Guémara
Si quelqu'un a oublié une marmite (kedéra), la veille de Chabbat, posée sur un fourneau (kira), et qu'elle a cuit pendant Chabbat, quelle est la règle dans ce cas ? Est-il permis ou non de manger cet aliment ? [Le maître interrogé] resta silencieux et ne lui répondit rien du tout. Le lendemain, il sortit et enseigna publiquement la halakha suivante : Concernant celui qui cuisine pendant Chabbat — s'il l'a fait par inadvertance (bechogueg), il peut le manger ; et s'il a cuisiné intentionnellement (bemézid), il ne peut pas le manger ; et la halakha n'est pas différente [welo chena].
שָׁכַח קְדֵירָה עַל גַּבֵּי כִּירָה וּבִשְּׁלָהּ בְּשַׁבָּת, מַהוּ? אִישְׁתִּיק וְלָא אֲמַר לֵיהּ וְלָא מִידֵּי. לִמְחַר נְפַק דְּרַשׁ לְהוּ: הַמְבַשֵּׁל בְּשַׁבָּת, בְּשׁוֹגֵג — יֹאכַל, בְּמֵזִיד — לֹא יֹאכַל, וְלָא שְׁנָא.
La dernière partie de la déclaration de Rabbi 'Hiyya bar Abba n'est pas claire. La Guemara demande : Quel est le sens halakhique pratique de l'expression « et la halakha n'est pas différente » (welo chena) ? Rabba et Rav Yossef dirent tous deux qu'il faut interpréter l'expression de façon permissive (lehetéra) de la manière suivante : C'est celui qui cuisine qui accomplit un acte (maassé) ; s'il l'a fait intentionnellement, il ne peut pas manger ce qu'il a cuit. Mais celui-ci, qui a oublié la marmite sur le fourneau et qui n'accomplit aucun acte — même s'il a laissé intentionnellement la marmite la veille de Chabbat, il peut lui aussi manger l'aliment. En revanche, Rav Na'hman bar Yits'hak dit qu'il faut interpréter l'expression « et la halakha n'est pas différente » de façon restrictive (leïssoura) de la manière suivante : C'est celui qui cuisine qui ne viendra pas à ruser (leïaroumé), car il n'y a pas lieu de soupçonner qu'une personne cuisine intentionnellement pendant Chabbat ; c'est pourquoi, s'il a cuisiné par inadvertance, il peut le manger. Mais celui qui viendrait à ruser — en laissant intentionnellement la marmite sur le fourneau et en disant « je l'ai oubliée » — les Sages le pénalisent et décrètent que, même s'il l'a fait par inadvertance, il ne peut pas le manger.
מַאי ״וְלָא שְׁנָא״? רַבָּה וְרַב יוֹסֵף דְּאָמְרִי תַּרְוַויְיהוּ לְהֶיתֵּירָא: מְבַשֵּׁל הוּא דְּקָא עָבֵיד מַעֲשֶׂה בְּמֵזִיד — לֹא יֹאכַל, אֲבָל הַאי דְּלָא קָא עָבֵיד מַעֲשֶׂה — בְּמֵזִיד נָמֵי יֹאכַל. רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק אָמַר לְאִיסּוּרָא: מְבַשֵּׁל הוּא דְּלָא אָתֵי לְאִיעָרוֹמֵי, בְּשׁוֹגֵג יֹאכַל, אֲבָל הַאי דְּאָתֵי לְאִיעָרוֹמֵי — בְּשׁוֹגֵג נָמֵי לָא יֹאכַל.
La Guemara soulève une objection contre cette déclaration à partir de ce qui a été enseigné dans une baraïta : Celui qui a oublié une marmite posée sur un fourneau et qu'elle a cuit pendant Chabbat — s'il l'a fait par inadvertance, il peut le manger ; s'il l'a fait intentionnellement, il ne peut pas le manger. Dans quel cas cela est-il dit ? C'est dans un cas où la marmite contient de l'eau chaude qui n'avait pas encore été complètement chauffée, et il en va de même pour un mets cuit qui n'avait pas encore été complètement cuit. Mais s'il s'agit d'eau chaude qui avait déjà été complètement chauffée, ou d'un mets cuit qui avait déjà été complètement cuit, que la marmite ait été laissée là par inadvertance ou qu'elle ait été laissée là intentionnellement, on peut le manger ; telle est la parole de Rabbi Méir.
