Guémara
[…] une lanterne qui a continué de brûler tout le jour du Chabbat, à l'issue du Chabbat on l'éteint et on la rallume comme lumière de 'Hanoukka. Certes, si tu dis que c'est l'allumage qui accomplit la mitsva, l'exigence d'éteindre la lanterne et de la rallumer pour accomplir la mitsva se comprend bien. Mais si tu dis que c'est le fait de poser la lampe qui accomplit la mitsva, cet énoncé — « on l'éteint et on la rallume » — est imprécis ; selon cette opinion, il aurait fallu dire : on l'éteint, on la soulève de sa place, on la repose et on l'allume [car seul le fait de la poser à un endroit convenable accomplirait la mitsva]. De plus, il y a une autre preuve que c'est l'allumage qui accomplit la mitsva : du fait que nous récitons la bénédiction « … qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a ordonné d'allumer la lumière de 'Hanoukka », la Guemara suggère : conclus-en que c'est l'allumage qui accomplit la mitsva, puisque c'est sur l'allumage qu'on récite la bénédiction. La Guemara conclut : en effet, conclus-en ainsi.
עֲשָׁשִׁית שֶׁהָיְתָה דּוֹלֶקֶת וְהוֹלֶכֶת כׇּל הַיּוֹם כּוּלּוֹ, לְמוֹצָאֵי שַׁבָּת מְכַבָּהּ וּמַדְלִיקָהּ. אִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא הַדְלָקָה עוֹשָׂה מִצְוָה — שַׁפִּיר. אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ הַנָּחָה עוֹשָׂה מִצְוָה, הַאי מְכַבָּהּ וּמַדְלִיקָהּ, מְכַבָּהּ וּמַגְבִּיהָהּ וּמַנִּיחָהּ וּמַדְלִיקָהּ מִיבְּעֵי לֵיהּ! וְעוֹד: מִדְּקָא מְבָרְכִינַן ״אֲשֶׁר קִדְּשָׁנוּ בְּמִצְוֹתָיו וְצִוָּנוּ לְהַדְלִיק נֵר שֶׁל חֲנוּכָּה״ — שְׁמַע מִינָּה הַדְלָקָה עוֹשָׂה מִצְוָה. שְׁמַע מִינָּה.
Et, remarque la Guemara, maintenant que nous disons que c'est l'allumage qui accomplit la mitsva, il y a des conséquences pratiques. Si un sourd-muet, un dément ou un mineur [tous de capacité intellectuelle limitée et non astreints aux mitsvot] a allumé la lumière de 'Hanoukka, il n'a rien fait [quant à la mitsva], même si un adulte astreint aux mitsvot l'a ensuite posée à sa place — car poser une lampe allumée ne constitue pas l'accomplissement de la mitsva ; l'allumage doit être fait par une personne de pleine capacité, astreinte aux mitsvot. En revanche, une femme peut certainement allumer, car Rabbi Yehochoua ben Lévi a dit : les femmes sont astreintes à l'allumage de la lumière de 'Hanoukka, car elles aussi furent incluses dans ce miracle [d'avoir été sauvées du décret de persécution].
וְהַשְׁתָּא דְּאָמְרִינַן הַדְלָקָה עוֹשָׂה מִצְוָה, הִדְלִיקָהּ חֵרֵשׁ שׁוֹטֶה וְקָטָן לֹא עָשָׂה וְלֹא כְלוּם. אִשָּׁה וַדַּאי מַדְלִיקָה, דְּאָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: נָשִׁים חַיָּיבוֹת בְּנֵר חֲנוּכָּה שֶׁאַף הֵן הָיוּ בְּאוֹתוֹ הַנֵּס.
Rav Chéchet dit : un hôte est astreint à l'allumage de la lumière de 'Hanoukka là où il est reçu. La Guemara rapporte que Rabbi Zéira dit : au début, quand j'étudiais à la yéchiva, je participais avec des peroutot [piécettes de cuivre] avec l'hôte (ouchpiza), pour être associé à la lumière qu'il allumait. Après avoir épousé ma femme, j'ai dit : maintenant je n'ai certainement plus à le faire, car on allume pour moi chez moi.
