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Traité Shabbat

146a

Étude de Shabbat 146a

Étude de la Mishna & Guémara 146a

[lorsque] le serpent vint sur 'Hava, c'est-à-dire lorsqu'il la séduisit pour qu'elle mange de l'Arbre de la Connaissance, il instilla en elle une souillure morale (zouhama), et cette souillure demeura en tout être humain. Lorsque le peuple d'Israël se tint au mont Sinaï, leur souillure cessa, tandis que les nations (goyim) ne se tinrent pas au mont Sinaï, et leur souillure ne cessa jamais. Rav A'ha, fils de Rava, dit à Rav Achi : qu'en est-il des convertis (guérim) ? Comment expliques-tu la cessation de leur souillure morale ? Rav Achi lui dit : bien qu'eux-mêmes n'aient pas été au mont Sinaï, leurs anges gardiens (mazalaïhou), eux, y étaient présents, comme il est écrit : « Ce n'est pas avec vous seuls que je conclus cette alliance et ce serment, mais avec celui qui se tient ici avec nous aujourd'hui devant l'Éternel notre Dieu, et avec celui qui n'est pas ici avec nous aujourd'hui » (Devarim 29, 13-14) — et cela inclut les convertis.
שֶׁבָּא נָחָשׁ עַל חַוָּה הֵטִיל בָּהּ זוּהֲמָא, יִשְׂרָאֵל שֶׁעָמְדוּ עַל הַר סִינַי — פָּסְקָה זוּהֲמָתָן, גּוֹיִם שֶׁלֹּא עָמְדוּ עַל הַר סִינַי — לֹא פָּסְקָה זוּהֲמָתָן. אֲמַר לֵיהּ רַב אַחָא בְּרֵיהּ דְּרָבָא לְרַב אָשֵׁי: גֵּרִים מַאי? אֲמַר לֵיהּ: אַף עַל גַּב דְּאִינְהוּ לָא הֲווֹ, מַזָּלַיְיהוּ הֲווֹ. דִּכְתִיב: ״אֶת אֲשֶׁר יֶשְׁנוֹ פֹּה עִמָּנוּ עוֹמֵד הַיּוֹם לִפְנֵי ה׳ אֱלֹהֵינוּ וְאֵת אֲשֶׁר אֵינֶנּוּ פֹּה וְגוֹ׳״.
La Guemara fait remarquer que cette opinion diverge de celle de Rabbi Abba bar Kahana, car Rabbi Abba bar Kahana a dit : ce n'est qu'au bout de trois générations que la souillure morale cessa chez nos ancêtres : Avraham engendra Yichmaël, qui était de basse stature morale ; Yits'hak engendra Essav ; enfin Yaakov engendra douze tribus en qui il n'y avait aucun défaut (dofi). Rabbi Abba bar Kahana tient donc que la souillure morale cessa chez les Patriarches bien avant la Révélation du Sinaï.
וּפְלִיגָא דְּרַבִּי אַבָּא בַּר כָּהֲנָא. דַּאֲמַר רַבִּי אַבָּא בַּר כָּהֲנָא: עַד שְׁלֹשָׁה דּוֹרוֹת לֹא פָּסְקָה זוּהֲמָא מֵאֲבוֹתֵינוּ: אַבְרָהָם הוֹלִיד אֶת יִשְׁמָעֵאל, יִצְחָק הוֹלִיד אֶת עֵשָׂו, יַעֲקֹב הוֹלִיד שְׁנֵים עָשָׂר שְׁבָטִים שֶׁלֹּא הָיָה בָּהֶן שׁוּם דּוֹפִי.
Mishna 1
