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Traité Shabbat

21b

Étude de Shabbat 21b

Étude de la Guémara 21b

Guémara
[…] on n'est pas tenu de s'en occuper ; il n'y a donc pas de raison de s'assurer dès le départ de l'allumer avec des matières qui brûlent bien, car même si elle s'éteint, on n'est pas tenu de la rallumer. Mais il tient aussi qu'il est permis d'utiliser sa lumière ; il faut donc s'assurer que la mèche brûle bien le Chabbat, sinon on risque d'en venir à ajuster la flamme pour utiliser sa lumière. La troisième opinion est celle que Rabbi Zéira dit au nom de Rav Mattana — et certains disent : Rabbi Zéira au nom de Rav : les mèches et les huiles dont les Sages ont dit qu'on ne peut allumer avec elles le Chabbat, on peut néanmoins allumer avec elles à 'Hanoukka, tant en semaine que le Chabbat. Rabbi Yirmeya dit : quelle est la raison de Rav ? Il tient que, si elle s'éteint, on n'est pas tenu de s'en occuper et de la rallumer, et qu'il est interdit d'utiliser sa lumière ; par conséquent, même le Chabbat, il n'y a pas à craindre qu'il vienne à ajuster la mèche, puisqu'il est interdit d'utiliser sa lumière.
אֵין זָקוּק לָהּ, וּמוּתָּר לְהִשְׁתַּמֵּשׁ לְאוֹרָהּ. אָמַר רַבִּי זֵירָא אָמַר רַב מַתְנָה, וְאָמְרִי לַהּ אָמַר רַבִּי זֵירָא אָמַר רַב: פְּתִילוֹת וּשְׁמָנִים שֶׁאָמְרוּ חֲכָמִים אֵין מַדְלִיקִין בָּהֶן בְּשַׁבָּת, מַדְלִיקִין בָּהֶן בַּחֲנוּכָּה, בֵּין בַּחוֹל בֵּין בְּשַׁבָּת. אָמַר רַבִּי יִרְמְיָה: מַאי טַעְמָא דְּרַב? — קָסָבַר: כָּבְתָה אֵין זָקוּק לָהּ, וְאָסוּר לְהִשְׁתַּמֵּשׁ לְאוֹרָהּ.
La Guemara rapporte que les Sages énoncèrent cette halakha devant Abayé au nom de Rabbi Yirmeya, et il ne l'accepta pas, car il ne tenait pas Rabbi Yirmeya en haute estime. Mais plus tard, quand Ravin vint d'Erets Israël à Babylone, les Sages énoncèrent cette halakha devant Abayé au nom de Rabbi Yo'hanan, et il l'accepta. Alors Abayé dit avec regret : si j'en avais été digne, j'aurais appris cette halakha dès le début. La Guemara s'étonne : ne l'a-t-il pas finalement apprise et acceptée ? Qu'importe de qui et à quel moment il l'a apprise ? La Guemara répond : la différence pratique concerne le savoir acquis dans la jeunesse, qui se retient mieux.
אַמְרוּהָ רַבָּנַן קַמֵּיהּ דְּאַבָּיֵי מִשְּׁמֵיהּ דְּרַבִּי יִרְמְיָה, וְלָא קַבְּלַהּ. כִּי אֲתָא רָבִין אַמְרוּהָ רַבָּנַן קַמֵּיהּ דְּאַבָּיֵי מִשְּׁמֵיהּ דְּרַבִּי יוֹחָנָן, וְקַבְּלַהּ. אֲמַר: אִי זְכַאי, גְּמִירְתַּיהּ לִשְׁמַעְתֵּיהּ מֵעִיקָּרָא. וְהָא גַּמְרַהּ! נָפְקָא מִינַּהּ לְגִירְסָא דְיַנְקוּתָא.
À propos de l'opinion selon laquelle on n'a pas à rallumer la lumière de 'Hanoukka si elle s'éteint, la Guemara demande : est-il vrai que, si elle s'éteint, on n'est pas tenu de s'en occuper ? La Guemara soulève une contradiction de ce qui fut enseigné dans une baraïta : la mitsva d'allumer les lumières de 'Hanoukka va du coucher du soleil jusqu'à ce que cesse le passage au marché. Cela ne veut-il pas dire que, si la lumière s'éteint, il doit la rallumer pour qu'elle reste allumée pendant toute cette durée ? La Guemara répond : non, la baraïta peut s'entendre autrement — que celui qui n'a pas encore allumé au coucher du soleil peut encore allumer les lumières de 'Hanoukka jusqu'à ce que cesse le passage. Ou bien on peut dire que cela concerne la mesure [de l'huile] : il doit préparer une mèche et une huile suffisantes pour brûler du coucher du soleil jusqu'à ce que cesse le passage ; s'il l'a fait, même si la lumière s'éteint avant, il n'a pas à la rallumer.