אָמַר רַב שֵׁשֶׁת: אַכְסְנַאי חַיָּיב בְּנֵר חֲנוּכָּה. אָמַר רַבִּי זֵירָא: מֵרֵישׁ כִּי הֲוֵינָא בֵּי רַב, מִשְׁתַּתַּפְנָא בִּפְרִיטֵי בַּהֲדֵי אוּשְׁפִּיזָא. בָּתַר דִּנְסֵיבִי אִיתְּתָא, אָמֵינָא: הַשְׁתָּא וַדַּאי לָא צְרִיכְנָא, דְּקָא מַדְלְקִי עֲלַי בְּגוֹ בֵּיתַאי.
Rabbi Yehochoua ben Lévi dit : toutes les huiles conviennent à la lampe de 'Hanoukka, et l'huile d'olive est la plus choisie. Abayé dit : au début, mon Maître Rabba recherchait l'huile de sésame, car il disait : la lumière de l'huile de sésame dure plus longtemps et ne brûle pas aussi vite que l'huile d'olive. Une fois qu'il eut entendu cet enseignement de Rabbi Yehochoua ben Lévi, il rechercha l'huile d'olive, car il disait : sa lumière est plus claire.
אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: כׇּל הַשְּׁמָנִים כּוּלָּן יָפִין לַנֵּר, וְשֶׁמֶן זַיִת מִן הַמּוּבְחָר. אָמַר אַבָּיֵי: מֵרֵישׁ הֲוָה מְהַדַּר מָר אַמִּשְׁחָא דְשׁוּמְשְׁמֵי. אָמַר: הַאי מְשִׁיךְ נְהוֹרֵיהּ טְפֵי. כֵּיוָן דִּשְׁמַע לַהּ לְהָא דְּרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי, מְהַדַּר אַמִּשְׁחָא דְזֵיתָא. אָמַר: הַאי צְלִיל נְהוֹרֵיהּ טְפֵי.
De même, Rabbi Yehochoua ben Lévi dit : toutes les huiles conviennent pour faire de l'encre, et l'huile d'olive est la plus choisie. Un dilemme fut posé aux Sages : que voulait dire Rabbi Yehochoua ben Lévi — que l'huile d'olive est la meilleure pour pétrir avec la suie produite par un feu [dans la fabrication de l'encre], ou pour fumer [c'est-à-dire que brûler l'huile d'olive pour en produire de la fumée est la meilleure méthode de production de la suie] ? Viens et entends de ce que Rav Chmouel bar Zoutré enseigna : toutes les huiles conviennent pour l'encre, et l'huile d'olive est la plus choisie, tant pour pétrir que pour fumer. De même, Rav Houna dit : toutes les sèves sont bonnes pour renforcer le composé de l'encre, et la sève de baume est la meilleure de toutes.
וְאָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: כׇּל הַשְּׁמָנִים יָפִין לַדְּיוֹ, וְשֶׁמֶן זַיִת מִן הַמּוּבְחָר. אִיבַּעְיָא לְהוּ: לְגַבֵּל, אוֹ לְעַשֵּׁן? תָּא שְׁמַע, דְּתָנֵי רַב שְׁמוּאֵל בַּר זוּטְרָא: כׇּל הַשְּׁמָנִים יָפִין לַדְּיוֹ, וְשֶׁמֶן זַיִת מִן הַמּוּבְחָר — בֵּין לְגַבֵּל בֵּין לְעַשֵּׁן. רַב שְׁמוּאֵל בַּר זוּטְרָא מַתְנֵי הָכִי: כׇּל הָעֲשָׁנִים יָפִין לַדְּיוֹ, וְשֶׁמֶן זַיִת מִן הַמּוּבְחָר. אָמַר רַב הוּנָא: כׇּל הַשְּׂרָפִין יָפִין לַדְּיוֹ, וּשְׂרַף קְטָף יָפֶה מִכּוּלָּם.
Rav 'Hiyya bar Achi dit au nom de Rav : celui qui allume une lumière de 'Hanoukka doit réciter une bénédiction. Et Rabbi Yirmeya dit : celui qui voit une lumière de 'Hanoukka allumée doit réciter une bénédiction [car la mitsva n'est pas seulement d'allumer, mais aussi de voir]. Rav Yéhouda dit : le premier jour de 'Hanoukka, celui qui voit les lumières allumées récite deux bénédictions, et celui qui allume en récite trois. À partir de là [le deuxième jour], celui qui allume en récite deux et celui qui voit, une. La Guemara demande : quelle bénédiction omet-il les autres jours ? La Guemara répond : il omet la bénédiction du temps (Chéhé'héyanou) — « … qui nous a fait vivre, nous a maintenus et nous a fait parvenir à ce temps ». La Guemara demande : qu'on omette plutôt la bénédiction du miracle, « … qui a fait des miracles » ! La Guemara répond : le miracle est pertinent tous les jours, tandis que « qui nous a fait vivre » ne l'est que la première fois où l'on accomplit la mitsva chaque année.
