Guémara
Conclus de cette halakha que même lorsqu'il s'agit d'un aliment qui se réduit (mitstamek) et s'améliore en restant sur le feu, il est néanmoins permis de l'y laisser. L'aliment est déjà entièrement cuit et il n'y a pas à craindre que l'on en vienne à attiser les braises et raviver le feu ; Rabbi Ochaya n'a pas distingué entre les différents types d'aliments lorsqu'il a permis cela. La Guemara rejette cette conclusion : ici, c'est différent, parce qu'il a recouvert de cendres (deqatmah) les braises du fourneau — et c'est là la raison pour laquelle il lui est permis de laisser l'aliment sur le fourneau. La Guemara demande : s'il en est ainsi, quel intérêt y avait-il à énoncer cette halakha ? Est-ce pour enseigner que, lorsque les braises sont recouvertes de cendres, il n'y a pas matière à crainte ? Cela est évident ! La Guemara répond : le cas où il les a recouvertes de cendres et où le feu s'est ravivé (hub'arah) le Chabbat était nécessaire et exigeait une formulation supplémentaire. Car tu aurais pu dire que, puisque le feu s'est ravivé, l'affaire retourne à son état initial et est interdite ; c'est pourquoi [la halakha] nous enseigne qu'il n'en est rien.
שְׁמַע מִינָּה מִצְטַמֵּק וְיָפֶה לוֹ מוּתָּר! שָׁאנֵי הָכָא דְּקַטְמַהּ. אִי הָכִי מַאי לְמֵימְרָא?! הוּבְעֲרָה אִיצְטְרִיכָא לֵיהּ, מַהוּ דְּתֵימָא כֵּיוָן דְּהוּבְעֲרָה הָדְרָא לָהּ לְמִילְּתָא קַמַּיְיתָא, קָמַשְׁמַע לַן.
Rabba bar bar 'Hana dit au nom de Rabbi Yo'hanan : s'agissant d'un fourneau (kira) que l'on a balayé ou recouvert de cendres avant Chabbat et dont le feu s'est ensuite ravivé (hub'arah) pendant Chabbat, on peut y laisser de l'eau chaude qui avait déjà été entièrement chauffée et un aliment qui avait déjà été entièrement cuit, et cela même si les braises provenaient du bois du genêt (gou'halim chel rotem), qui sont très chaudes et brûlent longtemps. La Guemara objecte : conclus-en que même si l'aliment se réduit et s'améliore (mitstamek veyafé lo) sur le fourneau, c'est permis ! La Guemara rejette cela : ici, c'est différent, parce qu'il l'a recouvert de cendres (deqatmah) — c'est pourquoi il est permis de l'y laisser. La Guemara demande : s'il en est ainsi, quel était l'intérêt d'énoncer cette halakha ? La Guemara répond : la mention du cas où il l'a recouvert de cendres et où le feu s'est ensuite ravivé le Chabbat était nécessaire. La Guemara objecte à cette explication : ce cas est identique au précédent ! Pourquoi Rabbi Yo'hanan a-t-il jugé nécessaire de répéter ce qui avait déjà été dit ? La Guemara répond qu'il y a un élément nouveau dans son propos : il était nécessaire d'enseigner le cas des braises provenant du bois du genêt — même dans le cas de braises particulièrement chaudes, c'est permis.
אָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: קְטָמָהּ וְהוּבְעֲרָה, מְשַׁהִין עָלֶיהָ חַמִּין שֶׁהוּחַמּוּ כׇּל צוֹרְכָּן וְתַבְשִׁיל שֶׁבִּישֵּׁל כׇּל צוֹרְכּוֹ, וַאֲפִילּוּ גֶּחָלִים שֶׁל רוֹתֶם. שְׁמַע מִינָּה מִצְטַמֵּק וְיָפֶה לוֹ מוּתָּר! — שָׁאנֵי הָכָא דְּקַטְמַהּ. אִי הָכִי מַאי לְמֵימְרָא?! הוּבְעֲרָה אִצְטְרִיכָא לֵיהּ. הַיְינוּ הָךְ! — גֶּחָלִים שֶׁל רוֹתֶם אִצְטְרִיכָא לֵיהּ.
