Guémara
[Cette baraïta qui permet de pétrir avec un changement] est l'opinion de Rabbi Yossi fils de Rabbi Yehouda. Et cette permission ne s'applique que dans un cas où l'on modifie la manière dont on pétrit. La Guemara demande : comment modifie-t-on la manière de pétrir ? Rav 'Hisda dit : on ne pétrit pas la pâte d'un seul coup, mais petit à petit (al yad al yad).
רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי יְהוּדָה הִיא. וְהָנֵי מִילֵּי הוּא דִּמְשַׁנֵּי. הֵיכִי מְשַׁנֵּי? אָמַר רַב חִסְדָּא: עַל יָד עַל יָד.
Il a été enseigné de même : et ils s'accordent qu'on peut remuer le chatit — orge grillée à laquelle on ajoute du miel — le Chabbat, et boire de la bière égyptienne (zeitom ha-mitsri), car cela n'est pas considéré comme à usage médicinal. La Guemara demande : n'as-tu pas dit « on ne pétrit pas » ? Cela contredit l'affirmation selon laquelle ils s'accordent qu'il est permis de remuer le chatit. La Guemara répond : ce n'est pas une difficulté, car il y a une distinction entre les cas. Cette discussion au sujet du chatit concerne un mélange épais (avé), qui ressemble à du pétrissage. En revanche, l'affirmation où ils s'accordent que remuer est permis concerne un mélange mou et liquide (raka), qui ne peut pas être pétri. Et toutes ces permissions ne valent que dans un cas où l'on modifie la manière dont on pétrit ou remue.
וְשָׁוִין שֶׁבּוֹחֲשִׁין אֶת הַשַּׁתִּית בַּשַּׁבָּת וְשׁוֹתִים זֵיתוֹם הַמִּצְרִי. וְהָאָמְרַתְּ ״אֵין גּוֹבְלִין״! לָא קַשְׁיָא: הָא בְּעָבָה, הָא בְּרַכָּה. וְהָנֵי מִילֵּי הוּא דִּמְשַׁנֵּי.
La Guemara demande : comment modifie-t-on la manière dont on accomplit ces actions ? Rav Yossef dit : en semaine, on met d'abord le vinaigre dans le récipient puis on ajoute le chatit ; le Chabbat, on met d'abord le chatit puis on ajoute le vinaigre. La Guemara rapporte que Lévi, fils de Rav Houna bar 'Hiyya, trouva le pétrisseur de la maison de ses parents en train de pétrir du son (morsan) le Chabbat et d'en nourrir son bœuf. Il lui donna un coup de pied pour qu'il s'arrête. Lorsque son père vint et le trouva, il lui dit : voici ce que disait le père de ta mère au nom de Rav. La Guemara précise : et qui est le père de sa mère ? C'est Rabbi Yirmeya bar Abba, qui dit : on peut pétrir [le son] mais on ne le donne pas à manger [directement dans la gueule des bêtes] (govlin ve-lo maspin) ; et un veau qui ne prend pas la nourriture avec sa langue, on peut le nourrir [en la lui plaçant dans la bouche] le Chabbat. Et cela ne vaut que lorsqu'on modifie la manière dont on le fait.
הֵיכִי מְשַׁנֵּי? אָמַר רַב יוֹסֵף: בַּחוֹל נוֹתֵן אֶת הַחוֹמֶץ וְאַחַר כָּךְ נוֹתֵן אֶת הַשַּׁתִּית, בַּשַּׁבָּת נוֹתֵן אֶת הַשַּׁתִּית וְאַחַר כָּךְ נוֹתֵן אֶת הַחוֹמֶץ. לֵוִי בְּרֵיהּ דְּרַב הוּנָא בַּר חִיָּיא אַשְׁכְּחֵיהּ לְגַבָּלָא דְּבֵי נְשֵׁיהּ דְּקָא גָבֵיל וְסָפֵי לֵיהּ לְתוֹרֵיהּ. בְּטַשׁ בֵּיהּ. אֲתָא אֲבוּהּ אַשְׁכְּחֵיהּ, אֲמַר לֵיהּ: הָכִי אָמַר אֲבוּהּ דְּאִמָּךְ מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב, וּמַנּוּ — רַבִּי יִרְמְיָה בַּר אַבָּא: גּוֹבְלִין וְלֹא מַסְפִּין, וּדְלָא לָקֵיט בְּלִישָּׁנֵיהּ — מַלְקִיטִין לֵיהּ. וְהָנֵי מִילֵּי הוּא דִּמְשַׁנֵּי.
