Guémara
Que faisait [David] ? Chaque Chabbat il siégeait et étudiait toute la journée [car la Torah protège de la mort]. Le jour où son âme devait être reprise, l'ange de la mort se tint devant lui et ne put rien contre lui, car sa bouche ne s'interrompait pas de l'étude. Il se dit : que lui faire ? David avait un verger (boustana) derrière sa maison ; l'ange de la mort vint, monta et secoua les arbres. David sortit voir. Comme il montait l'escalier, une marche se rompit sous lui ; il s'effraya, s'interrompit [un instant de l'étude], et son âme fut reprise.
כׇּל יוֹמָא דְשַׁבְּתָא הֲוָה יָתֵיב וְגָרֵיס כּוּלֵּי יוֹמָא. הַהוּא יוֹמָא דְּבָעֵי לְמֵינַח נַפְשֵׁיהּ, קָם מַלְאַךְ הַמָּוֶת קַמֵּיהּ וְלָא יְכִיל לֵיהּ, דְּלָא הֲוָה פָּסֵק פּוּמֵּיהּ מִגִּירְסָא. אֲמַר: מַאי אַעֲבֵיד לֵיהּ? הֲוָה לֵיהּ בּוּסְתָּנָא אֲחוֹרֵי בֵּיתֵיהּ, אֲתָא מַלְאַךְ הַמָּוֶת סָלֵיק וּבָחֵישׁ בְּאִילָנֵי. נְפַק לְמִיחְזֵי. הֲוָה סָלֵיק בְּדַרְגָּא, אִיפְּחִית דַּרְגָּא מִתּוּתֵיהּ, אִישְׁתִּיק וְנָח נַפְשֵׁיהּ.
Salomon envoya [demander] à la maison d'étude : mon père est mort et gît au soleil, et les chiens de la maison de mon père ont faim [je crains qu'ils ne portent atteinte au corps] — que faire ? On lui répondit : découpe une carcasse d'animal et place-la devant les chiens [cela est permis, vu leur faim] ; quant à ton père, [il est interdit de le déplacer directement —] pose sur lui un pain ou un enfant, et déplace-le ainsi. Salomon n'a-t-il pas bien dit : « car un chien vivant vaut mieux qu'un lion mort » [la vie l'emporte] ? Et quant à la question que j'ai posée devant vous : la lampe est appelée « ner », et l'âme de l'homme est aussi appelée « ner » — « l'âme de l'homme est la lampe (ner) de l'Éternel » (Michlé 20, 27) ; mieux vaut que s'éteigne la lampe de chair et de sang devant la lampe du Saint béni soit-Il [donc on peut éteindre pour un malade].
שְׁלַח שְׁלֹמֹה לְבֵי מִדְרְשָׁא: אַבָּא מֵת וּמוּטָל בַּחַמָּה, וּכְלָבִים שֶׁל בֵּית אַבָּא רְעֵבִים — מָה אֶעֱשֶׂה? שְׁלַחוּ לֵיהּ: חֲתוֹךְ נְבֵלָה וְהַנַּח לִפְנֵי הַכְּלָבִים. וְאָבִיךְ, הַנַּח עָלָיו כִּכָּר אוֹ תִּינוֹק וְטַלְטְלוֹ. וְלֹא יָפֶה אָמַר שְׁלֹמֹה: ״כִּי לְכֶלֶב חַי הוּא טוֹב מִן הָאַרְיֵה הַמֵּת״. וּלְעִנְיַן שְׁאֵילָה דְּשָׁאֵילְנָא קֳדָמֵיכוֹן: נֵר קְרוּיָה ״נֵר״, וְנִשְׁמָתוֹ שֶׁל אָדָם קְרוּיָה ״נֵר״. מוּטָב תִּכְבֶּה נֵר שֶׁל בָּשָׂר וָדָם מִפְּנֵי נֵרוֹ שֶׁל הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא.