וְכָבְתָה אֵין זָקוּק לָהּ? וּרְמִינְהוּ: מִצְוָתָהּ מִשֶּׁתִּשְׁקַע הַחַמָּה עַד שֶׁתִּכְלֶה רֶגֶל מִן הַשּׁוּק. מַאי לָאו, דְּאִי כָּבְתָה הֲדַר מַדְלֵיק לָהּ! לָא, דְּאִי לָא אַדְלֵיק — מַדְלֵיק. וְאִי נָמֵי לְשִׁיעוּרַהּ.
L'expression « jusqu'à ce que cesse le passage au marché » étant mentionnée ici, la Guemara demande : jusqu'à quand exactement ? Rabba bar bar 'Hana dit au nom de Rabbi Yo'hanan : jusqu'à ce que cesse le passage des gens de Tadmor (tarmodaé). Ils vendaient du bois d'allumage et restaient au marché plus tard que tous : ceux qui découvraient au coucher du soleil qu'ils étaient à court de bois pouvaient leur en acheter.
עַד שֶׁתִּכְלֶה רֶגֶל מִן הַשּׁוּק. וְעַד כַּמָּה? אָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: עַד דְּכָלְיָא רִיגְלָא דְתַרְמוֹדָאֵי.
Les Sages ont enseigné dans une baraïta : la mitsva fondamentale de 'Hanoukka est, chaque jour, une lumière allumée par une personne [le chef de famille] pour lui-même et sa maisonnée. Et les mehadrin [ceux qui sont scrupuleux dans les mitsvot] : une lumière pour chacun des membres de la maisonnée. Et les mehadrin min hamehadrin [plus scrupuleux encore] font varier chaque jour le nombre de lumières. Beth Chammaï et Beth Hillel divergent sur la nature de cette variation. Beth Chammaï disent : le premier jour, on allume huit lumières, puis on diminue progressivement leur nombre jusqu'à n'en allumer qu'une le dernier jour de 'Hanoukka. Et Beth Hillel disent : le premier jour on en allume une, puis on augmente progressivement leur nombre jusqu'à en allumer huit le dernier jour.
תָּנוּ רַבָּנַן: מִצְוַת חֲנוּכָּה, נֵר אִישׁ וּבֵיתוֹ. וְהַמְהַדְּרִין, נֵר לְכׇל אֶחָד וְאֶחָד. וְהַמְהַדְּרִין מִן הַמְהַדְּרִין, בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: יוֹם רִאשׁוֹן מַדְלִיק שְׁמֹנָה, מִכָּאן וְאֵילָךְ פּוֹחֵת וְהוֹלֵךְ. וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים: יוֹם רִאשׁוֹן מַדְלִיק אַחַת, מִכָּאן וְאֵילָךְ מוֹסִיף וְהוֹלֵךְ.
Oulla dit : il y avait deux amoraïm en Occident [Erets Israël] qui divergeaient sur ce litige, Rabbi Yossé bar Avin et Rabbi Yossé bar Zevida. L'un disait : la raison de Beth Chammaï est que le nombre de lumières correspond aux jours à venir [le premier jour il reste huit jours, on allume huit ; le deuxième il en reste sept, on allume sept, etc.] ; et la raison de Beth Hillel est que le nombre de lumières correspond aux jours écoulés [chaque jour, autant de lumières que de jours de 'Hanoukka déjà observés]. Et l'autre disait : la raison de Beth Chammaï est que le nombre de lumières correspond aux taureaux de la fête de Souccot [treize étaient offerts le premier jour, puis un de moins chaque jour suivant (Bamidbar 29, 12-31)] ; et la raison de Beth Hillel repose sur le principe : on s'élève en matière de sainteté et on ne descend pas.
אָמַר עוּלָּא: פְּלִיגִי בַּהּ תְּרֵי אָמוֹרָאֵי בְּמַעְרְבָא, רַבִּי יוֹסֵי בַּר אָבִין וְרַבִּי יוֹסֵי בַּר זְבִידָא. חַד אָמַר טַעְמָא דְּבֵית שַׁמַּאי כְּנֶגֶד יָמִים הַנִּכְנָסִין, וְטַעְמָא דְּבֵית הִלֵּל כְּנֶגֶד יָמִים הַיּוֹצְאִין. וְחַד אָמַר טַעְמָא דְּבֵית שַׁמַּאי כְּנֶגֶד פָּרֵי הַחַג, וְטַעְמָא דְּבֵית הִלֵּל דְּמַעֲלִין בַּקֹּדֶשׁ וְאֵין מוֹרִידִין.
