Bien plutôt, Rav Achi dit : les Sages dans la michna divergent au sujet de l'opinion de Rabbi Eliézer. Trois cloisons (me'hitsot) et un seul montant (le'hi) — voilà une ruelle (mavoï) qui est fermée [et non traversante] ; trois cloisons sans aucun montant — voilà une ruelle ouverte [traversante]. Et même selon Rabbi Eliézer, qui dit que nous avons besoin de deux montants, un seul montant ne suffisant pas — ces paroles ont été énoncées pour ce qui est de transporter les aliments et les boissons ; mais pour ce qui est de transporter un rouleau de Torah (séfer Torah), un seul montant suffit.
אֶלָּא אָמַר רַב אָשֵׁי: שָׁלֹשׁ מְחִיצּוֹת וְלֶחִי אֶחָד — זֶה מָבוֹי שֶׁאֵינוֹ מְפוּלָּשׁ. שָׁלֹשׁ מְחִיצּוֹת בְּלֹא לֶחִי — זֶהוּ מָבוֹי הַמְפוּלָּשׁ. וַאֲפִילּוּ לְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר דְּאָמַר בָּעֵינַן לְחָיַיִם, הָנֵי מִילֵּי לָאוֹכָלִין וּמַשְׁקִין, אֲבָל לְסֵפֶר תּוֹרָה — בְּחַד לֶחִי סַגִּי.
Mishna 1
MICHNA. On sauve [d'un incendie le Chabbat] de la nourriture pour trois repas (chaloch séoudot). Ce qui convient à l'homme — pour l'homme ; ce qui convient à la bête — pour la bête. Comment cela ? Si un incendie s'est déclaré la nuit du Chabbat [le vendredi soir, avant le repas], on sauve de la nourriture pour trois repas. [S'il s'est déclaré] le matin [après le repas du soir et avant celui du jour], on sauve de la nourriture pour deux repas. [S'il s'est déclaré] à min'ha [l'après-midi], de la nourriture pour un seul repas. Rabbi Yossé dit : en tout temps on sauve de la nourriture pour trois repas [sans distinguer selon le moment de la journée].
מַתְנִי׳ מַצִּילִין מָזוֹן שָׁלֹשׁ סְעוּדוֹת. הָרָאוּי לָאָדָם — לָאָדָם, הָרָאוּי לַבְּהֵמָה — לַבְּהֵמָה. כֵּיצַד? נָפְלָה דְּלֵיקָה בְּלֵילֵי שַׁבָּת — מַצִּילִין מְזוֹן שָׁלֹשׁ סְעוּדוֹת. בַּשַּׁחֲרִית — מַצִּילִין מְזוֹן שְׁתֵּי סְעוּדוֹת. בַּמִּנְחָה — מְזוֹן סְעוּדָה אַחַת. רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: לְעוֹלָם מַצִּילִין מְזוֹן שָׁלֹשׁ סְעוּדוֹת.(משנה)
Guémara
GUEMARA. La Guemara interroge : or donc, puisque c'est avec une chose permise qu'il se donne du mal [la nourriture est apte au transport vers une cour pourvue d'un érouv], qu'il en sauve davantage ! [Pourquoi ne lui permet-on de sauver que trois repas ?] Rava dit : parce que l'homme est affolé (bahoul) pour son bien, si tu le lui permets [d'en sauver beaucoup], il en viendra à éteindre [l'incendie, transgression interdite le Chabbat]. Abayé lui dit : mais alors, ce qui a été enseigné dans une baraïta — si une jarre ('havit) s'est brisée pour quelqu'un au sommet de son toit [le Chabbat], il apporte un récipient et le place dessous [pour en recueillir le contenu], à condition seulement qu'il n'apporte pas un autre récipient pour capter [le liquide au sol], ni un autre récipient pour [l'accoler au toit et y] faire couler [le liquide] — là, quel décret (guézéra) y a-t-il [qui interdise de le sauver d'une autre manière] ? [Rava lui répondit :] ici aussi, c'est un décret de crainte qu'il n'apporte le récipient en passant par le domaine public (réchout ha-rabim).
