[on enlève le foin de devant un âne] qui a de la bave [rirei].
דְּאִית לַהּ רִירֵי.
Et ce qui est enseigné dans l'autre baraïta : « On enlève [le foin] de devant une bête dont la bouche est mauvaise » — il s'agit de l'âne, dont la bouche est mauvaise parce qu'il ne fait pas le tri [entre les différents aliments] et mange de tout. Et l'énoncé : « Et l'on place [du foin] devant une bête dont la bouche est belle » — il s'agit de la vache, qui fait le tri [entre les différents aliments] et ne mange qu'ensuite.
וְהָא דְּקָתָנֵי ״נוֹטְלִין מִלִּפְנֵי בְּהֵמָה שֶׁפִּיהָ רַע״ — בַּחֲמוֹר, דְּלָא דָּיֵיק וְאָכֵיל. ״וְנוֹתְנִין לִפְנֵי בְּהֵמָה שֶׁפִּיהָ יָפֶה״ — בְּפָרָה, דְּדָיְיקָא וְאָכְלָה.
Mishna 1
MICHNA : À propos de la paille [qach] qui se trouve sur un lit — si une personne veut s'y coucher, elle ne doit pas la remuer avec sa main pour l'aplanir, car la paille est mise de côté [mouktsé] en vue du chauffage ; mais elle la remue avec son corps. [Remuer la paille avec son corps n'étant pas la manière habituelle, cela est permis.] Et si la paille était destinée à la nourriture du bétail, ou bien qu'il y avait dessus un coussin [kar] ou un drap [sadin] — [ce qui indique clairement que la paille fut placée sur le lit pour qu'on s'y couche, de sorte qu'elle n'est plus considérée comme mise de côté] — elle la remue même avec sa main.
מַתְנִי׳ הַקַּשׁ שֶׁעַל גַּבֵּי הַמִּטָּה — לֹא יְנַעְנְעֶנּוּ בְּיָדוֹ, אֶלָּא מְנַעַנְעוֹ בְּגוּפוֹ. וְאִם הָיָה מַאֲכַל בְּהֵמָה, אוֹ שֶׁהָיָה עָלָיו כַּר אוֹ סָדִין — מְנַעַנְעוֹ בְּיָדוֹ.(משנה)
Un pressoir [makhbéch] qui appartient à un particulier [propriétaire de maison] — on le desserre [le Chabbat]. [Ce pressoir sert à sécher et presser les vêtements après la lessive ; on le desserre pour en retirer les vêtements.] Mais on n'y presse pas [de vêtements le Chabbat]. Et dans le cas d'un pressoir qui appartient à un foulon [blanchisseur] — [fait spécialement pour presser et dont le maniement requiert un savoir-faire professionnel] — on n'y touche pas. Rabbi Yehouda dit : si [le pressoir du foulon] avait déjà été desserré [quelque peu] depuis la veille du Chabbat, on le desserre entièrement [le Chabbat] et l'on en retire [le vêtement].
מַכְבֵּשׁ שֶׁל בַּעֲלֵי בָתִּים — מַתִּירִין, אֲבָל לֹא כּוֹבְשִׁין. וְשֶׁל כּוֹבְסִין — לֹא יִגַּע בּוֹ. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אִם הָיָה מוּתָּר מֵעֶרֶב שַׁבָּת — מַתִּיר אֶת כּוּלּוֹ וְשׁוֹמְטוֹ.
Guémara
GUEMARA : [À propos du déplacement d'objets mis de côté, la Guemara cite ce qu'a dit] Rav Na'hman : ce radis [pougla] [enfoui dans la terre pour se conserver] — [s'il est enfoui] du haut vers le bas, [avec son extrémité large en haut et son extrémité étroite en bas], il est permis [de le retirer le Chabbat, car en le retirant on ne déplace pas la terre]. [Mais s'il est enfoui dans la terre] du bas vers le haut, [avec l'extrémité large en bas], c'est interdit.
גְּמָ׳ אָמַר רַב נַחְמָן: הַאי פּוּגְלָא, מִלְּמַעְלָה לְמַטָּה — שְׁרֵי. מִלְּמַטָּה לְמַעְלָה — אֲסִיר.
Rav Adda bar Abba dit : on dit à l'école de Rav [bé Rav] : nous avons appris [dans une michna] que la halakha n'est pas conforme à [l'avis de] Rav Na'hman. « La paille qui se trouve sur un lit — on ne la remue pas avec sa main, mais on la remue avec son corps. Et si elle était nourriture du bétail, ou qu'il y avait dessus un coussin ou un drap — on la remue même avec sa main. » Tire-s'en [la conclusion] : déplacer [un objet] de manière indirecte [tiltoul min hatsad] n'est pas appelé un déplacement [interdit]. [La Guemara conclut :] Tire-s'en [effectivement la conclusion].
