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Traité Shabbat

37a

Étude de Shabbat 37a

Étude de la Guémara 37a

Guémara
La Guemara réfute cette preuve. En réalité, je peux te dire que, dans la première clause de la michna, nous avons appris « remettre [le plat] » (le-ha'hazir), et que la michna est incomplète : il faut lui ajouter une clause, et voici ce qu'elle enseigne. Un fourneau (kira) que l'on a chauffé avec de la paille ou des broussailles — on peut y remettre un plat cuit ; [s'il a été chauffé] avec du marc d'olives (gefet) ou avec du bois — on ne remet pas [le plat] tant que l'on n'a pas balayé [les braises] ou tant que l'on n'a pas répandu de la cendre [pendant qu'il fait encore jour]. Mais pour laisser [le plat] reposer (le-chahot) sur le feu durant Chabbat, on peut l'y laisser même [si le fourneau] n'a pas été balayé ni recouvert de cendre. Grâce à cet ajout, la suite de la controverse se comprend ainsi : et que peut-on laisser [reposer] ? Beit Chammaï disent : de l'eau chaude, mais non un plat cuit ; et Beit Hillel disent : de l'eau chaude et un plat cuit. De plus : et cette « remise » (ha'hazara) dont je t'ai parlé [au début de la michna] n'est pas selon tous, mais fait elle aussi l'objet d'une controverse entre Beit Chammaï et Beit Hillel, car Beit Chammaï disent : on retire [le plat] mais on ne le remet pas, et Beit Hillel disent : on peut même le remettre.
לְעוֹלָם אֵימָא לָךְ לְהַחֲזִיר תְּנַן, וְחַסּוֹרֵי מִיחַסְּרָא וְהָכִי קָתָנֵי: כִּירָה שֶׁהִסִּיקוּהָ בְּקַשׁ וּבִגְבָבָא — מַחֲזִירִין עָלֶיהָ תַּבְשִׁיל, בְּגֶפֶת וּבְעֵצִים — לֹא יַחֲזִיר עַד שֶׁיִּגְרוֹף אוֹ עַד שֶׁיִּתֵּן אֶת הָאֵפֶר. אֲבָל לְשַׁהוֹת — מְשַׁהִין אַף עַל פִּי שֶׁאֵינוֹ גָּרוּף וְאֵינוֹ קָטוּם. וּמָה הֵן מְשַׁהִין? — בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: חַמִּין, אֲבָל לֹא תַּבְשִׁיל. וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים: חַמִּין וְתַבְשִׁיל. וְהָךְ חֲזָרָה דַּאֲמַרִי לָךְ, לָאו דִּבְרֵי הַכֹּל הִיא, אֶלָּא מַחֲלוֹקֶת בֵּית שַׁמַּאי וּבֵית הִלֵּל, שֶׁבֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: נוֹטְלִין וְלֹא מַחֲזִירִין. וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים: אַף מַחֲזִירִין.
Viens entendre [une résolution de ce dilemme] à partir de ce qu'a dit Rabbi 'Helbo, au nom de Rav 'Hama bar Gourya, au nom de Rav : on n'a enseigné [que c'était permis] que sur son dessus (al gabah), mais à l'intérieur (le-tokhah) c'est interdit. Or, admettons que tu dises que nous avons appris « remettre » dans la michna : c'est précisément pour cela qu'il y a une différence [de loi] entre l'intérieur [du fourneau] et son dessus — [car en remettant le plat durant Chabbat, le placer à l'intérieur d'un fourneau qui pourrait contenir des braises ardentes fait craindre une profanation du Chabbat, et l'on n'a donc permis de placer le plat cuit que sur le dessus]. Mais si tu dis que nous avons appris « laisser reposer » dans la michna, quelle différence cela me fait-il que ce soit à l'intérieur, quelle différence que ce soit sur le dessus ? [En fin de compte, on ne fait rien durant Chabbat avec les cendres chaudes du fourneau.] La Guemara réfute cette preuve : penses-tu que Rabbi 'Helbo se rapporte à la première clause de la michna ? Non, il se rapporte à la dernière clause, qui dit : « et Beit Hillel disent : on peut même remettre », et c'est à ce sujet que Rabbi 'Helbo a dit, au nom de Rav 'Hama bar Gourya, au nom de Rav : on n'a enseigné [que c'était permis] que sur son dessus, mais à l'intérieur c'est interdit.
