Guémara
La Guemara soulève une objection à partir de ce qui a été enseigné dans une Tossefta : Rabban Chimon ben Gamliel dit : les écoliers organisaient les sections et lisaient le livre à la lumière de la ner [lampe]. [Apparemment, il est donc permis de lire à la lumière de la lampe le Chabbat.] La Guemara répond : si tu veux, dis que la Tossefta vise seulement le début des sections ; et si tu veux, dis plutôt que les enfants sont différents à cet égard — puisque la crainte de leur maître pèse sur eux, ils n'en viendront pas à incliner la mèche [car même en semaine la crainte de leur maître les empêche de toucher à la lampe pendant l'étude].
מֵיתִיבִי: רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר, הַתִּינוֹקוֹת שֶׁל בֵּית רַבָּן הָיוּ מְסַדְּרִין פָּרָשִׁיּוֹת וְקוֹרִין לְאוֹר הַנֵּר. אִי בָּעֵית אֵימָא — רָאשֵׁי פָּרָשִׁיּוֹתָיו, וְאִי בָּעֵית אֵימָא — שָׁאנֵי תִּינוֹקוֹת, הוֹאִיל וְאֵימַת רַבָּן עֲלֵיהֶן לָא אָתֵי לְאַצְלוֹיֵי.
[La Michna a enseigné :] de manière semblable [à ce décret du Chabbat, les Sages ont décrété que] le zav ne mangera pas [avec son épouse, la zava, bien qu'ils soient tous deux impurs, car en mangeant ensemble ils en viendraient à une intimité excessive et s'accoutumeraient à la transgression]. Il a été enseigné dans une Tossefta que Rabbi Chimon ben Elazar dit : viens et vois jusqu'où la pureté rituelle s'était répandue en Israël — car nous n'avons pas enseigné « le pur ne mangera pas avec l'impure », mais plutôt « le zav ne mangera pas avec la zava », bien qu'ils soient tous deux impurs, de peur qu'il ne s'accoutume à la transgression. [Inutile de dire qu'une personne pure et une personne impure ne mangeraient certainement pas ensemble, tant chacun était soigneux quant à la pureté rituelle.] Sur une note semblable, les Sages ont dit : un zav qui en général se tient à l'écart de l'impureté [mange une nourriture pure et veille à prélever les dîmes] ne mangera pas avec un zav qui est un am haarets [qui ne se tient pas à l'écart de l'impureté et ne veille pas à prélever les dîmes], de peur que l'am haarets ne l'habitue à fréquenter sa compagnie [par le moyen d'un repas partagé].
כַּיּוֹצֵא בוֹ לֹא יֹאכַל הַזָּב. תַּנְיָא: רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר אוֹמֵר: בּוֹא וּרְאֵה עַד הֵיכָן פָּרְצָה טׇהֳרָה בְּיִשְׂרָאֵל, שֶׁלֹּא שָׁנִינוּ ״לֹא יֹאכַל הַטָּהוֹר עִם הַטְּמֵאָה״, אֶלָּא לֹא יֹאכַל הַזָּב עִם הַזָּבָה מִפְּנֵי הֶרְגֵּל עֲבֵירָה. כַּיּוֹצֵא בוֹ: לֹא יֹאכַל זָב פָּרוּשׁ עִם זָב עַם הָאָרֶץ, שֶׁמָּא יַרְגִּילֶנּוּ אֶצְלוֹ.
La Guemara s'étonne : et s'il l'habitue à fréquenter sa compagnie, qu'importe — où est le problème ? Dis plutôt : de peur qu'il ne lui fasse manger des aliments impurs. La Guemara demande : est-ce à dire que le zav qui se tient à l'écart de l'impureté ne mange pas, lui aussi, des choses impures ? [Dans son état d'impureté, tout ce qu'il touche devient automatiquement impur ; pourquoi donc se soucierait-il d'aliments impurs ?] Abayé a dit : cette interdiction est due à un décret [édicté par les Sages] de peur que l'am haarets ne lui fasse manger des aliments non régularisés [dont les dîmes n'ont pas été prélevées]. Et Rava a dit : [il n'a pas à s'inquiéter des aliments non dîmés, car] la plupart des amei haarets prélèvent les dîmes de leurs fruits. Plutôt, [les Sages ont craint] qu'il ne s'accoutume à fréquenter l'am haarets [même après la période de son impureté] et que celui-ci ne lui fasse manger des aliments impurs durant les jours de sa pureté.
