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Traité Shabbat

122a

Étude de Shabbat 122a

Étude de la Mishna & Guémara 122a

Rabbi Abba bar Kahana lui dit : Elles sont comme celles de la maison de ton père, qui sont grandes (Tossefot).
אֲמַר לֵיהּ: כְּאוֹתָן שֶׁל בֵּית אָבִיךָ.
Et Rabbi Abba bar Kahana dit au nom de Rabbi 'Hanina : Les chaises à porteurs (keronot) de la maison de Rabbi Yehouda HaNassi, il est permis de les déplacer le Chabbat. Rabbi Zéira lui dit : Parles-tu de chaises à porteurs qui peuvent être déplacées par une seule personne, ou de celles qui ne peuvent être déplacées que par deux personnes ? Il lui dit : Elles sont comme celles de la maison de ton père.
וְאָמַר רַבִּי אַבָּא בַּר כָּהֲנָא אָמַר רַבִּי חֲנִינָא: קְרוֹנוֹת שֶׁל בֵּית רַבִּי מוּתָּר לְטַלְטְלָן בְּשַׁבָּת. אֲמַר לֵיהּ רַבִּי זֵירָא: בְּנִיטָּלִין בְּאָדָם אֶחָד אוֹ בִּשְׁנֵי בְּנֵי אָדָם? אֲמַר לֵיהּ: כְּאוֹתָן שֶׁל בֵּית אָבִיךָ.
Et Rabbi Abba bar Kahana dit : Rabbi 'Hanina a permis aux membres de la maison de Rabbi Yehouda HaNassi de boire du vin transporté dans les chariots d'un non-Juif (goy) bien que le vin n'ait été scellé que d'un seul sceau. Il ne craignait pas que le non-Juif ait peut-être ouvert le tonneau et y ait versé des libations idolâtres, ou l'ait touché, ce qui en interdirait la consommation. Rabbi Abba bar Kahana ajoute : Et je ne sais pas si c'est parce que Rabbi 'Hanina tient l'opinion de Rabbi Eliézer, qui permet de boire le vin d'un non-Juif protégé par un sceau unique, ou bien si c'est parce que le non-Juif n'oserait pas ouvrir ces fûts précis par crainte de la maison du Nassi — mais que, de manière générale, Rabbi 'Hanina interdisait de boire le vin protégé d'un seul sceau.
וְאָמַר רַבִּי אַבָּא בַּר כָּהֲנָא: הִתִּיר לָהֶם רַבִּי חֲנִינָא לְבֵית רַבִּי לִשְׁתּוֹת יַיִן בִּקְרוֹנוֹת שֶׁל גּוֹי, בְּחוֹתָם אֶחָד, וְלָא יָדַעְנָא אִי מִשּׁוּם דְּסָבַר לַהּ כְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר, אִי מִשּׁוּם אֵימְתָא דְּבֵי נְשִׂיאָה.
Mishna 1
MICHNA : Si un non-Juif (goy) a allumé une lampe le Chabbat pour ses propres besoins, un Juif aussi peut profiter de sa lumière ; mais s'il l'a allumée pour un Juif, [les Sages] l'ont interdit. De même, si un non-Juif a puisé de l'eau [d'un puits situé dans le domaine public] pour abreuver son animal, un Juif abreuve son propre animal après lui ; mais s'il a puisé l'eau pour le bénéfice d'un Juif, c'est interdit. De même, si un non-Juif a fabriqué une passerelle (kévech) pour descendre [d'un bateau], un Juif descend après lui ; mais s'il l'a faite pour un Juif, c'est interdit. Il advint une fois que Rabban Gamliel et des Anciens (zékénim) voyageaient en bateau, et un non-Juif fabriqua une passerelle pour en descendre ; et Rabban Gamliel et les Anciens y descendirent.
מַתְנִי׳ גּוֹי שֶׁהִדְלִיק אֶת הַנֵּר — מִשְׁתַּמֵּשׁ לְאוֹרוֹ יִשְׂרָאֵל. וְאִם בִּשְׁבִיל יִשְׂרָאֵל — אָסוּר. מִילֵּא מַיִם לְהַשְׁקוֹת בְּהֶמְתּוֹ — מַשְׁקֶה אַחֲרָיו יִשְׂרָאֵל, וְאִם בִּשְׁבִיל יִשְׂרָאֵל — אָסוּר. עָשָׂה גּוֹי כֶּבֶשׁ לֵירֵד בּוֹ — יוֹרֵד אַחֲרָיו יִשְׂרָאֵל, וְאִם בִּשְׁבִיל יִשְׂרָאֵל — אָסוּר. מַעֲשֶׂה בְּרַבָּן גַּמְלִיאֵל וּזְקֵנִים שֶׁהָיוּ בָּאִין בִּסְפִינָה וְעָשָׂה גּוֹי כֶּבֶשׁ לֵירֵד בּוֹ, וְיָרְדוּ בּוֹ רַבָּן גַּמְלִיאֵל וּזְקֵנִים.(משנה)
Guémara