מֵיתִיבִי: שָׁכַח קְדֵירָה עַל גַּבֵּי כִּירָה וּבִישְּׁלָה בְּשַׁבָּת, בְּשׁוֹגֵג — יֹאכַל, בְּמֵזִיד — לֹא יֹאכַל. בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים — בְּחַמִּין שֶׁלֹּא הוּחַמּוּ כׇּל צוֹרְכָּן וְתַבְשִׁיל שֶׁלֹּא בִּישֵּׁל כׇּל צוֹרְכּוֹ, אֲבָל חַמִּין שֶׁהוּחַמּוּ כׇּל צוֹרְכָּן וְתַבְשִׁיל שֶׁבִּישֵּׁל כׇּל צוֹרְכּוֹ, בֵּין בְּשׁוֹגֵג בֵּין בְּמֵזִיד — יֹאכַל, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר.
Rabbi Yehouda dit qu'il y a une distinction : L'eau chaude qui avait déjà été complètement chauffée est permise parce que, dans ce cas, plus elle demeure sur le feu, plus elle se réduit (mitstamék), c'est-à-dire s'évapore, et se détériore ; dans ce cas, on ne viendrait certainement pas à augmenter le feu, car on ne voudrait pas perdre davantage d'eau par évaporation. En revanche, un mets cuit qui avait été complètement cuit, il est interdit de le laisser sur le feu parce qu'il se réduit et s'améliore (mitstamék weyafé lo) ; il y a lieu de craindre qu'on n'attise les braises pour augmenter la chaleur sous l'aliment. Et il existe un principe général : Tout ce qui se réduit et s'améliore — par exemple le chou (kerouv), les fèves (poulim) et la viande coupée en petits morceaux (bassar tarouf) — est interdit ; et tout ce qui se réduit et se détériore est permis.
רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: חַמִּין שֶׁהוּחַמּוּ כׇּל צוֹרְכָּן — מוּתָּרִין מִפְּנֵי שֶׁמִּצְטַמֵּק וְרַע לוֹ. וְתַבְשִׁיל שֶׁבִּישֵּׁל כׇּל צוֹרְכּוֹ — אָסוּר מִפְּנֵי שֶׁמִּצְטַמֵּק וְיָפֶה לוֹ, וְכׇל הַמִּצְטַמֵּק וְיָפֶה לוֹ, כְּגוֹן כְּרוּב וּפוֹלִים וּבָשָׂר טָרוּף — אָסוּר, וְכׇל הַמִּצְטַמֵּק וְרַע לוֹ — מוּתָּר.
En tout cas, il a été enseigné dans cette baraïta que, dans le cas d'un mets cuit qui n'avait pas été complètement cuit, s'il a été cuit par inadvertance, c'est permis. Soit (bichlama), selon l'opinion de Rav Na'hman bar Yits'hak, cela ne fait pas difficulté. Bien qu'il y ait une contradiction apparente — puisqu'il interdit, lui, de manger d'une marmite oubliée par inadvertance sur le fourneau, alors que la baraïta ne l'interdit que lorsqu'elle a été laissée intentionnellement — il pourrait l'expliquer ainsi : Ici, la baraïta, qui permet d'en manger, a été enseignée avant le décret (kodem guezéra) qui fut promulgué de peur qu'une personne n'agisse avec ruse ; tandis que là, la halakha de Rav Na'hman bar Yits'hak a été enseignée après le décret (le'a'har guezéra), lequel a interdit de manger l'aliment même s'il a été oublié par inadvertance. En revanche, selon l'opinion de Rabba et de Rav Yossef, qui ont dit d'interpréter l'expression de façon permissive — qu'il l'ait laissé sur le fourneau par inadvertance ou qu'il l'ait fait intentionnellement — cela fait difficulté. Si cette baraïta a été enseignée avant le décret, la règle concernant le cas où il l'a fait intentionnellement fait difficulté, car Rabba et Rav Yossef permettent de manger l'aliment même dans ce cas. Et si cette baraïta a été enseignée après le décret, la règle concernant le cas où il l'a fait par inadvertance fait elle aussi difficulté, car Rabba et Rav Yossef permettent de manger l'aliment dans tous les cas. Aucune réponse ne fut trouvée à cette objection, et la Guemara conclut : C'est en effet difficile (kachya).