Rav Yehouda fils de Rav Chemouel bar Chilat dit au nom de Rav : les Sages voulurent retirer de la circulation (gnoz) le livre de Kohélet (l'Ecclésiaste), parce que ses paroles se contredisent. Pourquoi ne l'ont-ils pas retiré ? Parce que son début est parole de Torah et sa fin parole de Torah. Son début : « Quel profit l'homme tire-t-il de tout le labeur qu'il accomplit sous le soleil ? » (Kohélet 1, 3) — et l'école de Rabbi Yannaï a dit : c'est sous le soleil qu'il n'a pas de profit, mais avant le soleil [par la Torah, antérieure au soleil] il en a. Sa fin : « Fin du discours, tout étant entendu : crains Dieu et garde ses commandements, car c'est là tout l'homme » (Kohélet 12, 13). Que signifie « car c'est là tout l'homme » ? Rabbi Elazar dit : le monde entier n'a été créé que pour celui-ci. Rabbi Abba bar Kahana dit : celui-ci équivaut au monde entier. Chimon ben Azzaï — d'autres disent Chimon ben Zoma — dit : le monde entier n'a été créé que pour tenir compagnie à celui-ci.
אָמַר רַב יְהוּדָה בְּרֵיהּ דְּרַב שְׁמוּאֵל בַּר שִׁילַת מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב: בִּקְּשׁוּ חֲכָמִים לִגְנוֹז סֵפֶר קֹהֶלֶת מִפְּנֵי שֶׁדְּבָרָיו סוֹתְרִין זֶה אֶת זֶה. וּמִפְּנֵי מָה לֹא גְּנָזוּהוּ? — מִפְּנֵי שֶׁתְּחִילָּתוֹ דִּבְרֵי תוֹרָה וְסוֹפוֹ דִּבְרֵי תוֹרָה. תְּחִילָּתוֹ דִּבְרֵי תוֹרָה, דִּכְתִיב: ״מַה יִּתְרוֹן לָאָדָם בְּכׇל עֲמָלוֹ שֶׁיַּעֲמוֹל תַּחַת הַשֶּׁמֶשׁ״ — וְאָמְרִי דְּבֵי רַבִּי יַנַּאי תַּחַת הַשֶּׁמֶשׁ הוּא דְּאֵין לוֹ. קוֹדֶם שֶׁמֶשׁ — יֵשׁ לוֹ. סוֹפוֹ דִּבְרֵי תוֹרָה, דִּכְתִיב: ״סוֹף דָּבָר הַכֹּל נִשְׁמָע אֶת הָאֱלֹהִים יְרָא וְאֶת מִצְוֹתָיו שְׁמוֹר כִּי זֶה כׇּל הָאָדָם״. מַאי ״כִּי זֶה כׇּל הָאָדָם״? — אָמַר רַבִּי (אֱלִיעֶזֶר) [אֶלְעָזָר]: כׇּל הָעוֹלָם כּוּלּוֹ לֹא נִבְרָא אֶלָּא בִּשְׁבִיל זֶה. רַבִּי אַבָּא בַּר כָּהֲנָא אָמַר: שָׁקוּל זֶה כְּנֶגֶד כׇּל הָעוֹלָם כּוּלּוֹ. שִׁמְעוֹן בֶּן עַזַּאי אוֹמֵר, וְאָמְרִי לַהּ שִׁמְעוֹן בֶּן זוֹמָא אוֹמֵר: לֹא נִבְרָא כׇּל הָעוֹלָם כּוּלּוֹ אֶלָּא לִצְווֹת לָזֶה.
Et quelles sont ces « paroles qui se contredisent » ? Il est écrit : « Mieux vaut la contrariété que le rire » (Kohélet 7, 3), et il est écrit : « Du rire j'ai dit : il est louable » (Kohélet 2, 2) ; il est écrit : « J'ai fait l'éloge de la joie » (Kohélet 8, 15), et il est écrit : « Et la joie, à quoi sert-elle ? » (Kohélet 2, 2). Ce n'est pas difficile. « Mieux vaut la contrariété que le rire » : meilleure est la contrariété que le Saint béni soit-Il manifeste aux justes en ce monde, que le rire dont Il rit avec les méchants en ce monde [en les comblant de biens]. « Du rire j'ai dit : louable » : c'est le rire dont le Saint béni soit-Il rira avec les justes dans le monde à venir.
וּמַאי ״דְּבָרָיו סוֹתְרִין זֶה אֶת זֶה״? כְּתִיב: ״טוֹב כַּעַס מִשְּׂחוֹק״, וּכְתִיב ״לִשְׂחוֹק אָמַרְתִּי מְהוֹלָל״! כְּתִיב ״וְשִׁבַּחְתִּי אֲנִי אֶת הַשִּׂמְחָה״, וּכְתִיב ״וּלְשִׂמְחָה מַה זֹּה עוֹשָׂה! לָא קַשְׁיָא ״טוֹב כַּעַס מִשְּׂחוֹק״: טוֹב כַּעַס שֶׁכּוֹעֵס הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא עַל הַצַּדִּיקִים בָּעוֹלָם הַזֶּה, מִשְּׂחוֹק שֶׁמְּשַׂחֵק הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא עַל הָרְשָׁעִים בָּעוֹלָם הַזֶּה. וְ״לִשְׁחוֹק אָמַרְתִּי מְהוֹלָל״ — זֶה שְׂחוֹק שֶׁמְּשַׂחֵק הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא עִם הַצַּדִּיקִים בָּעוֹלָם הַבָּא.