MICHNA : un homme peut briser un tonneau (bé're') le Chabbat afin d'en manger des figues sèches (guérogrot), pourvu qu'il n'ait pas l'intention de fabriquer un récipient (keli). Et l'on ne perce pas le bouchon (megoufa) d'un tonneau pour en tirer du vin ; on doit plutôt retirer le bouchon entièrement, afin d'éviter de créer une nouvelle ouverture pour le tonneau. Telle est la parole de Rabbi Yehouda. Et les Sages permettent de percer le bouchon, mais eux aussi restreignent cette permission et disent que l'on ne perce pas le bouchon du tonneau sur son côté. Et s'il était déjà percé, on n'y applique pas de cire (chaava) pour boucher le trou, car ce faisant on étale uniformément la cire sur le tonneau et l'on transgresse ainsi le travail interdit de lisser (memaréa'). Rabbi Yehouda dit : un incident de ce genre vint devant Rabban Yo'hanan ben Zakaï dans la ville d'Arav, et il dit : je crains pour lui, car il pourrait être tenu d'apporter un sacrifice expiatoire ('hatat) en conséquence de cela.
מַתְנִי׳ שׁוֹבֵר אָדָם אֶת הֶחָבִית לֶאֱכוֹל הֵימֶנָּה גְּרוֹגְרוֹת וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יִתְכַּוֵּין לַעֲשׂוֹת כְּלִי. וְאֵין נוֹקְבִין מְגוּפָה שֶׁל חָבִית, דִּבְרֵי רַבִּי יְהוּדָה. וַחֲכָמִים מַתִּירִין, וְלֹא יִקְּבֶנָּה מִצִּדָּהּ. וְאִם הָיְתָה נְקוּבָה, לֹא יִתֵּן עָלֶיהָ שַׁעֲוָה, מִפְּנֵי שֶׁהוּא מְמָרֵחַ. אָמַר רַבִּי יְהוּדָה: מַעֲשֶׂה בָּא לִפְנֵי רַבָּן יוֹחָנָן בֶּן זַכַּאי בַּעֲרָב, וְאָמַר: חוֹשְׁשַׁנִי לוֹ מֵחַטָּאת.(משנה)
Guémara
GUEMARA : Rabbi Ochaya dit : on n'a enseigné qu'il est permis de briser un tonneau que dans le cas où les figues étaient pressées les unes contre les autres (drousot). C'est parce que, dans ce cas, il est permis d'utiliser un ustensile pour séparer les figues, et ce même ustensile peut aussi servir à briser le tonneau. En revanche, si les figues étaient déjà séparées (meforadot), il n'est pas permis de manier un ustensile dans le seul but de briser le tonneau. La Guemara demande : et n'est-il pas permis de briser le tonneau pour des figues séparées ?
גְּמָ׳ אָמַר רַבִּי אוֹשַׁעְיָא: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא דְּרוּסוֹת, אֲבָל מְפוֹרָדוֹת — לֹא. וּמְפוֹרָדוֹת לֹא?
La Guemara soulève une objection à partir d'une braïta : Rabban Chimon ben Gamliel dit : un homme peut apporter un tonneau de vin et en trancher le haut au glaive (saïf), et le poser devant les invités le Chabbat, sans avoir à craindre qu'il soit interdit de déplacer le glaive ni que cela constitue la création d'un récipient neuf, ce qui est interdit. Apparemment, il est donc permis de déplacer un glaive afin d'ouvrir un tonneau le Chabbat, même s'il n'est pas requis pour couper le contenu du tonneau. La Guemara répond en faveur de Rabbi Ochaya : cette braïta, qui rapporte l'opinion de Rabban Chimon ben Gamliel, est conforme à l'opinion des Sages (Rabbanan), tandis que notre Michna est conforme à l'opinion de Rabbi Ne'hemya, qui a dit qu'il est interdit de déplacer un ustensile le Chabbat à toute fin autre que celle à laquelle l'ustensile est destiné.
