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Traité Shabbat

151a

Étude de Shabbat 151a

Étude de la Mishna & Guémara 151a

cette formule : « Tout ce que je suis en droit de discuter [le Chabbat], je suis autorisé à attendre la tombée de la nuit pour cela » n'est pas appropriée. La michna aurait plutôt dû formuler le principe sous forme négative : « Tout ce que je ne suis pas en droit de discuter [le Chabbat], je ne suis pas autorisé à attendre la tombée de la nuit pour cela », à l'image de la formulation du début de la michna. La Guemara répond : en réalité, [le principe d'Abba Chaoul] se rapporte à la clause finale (séifa) de la michna, qui a enseigné : « Mais on peut attendre la tombée de la nuit afin de garder ses produits, et l'on peut rapporter des produits dans sa main. » Mais même si c'est exact, la formulation ne convient pas : il aurait fallu dire l'inverse — « Tout ce pour quoi je suis autorisé à attendre la tombée de la nuit, je suis en droit de le discuter. »
הַאי ״כׇּל שֶׁאֲנִי זַכַּאי בַּאֲמִירָתוֹ רַשַּׁאי אֲנִי בַּחֲשִׁיכָתו״? ״כׇּל שֶׁאֵינִי זַכַּאי בַּאֲמִירָתוֹ אֵינִי רַשַּׁאי בַּחֲשִׁיכָתוֹ״ מִיבְּעֵי לֵיהּ! אֶלָּא אַסֵּיפָא קָאֵי: ״אֲבָל מַחְשִׁיךְ הוּא לִשְׁמוֹר וּמֵבִיא פֵּירוֹת בְּיָדוֹ״ — הַאי ״כׇּל שֶׁאֲנִי זַכַּאי בַּחֲשִׁיכָתוֹ רַשַּׁאי אֲנִי בַּאֲמִירָתוֹ״ מִיבְּעֵי לֵיהּ!
La Guemara explique : en réalité, [le principe] se rapporte bien à la clause finale (séifa) de la michna, et Abba Chaoul se réfère à cet enseignement que Rav Yehouda a dit au nom de Chmouel : il est permis à une personne de dire à une autre [le Chabbat] : « Garde pour moi mes produits qui se trouvent dans ton domaine (te'houm), et moi je garderai pour toi tes produits qui se trouvent dans mon domaine. » Et voici ce qu'Abba Chaoul a dit au premier tana (tana kama) : « Ne reconnais-tu pas qu'il est permis à une personne de dire à une autre — Garde pour moi mes produits qui se trouvent dans ton domaine, et moi je garderai pour toi tes produits qui se trouvent dans mon domaine ? » C'est dans un tel cas qu'Abba Chaoul a permis d'attendre la tombée de la nuit à la limite du domaine du Chabbat afin de garder ses produits.
לְעוֹלָם אַסֵּיפָא קָאֵי, וְאַבָּא שָׁאוּל אַהָא קָאֵי דְּאָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: מוּתָּר לָאָדָם לוֹמַר לַחֲבֵירוֹ ״שְׁמוֹר לִי פֵּירוֹת שֶׁבִּתְחוּמְךָ, וַאֲנִי אֶשְׁמוֹר לְךָ פֵּירוֹת שֶׁבִּתְחוּמִי״. וְקָאָמַר אַבָּא שָׁאוּל לְתַנָּא קַמָּא: מִי לָא מוֹדֵית דְּמוּתָּר אָדָם לוֹמַר לַחֲבֵירוֹ: ״שְׁמוֹר לִי פֵּירוֹת שֶׁבִּתְחוּמְךָ וַאֲנִי אֶשְׁמוֹר לְךָ פֵּירוֹת שֶׁבִּתְחוּמִי״.