La Guemara demande : comment modifie-t-on la manière dont on le fait ? Rav Yémar bar Chelamya dit au nom d'Abayé : on déplace la louche ou l'ustensile à remuer dans les directions de la chaîne et de la trame (cheti va-érev) [en croix]. La Guemara objecte : mais de la sorte cela ne se mélangera pas bien ; à quoi sert de remuer ainsi ? Rav Yehouda dit : cela signifie qu'on le verse dans un autre récipient (menaaro li-kheli) et qu'au cours de cette opération le mélange se fait de lui-même.
הֵיכִי מְשַׁנֵּי? אָמַר רַב יֵימַר בַּר שֶׁלֶמְיָא מִשְּׁמֵיהּ דְּאַבָּיֵי: שְׁתִי וָעֵרֶב. וְהָא לָא מִעָרַב שַׁפִּיר? אָמַר רַב יְהוּדָה: מְנַעֲרוֹ לִכְלִי.
Il était écrit dans le carnet (pinkas) de Zéiri : j'ai dit devant mon maître — et la Guemara demande : qui est son maître ? C'est Rabbi 'Hiyya. Et Zéiri dit devant lui : quelle est la règle ? Est-il permis de pétrir le Chabbat ? Il répondit : c'est interdit. Quelle est la règle quant à transvaser la nourriture d'un récipient placé devant un animal pour la placer devant un autre (le-farek) ? Il répondit : c'est permis. Rav Menachya dit : placer une mangeoire devant un animal, ou deux mangeoires devant deux animaux — on peut très bien le faire. Placer trois mangeoires devant deux animaux est interdit, car cela est considéré comme un labeur superflu, puisqu'on leur apporte plus de nourriture qu'il ne leur en faut. Rav Yossef dit : il est permis d'ajouter un kav de nourriture supplémentaire, voire deux kav. Oulla dit : on peut ajouter un kor, voire deux kor, sans qu'il y ait lieu de s'inquiéter.
כְּתִיב אַפִּינְקָסֵיהּ דִּזְעֵירִי: אֲמַרִית קֳדָם רַבִּי, וּמַנּוּ — רַבִּי חִיָּיא: מַהוּ לְגַבֵּל? אָמַר: אָסוּר. מַהוּ לְפָרֵק? אָמַר: מוּתָּר. אָמַר רַב [מְנַשְּׁיָא]: חַד קַמֵּי חַד, תְּרֵי קַמֵּי תְּרֵי — שַׁפִּיר דָּמֵי. תְּלָתָא קַמֵּי תְּרֵי — אֲסִיר. רַב יוֹסֵף אָמַר: קַב וַאֲפִילּוּ קַבַּיִים. עוּלָּא אָמַר: כּוֹר וַאֲפִילּוּ כּוֹרַיִים.
Il était écrit dans le carnet (pinkas) de Lévi : j'ai dit devant mon maître — et la Guemara demande : qui est son maître ? C'est notre saint Maître, Rabbi Yehouda ha-Nassi. Lévi évoqua le fait que les gens pétrissaient le chatit en Babylonie, et mon maître — et qui est-ce ? notre saint Maître — protestait à grands cris contre le fait que les gens pétrissaient le chatit. Mais il n'y avait personne pour l'écouter, et il n'avait pas le pouvoir de l'interdire, à cause du fait que les gens s'appuyaient sur l'opinion de Rabbi Yossi fils de Rabbi Yehouda, qui le permettait.
כְּתִיב אַפִּינְקָסֵיהּ דְּלֵוִי: אֲמַרִית קֳדָם רַבִּי, וּמַנּוּ — רַבֵּינוּ הַקָּדוֹשׁ, עַל דַּהֲווֹ גָּבְלִין שְׁתִיתָא בְּבָבֶל, וַהֲוָה צָוַח רַבִּי (וּמַנּוּ? — רַבֵּינוּ הַקָּדוֹשׁ, עַל דַּהֲווֹ גָּבְלִין שַׁתִּיתָא), וְלֵית דְּשָׁמַע לֵיהּ, וְלֵית חֵילָא בִּידֵיהּ לְמֵיסַר מִדְּרַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי יְהוּדָה.