GUEMARA : La Guemara remarque : Et il était nécessaire d'enseigner cette halakha dans chacun de ces cas. Car si [la michna] ne nous avait enseigné que le cas de la lampe, j'aurais dit que la halakha est telle parce que la lumière d'une lampe pour un seul est la lumière d'une lampe pour cent : il n'est pas besoin d'allumer plusieurs lampes pour plusieurs personnes, la lumière d'une seule suffit pour beaucoup — c'est pourquoi il est permis d'user de la lumière d'une lampe allumée par un non-Juif. Mais pour l'eau, il y aurait lieu de décréter [une interdiction] de peur qu'on n'en vienne à augmenter la quantité d'eau puisée pour un Juif, même sans le déclarer. La Guemara demande : Et pourquoi ai-je besoin que la michna mentionne qu'il est permis d'utiliser la passerelle ? La Guemara répond : Elle a enseigné le cas de la passerelle pour rapporter l'incident impliquant Rabban Gamliel et les Anciens, afin d'indiquer qu'ils ont suivi cette décision en pratique.
גְּמָ׳ וּצְרִיכָא, דְּאִי אַשְׁמְעִינַן נֵר, מִשּׁוּם דְּנֵר לְאֶחָד נֵר לְמֵאָה, אֲבָל מַיִם לִיגְזַר, דִּילְמָא אָתֵי לְאַפּוֹשֵׁי בִּשְׁבִיל יִשְׂרָאֵל. וְכֶבֶשׁ לְמָה לִי? מַעֲשֶׂה דְּרַבָּן גַּמְלִיאֵל וּזְקֵנִים קָא מַשְׁמַע לַן.
Nos maîtres ont enseigné : Si un non-Juif (goy) a cueilli de l'herbe le Chabbat pour lui-même, afin de nourrir son animal, un Juif peut nourrir son propre animal après lui ; et s'il l'a cueillie pour le bénéfice d'un Juif, c'est interdit. S'il a puisé de l'eau pour abreuver son animal, un Juif peut abreuver son propre animal après lui ; et s'il l'a puisée pour le bénéfice d'un Juif, c'est interdit. Dans quel cas cela est-il dit [que si le non-Juif a agi pour lui-même il est permis au Juif d'en profiter] ? Quand le non-Juif ne le connaît pas ; mais s'il le connaît, c'est interdit — car en ce cas, il avait certainement l'intention de profiter aussi à son connaissance juive.
תָּנוּ רַבָּנַן: גּוֹי שֶׁלִּיקֵּט עֲשָׂבִים — מַאֲכִיל אַחֲרָיו יִשְׂרָאֵל, וְאִם בִּשְׁבִיל יִשְׂרָאֵל — אָסוּר. מִילֵּא מַיִם לְהַשְׁקוֹת בְּהֶמְתּוֹ — מַשְׁקֶה אַחֲרָיו יִשְׂרָאֵל, וְאִם בִּשְׁבִיל יִשְׂרָאֵל — אָסוּר. בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים — שֶׁאֵין מַכִּירוֹ, אֲבָל מַכִּירוֹ — אָסוּר.
La Guemara demande : Est-ce bien ainsi ? Mais Rav Houna n'a-t-il pas dit au nom de Rabbi 'Hanina : Un homme peut placer son animal devant de l'herbe le Chabbat — même de l'herbe qui pousse [encore attachée] au sol, sans crainte qu'il ne la détache pour nourrir l'animal — mais il ne peut pas placer l'animal devant un objet muktsé le Chabbat, par crainte qu'il ne soulève l'objet de sa main ? Or l'herbe que le non-Juif cueille pour lui-même est certainement muktsé : pourquoi donc le Juif pourrait-il en nourrir son animal ? La Guemara répond : En effet, le Juif ne peut pas placer son animal sur l'herbe que le non-Juif a cueillie ; il peut seulement le placer devant l'herbe, à distance, et l'animal va de lui-même et mange.
אִינִי?! וְהָאָמַר רַב הוּנָא אָמַר רַבִּי חֲנִינָא: מַעֲמִיד אָדָם בְּהֶמְתּוֹ עַל גַּבֵּי עֲשָׂבִים בְּשַׁבָּת, אֲבָל לֹא עַל גַּבֵּי מוּקְצֶה בְּשַׁבָּת. דְּקָאֵים לַהּ בְּאַפָּהּ, וְאָזְלָא הִיא וְאָכְלָה.
Le Maître a dit plus haut : Dans quel cas cela est-il dit [que si le non-Juif a agi pour lui-même il est permis au Juif d'en profiter] ? Quand le non-Juif ne le connaît pas ; mais s'il le connaît, c'est interdit. La Guemara demande : Or, dans l'incident impliquant Rabban Gamliel et le bateau, c'est un cas où le non-Juif le connaît, puisqu'ils voyageaient ensemble sur le bateau ! Abayé dit : L'action n'a pas été accomplie en présence de Rabban Gamliel ; et comme le non-Juif ne l'avait pas vu, il n'a eu l'intention de la faire que pour lui-même. Rava dit : Même si tu dis que le non-Juif a fait la passerelle en sa présence, cela est sans portée, car une lampe pour un seul est une lampe pour cent ; de même pour la passerelle : une fois que le non-Juif la construit pour son propre usage, elle peut servir aux autres sans aucun ajustement supplémentaire.