קָתָנֵי מִיהָא תַּבְשִׁיל שֶׁלֹּא בִּישֵּׁל כׇּל צוֹרְכּוֹ. בִּשְׁלָמָא לָרַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק לָא קַשְׁיָא: כָּאן קוֹדֶם גְּזֵרָה, כָּאן לְאַחַר גְּזֵרָה. אֶלָּא רַבָּה וְרַב יוֹסֵף דְּאָמְרִי לְהֶיתֵּירָא, אִי קוֹדֶם גְּזֵרָה — קַשְׁיָא מֵזִיד. אִי לְאַחַר גְּזֵרָה — קַשְׁיָא נָמֵי שׁוֹגֵג. קַשְׁיָא.
Concernant le sujet lui-même, la Guemara demande : Quel est le décret (guezéra) dont il a été question plus haut, à propos de la distinction entre « avant le décret » et « après le décret » ? La Guemara dit : C'est le décret que Rav Yehouda bar Chmouel dit au nom de Rabbi Abba, au nom de Rav Kahana, au nom de Rav : À l'origine (bate'hila), ils disaient — Concernant celui qui cuisine pendant Chabbat : si c'était par inadvertance, on peut le manger ; si c'était intentionnel, on ne peut pas le manger. Et il en va de même pour celui qui oublie la marmite sur le fourneau avant Chabbat et qu'elle cuit pendant Chabbat. Lorsque le nombre de ceux qui laissent leurs marmites intentionnellement, en disant « nous avons oublié » pour justifier leurs actes, augmenta, les Sages pénalisèrent alors ceux qui avaient oublié [de sorte que] même celui qui oublie par inadvertance ne peut pas le manger.
מַאי גְּזֵירְתָא? דְּאָמַר רַב יְהוּדָה בַּר שְׁמוּאֵל אָמַר רַבִּי אַבָּא אָמַר רַב כָּהֲנָא אָמַר רַב: בַּתְּחִילָּה הָיוּ אוֹמְרִים הַמְבַשֵּׁל בְּשַׁבָּת, בְּשׁוֹגֵג — יֹאכַל, בְּמֵזִיד — לֹא יֹאכַל, וְהוּא הַדִּין לַשּׁוֹכֵחַ. מִשֶּׁרַבּוּ מְשַׁהִין בְּמֵזִיד וְאוֹמְרִים ״שְׁכֵחִים אָנוּ״, חָזְרוּ וְקָנְסוּ עַל הַשּׁוֹכֵחַ.
Dans la Tossefta citée plus haut, qui traite de celui qui a oublié une marmite posée sur le fourneau et que l'aliment a cuit pendant Chabbat, Rabbi Méir a tranché avec indulgence et permis aussi bien l'eau chaude complètement chauffée que le mets cuit complètement cuit, même lorsqu'ils ont été laissés sur le fourneau intentionnellement ; Rabbi Yehouda a tranché avec rigueur et distingué entre différents cas. Or, dans la Tossefta citée au début du chapitre, il a été enseigné que Rabbi Méir et Rabbi Yehouda divergent au sujet des opinions de Beit Hillel et de Beit Chammaï concernant le fait de laisser un aliment sur le fourneau pendant Chabbat : Rabbi Méir dit qu'il est totalement interdit de laisser un mets cuit sur le fourneau a priori (le'hate'hila), même selon Beit Hillel qui tranche avec indulgence ; Rabbi Yehouda dit que Beit Hillel a tranché avec indulgence et l'a permis. Il y a donc une contradiction entre une déclaration de Rabbi Méir et l'autre déclaration de Rabbi Méir, et une contradiction entre une déclaration de Rabbi Yehouda et l'autre déclaration de Rabbi Yehouda ! La Guemara répond : Entre une déclaration de Rabbi Méir et l'autre déclaration de Rabbi Méir il n'y a pas de contradiction : ce que nous avons appris — que Rabbi Méir interdit de laisser un mets cuit en toute circonstance — parle a priori (le'hate'hila) ; tandis que ceci, où il permet de manger l'aliment même s'il a été laissé sur le fourneau intentionnellement, parle a posteriori (bedi'avad). Entre une déclaration de Rabbi Yehouda et l'autre déclaration de Rabbi Yehouda il n'y a pas non plus de contradiction : là, où il a permis de laisser l'aliment sur le fourneau, il s'agit d'un fourneau qui a été balayé [de ses braises] et recouvert de cendre (geroufa ouketouma) ; tandis qu'ici, où il a interdit de le faire, il s'agit d'un fourneau qui n'a pas été balayé ni recouvert de cendre.