« J'ai fait l'éloge de la joie » : la joie d'une mitsva. « Et la joie, à quoi sert-elle ? » : une joie qui n'est pas celle d'une mitsva. [Ce qui vient] t'enseigner que la Présence divine ne repose ni dans la tristesse, ni dans la paresse, ni dans le rire, ni dans la légèreté, ni dans le bavardage, ni dans les paroles vaines, mais seulement dans la joie d'une mitsva, comme il est dit : « Et maintenant, amenez-moi un musicien ; et quand le musicien joua, la main de l'Éternel fut sur lui » (II Rois 3, 15). Rav Yehouda dit : et de même avant une parole de halakha. Rava dit : et de même [avant de dormir, pour avoir] un bon rêve.
״וְשִׁבַּחְתִּי אֲנִי אֶת הַשִּׂמְחָה״ — שִׂמְחָה שֶׁל מִצְוָה. ״וּלְשִׂמְחָה מַה זֹּה עוֹשָׂה״ — זוֹ שִׂמְחָה שֶׁאֵינָהּ שֶׁל מִצְוָה. לְלַמֶּדְךָ שֶׁאֵין שְׁכִינָה שׁוֹרָה לֹא מִתּוֹךְ עַצְבוּת וְלֹא מִתּוֹךְ עַצְלוּת וְלֹא מִתּוֹךְ שְׂחוֹק וְלֹא מִתּוֹךְ קַלּוּת רֹאשׁ וְלֹא מִתּוֹךְ שִׂיחָה וְלֹא מִתּוֹךְ דְּבָרִים בְּטֵלִים, אֶלָּא מִתּוֹךְ דְּבַר שִׂמְחָה שֶׁל מִצְוָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְעַתָּה קְחוּ לִי מְנַגֵּן וְהָיָה כְּנַגֵּן הַמְנַגֵּן וַתְּהִי עָלָיו יַד ה׳״. אָמַר רַב יְהוּדָה: וְכֵן לִדְבַר הֲלָכָה. אָמַר רָבָא: וְכֵן לַחֲלוֹם טוֹב.
Vraiment ? Mais Rav Guidel n'a-t-il pas dit au nom de Rav : tout érudit qui siège devant son maître et dont les lèvres ne dégouttent pas d'amertume [par crainte respectueuse], qu'elles soient brûlées — comme il est dit : « ses lèvres sont des lys, dégouttant de myrrhe fluide (mor over) » (Cantique 5, 13) ? Ne lis pas « mor over » (myrrhe fluide) mais « mar over » (amertume fluide) ; et ne lis pas « chochanim » (lys) mais « ché-chonim » (qui étudient). Ce n'est pas difficile : ceci [la joie] concerne le maître, et cela [l'amertume, la crainte] concerne l'élève. Ou, si tu veux : l'un et l'autre concernent le maître, et ce n'est pas difficile — ceci avant qu'il ne commence, cela une fois qu'il a commencé. Tel Rabba : avant d'ouvrir [le cours] aux Sages, il disait un mot d'humour et les Sages se déridaient ; puis il siégeait avec crainte et ouvrait l'étude.
אִינִי, וְהָאָמַר רַב גִּידֵּל אָמַר רַב: כׇּל תַּלְמִיד חָכָם שֶׁיּוֹשֵׁב לִפְנֵי רַבּוֹ וְאֵין שִׂפְתוֹתָיו נוֹטְפוֹת מָר, תִּכָּוֶינָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״שִׂפְתוֹתָיו שׁוֹשַׁנִּים נוֹטְפוֹת מוֹר עוֹבֵר״: אַל תִּקְרֵי ״מוֹר עוֹבֵר״, אֶלָּא ״מָר עוֹבֵר״. אַל תִּקְרֵי ״שׁוֹשַׁנִּים״, אֶלָּא ״שֶׁשּׁוֹנִים״. לָא קַשְׁיָא: הָא בְּרַבָּה וְהָא בְּתַלְמִידָא. וְאִיבָּעֵית אֵימָא הָא וְהָא בְּרַבָּה, וְלָא קַשְׁיָא: הָא מִקַּמֵּי דְּלִפְתַּח, הָא לְבָתַר דִּפְתַח. כִּי הָא דְּרַבָּה מִקַּמֵּי דְּפָתַח לְהוּ לְרַבָּנַן אָמַר מִילְּתָא דִּבְדִיחוּתָא וּבָדְחִי רַבָּנַן, לְסוֹף יָתֵיב בְּאֵימְתָא וּפָתַח בִּשְׁמַעְתָּא.