Rav Chéchet dit au nom de Rabbi Yo'hanan : s'agissant d'un fourneau (kira) que l'on a allumé avec du marc d'olives (guéfèt) ou avec du bois, on peut y laisser de l'eau chaude même si elle n'a pas encore été entièrement chauffée, et de même un aliment cuit même s'il n'a pas encore été entièrement cuit. Toutefois, si l'on a retiré [l'aliment] du fourneau, on ne peut l'y replacer que si l'on balaie (yigrof) les braises hors du fourneau tant qu'il fait encore jour, ou si l'on dépose des cendres (yitén éfèr) sur les braises. La raison d'énoncer cette halakha est qu'il tient que, dans notre michna, c'est à propos de replacer (leha'hazir) l'aliment cuit sur le fourneau que nous avons enseigné [l'exigence de balayer ou de couvrir] ; mais s'agissant de laisser (lechahot) une marmite sur le fourneau, si elle y a été posée tant qu'il faisait encore jour, on peut l'y laisser même s'il n'est ni balayé ni recouvert de cendres.
אָמַר רַב שֵׁשֶׁת אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: כִּירָה שֶׁהִסִּיקוּהָ בְּגֶפֶת וּבְעֵצִים מְשַׁהִין עָלֶיהָ חַמִּין שֶׁלֹּא הוּחַמּוּ כׇּל צוֹרְכָּן וְתַבְשִׁיל שֶׁלֹּא בִּישֵּׁל כׇּל צוֹרְכּוֹ. עָקַר — לֹא יַחֲזִיר עַד שֶׁיִּגְרוֹף אוֹ עַד שֶׁיִּתֵּן אֵפֶר. קָסָבַר: מַתְנִיתִין ״לְהַחֲזִיר״ תְּנַן, אֲבָל לְשַׁהוֹת — מְשַׁהִין אַף עַל פִּי שֶׁאֵינוֹ גָּרוּף וְאֵינוֹ קָטוּם.
Rava dit : nous avons déjà appris l'un et l'autre [aspects de la halakha de Rav Chéchet], et il n'y a pas besoin de nous enseigner ce qui a déjà été énoncé explicitement dans la michna. Nous avons déjà appris [s'agissant de] laisser (lechahot) [une marmite sur le fourneau] : « On ne met pas le pain dans le four à la tombée de la nuit, ni la galette ('harara) sur des braises, à moins qu'il n'y ait assez de temps [avant Chabbat] pour que sa surface forme une croûte » ; or, si sa surface a [déjà] formé une croûte [avant Chabbat], c'est permis — [donc on peut laisser un aliment sur un fourneau qui n'est ni balayé ni recouvert]. Nous avons aussi appris [s'agissant de] replacer (leha'hazir) : Beit Hillel disent : « On peut même replacer. » Et Beit Hillel n'ont permis [de replacer] que dans un [fourneau] balayé ou recouvert de cendres, mais dans un [fourneau] qui n'est ni balayé ni recouvert, ils ne l'ont pas permis ! [Le propos de Rav Chéchet est donc superflu.] La Guemara répond : Rav Chéchet, lui aussi, n'est venu que nous enseigner la déduction (diyouqa) [tirée] de la michna [et non introduire de nouvelles halakhot].
אָמַר רָבָא: תַּרְוַויְיהוּ תְּנַנְהִי. לְשַׁהוֹת תְּנֵינָא: אֵין נוֹתְנִין אֶת הַפַּת בְּתוֹךְ הַתַּנּוּר עִם חֲשֵׁיכָה וְלֹא חֲרָרָה עַל גַּבֵּי גֶּחָלִים אֶלָּא כְּדֵי שֶׁיִּקְרְמוּ פָּנֶיהָ. הָא קָרְמוּ פָּנֶיהָ — שְׁרֵי. לְהַחֲזִיר נָמֵי תְּנֵינָא: בֵּית הִלֵּל אוֹמְרִים אַף מַחְזִירִין. וְעַד כָּאן לָא קָשָׁרוּ בֵּית הִלֵּל אֶלָּא בִּגְרוּפָה וּקְטוּמָה, אֲבָל בְּשֶׁאֵינָהּ גְּרוּפָה וּקְטוּמָה לָא! וְרַב שֵׁשֶׁת נָמֵי דִּיּוּקָא דְמַתְנִיתִין קָמַשְׁמַע לַן.
