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Traité Shabbat

153a

Étude de Shabbat 153a

Étude de la Mishna & Guémara 153a

et son âme monte à sa place sous le Trône de Gloire, et ne redescend plus jamais.
וְנִשְׁמָתוֹ עוֹלָה, וְשׁוּב אֵינָהּ יוֹרֶדֶת.
Rav Yehouda, fils de Rav Chmouel bar Cheilat, dit au nom de Rav : par l'éloge funèbre (hesped) d'un homme on reconnaît s'il a part au Monde-à-Venir ou non. Si les auditeurs sont peinés et amenés aux larmes durant l'éloge, c'est le signe que le défunt était un juste. La Guemara objecte : en est-il vraiment ainsi ? Mais Rav n'a-t-il pas dit à Rav Chmouel bar Cheilat : « échauffe les cœurs [des présents] lors de mon éloge, car je me tiendrai là [et j'écouterai tes paroles] ! » — même un homme aussi grand que Rav a eu besoin de donner des instructions au sujet de son éloge. La Guemara répond : cela ne fait pas difficulté. Ce premier enseignement — selon lequel celui qui mérite le Monde-à-Venir se reconnaît à son éloge — vise un cas où l'on s'efforce d'émouvoir l'auditeur et qu'il est ému ; tandis que cet autre enseignement vise un cas où l'on s'efforce d'émouvoir l'auditeur et qu'il n'est pas ému — ce qui indique que le défunt n'était pas un juste.
אָמַר רַב יְהוּדָה בְּרֵיהּ דְּרַב שְׁמוּאֵל בַּר שִׁילַת מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב: מֵהֶסְפֵּדוֹ שֶׁל אָדָם נִיכָּר אִם בֶּן הָעוֹלָם הַבָּא הוּא, אִם לָאו. אִינִי? וְהָאֲמַר לֵיהּ רַב לְרַב שְׁמוּאֵל בַּר שִׁילַת: אַחֵים בְּהֶסְפֵּידָא, דְּהָתָם קָאֵימְנָא! לָא קַשְׁיָא: הָא — דִּמְחַמּוּ לֵיהּ וְחָאֵים. הָא — דִּמְחַמּוּ לֵיהּ וְלָא חָאֵים.
Abaye dit à Rabba : dans le cas du Maître, c'est-à-dire toi, Rabba, que tous les habitants de ta ville, Poumbedita, détestent, qui donc sera ému lors de ton éloge ? Il lui répondit : il me suffit que toi et Rabba bar Rav 'Hanan soyez émus.
אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי לְרַבָּה: כְּגוֹן מָר דְּסָנוּ לֵיהּ כּוּלְּהוּ פּוּמְבְּדִיתָאֵי, מַאן מַחֵים הֶסְפֵּידָא? אֲמַר לֵיהּ: מִיסָּתַאי אַתְּ וְרַבָּה בַּר רַב חָנָן.
Rabbi Elazar posa cette question à Rav : quel est le type d'homme qui a part au Monde-à-Venir ? Il lui répondit : on peut le déduire du verset « et tes oreilles entendront une parole derrière toi, disant : voici le chemin, marchez-y, que vous alliez à droite ou à gauche » (Yechaya 30, 21). Autrement dit, si l'on fait de quelqu'un l'éloge en disant que les autres devraient suivre son chemin, c'est qu'il a part au Monde-à-Venir. Rabbi 'Hanina dit : quiconque agrée à l'esprit de nos maîtres [tout homme dont nos Rabbis sont satisfaits] a part au Monde-à-Venir. En interprétant le verset « et les pleureurs vont par les rues » (Kohelet 12, 5), les gens de la Galilée disent : accomplis des actes [tels que les gens voudront les dire à ton éloge] devant ta bière ; les gens de Judée disent : accomplis des actes [tels que les gens voudront les dire à ton éloge] derrière ta bière. La Guemara remarque : et ils ne sont pas en désaccord ; ce Sage s'est exprimé selon l'usage de son lieu, et ce Sage s'est exprimé autrement selon l'usage de son lieu. En Galilée, les pleureurs se tenaient devant la bière ; en Judée, ils se tenaient derrière la bière.
בְּעָא מִנֵּיהּ רַבִּי אֶלְעָזָר מֵרַב: אֵיזֶהוּ בֶּן הָעוֹלָם הַבָּא? אֲמַר לֵיהּ: ״וְאׇזְנֶיךָ תִּשְׁמַעְנָה דָבָר מֵאַחֲרֶיךָ לֵאמֹר זֶה הַדֶּרֶךְ לְכוּ בוֹ כִּי תַאֲמִינוּ וְכִי תַשְׂמְאִילוּ״. רַבִּי חֲנִינָא אָמַר: כׇּל שֶׁדַּעַת רַבּוֹתֵינוּ נוֹחָה הֵימֶנּוּ. ״וְסָבְבוּ בַּשּׁוּק הַסּוֹפְדִים״, בְּנֵי גָלִילָא אָמְרִי: עֲשֵׂה דְּבָרִים לִפְנֵי מִטָּתֶךָ, בְּנֵי יְהוּדָה אָמְרִי: עֲשֵׂה דְּבָרִים לְאַחַר מִטָּתֶךָ. וְלָא פְּלִיגִי: מָר כִּי אַתְרֵיהּ, וּמָר כִּי אַתְרֵיהּ.