קַשְׁיָא דְּרַבִּי מֵאִיר אַדְּרַבִּי מֵאִיר, קַשְׁיָא דְּרַבִּי יְהוּדָה אַדְּרַבִּי יְהוּדָה! דְּרַבִּי מֵאִיר אַדְּרַבִּי מֵאִיר לָא קַשְׁיָא: הָא לְכַתְּחִילָּה, הָא דִיעֲבַד. דְּרַבִּי יְהוּדָה אַדְּרַבִּי יְהוּדָה נָמֵי לָא קַשְׁיָא: כָּאן — בִּגְרוּפָה וּקְטוּמָה, כָּאן — בְּשֶׁאֵינָהּ גְּרוּפָה וּקְטוּמָה.
Une question fut posée devant les Sages (ibbaya lehou) : Celui qui a transgressé et a laissé sa marmite sur le feu pendant Chabbat, quel est son statut légal ? Les Sages l'ont-ils pénalisé en lui interdisant de manger l'aliment, ou ne l'ont-ils pas pénalisé ? Viens et entends (ta chema) une résolution de cette question à partir de ce que Chmouel bar Natan dit au nom de Rabbi 'Hanina : Lorsque Rabbi Yossi se rendit à la ville de Tsippori, il trouva de l'eau chaude qui avait été laissée sur le fourneau, et il ne leur interdit pas d'en boire ; il trouva des œufs réduits par une cuisson prolongée (bétsim metsoumakot) qui avaient été laissés sur le fourneau pendant Chabbat, et il leur interdit d'en manger. N'est-ce pas qu'il s'agit de permettre et d'interdire leur consommation pour ce même Chabbat ? Si oui, il apparaît qu'il interdit de manger un mets cuit qui a été laissé intentionnellement sur le fourneau pendant Chabbat. La Guemara rejette aussitôt cette supposition : Non. Il leur interdit plutôt de le faire a priori (le'hate'hila) le Chabbat suivant, mais il ne leur interdit pas de manger les œufs ce même Chabbat.
אִיבַּעְיָא לְהוּ: עָבַר וְשִׁהָה מַאי? מִי קַנְסוּהּ רַבָּנַן, אוֹ לָא? תָּא שְׁמַע, דְּאָמַר שְׁמוּאֵל בַּר נָתָן אָמַר רַבִּי חֲנִינָא: כְּשֶׁהָלָךְ רַבִּי יוֹסֵי לְצִיפּוֹרִי מָצָא חַמִּין שֶׁנִּשְׁתַּהוּ עַל גַּבֵּי כִּירָה וְלֹא אָסַר לָהֶן, בֵּיצִים מְצוּמָּקוֹת שֶׁנִּשְׁתַּהוּ עַל גַּבֵּי כִּירָה, וְאָסַר לָהֶן. מַאי לַָאו לְאוֹתוֹ שַׁבָּת? — לָא, לְשַׁבָּת הַבָּאָה.
La Guemara s'étonne : De cette déclaration, on peut déduire que les œufs réduits par une cuisson prolongée se réduisent et s'améliorent (mitstamekot weyafé lahen) lorsqu'ils sont laissés longtemps sur le feu, et que telle est la raison pour laquelle Rabbi Yossi a fait une distinction entre l'eau chaude, qu'il a permis de laisser sur le fourneau, et les œufs, qu'il a interdit de laisser sur le fourneau. La Guemara répond : Oui, une cuisson prolongée améliore les œufs. Comme l'a dit Rav 'Hama bar 'Hanina : Une fois, Rabbi [Yehouda HaNassi] et moi fûmes reçus dans un même endroit, et l'on apporta devant nous des œufs réduits par la cuisson, [petits] comme des cormes (azradin) [ouzradin], et nous en mangeâmes beaucoup. Il apparaît donc qu'une cuisson prolongée améliore les œufs ; c'est pourquoi, lorsqu'ils sont laissés sur le feu pendant Chabbat, il y a lieu de craindre que l'on n'attise les braises afin de les réduire davantage.
מִכְּלָל דְּבֵיצִים מְצוּמָּקוֹת — מִצְטַמְּקוֹת וְיָפֶה לָהֶן נִינְהוּ? אִין. דְּאָמַר רַב חָמָא בַּר חֲנִינָא: פַּעַם אַחַת נִתְאָרַחְתִּי אֲנִי וְרַבִּי לִמְקוֹם אֶחָד וְהֵבִיאוּ לְפָנֵינוּ בֵּיצִים מְצוּמָּקוֹת כְּעוּזְרָּדִין וְאָכַלְנוּ מֵהֶן הַרְבֵּה.
