Car on ne la prépare que pour rehausser la couleur de l'aliment. Cela n'ôte pas au blanc d'oeuf son statut d'aliment important au point qu'il serait considéré comme un déchet ; aussi aucun tri (bérira) effectif n'est-il accompli.
לְפִי שֶׁאֵין עוֹשִׂין אוֹתָהּ אֶלָּא לְגָוֶון.
Il a été enseigné [itmar] : au sujet de la moutarde [‘hardal] que l'on a pétrie la veille de Chabbat, le lendemain — Chabbat — Rav dit : on la délaye [mema‘ho] dans du vin ou de l'eau au moyen d'un ustensile, mais non à la main, car se servir d'un ustensile s'écarte de la manière habituelle de la préparer.
אִיתְּמַר. חַרְדָּל שֶׁלָּשׁוֹ מֵעֶרֶב שַׁבָּת, לְמָחָר, אָמַר רַב: מְמַחוֹ בִּכְלִי אֲבָל לֹא בַּיָּד.
Chmouel lui dit : [à la main ?!] Est-ce à dire que c'est à la main qu'on la délaie chaque jour ? Si on la prépare ainsi, c'est de la nourriture pour ânes [maakhal ‘hamorim] ! Certes, délayer à la main n'est pas la manière dont on prépare la moutarde en semaine ; il ne faudrait donc pas permettre de la délayer à l'ustensile le Chabbat. Au contraire, dit Chmouel [l'inverse] : on la délaie à la main — ce qui constitue un écart par rapport à la méthode habituelle — mais on ne la délaie pas de la manière ordinaire, à l'ustensile.
אֲמַר לֵיהּ שְׁמוּאֵל: (בַּיָּד?!) אַטּוּ כׇּל יוֹמָא בְּיָד מְמַחוּ לֵיהּ?! מַאֲכַל חֲמוֹרִים הוּא! אֶלָּא אָמַר שְׁמוּאֵל: מְמַחוֹ בַּיָּד וְאֵינוֹ מְמַחוֹ בִּכְלִי.
Il a été enseigné [itmar] que des Amoraïm de la Terre d'Israël disputèrent eux aussi de cette question : Rabbi Elazar dit : l'un comme l'autre — délayer à la main et délayer à l'ustensile — sont interdits ; tandis que Rabbi Yo‘hanan dit : l'un comme l'autre sont permis. Abayé et Rava dirent tous deux : la halakha n'est pas conforme à l'avis indulgent de Rabbi Yo‘hanan.
אִתְּמַר. רַבִּי אֶלְעָזָר אָמַר: אֶחָד זֶה וְאֶחָד זֶה — אָסוּר. וְרַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: אֶחָד זֶה וְאֶחָד זֶה — מוּתָּר. אַבָּיֵי וְרָבָא דְּאָמְרִי תַּרְוַיְיהוּ: אֵין הֲלָכָה כְּרַבִּי יוֹחָנָן.
Par la suite, Rabbi Yo‘hanan se rangea à l'opinion de Rabbi Elazar et interdit les deux modes de délayage ; et Rabbi Elazar se rangea à l'opinion de Chmouel, qui interdisait l'ustensile mais permettait la main. Cela étant, Abayé et Rava dirent tous deux : la halakha est conforme à l'opinion de Rabbi Yo‘hanan, qui interdisait les deux modes.
קָם רַבִּי יוֹחָנָן בְּשִׁיטְתֵיהּ דְּרַבִּי אֶלְעָזָר, קָם רַבִּי אֶלְעָזָר בְּשִׁיטְתֵיהּ דִּשְׁמוּאֵל. אַבָּיֵי וְרָבָא דְּאָמְרִי תַּרְוַיְיהוּ: הֲלָכָה כְּרַבִּי יוֹחָנָן.
La Guemara rapporte : la mère d'Abayé — en réalité sa mère nourricière — lui prépara de la moutarde, et il n'en mangea pas. L'épouse de Zé‘ira en prépara pour Rav ‘Hiyya bar Achi, le disciple de son mari, et il n'en mangea pas. Elle lui dit : j'en ai préparé pour ton maître et il en a mangé, et toi tu n'en manges pas ? Rava bar Chabba dit : je me tenais devant Ravina, et l'on remua pour lui [la moutarde] avec la partie interne de l'ail [choufta de-touma], et il en mangea.