Rav Chmouel bar Yehouda dit au nom de Rabbi Yo'hanan : s'agissant d'un fourneau (kira) que l'on a allumé avec du marc d'olives (guéfèt) ou avec du bois, on peut y laisser un aliment cuit qui a déjà été entièrement cuit, ainsi que de l'eau chaude qui a déjà été entièrement chauffée, et cela même s'il s'agit du type d'aliment qui, lorsqu'on le laisse longtemps sur le feu, se réduit et s'améliore (mitstamek veyafé lo) [car il n'y a pas à craindre que l'on en vienne à attiser les braises]. La Guemara rapporte que l'un des Sages dit à Rav Chmouel bar Yehouda : N'est-ce pas Rav et Chmouel qui, tous deux, disent — à l'opposé de ton opinion — que si l'aliment se réduit et s'améliore lorsqu'il est posé sur le fourneau, le laisser là le Chabbat est interdit ?
אָמַר רַב שְׁמוּאֵל בַּר יְהוּדָה אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: כִּירָה שֶׁהִסִּיקוּהָ בְּגֶפֶת וּבְעֵצִים מְשַׁהִין עָלֶיהָ תַּבְשִׁיל שֶׁבִּישֵּׁל כׇּל צוֹרְכּוֹ וְחַמִּין שֶׁהוּחַמּוּ כׇּל צוֹרְכָּן וַאֲפִילּוּ מִצְטַמֵּק וְיָפֶה לוֹ. אֲמַר לֵיהּ הָהוּא מִדְּרַבָּנַן לְרַב שְׁמוּאֵל בַּר יְהוּדָה: הָא רַב וּשְׁמוּאֵל דְּאָמְרִי תַּרְוַויְיהוּ מִצְטַמֵּק וְיָפֶה לוֹ אָסוּר!
[Rav Chmouel bar Yehouda] lui dit : Est-ce à dire que je ne sais pas que Rav Yossef a dit au nom de Rav Yehouda au nom de Chmouel : « [Un aliment qui] se réduit et s'améliore (mitstamek veyafé lo) [quand on le laisse longtemps sur le feu], c'est interdit » ? Lorsque je t'ai dit [que c'était permis], c'est selon l'opinion de Rabbi Yo'hanan que je l'ai dit. Rav Ouqva de Méïchan dit à Rav Achi : Vous, qui êtes proches du lieu [où vécurent] Rav et Chmouel, agissez selon [la décision de] Rav et Chmouel ; nous, nous agirons selon [la décision de] Rabbi Yo'hanan.
אֲמַר לֵיהּ: אַטּוּ לֵית אֲנָא יָדַע דְּאָמַר רַב יוֹסֵף אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל מִצְטַמֵּק וְיָפֶה לוֹ — אָסוּר? כִּי קָאָמֵינָא לָךְ, לְרַבִּי יוֹחָנָן קָאָמֵינָא. אֲמַר לֵיהּ רַב עוּקְבָא מִמֵּישָׁן לְרַב אָשֵׁי: אַתּוּן דִּמְקָרְבִיתוּ לְרַב וּשְׁמוּאֵל — עֲבִידוּ כְּרַב וּשְׁמוּאֵל, אֲנַן נַעֲבֵיד כְּרַבִּי יוֹחָנָן.