וְכִי מַרְגִּילוֹ אֶצְלוֹ מַאי הָוֵי? אֶלָּא אֵימָא: שֶׁמָּא יַאֲכִילֶנּוּ דְּבָרִים טְמֵאִין. אַטּוּ זָב פָּרוּשׁ לָאו דְּבָרִים טְמֵאִין אָכֵיל? אָמַר אַבָּיֵי: גְּזֵירָה שֶׁמָּא יַאֲכִילֶנּוּ דְּבָרִים שֶׁאֵינָן מְתוּקָּנִין. וְרָבָא אָמַר: רוֹב עַמֵּי הָאָרֶץ מְעַשְּׂרִין הֵן, אֶלָּא שֶׁמָּא יְהֵא רָגִיל אֶצְלוֹ וְיַאֲכִילֶנּוּ דְּבָרִים טְמֵאִין בִּימֵי טׇהֳרָתוֹ.
Un autre dilemme fut soulevé devant les Sages [quant à l'exigence de se tenir à l'écart de l'interdit et de l'impureté] : que statuer s'agissant d'une nidda ? Peut-elle dormir avec son mari dans un même lit, elle dans ses vêtements et lui dans les siens ? Rav Yossef a dit : viens et entends une résolution de ce dilemme à partir de ce que nous avons appris dans une Michna — la volaille peut être posée sur la table avec le fromage, bien qu'on ne puisse la manger avec du fromage : telle est l'opinion de Beth Chammaï. Beth Hillel disent : la volaille ne peut être ni posée sur la table avec le fromage, ni mangée avec lui. [Selon Beth Hillel, dont c'est la halakha, non seulement on doit se tenir à l'écart de la transgression elle-même, mais on doit aussi s'assurer que des aliments interdits ensemble ne soient pas posés ensemble.] La Guemara rejette cette preuve : là, c'est différent, car il n'y a pas [plusieurs] consciences [lorsque la volaille et le fromage sont sur la table d'une seule personne, elle risque de se tromper et de manger les deux, n'ayant là qu'une seule conscience, la sienne ; il n'en va pas de même quand deux personnes sont dans un même lit, car il y a alors deux consciences, et l'on ne craint pas qu'elles oublient toutes deux l'interdit].
אִיבַּעְיָא לְהוּ: נִדָּה מַהוּ שֶׁתִּישַׁן עִם בַּעֲלָהּ הִיא בְּבִגְדָהּ וְהוּא בְּבִגְדוֹ? אָמַר רַב יוֹסֵף, תָּא שְׁמַע: הָעוֹף עוֹלֶה עִם הַגְּבִינָה עַל הַשֻּׁלְחָן וְאֵינוֹ נֶאֱכָל, דִּבְרֵי בֵּית שַׁמַּאי. בֵּית הִלֵּל אוֹמְרִים: לֹא עוֹלֶה וְלֹא נֶאֱכָל. שָׁאנֵי הָתָם דְּלֵיכָּא דֵּיעוֹת.
La Guemara ajoute : de même, il est logique de dire que là où il y a deux consciences ou plus, c'est différent — comme il a été enseigné dans la dernière partie de cette MISHNA : Rabban Chimon ben Gamliel dit : deux hôtes [dans une même maison] peuvent manger à une même table, l'un mangeant de la viande et l'autre du fromage, sans avoir à s'en inquiéter. La Guemara rejette cette preuve : n'a-t-il pas été dit à propos de cette halakha que Rabbi Hanin bar Ami a dit au nom de Chmouël : « On n'a enseigné [que les deux peuvent manger à une même table] que lorsqu'ils ne se connaissent pas l'un l'autre ; mais s'ils se connaissent l'un l'autre, cela leur est interdit [car il y a lieu de craindre que, par familiarité, ils ne partagent leur nourriture et n'en viennent à fauter] » ? Et si c'est le cas, ceux-ci aussi [le mari et son épouse] se connaissent l'un l'autre [on craint donc qu'ils ne gardent pas la distance voulue, et il leur est interdit de dormir ensemble dans un même lit, même habillés]. La Guemara rejette : comment peux-tu comparer ces deux cas ? Là [pour la viande et le lait], il y a deux consciences, mais aucun changement [perceptible] par rapport à l'ordinaire [la viande et le fromage étant sur la table sans signe manifeste qui leur rappelle de ne pas mélanger les aliments]. Tandis qu'ici [pour la nidda], il y a deux consciences et il y a aussi un changement perceptible par rapport à l'ordinaire [car il est inhabituel de dormir habillé ; le fait qu'ils soient tous deux vêtus constitue un changement].