La Guemara trouve encore cela difficile : que [la michna] dise simplement — « Tout ce que je suis en droit de discuter, je suis autorisé à attendre la tombée de la nuit pour cela » ! Lorsqu'Abba Chaoul a énoncé que sa décision était un principe général (kelal), qu'est-ce que cela venait inclure ? La Guemara répond : cela vient inclure ce que les Sages ont enseigné dans la Tossefta : « On ne peut pas attendre la tombée de la nuit à la limite du domaine du Chabbat afin de rapporter un animal [immédiatement après le Chabbat]. Si l'animal se tient juste en dehors du domaine, on peut l'appeler pour qu'il vienne à soi. Abba Chaoul a énoncé un principe général : tout ce que je suis en droit de discuter [le Chabbat], je suis autorisé à attendre la tombée de la nuit pour cela. » Ici, puisqu'il est permis d'appeler l'animal, il est aussi permis d'attendre la tombée de la nuit afin d'aller le chercher.
וְאֵימָא: ״כׇּל שֶׁאֲנִי זַכַּאי בַּאֲמִירָתוֹ — רַשַּׁאי אֲנִי לְהַחְשִׁיךְ עָלָיו״. ״כְּלָל״ לְאֵתוֹיֵי מַאי? לְאֵתוֹיֵי הָא דְּתָנוּ רַבָּנַן: אֵין מַחְשִׁיכִין עַל הַתְּחוּם לְהָבִיא בְּהֵמָה. הָיְתָה עוֹמֶדֶת חוּץ לַתְּחוּם — קוֹרֵא לָהּ וְהִיא בָּאָה. כְּלָל אָמַר אַבָּא שָׁאוּל: כׇּל שֶׁאֲנִי זַכַּאי בַּאֲמִירָתוֹ — רַשַּׁאי אֲנִי לְהַחְשִׁיךְ עָלָיו.
[Et la baraïta poursuit :] On peut attendre la tombée de la nuit pour s'occuper des affaires d'une mariée (kalla) et des affaires d'un mort, par exemple lui rapporter un cercueil (aron) et des linceuls (takhrikhin). Et l'on peut dire à son messager [le Chabbat] : « Va à tel endroit [les acheter], et si tu ne les trouves pas à tel endroit, rapporte-les de tel autre endroit. » De même, on peut lui dire : « Si tu ne les trouves pas pour cent [dinars], rapporte-les pour deux cents. » Toutefois, Rabbi Yossi fils de Rabbi Yehouda dit : [il est permis de donner ces instructions] à condition de ne pas lui mentionner de somme précise (sekhoum mika'h) à dépenser pour la transaction.
וּמַחְשִׁיכִין לְפַקֵּחַ עַל עִסְקֵי כַּלָּה וְעַל עִסְקֵי הַמֵּת לְהָבִיא לוֹ אָרוֹן וְתַכְרִיכִין. וְאוֹמְרִים לוֹ: ״לֵךְ לְמָקוֹם פְּלוֹנִי, וְאִם לֹא מָצָאתָ בְּמָקוֹם פְּלוֹנִי — הָבֵא מִמָּקוֹם פְּלוֹנִי״. ״לֹא מָצָאתָ בְּמָנֶה — הָבֵא בְּמָאתַיִם״. רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יַזְכִּיר לוֹ סְכוּם מִקָּח.
Mishna 1
MICHNA : On peut attendre la tombée de la nuit à la limite du domaine du Chabbat (te'houm) pour s'occuper des affaires d'une mariée (kalla) et des affaires d'un mort, par exemple lui rapporter un cercueil (aron) et des linceuls (takhrikhim). Un non-Juif (goï) qui a rapporté des flûtes (' halilin) le Chabbat [pour jouer lors de l'éloge funèbre] — un Juif ne fera pas l'éloge funèbre avec elles, à moins qu'elles ne proviennent d'un endroit proche [c'est-à-dire de l'intérieur du domaine du Chabbat, leur transport n'ayant comporté aucune transgression]. Si [des non-Juifs] lui ont fait un cercueil et lui ont creusé une tombe [puis se sont ravisés et ont décidé de le donner à un autre], un Juif peut y être enterré. Mais si c'était [d'emblée] destiné à un Juif, jamais un Juif n'y sera enterré.
