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Traité Shabbat

131a

Étude de Shabbat 131a

Étude de la Guémara 131a

Guémara
…des maisons et des cours qui y débouchent, chaque cour contenant au moins deux maisons, et il y a au moins deux cours. Or ici [dans le cas examiné] il y a des maisons mais il n'y a pas de cours [au pluriel ouvertes sur la ruelle] — c'est pourquoi les lois habituelles d'une ruelle fermée ne s'appliquent pas. Mais s'il en est ainsi, lorsqu'ils n'ont pas non plus joint [par un érouv] les cours avec les maisons, considérons ces maisons comme si elles étaient bouchées [scellées], puisque leurs habitants n'ont pas le droit de transporter de leurs maisons vers les cours ; les maisons doivent alors être tenues pour inexistantes. Dès lors, dans ce cas aussi il y a des cours mais il n'y a pas de maisons [et la même difficulté ressurgit] !
בָּתִּים וַחֲצֵרוֹת פְּתוּחִין לְתוֹכוֹ, וְהָכָא בָּתִּים — אִיכָּא, חֲצֵרוֹת — לֵיכָּא. כִּי לֹא עֵירְבוּ נָמֵי, לֶיחְזִינְהוּ לְהָנֵי בָּתִּים כְּמַאן דִּסְתִימִי דָּמוּ, וַחֲצֵרוֹת אִיכָּא וּבָתִּים — לֵיכָּא!
La Guemara répond : dans ce cas, il est possible que [les habitants] renoncent à tous leurs droits de propriété [sur la cour] et les transfèrent à une seule personne. De même que les habitants d'une cour peuvent s'associer [par un érouv] pour se permettre d'y transporter, ils peuvent aussi abandonner leurs droits de propriété au profit d'un unique résident. Il est alors considéré qu'il n'y a qu'une seule maison habitée dans la cour, et il est dès lors permis de transporter aussi bien dans la cour qu'entre cette maison-là et la cour. La Guemara rejette cette réponse : en fin de compte, même dans ce cas, il y a une maison, mais il n'y a pas plusieurs maisons — car on ne peut abandonner ses droits qu'au profit d'un seul propriétaire, et non de deux. Cela ne satisferait donc pas l'exigence minimale de deux maisons pour que le lieu ait le statut de cour.
אֶפְשָׁר דִּמְבַטְּלֵי לֵיהּ רְשׁוּתָא דְּכוּלְּהוּ לְגַבֵּי חַד. סוֹף סוֹף בַּיִת אִיכָּא בָּתִּים לֵיכָּא!
La Guemara répond : il est possible de résoudre [la difficulté] ainsi — du matin jusqu'à la mi-journée, ils peuvent abandonner leurs droits au profit de l'un, et de la mi-journée jusqu'au soir, ils peuvent les abandonner au profit d'un autre ; il y aura ainsi deux maisons [au cours de la journée]. La Guemara rejette cette réponse : en fin de compte, au moment où cette maison-ci détient les droits de propriété, cette maison-là ne les détient pas — car à chaque instant donné il n'y a qu'une seule maison depuis laquelle il est permis de transporter vers la cour. Plutôt, Rav Achi dit : [l'approche selon laquelle il n'y a ici ni maisons ni cours est écartée, et voici l'explication —] qu'est-ce qui a fait que les cours deviennent interdites [au transport vers la ruelle] ? C'est la présence des maisons. S'il n'y avait pas eu de maisons, il aurait été permis de transporter des cours vers la ruelle, puisqu'elles ne forment qu'un seul domaine selon Rabbi Chimon. Et ici, c'est considéré comme s'il n'y avait pas de maisons. C'est pourquoi il est permis de transporter dans la ruelle.
אֶפְשָׁר דְּמִצַּפְרָא וְעַד פַּלְגָא דְּיוֹמָא לְגַבֵּי חַד, מִפַּלְגֵיהּ דְּיוֹמָא וּלְפַנְיָא לְגַבֵּי חַד. סוֹף סוֹף בְּעִידָּנָא דְּאִיתֵיהּ לְהַאי, לֵיתֵיהּ לְהַאי? אֶלָּא אָמַר רַב אָשֵׁי: מִי גָּרַם לַחֲצֵרוֹת שֶׁיֵּאָסְרוּ — בָּתִּים, וְלֵיכָּא.
