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Traité Shabbat

134b

Étude de Shabbat 134b

Étude de la Mishna & Guémara 134b

Mishna 1
MICHNA : On peut laver le nouveau-né [le Chabbat], aussi bien avant la circoncision (mila) qu'après la circoncision. Et l'on peut faire couler de l'eau chaude sur lui à la main, mais non avec un récipient, afin de s'écarter de la manière habituelle dont cela se fait. Rabbi Elazar ben Azarya dit : on peut laver le nouveau-né le troisième jour qui suit sa circoncision, même si ce troisième jour tombe un Chabbat. Le troisième jour qui suit la circoncision, l'enfant est considéré comme étant en danger, comme il est dit au sujet des hommes de Chekhem, qui avaient été circoncis : « Et il advint, le troisième jour, alors qu'ils étaient souffrants » (Béréchit 34, 25). Cela nous enseigne qu'au troisième jour la douleur de la circoncision présente un danger.
מַתְנִי׳ מַרְחִיצִין אֶת הַקָּטָן בֵּין לִפְנֵי הַמִּילָה וּבֵין לְאַחַר הַמִּילָה, וּמְזַלְּפִין עָלָיו בַּיָּד, אֲבָל לֹא בִּכְלִי. רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה אוֹמֵר: מַרְחִיצִין אֶת הַקָּטָן בַּיּוֹם הַשְּׁלִישִׁי שֶׁחָל לִהְיוֹת בְּשַׁבָּת, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיְהִי בַיּוֹם הַשְּׁלִישִׁי בִּהְיוֹתָם כּוֹאֲבִים״.(משנה)
S'il y a un doute quant à savoir si l'on doit ou non circoncire un nouveau-né, et de même dans le cas d'un nourrisson hermaphrodite [androginos], qui possède à la fois des organes génitaux mâles et femelles, on ne profane pas le Chabbat pour accomplir la circoncision, puisqu'il n'est pas certain que la circoncision soit requise. Et Rabbi Yehouda permet de le faire pour un nourrisson hermaphrodite.
סָפֵק וְאַנְדְּרוֹגִינוֹס — אֵין מְחַלְּלִין עָלָיו אֶת הַשַּׁבָּת. וְרַבִּי יְהוּדָה מַתִּיר בְּאַנְדְּרוֹגִינוֹס.
Guémara
GUEMARA : La Guemara s'interroge sur l'affirmation de la michna selon laquelle on ne peut faire couler de l'eau chaude sur le nouveau-né qu'à la main : n'as-tu pas dit dans la première proposition (récha) de la michna que l'on peut le laver ? Or, s'il est permis de laver le nouveau-né, il est certainement permis de faire couler de l'eau sur lui avec un récipient !
גְּמָ׳ וְהָא אָמְרַתְּ רֵישָׁא מַרְחִיצִין!
Ce sont Rav Yehouda et Rabba bar Avouh qui dirent tous deux que cette michna est enseignée selon le style connu sous le nom de : « comment » (kéitsad). Dans ce style, la proposition finale vient clarifier la première. Il faut la comprendre ainsi : on peut laver le nouveau-né aussi bien avant la circoncision qu'après la circoncision. Comment peut-on le laver ? On fait couler de l'eau sur lui à la main, mais non avec un récipient.
רַב יְהוּדָה וְרַבָּה בַּר אֲבוּהּ דְאָמְרִי תַּרְוַיְיהוּ ״כֵּיצַד״ תָּנֵי: מַרְחִיצִין אֶת הַקָּטָן בֵּין לִפְנֵי מִילָה בֵּין לְאַחַר מִילָה. כֵּיצַד? — מְזַלְּפִין עָלָיו בַּיָּד אֲבָל לֹא בִּכְלִי.