Abayé dit à Rav Yossef : Quelle est la règle concernant le fait de laisser (lechahot) [un aliment sur le fourneau depuis la veille de Chabbat] ? [Rav Yossef] lui dit : N'a-t-on pas laissé [de la nourriture] pour Rav Yehouda, et il en a mangé ? [C'est donc apparemment permis.] [Abayé] lui dit : Mis à part Rav Yehouda [aucune preuve ne peut en être tirée] : puisqu'il est en danger (mesoukan) — étant malade et ayant besoin de nourriture chaude — même le Chabbat il est permis de [lui] préparer [de la nourriture]. Mais pour moi et pour toi, quelle est la règle ? [Rav Yossef] lui dit : À Soura, on laisse [de la nourriture sur le fourneau depuis la veille de Chabbat], car Rav Na'hman bar Yits'haq [de Soura] était un maître en bonnes actions (maré de'ovada) [scrupuleux dans l'accomplissement des mitsvot], et on laissait [de la nourriture] pour lui, et il en mangeait. Rav Achi dit : Je me tenais devant Rav Houna, et l'on a laissé pour lui un plat de poisson frit à l'huile (kassa deharsena) sur le fourneau le Chabbat, et il en a mangé le Chabbat. Et je ne sais pas si [la raison pour laquelle il agissait ainsi] est qu'il tient qu'il est permis de laisser un aliment qui se réduit et s'améliore (mitstamek veyafé lo) lorsqu'on le laisse longtemps sur le fourneau, ou bien parce que ce plat contient de la farine (mei'ha) et que, de ce fait, il se réduit et se détériore (mitstamek vera' lo) [ce que tous s'accordent à permettre].
אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי לְרַב יוֹסֵף: מַהוּ לְשַׁהוֹת? אֲמַר לֵיהּ: הָא רַב יְהוּדָה מְשַׁהוּ לֵיהּ וְאָכֵיל. אָמַר לֵיהּ: בַּר מִינֵּיהּ דְּרַב יְהוּדָה, דְּכֵיוָן דִּמְסוּכָּן הוּא — אֲפִילּוּ בְּשַׁבָּת נָמֵי שְׁרֵי לְמֶעְבַּד לֵיהּ. לִי וְלָךְ מַאי? אֲמַר לֵיהּ: בְּסוּרָא מְשַׁהוּ, דְּהָא רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק מָרֵי דְעוֹבָדָא הֲוָה, וּמְשַׁהוּ לֵיהּ וְאָכֵיל. אָמַר רַב אָשֵׁי: קָאֵימְנָא קַמֵּיהּ דְּרַב הוּנָא וְשַׁהִין לֵיהּ כָּסָא דְהַרְסָנָא וָאֲכַל, וְלָא יָדַעְנָא אִי מִשּׁוּם דְקָסָבַר מִצְטַמֵּק וְיָפֶה לוֹ מוּתָּר, אִי מִשּׁוּם דְּכֵיוָן דְּאִית בֵּיהּ מִיחָא — מִצְטַמֵּק וְרַע לוֹ הוּא.
Rav Na'hman dit : [Un aliment qui] se réduit et s'améliore (mitstamek veyafé lo), il est interdit [de le laisser sur le fourneau] ; [un aliment qui] se réduit et se détériore (mitstamek vera' lo), c'est permis. Le principe de la chose est le suivant : tout [aliment] qui contient de la farine (mei'ha) se réduit et se détériore, hormis un plat de navet (liftta) qui, bien qu'il contienne de la farine, se réduit et s'améliore. Et cela ne vaut que lorsqu'il contient de la viande, mais lorsqu'il ne contient pas de viande, il se réduit et se détériore. Et même lorsqu'il contient de la viande, nous n'avons dit [qu'il se réduit et s'améliore] que lorsqu'on n'en a pas besoin pour des invités ; mais lorsqu'on en a besoin pour des invités, il se réduit et se détériore [car il ne sied pas de servir aux invités un mets trop cuit, qui n'est pas présentable]. De plus : laisser [sur le fourneau] des plats faits de figues (lafda), de la bouillie (daïssa) ou des dattes (tamré) les fait se réduire et se détériorer.
אָמַר רַב נַחְמָן: מִצְטַמֵּק וְיָפֶה לוֹ — אָסוּר, מִצְטַמֵּק וְרַע לוֹ — מוּתָּר. כְּלָלָא דְּמִלְּתָא: כׇּל דְּאִית בֵּיהּ מֵיחָא — מִצְטַמֵּק וְרַע לוֹ, לְבַר מִתַּבְשִׁיל דְּלִיפְתָּא דְּאַף עַל גַּב דְּאִית בֵּיהּ מֵיחָא — מִצְטַמֵּק וְיָפֶה לוֹ הוּא. וְהָנֵי מִילֵּי דְּאִית בֵּיהּ בִּשְׂרָא, אֲבָל לֵית בֵּיהּ בִּשְׂרָא — מִצְטַמֵּק וְרַע לוֹ הוּא. וְכִי אִית בֵּיהּ בִּשְׂרָא נָמֵי לָא אֲמַרַן אֶלָּא דְּלָא קָבָעֵי לֵהּ לְאוֹרְחִין, אֲבָל קָבָעֵי לֵהּ לְאוֹרְחִין — מִצְטַמֵּק וְרַע לוֹ. לַפְדָּא דַּיְיסָא וְתַמְרֵי מִצְטַמֵּק וְרַע לָהֶן.
