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Traité Shabbat

120a

Étude de Shabbat 120a

Étude de la Mishna & Guémara 120a

« Des matières de Torah que les hommes ne saisissent qu'à condition de buter d'abord dessus [tant elles sont profondes et obscures] sont entre tes mains ; aussi, sois pour nous un chef. » Il est dit plus loin dans ce même passage : « Il élèvera [la voix, yissa] en ce jour-là, en disant : je ne serai pas un guérisseur [un dirigeant], car dans ma maison il n'y a ni pain ni manteau ; ne me nommez pas chef du peuple » (Yéchayahou 3, 7). Le terme « il élèvera » [yissa] ne désigne rien d'autre qu'un serment, comme il est dit : « Tu ne prononceras [tissa] pas le nom de l'Éternel ton Dieu en vain » (Chemot 20, 7). « Je ne serai pas un guérisseur » signifie : je ne serai pas de ceux qui s'enferment [se confinent] dans la maison d'étude, car je n'ai pas coutume de le faire, puisque « dans ma maison il n'y a ni pain ni manteau » — car je ne possède en mains ni Écriture, ni Michna, ni Guemara. [Selon cette explication, il y avait des hommes de foi qui admettaient en vérité ne pas avoir étudié la Torah, même à l'époque de la destruction de Jérusalem.] La Guemara réfute : et d'où conclus-tu que cet aveu venait de leur fidélité [à la vérité] ? Peut-être en va-t-il autrement dans ce cas, car s'il leur avait dit « j'ai étudié », ils lui auraient répliqué : « dis-nous donc ce que tu as appris » ; et comme il n'aurait su que répondre, il n'aurait eu d'autre choix que d'avouer qu'il n'avait pas étudié [son aveu ne prouve donc pas sa probité]. La Guemara réfute [cette objection] : cela ne fait pas difficulté, car il aurait au moins pu dire qu'il avait appris puis oublié. La Guemara demande : dès lors, que signifie « je ne serai pas un guérisseur » ? [Cela enseigne] qu'il dit la vérité : bien qu'il eût pu mentir, il reconnaît n'avoir pas du tout étudié la Torah. La Guemara répond : cela ne fait pas difficulté. Ici, où il a été enseigné qu'ils étaient fidèles [à la vérité], c'était à propos des matières de Torah ; là [au passage précédent], où il a été enseigné qu'il n'y avait plus à Jérusalem d'hommes dignes de foi, c'était à propos des affaires de commerce.
דְּבָרִים שֶׁאֵין בְּנֵי אָדָם עוֹמְדִין עֲלֵיהֶם אֶלָּא אִם כֵּן נִכְשָׁלִים בָּהֶן יֶשְׁנָן תַּחַת יָדֶיךָ, ״קָצִין תִּהְיֶה לָנוּ״. ״יִשָּׂא בַיּוֹם הַהוּא לֵאמֹר לֹא אֶהְיֶה חוֹבֵשׁ וְגוֹ׳״ — אֵין יִשָּׂא אֶלָּא לְשׁוֹן שְׁבוּעָה, וְכֵן הוּא אוֹמֵר ״לֹא תִשָּׂא אֶת שֵׁם ה׳״. ״לֹא אֶהְיֶה חוֹבֵשׁ״ — לֹא אֶהְיֶה מֵחוֹבְשֵׁי עַצְמָן בְּבֵית הַמִּדְרָשׁ. ״וּבְבֵיתִי אֵין לֶחֶם וְאֵין שִׂמְלָה״ — שֶׁאֵין בְּיָדִי לֹא מִקְרָא וְלֹא מִשְׁנָה וְלֹא גְּמָרָא. וּמִמַּאי? דִּילְמָא שָׁאנֵי הָתָם, דְּאִי אֲמַר לְהוּ גְּמִירְנָא, אֲמַרוּ לֵיהּ: אֵימָא לַן. הֲוָה לֵיהּ לְמֵימַר גְּמַר וּשְׁכַח, מַאי ״לֹא אֶהְיֶה חוֹבֵשׁ״? — כְּלָל! לָא קַשְׁיָא: כָּאן בְּדִבְרֵי תוֹרָה, כָּאן בְּמַשָּׂא וּמַתָּן.