מַתְנִי׳ מַחְשִׁיכִין עַל הַתְּחוּם לְפַקֵּחַ עַל עִסְקֵי כַּלָּה, וְעַל עִסְקֵי הַמֵּת לְהָבִיא לוֹ אָרוֹן וְתַכְרִיכִים. גּוֹי שֶׁהֵבִיא חֲלִילִין בְּשַׁבָּת — לֹא יִסְפּוֹד בָּהֶן יִשְׂרָאֵל, אֶלָּא אִם כֵּן בָּאוּ מִמָּקוֹם קָרוֹב. עָשׂוּ לוֹ אָרוֹן וְחָפְרוּ לוֹ קֶבֶר — יִקָּבֵר בּוֹ יִשְׂרָאֵל. וְאִם בִּשְׁבִיל יִשְׂרָאֵל — לֹא יִקָּבֵר בּוֹ עוֹלָמִית.(משנה)
Guémara
GUEMARA : [La michna a enseigné que si un non-Juif a rapporté quelque chose d'un endroit proche le Chabbat, un Juif est autorisé à s'en servir.] La Guemara demande : qu'entend-on exactement par « d'un endroit proche » ? Rav a dit : quelque chose qui provient d'un endroit réellement proche, c'est-à-dire que nous savons avec certitude d'où l'objet a été rapporté. Et Chmouel a dit : même si nous ne savons pas exactement d'où il a été rapporté, nous présumons (' haïchinan) qu'il a peut-être passé la nuit juste à l'extérieur de la muraille de la ville — ce qui demeure à l'intérieur du domaine du Chabbat —, et qu'aucune interdiction n'a été transgressée pour cet objet. Dès lors, il ne serait interdit de s'en servir que s'il était connu avec certitude qu'il a été rapporté de l'extérieur du domaine du Chabbat. Ainsi, Rav et Chmouel sont en désaccord dans un cas où nous ne savons pas d'où l'objet a été rapporté le Chabbat.
גְּמָ׳ מַאי מִמָּקוֹם קָרוֹב? רַב אָמַר: מִמָּקוֹם קָרוֹב מַמָּשׁ. וּשְׁמוּאֵל אָמַר: חָיְישִׁינַן שֶׁמָּא חוּץ לַחוֹמָה לָנוּ.
Le langage de la michna est précis selon l'opinion de Chmouel, car elle enseigne : « Si un non-Juif lui a fait un cercueil et lui a creusé une tombe le Chabbat [puis s'est ravisé et a décidé de le donner à un autre], un Juif peut y être enterré. » On peut donc en déduire que dans le doute [savoir si le cercueil et la tombe ont été faits pour un Juif], c'est permis. Ici de même [dans le cas du non-Juif qui rapporte des flûtes], dans le doute [savoir si leur transport a comporté une transgression], c'est permis.
דַּיְקָא מַתְנִיתִין כְּווֹתֵיהּ דִּשְׁמוּאֵל, דְּקָתָנֵי: ״עָשָׂה לוֹ אָרוֹן וְחָפַר לוֹ קֶבֶר — יִקָּבֵר בּוֹ יִשְׂרָאֵל״. אַלְמָא מִסְּפֵיקָא שְׁרֵי, הָכָא נָמֵי מִסְּפֵיקָא שְׁרֵי.
Et une baraïta a été enseignée conformément à l'opinion de Rav : dans le cas d'une ville où habitent à la fois des Juifs et des non-Juifs, et où il y a un bain public qui fonctionne le Chabbat — s'il y a une majorité de non-Juifs [dans la ville], le soir [après le Chabbat] on peut s'y baigner immédiatement. S'il y a une majorité de Juifs, on doit attendre le laps de temps nécessaire pour chauffer l'eau [après le Chabbat], afin de ne pas profiter du fait que l'eau a été chauffée le Chabbat. Si [la population est] moitié-moitié, c'est interdit [immédiatement] et l'on doit attendre le laps de temps nécessaire pour chauffer l'eau. Rabbi Yehouda dit : dans le cas d'un petit bain (ambati), s'il s'y trouve une autorité (rechout), on peut s'y baigner immédiatement [après le Chabbat].