אִימֵּיהּ דְּאַבָּיֵי עֲבַדָא לֵיהּ, וְלָא אֲכַל. דְּבֵיתְהוּ דִּזְעִירָא עֲבַדָא לֵיהּ לְרַב חִיָּיא בַּר אָשֵׁי, וְלָא אֲכַל. אֲמַרָה לֵיהּ: לְרַבָּךְ עֲבַדִי לֵיהּ וַאֲכַל, וְאַתְּ לָא אָכְלַתְּ? אָמַר רָבָא בַּר שְׁבָא: הֲוָה קָאֵימְנָא קַמֵּיהּ דְּרָבִינָא וּבְחַשִׁי לֵיהּ בְּשׁוּפְתָּא דְתוּמָא וַאֲכַל.
Mar Zoutra dit : la halakha n'est conforme à aucun de ces énoncés. Elle est plutôt conforme à celui-ci, ainsi qu'il a été enseigné : la moutarde que l'on a pétrie la veille de Chabbat, le lendemain on la délaie aussi bien à la main qu'à l'ustensile, et l'on peut y mettre du miel. Et lorsqu'on la délaie, on ne la bat pas vigoureusement à la façon d'un artisan [lo yitrof], mais on la mélange doucement [me‘arev].
אָמַר מָר זוּטְרָא: לֵית הִלְכְתָא כְּכׇל הָנֵי שְׁמַעְתָּתָא, אֶלָּא כִּי הָא דְּאִתְּמַר: חַרְדָּל שֶׁלָּשׁוֹ מֵעֶרֶב שַׁבָּת, לְמָחָר מְמַחוֹ בֵּין בַּיָּד בֵּין בִּכְלִי וְנוֹתֵן לְתוֹכוֹ דְּבַשׁ. וְלֹא יִטְרוֹף, אֶלָּא מְעָרֵב.
Le cresson [cha‘halayim] que l'on a broyé la veille de Chabbat, le lendemain on y met de l'huile et du vinaigre, et l'on y incorpore [mamchikh] de l'amita ; on ne le bat pas, mais on le mélange. De même, l'ail [choum] que l'on a écrasé la veille de Chabbat, le lendemain on y met des fèves et du gruau [pol ougrissin] ; on ne le pile pas, mais on le mélange, et l'on y incorpore de l'amita. Qu'est-ce que l'amita ? La Guemara répond : c'est la menthe [ninya]. Abayé dit : apprends de là que la menthe est bénéfique pour le cresson.
שַׁחֲלַיִים שֶׁשְּׁחָקָן מֵעֶרֶב שַׁבָּת, לְמָחָר נוֹתֵן לְתוֹכָן שֶׁמֶן וָחוֹמֶץ, וּמַמְשִׁיךְ לְתוֹכָן אַמִּיתָא. וְלֹא יִטְרוֹף אֶלָּא מְעָרֵב. שׁוּם שֶׁרִיסְּקוֹ מֵעֶרֶב שַׁבָּת, לְמָחָר נוֹתֵן לְתוֹכוֹ פּוֹל וּגְרִיסִין, וְלֹא יִשְׁחוֹק אֶלָּא מְעָרֵב, וּמַמְשִׁיךְ אֶת אַמִּיתָא לְתוֹכָן. מַאי אַמִּיתָא? נִינְיָיא. אָמַר אַבָּיֵי: שְׁמַע מִינַּהּ הַאי נִינְיָיא מְעַלְּיָא לְתַחְלֵי.
Et l'on prépare de l'énomelin [enomelin] le Chabbat. Nos maîtres ont enseigné [tanou rabbanan] : on prépare de l'énomelin le Chabbat, mais on ne prépare pas d'aloundit [aloundit]. Et qu'est-ce que l'énomelin et qu'est-ce que l'aloundit ? L'énomelin est une boisson, mélange de vin, de miel et de poivre. L'aloundit est un mélange de vin vieux, d'eau claire et de baume [afarsemon], que l'on prépare pour s'en servir après le bain, à l'établissement de bains [bei massouta], afin de se rafraîchir de la chaleur du bain. Il est interdit d'en préparer le Chabbat, car c'est une forme de remède.