Rabbi 'Hiyya bar Abba dit au nom de Rabbi Yo'hanan : ce n'est pas à propos de toutes [les mitsvot] que Rabbi Éliézer a dit que les actes qui rendent possible l'accomplissement d'une mitsva (makhchiré mitsva) repoussent le Chabbat. Ce n'est pas là un principe fixe valant pour les préparatifs de toutes les mitsvot ; chaque cas doit au contraire être examiné selon ses propres données, et il faut apporter une preuve que ce principe s'applique à telle mitsva précise. Car les deux pains (chté haléhem) offerts à la fête de Chavouot sont une obligation du jour, et pourtant Rabbi Éliézer n'a appris [que leurs préparatifs repoussent le Chabbat] que d'une analogie verbale (guezéra chava) particulière. Comme il est enseigné dans une baraïta, Rabbi Éliézer dit : d'où sait-on que les actes qui rendent possible l'offrande des deux pains repoussent le Chabbat ? Le terme « apporter » (havaa) est employé dans le verset à propos de l'offrande du omer, et le terme « apporter » est employé à propos des deux pains. De même que pour l'« apporter » énoncé à propos du omer, tous les actes qui rendent possible son offrande repoussent le Chabbat — car la moisson du omer, qui rend possible son offrande, repousse le Chabbat — de même, pour l'« apporter » énoncé à propos des deux pains, les actes qui rendent possible leur offrande repoussent le Chabbat.
אָמַר רַבִּי חִיָּיא בַּר אַבָּא אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: לֹא לַכֹּל אָמַר רַבִּי אֱלִיעֶזֶר מַכְשִׁירֵי מִצְוָה דּוֹחִין אֶת הַשַּׁבָּת. שֶׁהֲרֵי שְׁתֵּי הַלֶּחֶם חוֹבַת הַיּוֹם הֵן, וְלֹא לְמָדָן רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אֶלָּא מִגְּזֵירָה שָׁוָה. דְּתַנְיָא, רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: מִנַּיִין לְמַכְשִׁירֵי שְׁתֵּי הַלֶּחֶם שֶׁדּוֹחִין אֶת הַשַּׁבָּת? — נֶאֶמְרָה הֲבָאָה בָּעוֹמֶר, וְנֶאֶמְרָה הֲבָאָה בִּשְׁתֵּי הַלֶּחֶם. מָה הֲבָאָה הָאֲמוּרָה בָּעוֹמֶר — מַכְשִׁירִין דּוֹחִין אֶת הַשַּׁבָּת. אַף הֲבָאָה הָאֲמוּרָה בִּשְׁתֵּי הַלֶּחֶם — מַכְשִׁירִין דּוֹחִין אֶת הַשַּׁבָּת.
À propos de cette analogie verbale, la Guemara remarque : il faut que ces termes soient « libres » (moufné), c'est-à-dire superflus dans leur contexte et donc disponibles pour établir une guezéra chava. Car s'ils ne sont pas libres, l'analogie verbale peut être logiquement réfutée, puisqu'on pourrait dire : qu'est-ce qui est propre au omer ? Que si l'on a trouvé [de l'orge déjà] moissonné, on doit néanmoins moissonner [encore de l'orge] pour la mitsva. Peux-tu en dire autant des lois des deux pains, où il est enseigné que si l'on a trouvé du grain déjà moissonné on n'a pas à en moissonner davantage pour le sacrifice ? Il apparaît [donc] que les lois de l'offrande des deux pains ne sont pas parallèles à celles du omer ; il pourrait en aller de même pour les actes qui rendent possible l'accomplissement de la mitsva [et l'analogie serait réfutée]. En vérité, le verset est libre pour établir l'analogie verbale. La Guemara explique : puisque le verset dit déjà « …vous apporterez le omer (la gerbe), prémices de votre moisson, au Cohen » (Vayikra 23, 10), lorsqu'il répète « depuis le jour où vous avez apporté [la gerbe du balancement…] » (Vayikra 23, 15), pourquoi ai-je besoin de cette répétition ? Conclus-en que cet ajout est là pour rendre le terme « apporter » libre, afin d'établir une analogie verbale.
מוּפְנֵי. דְּאִי לָא מוּפְנֵי, אִיכָּא לְמִיפְרַךְ: מָה לָעוֹמֶר, שֶׁכֵּן אִם מָצָא קָצוּר — קוֹצֵר, תֹּאמַר בִּשְׁתֵּי הַלֶּחֶם, שֶׁאִם מָצָא קָצוּר — אֵינוֹ קוֹצֵר. לָאיֵי אִפְּנוֹיֵי מוּפְנֵי: מִכְּדֵי כְּתִיב ״וַהֲבֵאתֶם אֶת עוֹמֶר רֵאשִׁית קְצִירְכֶם אֶל הַכֹּהֵן״, ״מִיּוֹם הֲבִיאֲכֶם״ לְמָה לִי? שְׁמַע מִינַּהּ לְאַפְנוֹיֵי.