וְתַנְיָא כְּווֹתֵיהּ דְּרַב: עִיר שֶׁיִּשְׂרָאֵל וְגוֹיִם דָּרִים בָּהּ, וְהָיְתָה בָּהּ מֶרְחָץ הַמַּרְחֶצֶת בְּשַׁבָּת, אִם רוֹב גּוֹיִם — לָעֶרֶב רוֹחֵץ בָּהּ מִיָּד. אִם רוֹב יִשְׂרָאֵל — יַמְתִּין עַד כְּדֵי שֶׁיֵּחַמּוּ חַמִּין. מֶחֱצָה עַל מֶחֱצָה — אָסוּר וְיַמְתִּין עַד כְּדֵי שֶׁיֵּחַמּוּ חַמִּין. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: בְּאַמְבָּטִי קְטַנָּה, אִם יֵשׁ בָּהּ רְשׁוּת רוֹחֵץ בָּהּ מִיָּד.
La Guemara demande : que signifie [le terme] « autorité » (rechout) ? Rav Yehouda a dit au nom de Rav Yits'hak fils de Rav Yehouda : cela signifie que s'il y a dans la ville un personnage important (adam 'hachouv) qui possède dix esclaves chauffant pour lui dix bouilloires (koumkoumin) à la fois dans un petit bain, il est permis [à un Juif] de s'y baigner immédiatement après le Chabbat. En effet, ce bain a pu être chauffé immédiatement après le Chabbat pour l'usage de ce personnage important, plutôt que le Chabbat lui-même.
מַאי ״רְשׁוּת״? אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב יִצְחָק בְּרֵיהּ דְּרַב יְהוּדָה: אִם יֵשׁ בָּהּ אָדָם חָשׁוּב שֶׁיֵּשׁ לוֹ עֲשָׂרָה עֲבָדִים שֶׁמְּחַמְּמִין לוֹ עֲשָׂרָה קוּמְקוּמִין בְּבַת אַחַת בְּאַמְבָּטִי קְטַנָּה — מוּתָּר לִרְחוֹץ בָּהּ מִיָּד.
[La michna a enseigné :] « Si [des non-Juifs] lui ont fait un cercueil et lui ont creusé une tombe [puis se sont ravisés et ont décidé de le rendre disponible à un autre, un Juif peut y être enterré]. » La Guemara demande : pourquoi ? Ici aussi, on devrait à tout le moins devoir attendre, après le Chabbat, le laps de temps nécessaire pour qu'ils accomplissent ce travail ! La Guemara répond : Oulla a dit — [la michna traite] d'un cas où [la tombe] se trouve sur une voie publique (isratya), [ce qui indique qu'elle était destinée à un non-Juif, car les Juifs n'y sont habituellement pas enterrés]. La Guemara objecte encore : soit, pour la tombe, [la règle] se comprend ; mais pour le cercueil, qu'y a-t-il à dire ? Rabbi Abahou a dit : [la michna traite] d'un cas où [le cercueil] est posé sur la tombe [d'un non-Juif, ce qui prouve qu'il lui était destiné].
עָשׂוּ לוֹ אָרוֹן וְחָפְרוּ לוֹ קֶבֶר וְכוּ׳. אַמַּאי? הָכָא נָמֵי יַמְתִּין בִּכְדֵי שֶׁיֵּעָשׂוּ! אָמַר עוּלָּא: בְּעוֹמֵד בְּאַסְרַטְיָא. תִּינַח קֶבֶר, אָרוֹן מַאי אִיכָּא לְמֵימַר? אָמַר רַבִּי אֲבָהוּ: בְּמוּטָל עַל קִבְרוֹ.
Mishna 2
MICHNA : On peut accomplir tous les besoins du mort [le Chabbat] : on l'enduit [d'huile] et on le rince [à l'eau], à condition de ne déplacer aucun de ses membres [ce qui constituerait une transgression des lois du mouktsé]. On peut aussi, [si nécessaire,] retirer l'oreiller (kar) de dessous lui et le poser sur le sable [froid] afin
מַתְנִי׳ עוֹשִׂין כׇּל צׇרְכֵי הַמֵּת: סָכִין וּמְדִיחִין אוֹתוֹ, וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יָזִיז בּוֹ אֵבֶר. שׁוֹמְטִין אֶת הַכַּר מִתַּחְתָּיו, וּמְטִילִין אוֹתוֹ עַל הַחוֹל בִּשְׁבִיל