Rava dit : mais [la michna] n'enseigne-t-elle pas « on peut laver » (marhitsin), et laver n'est pas faire couler [un peu d'eau] (zilouf) ! Rava dit plutôt que voici ce que la michna enseigne : on peut laver le nouveau-né, aussi bien avant la circoncision qu'après la circoncision. Le premier jour, on peut le laver à sa manière habituelle. Cependant, le troisième jour qui suit sa circoncision, si ce troisième jour tombe un Chabbat, on ne peut faire couler de l'eau sur lui qu'à la main, mais non avec un récipient, et l'on ne peut certainement pas le laver. Rabbi Elazar ben Azarya dit : on peut même laver le nouveau-né le troisième jour qui suit sa circoncision, si ce troisième jour tombe un Chabbat, parce que l'enfant est considéré comme étant en état de danger, comme il est dit : « Et il advint, le troisième jour, alors qu'ils étaient souffrants. »
אָמַר רָבָא: וְהָא ״מַרְחִיצִין״ קָתָנֵי! אֶלָּא אָמַר רָבָא, הָכִי קָתָנֵי: מַרְחִיצִין אֶת הַקָּטָן בֵּין מִלִּפְנֵי מִילָה בֵּין לְאַחַר הַמִּילָה, בַּיּוֹם הָרִאשׁוֹן — כְּדַרְכּוֹ, וּבַיּוֹם הַשְּׁלִישִׁי שֶׁחָל לִהְיוֹת בְּשַׁבָּת — מְזַלְּפִין עָלָיו בַּיָּד, אֲבָל לֹא בִּכְלִי. רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה אוֹמֵר: מַרְחִיצִין אֶת הַקָּטָן בַּיּוֹם הַשְּׁלִישִׁי שֶׁחָל לִהְיוֹת בְּשַׁבָּת, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיְהִי בַיּוֹם הַשְּׁלִישִׁי בִּהְיוֹתָם כּוֹאֲבִים״.
Une baraïta a été enseignée conformément à l'opinion de Rava : on peut laver le nouveau-né, aussi bien avant la circoncision qu'après la circoncision. Le premier jour, on lave l'enfant à sa manière habituelle ; et le troisième jour qui tombe un Chabbat, on fait couler de l'eau sur lui à la main, mais non avec un récipient, et l'on ne peut pas le laver. Rabbi Elazar ben Azarya dit : on peut même laver le nouveau-né le troisième jour qui tombe un Chabbat. Et bien qu'il n'y ait pas de preuve absolue (réaya) pour cette chose, il y a une allusion (zékher) à cette chose, comme il est dit : « Et il advint, le troisième jour, alors qu'ils étaient souffrants. »
תַּנְיָא כְּווֹתֵיהּ דְּרָבָא: מַרְחִיצִין הַקָּטָן בֵּין לִפְנֵי מִילָה בֵּין לְאַחַר מִילָה, בְּיוֹם הָרִאשׁוֹן — כְּדַרְכּוֹ, וּבַיּוֹם הַשְּׁלִישִׁי שֶׁחָל לִהְיוֹת בְּשַׁבָּת — מְזַלְּפִין עָלָיו בַּיָּד. רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה אוֹמֵר: מַרְחִיצִין אֶת הַקָּטָן בַּיּוֹם הַשְּׁלִישִׁי שֶׁחָל לִהְיוֹת בְּשַׁבָּת. וְאַף עַל פִּי שֶׁאֵין רְאָיָה לַדָּבָר זֵכֶר לַדָּבָר, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיְהִי בַיּוֹם הַשְּׁלִישִׁי בִּהְיוֹתָם כּוֹאֲבִים״.
La baraïta poursuit : et lorsque l'on fait couler de l'eau, on ne la fait couler ni avec un gobelet, ni avec une écuelle, ni avec aucun autre récipient ; on le fait plutôt à la main. La Guemara remarque : nous sommes parvenus à l'opinion du premier tana (tana kama), car cette précision sur la manière dont le ruissellement (zilouf) s'effectuait n'est pas conforme à l'opinion de Rabbi Elazar ben Azarya ; il s'agit plutôt d'un développement de la déclaration du premier tana.
וּכְשֶׁהֵן מְזַלְּפִין — אֵין מְזַלְּפִין לֹא בְּכוֹס וְלֹא בִּקְעָרָה וְלֹא בִּכְלִי, אֶלָּא בַּיָּד. אֲתָאן לְתַנָּא קַמָּא.
Que signifie l'affirmation de la baraïta : « et bien qu'il n'y ait pas de preuve absolue pour cette chose, il y a une allusion à cette chose » ? Pourquoi la baraïta y fait-elle référence comme à une simple allusion, alors qu'elle semble offrir une preuve absolue que la douleur de la circoncision est significative le troisième jour ? La Guemara répond : en réalité, ce n'est pas une preuve complète, car la chair d'un adulte ne guérit pas immédiatement, tandis que la chair d'un enfant guérit immédiatement. Peut-être un nouveau-né n'est-il pas considéré comme étant en danger le troisième jour.