Et pourtant il subsiste une difficulté : l'analogie verbale n'est libre que d'un seul côté — car seul le verset qui mentionne « apporter » dans le contexte de l'offrande du omer est superflu dans son contexte — et nous avons entendu Rabbi Éliézer dire, à propos d'une analogie verbale libre d'un seul côté, qu'on peut en tirer une déduction mais qu'on peut aussi la réfuter logiquement [or ici il ne réfute pas !]. La Guemara répond : il y a un emploi superflu du terme à propos des deux pains également, car dans le verset « de vos demeures vous apporterez le pain du balancement [— deux dixièmes (d'épha), elles seront de fleur de farine, cuites avec du levain, prémices pour l'Éternel] » (Vayikra 23, 17), l'expression « vous apporterez » (taviou) est une amplification (ribouï). Puisqu'il avait déjà été mentionné au verset précédent, il est superflu dans son contexte. Par conséquent, l'analogie verbale est disponible des deux côtés.
וְאַכַּתִּי: מוּפְנֶה מִצַּד אֶחָד הוּא, וְשָׁמְעִינַן לֵיהּ לְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר דְּאָמַר מוּפְנֶה מִצַּד אֶחָד לְמֵידִין וּמְשִׁיבִין! ״תָּבִיאוּ״ רִבּוּיָא הוּא.
[Rabbi Yo'hanan a dit que Rabbi Éliézer n'a pas dit cela de toutes les mitsvot — la Guemara demande :] pour exclure quoi [le dit-il] ? Si tu dis que c'est pour exclure les actes qui rendent possible l'accomplissement de la mitsva du loulav [et des trois autres espèces] à la fête de Souccot — mais n'a-t-on pas enseigné dans une baraïta : le loulav et tous ses préparatifs repoussent le Chabbat, telles sont les paroles de Rabbi Éliézer ? Plutôt, dis que c'est pour exclure la mitsva de résider dans la soucca à Souccot — mais n'a-t-on pas enseigné dans une baraïta : la soucca et tous ses préparatifs repoussent le Chabbat, telles sont les paroles de Rabbi Éliézer ? Plutôt, dis que c'est pour exclure la mitsva de manger de la matsa à Péssa'h — mais n'a-t-on pas enseigné dans une baraïta : la matsa et tous ses préparatifs repoussent le Chabbat, telles sont les paroles de Rabbi Éliézer ? Plutôt, dis que c'est pour exclure la mitsva de sonner du chofar à Roch Hachana — mais n'a-t-on pas enseigné dans une baraïta : le chofar et tous ses préparatifs repoussent le Chabbat, telles sont les paroles de Rabbi Éliézer ?
לְמַעוֹטֵי מַאי, אִילֵּימָא לְמַעוֹטֵי לוּלָב — וְהָתַנְיָא: לוּלָב וְכׇל מַכְשִׁירָיו דּוֹחִין אֶת הַשַּׁבָּת, דִּבְרֵי רַבִּי אֱלִיעֶזֶר. וְאֶלָּא לְמַעוֹטֵי סוּכָּה — וְהָתַנְיָא: סוּכָּה וְכׇל מַכְשִׁירֶיהָ דּוֹחִין אֶת הַשַּׁבָּת, דִּבְרֵי רַבִּי אֱלִיעֶזֶר. וְאֶלָּא לְמַעוֹטֵי מַצָּה — וְהָתַנְיָא: מַצָּה וְכׇל מַכְשִׁירֶיהָ דּוֹחִין אֶת הַשַּׁבָּת, דִּבְרֵי רַבִּי אֱלִיעֶזֶר. וְאֶלָּא לְמַעוֹטֵי שׁוֹפָר — וְהָתַנְיָא: שׁוֹפָר וְכׇל מַכְשִׁירָיו דּוֹחִין אֶת הַשַּׁבָּת, דִּבְרֵי רַבִּי אֱלִיעֶזֶר!
Rav Adda bar Ahava dit : l'affirmation de Rabbi Yo'hanan vient pour exclure le fait d'attacher des tsitsit à son vêtement et de fixer une mezouza à l'entrée de sa porte, qui ne repoussent pas le Chabbat. La Guemara note que cela aussi a été enseigné dans une baraïta : et ils [Rabbi Éliézer et les Sages] s'accordent pour dire que si l'on a attaché des tsitsit à son vêtement [le Chabbat], et de même si l'on a fixé une mezouza à l'entrée de sa porte [le Chabbat], on est passible [d'une faute].
אָמַר רַב אַדָּא בַּר אַהֲבָה: לְמַעוֹטֵי צִיצִית לְטַלִּיתוֹ וּמְזוּזָה לְפִתְחוֹ. תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: וְשָׁוִין שֶׁאִם צִיֵּיץ טַלִּיתוֹ וְעָשָׂה מְזוּזָה לְפִתְחוֹ שֶׁהוּא חַיָּיב.
La Guemara demande : quelle est la raison [pour laquelle Rabbi Éliézer concède que les actes qui rendent possible l'accomplissement de ces mitsvot ne repoussent pas le Chabbat] ? Rav Yossef dit : parce qu'elles n'ont pas de temps fixé [et que ces mitsvot n'ont pas à être accomplies précisément le Chabbat]. Abayé lui dit : au contraire, du fait même qu'elles n'ont pas de temps fixé,
מַאי טַעְמָא? אָמַר רַב יוֹסֵף: לְפִי שֶׁאֵין קָבוּעַ לָהֶם זְמַן. אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי: אַדְּרַבָּה, מִדְּאֵין קָבוּעַ לָהֶם זְמַן,