Rabba bar bar 'Hana dit au nom de Rabbi Yo'hanan : il y avait deux Anciens à Sidon, l'un agissant selon Beth Chammaï, l'autre selon Beth Hillel. Chacun donnait une raison de ses actes : l'un, que le nombre de lumières correspond aux taureaux de la Fête ; et l'autre, que le nombre de lumières repose sur le principe : on s'élève en matière de sainteté et on ne descend pas.
אָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: שְׁנֵי זְקֵנִים הָיוּ בְּצַיְדָּן. אֶחָד עָשָׂה כְּבֵית שַׁמַּאי וְאֶחָד עָשָׂה כְּדִבְרֵי בֵּית הִלֵּל. זֶה נוֹתֵן טַעַם לִדְבָרָיו כְּנֶגֶד פָּרֵי הַחַג, וְזֶה נוֹתֵן טַעַם לִדְבָרָיו דְּמַעֲלִין בַּקֹּדֶשׁ וְאֵין מוֹרִידִין.
Les Sages ont enseigné dans une baraïta : c'est une mitsva de placer la lampe de 'Hanoukka à l'entrée de sa maison, à l'extérieur, pour que tous la voient. S'il habite à l'étage, il la place à la fenêtre donnant sur le domaine public. Et en temps de danger [quand les nations décrétaient l'interdiction d'allumer], il la place sur la table, et cela suffit à acquitter son obligation.
תָּנוּ רַבָּנַן: נֵר חֲנוּכָּה מִצְוָה לְהַנִּיחָהּ עַל פֶּתַח בֵּיתוֹ מִבַּחוּץ. אִם הָיָה דָּר בַּעֲלִיָּיה — מַנִּיחָהּ בַּחַלּוֹן הַסְּמוּכָה לִרְשׁוּת הָרַבִּים. וּבִשְׁעַת הַסַּכָּנָה — מַנִּיחָהּ עַל שֻׁלְחָנוֹ וְדַיּוֹ.
Rava dit : il faut allumer une autre lumière, en plus des lumières de 'Hanoukka, pour utiliser sa lumière [car il est interdit d'utiliser la lumière des lumières de 'Hanoukka]. Et s'il y a un foyer, il n'a pas besoin d'allumer une lumière supplémentaire, car il peut en utiliser la lumière. Toutefois, si c'est un personnage important, peu accoutumé à utiliser la lumière d'un foyer, même s'il y a un foyer, il doit allumer une autre lumière.
אָמַר רָבָא: צָרִיךְ נֵר אַחֶרֶת לְהִשְׁתַּמֵּשׁ לְאוֹרָהּ. וְאִי אִיכָּא מְדוּרָה — לֹא צָרִיךְ. וְאִי אָדָם חָשׁוּב הוּא — אַף עַל גַּב דְּאִיכָּא מְדוּרָה צָרִיךְ נֵר אַחֶרֶת.
La Guemara demande : qu'est-ce que 'Hanoukka, et pourquoi allume-t-on des lumières à 'Hanoukka ? La Guemara répond : les Sages ont enseigné dans la Méguilat Taanit : le vingt-cinq Kislev commencent les huit jours de 'Hanoukka ; on n'y prononce pas d'oraison funèbre et on n'y jeûne pas. Quelle en est la raison ? Lorsque les Grecs entrèrent dans le Sanctuaire, ils souillèrent toutes les huiles qui s'y trouvaient ; et quand la royauté hasmonéenne l'emporta sur eux et les vainquit, on chercha et l'on ne trouva qu'une seule fiole d'huile, scellée du sceau du Cohen Gadol, intacte — il n'y avait là d'huile que pour allumer la Ménora un seul jour. Un miracle se produisit, et l'on en alluma la Ménora huit jours. L'année suivante, les Sages instituèrent ces jours et en firent des jours de fête, avec récitation du Hallel et action de grâce dans la prière et les bénédictions.