אָמַר מָר: בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים — שֶׁאֵין מַכִּירוֹ, אֲבָל מַכִּירוֹ — אָסוּר. הָא רַבָּן גַּמְלִיאֵל מַכִּירוֹ הֲוָה! אָמַר אַבָּיֵי: שֶׁלֹּא בְּפָנָיו הֲוָה. רָבָא אָמַר: אֲפִילּוּ תֵּימָא בְּפָנָיו, נֵר לְאֶחָד נֵר לְמֵאָה.
La Guemara soulève une objection à l'énoncé de Rava à partir de la Tossefta : Rabban Gamliel leur dit : Puisqu'il l'a faite hors de notre présence, nous y descendrons. [Rabban Gamliel n'a donc usé de la passerelle que pour cette raison, contrairement à l'explication de Rava.] La Guemara réfute : Énonce la Tossefta sous une forme corrigée : Rabban Gamliel leur dit : Puisqu'il l'a faite, nous y descendrons.
מֵיתִיבִי, אָמַר לָהֶן רַבָּן גַּמְלִיאֵל: הוֹאִיל וְשֶׁלֹּא בְּפָנֵינוּ עֲשָׂאוֹ — נֵרֵד בּוֹ. אֵימָא: הוֹאִיל וַעֲשָׂאוֹ נֵרֵד בּוֹ.
Viens et entends [une preuve concernant la controverse entre Abayé et Rava] : Une ville où habitent à la fois des Juifs et des non-Juifs, et où il y avait un bain (mer'hats) qui chauffe le Chabbat — si la majorité [des habitants] sont des non-Juifs, il est permis de s'y baigner immédiatement [après le Chabbat], parce que le bain a été chauffé le Chabbat pour servir les non-Juifs. Mais s'il y a une majorité de Juifs dans la ville, on attend [après le Chabbat] le temps nécessaire pour chauffer l'eau chaude, afin de ne pas tirer profit d'un travail interdit accompli le Chabbat. [En apparence, même lorsqu'une action n'est pas accomplie en présence d'un Juif, on craint qu'elle n'ait été faite pour le bénéfice de Juifs — ce qui contredirait Abayé.] La Guemara réfute cette preuve : Là, dans le cas de la baraïta, lorsqu'ils chauffent l'eau, ils la chauffent en ayant en vue la majorité des habitants de la ville [et le propriétaire du bain règle l'horaire de chauffe pour servir la majorité].
תָּא שְׁמַע: עִיר שֶׁיִּשְׂרָאֵל וְגוֹיִם דָּרִין בְּתוֹכָהּ, וְהָיְתָה בָּהּ מֶרְחָץ הַמַּרְחֶצֶת בְּשַׁבָּת, אִם רוֹב גּוֹיִם — מוּתָּר לִרְחוֹץ בָּהּ מִיָּד. אִם רוֹב יִשְׂרָאֵל — יַמְתִּין בִּכְדֵי שֶׁיֵּחַמּוּ חַמִּין! הָתָם, כִּי מְחַמְּמִי — אַדַּעְתָּא דְרוּבָּא מְחַמְּמִי.
Viens et entends une preuve de la baraïta suivante : Une lampe allumée lors d'un banquet (messiba) auquel participent plusieurs personnes — si la majorité des présents sont des non-Juifs, il est permis à un Juif d'user de sa lumière ; et si la majorité des présents sont des Juifs, c'est interdit, car en ce cas la lampe a certainement été allumée pour le bénéfice des Juifs. Si les présents sont moitié Juifs et moitié non-Juifs, c'est interdit. [Puisqu'ils participent au même banquet, le non-Juif connaît certainement le Juif. Pourquoi alors est-il permis à un Juif d'user de la lumière de la lampe, même lorsque la majorité des présents sont des non-Juifs ?] La Guemara réfute cette preuve : Là aussi, lorsqu'ils allument —
תָּא שְׁמַע: נֵר הַדָּלוּק בִּמְסִיבָּה, אִם רוֹב גּוֹיִם — מוּתָּר לְהִשְׁתַּמֵּשׁ לְאוֹרָהּ, אִם רוֹב יִשְׂרָאֵל — אָסוּר, מֶחֱצָה עַל מֶחֱצָה — אָסוּר. הָתָם נָמֵי, כִּי מַדְלְקִי —