Nous avons appris là-bas dans une michna que Rabbi Eliezer dit : repens-toi un jour avant ta mort. Ses disciples demandèrent à Rabbi Eliezer : mais l'homme sait-il quel jour il mourra ? Il leur répondit : à plus forte raison [est-ce un bon conseil] — qu'il se repente aujourd'hui, de peur de mourir demain, et il se trouvera ainsi que tous ses jours seront passés dans le repentir. Et Chelomo aussi a dit dans sa sagesse : « qu'en tout temps tes vêtements soient blancs, et que l'huile ne manque pas sur ta tête » (Kohelet 9, 8) — ce qui signifie qu'un homme doit toujours être prêt.
תְּנַן הָתָם, רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: שׁוּב יוֹם אֶחָד לִפְנֵי מִיתָתֶךָ. שָׁאֲלוּ תַּלְמִידָיו אֶת רַבִּי אֱלִיעֶזֶר: וְכִי אָדָם יוֹדֵעַ אֵיזֶהוּ יוֹם יָמוּת? אָמַר לָהֶן: וְכׇל שֶׁכֵּן, יָשׁוּב הַיּוֹם, שֶׁמָּא יָמוּת לְמָחָר, וְנִמְצָא כׇּל יָמָיו בִּתְשׁוּבָה. וְאַף שְׁלֹמֹה אָמַר בְּחׇכְמָתוֹ: ״בְּכׇל עֵת יִהְיוּ בְגָדֶיךָ לְבָנִים וְשֶׁמֶן עַל רֹאשְׁךָ אַל יֶחְסָר״.
Rabban Yo'hanan ben Zakkai dit la parabole suivante à propos de cet enseignement : c'est comparable à un roi qui invita ses serviteurs à un festin sans leur fixer d'heure. Les avisés d'entre eux se parèrent et s'assirent à l'entrée de la maison du roi. Ils dirent : manque-t-il quelque chose à la maison du roi ? [Le roi peut nous appeler à tout instant.] Les sots d'entre eux s'en allèrent vaquer à leurs travaux. Ils dirent : y a-t-il jamais un festin sans peine de préparation ? [Tant qu'on prépare le festin, occupons-nous d'autre chose.]
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן בֶּן זַכַּאי: מָשָׁל לְמֶלֶךְ שֶׁזִּימֵּן אֶת עֲבָדָיו לִסְעוּדָה, וְלֹא קָבַע לָהֶם זְמַן. פִּיקְחִין שֶׁבָּהֶן קִישְּׁטוּ אֶת עַצְמָן וְיָשְׁבוּ עַל פֶּתַח בֵּית הַמֶּלֶךְ, אָמְרוּ: כְּלוּם חָסֵר לְבֵית הַמֶּלֶךְ? טִיפְּשִׁין שֶׁבָּהֶן הָלְכוּ לִמְלַאכְתָּן, אָמְרוּ: כְּלוּם יֵשׁ סְעוּדָה בְּלֹא טוֹרַח?
Soudain, le roi réclama ses serviteurs. Les avisés d'entre eux entrèrent devant lui parés [de leurs plus beaux habits], et les sots entrèrent devant lui souillés. Le roi se réjouit à la rencontre des avisés et s'irrita à la rencontre des sots. Il dit : ceux-ci, qui se sont parés pour le festin, qu'ils s'asseyent, qu'ils mangent et qu'ils boivent ; ceux-là, qui ne se sont pas parés pour le festin, qu'ils restent debout et regardent.
פִּתְאוֹם בִּיקֵּשׁ הַמֶּלֶךְ אֶת עֲבָדָיו. פִּיקְחִין שֶׁבָּהֶן נִכְנְסוּ לְפָנָיו כְּשֶׁהֵן מְקוּשָּׁטִין, וְהַטִּיפְּשִׁים נִכְנְסוּ לְפָנָיו כְּשֶׁהֵן מְלוּכְלָכִין. שָׂמַח הַמֶּלֶךְ לִקְרַאת פִּיקְחִים וְכָעַס לִקְרַאת טִיפְּשִׁים. אָמַר: הַלָּלוּ שֶׁקִּישְּׁטוּ אֶת עַצְמָן לַסְּעוּדָה — יֵשְׁבוּ וְיֹאכְלוּ וְיִשְׁתּוּ, הַלָּלוּ שֶׁלֹּא קִישְּׁטוּ עַצְמָן לַסְּעוּדָה — יַעַמְדוּ וְיִרְאוּ.