Rachi

בתים וחצרות - שני בתים פתוחים לשתי חצרות שתים לכל חצר ושתי חצרות פתוחות למבוי:,כמאן דסתימי דמי - דהא לגבי מבוי כמאן דסתימי הוו דהא חצרות מפסיקות בינתים שאין הבתים מוציאין להם:

אפשר דמבטלי - בני הבתים שבחצר רשות שיש להם בחצר לגבי חד מינייהו והוי כל החצר שלו ומותר להוציא מביתו לחצר:,סוף סוף בית איכא - בכל חצר בתים ליכא ורב בעי שני בתים לכל חצר:

אלא אמר רב אשי - טעמא לאו משום בתים וחצרות פתוחות לתוכו הוא דרב בין עירבו בין לא עירבו מכיון דפתיחי שתי חצרות למבוי ושני בתים לכל חצר תורת מבוי עליו וניתר בלחי וקורה והיינו טעמא דכי עירבו בחצרות ולא נשתתפו במבוי אסור לטלטל בו וכי לא עירבו שרי:,מי גרם לחצירות שיאסרו - על המבוי להצריכו שיתוף להוציא מן החצירות לתוכו:,בתים - הוא דגרמי לו דאי לאו משום בתים הוו להו חצרות ומבוי רשות אחת דרב דאמרה להא מלתא כר"ש סבירא ליה דאמר בעירובין (דף עד.) גג וחצר וקרפף ומבוי כולן רשות אחת הן ומטלטלין מזה לזה ואמר רב עלה הלכה כר' שמעון והוא שלא עירבו בתים עם החצרות דלא שכיחי מאני דבתים בחצר הלכך לענין טלטול בתוכו נמי כי לא עירבו חצרות עם הבתים שרי דהוה להו כמו שנשתתפו בו דמי גרם לו למבוי ליאסר ולהצטרך לשיתוף בתים גרמו לו ואינם שהרי נסתלקו ממנו ומותר להוציא מן החצרות למבוי כאילו נשתתפו ובנשתתפו לא מספקא לן דמותר לטלטל בכולן:

לא לכל אמר רבי אליעזר - לא בכל מכשירי מצוה אמר כן ולקמן מפרש הי מכשירי מצוה אתא למעוטי:,שתי הלחם - דעצרת חובת יום הן ואין לאחרן עד למחר:,ולא למדן רבי אליעזר - דאפייתם תדחה שבת אלא בגזירה שוה ואי בכל מכשירי מצוה שעיקר המצוה נוהגת בשבת אמר מכשיריה כמותה למה לי גזירה שוה:,מה הבאה האמורה בעומר מכשיריה - דהיינו קצירה טחינה והרקדה שלה דוחין את השבת כדאמרינן במנחות (דף עב.) בחריש ובקציר תשבות מה חריש רשות אף קציר רשות יצא קצירת העומר שהיא מצוה:

שכן מצא קצור - שלא לשם עומר מצוה לקצור לשמה דכתיב וקצרתם והבאתם הלכך קצירה גופיה מצוה היא תאמר בשתי הלחם שלא נאמר בהן קצירה:,לאי - באמת:

מצד אחד - הבאה דעומר מופנה הבאה דשתי הלחם אינה מופנה דצריכה לגופה:,ושמעינן ליה לרבי אליעזר דאמר - גזירה שוה שאינה מופנה משני צדדיה אלא מצד אחד למדין ממנה אם אין להשיב אבל אם יש להשיב משיבין ובמסכת יבמות בפרק מצות חליצה שמעינן ליה דאמר הכי דקתני חליצה בשמאל פסולה ורבי אליעזר מכשיר דלא יליף רגל רגל ממצורע ופרכינן ור' אליעזר לא יליף ממצורע והא תניא ר"א אומר מנין לרציעה שהיא באוזן ימנית נאמר כאן אוזן ונאמר להלן אוזן וכו' ומשנינן אזן אזן מופנה רגל רגל לא מופנה והאי לאו מופנה דקאמרינן משני צדדין קאמר דרגל דכתיב בחליצה איצטריכא לגופה אבל מצד אחד מופנה הוא דפרשת מצורע מופנה הוא ההיא דעני דכולהו כתיבין במצורע עשיר:,תביאו ריבויא הוא - דהא אוהקרבתם מנחה חדשה סמיך ומצי למיכתב ממושבותיכם לחם תנופה ותביאו יתירה הוא:

למעוטי מאי - הא דאמר רבי יוחנן לעיל לא לכל אמר רבי אליעזר למעוטי הי מכשירים אתי דלא דחי שבת:,וכל מכשיריו - כגון לקוצצו מן המחובר:

למעוטי ציצית - שלא יתלנה בטליתו בשבת כדמפרש טעמא ואזיל:

Tossafot

אפשר דמבטלי רשות כו' - וא"ת כי עירבו חצרות נמי עם בתים מצינן למימר שיש חצר למבוי כגון שביטלו אותו של חצר זה לרשות דכולהו שיש להם במבוי לבני חצר אחרת ויכולין לטלטל מן החצר למבוי הא לא בעי לאקשויי דאיכא למ"ד בעירובין (דף סו:) אין ביטול רשות מחצר לחצר ועוד דבלאו הכי פריך שפיר:

מפלגא דיומא לפניא - רב לטעמיה דאמר במסכת עירובין (דף סח:) מבטלין וחוזרין ומבטלין:,מי גרם לחצרות - אנן קי"ל דאפילו עירבו חצרות עם בתים מותר לטלטל דהא רב דאסר בעירבו לטעמיה דפסיק כרבי שמעון דוקא בלא עירבו אבל רבי יוחנן פסיק כר"ש בין עירבו בין לא עירבו וכר' יוחנן קי"ל:

לא לכל אמר רבי אליעזר מכשירי מצוה דוחין את השבת - לקמן מפרש דאתא למעוטי ציצית ומזוזה וה"פ לא כל מצות הנוהגות בשבת אמר ר' אליעזר שמכשירין ידחו שבת שהרי שתי הלחם כו' ומשמע לכאורה דאי לא דאשכחן דמצריך ר' אליעזר ג"ש הוה גמרינן לציצית ומזוזה ממילה ונימא דמכשיריה דחו שבת ותימה הוא היכי שייך למילף ציצית ומזוזה ממילה דמילה דין הוא דמכשיריה דוחין שבת דהיא עצמה דוחה שבת אבל ציצית ומזוזה אין במצותן דחיית שבת:

תאמר בשתי הלחם שאם מצא קצור אינו קוצר - תימה מאי קא פריך דהיא גופה נילף מינה מה העומר שאף על פי שמצא קצור קוצר אף שתי הלחם אם מצא קצור קוצר ונילף מינה תרתי מכשירין וקצירה ותירץ ר"ת דהא לא דמי דנילף מינה קצירה שהרי בעצרת יהיו כל החיטין והשעורין קצורים ולא משמע דאתיא ג"ש אלא מכשירין דדחו שבת א"נ י"ל דהא לא מצי למימר נילף קצירה דמהיכא נפקא לן קצירת העומר דדחיא שבת מדכתיב בחריש ובקציר תשבות כדדרשינן במנחות בשילהי ר' ישמעאל (מנחות דף עב.) מה חריש רשות אף קציר רשות יצא קצירת העומר שהיא מצוה וגלי רחמנא דליכא למילף אלא לגבי העומר דכתיב ביה נמי קציר ולא לגבי שתי הלחם דלא כתיב בהו קציר ועל כרחיך ודאי היינו טעמא דיליף גבי עומר קצירה משום דכתיב ביה קציר דאי לאו הכי מ"ש דיליף טפי גבי עומר מגבי שתי הלחם דהכא נמי נימא יצא קצירת שתי הלחם שהיא מצוה:

ושוין שאם צייץ טליתו כו' מ"ט כו' - תימה מה צריך טעם לזה אלא משום דלא אשכחן דרבינהו קרא דכל אינך מצרכינן קרא לקמן דלא גמרי מהדדי ומיהו יש לומר דאיכא למילף ציצית ומזוזה מסוכה דמאי פרכת שכן נוהגת בלילות כבימים מזוזה נמי נוהג בלילות כבימים וכן ציצית לרבנן דפליגי עליה דרבי שמעון בפרק התכלת (מנחות דף מג.) דלא דרשי וראיתם אותו פרט לכסות לילה אלא פרט לכסות סומא ולהאי טעמא דפרישית דמסוכה יליף צריך לומר דציצית אם עבר זמנה בטלה דאי לאו הכי איכא למפרך מה לסוכה שכן אם עבר זמנה בטלה דמסתבר דמילה אם עבר זמנה לא בטלה שאותה מילה עצמה שהוא מיחייב בשמיני הוא עושה בתשיעי שאם מל בשמיני לא היה חוזר ומל בתשיעי אבל סוכה ציצית ומזוזה בכל יומא מיחייב בהן אפילו קיימם היום חייב לקיימם למחר הלכך כשעבר היום ולא עשאם מצות היום לא יקיים עוד לעולם ואם תאמר ומסוכה היכי מצי למילף וכן כל הנך דלקמן דפריך ניכתוב רחמנא בהאי וניתי הנך וניגמרו מיניה אדרבה נגמר מכיבוד אב ואם ומבנין בית המקדש דלא דחו שבת כדאיתא בפ"ק דיבמות (דף ו.) וי"ל דהכא הכי גמרי מה מצינו בהנך שמצות נוהגות בשבת ומכשיריה דחו שבת אף כל שמצות נוהגות בשבת מכשיריה דחו שבת הלכך לא שייך למילף מכיבוד דהיינו המצוה עצמה ולא מכשיריה דשחוט לי בשל לי היינו כיבוד עצמו כשמתקן לו מאכלו והבנין נמי הוי מצוה אחת שצוה הקדוש ברוך הוא לבנות בית המקדש:

Texte : Sefaria — William Davidson Edition - Vocalized Aramaic · traduction française de travail, à valider.

Shabbat 131a
100%
שבת קל״א אמַסֶּכֶת שַׁבָּת