הָכִי נָמֵי מִסְתַּבְּרָא דְּהֵיכָא דְּאִיכָּא דֵּיעוֹת שָׁאנֵי. דְּקָתָנֵי סֵיפָא: רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: שְׁנֵי אַכְסְנָיִים אוֹכְלִין עַל שֻׁלְחָן אֶחָד, זֶה אוֹכֵל בָּשָׂר וְזֶה אוֹכֵל גְּבִינָה, וְאֵין חוֹשְׁשִׁין. וְלָאו אִתְּמַר עֲלַהּ אָמַר רַב חָנִין בַּר אַמֵּי אָמַר שְׁמוּאֵל: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא שֶׁאֵין מַכִּירִין זֶה אֶת זֶה, אֲבָל מַכִּירִין זֶה אֶת זֶה — אֲסוּרִים. וְהָנֵי נָמֵי, מַכִּירִין זֶה אֶת זֶה נִינְהוּ. הָכִי הַשְׁתָּא?! הָתָם דֵּיעוֹת אִיכָּא, שִׁינּוּי לֵיכָּא. הָכָא אִיכָּא דֵּיעוֹת וְאִיכָּא שִׁינּוּי.
Certains rapportent [le passage précédent comme preuve de l'opinion de Rav Yossef, puis le rejettent] et disent : viens et entends — Rabban Chimon ben Gamliel dit : deux hôtes peuvent manger à une même table, l'un de la viande et l'autre du fromage. Et il a été dit à propos de cette halakha que Rabbi Hanin bar Ami a dit au nom de Chmouël : « On n'a enseigné [que les deux peuvent manger à une même table] que lorsqu'ils ne se connaissent pas l'un l'autre ; mais s'ils se connaissent l'un l'autre, c'est interdit. » Et si c'est le cas, ceux-ci aussi [le mari et son épouse] se connaissent l'un l'autre ! La Guemara distingue entre les cas : là [pour la viande et le fromage], bien qu'il y ait deux consciences, il n'y a aucun changement perceptible [la viande et le fromage étant sur la table sans signe manifeste qui leur rappelle de ne pas les mélanger]. Tandis qu'ici [pour la nidda], il y a deux consciences et il y a aussi un changement perceptible.
אִיכָּא דְּאָמְרִי: תָּא שְׁמַע, רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: שְׁנֵי אַכְסְנָיִים אוֹכְלִין עַל שֻׁלְחָן אֶחָד, זֶה בָּשָׂר וְזֶה גְּבִינָה. וְאִתְּמַר עֲלַהּ, אָמַר רַב חָנִין בַּר אַמֵּי אָמַר שְׁמוּאֵל: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא שֶׁאֵין מַכִּירִין זֶה אֶת זֶה, אֲבָל מַכִּירִין זֶה אֶת זֶה — אָסוּר. וְהָנֵי נָמֵי, מַכִּירִין זֶה אֶת זֶה נִינְהוּ! הָתָם, דֵּיעוֹת אִיכָּא שִׁינּוּי לֵיכָּא. הָכָא, אִיכָּא דֵּיעוֹת וְאִיכָּא שִׁינּוּי.
Viens et entends une résolution du dilemme à partir de ce que nous avons appris dans notre MISHNA : le zav ne mangera pas avec la zava, en raison de l'accoutumance à la transgression [une intimité excessive les conduirait à s'accoutumer au péché ; même manger ensemble est donc interdit]. La Guemara répond : ici aussi, bien qu'il y ait deux consciences, il n'y a aucun changement perceptible.
תָּא שְׁמַע: לֹא יֹאכַל הַזָּב עִם הַזָּבָה מִשּׁוּם הֶרְגֵּל עֲבֵירָה. הָכָא נָמֵי, דֵּיעוֹת אִיכָּא שִׁינּוּי לֵיכָּא.