אָמַר רַב חִיָּיא בַּר אָשֵׁי אָמַר רַב: הַמַּדְלִיק נֵר שֶׁל חֲנוּכָּה צָרִיךְ לְבָרֵךְ. וְרַב יִרְמְיָה אָמַר: הָרוֹאֶה נֵר שֶׁל חֲנוּכָּה צָרִיךְ לְבָרֵךְ. אָמַר רַב יְהוּדָה: יוֹם רִאשׁוֹן, הָרוֹאֶה מְבָרֵךְ שְׁתַּיִם, וּמַדְלִיק מְבָרֵךְ שָׁלֹשׁ. מִכָּאן וְאֵילָךְ, מַדְלִיק מְבָרֵךְ שְׁתַּיִם, וְרוֹאֶה מְבָרֵךְ אַחַת. מַאי מְמַעֵט? מְמַעֵט זְמַן: וְנִימְעוֹט נֵס! — נֵס כׇּל יוֹמֵי אִיתֵיהּ.
Et quelle bénédiction récite-t-on ? Il récite : « … qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a ordonné d'allumer la lumière de 'Hanoukka ». La Guemara demande : et où nous l'a-t-Il ordonné ? [La mitsva de 'Hanoukka n'est pas mentionnée dans la Torah ; comment dire qu'elle nous fut ordonnée par D.ieu ?] La Guemara répond que Rav Avya dit : l'obligation se déduit du verset « tu ne te détourneras pas de la sentence qu'ils te déclareront, ni à droite ni à gauche » (Devarim 17, 11) — de là se déduit la mitsva, incombant à tout Israël, d'obéir aux paroles et décrets des Sages ; celui qui suit leurs directives accomplit donc un commandement divin. Rav Né'hemya dit : la mitsva d'écouter la voix des Anciens d'Israël se déduit du verset « interroge ton père, il te l'apprendra, tes Anciens, ils te le diront » (Devarim 32, 7).
מַאי מְבָרֵךְ? — מְבָרֵךְ: ״אֲשֶׁר קִדְּשָׁנוּ בְּמִצְוֹתָיו וְצִוָּנוּ לְהַדְלִיק נֵר שֶׁל חֲנוּכָּה״. וְהֵיכָן צִוָּנוּ? רַב אַוְיָא אָמַר: מִ״לֹּא תָסוּר״. רַב נְחֶמְיָה אָמַר: ״שְׁאַל אָבִיךָ וְיַגֵּדְךָ זְקֵנֶיךָ וְיֹאמְרוּ לָךְ״.
Rav Amram objecta de ce que nous avons appris dans une MISHNA : à propos du demaï [grain acquis d'un am haarets dont on doute s'il a été dîmé], on peut s'en servir pour établir un érouv [de cours et de limites] et la fusion des ruelles, on récite une bénédiction avant et après l'avoir mangé, et on invite au zimoun [pour la Birkat haMazon] après en avoir mangé. [Bien que les Sages aient exigé d'en prélever les dîmes, ils en permirent l'usage à des fins déterminées et en cas de nécessité.] Et ils dirent qu'on peut en prélever la dîme nu, et au crépuscule de la veille de Chabbat [moment où prélever d'un tével avéré est interdit]. Or, si tu dis que toute action instituée par ordonnance rabbinique requiert une bénédiction [l'accomplissement des ordonnances rabbiniques se fondant sur « tu ne te détourneras pas »], comment, ici, nu, peut-il réciter une bénédiction ? Ne requiert-on pas l'accomplissement de « que ton camp soit saint, qu'Il ne voie chez toi rien d'inconvenant et ne se détourne de toi » (Devarim 23, 15) ? Or le camp n'est pas saint quand on récite une bénédiction nu. Abayé dit : il y a lieu de distinguer — là où il y a une mitsva rabbinique certaine, une bénédiction est requise ; là où l'ordonnance rabbinique fut instituée à cause d'un doute [comme le demaï, peut-être déjà dîmé], une bénédiction n'est pas requise.