Rachi

של בית אביך - דקטנות היו אבל גדולות אדם קובע להם מקום:

קרונות - עשויות לבני אדם:

אי משום דסבר כרבי אליעזר - דאמר במסכת ע"ז (דף לא.) יין מותר בחותם אחד:,אי משום אימתא דבי נשיאה - שהיה הנכרי המביאו ירא מן הנשיא שהיה שליט על פי המלכות ומשום דאיירי ר' אבא בר כהנא לעיל גבי נחש נקט כל הני בשמיה:

מתני' אם בשביל ישראל אסור - מדרבנן:,מילא מים - מבור ברה"ר:,כבש - עושין בספינה גדולה לירד בו מספינה ליבשה:

גמ' נר לאחד נר למאה - כיון דנכרי לצרכו הדליקו ליכא למימר דבשביל ישראל אפיש:,כבש למה לי - הא דומיא דנר הוא כבש לאחד כבש למאה:

מאכיל אחריו ישראל - את בהמתו ואחריו דוקא נקט בכולהו דנכרי לצורך עצמו עביד:,אבל מכירו אסור - קס"ד דעביד נמי אדעתא דידיה:

מעמיד אדם בהמתו על גבי עשבים - מחוברים:,בשבת - לרעות וליכא למיגזר שמא יתלוש ויאכיל:,ואינו מעמידה ע"ג מוקצה - שמא יטול בידו ויאכיל והא נמי מוקצין נינהו לגבי טלטול דאתמול הוו מחוברין:,דקאים ליה באפה - שלא תפנה למקום אחר:,ואזלא ואכלה - אבל הוא אינו עומד על העשבים קרוב להם דניחוש לשמא יטול ויאכיל:

מכירו הוה - שהרי בספינה היה בא עמו:,שלא בפניו הוה - כשעשאו לא היה רבן גמליאל שם דניכוין ליה:,נר לאחד נר למאה - כבש לאחד כבש למאה אבל גבי עשבים כשהוא מכירו מרבה בשבילו:

הואיל ושלא בפנינו כו' - קשיא לרבא דשמעינן מינה דבפניו אסור ואע"פ שאין כאן מרבה בשבילו:,אימא הואיל ועשאו נרד בו - וטעמא לאו משום שלא בפניו הוא אלא הכי הוה מעשה:

מותר לרחוץ בה מיד - למוצאי שבת:,בכדי שיחמו חמין - שלא יהנה במה שהקדימו להחם בשבת וכן בכל מעשה שבת נתנו חכמים שיעור להמתין לערב בכדי שיעשו והא הכא דחימום לאחד חימום למאה דבבת אחת מחממין וקתני אם רוב ישראל דהוי דומיא דמכירו דמסיק אדעתיה לעשות אף בשבילו אסור ואע"ג דשלא בפניו וקשיא בין לאביי בין לרבא:,אדעתא דרובא מחממי - ועיקר חילול השבת בשבילם אבל נכרי וישראל דנכרי אדעתא דנפשיה הוא דעביד שרי לאביי שלא בפניו ולרבא אפי' בפניו:

נר הדלוק במסיבה - של בני אדם:,אם רוב ישראל אסור - והא הכא דהוי דומיא דמכירו הואיל ורובא נינהו אסיק דעתיה להדליק אף בשבילם וקתני אסור:

Tossafot

אמר ליה כאותן של בית אביך - פי' שהם גדולים או קטנים דאית להו חידקי כמו שפירשתי לעיל (שבת דף לה.):

משתמש ישראל לאורה - ולא גזרינן שמא ידליק כדגזרינן בפ"ק דביצה (דף ג.) פירות הנושרין שמא יעלה ויתלוש ובמשקין שזבו שמא יסחוט משום דסחיטה ותלישה הם קלים לעשות ואדם להוט אחריהם לפי שהן דבר אכילה אבל בכל הני דהכא אינן קלין לעשות כל כך ואין אדם להוט אחריהן: ,ואם בשביל ישראל אסור - נראה דאסור לכל ישראל דדוקא בחוץ לתחום דרבנן אמר בפרק בכל מערבין (עירובין דף מ.) ובאין צדין (ביצה דף כה.) הבא בשביל ישראל זה מותר לישראל אחר אבל באיסורא דאורייתא כי הכא לא ואע"ג דישראל המבשל בשבת בשוגג יאכל התם לא חיישינן אי שרית ליה לאכול דילמא אתי לבשולי במזיד דהא איכא איסור סקילה וחמיר עליה אבל בנכרי העושה לצורך ישראל אי שרית ליה אתי למימר לנכרי לעשות בשבילו ולא דמי להא דאמר לעיל נכרי שבא לכבות אין אומרים לו כבה ואל תכבה והכא אסור כשעושה בשביל ישראל דכי אמרינן דנכרי אדעתא דנפשיה קא עביד הנ"מ בכיבוי וכיוצא בו שאין ישראל נהנה במעשה הנכרי אבל הכא שגוף ישראל נהנה במעשה של נכרי לא אמרינן אדעתא דנפשיה קעביד . הואיל והנכרי מתכוין להנאתו כך פירש רבינו שמשון הזקן:

משקה אחריו ישראל ואם בשביל ישראל אסור - אומר ר"ת מדנקט בהמתו ולא נקט מילא מים לעצמו דווקא להשקות בהמתו אסור משום שלא היה יכול להביאה לתוך הבור אבל הוא עצמו שרי דמטפס ועולה מטפס ויורד וכיון שיכול ליכנס לתוך הבור ולשתות לא אסרו לו בשביל שמילא אותם נכרי והא דאסרינן בגמרא נכרי שליקט עשבים לצורך ישראל אע"ג דישראל יכול להעמיד בהמתו על גבי העשבים במחובר אומר ר"ת דהתם נמי איירי בתרי עברי דנהרא שלא היה יכול להביא הבהמה לשם ואע"ג דהך בבא דמילא מים משום חידוש דהיתרא קתני לה כדמוכח בגמרא מיהא בהמתו משום איסורא נקט לה וה"ר אליהו הביא ראיה להתיר מפירות שיצאו חוץ לתחום וחזרו שלא הפסידו היתירן הראשון כדאמר בפרק מי שהוציאוהו (עירובין דף מא:) ה"ה המים שמתחילה היה יכול לבא שם והביאו דרך רה"ר דשרו ולא דמי דהתם לא אתעבידא בהו איסורא דאורייתא מיהו לענין אותו ישראל עצמו לא מצינו חילוק ור"י אומר דה"ה לישראל עצמו אסור והאי דנקט בהמתו לאשמעינן רבותא דלא גזרינן דילמא אתי לאפושי בשביל ישראל שבהמה רגילה לשתות הרבה אבל ישראל עצמו פשיטא דשותה אחריו דליכא למיחש כולי האי דילמא אתי לאפושי דבדלייה אחת מושך הרבה לצורכו ולצורך ישראל ולפי זה אם נמשכו המים לצורך ישראל זה אסור לכל ישראל אי איכא איסורא דאורייתא כגון שמביאם דרך רה"ר או מרה"י לרה"ר אבל בכרמלית שרי לישראל אחר ויש שרצו לומר דדוקא שתיה אסורה אבל לרחוץ ידיו ורגליו ושאר תשמישין שרי כדאמר בפרק חרש (יבמות דף קיד.) רבי יצחק אירכסו ליה מפתחות דבי מדרשא כו' אמר ליה דבר טליא וטליתא ליטיילו התם דאי משכח להו מייתי להו אלמא יכולין ליהנות ממפתחות להשתמש בהם בשבת ואין נראה לר"י כלל דהתם אין עושין לדעת ישראל ועוד דהרי כבש ונר וכמה דברים דאסור להשתמש בהם בשבת כשנעשין לצורך ישראל ה"נ לא שנא שתיה לא שנא שאר תשמישין אסירי:

איני והאמר רב הונא אמר רב חנינא מעמיד אדם כו' אבל לא על גבי מוקצה - והני עשבים נמי מוקצין נינהו שנלקטו היום מן המחובר וא"ת ולימא דהך ברייתא רבי שמעון היא דלית ליה מוקצה וי"ל דמשני לה אפילו כר' יהודה א"נ מודה ר"ש במוקצה דמחובר כדפי' בקונטרס בפרק אין צדין (ביצה דף כד:) מדלא ליקטן מאתמול אקצינהו והוי כגרוגרות וצימוקים ובריש ביצה (דף ג.) דאסר פירות הנושרים משום גזירה שמא יעלה ויתלוש ולא אסר להו משום מוקצה משום דמוכנים לעורבים כי ההיא דבמקום שנהגו (פסחים דף נו:) והכא איירי כשאין הבהמה יכולה לבא ולאכול מן המחובר ולהכי הוי מוקצה א"נ עשבים מוקצין הם אפילו לר"ש לפי שאינו יושב ומצפה שילקטום אבל בנר יושב ומצפה מתי יכבה כדאמרינן לעיל (שבת דף מו:) וכן פירות הנושרין יושב ומצפה מתי יפלו ולהכי אי לאו טעמא דשמא יעלה ויתלוש הוו שרו: ,מעמיד אדם בהמתו ע"ג עשבים בשבת - כדדרשי' במכילתין למען ינוח שורך וחמורך וגו' יכול לא יניחנו תולש לא יניחנו עוקר ת"ל למען ינוח ואין זה נוח אלא צער. ר"ת:

אמר אביי שלא בפניו הוה - נראה לר"י דמודה אביי דנר לאחד נר למאה אלא דסבר דהכא אם היה בפניו עיקר היה נעשה לצורך ר"ג שהיה נשיא ושר וראש בספינה:

Texte : Sefaria — William Davidson Edition - Vocalized Aramaic · traduction française de travail, à valider.

Shabbat 122a
100%
שבת קכ״ב אמַסֶּכֶת שַׁבָּת