מֵיתִיבִי, רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: מֵבִיא אָדָם אֶת הֶחָבִית שֶׁל יַיִן וּמַתִּיז רֹאשָׁהּ בְּסַיִיף, וּמַנִּיחָהּ לִפְנֵי הָאוֹרְחִים בְּשַׁבָּת וְאֵינוֹ חוֹשֵׁשׁ! הַהִיא רַבָּנַן, מַתְנִיתִין רַבִּי נְחֶמְיָה הִיא.
La Guemara demande : et qu'est-ce qui a contraint Rabbi Ochaya à établir la Michna selon l'opinion minoritaire de Rabbi Ne'hemya et à dire qu'elle ne traite que du cas de figues sèches pressées ? Qu'il établisse plutôt que la Michna traite même de figues séparées et qu'elle est conforme à l'opinion des Sages ! Rava dit : la Michna lui posait une difficulté : pourquoi le tanna a-t-il enseigné précisément à propos de figues sèches (guérogrot) ? Qu'il enseigne une halakha plus générale à propos de fruits (pérot) ! Au contraire, apprends-en que la Michna traite spécifiquement de figues sèches pressées, et c'est parce que l'on a besoin d'un ustensile pour les séparer que l'on peut s'en servir aussi pour ouvrir le tonneau.
וּמַאי דּוּחְקֵיהּ דְּרַבִּי אוֹשַׁעְיָא לְאוֹקוֹמֵי מַתְנִיתִין כְּרַבִּי נְחֶמְיָה וּבִדְרוּסוֹת, לוֹקְמַהּ בִּמְפוֹרָדוֹת וְרַבָּנַן! אָמַר רָבָא, מַתְנִיתִין קְשִׁיתֵיהּ: מַאי אִירְיָא דְּתָנֵי ״גְּרוֹגְרוֹת״? לִיתְנֵי ״פֵּירוֹת״! אֶלָּא שְׁמַע מִינַּהּ בִּדְרוּסוֹת.
On a enseigné dans une braïta : si l'on a des paniers d'osier scellés ('hotalot) de figues sèches ou de dattes, on peut le Chabbat dénouer le nœud du panier, le détresser (mafkia) et le couper ('hoté'). Et l'on a enseigné dans une autre braïta : on peut dénouer le nœud, mais on ne peut ni le détresser ni le couper ! Il y a là une contradiction entre ces deux braïtot. La Guemara résout cette contradiction : cela n'est pas difficile. Cette braïta, qui permet toutes ces actions, est conforme à l'opinion des Sages. Cette autre braïta, qui interdit de détresser et de couper, est conforme à l'opinion de Rabbi Ne'hemya. Car on a enseigné dans une braïta que Rabbi Ne'hemya dit : même une grande cuiller (tarvod), même un manteau (talit), et même un couteau (sakin) ne peuvent être pris le Chabbat que pour leur usage désigné — il est donc interdit de prendre un couteau pour ouvrir des paniers de fruits.
תַּנְיָא חֲדָא: חוֹתָלוֹת שֶׁל גְּרוֹגְרוֹת וְשֶׁל תְּמָרִים — מַתִּיר וּמַפְקִיעַ וְחוֹתֵךְ. וְתַנְיָא אִידַּךְ: מַתִּיר אֲבָל לֹא מַפְקִיעַ וְלֹא חוֹתֵךְ! לָא קַשְׁיָא, הָא — רַבָּנַן, הָא — רַבִּי נְחֶמְיָה. דְּתַנְיָא, רַבִּי נְחֶמְיָה אוֹמֵר: אֲפִילּוּ תַּרְווֹד וַאֲפִילּוּ טַלִּית וַאֲפִילּוּ סַכִּין — אֵין נִיטָּלִין אֶלָּא לְצוֹרֶךְ תַּשְׁמִישָׁן.