מֵתִיב רַב עַמְרָם: הַדְּמַאי, מְעָרְבִין בּוֹ וּמִשְׁתַּתְּפִין בּוֹ וּמְבָרְכִין עָלָיו וּמְזַמְּנִין עָלָיו וּמַפְרִישִׁין אוֹתוֹ עָרוֹם וּבֵין הַשְּׁמָשׁוֹת. וְאִי אָמְרַתְּ כׇּל מִדְּרַבָּנַן בָּעֵי בְּרָכָה, הָכָא כִּי קָאֵי עָרוֹם הֵיכִי מְבָרֵךְ? וְהָא בָּעֵינַן וְהָיָה מַחֲנֶיךָ קָדוֹשׁ — וְלֵיכָּא! אָמַר אַבָּיֵי: וַדַּאי דְּדִבְרֵיהֶם בָּעֵי בְּרָכָה, סָפֵק דְּדִבְרֵיהֶם לָא בָּעֵי בְּרָכָה.
La Guemara demande : le second jour de fête en Diaspora n'est-il pas une ordonnance rabbinique instituée à cause d'un doute [lequel du premier ou du second jour est la vraie fête], et pourtant une bénédiction est requise [on récite le second jour les mêmes bénédictions que le premier] ? La Guemara répond : là, dans le cas du second jour de fête, les bénédictions sont requises pour qu'on ne le traite pas avec dédain [sans quoi on prendrait sa sainteté à la légère]. Rava donna une autre raison : le demaï n'est pas vraiment une ordonnance instituée à cause d'un doute, car dans la plupart des cas un am haarets dîme ; la crainte qu'il ne dîme pas n'est pas un doute à part entière, mais une simple suspicion pour laquelle les Sages n'ont pas institué de bénédiction. Il n'en va pas de même du second jour de fête : bien qu'institué à cause d'un doute, il a été institué par les Sages, et l'on est tenu d'y réciter une bénédiction comme pour les autres ordonnances rabbiniques.
וְהָא יוֹם טוֹב שֵׁנִי דִּסְפֵק דִּבְרֵיהֶם הוּא, וּבָעֵי בְּרָכָה? הָתָם כִּי הֵיכִי דְּלָא לִיזַלְזְלוּ בֵּהּ. רָבָא אָמַר: רוֹב עַמֵּי הָאָרֶץ מְעַשְּׂרִין הֵן.
Rav Houna dit : une cour qui a deux entrées requiert deux lampes [une à chaque entrée], pour qu'il soit manifeste que les résidents de cette cour allument comme il faut. Et Rava dit : nous n'avons dit cela que dans le cas où les deux entrées donnent sur deux directions différentes ; mais si elles donnent toutes deux dans la même direction, on n'a pas à allumer à plus d'une entrée. La Guemara clarifie : quelle en est la raison ? Si tu dis que c'est à cause du soupçon [de ceux qui voient une entrée sans lampe et croient qu'il n'allume pas la lumière de 'Hanoukka] — de quel soupçon nous soucions-nous ? Si c'est celui des gens qui n'habitent pas la ville et ne connaissent pas les locataires de la cour, alors, même quand les deux entrées donnent dans la même direction, qu'on exige d'allumer aux deux [les visiteurs ignorant qu'il y a deux entrées] ; et si c'est celui des résidents de la ville, alors, même quand les deux entrées donnent sur des directions différentes, qu'on n'exige pas d'allumer aux deux [les locaux sachant qu'une seule personne habite la cour]. La Guemara répond : en réalité, c'est à cause du soupçon des résidents de la ville, qui parfois passent par cette entrée et non par l'autre, et se disent : de même qu'il n'a pas allumé à cette entrée, à l'autre non plus il n'a pas allumé. Pour éviter le soupçon, mieux vaut allumer aux deux.
אָמַר רַב הוּנָא: חָצֵר שֶׁיֵּשׁ לָהּ שְׁנֵי פְּתָחִים צְרִיכָה שְׁתֵּי נֵרוֹת. (וְאָמַר) [אָמַר] רָבָא: לָא אֲמַרַן אֶלָּא מִשְׁתֵּי רוּחוֹת, אֲבָל מֵרוּחַ אַחַת — לָא צְרִיךְ. מַאי טַעְמָא? אִילֵּימָא מִשּׁוּם חֲשָׁדָא — חֲשָׁדָא דְמַאן? אִילֵּימָא חֲשָׁדָא דְעָלְמָא — אֲפִילּוּ בְּרוּחַ אַחַת נָמֵי לִיבְעֵי! אִי חֲשָׁדָא דִּבְנֵי מָתָא — אֲפִילּוּ מִשְׁתֵּי רוּחוֹת נָמֵי לָא לִיבְעֵי. לְעוֹלָם מִשּׁוּם חֲשָׁדָא דִּבְנֵי מָתָא, וְזִימְנִין דְּחָלְפִי בְּהַאי וְלָא חָלְפִי בְּהַאי, וְאָמְרִי: כִּי הֵיכִי דִּבְהַאי פִּיתְחָא לָא אַדְלִיק — בְּהָךְ פִּיתְחָא נָמֵי לָא אַדְלִיק.