Après avoir cité des halakhot pertinentes consignées dans les carnets de divers Sages, la Guemara rapporte qu'il était écrit dans le carnet (pinkas) de Rabbi Yehochoua ben Lévi : celui qui est né le premier jour de la semaine, le dimanche, sera un homme et il n'y aura pas une [chose] en lui (yehé gevar ve-lo 'hada bé).
כְּתִיב אַפִּינְקָסֵיהּ דְּרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: הַאי מַאן דִּבְחַד בְּשַׁבָּא, יְהֵי גְּבַר וְלָא חֲדָא בֵּיהּ.
La Guemara demande : que signifie l'expression « et il n'y aura pas une [chose] en lui » ? Si l'on dit qu'il n'y aura pas en lui une seule qualité bonne, cela ne se peut, car Rav Achi a dit : je suis né le premier jour de la semaine [et l'on ne peut pas dire qu'il n'y avait rien de bon en lui]. Il faut donc dire que cela signifie qu'il n'y aura pas en lui une seule qualité mauvaise. Mais Rav Achi n'a-t-il pas dit : moi et Dimi bar Kakouzta sommes tous deux nés le premier jour de la semaine ; moi je suis devenu roi [chef de yéchiva], et lui est devenu chef d'une bande de brigands [trait assurément négatif] ? Il faut donc dire : celui qui naît un dimanche est soit entièrement pour le bien, soit entièrement pour le mal. Quelle en est la raison ? C'est que la lumière et les ténèbres furent toutes deux créées le premier jour de la Création.
מַאי [״וְלָא חֲדָא בֵּיהּ״]? אִילֵּימָא: וְלָא חַד לְטֵיבוּ, וְהָאָמַר רַב אָשֵׁי: אֲנָא בְּחַד בְּשַׁבָּא הֲוַאי! אֶלָּא לָאו חֲדָא לְבִישׁוּ, וְהָאָמַר רַב אָשֵׁי: אֲנָא וְדִימִי בַּר קָקוֹזְתָּא הֲוֵינַן בְּחַד בְּשַׁבָּא, אֲנָא מֶלֶךְ, וְהוּא הֲוָה רֵישׁ גַּנָּבֵי! אֶלָּא: אִי כּוּלֵּיהּ לְטֵיבוּ, אִי כּוּלֵּיהּ לְבִישׁוּ. מַאי טַעְמָא? דְּאִיבְּרוֹ בֵּיהּ אוֹר וָחוֹשֶׁךְ.
Celui qui est né le deuxième jour de la semaine, le lundi, sera un homme coléreux (ragzan). Quelle en est la raison ? C'est que ce jour-là, le deuxième jour de la Création, les eaux supérieures et inférieures furent séparées [d'où un jour de division et de discorde]. Celui qui est né le troisième jour de la semaine sera un homme riche et porté à la débauche (zanaï). Quelle en est la raison ? C'est que ce jour-là, le troisième jour, la végétation fut créée [elle pousse en abondance mais aussi mêlée et sans limites entre herbes et plantes]. Celui qui est né le quatrième jour de la semaine sera un homme sage et éclairé (na'hir). Quelle en est la raison ? C'est que les luminaires furent suspendus dans les cieux ce jour-là, et la sagesse est comparée à la lumière.
הַאי מַאן דְּבִתְרֵי בְּשַׁבָּא יְהֵי גְּבַר רַגְזָן. מַאי טַעְמָא? מִשּׁוּם דְּאִיפְּלִיגוּ בֵּיהּ מַיָּא. הַאי מַאן דְּבִתְלָתָא בְּשַׁבָּא — יְהֵי גְּבַר עַתִּיר וְזַנַּאי יְהֵא. מַאי טַעְמָא? מִשּׁוּם דְּאִיבְּרוֹ בֵּיהּ עֲשָׂבִים. הַאי מַאן דִּבְאַרְבְּעָה בְּשַׁבָּא — יְהֵי גְּבַר חַכִּים וְנָהִיר. מַאי טַעְמָא? מִשּׁוּם דְּאִיתְּלוֹ בֵּיהּ מְאוֹרוֹת.