מַאי ״אַף עַל פִּי שֶׁאֵין רְאָיָה לַדָּבָר זֵכֶר לַדָּבָר״? מִשּׁוּם דְּגָדוֹל לָא סָלֵיק בִּישְׂרֵיהּ הַיָּיא, קָטָן סָלֵיק (בֵּיהּ) בִּישְׂרֵיהּ הַיָּיא.
La Guemara rapporte : un certain homme vint devant Rava pour lui poser une question au sujet du lavage d'un nouveau-né après la circoncision. Rava trancha conformément à la décision halakhique de [la baraïta], à savoir que tous s'accordent à dire qu'il est permis de laver le nouveau-né le premier jour. Par la suite, Rava tomba malade. Il dit : pourquoi me suis-je mêlé des opinions des Anciens ? [Les Sages de la génération précédente, Rav Yehouda et Rabba bar Avouh, avaient formulé la halakha d'une manière différente, plus rigoureuse.] Rava sentit que sa maladie était une punition divine pour avoir pris leurs opinions à la légère.
הָהוּא דַּאֲתָא לְקַמֵּיהּ דְּרָבָא, אוֹרִי לֵיהּ כִּשְׁמַעְתֵּיהּ. אִיחֲלַשׁ רָבָא, אָמַר: אֲנָא בַּהֲדֵי תַּרְגּוּמָא דְסָבֵי לְמָה לִי.
Les Sages dirent à Rava : la baraïta n'a-t-elle pas été enseignée conformément à l'opinion du Maître ? Pourquoi donc êtes-vous inquiet au sujet de votre décision, qui est correcte ? Rava leur répondit : le langage de la michna est précis selon leur opinion [à eux, Rav Yehouda et Rabba bar Avouh].
אֲמַרוּ לֵיהּ רַבָּנַן לְרָבָא: וְהָתַנְיָא כְּווֹתֵיהּ דְּמָר? אֲמַר לְהוּ: מַתְנִיתִין כְּווֹתַיְיהוּ דַּיְקָא.
D'où peut-on le conclure ? Du fait qu'il est dit : Rabbi Elazar ben Azarya dit : on peut laver le nouveau-né le troisième jour qui tombe un Chabbat. Certes, si tu dis que le premier tana affirme seulement que l'on peut faire couler de l'eau, mais qu'il interdisait de laver l'enfant même le premier jour, cela explique ce que Rabbi Elazar ben Azarya lui répondit : « on peut laver ». En revanche, si tu dis que le premier tana affirme que l'on peut laver le premier jour et que l'on peut faire couler de l'eau le troisième jour, alors cette déclaration : « Rabbi Elazar ben Azarya dit que l'on peut laver » est imprécise. Il aurait plutôt dû dire que l'on peut « même laver » (af marhitsin) le troisième jour. [Rabbi Elazar ben Azarya ne conteste pas qu'il soit jamais permis de laver le nouveau-né, car le premier tana aussi convient que c'est permis le premier jour ; le débat porte sur le point de savoir si cette indulgence s'étend également au troisième jour. Puisqu'une lecture précise de la michna soutient l'opinion de Rav Yehouda et Rabba bar Avouh, la baraïta qui appuie l'opinion de Rava n'a pas assez d'autorité pour supplanter cette compréhension.]
מִמַּאי — מִדְּקָאָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה אוֹמֵר: מַרְחִיצִין אֶת הַקָּטָן בְּיוֹם הַשְּׁלִישִׁי שֶׁחָל לִהְיוֹת בְּשַׁבָּת. אִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא תַּנָּא קַמָּא ״מְזַלְּפִין״ קָאָמַר — הַיְינוּ דְּקָאֲמַר לֵיהּ רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה ״מַרְחִיצִין״. אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ תַּנָּא קַמָּא מַרְחִיצִין בְּיוֹם הָרִאשׁוֹן קָאָמַר, וּמְזַלְּפִין בְּיוֹם הַשְּׁלִישִׁי, הַאי רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה אוֹמֵר מַרְחִיצִין — ״אַף מַרְחִיצִין״ מִיבְּעֵי לֵיהּ?
Lorsque Rav Dimi vint d'Erets Israël en Babylonie, il dit que Rabbi Elazar avait dit : la halakha est conforme à l'opinion de Rabbi Elazar ben Azarya.
כִּי אֲתָא רַב דִּימִי אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: הֲלָכָה כְּרַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה.
Shabbat 134b
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