Le livre des Proverbes (Michlé) aussi, on voulut le retirer de la circulation, car ses paroles se contredisent. Pourquoi ne l'ont-ils pas retiré ? Ils dirent : pour le livre de Kohélet, ne l'avons-nous pas examiné et n'y avons-nous pas trouvé d'explication ? Ici aussi, examinons. Et quelles sont ses « paroles qui se contredisent » ? Il est écrit : « Ne réponds pas au sot selon sa sottise » (Michlé 26, 4), et il est écrit : « Réponds au sot selon sa sottise » (Michlé 26, 5). Ce n'est pas difficile : l'un [« réponds »] vise les paroles de Torah, l'autre [« ne réponds pas »] les choses profanes.
וְאַף סֵפֶר מִשְׁלֵי בִּקְּשׁוּ לִגְנוֹז שֶׁהָיוּ דְּבָרָיו סוֹתְרִין זֶה אֶת זֶה. וּמִפְּנֵי מָה לֹא גְּנָזוּהוּ? אָמְרִי: סֵפֶר קֹהֶלֶת לָאו עַיְינִינַן וְאַשְׁכְּחִינַן טַעְמָא? הָכָא נָמֵי לִיעַיֵּין. וּמַאי דְּבָרָיו סוֹתְרִים זֶה אֶת זֶה? — כְּתִיב ״אַל תַּעַן כְּסִיל כְּאִוַּלְתּוֹ״, וּכְתִיב: ״עֲנֵה כְסִיל כְּאִוַּלְתּוֹ״. לָא קַשְׁיָא: הָא בְּדִבְרֵי תוֹרָה, הָא בְּמִילֵּי דְעָלְמָא.
Ainsi, pour les choses profanes : tel cet homme qui vint devant Rabbi [Yehouda HaNassi] et lui dit : ta femme est ma femme et tes enfants sont mes enfants. Il lui dit : veux-tu boire une coupe de vin ? Il but et éclata [et mourut]. De même, un homme vint devant Rabbi 'Hiya et lui dit : ta mère est ma femme, et tu es mon fils. Il lui dit : veux-tu boire une coupe de vin ? Il but et éclata. Rabbi 'Hiya dit : la prière de Rabbi lui a profité, [empêchant] que ses enfants ne soient déclarés mamzerim. Car Rabbi, lorsqu'il priait, disait : « Qu'il soit ta volonté, Éternel mon Dieu, de me délivrer aujourd'hui des insolents et de l'insolence. »
כִּי הָא דְּהָהוּא דַּאֲתָא לְקַמֵּיהּ דְּרַבִּי אֲמַר לֵיהּ: אִשְׁתְּךָ אִשְׁתִּי, וּבָנֶיךָ בָּנַי. אֲמַר לֵיהּ: רְצוֹנֶךָ שֶׁתִּשְׁתֶּה כּוֹס שֶׁל יַיִן? שָׁתָה וּפָקַע. הָהוּא דַּאֲתָא לְקַמֵּיהּ דְּרַבִּי חִיָּיא, אֲמַר לֵיהּ: אִמְּךָ אִשְׁתִּי, וְאַתָּה בְּנִי. אֲמַר לֵיהּ: רְצוֹנֶךָ שֶׁתִּשְׁתֶּה כּוֹס שֶׁל יַיִן? שָׁתָה וּפָקַע. אֲמַר רַבִּי חִיָּיא: אַהְנְיָא לֵיהּ צְלוֹתֵיהּ לְרַבִּי דְּלָא לְשַׁוּוֹיֵיהּ בְּנֵי מַמְזֵירֵי. דְּרַבִּי כִּי הֲוָה מְצַלֵּי אֲמַר: ״יְהִי רָצוֹן מִלְּפָנֶיךָ ה׳ אֱלֹהֵינוּ, שֶׁתַּצִּילֵנִי הַיּוֹם מֵעַזֵּי פָּנִים וּמֵעַזּוּת פָּנִים״.