Mishna 1
MICHNA : On sauve [d'un incendie le Chabbat] une corbeille pleine de pains, même s'il s'y trouve de quoi faire cent repas ; ainsi qu'un disque [un pain rond] de figues sèches [pressées], si grand soit-il, et un tonneau plein de vin. Et l'on peut même dire à d'autres [personnes] : « Venez et sauvez pour vous-mêmes. » Et si ceux qui sauvent avec lui sont avisés, ils font un décompte avec lui après le Chabbat [afin de recevoir paiement pour les objets qu'ils ont sauvés].
מַתְנִי׳ מַצִּילִין סַל מָלֵא כִּכָּרוֹת, אַף עַל פִּי שֶׁיֵּשׁ בּוֹ מֵאָה סְעוּדוֹת, וְעִיגּוּל שֶׁל דְּבֵילָה, וְחָבִית שֶׁל יַיִן. וְאוֹמֵר לַאֲחֵרִים: בּוֹאוּ וְהַצִּילוּ לָכֶם. וְאִם הָיוּ פִּיקְחִין, עוֹשִׂין עִמּוֹ חֶשְׁבּוֹן אַחַר הַשַּׁבָּת.(משנה)
[Suite de la MISHNA :] Vers où sauve-t-on ces objets ? Vers une cour soumise au érouv [où il est permis de porter]. Ben Bétéra dit : même vers une cour qui n'y est pas soumise. Et là, il sort tous ses ustensiles d'usage, revêt tout ce qu'il peut revêtir et s'enveloppe de tout ce dont il peut s'envelopper [afin de sauver ses biens en les portant sur lui]. Rabbi Yossi dit : [il ne revêt que] dix-huit vêtements [le nombre qu'on a coutume de porter ordinairement, mais pas davantage]. Puis il revient, se rhabille [de nouveau] et ressort, et il dit à d'autres : « Venez et sauvez avec moi. »
לְהֵיכָן מַצִּילִין אוֹתָן — לֶחָצֵר הַמְעוֹרֶבֶת. בֶּן בְּתִירָה אוֹמֵר: אַף לְשֶׁאֵינָהּ מְעוֹרֶבֶת. וּלְשָׁם מוֹצִיא כׇּל כְּלֵי תַּשְׁמִישׁוֹ, וְלוֹבֵשׁ כׇּל מַה שֶּׁיָּכוֹל לִלְבּוֹשׁ, וְעוֹטֵף כׇּל מַה שֶּׁיָּכוֹל לַעֲטוֹף. רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: שְׁמֹנָה עָשָׂר כֵּלִים. וְחוֹזֵר וְלוֹבֵשׁ וּמוֹצִיא, וְאוֹמֵר לַאֲחֵרִים: בּוֹאוּ וְהַצִּילוּ עִמִּי.
Guémara
GUEMARA : La Guemara objecte : mais la clause précédente [la michna qui précède] n'a-t-elle pas enseigné [que l'on ne sauve que] trois repas, et pas davantage ? Rav Houna dit : cela ne fait pas difficulté. Ici [notre michna a permis de sauver une grande quantité] lorsqu'il vient sauver [d'un seul coup une corbeille ou un disque de figues] ; là [la michna précédente n'a permis de sauver que de quoi faire trois repas] lorsqu'il vient ramasser [recueillir la nourriture par petites quantités]. Lorsqu'il vient sauver, il sauve tout ; lorsqu'il vient ramasser, il ne ramasse que de quoi faire trois repas. Mais Rabbi Abba bar Zavda dit au nom de Rav : l'un et l'autre [cas] traitent de celui qui vient ramasser, et cela ne fait pas difficulté. Ici [notre michna a permis de sauver davantage] lorsqu'il transporte vers la même cour ; là [la michna précédente n'a permis de sauver que trois repas] lorsqu'il transporte vers une autre cour. Rav Houna fils de Rav Yehochoua posa la question suivante : s'il a étendu son manteau [à terre], y a ramassé et déposé [des objets], puis ramassé et déposé encore, quelle est la règle ? Est-il considéré comme celui qui vient sauver, ou comme celui qui vient ramasser ?