Rachi

אלא אסיפא קאי - דקאמר ת"ק להיתרא אבל מחשיך הוא לשמור ואתא איהו ושווייה ביה כללא להביא כל כיוצא בהן:,האי כל שאני זכאי להחשיך עליו זכאי אני באמירתו מיבעי ליה - דהיתר דחשיכה תנן והיתר דאמירה לא תנן והיכי תלי תניא בדלא תניא:

לעולם אסיפא קאי - כדקאמרת ודקשיא לך אמירה מהיכא קאמר ליה להיתירא דתלי בה החשכה אהא קאי דאמר רב יהודה כו' אלמא זכאי אני באמירתו ואבא שאול ות"ק כולהו פשיטא להו הא דשמואל וקאמר ליה אבא שאול לת"ק מי לא מודית בהא שאתה מתיר להחשיך דמותר הוא לומר כדשמואל אלמא הואיל ומותר לומר מותר להחשיך הלכך אמאי נקטת החשכה לשמור לחודא שוי כללא למילתא ואימא כל שאני זכאי באמירתו רשאי אני להחשיך עליו דש"מ הך וש"מ מת וכלה דהא נמי זכאי באמירתו הוא כדמפרש לקמן והלכך מחשיכין עליו וסיפא דמתני' דקתני מחשיכין על התחום לפקח על עסקי כלה אבא שאול היא:

כלל אמר אבא שאול כו' - והאי נמי זכאי באמירתו כדקתני סיפא ואומר לו לך למקום פלוני:

סכום מקח - מנה ומאתים:

מתני' נכרי שהביא חלילין בשבת - בשביל ישראל:,לא יספוד בהן ישראל - לעולם וקנסא הוא משום דמוכחא מילתא דבשבילו הובאו דאין דרך להביא חלילין אלא בשביל מת:,ממקום קרוב - בתוך התחום:,עשו לו ארון - בשביל נכרי או למכור:

גמ' רב אמר ממקום קרוב ממש - כלומר שידוע לנו בירור הדבר דממקום קרוב באו שראינום שהיו בביתו:,ושמואל אמר חיישינן שמא חוץ לחומה לנו - אפילו הביא מחוץ לעיר אנו תולין להתיר ואומרים שמא בתוך התחום לנו ערב שבת וסופדין בהן במוצ"ש מיד וחיישינן נמי אמרינן לקולא כדאמרי' במס' חגיגה (דף טו.) גבי בתולה שעיברה חיישינן שמא באמבטי עיברה ומותרת לכהונה ולשמואל הכי קאמר מתני' לא יספוד בהן ישראל אא"כ יש לתלות שבאו ממקום קרוב ולאפוקי בידוע דמחוץ לתחום באו:

ה"ג דיקא מתני' כוותיה דשמואל ותניא כוותיה דרב:,יקבר בו ישראל - דתלינן מספיקא שמא לצורך נכרי נעשה:

תניא כוותיה דרב - דספיקא אסור דקתני מחצה על מחצה ימתין בכדי שיחמו חמין וא"ת בכדי שיחמו חמין מיהא שרי והכא תני לא יספוד בהן משמע לעולם הכא מוכחא מילתא אבל במרחץ לא מוכחא מילתא כולי האי הואיל ואיכא נכרים:,באמבטי קטנה - שיש לתלות ולומר משחשיכה הוחמה על ידי עבדים וקומקמין הרבה:,אם יש בה רשות - אדם חשוב שליט:,רוחץ בה - ישראל מיד דיש לומר משחשיכה הוחמו חמין לאותו נכרי לישנא אחרינא גרסינן תניא כוותיה דשמואל ולא גרסי' דייקא מתני' כו' עד מספיקא שרי ומייתי סייעתא לשמואל מדרבי יהודה דתלינן לקולא ורישא לא קשיא ליה כיון דמחצה על מחצה ודאי בשביל ישראל ונכרים הוחמו שהרי לא לאדם אחד לבדו הוחמו דנימא ספיקא לנכרי ספק לישראל ולשון זה נראה לי עיקר ורבותי נמי לא גרסי לעיל להא דקתני עשה נכרי את הארון עד מספיקא שרי ומיהו לא מפרשי לה כדפרישית:

ימתין בכדי שיעשו - נהי דלא מוכחא מילתא מיהו י"ל שמא בשביל ישראל נעשה:,בעומד - הקבר באיסרטיא שאין דרך ישראל ליקבר שם דודאי לא נעשה בשביל ישראל:,ארון מאי איכא למימר - להוכיח דלא בשביל ישראל נעשה:,במוטל - הארון:,על קברו - של נכרי באיסרטיא דמוכח דלשם אותו קבר נעשה הארון:

מתני' ומדיחין - במים:,שלא יזיז בו אבר - לא יגביה לו ידו או רגלו או ריסי עיניו:

Tossafot

האי כל שאני רשאי בחשיכתו רשאי אני באמירתו מיבעי ליה - תימה הא דכי פריך לעיל האי כל שאיני רשאי באמירתו איני רשאי בחשיכתו מיבעי ליה מכלל דאי הוה תנן הכי הוה אתי שפיר אע"ג דתלי חשיכה באמירה וי"ל התם שאני דלא הוה תלי תניא בדלא תניא דאמירה נמי תנינא לעיל לא יאמר אדם לחבירו שכור לי פועלים אבל השתא תלי תניא בדלא תניא דהיתר אמירה לא תניא אבל היתר החשכה תניא:

לעולם אסיפא קאי דאמר רב יהודה אמר שמואל מותר אדם לומר לחבירו שמור לי פירות שבתחומך - אע"פ שהוא אינו יכול לילך לשומרן יכול לומר לחבירו לשמרן ומתניתין הכי קאמר כל שאני זכאי באמירתו כגון לפקח על עסקי כלה ועל עסקי מת ויכול לומר לחבירו לעשות למחר רשאי אני להחשיך עליו וכ"ש מה שאני זכאי לומר לעשות היום כמו שמור לי פירות שבתחומך אע"פ שאיני רשאי לילך שם היום דמותר להחשיך עליו:

אין מחשיכין על התחום להביא בהמה - יש ספרים דגרסי מחשיכים לפי שאם יש שם בורגנים הולך ומביאה ובתוספתא גרס אין מחשיכין וי"ל דאיירי בבהמה שאינה יכולה לבא ברגליה כגון טלה קטן אא"כ ישאוהו בכתף שאפילו יש מחיצות אינו רשאי להביא דאסור לטלטל בעלי חיים שהם מוקצים:

נכרי שהביא חלילים בשבת לא יספוד בהן ישראל - לא כפי' הקונטרס שפירש עולמית מדפריך בגמרא גבי עשה נכרי ארון וחפר לו קבר יקבר בו ישראל אמאי הכא נמי נימא ימתין בכדי שיעשו ואמאי קאמר נמי אי לאו דקאי אחלילים על כן נראה דלא יספוד בהן ישראל היינו עד כדי שיבואו דסתם חלילים אין מביאין אותן לשם אדם אחד אלא לשם כמה בני אדם:,אא"כ באו ממקום קרוב - תימה לרבי מה מהני שבאו ממקום קרוב הלא הביאם דרך רה"ר ומה לי ארון וקבר שנעשו בשבת ומה לי חלילים שהובאו דרך רה"ר וי"ל דהביא ממקום קרוב לא מהני כל כך הבאתו:

דיקא מתניתין כוותיה דשמואל כו' יקבר בו ישראל אלמא מספיקא שרי - תימה היכי מוכיחנא מינה דמספיקא שרי והא מוקמ' לה בעומד באיסרטיא דודאי לצורך נכרי נעשה מיהו אומר רבי דל"ג ליה להא דקתני עשו לו ארון כו' ול"ג נמי בסמוך ת"כ גם בפי' הקונט' ל"ג אלא ה"ג דיקא נמי ממתני' עיר שישראל ונכרים דרים בה כו' ומשנה היא במסכת מכשירין (פ"ב משנה ה) ר' יהודה אומר אם יש בה רשות רוחץ בה מיד אלמא תלינן להתיר כמו כן גבי חלילין יש לתלות בהיתר ולומר חוץ לחומה לנו. מ"ר:

Texte : Sefaria — William Davidson Edition - Vocalized Aramaic · traduction française de travail, à valider.

Shabbat 151a
100%
שבת קנ״א אמַסֶּכֶת שַׁבָּת