Nous avons appris dans la MISHNA : Beit Hillel disent que l'on peut même remettre (ma'haziroun) sur le fourneau, pendant Chabbat, une marmite qui en avait été retirée. Rav Chéchet dit : Selon l'opinion de celui qui dit
בֵּית הִלֵּל אוֹמְרִים: אַף מַחְזִירִין. אָמַר רַב שֵׁשֶׁת: לְדִבְרֵי הָאוֹמֵר
Rachi
שכח קדרה - אליבא מאן דאסר:,המבשל בשבת - משנה היא:,ולא שנא - אבל האי דשכח קדרה. לא שנא בין שוגג למזיד והכי דרש להו סתמא ולא פירש אי אשוגג מדמה לה ומותר לאוכלה אי אמזיד מדמה לה ואסור:
במזיד נמי - אם השהה על גבי כירה מבעוד יום יאכל:,דלא אתי לאיערומי - ולעשות מזיד ולומר שוגג הייתי דלא נחשדו ישראל על השבתות:,דאתי לאיערומי - דאיסור דרבנן הוא וקילא ליה ואתי לשהויי מזיד ויאמר שכחתי:
מיתיבי שכח קדרה כו' בשוגג - כגון האי דשכח יאכל בשבת:,במזיד - דלא שכח אלא הניח לא יאכל:
ובשר טרוף - דגלי דעתיה דלא לאורחים קבעי לה:,וכל המצטמק ויפה לו - כלומר וכן כל שאר המצטמק ויפה להם אסור לאוכלן אם השהן מזיד:
קתני מיהת - בשלא בישל כל צרכו דיש חילוק בין שוגג למזיד במשהה קשיא בין לרבה ורב יוסף דשרו מזיד בין לרב נחמן דאסר שוגג:,בשלמא לרב נחמן - מצי לתרוצי כי תניא ההיא דשוגג יאכל לפני גזירה דאמרינן לקמן דגזרו על השוכחין וכי איתמר דר' חייא בר אבא דתריצנא אליביה דשוגג אסור לאחר גזירה:,אלא דרבה ורב יוסף - דאמרי אליבא דר' חייא בר אבא להתירא אף במזיד:,אי קודם גזירה - אתמר דר' חייא:,קשיא מיהא מזיד - דהכא תניא במזיד לא יאכל:,ואי לאחר גזירה קשיא נמי שוגג - דאפי' שוגג ה"ל למיסר דאילו מתני' קודם גזירה נשנית:
המבשל בשבת - בידים דאיכא חיובא דאורייתא:,וה"ה לשוכח - דהמשהה נמי מבעוד יום אם שכח בשוגג יאכל ואם במזיד השהה לא יאכל כאילו בשלה בידים בשבת:
קשיא דר' מאיר אדר' מאיר - דתנן לעיל בריש פירקין לר' מאיר אליבא דב"ה חמין אבל לא תבשיל והכא שרי חמין ותבשיל שבישל כל צרכו:,וקשיא דר' יהודה אדר' יהודה - דהתם א"ר יהודה חמין ותבשיל והכא אסר תבשיל שבישל כל צרכו:,הא לכתחלה - משנה קמייתא לשהות לכתחלה קמיירי והך בהשהה כבר קאמר דמותר לאוכלה:,כאן בגרופה וקטומה - ההיא דלעיל איירי בגרופה וקטומה כדקתני בה משהין על גבי גרופה וקטומה ואין משהין על שאינה גרופה ומה הן משהין על הגרופה שהתרנו לשהות ר"מ אומר כו' הלכך אפי' לכתחלה שרי ר' יהודה והכא כשאינה גרופה הלכך דיעבד אסר:
עבר ושהה במזיד מאי - מותר לאוכלה או לא:,חמין לא אסר - דמצטמק ורע לו:,ביצים אסר - דמצטמק ויפה לו:,מאי לאו לאותו שבת - אסרן עליהן באכילה:,לא לשבת הבאה - אסר להן עכשיו שלא לעשות כן לשבת הבאה אבל באכילה שרו:
מכלל דביצים מצומקות כו' - בעיא היא:,והביאו לפניו - בחול:,כעוזרדין - שנצטמקו עד שנעשו דקות כעוזרדין קורמ"ש בלע"ז ומדאמר ואכלנו הרבה מכלל דיפה להן:
Tossafot