גְּמָ׳ וְהָא תְּנָא לֵיהּ רֵישָׁא שָׁלֹשׁ סְעוּדוֹת וְתוּ לָא! אָמַר רַב הוּנָא: לָא קַשְׁיָא, כָּאן — בְּבָא לְהַצִּיל, כָּאן — בְּבָא לְקַפֵּל. וּבָא לְהַצִּיל — מַצִּיל אֶת כּוּלָּן. בָּא לְקַפֵּל — אֵינוֹ מְקַפֵּל אֶלָּא מְזוֹן שָׁלֹשׁ סְעוּדוֹת. רַבִּי אַבָּא בַּר זַבְדָּא אָמַר רַב: אִידֵּי וְאִידֵּי בָּבָא לְקַפֵּל, וְלָא קַשְׁיָא: כָּאן — לְאוֹתָהּ חָצֵר, כָּאן — לְחָצֵר אַחֶרֶת. בָּעֵי רַב הוּנָא בְּרֵיהּ דְּרַב יְהוֹשֻׁעַ: פֵּירַשׂ טַלִּיתוֹ, וְקִיפֵּל וְהִנִּיחַ, וְקִיפֵּל וְהִנִּיחַ, מַאי: כְּבָא לְהַצִּיל דָּמֵי, אוֹ כְּבָא לְקַפֵּל דָּמֵי?
[On peut résoudre cette question] à partir de ce que dit Rava : Rav Chézvi induisit Rav 'Hisda en erreur, et celui-ci enseigna [au sujet d'un tonneau qui se brise sur un toit (Rabbénou 'Hananel)] : « pourvu qu'on n'apporte pas un récipient contenant plus de trois repas ». Conclus-en, du fait que Rava a dit que [cette restriction de] Rav 'Hisda — limiter à trois repas ce qu'on peut sauver — est une erreur, que celui qui prend une grande quantité d'un seul coup est considéré comme celui qui vient sauver, et qu'il peut fort bien le faire. Rav Na'hman bar Yits'hak dit à Rava : quelle est donc l'erreur [de Rav 'Hisda ? Peut-être est-ce bel et bien interdit] ? Il lui répondit : [l'erreur se déduit] de ce qui est enseigné [dans la baraïta] : « pourvu qu'il n'apporte pas un autre récipient pour [le placer à terre et] recueillir [le liquide], un autre récipient pour [l']accoler [près du toit] ». [Il ressort de là que] c'est un autre récipient qu'on ne peut apporter, mais que dans ce même récipient, on peut sauver autant qu'on le veut [les Sages n'ayant pas fixé de taille maximale au récipient].
מִדְּאָמַר רָבָא: אַטְעֲיֵהּ רַב שֵׁיזְבִי לְרַב חִסְדָּא, וּדְרַשׁ: וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יָבִיא כְּלִי שֶׁהוּא מַחֲזִיק יוֹתֵר מִשָּׁלֹשׁ סְעוּדוֹת, שְׁמַע מִינַּהּ כְּבָא לְהַצִּיל דָּמֵי, וְשַׁפִּיר דָּמֵי. אֲמַר לֵיהּ רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק לְרָבָא: מַאי טָעוּתָא? אֲמַר לֵיהּ, דְּקָתָנֵי: וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יָבִיא כְּלִי אַחֵר וְיִקְלוֹט, כְּלִי אַחֵר וִיצָרֵף. כְּלִי אַחֵר הוּא דְּלָא, אֲבָל בְּהָהוּא מָנָא — כַּמָּה דְּבָעֵי מַצִּיל.
[La Michna dit :] « …et un disque de figues sèches, etc. [et si ceux qui sauvent sont avisés, ils font un décompte avec lui après le Chabbat]. » La Guemara s'en étonne : à quoi rime ici un décompte ? N'acquièrent-ils pas [cette nourriture] à titre de bien sans propriétaire [hèfker] ? Quel décompte serait nécessaire ? Tout ce qu'ils sauvent leur appartient [et ils n'ont pas à le restituer au propriétaire initial] ! Rav 'Hisda dit : on a enseigné ici une mesure de piété [hassidout]. Ce sont des gens pieux [qui veulent restituer les objets à leur propriétaire bien qu'ils n'y soient pas légalement