Viens et entends une autre résolution à partir de ce qui a été enseigné dans une baraïta. Il est dit : « Il n'a pas mangé sur les montagnes, il n'a pas levé les yeux vers les idoles de la maison d'Israël, il n'a pas souillé l'épouse de son prochain et ne s'est pas approché d'une femme nidda » (Yéhezkel 18, 6). Ce verset rapproche la femme nidda de l'épouse du prochain : de même que [coucher] avec l'épouse de son prochain, même lui dans ses vêtements et elle dans les siens, est interdit, de même [coucher] avec sa propre épouse lorsqu'elle est nidda, même lui dans ses vêtements et elle dans les siens, est interdit. Apprends-en [la résolution du dilemme].
תָּא שְׁמַע: ״אֶל הֶהָרִים לֹא אָכָל וְעֵינָיו לֹא נָשָׂא אֶל גִּלּוּלֵי בֵּית יִשְׂרָאֵל וְאֶת אֵשֶׁת רֵעֵהוּ לֹא טִמֵּא וְאֶל אִשָּׁה נִדָּה לֹא יִקְרָב״. מַקִּישׁ אִשָּׁה נִדָּה לְאֵשֶׁת רֵעֵהוּ: מָה אֵשֶׁת רֵעֵהוּ הוּא בְּבִגְדוֹ וְהִיא בְּבִגְדָהּ — אָסוּר, אַף אִשְׁתּוֹ נִדָּה הוּא בְּבִגְדוֹ וְהִיא בְּבִגְדָהּ — אָסוּר. שְׁמַע מִינַּהּ.
La Guemara remarque : et cette conclusion diverge de l'opinion de Rabbi Pedat, car Rabbi Pedat a dit : la Torah n'a interdit que l'intimité comportant des relations interdites [arayot], ainsi qu'il est dit : « Nul d'entre vous ne s'approchera d'une proche parente pour découvrir sa nudité » (Vayikra 18, 6). [L'interdit d'intimité dans la Torah s'applique exclusivement aux relations ; toutes les autres formes d'intimité qui n'incluent pas de relations effectives ne sont pas comprises dans l'interdit. Lorsqu'il y a séparation, on n'a édicté aucun décret.]
וּפְלִיגָא דְּרַבִּי פְּדָת: דְּאָמַר רַבִּי פְּדָת לֹא אָסְרָה תּוֹרָה אֶלָּא קוּרְבָה שֶׁל גִּלּוּי עֲרָיוֹת בִּלְבַד, שֶׁנֶּאֱמַר: ״אִישׁ אִישׁ אֶל כׇּל שְׁאֵר בְּשָׂרוֹ לֹא תִקְרְבוּ לְגַלּוֹת עֶרְוָה״.
La Guemara rapporte que Oulla, lorsqu'il revenait de la maison de son maître, embrassait ses sœurs sur la poitrine ; et certains disent : sur les mains. [Oulla ne craignait pas de transgresser l'interdit de manifester de l'affection envers une parente qui lui est interdite, car son intention n'était pas d'avoir des relations avec elles.] La Guemara ajoute que son acte contredisait l'une de ses propres paroles, car Oulla a dit : même toute forme d'intimité est interdite avec une femme avec qui les relations sont interdites, en vertu de l'adage ainsi formulé : « Va autour, va autour », dit-on au nazir, « et n'approche pas du vignoble » [on conseille au nazir, à qui tout produit de la vigne est interdit, de ne même pas approcher du vignoble ; il en va de même pour l'interdit des relations interdites — selon Oulla, on doit s'en tenir à l'écart autant qu'il est possible].
עוּלָּא כִּי הָוֵי אָתֵי מִבֵּי רַב הֲוָה מְנַשֵּׁק לְהוּ לְאַחְווֹתֵיהּ אַבֵּי חָדַיְיהוּ, וְאָמְרִי לַהּ אַבֵּי יְדַיְיהוּ. וּפְלִיגָא דִידֵיהּ אַדִּידֵיהּ, דְּאָמַר עוּלָּא: אֲפִילּוּ שׁוּם קוּרְבָה אָסוּר, מִשּׁוּם ״לָךְ לָךְ אָמְרִי נְזִירָא סְחוֹר סְחוֹר, לְכַרְמָא לָא תִּקְרַב״.