תָּא שְׁמַע, דְּאָמַר רַבִּי חֶלְבּוֹ אָמַר רַב חָמָא בַּר גּוּרְיָא אָמַר רַב: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא עַל גַּבָּהּ, אֲבָל לְתוֹכָהּ — אָסוּר. אִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא ״לְהַחֲזִיר״ תְּנַן — הַיְינוּ דְּשָׁנֵי בֵּין תּוֹכָהּ לְעַל גַּבָּהּ. אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ ״לְשַׁהוֹת״ תְּנַן, מַה לִּי תּוֹכָהּ מַה לִּי עַל גַּבָּהּ? — מִי סָבְרַתְּ רַבִּי חֶלְבּוֹ אַרֵישָׁא קָאֵי? אַסֵּיפָא קָאֵי: ״וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים אַף מַחֲזִירִין״ — וְאָמַר רַבִּי חֶלְבּוֹ אָמַר רַב חָמָא בַּר גּוּרְיָא אָמַר רַב: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא עַל גַּבָּהּ, אֲבָל תּוֹכָהּ — אָסוּר.
Viens entendre [une résolution de ce dilemme] à partir de ce qui a été enseigné [dans la Tossefta] : deux fourneaux jumelés (matimot) [qui partagent une paroi commune], l'un balayé ou recouvert de cendre, et l'autre qui n'est ni balayé ni recouvert de cendre — on laisse reposer [un plat] sur le dessus de celui qui est balayé ou recouvert de cendre, et l'on ne laisse rien reposer sur celui qui n'est ni balayé ni recouvert de cendre. Et que peut-on laisser [reposer] ? Beit Chammaï disent : rien du tout ; et Beit Hillel disent : de l'eau chaude, mais non un plat cuit. [Mais] si l'on a retiré (akar) [le plat de sur le fourneau], selon tous on ne le remet pas — telles sont les paroles de Rabbi Méir. Rabbi Yehouda dit [que la controverse est différente] : Beit Chammaï disent : de l'eau chaude, mais non un plat cuit ; et Beit Hillel disent : de l'eau chaude et un plat cuit. [De plus,] Beit Chammaï disent : on retire [le plat] mais on ne le remet pas ; et Beit Hillel disent : on peut même le remettre.
תָּא שְׁמַע: שְׁתֵּי כִּירוֹת הַמַּתְאִימוֹת, אַחַת גְּרוּפָה וּקְטוּמָה, וְאַחַת שֶׁאֵינָהּ גְּרוּפָה וְאֵינָהּ קְטוּמָה: מְשַׁהִין עַל גַּבֵּי גְּרוּפָה וּקְטוּמָה וְאֵין מְשַׁהִין עַל שֶׁאֵינָהּ גְּרוּפָה וְאֵינָהּ קְטוּמָה. וּמָה הֵן מְשַׁהִין? — בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: וְלֹא כְלוּם. וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים: חַמִּין, אֲבָל לֹא תַּבְשִׁיל. עָקַר — דִּבְרֵי הַכֹּל לֹא יַחֲזִיר, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר — בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: חַמִּין, אֲבָל לֹא תַּבְשִׁיל. וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים: חַמִּין וְתַבְשִׁיל. בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: נוֹטְלִין, אֲבָל לֹא מַחֲזִירִין. וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים: אַף מַחֲזִירִין.
Admettons que tu dises que, dans notre michna, nous avons appris « laisser reposer » : selon qui est notre michna ? Elle est selon Rabbi Yehouda. Mais si tu dis que, dans notre michna, nous avons appris « remettre » : selon qui est notre michna ? Ni selon Rabbi Yehouda ni selon Rabbi Méir. Si [tu dis qu'elle est] selon Rabbi Méir — c'est difficile quant à Beit Chammaï sur un point [car dans notre michna Beit Chammaï permettent un certain usage du fourneau durant Chabbat, alors que selon Rabbi Méir dans la baraïta ils en interdisent tout usage], et quant à Beit Hillel sur deux points [car selon notre michna Beit Hillel permettent et l'eau chaude et le plat cuit, contrairement à la version de Rabbi Méir ; de même, dans notre michna Beit Hillel permettent de remettre le plat, contrairement à la version de Rabbi Méir]. Et si [tu dis qu'elle est] selon Rabbi Yehouda — c'est difficile quant au [fourneau] balayé et recouvert de cendre [car dans la michna, Beit Hillel comme Beit Chammaï permettent de laisser le plat sur un fourneau dont les braises n'ont été ni balayées ni recouvertes, alors que selon Rabbi Yehouda dans la baraïta un fourneau dont les braises ne sont ni balayées ni recouvertes ne peut servir du tout].
אִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא ״לְשַׁהוֹת״ תְּנַן, מַתְנִיתִין מַנִּי — רַבִּי יְהוּדָה הִיא. אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ ״לְהַחֲזִיר״ תְּנַן, מַתְנִיתִין מַנִּי? לָא רַבִּי יְהוּדָה וְלָא רַבִּי מֵאִיר. אִי רַבִּי מֵאִיר — קַשְׁיָא לְבֵית שַׁמַּאי בַּחֲדָא, וּלְבֵית הִלֵּל בְּתַרְתֵּי. אִי רַבִּי יְהוּדָה, קַשְׁיָא גְּרוּפָה וּקְטוּמָה.
[Cette objection] est rejetée : en réalité, je peux te dire que, dans notre michna, nous avons appris « remettre », et que notre tanna [dans la michna] est d'accord avec Rabbi Yehouda sur un point et diverge de lui sur un autre point. Il est d'accord avec Rabbi Yehouda sur un point : quant à l'eau chaude et au plat cuit, et quant à ce que l'on retire et ce que l'on peut même remettre. Et il diverge de lui sur un point : tandis que notre tanna [dans la michna] tient que l'on peut laisser reposer un plat sur le fourneau même [s'il] n'est ni balayé ni recouvert de cendre, Rabbi Yehouda tient que, pour laisser reposer également, [si le fourneau] est balayé ou recouvert de cendre — oui [c'est permis] ; sinon — non [c'est interdit].
לְעוֹלָם אֵימָא לָךְ ״לְהַחֲזִיר״ תְּנַן, וְתַנָּא דִידַן סָבַר לַהּ כְּרַבִּי יְהוּדָה בַּחֲדָא וּפְלִיג עֲלֵיהּ בַּחֲדָא. סָבַר לַהּ כְּרַבִּי יְהוּדָה בַּחֲדָא — בְּחַמִּין וְתַבְשִׁיל, וְנוֹטְלִין וּמַחְזִירִין. וּפְלִיג עֲלֵיהּ בַּחֲדָא — דְּאִילּוּ תַּנָּא דִידַן סָבַר לְשַׁהוֹת וְאַף עַל פִּי שֶׁאֵינוֹ גָּרוּף וְקָטוּם, וְרַבִּי יְהוּדָה סָבַר בִּלְשַׁהוֹת נָמֵי גָּרוּף וְקָטוּם — אִין, אִי לָא — לָא.
Une question fut posée devant les Sages : [s'agissant d'un fourneau qui n'a été ni balayé ni recouvert de cendre,] qu'en est-il de la permission d'y appuyer [un plat] (lismokh bah) [contre la paroi, afin qu'il soit chauffé par les côtés du fourneau] ? Le dilemme est le suivant : était-ce seulement à l'intérieur du fourneau et sur son dessus qu'il est interdit [de placer le plat], mais l'appuyer contre lui — il peut bien le faire ? Ou bien, peut-être, l'appuyer n'est pas différent [et c'est interdit dans tous les cas] ?
אִיבַּעְיָא לְהוּ: מַהוּ לִסְמוֹךְ בָּהּ? תּוֹכָהּ וְגַבָּהּ אָסוּר, אֲבָל לִסְמוֹךְ בָּהּ — שַׁפִּיר דָּמֵי, אוֹ דִילְמָא לָא שְׁנָא.
Viens entendre [une résolution de ce dilemme] à partir de ce qui a été enseigné dans une baraïta : [s'il y a] deux fourneaux jumelés, l'un balayé ou recouvert de cendre et l'autre qui n'est ni balayé ni recouvert de cendre, on laisse reposer un plat cuit sur le dessus de celui qui est balayé et recouvert de cendre [durant Chabbat]. [En apparence, il est donc permis d'appuyer un plat contre un fourneau non balayé,] et ce, bien que la chaleur (havla) lui monte de l'autre [fourneau] ! La Guemara réfute cela : peut-être ce cas [de deux fourneaux jumelés] est-il différent, car, puisque [le plat] est surélevé (midalya), l'air agit sur lui [et le refroidit, de sorte que ce n'est pas comparable au fait de l'appuyer effectivement contre le fourneau].
תָּא שְׁמַע: שְׁתֵּי כִּירוֹת הַמַּתְאִימוֹת, אַחַת גְּרוּפָה וּקְטוּמָה וְאַחַת שֶׁאֵינָהּ גְּרוּפָה וּקְטוּמָה, מְשַׁהִין עַל גַּבֵּי גְּרוּפָה וּקְטוּמָה. וְאַף עַל גַּב דְּקָא סָלֵיק לֵיהּ הַבְלָא מֵאִידָךְ! דִּילְמָא שָׁאנֵי הָתָם, דְּכֵיוָן דְּמִידַּלְּיָא שָׁלֵיט בָּהּ אַוֵּירָא.