On posa une question à Rav Chéchet : quelle est la halakha quant à savoir s'il est permis ou non de percer un tonneau au moyen d'un épieu (bourtia) le Chabbat ? Suppose-t-on qu'il a l'intention de pratiquer une ouverture dans le tonneau, ce qui serait alors interdit, ou bien suppose-t-on qu'il a simplement l'intention de faire preuve de générosité (ayin yafa, litt. « bon œil »), ce qui serait permis ? Rav Chéchet leur dit : il a l'intention de pratiquer une ouverture dans le tonneau, et c'est interdit.
בְּעוֹ מִינֵּיהּ מֵרַב שֵׁשֶׁת: מַהוּ לְמִיבְרַז חָבִיתָא בְּבוּרְטְיָא בְּשַׁבְּתָא? לְפִיתְחָא קָמִיכַּוֵּין, וַאֲסִיר, אוֹ דִילְמָא: לְעַיִן יָפָה קָמִיכַּוֵּין, וּשְׁרֵי? אֲמַר לֵיהּ: לְפִיתְחָא קָא מְכַוֵּין, וַאֲסִיר.
La Guemara soulève une objection à partir de ce qui a été enseigné dans la braïta où Rabban Chimon ben Gamliel dit : un homme peut apporter un tonneau de vin le Chabbat et en trancher le haut au glaive. Cela ne contredit-il pas l'opinion de Rav Chéchet selon laquelle ouvrir un tonneau au moyen d'un épieu est interdit ? Il leur répondit : là, dans le cas du glaive, puisqu'il détruit pour ainsi dire le tonneau en en tranchant le haut, il a certainement l'intention de faire preuve de générosité en l'ouvrant en l'honneur de ses invités. Ici, en revanche, dans le cas où l'on perce un trou dans le tonneau, s'il était vrai qu'il a l'intention de faire preuve de générosité, qu'il en ouvre alors le haut en retirant le bouchon ! En perçant le tonneau, il indique qu'il veut spécifiquement qu'il y ait un petit trou.
מֵיתִיבִי, רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: מֵבִיא אָדָם חָבִית שֶׁל יַיִן וּמַתִּיז רֹאשָׁהּ בְּסַיִיף? הָתָם — וַדַּאי לְעַיִן יָפָה קָמִיכַּוֵּין, הָכָא — אִם אִיתָא דִּלְעַיִן יָפָה קָמִיכַּוֵּין — לִפְתְּחֵיהּ מִיפְתָּח.
[La Michna a enseigné :] « on ne perce pas le bouchon » [d'un tonneau, telle est la parole de Rabbi Yehouda, et les Sages le permettent]. Rav Houna dit : cette controverse ne porte que sur le cas où l'on cherche à pratiquer une perforation sur le dessus du bouchon ; mais si l'on cherche à le percer par le côté, tous s'accordent à dire que c'est interdit, car de cette manière on perce parfois un tonneau au-dessous du bouchon. Et c'est ce que la Michna enseigne : « on ne le perce pas sur son côté ». Rav 'Hisda, lui, dit : cette controverse porte sur le cas où l'on cherche à le percer par le côté ; mais si l'on cherche à le percer par le dessus, tous s'accordent à dire que c'est permis ; et quant à ce que la Michna enseigne, « on ne le perce pas sur son côté », là il s'agit de percer le tonneau lui-même, et non le bouchon.