Celui qui est né le cinquième jour de la semaine sera un homme qui prodigue des actes de bonté (gomel 'hassadim). Quelle en est la raison ? C'est que ce jour-là furent créés les poissons et les oiseaux [qui ne reçoivent pas leur subsistance par leur travail mais sont sustentés par la seule bonté de Dieu]. Celui qui est né la veille de Chabbat sera un homme qui cherche (' hazran). Rav Na'hman bar Yits'hak dit : cela signifie qu'il sera de ceux qui recherchent les mitsvot, car l'essentiel de l'activité du vendredi consiste à se préparer pour Chabbat. Celui qui naît un Chabbat mourra un Chabbat, parce qu'on a profané pour lui le grand jour de Chabbat [à sa naissance]. Rava bar Rav Chéila dit : et il sera appelé homme d'une grande sainteté, parce qu'il est né le jour sacré de Chabbat.
הַאי מַאן דִּבְחַמְשָׁה בְּשַׁבָּא — יְהֵי גְּבַר גּוֹמֵל חֲסָדִים. מַאי טַעְמָא? מִשּׁוּם דְּאִיבְּרוֹ בֵּיהּ דָּגִים וְעוֹפוֹת. הַאי מַאן דִּבְמַעֲלֵי שַׁבְּתָא — יְהֵי גְּבַר חַזְרָן. אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: חַזְרָן בְּמִצְוֹת. הַאי מַאן דִּבְשַׁבְּתָא יְהֵי — בְּשַׁבְּתָא יְמוּת, עַל דְּאַחִילוּ עֲלוֹהִי יוֹמָא רַבָּא דְּשַׁבְּתָא. אָמַר רָבָא בַּר רַב שֵׁילָא: וְקַדִּישָׁא רַבָּא יִתְקְרֵי.
Rabbi 'Hanina dit à ses disciples qui avaient entendu tout cela : allez dire au fils de Lévaï, Rabbi Yehochoua ben Lévi : ce n'est pas la constellation (mazal) du jour de la semaine qui détermine la nature d'une personne ; c'est plutôt la constellation de l'heure qui la détermine. Celui qui est né sous l'influence du soleil ('hama) sera un homme rayonnant (zivtan) ; il mangera de ses propres ressources et boira de ses propres ressources, et ses secrets seront exposés. S'il vole, il ne réussira pas, car il sera comme le soleil qui brille et se révèle à tous. Celui qui est né sous l'influence de Vénus (kokhav noga) sera un homme riche et porté à la débauche (zanaï). Quelle en est la raison ? Parce que le feu naquit durant l'heure de Vénus, il sera assujetti au feu du mauvais penchant, qui brûle perpétuellement. Celui qui est né sous l'influence de Mercure (kokhav) sera un homme éclairé (na'hir) et expert, car Mercure est le scribe du soleil, étant le plus proche de lui. Celui qui est né sous l'influence de la lune (levana) sera un homme qui souffre de maux, qui bâtit et détruit, et détruit et bâtit. Il sera un homme qui mange non pas de ses propres ressources et boit non pas de ses propres ressources, et dont les secrets sont cachés. S'il vole, il réussira, car il est comme la lune qui change sans cesse de forme, dont la lumière n'est pas la sienne, et qui tantôt est exposée, tantôt cachée. Celui qui est né sous l'influence de Saturne (chabtaï) sera un homme dont les pensées sont vaines. Et certains disent : tout ce que les autres pensent et projettent de lui faire est vain. Celui qui est né sous l'influence de Jupiter (tsédek) sera un homme juste (tsadkan). Rav Na'hman bar Yits'hak dit : et « juste » signifie ici juste dans l'accomplissement des mitsvot. Celui qui est né sous l'influence de Mars (maadim) sera un homme qui verse le sang. Rav Achi dit : il sera soit un saigneur, soit un brigand, soit un abatteur de bêtes, soit un circonciseur (mohel). Rabba dit : je suis né sous l'influence de Mars, et je n'accomplis aucune de ces activités. Abayé dit : Mon Maître aussi punit et tue en tant que juge.