tenus, et il leur a été permis de recevoir paiement pour leur peine]. Rava dit : et des gens pieux prendraient-ils un salaire pour un travail effectué le Chabbat ?! Plutôt, dit Rava : ici nous traitons de quelqu'un qui craint le Ciel [sans être tout à fait pieux] ; et il lui déplaît de tirer profit du bien d'autrui, comme il lui déplaît aussi de se donner de la peine gratuitement. Et voici ce que dit [la Michna] : « et s'ils sont avisés » — c'est-à-dire s'ils savent que dans un cas de ce genre il ne s'agit pas [techniquement] d'un salaire de Chabbat [et que c'est permis parce qu'ils ne reçoivent qu'une faible part de la valeur des objets sauvés] — « ils font un décompte avec lui après le Chabbat ».
וְעִיגּוּל שֶׁל דְּבֵילָה כּוּ׳. חֶשְׁבּוֹן מַאי עֲבִידְתֵּיהּ? מֵהֶפְקֵירָא קָזָכוּ? — אָמַר רַב חִסְדָּא: מִדַּת חֲסִידוּת שָׁנוּ כָּאן. אָמַר רָבָא: חֲסִידֵי אַגְרָא דְשַׁבְּתָא שָׁקְלִי?! אֶלָּא אָמַר רָבָא: הָכָא בִּירֵא שָׁמַיִם עָסְקִינַן, וְלָא נִיחָא לֵיהּ דְּלִיתְהֲנֵי מֵאֲחֵרִים, וּבְחִנָּם נָמֵי לָא נִיחָא לֵיהּ דְּלִיטְרַח. וְהָכִי קָאָמַר: וְאִם הָיוּ פִּיקְחִין, דְּיָדְעִי דִּכְהַאי גַּוְונָא לָאו שְׂכַר שַׁבָּת הוּא, עוֹשִׂין עִמּוֹ חֶשְׁבּוֹן לְאַחַר הַשַּׁבָּת.
[La Michna dit :] « Et vers où sauve-t-on, etc. [On peut dire à d'autres : venez et sauvez pour vous-mêmes / venez et sauvez avec moi]. » La Guemara demande : en quoi le cas est-il différent ici, [à propos de la nourriture,] où l'on enseigne « pour vous-mêmes [lakhèm] », et en quoi est-il différent là, [à propos des vêtements,] où l'on enseigne « avec moi [imi] » ? Ils dirent [en réponse] : à propos de la nourriture on enseigne « pour vous-mêmes », parce que seul lui convient [le sauvetage de] trois repas [et que d'autres seuls peuvent profiter du reste] ; mais à propos des vêtements on enseigne « avec moi », parce qu'il lui convient [de continuer à sauver des vêtements] toute la journée [puisqu'il lui est permis de revêtir d'autres habits].
וּלְהֵיכָן מַצִּילִין כּוּ׳. מַאי שְׁנָא הָכָא דְּקָתָנֵי ״לָכֶם״, וּמַאי שְׁנָא הָכָא דְּקָתָנֵי ״עִמִּי״? אָמְרִי: גַּבֵּי מְזוֹנוֹת קָתָנֵי ״לָכֶם״ — מִשּׁוּם דְּלָא קָא חֲזֵי אֶלָּא מְזוֹן שָׁלֹשׁ סְעוּדוֹת. אֲבָל גַּבֵּי לְבוּשִׁים קָתָנֵי ״עִמִּי״ — מִשּׁוּם דְּקָחֲזֵי לֵיהּ לְכוּלֵּי יוֹמָא.
Nos maîtres ont enseigné [dans une baraïta] : [celui qui veut sauver des vêtements d'un incendie] les revêt, les sort [en lieu sûr] et les ôte, puis revient, les revêt de nouveau, les sort et les ôte — et même tout le jour durant : telles sont les paroles de Rabbi Méïr. Rabbi Yossi dit : [il ne revêt que] dix-huit vêtements ; et voici les dix-huit vêtements : un manteau [miktorèn], une cape [ounkali], une ceinture creuse [large, portée par-dessus les habits], un large vêtement de lin [kalbous], une tunique [portée à même le corps], une robe dont on s'enveloppe [par-dessus], un foulard [pour la tête], deux lanières [c'est-à-dire deux ceintures], deux chaussures, deux chaussettes [anpilaot], deux bottes hautes [pargod], une ceinture [serrée] sur les reins [par-dessus la robe], un chapeau sur la tête et une écharpe [un soudar] autour du cou.