אֵין נוֹקְבִין מְגוּפָה וְכוּ׳. אָמַר רַב הוּנָא: מַחֲלוֹקֶת לְמַעְלָה, אֲבָל מִן הַצַּד — דִּבְרֵי הַכֹּל אָסוּר. וְהַיְינוּ דְּקָתָנֵי: ״לֹא יִקְּבֶנָּה מִצִּדָּהּ״. וְרַב חִסְדָּא אָמַר: מַחֲלוֹקֶת מִן הַצַּד, אֲבָל עַל גַּבָּהּ — דִּבְרֵי הַכֹּל מוּתָּר. וְהָא דְּקָתָנֵי ״לֹא יִקְּבֶנָּה מִצִּדָּהּ״ — הָתָם בְּגוּפָהּ דְּחָבִית.
Nos maîtres ont enseigné dans une braïta : on ne pratique pas de trou neuf dans un récipient le Chabbat. Et si l'on cherche à agrandir un trou déjà existant, on peut l'agrandir ; et certains disent qu'on ne peut même pas agrandir un trou déjà existant. Et toutes les opinions, même celles qui interdisent en général de pratiquer des trous neufs, s'accordent à dire qu'on peut percer le sceau qui recouvre un vieux trou, et ce même d'emblée (le-khat'hila). Et quant à l'opinion du premier tanna, la Guemara demande : en quoi percer le sceau qui recouvre un vieux trou est-il différent, au point d'être permis, alors que pratiquer un trou neuf ne l'est pas ? Est-ce parce qu'en pratiquant le trou neuf il crée une ouverture ? Si tel est le cas, en agrandissant un trou déjà existant il crée lui aussi une ouverture !
תָּנוּ רַבָּנַן: אֵין נוֹקְבִין נֶקֶב חָדָשׁ בְּשַׁבָּת, וְאִם בָּא לְהוֹסִיף — מוֹסִיף. וְיֵשׁ אוֹמְרִים: אֵין מוֹסִיפִין. וְשָׁוִין, שֶׁנּוֹקְבִין נֶקֶב יָשָׁן לְכַתְּחִילָּה. וְתַנָּא קַמָּא: מַאי שְׁנָא מִנֶּקֶב חָדָשׁ דְּלָא — דְּקָא מְתַקֵּן פִּיתְחָא, אוֹסוֹפֵי נָמֵי — קָא מְתַקֵּן פִּיתְחָא!
Rabba dit : en réalité, même pratiquer un trou neuf n'est pas interdit [par la Torah], car selon la loi de la Torah, toute ouverture qui n'est pas faite à la fois pour faire entrer et pour faire sortir n'est pas considérée comme une ouverture, et un trou que l'on perce dans un tonneau est destiné exclusivement à en faire sortir le contenu. Ce sont les Sages qui ont décrété qu'on ne perce pas un récipient, parce que cela ressemble au fait de percer un poulailler (loul chel tarnegolin), lequel est destiné à servir dans les deux sens, par exemple à laisser entrer l'air et à laisser sortir la chaleur (havla), et qui est de ce fait interdit par la loi de la Torah. Et c'est pourquoi nous avons appris que si l'on cherche à agrandir un trou existant, on peut l'agrandir : il n'y a pas lieu de l'interdire par crainte qu'on n'en fasse autant dans un poulailler, car on ne viendra certainement pas agrandir un trou déjà existant dans un poulailler,
אָמַר רַבָּה: דְּבַר תּוֹרָה — כׇּל פֶּתַח שֶׁאֵינוֹ עָשׂוּי לְהַכְנִיס וּלְהוֹצִיא — אֵינוֹ פֶּתַח, וְרַבָּנַן הוּא דִּגְזוּר מִשּׁוּם לוּל שֶׁל תַּרְנְגוֹלִין, דְּעָבֵיד לְעַיּוֹלֵי אַוֵּירָא וּלְאַפּוֹקֵי הַבְלָא. וְאִם בָּא לְהוֹסִיף — מוֹסִיף, אוֹסוֹפֵי וַדַּאי בְּלוּל שֶׁל תַּרְנְגוֹלִים — לָא אָתֵי לְאוֹסוֹפֵי