Viens entendre [une résolution de ce dilemme] à partir de ce qu'a dit Rav Safra au nom de Rav 'Hiyya : [un fourneau dont] on a recouvert [les braises] de cendre [la veille de Chabbat] et qui s'est rallumé (nitlabta) [durant Chabbat] — on y appuie [un plat], on y maintient [un plat cuit], on en retire [un plat] et on l'y remet. Conclus-en [au sujet de l'appui] aussi : s'il a recouvert [les braises] de cendre — oui [c'est permis] ; s'il ne les a pas recouvertes — non [c'est interdit]. [La Guemara réfute cette preuve aussi :] et selon ton raisonnement, ce qui est enseigné « on en retire [un plat] » — dirais-tu là aussi que, s'il a recouvert — oui, et s'il n'a pas recouvert — non ? [Tous s'accordent à dire qu'il est permis de retirer le plat de sur le fourneau même s'il n'est ni balayé ni recouvert de cendre.] Il faut plutôt [comprendre] qu'il a enseigné « on retire » à cause de « on remet » ; ici aussi, il a enseigné « on appuie » à cause de « on maintient ».
תָּא שְׁמַע, דְּאָמַר רַב סָפְרָא אָמַר רַב חִיָּיא: קְטָמָהּ וְנִתְלַבְּתָה, סוֹמְכִין לָהּ וּמְקַיְּימִין עָלֶיהָ, וְנוֹטְלִין מִמֶּנָּה וּמַחְזִירִין לָהּ. שְׁמַע מִינָּה לִסְמוֹךְ נָמֵי, קְטָמָהּ — אִין, לֹא קְטָמָהּ — לָא. וּלְטַעְמָיךְ, ״נוֹטְלִין מִמֶּנָּה״ דְּקָתָנֵי, קְטָמָהּ — אִין, לֹא קְטָמָהּ — לָא?! אֶלָּא תְּנָא נוֹטְלִין מִשּׁוּם מַחְזִירִין, הָכָא נָמֵי תְּנָא סוֹמְכִין מִשּׁוּם מְקַיְּימִין.
[La Guemara s'étonne de cette comparaison :] comment cela [peut-il être ainsi] ?! Là [s'agissant de retirer et de remettre], retirer [le plat] et le remettre se font en un seul et même endroit — [c'est pourquoi] il a enseigné « on retire » à cause de « on remet » [car on ne peut remettre un plat avant de l'avoir retiré]. Mais ici, [l'endroit où] l'on appuie [le plat] est un endroit, et [l'endroit où] l'on maintient [le plat] est un [autre] endroit [— il n'y a aucun lien entre les deux ; si le tanna n'avait pas voulu enseigner que l'appui n'est permis que sur un fourneau balayé, il n'y aurait aucune raison de mentionner la permission d'appuyer en même temps que la permission de maintenir]. [Quoi qu'il en soit, ce n'est pas une preuve absolue, et le dilemme n'est pas résolu.]
הָכִי הַשְׁתָּא?! הָתָם נוֹטְלִין וּמַחְזִירִין בְּחַד מָקוֹם הוּא, תְּנָא נוֹטְלִין מִשּׁוּם מַחְזִירִין. אֶלָּא הָכָא — סוֹמְכִין בְּחַד מָקוֹם הוּא וּמְקַיְּימִין בְּחַד מָקוֹם הוּא.
[La Guemara demande :] quelle conclusion a-t-on tirée à ce sujet ? Viens entendre [une résolution] à partir de ce qui a été enseigné [dans la Tossefta] : un fourneau que l'on a chauffé avec du marc d'olives ou avec du bois — on y appuie [un plat cuit], et l'on ne [l']y maintient pas, à moins qu'il ne soit balayé ou recouvert de cendre. Des braises qui se sont éteintes (ammemou), ou sur lesquelles on a placé une étoupe de lin finement battue [sans que le feu ne s'enflamme] — c'est comme s'il était recouvert de cendre [et il n'est pas besoin d'y ajouter de la cendre]. En tout état de cause, on conclut d'ici qu'il est permis d'appuyer un plat cuit contre un fourneau, même [s'il] n'est ni recouvert de cendre ni balayé.
מַאי הָוֵי עֲלַהּ? תָּא שְׁמַע: כִּירָה שֶׁהִסִּיקוּהָ בְּגֶפֶת וּבְעֵצִים סוֹמְכִין לָהּ, וְאֵין מְקַיְּימִין אֶלָּא אִם כֵּן גְּרוּפָה וּקְטוּמָה. גֶּחָלִים שֶׁעָמְמוּ אוֹ שֶׁנָּתַן עָלֶיהָ נְעוֹרֶת שֶׁל פִּשְׁתָּן דַּקָּה — הֲרֵי הִיא כִּקְטוּמָה.
Rabbi Yits'hak bar Na'hmani dit au nom de Rav Ochaya : [s'agissant d'un fourneau dont] on a recouvert [les braises] de cendre et qui s'est rallumé [durant Chabbat], on y laisse reposer de l'eau chaude qui a déjà été chauffée tout son nécessaire (kol tsorkah) et un plat qui a déjà été cuit tout son nécessaire (kol tsorko).
אָמַר רַבִּי יִצְחָק בַּר נַחְמָנִי אָמַר רַב אוֹשַׁעְיָא: קְטָמָהּ וְהוּבְעֲרָה מְשַׁהִין עָלֶיהָ חַמִּין שֶׁהוּחַמּוּ כׇּל צוֹרְכָּן וְתַבְשִׁיל שֶׁבִּישֵּׁל כׇּל צוֹרְכּוֹ.