On posa cette question à Rabbi 'Hiyya bar Abba :
בְּעוֹ מִינֵּיהּ מֵרַבִּי חִיָּיא בַּר אַבָּא:
Rachi
מצטמק - מתמעט וכויץ רטיי"ט לשון שדים צומקי (הושע ט) כמו שאתה אומר בלשון צווי נצטוה ובלשון צדק נצטדק וכן כל תיבה שראש יסודה צד"י כשהיא מתפעלת נותן ט' אחר צד"י:,מותר - להשהותן בכירה דאי לא במצטמק ויפה לו קאמר מאי אתא לאשמעינן אלא ע"כ במצטמק ויפה לו קאמר ואפילו הכי לא גזרו משום חיתוי הואיל ונתבשל כל צרכו ותנא חמין לאשמעינן דבעינן שהוחמו כל צרכן מבעוד יום:,שאני הכא דקטמה - וגלי דעתיה דלא ניחא ליה בצמוקי:
גחלים של רותם - חמין יותר משאר גחלים ואינם ממהרין לכבות כדאמרינן בהמוכר את הספינה (ב"ב דף עד:):
משהין עליה - ואע"פ שלא קטמה ואמוראי נינהו אליבא דר' יוחנן:,מתניתין - דקתני עד שיגרוף:,להחזיר תנן - דלא שרו בית הלל להחזיר עד שיגרוף ופירוקא דמתניתין כדאמרינן לעיל חסורי מיחסרא הלכך עקר לא יחזיר הואיל ואינה גרופה:
תרוייהו תננהי - בין לשהות בשאינה גרופה תנינא בהדיא סתם משנה דמותר ועקר לא יחזיר נמי תנינא ולמה ליה לרבי יוחנן לאשמעינן:,הא קרמו פניה שרי - והיינו לא בישל כל צרכו ותנור לאו גרוף וקטום הוא ואי נמי גרוף בתנור לא מהניא גריפה כדתנן במתניתין וכ"ש פת דאדעתא לבשולי יהביה בגוויה:,ועד כאן לא שרו כו' - דמתניתין אלאחר שיגרוף קאי דקתני לא יתן עד שיגרוף ובין למאן דאמר לא ישהה ובין למ"ד לא יחזיר מ"מ חזרה דסיפא אגרוף וקטום מהדר:,ורב ששת נמי דיוקא דמתני' קמ"ל - משום דלא מתני לה בהדיא הא קרמו שרי ואנן דמשהינן קדירה על גבי כירה שאינה גרופה אדחנניה סמכינן הואיל ותנן סתם מתניתין כוותיה כדאמר הא קרמו שרי ואע"ג דלא בישל כל צרכו ואמר רב ששת משמיה דרבי יוחנן כוותיה דמתניתין דפרקין משום חזרה הוא דבעי גרופה אבל לשהות לא וכל הני אמוראי דאסרי סברי מתניתין לשהות תנן:
מהו לשהות - בשאינה גרופה:,מסוכן הוא - רגיל לאוחזו בולמוס וצריך לאכול מאכל מתוק וטוב:,מרי דעובדא - מדקדק במעשיו:,כסא דהרסנא - דגים המבושלים בשמנן בקמח:,מיחא - קמח:
דאית ביה בשרא - מצטמק ויפה לו ששומן הבשר משבר כח הלפת כדאמר בברכות (דף מד:):,לאורחין - צריך חתיכות חשובות לשום לפניהם ואין דרך כבוד בתבשיל הצטמק שאין הבשר ניכר בו:,לפדא - מאכל שעושה מתאנים:,תמרי - מאכל תמרים:
Tossafot