Et d'où dis-tu qu'on se soucie du soupçon ? Comme on l'a enseigné dans une Tossefta : Rabbi Chimon dit : pour quatre raisons la Torah a dit de laisser la péa [la part des récoltes pour les pauvres] précisément au bout du champ [et non au milieu, en cours de moisson] : à cause du vol des pauvres, à cause de l'oisiveté imposée aux pauvres, à cause du soupçon, et à cause du verset « tu n'achèveras pas de moissonner le coin de ton champ » (Vayikra 23, 22). La Guemara explique : « à cause du vol des pauvres » — pour que le propriétaire ne saisisse pas un moment où le champ est désert, sans pauvres alentour [et ne dise à un parent pauvre : « ceci est la péa », au lieu et au moment de son choix, dissimulant ainsi aux autres pauvres qu'il y a de la péa dans son champ].
וּמְנָא תֵּימְרָא דְּחָיְישִׁינַן לַחֲשָׁד? — דְּתַנְיָא אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן: בִּשְׁבִיל אַרְבָּעָה דְּבָרִים אָמְרָה תּוֹרָה לְהַנִּיחַ פֵּיאָה בְּסוֹף שָׂדֵהוּ: מִפְּנֵי גֶּזֶל עֲנִיִּים, וּמִפְּנֵי בִּיטּוּל עֲנִיִּים, וּמִפְּנֵי הַחֲשָׁד, וּמִשּׁוּם ״בַּל תְּכַלֶּה״. מִפְּנֵי גֶּזֶל עֲנִיִּים — שֶׁלֹּא יִרְאֶה בַּעַל הַבַּיִת שָׁעָה פְּנוּיָיה וְיֹאמַר לִקְרוֹבוֹ עָנִי: ״הֲרֵי זוֹ פֵּאָה״.
Rachi
עששית - כלי גדול של זכוכית בלעז לנטרנ"א:,דולקת - שהדליקה למצות חנוכה בע"ש:,ומדליקה - למצות הלילה:
היו באותו הנס - שגזרו יוונים על כל בתולות הנשואות להיבעל לטפסר תחלה ועל יד אשה נעשה הנס:
אכסנאי - אורח:,בתר דנסיבי - ופעמים שהייתי אכסנאי ללמוד תורה:,עלי - בשבילי:,בגו ביתאי - בביתי:
משוך נהוריה - אינו ממהר לכלות כשמן זית:,צליל נהוריה - צלול ומאיר:
לגבל - מצאתי בתשוב' הגאוני' שמעשנין כלי זכוכית בעשן שמן זית עד שמשחיר וגורר השחרורי' ונותן בו שמן קימעא ומגבל בו ומייבשו בחמה וממחה אותו לתוך הדיו:,לעשן - נמי כדפרישית:,שרף - גומ"א:,קטף - פרוניי"ל של יער כמו שאנו עושים משל שרף:
הרואה - העובר בשוק ורואה באחד החצרות דולק ומצאתי בשם רבינו יצחק בן יהודה שאמר משם רבינו יעקב דלא הוזקקה ברכה זו אלא למי שלא הדליק בביתו עדיין או ליושב בספינ':,הרואה מברך שתים - שעשה נסים ושהחיינו שאין עליו לברך להדליק דהא לא אדליק איהו:,מאי ממעט - המדליק בשאר ימים איזו מן השלש ממעט:,כל יומי איתיה - שהרי כל שמנה הדליקו מן הפך אבל זמן משהגיענו להתחלת זמן הגיענו:
היכן צונו - הא לאו דאורייתא היא אלא מדבריהם:,מלא תסור - מן הדבר אשר יגידו לך וגו':
מערבין בו - עירובי חצרות ותחומין:,משתתפין בו - במבוי דאי בעי מפקר לנכסיה והוה עני וחזי ליה כדתנן מאכילין את העניים דמאי הלכך חשוב דידיה:,ומברכין עליו - המוציא:,ומזמנין עליו - ברכת הזימון:,ומפריש אותו - אדם שהוא ערום כלומר דלא צריך לברוכי עליה בהפרשתו:,והיה מחניך קדוש - ולא יראה בך ערות דבר אפילו דבור דהזכרת השם לא יראה בך ערות דבר:,ודאי דדבריהם - כגון נר חנוכה:,ספק דדבריהם - כגון דמאי שהפרשתו אינה אלא מספק:
ובעי ברכה - קדוש היום:,רבא אמר - ספק דדבריהם בעי ברכה ודמאי אפילו ספק לא הוי אלא חומרא בעלמא דרוב עמי הארץ מעשרין:
חצר שיש לה ב' פתחים - שיש לבית ב' פתחים פתוחים לחצר צריכ' שתי נרות נר לכל פתח כדמפ' טעמא משום חשדא שהרואה יהא סבור שהבית חלוק והרי הוא של שני בני אדם ויאמרו האחד אינו מקיים מצות נר:,מב' רוחות - אחד בצפון ואחד במזרח:,חשדא דעלמא - בני עיר אחרת העוברין משם בשוק:,אפי' מרוח אחת נמי - סבורין הן שהבית חלוק מתוכו:,ואי חשדא דבני מתא - שיודעים שאין חלוק:
לסוף שדהו - בגמר קצירו כדכתי' לא תכלה משמע בשעת כילוי ולא שיקצה אותה קודם לכן:,מפני בטול עניים - וכולהו מפרש להו:,שעה פנויה - שאין עניים אצלו ויאמר לקרובו עני מהר וטול כאן עד שלא יבאו אחרים אבל עכשיו שמניחה בגמר קציר השד' העניים רואין ובאין:
Tossafot
מכבה ומגביהה ומניחה וחוזר ומדליק מיבעי ליה - וא"ת אמאי מכבה וחוזר ומדליק בהגבהה סגי כיון דהנחה עושה מצוה דאטו מי גרע דלוקה ועומדת מהדליקה חש"ו וי"ל דמיירי שהדליקה מתחלתה לצורך שבת ולכך גרע מהדליקה חש"ו דהתם שמדליקה בעתה ניכר הדבר שהוא מדליקה לשם חנוכה. ריב"א:,שמע מינה הדלקה עושה מצוה - וא"כ מותר להדליק מנר לנר ומכל מקום כיון שנהגו העולם להחמיר אין לשנות המנהג:
מריש הוה מהדר מר אמשחא דשומשמי - נראה דאנר חנוכה קאי ומשום טעמא דמסיק דנפיש נהוריה טפי אבל לנר שבת פשיטא דשמן זית מצוה מן המובחר לפי שנמשך אחר הפתילה טפי מכולהו כדמוכח במתניתין דכולהו מודו ביה דמדליקין:
כל השרפים יפים לדיו - פירש בקונטרס שרף גומא ואין נראה לר"ת דהא דיו אין זה גומא כדאמרינן בפ"ב דגיטין (דף יט. ושם) בכל כותבין בדיו בסם ובסקרא ובקומוס ומפרש בגמרא קומוס גומא ודיו נמי אין זה מי עפצים שרגילין להניח בהן גומא דהא בברייתא קתני התם כתבו במי טריא ועפצא דהיינו עפצים כשר משמע דלאו היינו דיו דקתני במתניתין ועוד דכשר משמע דיעבד ובדיו היא עיקר הכתיבה ועוד דבפרק כל היד (נדה דף כ. ושם) אמרינן פלי קורטא דדיותא ובדיק דהיינו דיו שלנו שהוא קשה ולא של עפצים ואין דרך להניח גומא לתוך דיו שלנו אלא שרף [דהכא] היינו לחלוחית של אילן כמו שאנו עושין דיו שלנו וכן יש בנדה בפ"ק (דף י:) גבי בתולה זו שירפה מצוי וזו אין שירפה מצוי וכן בפ' כל שעה (פסחים לט. ושם) ירק מר יש לו שרף ופניו מכסיפין דע"כ ההוא שרף היינו לחלוחית ועל כן היה פוסל ר"ת ס"ת שאין כותבין בדיו שלנו דשאר לא מיקרי דיו כדפי' ואמרי' בפ' הבונה (לקמן שבת קג:) כתבו שלא בדיו הרי אלו יגנזו ומוקמי' לה בהקומץ רבה (מכחות דף לד) בס"ת:
Texte : Sefaria — William Davidson Edition - Vocalized Aramaic · traduction française de travail, à valider.