Rachi

כשבא נחש על חוה - כשנתן לה עצה לאכול מן העץ בא עליה דכתיב (בראשית ג׳:י״ג) הנחש השיאני לשון נשואין:,גרים מאי - שלא היו על הר סיני מהיכן פסקה זוהמא:,מזלייהו הוו - בסיני וכל שעמדו על הר סיני נתקדשו ונטהרו ונתרפאו מכל מום ואף עורים ופסחים שהיו בישראל כדתניא בספרי:

ופליגא - הא דאמרן דלא פסקה זוהמא עד סיני:

מתני'. שובר אדם חבית - מליאה גרוגרות בסכין או בסייף לאכול ממנה גרוגרות דאין במקלקל שום איסור בשבת:,ובלבד שלא יתכוין לעשות כלי - לנוקבה יפה בפתח נאה:,אין נוקבין מגופה - הדבוקה בפה החבית לעשות נקב אלא נוטל את כולה אבל כי נקיב לה מתקן פתחא:,וחכמים מתירין - דאין דרך פתח לחבית בכך:,ולא יקבנה מצידה - בגמרא מפרש לה:,שהוא ממרח - ויש כאן משום ממחק:,בערב - מדינה:,מחטאת - שמא מירח השעוה לדובקה בדופני הכלי סביב הנקב:

גמ' לא שנו - דשובר החבית ומטלטל הסייף לכך:,אלא בדרוסות - שהגרוגרות דרוסות בעיגול וחותכין ממנו בקורדום או בסייף ואיידי דמטלטל סייף לחתוך גרוגרות תבר ביה נמי לחבית:,אבל מפורדות - שא"צ לחתכן לא יטלטל סייף לשבור החבית דמתני' ר' נחמיה דאמר אין כלי ניטל אלא לתשמיש המיוחד לו כדמוקי לקמן:

ואינו חושש - ואע"ג דיין לאו למחתכיה קאי:,רבנן היא - דפליגי אדר' נחמיה ואמרי כל הכלים ניטלין לצורך ושלא לצורך:

חותלות - כלי של כפות תמרים ועושין כמין סלים ונותנים לתוכן תמרים רעים להתבשל:,מתיר - אם הכסוי קשור בחבל:,אבל לא מפקיע - סותר שרשרות החבל בכלי:,ולא חותך - דאין כלי ניטל אלא לצורך תשמישו וסכין אינו עשוי לכך:

למיברז - לתחוב פויינדור"א בלע"ז:,בבורטיא - ברומח לתוחבו בדופניה לנקבו:

לעין יפה - להרחיב מוצא היין בנקב גדול מדלא נקיב ליה כדרך הנוקבין נקב עגול ויפה:,התם ודאי לעין יפה קמיכוין - שמרחיב פיה למטה ממגופתה כדקתני מתיז את ראשה שפת פיה:,לפתוחי מיפתח - יטול מגופתה:

למעלה - בראש המגופה התם הוא דשרו רבנן דלאו אורחא למיעבד פתחא התם אלא נוטל כל המגופה:,אבל מצדה - זמנין דעבדי לה משום פתחא ואינו רוצה לפותחה למעלה שלא יפול עפר או פסולת ביין:,היינו דקתני ולא יקבנה מצדה - ואמגופה קאי ודברי הכל:,מחלוקת מן הצד - התם הוא דקאסר רבי יהודה משום דאיכא דעבדי ליה פתחא:

אין נוקבין נקב חדש - בכלי:,נקב ישן - שנסתם דכי חוזר ופותח לאו כעושה פתח הוא שהרי עשוי ועומד וסתימתו לאו כלום:,אוסופי נמי קמתקן פתחא - שמרחיבו ויש כאן משום גמר מלאכה:

הבלא - סרחון שלא ימותו התרנגולין:,ואם בא להוסיף מוסיף - ולא גזרינן דילמא אתי לאוסופי בלול של תרנגולין דלא מוסיף איניש עליה:

Tossafot

שובר אדם את החבית לאכול הימנה גרוגרות - בגמרא מוקי לה בדרוסות לרבי נחמיה אבל לרבנן דרבי נחמיה שרי אפילו מפורדות ותימה לרבי מהא דתנן בפרק בכל מערבין (עירובין דף לד: ושם) גבי עירוב נתנו במגדל ונועל בפניו ואבד המפתח הרי זה עירוב ופריך בגמרא אמאי הוא במקום אחד ועירובו במקום אחר הוא ומשני רב ושמואל דאמרי תרווייהו הכא במגדל של בנין עסקינן ור"מ היא כו' ואמאי מבעי ליה לאוקמא הכי ומעיקרא נמי מאי קאמר והלא יכול לשבר ולפתוח את המגדל וליטול את העירוב כי היכי דהכא שרי לשבר החבית וליטול הגרוגרות ואם באת לחלק בין נטילת העירוב לנטילת הגרוגרות א"כ קשה היכי מוקי לה התם כר' מאיר ונראה דהתם אסור לשבר את המגדל והכא דשרי לשבר את החבית משום דמיירי במוסתקי כדמוקי לה בביצה פרק המביא כדי יין (ביצה דף לג: ושם) ומפ' רש"י התם דהיינו חבית שבורה ומדבקין שבריה בשרף של עץ. שעושה ממנו זפת וקורין ריישנ"א ומש"ה דוקא חבית שרי דמחמת גריעותו לא חייס עליה וליכא למיחש שמא יתכוין לעשות כלי וכן כולה שמעתא דהכא במוסתקי ואע"ג דהתם בביצה לא מוקמינן הכי אלא לר"א דפריך ולית ליה לר"א הא דתנן שובר אדם את החבית כו' ועלה משני מתני' במוסתקי מ"מ אפילו לרבנן מיבעי לאוקמי הכי דרבנן לא פליגי אדר"א דקאמר לא יקטמנו פי' לא יקטום את ההדס להריח בו אלא משום דאיהו סבירא ליה דבקטימת קיסם חייב חטאת כשקוטמו לחצות בו שיניו וא"כ אי לא מוקמינן לה במוסתקי עלייהו איכא למיפרך ולית להו הא דתנן כו' הלכך מיבעי לן למימר דאליבא דכולהו מיירי מתניתין במוסתקי והשתא אתיא שמעתא שפיר. מ"ר. ובגמ' ירושלמי בפרק בכל מערבין מצאתי הדא דתימא במגדל של אבן אבל במגדל של עץ נעשה כשובר החבית לאכול ממנה גרוגרות:

מתיר ומפקיע וחותך - אומר רבי מההיא דעירובין (דף לד:) יש ללמוד דהא דאמרינן (ביצה דף לא:) חותמות שבכלים מתיר ומפקיע וחותך היינו כגון דקטיר במיתנא אבל פותחת של עץ ושל מתכת אסור לשבר ולהפקיע מדקשיא ליה התם אמאי הוא במקום אחד ועירובו במקום אחר דפשיטא ליה שאינו יכול להפקיע הפותחת וליטול העירוב אע"פ שסתם מגדל שבכל הש"ס הוא כלי כמו הצד צבי לבית וצפור למגדל וכי ההיא דבריש כל הכלים (לעיל שבת קכב:) ובמסקנא נמי לא בעי לאוקומי אלא בקטיר במיתנא דהיינו דוקא חותמות שבכלים אבל דבר שהוא חזק כעין פותחת לא הוה שרי ת"ק. מ"ר:,הא רבנן והא ר' נחמיה - תימה לי אמאי לא מוקי תרוייהו כר' נחמיה והא דקתני מתיר מפקיע וחותך ביו"ט והא דקתני מתיר אבל לא מפקיע וחותך בשבת דאיכא תנא דס"ל הכי אליבא דר' נחמיה בביצה בפ' המביא כדי יין (ביצה לב:) י"ל דניחא ליה למימר חדא כרבנן מדנימא תרוייהו כר' נחמיה:

Texte : Sefaria — William Davidson Edition - Vocalized Aramaic · traduction française de travail, à valider.

Shabbat 146a
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שבת קמ״ו אמַסֶּכֶת שַׁבָּת