes de Tibériade le Chabbat est passible [de sanction], car l'incident avec Rabbi eut lieu après le décret, et il dit à son élève : prends [de l'eau] dans un récipient second et places-y [l'huile] — s'il avait cuit l'huile dans l'eau chaude elle-même, il aurait transgressé une interdiction de la Torah. Puisque l'incident avec Rabbi eut lieu après que les Sages eurent décrété d'interdire de se baigner dans l'eau chaude le Chabbat, ce devait être un bain dans les eaux chaudes de Tibériade. La Guemara objecte : est-ce ainsi ? Rav 'Hisda n'a-t-il pas dit que celui qui cuit dans les eaux chaudes de Tibériade le Chabbat n'est pas passible ? La Guemara répond : il n'y a pas de contradiction. Que signifie aussi le terme « passible » qu'a employé Ravina ? Il ne signifie pas que celui qui a cuit dans les eaux chaudes de Tibériade est passible d'être lapidé ou d'apporter un sacrifice expiatoire, comme celui qui transgresse une interdiction de la Torah. Il signifie plutôt qu'il est passible de recevoir des coups pour rébellion [makkat mardout], que l'on reçoit pour avoir transgressé intentionnellement des décrets rabbiniques.
אָמַר רָבִינָא: שְׁמַע מִינַּהּ הַמְבַשֵּׁל בְּחַמֵּי טְבֶרְיָא בְּשַׁבָּת — חַיָּיב. דְּהָא מַעֲשֶׂה דְּרַבִּי לְאַחַר גְּזֵירָה הֲוָה, וַאֲמַר לֵיהּ: טוֹל בִּכְלִי שֵׁנִי וְתֵן. אִינִי?! וְהָאָמַר רַב חִסְדָּא הַמְבַשֵּׁל בְּחַמֵּי טְבֶרְיָא בְּשַׁבָּת — פָּטוּר! מַאי ״חַיָּיב״ נָמֵי דְּקָאָמַר — מַכַּת מַרְדּוּת.
Rabbi Zéira dit : j'ai vu Rabbi Abahou flotter dans un bain le Chabbat, et je ne sais pas s'il a soulevé les pieds et nageait réellement dans l'eau, ou s'il ne les a pas soulevés. La Guemara s'interroge sur l'incertitude de Rabbi Zéira : il est évident qu'il n'a pas soulevé les pieds, car il a été enseigné dans une baraïta : un homme ne doit pas flotter dans un bassin plein d'eau le Chabbat, et même si le bassin se trouve dans une cour [privée], où il n'y a pas lieu de craindre qu'il transgresse une interdiction. La Guemara répond : ceci n'est pas difficile ; cette baraïta-ci se réfère à un endroit
אָמַר רַבִּי זֵירָא: אֲנָא חֲזִיתֵיהּ לְרַבִּי אֲבָהוּ דְּשָׁט בְּאַמְבָּטִי, וְלָא יָדַעְנָא אִי עֲקַר אִי לָא עֲקַר. פְּשִׁיטָא דְּלָא עֲקַר, דְּתַנְיָא: לֹא יָשׁוּט אָדָם בִּבְרֵיכָה מְלֵאָה מַיִם, וַאֲפִילּוּ עוֹמֶדֶת בֶּחָצֵר! לָא קַשְׁיָא, הָא
Rachi
כי האי תנא - דאמר לעיל משהתחילו עוברי עבירה התחילו לאסור הזיעה והרי לא נאסרה אלא ע"י הרוחצין בחמין מאתמול ואומרים מזיעין אנחנו ואין כאן אלא עבירת דבריהם שאסרו את החמין:
נפיש הבלייהו - ומזיע:
מפשיר - מחמם לשון פושרין:,מיחם אדם - מחמם:,אלונטית - טיול"א ונראה לי בגד שמסתפגין בו דבכל דוכתא קרי לה אלונטית:,על גבי מעיים - כשהוא חש במעיו מחממין לו כלי או בגד ומניחו שם ומועיל:,ובלבד שלא יביא קומקומוס כו' - שמא ישפכו עליו ונמצא רוחץ בשבת בחמין:,מפני סכנה - פעמים שהן רותחין:
לא שיחמו - לא שיניחם שם עד שיחמו:,אלא שתפיג צינתן - במקצתן שתפיג שתתחלף כמו וריחו לא נמר (ירמיהו מ״ח:י״א) מתרגמין וריחיה לא פג:,לא בשביל שיבשל - שלא תניחנו שם כדי בישול שתהא היד סולדת בו:,סכה ידה - אבל להפשירו בפך כדרך שעושה בחול לא ופליג אדרב יהודה:
להתירא - מאי דאסר רבי יהודה בשמן בישול שרי ת"ק ומים דוקא נקט ולא שיחמו דיש בהן בישול אבל שמן אע"פ שהיד סולדת דהיינו בישול דר' יהודה שרי לת"ק:,סולדת - נמשכת לאחוריה מדאגה שלא תכוה וזהו לשון ואסלדה בחילה (איוב ו׳:י׳) ואדאג ברעדה ואמשך מתלונתי מדאגת יום הדין אם הייתי יודע שמיתתי קרובה ולא יחמול:,שמן יש בו משום בישול - הלכך לא כדי שיבשל אלא כדי שיפשר שרי דהפשרו אין זה בישולו:,ואתא רבי שמעון למימר דהפשירו זהו בישולו - הלכך כדעבדין בחול לא ליעביד אלא כלאחר יד על ידי שינוי:
לאיסורא - אמרה תנא קמא לשמן דמיא הוא דשרי להפשיר אבל שמן הפשרו זהו בישולו:,איכא בינייהו כלאחר יד - דלתנא קמא אפי' ע"י שינוי אסור:
והיכי דמי - סלוד יש שסולד מרתיחה מועטת ויש שאינו סולד:
נכנסתי - בשבת ובחמי טבריא הוה שלא נאסרו כדאמר לעיל התירו להם חמי טבריא:,באמבטי - כגון בריכה עשויה בקרקע שהמים נכנסים שם ונאספין:,ובקשתי להניח שם פך שמן - להפשיר לסוך הימנו קודם הרחיצה:,טול - מן המים:,בכלי שני - שיצטננו מעט דכלי שני אינו מבשל ואח"כ תן הפך לתוך אותו כלי שני דהך אמבטי שהחמין נמשכין לה מן המעיין חשיב לה ככלי ראשון שנרתחו בו שאע"פ שהעבירו מעל האור מבשל כדתנן לקמן (שבת ד' מב.) האילפס והקדירה שהעבירן מרותחין לא יתן לתוכן תבלין:,וש"מ הפשרו - במקום הראוי לבישול: ,זהו בישולו - דהא להפשיר בעלמא הוא דקבעי ואסר ליה:
והיכי עביד הכי - להורות הוראה שהוא דבר תורה בבית המרחץ:,להרהר - בדברי תורה:,דברים של קדש - דברי תורה:,אסור לאומרן - במקום הטנופת ואפי' בלשון חול:
אין מדיחין - דלמא אתי לאשויי גומות:
דהא מעשה דרבי אחר גזירה הוה - שגזרו על הזיעה ועל כרחין בחמי טבריא הוא דהוי ורבי יהושע דאמר לעיל בימי רבי הוה אלמא בימי רבי כבר נגזרה:,וקאמר ליה טול בכלי שני - אבל ראשון לא אלמא יש בהן משום בישול:,מרדות - רדוי:
שט - צף:,דשט באמבטי - בשבת:,ולא ידענא אי עקר - רגליו מן הארץ דקסבר כי תנן אין שטין על פני המים במשילין פירות בנהר גדול תנן דאיכא למגזר שמא יעשה חבית של שייטין כדאמרינן התם אבל באמבטי לא:,אי לא עקר - רגליו:,לא ישוט - דאע"ג דליכא למיגזר אסור:,ואפילו עומדת בחצר - דליכא למיגזר שמא יתיז מים ברגליו חוץ לארבע אמות:,הא - דאסיר:
Tossafot
מפני שמפשיר מים שעליו - בכולה שמעתא ובמתניתין גבי מיחם שפינהו משמע דלהפשיר מים לצורך שתייה מותר דהפשירן לא זהו בישולן. והכא דאסורין מפרש ריב"א דדומה כרוחץ במים חמין ויבא להחם חמין לרחוץ גופו:,ובלבד שלא יביא קומקומוס כו' - פירוש כל זמן שהאלונטית שם שמא יפלו המים על האלונטית ואתי לידי סחיטה אי נמי לא יביא משום רפואה וגזרו אטו שחיקת סממנים טפי מבאלונטית דלא מיחזי כרפואה כ"כ:
ושמע מינה כלי שני אינו מבשל - תימה מאי שנא כלי שני מכלי ראשון דאי יד סולדת אפי' כלי שני נמי ואי אין יד סולדת אפילו כלי ראשון נמי אינו מבשל ויש לומר לפי שכלי ראשון מתוך שעמד על האור דופנותיו חמין ומחזיק חומו זמן מרובה ולכך נתנו בו שיעור דכל זמן שהיד סולדת בו אסור אבל כלי שני אף על גב דיד סולדת בו מותר שאין דופנותיו חמין והולך ומתקרר:
וכי תימא בלשון חול קאמר ליה - ואע"ג דאסור להרהר נימא דאין אסור להרהר אלא בלשון קדש והוא הרהר בלשון חול:
Texte : Sefaria — William Davidson Edition - Vocalized Aramaic · traduction française de travail, à valider.