Rachi

לעולם אימא לך להחזיר תנן - ואילו לשהות אע"פ שאינו גרוף שרי:,והך חזרה דאמרי לך - לא יחזיר עד שיגרוף דכי גרוף מיהא שרי:,לאו דברי הכל היא - ולבית שמאי לא סבירא להו:

לא שנו - שריותא דמתני' אלא על גבה דלא נפיש הבלא כולי האי אבל תוכה אסור:,אי אמרת בשלמא להחזיר תנן - אבל לשהות משהין אפילו בשאין גרופה כדמחסרינן ליה חסורי ורבי חלבו אשריותא דלשהות על שאינה גרופה קאי:,היינו דשני בין תוכה לעל גבה - דכי משהי לתוכה דשאינה גרופה מטמין ממש ברמץ:,אלא אי אמרת לשהות תנן - דאפילו לשהות בעי גרופה כיון דגרופה ומבעוד יום הוא נותנו לתוכה מה לי תוכה מה לי על גבה:,ארישא - עד שיגרוף:,אסיפא קאי - דאיירי בחזרה אבל רישא לשהות הוא ובין תוכה ובין גבה שרי:

שתי כירות המתאימות - מחוברות יחד וקיר של חרס מפסקת ביניהם:,משהין על גבי גרופה וקטומה - דלא חיישינן משום דסליק לה הבלא מאידך:,ומה הן משהין - על הגרופה:,לא יחזיר - בשבת:

אא"ב - רישא דמתניתין לשהות קאמר דבעי גרופה ובלשהות פליגי בחמין ובתבשיל ובגרוף וסיפא פליגי בחזרה מתני' ר' יהודה היא אלא אי אמרת להחזיר תנן דבעי גרופה אבל לשהות לא בעי גרופה ופלוגתא דחמין ותבשיל כשאינו גרוף כדקמחסרת ומתרצת לה:,קשיא לב"ש בחדא - דקאמרי ב"ש במתני' משהין חמין אף בשאינו גרוף והכא קאמר רבי מאיר לב"ש דאפילו גרוף ולא כלום וכ"ש כשאינו גרוף והא כולה חדא פירכא היא דבית שמאי לא שני להו בין גרוף לשאינו גרוף:,ולב"ה בתרתי - דבמתניתין שרי בית הלל להשהות חמין ותבשיל אף בשאינו גרוף והכא קתני דבגרוף חמין אין תבשיל לא ובשאינה גרוף אין משהין כלל ולענין חזרה בגרוף תנן במתניתין לב"ה מחזירין והכא קתני עקר דברי הכל לא יחזיר:,ואי ר' יהודה - דאמר נמי כי מתניתין מ"מ גרופה וקטומה קשיא דמתניתין תרצת דפלוגתא קמייתא בשאינו גרוף ושרו ב"ש חמין ובית הלל חמין ותבשיל והכא קתני אין משהין על גבי שאינה גרופה ואינה קטומה כלל ופלוגתא דלשהות בגרופה וקטומה:

בחמין ותבשיל ונוטלים ומחזירין - דמוקי פלוגתא דב"ש וב"ה בשהיית חמין ותבשיל דבית שמאי שרו חמין ותבשיל לא וב"ה חמין ותבשיל ולא כר' מאיר דאמר לב"ש לא כלום:

מהו לסמוך - קדרה אצל דופן הכירה בלא גרופה שהכירה מטלטלת היא ומושיבים אותה על גבי קרקע:,גבה - עובי שפתה או כסוי שעל חללה:

דמדלי - הקדרה על גבי הכירה:

ונתלבתה - חזרה והובערה:

התם נוטלין ומחזירין בחד מקום - ולא שייך למתני מחזירין עד דתני נוטלין:

נעורת - ארישט"ש:

שהוחמו כל צרכן - דליכא למיחש לחיתויי:

Tossafot

לעולם אימא לך להחזיר תנן וחסורי מיחסרא כו' - משום דקיי"ל כחנניה כמו שאפרש בע"ה דחיק לאוקמא מתני' כוותיה:

אא"ב להחזיר תנן היינו דשני בין תוכה לעל גבה - פי' בקונטרס משום דאי להחזיר תנן א"כ לשהות משהין אפילו באינה גרופה להכי שני בין תוכה דהוי מטמין ממש ברמץ לעל גבה וקשה להר"ח דלחנניה אפילו תוכה משהין אפי' באינה גרופה דהא תנן (. לעיל שבת דף יט:) ולא חררה על גבי גחלים אלא עד שיקרמו פניה הא קרמו פניה שרי אע"ג דחררה בתוכה היא ובלאו הכי אור"י דבחנם דחק רש"י לפרש כן דאיכא למימר שפיר היינו דשני לן בין תוכה לעל גבה מהא דשרי להחזיר בגרופה ובהשהאה דוקא לא ניחא ליה לחלק אבל בהחזרה ניחא ליה שפיר לחלק כדמוכח במאי דמשני מי סברת ארישא קאי אסיפא קאי כו' קשה לר"י היכי בעי למימר אליבא דרב דמתניתין להחזיר תנן אם כן אתיא מתניתין כחנניה ורב דלא כחנניה דהא חנניה שרי במצטמק ויפה לו דהא דתנן (שם) אין צולין בשר וביצה אלא כדי שיצולו מבעוד יום אתיא כחנניה וביצה אמרינן לקמן דמצטמק ויפה לו הוא ורב אסר לקמן דמצטמק ויפה לו וי"ל דבלאו הכי לא סבר לה רב כשום תנא דהא ר"מ ור' יהודה אסרי באינה גרופה אפילו במצטמק ורע לו ורב שרי במצטמק ורע לו אפילו באינה גרופה דבגרופה לא אשכחן שום אמורא דאסר אפילו יפה לו ועוד דרב קאי אמילתיה דרבי יוחנן דאיירי באינה גרופה וכן רבי יוחנן דשרי לקמן חמין ותבשיל שבישל כל צרכו באינה גרופה אבל לא בישל כל צרכו אסור לא אשכחן תנא דסבר הכי:

מהו לסמוך - באינה גרופה קבעי ואי מתניתין להשהות תנן קא בעי להשהות ולהחזיר ואי להחזיר תנן ושרי להשהות אפי' תוכה וגבה בעי להחזיר ולהשהות היכא שאינו מבושל כמאכל בן דרוסאי:

תא שמע כירה שהסיקוה כו' - ומסיק דשרי לסמוך ומכל מקום אין ללמוד מכאן לסמוך אצל האש דשאני הכא דדופני כירה מפסיקין בינו ולאש:

Texte : Sefaria — William Davidson Edition - Vocalized Aramaic · traduction française de travail, à valider.

Shabbat 37a
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שבת ל״ז אמַסֶּכֶת שַׁבָּת