שכח קדרה על גבי כירה ובישלה בשבת מהו - אע"ג דקיי"ל כחנניא הכא בעי בדלא בשיל כמאכל בן דרוסאי דמודה ביה חנניא אי נמי בעי אפי' בקידרא חייתא והא דשרינן בפ"ק (דף יח: ושם) קידרא חייתא היינו דוקא בתנור שחומו רב דבלא חיתוי יתבשל עד למחר אבל כירה דשליט בה אוירא אסור דאיכא למיחש שמא יחתה:
אבל האי דלא קעביד מעשה במזיד נמי יאכל - תימה דהא אמר בפ"ק (שם) לא תמלא אשה קדרה עססיות כו' ואם נתנה למוצאי שבת אסורין בכדי שיעשו וי"ל דבלאו הכי פריך שפיר מברייתא דמייתי:
בשלמא לרב נחמן בר יצחק כאן קודם גזירה כו' - תימה לר"י לימא תרווייהו קודם גזירה והא דשרי בברייתא שוגג היינו בבשיל כמאכל בן דרוסאי ורב נחמן איירי בדלא בשיל כמאכל בן דרוסאי כדפי' ותירץ ר"ת דבישלה בשבת משמע שלא היתה קודם לכן כלל מבושלת ולא בעי למימר נמי דרב נחמן סבר כר' יהודה דאסר תבשיל אפי' בישל כל צרכו וכ"ש לא בישל משום דדילמא ר' יהודה לא איירי אלא במזיד אבל בשוגג מודה לר"מ דשרי אפי' לא בישל כל צרכו:
קשיא דר' מאיר אדר' מאיר - כאן משמע דסתם חמין ותבשיל הוי נמי מבושל כל צרכו דאי לאו הכי לא הוה פריך מידי ורשב"א אומר דאפי' אי סתם חמין ותבשיל הוי בלא בשיל כל צרכו פריך שפיר דהא באינה גרופה משמע בברייתא דלעיל דאין משהין כלל אפי' בישל כל צרכו דאי הוה שרי בישל כל צרכו ה"ל לפרש מה הן משהין באינה גרופה כדמפרש אגרופה והכא שרי ר"מ בישל כל צרכו אפי' באינה גרופה מ"מ נראה דסתם חמין ותבשיל הוי נמי בבשיל כל צרכו מדפשיטא ליה לתלמודא דמאן דאסר להחזיר אסר אפי' בישל כל צרכו כדמוכח גבי ואף ר' אושעיא סבר כו': ,הא לכתחלה הא דיעבד - לא סגי בהאי שינויא דהא לעיל שרי ר' מאיר סתם חמין דהויא אפי' לא הוחמו כל צורכן אפי' לכתחלה והכא אסר חמין שלא הוחמו כל צורכן אפי' דיעבד אלא צריך לשנויי כדמשני אקשיא דר' יהודה אדר' יהודה הא בגרופה וקטומה הא בשאינה גרופה ואדרבי יהודה נמי צריך לשנויא (דהכא) דהא לכתחלה הא דיעבד דהא בשאינה גרופה אסר לעיל אפי' חמין שנתבשל כל צרכו והכא שרי אלא דאיכא לשנויי הא לכתחלה הא דיעבד:
עבר ושהה מאי - בדלא בשיל כמאכל בן דרוסאי ליכא לאוקמי דהא כבר פשט לעיל לאיסורא כרב נחמן בר יצחק ונראה לר"י דמבעיא ליה בבשיל ובשוגג ואליבא דר' יהודה אע"ג דאין הלכה כר' יהודה אי אסר מצטמק ויפה לו דוקא במזיד או דילמא אפי' בשוגג ומייתי ראיה ממעשה דר' יוסי דאסר ומשמע ליה דאפי' בשוגג היה מדקאמר ונשתהו ולא קאמר ושיהו ומיהו לשון עבר ושהה משמע במזיד כמו עברה ולשה דפסחים (דף מב.) ואומר רשב"א דקודם גזירה בעו דאחר גזירה פשיטא דאסור בשוגג כמו מזיד:,לא לשבת הבאה - כולה סוגיא בשאינה גרופה דבגרופה ליכא שום אמורא דאסר כדפרישית לעיל והיינו כרב דאסר לעיל מצטמק ויפה לו:
Texte : Sefaria — William Davidson Edition - Vocalized Aramaic · traduction française de travail, à valider.