אֲמַר לְהוּ רַבִּי חֲנִינָא, פּוּקוּ אֱמַרוּ לֵיהּ לְבַר לֵיוַאי: לֹא מַזַּל יוֹם גּוֹרֵם אֶלָּא מַזַּל שָׁעָה גּוֹרֵם. הַאי מַאן דִּבְחַמָּה — יְהֵי גְּבַר זִיוְתָן, יְהֵי אָכֵיל מִדִּילֵיהּ וְשָׁתֵי מִדִּילֵיהּ, וְרָזוֹהִי גַּלְיִין, אִם גָּנֵיב — לָא מַצְלַח. הַאי מַאן דִּבְכוֹכָב נוֹגַהּ — יְהֵי גְּבַר עַתִּיר וְזַנַּאי יְהֵי. מַאי טַעְמָא? מִשּׁוּם דְּאִיתְיְלִיד בֵּיהּ נוּרָא. הַאי מַאן דִּבְכוֹכָב — יְהֵי גְּבַר נָהִיר וְחַכִּים, מִשּׁוּם דְּסָפְרָא דְחַמָּה הוּא. הַאי מַאן דְּבִלְבָנָה — יְהֵי גְּבַר סָבֵיל מַרְעִין, בָּנֵי וְסָתַר, סָתַר וּבָנֵי, אָכֵיל דְּלָא דִּילֵיהּ וְשָׁתֵי דְּלָא דִּילֵיהּ וְרָזוֹהִי כַּסְיִין אִם גָּנֵב — מַצְלַח. הַאי מַאן דִּבְשַׁבְּתַאי — יְהֵי גְּבַר מַחְשְׁבָתֵיהּ בָּטְלִין. וְאִית דְּאָמְרִי: כׇּל דִּמְחַשְּׁבִין עֲלֵיהּ בָּטְלִין. הַאי מַאן דִּבְצֶדֶק — יְהֵי גְּבַר צִדְקָן. אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: וְצַדְקָן בְּמִצְוֹת. הַאי מַאן דִּבְמַאְדִּים — יְהֵי גְּבַר אָשֵׁיד דְּמָא. אָמַר רַב אָשֵׁי: אִי אוּמָּנָא, אִי גַּנָּבָא, אִי טַבָּחָא, אִי מָהוֹלָא. אָמַר רַבָּה: אֲנָא בְּמַאְדִּים הֲוַאי. אָמַר אַבָּיֵי: מָר נָמֵי עָנֵישׁ וְקָטֵיל.
Il a été dit : Rabbi 'Hanina dit : une constellation (mazal) rend sage et une constellation rend riche, et il y a une constellation pour Israël qui l'influence (yech mazal le-Israël). Rabbi Yo'hanan dit : il n'y a pas de constellation pour Israël qui l'influence (ein mazal le-Israël) — le peuple juif n'est pas soumis à l'influence de l'astrologie. Et Rabbi Yo'hanan suit ici sa propre ligne, car Rabbi Yo'hanan dit : d'où sait-on qu'il n'y a pas de constellation pour Israël ? De ce qu'il est dit : « Ainsi parle l'Éternel : N'apprenez pas la voie des nations, et ne soyez pas effrayés des signes du ciel, car les nations en sont effrayées » (Jérémie 10, 2) — ce sont elles qui en seront effrayées, mais non Israël.
אִיתְּמַר, רַבִּי חֲנִינָא אוֹמֵר: מַזָּל מַחְכִּים, מַזָּל מַעֲשִׁיר, וְיֵשׁ מַזָּל לְיִשְׂרָאֵל. רַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: אֵין מַזָּל לְיִשְׂרָאֵל. וְאַזְדָּא רַבִּי יוֹחָנָן לְטַעְמֵיהּ, דְּאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: מִנַּיִין שֶׁאֵין מַזָּל לְיִשְׂרָאֵל? שֶׁנֶּאֱמַר: ״כֹּה אָמַר ה׳ אֶל דֶּרֶךְ הַגּוֹיִם אַל תִּלְמָדוּ וּמֵאוֹתוֹת הַשָּׁמַיִם אַל תֵּחָתּוּ כִּי יֵחַתּוּ הַגּוֹיִם מֵהֵמָּה״ — הֵם יֵחַתּוּ, וְלֹא יִשְׂרָאֵל.