שמע מינה מצטמק ויפה לו מותר - פירש בקונטרס דאי האי תבשיל במצטמק ורע לו מאי אתא לאשמעינן וקשה לר"י הא איצטריך לאפוקי מדרבי מאיר ורבי יהודה דאסרי בשאינה גרופה אפילו חמין דמצטמק ורע להם ועוד קשה כיון דהשתא ס"ד דמשום דהובערה הדרא למילתא קמייתא כי משני שאני הכא דקטמה מאי פריך מאי למימרא הא איצטריך טובא לאפוקי ממאי דס"ד מעיקרא ונראה לר"י דהשתא ס"ד דלא חשיבא קטומה כלל משום דהובערה ואשמעינן דהדרא למילתא קמייתא דאי חשיבא קטומה אמאי נקט בישל כל צרכו אפי' לא בישל כל צרכו שרי דאפילו רבי מאיר דמחמיר מכולהו תנאי שרי בחמין שלא הוחמו כל צרכן כדפירשנו לעיל דסתם חמין ותבשיל הוי שלא הוחמו כל צורכן ופריך שמע מינה מצטמק ויפה לו מותר דהא סתם תבשיל אמר לקמן דמצטמק ויפה לו הוא ומשני שאני הכא דקטמה פירוש וחשיבא לגמרי קטומה וה"ה אפילו לא בישל כל צרכו שרי והא דנקט בישל כל צרכו לאשמעינן דאי לאו קטומה אפילו בישל כל צרכו אסור משום דמצטמק ויפה לו הוא ופריך אי הכי מאי למימרא אף על גב דאשמעינן דאי לא קטמה אסור מ"מ מדנקט למילתיה בלשון היתר משמע דהתירא אתי לאורויי לן ואף על גב דאשמעינן דלא הדרא למילתא קמייתא נראה לו דהא לא איצטריך לאשמעינן דסברא הוא דלא הדרא למילתא קמייתא ואף על גב דמעיקרא הוה בעי למימר דהדרא למילתא קמייתא לאו משום דסברא הוא לומר כן אלא משום דנקט במלתיה בישל כל צרכו היה ר"ל כן כדפרישית ומשני דמכל מקום אצטריך דמהו דתימא כו' ועוד יש לומר שאני הכא דקטמה דלאו לגמרי מהניא קטימה אלא דוקא משום דבישל כל צרכו אבל לא בישל כל צרכו אסור משום דהובערה והשתא אתי שפיר הא דנקט הכא קטמה והובערה ולעיל נקט ונתלבתה דנתלבתה הוי פחות מהובערה והויא לגמרי כקטומה ופריך א"ה מאי למימרא דהא בלאו מילתיה מסברא ה"א דלא הדרא למלתא קמייתא כמו בנתלבתה ושרי ואפי' לא בישל כל צרכו ובלשון איסור ה"ל לאשמעינן ולא בלשון היתר ומשני הובערה איצטריך ליה ואי לאו מילתיה לא היה פשוט היתר אלא הוה ס"ד למימרא דהדרא למילתא קמייתא:
אמר רב ששת אמר ר' יוחנן כירה שהסיקוה בגפת ובעצים משהין עליה תבשיל שלא בישל כל צרכו כו' - פסק ר"ח דהלכה כרב ששת אמר ר' יוחנן דרבא דאמר תרוייהו תננהי סבירא ליה כוותיה וכן פסק רש"י דסתם מתניתין דפרק קמא (דך יט:) כחנניה ומותר להשהות אפי' באינה גרופה אבל להחזיר ודאי אסור אא"כ גרוף וקטום ואפי' בישל כל צרכו כדפי' לעיל:
דיוקא דמתני' קמ"ל - פי' רש"י דקמ"ל דקרמו פניה שפיר דמי ואין נראה דדיוק פשוט הוא דהא כיון דתנא עד שיקרמו פניה ממילא שמעינן דקרמו פניה שרי ונראה לפרש דדיוקא דמתניתין דכירה אתא לאשמעי' דלהחזיר תנן וחסורי מחסרא והכי קתני:
מהו להשהות - באינה גרופה ולא בישל כל צרכו קבעי או במצטמק ויפה לו:
Texte : Sefaria — William Davidson Edition - Vocalized Aramaic · traduction française de travail, à valider.