Le gendre de Rabbi Meir dit au nom de Rabbi Meir : ceux-là aussi [s'ils ne faisaient que rester debout et regarder] auraient l'air de serviteurs [qui assistent au festin, ce qui ne serait pas une honte suffisante]. Plutôt, les uns et les autres sont assis : ceux-ci mangent et ceux-là ont faim ; ceux-ci boivent et ceux-là ont soif, comme il est dit : « ainsi a parlé le Seigneur, l'Éternel : voici, mes serviteurs mangeront et vous aurez faim ; voici, mes serviteurs boiront et vous aurez soif ; voici, mes serviteurs se réjouiront et vous serez confus. Voici, mes serviteurs chanteront dans la joie de leur cœur et vous crierez dans la douleur de votre cœur » (Yechaya 65, 13-14).
חֲתָנוֹ שֶׁל רַבִּי מֵאִיר מִשּׁוּם רַבִּי מֵאִיר אָמַר: אַף הֵן נִרְאִין כִּמְשַׁמְּשִׁין. אֶלָּא אֵלּוּ וָאֵלּוּ יוֹשְׁבִין: הַלָּלוּ — אוֹכְלִין, וְהַלָּלוּ — רְעֵבִין. הַלָּלוּ — שׁוֹתִין, וְהַלָּלוּ — צְמֵאִים, שֶׁנֶּאֱמַר: ״כֹּה אָמַר ה׳ הִנֵּה עֲבָדַי יֹאכֵלוּ וְאַתֶּם תִּרְעָבוּ הִנֵּה עֲבָדַי יִשְׁתּוּ וְאַתֶּם תִּצְמָאוּ הִנֵּה עֲבָדַי יָרוֹנּוּ מִטּוּב לֵב וְאַתֶּם תִּצְעֲקוּ מִכְּאֵב לֵב״.
Autre interprétation [du verset cité plus haut] : « qu'en tout temps tes vêtements soient blancs » — ce sont les tsitsit [qui sont blancs] ; « et que l'huile ne manque pas sur ta tête » — ce sont les tefilin [que l'on porte sur la tête].
דָּבָר אַחֵר: ״בְּכׇל עֵת יִהְיוּ בְגָדֶיךָ לְבָנִים״ — אֵלּוּ צִיצִית, ״וְשֶׁמֶן עַל רֹאשְׁךָ אַל יֶחְסָר״ — אֵלּוּ תְּפִילִּין.
Nous avons achevé [le chapitre] « Chooel ».
הדרן עלך שואל
Mishna 1
MICHNA. Celui qui a été surpris par la tombée de la nuit en chemin [à la veille de Chabbat, alors qu'il était encore en route] confie sa bourse à un non-Juif [qui voyage avec lui] ; et s'il n'y a pas de non-Juif avec lui, il la pose sur l'âne. Lorsqu'il atteint la cour extérieure [de la ville, où les objets peuvent être déposés en sûreté], il prend [et retire de l'âne] les ustensiles que l'on peut déplacer le Chabbat. Quant à ceux que l'on ne peut pas déplacer le Chabbat, il dénoue les cordes [qui attachent ses sacs à l'âne], et les sacs [d'ustensiles] tombent d'eux-mêmes.
מַתְנִי׳ מִי שֶׁהֶחֱשִׁיךְ בַּדֶּרֶךְ — נוֹתֵן כִּיסוֹ לְגוֹי, וְאִם אֵין עִמּוֹ גּוֹי — מַנִּיחוֹ עַל הַחֲמוֹר. הִגִּיעַ לֶחָצֵר הַחִיצוֹנָה — נוֹטֵל אֶת הַכֵּלִים הַנִּיטָּלִין בַּשַּׁבָּת. וְשֶׁאֵינָן נִיטָּלִין בַּשַּׁבָּת — מַתִּיר הַחֲבָלִים, וְהַשַּׂקִּין נוֹפְלִין (מֵאֲילֵיהֶם).(משנה)
Guémara
GUEMARA. La michna enseigne : celui qui a été surpris par la nuit en chemin confie sa bourse à un non-Juif. La Guemara demande : quelle est la raison pour laquelle les Sages lui ont permis de confier sa bourse à un non-Juif ? [N'est-il pas interdit à un Juif de demander à un non-Juif d'accomplir un travail interdit le Chabbat ?] La Guemara répond : les Sages tiennent qu'un homme ne se maîtrise pas face à la perte de son argent. Si on ne le lui permettait pas [de confier sa bourse au non-Juif], il en viendrait à la porter sur quatre coudées dans le domaine public, transgressant ainsi un interdit de la Torah.
גְּמָ׳ מַאי טַעְמָא שָׁרוּ לֵיהּ רַבָּנַן לְמִיתַּב כִּיסֵיהּ לְגוֹי? קִים לְהוּ לְרַבָּנַן דְּאֵין אָדָם מַעֲמִיד עַצְמוֹ עַל מָמוֹנוֹ, אִי לָא שָׁרֵית לֵיהּ — אָתֵי לְאֵיתוֹיֵי אַרְבַּע אַמּוֹת בִּרְשׁוּת הָרַבִּים.
Shabbat 153a
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שבת קנ״ג אמַסֶּכֶת שַׁבָּת