תָּנוּ רַבָּנַן: לוֹבֵשׁ מוֹצִיא וּפוֹשֵׁט, וְחוֹזֵר וְלוֹבֵשׁ וּמוֹצִיא וּפוֹשֵׁט, וַאֲפִילּוּ כׇּל הַיּוֹם כּוּלּוֹ — דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: שְׁמֹנָה עָשָׂר כֵּלִים, וְאֵלּוּ הֵם שְׁמֹנָה עָשָׂר כֵּלִים: מִקְטוֹרֶן, אוּנְקְלֵי, וּפוּנְדָּא, קַלְבּוֹס שֶׁל פִּשְׁתָּן, וְחָלוּק, וְאַפִּילְיוֹן, וּמַעְפּוֹרֶת, וּשְׁנֵי סַפְרֵקִין, וּשְׁנֵי מִנְעָלִים, וּשְׁנֵי אַנְפִּילָאוֹת, וּשְׁנֵי פַּרְגּוֹד, וַחֲגוֹר שֶׁבְּמׇתְנָיו, וְכוֹבַע שֶׁבְּרֹאשׁוֹ, וְסוּדָר שֶׁבְּצַוָּארוֹ.
Mishna 2
MICHNA : Rabbi Chimon ben Nannas dit : on peut étendre une peau de chevreau [humide] sur un coffre, une caisse ou une armoire qui ont pris feu, parce qu'elle [ne fait que] roussir [sans brûler — ainsi les ustensiles de bois sont préservés]. Et l'on peut dresser une cloison [un barrage] avec toutes sortes d'ustensiles, qu'ils soient pleins ou vides, afin que l'incendie ne se propage pas. Rabbi Yossi interdit [d'utiliser à cette fin] des ustensiles de terre cuite neufs remplis d'eau, parce qu'ils ne peuvent supporter [la chaleur du] feu : ils éclateraient et éteindraient l'incendie [or il est interdit de provoquer l'extinction du feu le Chabbat, même indirectement].
מַתְנִי׳ רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן נַנָּס אוֹמֵר: פּוֹרְסִין עוֹר שֶׁל גְּדִי עַל גַּבֵּי שִׁידָּה תֵּיבָה וּמִגְדָּל שֶׁאָחַז בָּהֶן אֶת הָאוּר, מִפְּנֵי שֶׁהוּא מְחָרֵךְ. וְעוֹשִׂין מְחִיצָה בְּכׇל הַכֵּלִים, בֵּין מְלֵאִין בֵּין רֵיקָנִים, בִּשְׁבִיל שֶׁלֹּא תַּעֲבוֹר הַדְּלֵיקָה. רַבִּי יוֹסֵי אוֹסֵר בִּכְלֵי חֶרֶס חֲדָשִׁים מְלֵאִין מַיִם, לְפִי שֶׁאֵין יְכוֹלִין לְקַבֵּל אֶת הָאוּר וְהֵן מִתְבַּקְּעִין וּמְכַבִּין אֶת הַדְּלֵיקָה.
Guémara 2
GUEMARA : Rav Yehouda dit au nom de Rav : un manteau [un drap] qui a pris feu d'un côté, on peut verser de l'eau sur son autre côté ; et s'il s'éteint [par là], il s'éteint. La Guemara soulève une objection [d'après la Tossefta suivante] : un manteau qui a pris feu d'un côté, on l'étale et l'on s'en couvre, et s'il s'éteint, il s'éteint. De même, un rouleau de Torah [séfer Torah] qui a pris feu, on le déroule et l'on y lit, et s'il s'éteint, il s'éteint. [Il ressort de là qu'il est interdit de verser réellement de l'eau, mais qu'on peut accomplir un acte permis qui aura pour effet incident d'éteindre.]
גְּמָ׳ אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: טַלִּית שֶׁאָחַז בָּהּ הָאוּר מִצַּד אֶחָד — נוֹתְנִין עָלֶיהָ מַיִם מִצַּד אַחֵר, וְאִם כָּבְתָה — כָּבְתָה. מֵיתִיבִי: טַלִּית שֶׁאָחַז בָּהּ הָאוּר מִצַּד אֶחָד — פּוֹשְׁטָהּ וּמִתְכַּסֶּה בָּהּ, וְאִם כָּבְתָה — כָּבְתָה. וְכֵן סֵפֶר תּוֹרָה שֶׁאָחַז בּוֹ הָאוּר — פּוֹשְׁטוֹ וְקוֹרֵא בּוֹ, וְאִם כָּבָה — כָּבָה.