Le Sage de l'école d'Eliyahou a enseigné une baraïta qui traite de cette halakha : il advint qu'un disciple étudia beaucoup de Michna, lut beaucoup de Bible et servit abondamment les talmidé hakhamim [les Sages, en étudiant la Torah auprès d'eux], et néanmoins mourut à la moitié de ses jours [la moitié de son espérance de vie]. Son épouse [dans son amertume] prenait ses téfilines et allait avec eux dans les synagogues et les maisons d'étude, et elle disait aux Sages : Il est écrit dans la Torah : « Car c'est ta vie et la longueur de tes jours » (Devarim 30, 20) ; mon mari, qui a tant étudié de Michna et tant lu de Bible … [le folio se poursuit sur Shabbat 13b].
תָּנֵי דְּבֵי אֵלִיָּהוּ: מַעֲשֶׂה בְּתַלְמִיד אֶחָד שֶׁשָּׁנָה הַרְבֵּה, וְקָרָא הַרְבֵּה, וְשִׁימֵּשׁ תַּלְמִידֵי חֲכָמִים הַרְבֵּה, וּמֵת בַּחֲצִי יָמָיו. וְהָיְתָה אִשְׁתּוֹ נוֹטֶלֶת תְּפִילָּיו וּמְחַזַּרְתָּם בְּבָתֵּי כְנֵסִיּוֹת וּבְבָתֵּי מִדְרָשׁוֹת, וְאָמְרָה לָהֶם: כָּתוּב בַּתּוֹרָה ״כִּי הוּא חַיֶּיךָ וְאוֹרֶךְ יָמֶיךָ״, בַּעֲלִי שֶׁשָּׁנָה הַרְבֵּה וְקָרָא הַרְבֵּה
Rachi
ואימת רבן עליהן - אין פושטין יד לשום דבר ואפי' בחול אלא על פי רבן:
פרצה - גברה כמו ופרצת ימה וקדמה (בראשית כח):,שלא שנינו לא יאכל טהור עם הטמאה - מפני הערוה לפי שלא הוצרכו לכך שכולן אוכלין חוליהן בטהרה היו ולא היו אוכלין עם נשותיהן טמאות:
אטו זב פרוש לאו דברים טמאים קאכיל - והלא כל מגעו טמא:,מעשרין הן - ולא גזרי' גזירה לגזירה:
שתישן עם בעלה - במטה כגון שהוא טמא דליכא למיחש משום טהרה או בזמן הזה שאין בו טהרה מי חיישי' להרגל עבירה או דילמא כיון דאיכא היכרא מדכר דכירי:,על השולחן - שאוכל עליו מותר להניח בשר העוף אצל הגבינה דקסברי בית שמאי בשר עוף בחלב לאו דאורייתא ולא גזרי' העלאה אטו אכילה:,ואינו נאכל - עמו:, וב"ה אומרים כו' - ש"מ דאסור:,דליכא דיעות - שני בני אדם שיזכירו זה לזה וה"ה נמי דמצי לשנויי דליכא שינוי להיכרא ומיהו דעדיפא נקט דאפי' דיעות ליכא:
שאין מכירין - דלא אתי חד למשקל מדחבריה ומיכל:,אבל מכירין - אסור ואשה ובעלה [נמי] מכירין זה את זה וש"מ דאסור:,שינוי ליכא - שאוכלין בדרך אכילה:,איכא שינוי - שאין דרך לישן אלא בקירוב בשר כדכתיב שארה כסותה ועונתה ואמר מר שאר זה קירוב בשר שאם אמר אי איפשי אלא היא בבגדה והוא בבגדו יוציא ויתן כתובה במס' כתובות (פ"ד דף מח.):
אל ההרים לא אכל - בפרק אלו הן הנשרפין בסנהדרין (דף פא.) מפרש ליה שלא נתפרנס בזכות אבות שלא הוצרך לכך לפי שהוא צדיק:,מה אשת רעהו כו' - דאסור לן יחוד מן התורה בקדושין (פ"ד דף פ.) מאחיך בן אמך:
ופליגא - דרב יוסף דפשט מדרשה דהאי קרא לאיסור אדרבי פדת:,גילוי עריות - תשמיש ממש ושאר קורבה ואפי' קירוב בשר מדרבנן והיא בבגדה אפי' מדרבנן ליכא למגזר:
Tossafot
מיתיבי התינוקות של בית רבן מסדרין פרשיותיהן כו' - אומר הר"ם לפי' הקונטרס שפי' במתני' החזן רואה היכן התינוקות קורין לאור הנר הא דלא פריך ליה ממתני' משום דאיכא למימר דקורין באיסור ואין מוחין בידם אבל הכא דקתני מסדרין משמע שמותרין לעשות כן:
רבא אמר רוב עם הארץ מעשרין הן - וא"ת האמרי' בפרק בתרא דסוטה (דף מח.) שיוחנן כהן גדול גזר על הדמאי לפי ששלח בכל גבול ישראל וראה שלא היו מפרישין אלא תרומה גדולה בלבד וי"ל דה"ק שלא היו מפרישין כולם אלא תרומה גדולה אבל רובן היו מעשרים והא דחשו הכא טפי למיעוט מבמקום אחר משום דהויא מיעוט דשכיח טובא והיו הרבה נכשלים ומה שקשה דאביי אדאביי ודרבא אדרבא מפורש בפ"ב דכתובות (דף כד. ושם) גבי חיישינן לגומלים:
מה אשת רעהו הוא בבגדו והיא בבגדה אסור - והתם סברא הוא לאסור לפי שיצרו תוקפו ומתגבר עליו ביותר ורש"י פי' אפי' ביחוד נמי אסור מדאורייתא ואין נראה דמשמע דרוצה לאסור יחוד בנדה תימה דיחוד דאסור מן התורה לא ילפי' מאשת איש ושרי בנדה כדכתיב סוגה בשושנים (סנהד' פ"ד לז.) והוא בבגדו והיא בבגדה דלא הוי אפי' באשת איש אלא מדרבנן אסור בנדה מהיקשא טפי הוה לן למיסר יחוד מהיקשא ולמישרי הוא בבגדו והיא בבגדה בלא יחוד כגון שפתח פתוח לרה"ר מסוגה בשושנים:
ופליגא דר' פדת דא"ר פדת לא אסרה תורה אלא כו' - תימה מנא ליה דפליגי דילמא מדרבנן אסור אפי' הוא בבגדו ורש"י דפירש כאן כיון דמדאורייתא לא אסור אלא תשמיש ממש מדרבנן לא אסור אלא קירוב בשר לא נהירא דמסתמא לא פליגי אמתני' דלא יאכל הזב עם הזבה ועוד וכי לית ליה דאשת רעהו הוא בבגדו והיא בבגדה אסור ומפרש ר"ת דפליגא דר' פדת דכיון דלא אסרה תורה אלא קריבה של גילוי עריות בלבד א"כ אין לנו לאסור ולגזור אלא כעין שאסר הכתוב דהיינו דיעות בלא שינוי כגון לא יאכל הזב עם הזבה אבל הוא בבגדו והיא בבגדה דאיכא דיעות ושינוי לא יסבור ר' פדת דאפי' באשת איש הוא בבגדו והיא בבגדה שרי ור"י פי' ופליגא דר' פדת כיון דאית ליה דלא שייך לשון קריבה אלא בגילוי עריות ממש וא"כ ואל אשה נדה לא יקרב היינו תשמיש ממש שוב אין ללמוד בהיקש מאשת איש לאסור הוא בבגדו כו' לאפוקי לשון קריבה ממשמעותו ודוחק הוא דהא אשת רעהו לא טמא משמע תשמיש ממש ואפילו הכי אסרי' הוא בבגדו והיא בבגדה:
ופליגא דידיה אדידיה - והוא היה יודע בעצמו שלא יבא לידי הרהור שצדיק גמור היה כדאמרינן בפרק ב' דכתובות ('ף יז.) דרב אדא בר אהבה מרכיב לה אכתפיה ומרקד א"ל רבנן אנן מהו למעבד הכי א"ל אי דמיא לכון כי כשורא לחיי ואי לא לא והספר לא חש לפרש ולהאריך כאן למה. היה עושה:
Texte : Sefaria — William Davidson Edition - Vocalized Aramaic · traduction française de travail, à valider.