וְעוֹשִׂין אֵנוֹמֵלִין בְּשַׁבָּת. תָּנוּ רַבָּנַן: עוֹשִׂין אֵנוֹמֵלִין בְּשַׁבָּת, וְאֵין עוֹשִׂין אֲלוּנְטִית. וְאֵיזוֹ הִיא אֵנוֹמֵלִין וְאֵיזוֹ הִיא אֲלוּנְטִית? אֵנוֹמֵלִין יַיִן וּדְבַשׁ וּפִלְפְּלִין. אֲלוּנְטִית יַיִן יָשָׁן וּמַיִם צְלוּלִין וַאֲפַרְסְמוֹן, דְּעָבְדִי לְבֵי מַסּוּתָא לְמֵיקַר.
Rav Yossef dit : une fois, je suivis Mar Oukva à l'établissement de bains [bei banei]. Quand j'en sortis, il vint me faire boire une coupe de ce vin [d'aloundit], et j'en ressentis la fraîcheur depuis les cheveux de ma tête jusqu'aux ongles de mes pieds. Et s'il m'avait fait boire une autre coupe — et si j'y avais survécu — j'aurais craint qu'on ne me retranche de mon mérite dans le Monde à venir. La Guemara demande : Mar Oukva n'en buvait-il pas chaque jour ? Comment n'en était-il pas affecté ? La Guemara répond : Mar Oukva était différent, car il y était accoutumé [dach beih].
אָמַר רַב יוֹסֵף: זִימְנָא חֲדָא עַלִּית בָּתַר מָר עוּקְבָא לְבֵי בָאנֵי. כִּי נְפַקִי, אֲתַאי אַשְׁקְיַין חַמְרָא חַד כָּסָא, וְחַשִּׁי מִבִּינְתָא דְרֵאשִׁי וְעַד טוּפְרָא דְכַרְעִי. וְאִי אַשְׁקְיַין כָּסָא אַחֲרִינָא — הֲוַאי מִסְתְּפֵינָא דִּלְמָא מְנַכּוּ לִי מִזָּכְוָתָא דְּעָלְמָא דְּאָתֵי. וְהָא מָר עוּקְבָא דְּשָׁתֵי כׇּל יוֹמָא? שָׁאנֵי מָר עוּקְבָא דְּדָשׁ בֵּיהּ.
Mishna 1
MICHNA. On ne fait pas tremper de l'ase fétide [‘hiltit] dans de l'eau tiède [pochrin] pour en faire une boisson médicinale ; mais on peut la mettre dans du vinaigre comme un condiment ordinaire. Et l'on ne fait pas macérer les vesces [karchinin] dans l'eau pour les séparer de leur balle, ni ne les frotte à la main pour en ôter la balle ; mais on peut les mettre dans un tamis [kevara] ou dans une corbeille [kalkala], et si la balle se détache, soit.
מַתְנִי׳ אֵין שׁוֹרִין אֶת הַחִילְתִּית בְּפוֹשְׁרִין, אֲבָל נוֹתֵן לְתוֹךְ הַחוֹמֶץ. וְאֵין שׁוֹלִין אֶת הַכַּרְשִׁינִין וְלֹא שָׁפִין אוֹתָן, אֲבָל נוֹתֵן לְתוֹךְ הַכְּבָרָה אוֹ לְתוֹךְ הַכַּלְכָּלָה.(משנה)
On ne tamise pas la paille [téven] au tamis [kevara], et de même on ne la dépose pas sur un lieu élevé pour que la bale [mots] s'en aille au vent ; mais on peut prendre la paille au tamis et la mettre dans la mangeoire [eivous] de l'animal, sans avoir à se soucier si la bale s'en trouve écartée au passage.
אֵין כּוֹבְרִין אֶת הַתֶּבֶן בִּכְבָרָה, וְלֹא יִתְּנֶנּוּ עַל גַּבֵּי מָקוֹם גָּבוֹהַּ בִּשְׁבִיל שֶׁיֵּרֵד הַמּוֹץ. אֲבָל נוֹטֵל הוּא בַּכְּבָרָה וְנוֹתֵן לְתוֹךְ הָאֵיבוּס.