Et pour les paroles de Torah [où l'on répond au sot selon sa sottise], quel cas ? Tel celui-ci : Rabban Gamliel siégeait et enseignait : à l'avenir [dans le monde à venir], une femme enfantera chaque jour, comme il est dit « enceinte et enfantant ensemble » (Jérémie 31, 7). Un certain élève se moqua de lui et dit : mais « il n'y a rien de nouveau sous le soleil » (Kohélet 1, 9) ! Il lui dit : viens, je te montrerai leur équivalent en ce monde. Il sortit et lui montra une poule [qui pond chaque jour].
בְּדִבְרֵי תוֹרָה מַאי הִיא? — כִּי הָא דְּיָתֵיב רַבָּן גַּמְלִיאֵל וְקָא דָרֵישׁ: עֲתִידָה אִשָּׁה שֶׁתֵּלֵד בְּכָל יוֹם, שֶׁנֶּאֱמַר ״הָרָה וְיוֹלֶדֶת יַחְדָּיו״. לִיגְלֵג עָלָיו אוֹתוֹ תַּלְמִיד, אָמַר: ״אֵין כׇּל חָדָשׁ תַּחַת הַשָּׁמֶשׁ״! אֲמַר לֵיהּ: בֹּא וְאַרְאֶךָּ דּוּגְמָתָן בָּעוֹלָם הַזֶּה. נְפַק אַחְוִי לֵיהּ תַּרְנְגוֹלֶת.
Et encore : Rabban Gamliel siégeait et enseignait : à l'avenir, les arbres produiront des fruits chaque jour, comme il est dit « il portera des rameaux et produira du fruit » (Ézéchiel 17, 23) — de même que le rameau [pousse] chaque jour, de même le fruit chaque jour. Le même élève se moqua : n'est-il pas écrit « rien de nouveau sous le soleil » ? Il lui dit : viens, je te montrerai leur équivalent en ce monde. Il sortit et lui montra un câprier [qui donne des fruits en continu].
וְתוּ, יָתֵיב רַבָּן גַּמְלִיאֵל וְקָא דָרֵישׁ: עֲתִידִים אִילָנוֹת שֶׁמּוֹצִיאִין פֵּירוֹת בְּכָל יוֹם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְנָשָׂא עָנָף וְעָשָׂה פֶרִי״ — מֶה עָנָף בְּכָל יוֹם אַף פְּרִי בְּכָל יוֹם. לִיגְלֵג עָלָיו אוֹתוֹ תַּלְמִיד, אָמַר: וְהָכְתִיב ״אֵין כׇּל חָדָשׁ תַּחַת הַשָּׁמֶשׁ״. אֲמַר לֵיהּ: בֹּא וְאַרְאֶךָּ דּוּגְמָתָם בָּעוֹלָם הַזֶּה. נְפַק אַחְוִי לֵיהּ צָלָף.
Et encore : Rabban Gamliel siégeait et enseignait : à l'avenir, la terre d'Israël produira des gâteaux tout prêts et des vêtements de laine fine, comme il est dit « qu'il y ait abondance de blé sur la terre » (Tehilim 72, 16). Le même élève se moqua et dit : « rien de nouveau sous le soleil » ! Il lui dit : viens, je te montrerai leur équivalent en ce monde. Il sortit et lui montra des truffes et des champignons [qui poussent en une nuit, ronds comme des miches], et pour le vêtement de laine, l'enveloppe fibreuse [qui gaine] le cœur du jeune palmier.
וְתוּ, יָתֵיב רַבָּן גַּמְלִיאֵל וְקָא דָרֵישׁ: עֲתִידָה אֶרֶץ יִשְׂרָאֵל שֶׁתּוֹצִיא גְּלוּסְקָאוֹת וּכְלֵי מֵילָת שֶׁנֶּאֱמַר: ״יְהִי פִסַּת בַּר בָּאָרֶץ״. לִיגְלֵג עָלָיו אוֹתוֹ תַּלְמִיד וְאָמַר: ״אֵין כׇּל חָדָשׁ תַּחַת הַשָּׁמֶשׁ״. אֲמַר לֵיהּ: בֹּא וְאַרְאֶךָּ דּוּגְמָתָן בָּעוֹלָם הַזֶּה. נְפַק אַחְוִי לֵיהּ כְּמֵיהִין וּפִטְרִיּוֹת. וְאַכְּלֵי מֵילָת — נְבָרָא בַּר קוֹרָא.