מַאי חֲנוּכָּה? דְּתָנוּ רַבָּנַן: בְּכ״ה בְּכִסְלֵיו יוֹמֵי דַחֲנוּכָּה תְּמָנְיָא אִינּוּן דְּלָא לְמִסְפַּד בְּהוֹן וּדְלָא לְהִתְעַנּוֹת בְּהוֹן. שֶׁכְּשֶׁנִּכְנְסוּ יְוָוֽנִים לַהֵיכָל טִמְּאוּ כׇּל הַשְּׁמָנִים שֶׁבַּהֵיכָל. וּכְשֶׁגָּבְרָה מַלְכוּת בֵּית חַשְׁמוֹנַאי וְנִצְּחוּם, בָּדְקוּ וְלֹא מָצְאוּ אֶלָּא פַּךְ אֶחָד שֶׁל שֶׁמֶן שֶׁהָיָה מוּנָּח בְּחוֹתָמוֹ שֶׁל כֹּהֵן גָּדוֹל, וְלֹא הָיָה בּוֹ אֶלָּא לְהַדְלִיק יוֹם אֶחָד. נַעֲשָׂה בּוֹ נֵס וְהִדְלִיקוּ מִמֶּנּוּ שְׁמוֹנָה יָמִים. לְשָׁנָה אַחֶרֶת קְבָעוּם וַעֲשָׂאוּם יָמִים טוֹבִים בְּהַלֵּל וְהוֹדָאָה.
Nous avons appris là-bas, dans une Michna [sur les dommages] : dans le cas d'une étincelle qui jaillit de sous un marteau, sort de l'atelier de l'artisan et cause un dommage, celui qui a frappé du marteau est responsable. De même, dans le cas d'un chameau chargé de lin qui passe dans le domaine public, dont le lin pénètre dans une boutique, prend feu à la lampe du boutiquier et incendie le bâtiment, le propriétaire du chameau est responsable [puisque son lin a pénétré dans le domaine d'autrui, où il n'avait pas la permission d'entrer, tout le dommage résulte de sa négligence]. Mais si le boutiquier a placé sa lampe à l'extérieur de la boutique et qu'elle a mis le feu au lin, c'est le boutiquier qui est responsable [ayant placé la lampe hors de son domaine, où il n'avait pas le droit de la mettre].
תְּנַן הָתָם: גֵּץ הַיּוֹצֵא מִתַּחַת הַפַּטִּישׁ וְיָצָא וְהִזִּיק — חַיָּיב. גָּמָל שֶׁטָּעוּן פִּשְׁתָּן וְהוּא עוֹבֵר בִּרְשׁוּת הָרַבִּים וְנִכְנְסָה פִּשְׁתָּנוֹ לְתוֹךְ הַחֲנוּת וְדָלְקָה בְּנֵרוֹ שֶׁל חֶנְוָנִי וְהִדְלִיק אֶת הַבִּירָה — בַּעַל הַגָּמָל חַיָּיב. הִנִּיחַ חֶנְוָנִי אֶת נֵרוֹ מִבְּחוּץ — חֶנְוָנִי חַיָּיב.
Rabbi Yéhouda dit : si le lin a pris feu à la lampe de 'Hanoukka que le boutiquier avait placée à l'extérieur, à l'entrée de sa boutique, il n'est pas responsable, car en ce cas il lui est permis de placer sa lampe à l'extérieur. Ravina dit au nom de Rabba : c'est dire que c'est une mitsva de placer la lampe de 'Hanoukka dans les dix téfa'him à partir du sol. Car si tu pensais qu'on peut la placer au-dessus de dix téfa'him, pourquoi le boutiquier serait-il exempté ? Que le propriétaire du chameau lui dise : tu aurais dû placer la lampe au-dessus de la hauteur d'un chameau et de son cavalier, et aucun dommage n'aurait été causé ! La Guemara écarte : peut-être est-il aussi permis de placer la lampe de 'Hanoukka au-dessus de dix téfa'him, et la raison pour laquelle Rabbi Yéhouda a exempté le boutiquier tient au souci de l'observance de la mitsva — il tenait que, si on l'accable trop, il en viendra à renoncer à la mitsva d'allumer les lumières de 'Hanoukka ; puisque le boutiquier a placé la lampe à l'extérieur sur l'injonction des Sages, on ne doit pas exiger de lui des précautions supplémentaires.
רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: בְּנֵר חֲנוּכָּה — פָּטוּר. אָמַר רָבִינָא מִשּׁוּם דְּרַבָּה: זֹאת אוֹמֶרֶת נֵר חֲנוּכָּה מִצְוָה לְהַנִּיחָהּ בְּתוֹךְ עֲשָׂרָה. דְּאִי סָלְקָא דַּעְתָּךְ לְמַעְלָה מֵעֲשָׂרָה, לֵימָא לֵיהּ: הָיָה לָךְ לְהַנִּיחַ לְמַעְלָה מִגָּמָל וְרוֹכְבוֹ! וְדִילְמָא, אִי מַיטְּרְחָא לֵיהּ טוּבָא אָתֵי לְאִימְּנוֹעֵי מִמִּצְוָה.
Shabbat 21b
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