אָמַר רַב אַדָּא בַּר אַבָּא, אָמְרִי בֵּי רַב: תְּנֵינָא דְּלָא כְּרַב נַחְמָן. הַקַּשׁ שֶׁעַל גַּבֵּי הַמִּטָּה — לֹא יְנַעַנְעֶנּוּ בְּיָדוֹ, אֲבָל מְנַעַנְעוֹ בְּגוּפוֹ. וְאִם הָיָה מַאֲכַל בְּהֵמָה, אוֹ שֶׁהָיָה עָלָיו כַּר אוֹ סָדִין — מְנַעַנְעוֹ בְּיָדוֹ. שְׁמַע מִינַּהּ טִלְטוּל מִן הַצַּד — לָא שְׁמֵיהּ טִלְטוּל. שְׁמַע מִינַּהּ.
Rav Yehouda dit : ces grains de poivre [pilpelei] — les broyer un à un avec le manche [kata] d'un couteau est permis ; [en broyer] deux [à la fois] est interdit, [car cela donne l'apparence d'un travail interdit]. Rava dit : dès lors qu'il modifie [la manière dont il accomplit cette action], même [en broyer] beaucoup est également [permis].
אָמַר רַב יְהוּדָה: הָנֵי פִּלְפְּלֵי, מֵידַק חֲדָא חֲדָא בְּקַתָּא דְסַכִּינָא — שְׁרֵי, תַּרְתֵּי — אֲסִיר. רָבָא אָמַר: כֵּיוָן דִּמְשַׁנֵּי — אֲפִילּוּ טוּבָא נָמֵי.
Rav Yehouda dit [encore] : celui qui se baigne dans l'eau doit d'abord s'essuyer [aussitôt en sortant], puis [seulement] remonter [sur la berge], de peur qu'il n'en vienne à transporter [les gouttes d'eau restées sur son corps] sur quatre coudées [amot] dans un karmelit.
אָמַר רַב יְהוּדָה: מַאן דְּסָחֵי בְּמַיָּא — לִינַגֵּיב נַפְשֵׁיהּ בְּרֵישָׁא וַהֲדַר לִיסְלֵיק, דִילְמָא אָתֵי לְאֵתוֹיֵי אַרְבַּע אַמּוֹת בְּכַרְמְלִית.
[La Guemara demande :] s'il en est ainsi, [s'il y a crainte de transporter de l'eau], lorsqu'il descend [dans l'eau] aussi [il devrait y avoir une crainte] : il pousse de sa force [ko'ho] l'eau sur quatre coudées, ce qui devrait être interdit ! [La Guemara répond :] pour [un mouvement résultant] de sa force [ko'ho] dans un karmelit, [les Sages] n'ont pas décrété [d'interdiction].
אִי הָכִי, כִּי קָא נָחֵית נָמֵי, קָא דָּחֵי כֹּחוֹ אַרְבַּע אַמּוֹת, וַאֲסִיר! כֹּחוֹ בְּכַרְמְלִית — לָא גְזַרוּ.
Abayé dit, et certains disent que cela fut énoncé par Rav Yehouda : la boue [tit] qui se trouve sur le pied [d'une personne] — elle l'essuie sur le sol [le Chabbat], mais elle ne l'essuie pas sur un mur.
אָמַר אַבָּיֵי, וְאִיתֵּימָא רַב יְהוּדָה: טִיט שֶׁעַל גַּבֵּי רַגְלוֹ — מְקַנְּחוֹ בַּקַּרְקַע, וְאֵין מְקַנְּחוֹ בַּכּוֹתֶל.
Rava dit : quelle est la raison pour laquelle [il ne l'essuie] pas sur un mur ? Est-ce parce que cela ressemble à [l'acte de] construire [bonè], [en ce qu'il ajouterait un enduit au mur] ? Mais c'est là une construction de paysan [binyan 'haklaa] ! [Il n'y a donc aucune crainte, car en enduisant ainsi on n'accomplit pas le travail interdit de construire.]
אָמַר רָבָא: מַאי טַעְמָא בַּכּוֹתֶל לָא, מִשּׁוּם דְּמֶיחְזֵי כְּבוֹנֶה? הָא בִּנְיָן חַקְלָאָה הוּא!
Plutôt, Rava dit : [au contraire,] elle l'essuie sur un mur, mais elle ne l'essuie pas sur le sol — de peur qu'elle n'en vienne à aplanir des creux [goumot] [dans le sol en essuyant son pied].
אֶלָּא אָמַר רָבָא: מְקַנְּחוֹ בַּכּוֹתֶל וְאֵין מְקַנְּחוֹ בַּקַּרְקַע — דִּילְמָא אָתֵי לְאַשְׁווֹיֵי גּוּמּוֹת.