Nos maîtres ont enseigné : que l'homme soit toujours patient (anvetan) comme Hillel, et jamais irritable (kapdan) comme Chammaï. Il advint, [au sujet] de deux hommes…
תָּנוּ רַבָּנַן: לְעוֹלָם יְהֵא אָדָם עַנְוְותָן כְּהִלֵּל וְאַל יְהֵא קַפְּדָן כְּשַׁמַּאי. מַעֲשֶׂה בִּשְׁנֵי בְּנֵי אָדָם
Rachi
כל יומא דשבתא - של כל שבתות השנים:,הוה יתיב וגריס - שלא יקרב מלאך המות אליו שהתורה מגינה ממות כדאמרינן בסוטה (דף כא.):,סליק ובחיש באילני - מנענע המלאך באילנות להשמיע קול תימה:
וכלבים של בית אבא רעבים - לשתי שאלות הללו הוצרך:,ולא יפה אמר כו' - שלתקנת הכלבים לא הצריכוהו לשנות טלטול נבילה ואת האריה המת אסרו לטלטל אלא על ידי ככר או תינוק ל"א שהקדימוהו תשובת הכלב לתשובת האריה לשון רבותי:,ולענין שאילתא - דמהו לכבות:,דשאילנא קדמיכון - דרך ענוה אמר דהוה ליה למימר דשאילתון קדמי:,קרויה נר - נר אלהים נשמת אדם (משלי כ׳:כ״ז):,מוטב תכבה נרו כו' - לאו מהכא יליף חלול שבת דפיקוח נפש נפקא לן מוחי בהם ולא שימות בהם אלא להטעימן הדבר באגדה המושכת את הלב לפי שהיו באים לשמוע הדרשה נשים ועמי הארץ והיו צריכין הדרשנין למשוך את לבבם:
תחלתו וסופו - וכ"ש שיש עוד בינתיים:,קודם השמש - אם יעמול בתורה שקדמה לשמש יש יתרון:,לצוות - צוותא שולא"ש:
מהולל - משובח:,משחוק שמשחק עם הרשעים - שנותן להם שעה משחקת כדי להאכילן חלקן ולטורדן מן העולם הבא:
שמחה של מצוה - כגון הכנסת כלה:,שחוק - שחוק ממש שאין דעת שוחק מיושבת עליו ואפילו אינו של לצון מ"מ אין בו יישוב:,קלות ראש - לצון:,קחו לי מנגן - מצוה היא להשרות עליו שכינה:,לדבר הלכה - צריך לפתוח במילי דבדיחותא ברישא:,לחלום טוב - אם בא לישן מתוך שמחה מראין לו חלום טוב:
נוטפות מר - מרירות מחמת אימה:,ובדחי רבנן - נפתח לבם מחמת השמחה:
מעזי פנים - שלא יזיקוני:,ומעזות פנים - שלא יצא עלי שם ממזרות דהוא עז פנים:
בדברי תורה - מותר לענות כאולתו:,הרה ויולדת יחדיו - ביום שהרה זה יולדת ולד אחר כמו תרנגולת וכיון שמשמשת בכל יום נמצאת יולדת בכל יום דהכי משמע קרא בכל עת שהיא מתעברת יולדת שממהרת לגמור צורת הולד לזמן מועט:,בא ואראך - טרח לענותו כאולתו כדי להעמיד דברי תורה על מכונו:
ליגלג - זו אוולת:,צלף - מין אילן הטוען ג' מיני פירות אביונות וקפריסין ולולבין וכי איתיה להאי ליתיה להאי כדאמר בריש חזקת הבתים:
בר - כמו לשבור בר (בראשית מב) ולענין כלי מילת בר נקי כמו ברה כחמה (שיר ו):,פיסת בר - משמע גלוסקאות שרחבות כמין פס יד ומשמע כלי מילת כמו כתונת פסים:,כמהין ופטריות - שיוצאין כמות שהן בלילה אחד ורחבין ועגולין כגלוסקאות:,נברא בר קורא - סיב כמין לבוש מצוייר גדל סביבות הקור של דקל כשהוא רך קור ענף האילן כשהוא רך יוצא בכל שנה קודם שיתקשה קרוי קור:
Texte : Sefaria — William Davidson Edition - Vocalized Aramaic · traduction française de travail, à valider.