Rachi

דברים שאין אדם עומד בהן - על בוריין לאומרן כהלכתן:,אלא אם כן נכשל בהן - עד שאומרן ב' וג' פעמים בשיבוש דהיינו טעמי תורה המסותרין:,לא אהיה חובש - איני רגיל להיות חובש חבוש בבהמ"ד. אהיה הורגלתי כמו שחוק לרעהו אהיה (איוב י״ב:ד׳) אני הווה:,וממאי - דמשום דיש בהן אמנה הוא דילמא על כרחיך צריכים שישיבו האמת:,דאי אמר להו גמירנא - אותן טעמי תורה:,אמרי ליה - שואלים אימא לן:,ומשני הוה ליה למימר גמר ושכח מאי לא אהיה חובש - מודה הוא על האמת שלא יגע בתורה:,בדברי תורה - היו נאמנין ואין מתהללים על שקר:

מתני' ועיגול של דבילה - שהוא גדול ויש בו סעודות הרבה:,ואם היו פקחין - לישאל שכרן כפועלים:

לחצר המעורבת - ואפי' הכי טובא לא ליצול כדאמר לעיל (שבת דף קיז:) מתוך שבהול אי שרי לאיעסוקי בהצלה כולי האי אתי לכבויי:,כל כלי תשמישו - שצריכין לו לאותו היום כגון כוסות וקיתוניות:,י"ח כלים - מפרש להו בגמרא שכן דרך ללובשן בחול יחד אבל טפי מהכי לא ואינו פושטן לחזור וללבוש ולהציל אחרים:

גמ' בבא להציל - [שהציל] בסל [אחד] כדקתני סל מלא ככרות ואינו טורח אלא להצילן מתוך הדליקה בבת אחת מציל כל מה שבסל דהא חדא זימנא הוא מה לי פורתא מה לי טובא:,בבא לקפל - סלים הרבה זה עם זה לטרוח [ולאוספם] ולחזור ולהוציא מזון ג' סעודות הוא דיכול להציל בסלים הרבה ותו לא שכל א' טורח בעצמו הוא:,פירש טליתו וקיפל והניח - הביא אוכלין והניח וחזר והביא והניח מהו:,כבא להציל דמי - הואיל ואין כאן אלא כלי אחד ובפעם אחת הוא מוציאם:,או כבא לקפל דמי - הואיל וטורח לאסוף ולכנוס:

אטעייה רב שיזבי לרב חסדא - שדרש לפניו והודה לו רב חסדא ואהא מתני' דאמרן לעיל (שבת דף קיז:) נשברה לו חבית בראש גגו מביא כלי ומניח תחתיה ודרש רב שיזבי לרב חסדא ובלבד שלא יתן כלי המחזיק יותר משלש סעודות והודה לו רב חסדא ומדאמר רבא אטעייה שמע מינה טעותא הוא דאפילו מחזיק סעודות הרבה מותר כיון דחד מנא הוא והאי כמקפל ונותן בכלי אחד דמי דהא מעט מעט הוא נופל ומטפטף בו ש"מ בחד מנא כבא להציל דמי:,מאי טעותא - מנא לך דטעותא הוא בידיה:,אמר ליה - מדקתני בה בברייתא:,ובלבד שלא יביא כלי אחר וכו' - ש"מ כלים טובא הוא דאסירי אבל בחד שפיר דמי:

מהפקירא וכו' - דהא הצילו לכם קאמר להו לצרכיהם ואם פקחים הם יעכבו הכל הוה ליה למיתני:,מדת חסידות - שמחזירין לו:,חסידי אגרא דשבתא שקלי - בתמיה אם חסידים הם יש להם לוותר משלהם בכל דבר שיש בו נדנוד עבירה ואע"ג דלאו שכר שבת גמור הוא שהרי לא התנה ומהפקירא קא זכו מיהו חסיד לא מיקרי אא"כ מוותר משלו:,הכא בירא שמים עסקינן - המציל הזה ירא שמים הוא ולא חסיד לוותר משלו:,דלא ניחא ליה דליתהני מאחריני - בזכייה דהפקירא דידע דלא מרצונו הפקירו:,ובחנם נמי לא ניחא ליה דליטרח - דלאו חסיד הוא ולמחול על שלו:,והכי קאמר כו' - כלומר דהאי אם היו פקחין דמתני' לאו פקחין בדין קאמר ליטול את הראוי להם דאם כן יעכבו הכל הוה ליה למתני אלא לאו הכי קאמר הני יראי שמים אם פקחין הן בהלכות שבת דידעי דכה"ג לאו שכר שבת הוא דמעיקרא לאו אדעתא דשכר פעולה נחית עושין עמו חשבון והכי קאמר אדרב חסדא נמי קאי אלא לא שבקיניה לרב חסדא לסיימיה למילתיה:

מקטורן - מנטי"ל :,אונקלי - לבוש רחב כעין שריניש"א ובלשון ערבי מחשיא"ה:,פונדא - אזור חלול מעל למדיו:,קלבוס - נביי"ש:,חלוק - קמי"שא על בשרו:,ואפליון - סדין להתעטף בו כולו:,מעפורת - לעטף ראשו:,ושני ספרקין - פיישול"ש:,אנפילייאות - קלצנו"ש של צמר:,פרגוד - גניליי"ש ובלשון אשכנז קני הוז"ן:,חגור - על חלוקו מבפנים:,וסודר שבצוארו - ותלויין ראשיו לפניו לקנח בו פיו ועיניו:

מתני' עור של גדי - לח:,מפני שהוא מחרך - מן האור ובלע"ז רטריי"ט ואינו נשרף ומתוך כך הוא מגין על התיבה:,בין מלאים - מים:,שאינן יכולין לקבל כח האור - מפני שחדשים הם:

Tossafot

אידי ואידי בבא לקפל - פירש הרב פורת דלקפל היינו אפי' בא לקפל דלר' אבא אין חילוק בין לקפל בין להציל דאפילו להציל בחצר אחרת לא שרי אלא מזון ג' סעודות אבל אין נראה לומר דלהציל שרי אפילו מאה סעודות בחצר אחרת גם לרבי אבא דאם כן הוה ליה לאוקומי מתני' אידי ואידי בחצר אחרת וכאן בבא לקפל וכאן בבא להציל:

נותן מים מצד זה - פירש רשב"ם לאו דוקא על הטלית דהא קי"ל בפ' דם חטאת (זבחים צד:) דבבגד שרייתו זהו כיבוסו ולעיל בסוף פרק שמנה שרצים (שבת דף קיא.) פירשתי:

Texte : Sefaria — William Davidson Edition - Vocalized Aramaic · traduction française de travail, à valider.

Shabbat 120a
100%
שבת ק״כ אמַסֶּכֶת שַׁבָּת