גְּמָ׳ מִכְּדֵי בְּהֶיתֵּרָא קָטָרַח, נַצֵּיל טְפֵי? אָמַר רָבָא: מִתּוֹךְ שֶׁאָדָם בָּהוּל עַל מָמוֹנוֹ, אִי שָׁרֵית לֵיהּ — אָתֵי לְכַבּוֹיֵי. אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי, אֶלָּא הָא דְּתַנְיָא: נִשְׁבְּרָה לוֹ חָבִית בְּרֹאשׁ גַּגּוֹ — מֵבִיא כְּלִי וּמַנִּיחַ תַּחְתֶּיהָ, וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יָבִיא כְּלִי אַחֵר וְיִקְלוֹט, כְּלִי אַחֵר וִיצָרֵף. הָתָם, מַאי גְּזֵירָה אִיכָּא? הָכָא נָמֵי, גְּזֵירָה שֶׁמָּא יָבִיא כְּלִי דֶּרֶךְ רְשׁוּת הָרַבִּים.
À propos [de cette baraïta], la Guemara examine la chose elle-même : si une jarre ('havit) s'est brisée pour quelqu'un au sommet de son toit [le Chabbat], il apporte un récipient et le place dessous [pour en recueillir le contenu], à condition seulement qu'il n'apporte pas un autre récipient pour capter [le liquide au sol], ni un autre récipient pour [l'accoler au toit et y] faire couler [le liquide]. Si des invités (or'him) se présentent à lui [et qu'il a besoin de davantage à boire], il apporte un autre récipient et capte, et un autre récipient et fait couler. Et qu'il ne capte pas d'abord et n'invite qu'ensuite ; bien plutôt qu'il invite d'abord et ne capte qu'ensuite [car tant qu'il n'a pas d'invités, il n'a pas besoin de la boisson]. Et l'on ne ruse pas (ein ma'arimin) en cela [en invitant des gens dans le seul but de sauver son vin]. Au nom de Rabbi Yossé bar Yehouda on a dit : on peut ruser (ma'arimin).
גּוּפָא: נִשְׁבְּרָה לוֹ חָבִית בְּרֹאשׁ גַּגּוֹ — מֵבִיא כְּלִי וּמַנִּיחַ תַּחְתֶּיהָ, וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יָבִיא כְּלִי אַחֵר וְיִקְלוֹט, כְּלִי אַחֵר וִיצָרֵף. נִזְדַּמְּנוּ לוֹ אוֹרְחִין — מֵבִיא כְּלִי אַחֵר וְקוֹלֵט, כְּלִי אַחֵר וּמְצָרֵף. וְלֹא יִקְלוֹט וְאַחַר כָּךְ יַזְמִין, אֶלָּא יַזְמִין וְאַחַר כָּךְ יִקְלוֹט. וְאֵין מַעֲרִימִין בְּכָךְ, מִשּׁוּם רַבִּי יוֹסֵי בַּר יְהוּדָה אָמְרוּ: מַעֲרִימִין.
La Guemara suggère : disons que Rabbi Yossé bar Yehouda et les Sages divergent dans le débat [qui oppose] Rabbi Eliézer et Rabbi Yehochoua, comme il a été enseigné dans une baraïta : au sujet d'[un animal] et de son petit (oto vé-èt béno) qui sont tombés dans une fosse (bor) un jour de fête (yom tov) — Rabbi Eliézer dit : on remonte le premier afin de l'égorger [et on l'égorge], et quant au second, on lui prépare sa subsistance sur place [dans la fosse] afin qu'il ne meure pas. Rabbi Yehochoua dit : on remonte le premier afin de l'égorger [puis on se ravise et] on ne l'égorge pas, et l'on ruse [en disant qu'on s'est ravisé et qu'on veut égorger l'autre] et l'on remonte le second — s'il le désire, il égorge celui-ci ; s'il le désire, il égorge celui-là.
לֵימָא בִּפְלוּגְתָּא דְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר וְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ קָמִיפַּלְגִי? דְּתַנְיָא: אוֹתוֹ וְאֶת בְּנוֹ שֶׁנָּפְלוּ לְבוֹר? — רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: מַעֲלֶה אֶת הָרִאשׁוֹן עַל מְנָת לְשׁוֹחְטוֹ, וְהַשֵּׁנִי עוֹשֶׂה לוֹ פַּרְנָסָה בִּמְקוֹמוֹ בִּשְׁבִיל שֶׁלֹּא יָמוּת. רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ אוֹמֵר: מַעֲלֶה אֶת הָרִאשׁוֹן עַל מְנָת לְשׁוֹחְטוֹ וְאֵינוֹ שׁוֹחֲטוֹ, וּמַעֲרִים וּמַעֲלֶה אֶת הַשֵּׁנִי — רָצָה זֶה שׁוֹחֵט, רָצָה זֶה שׁוֹחֵט.
[La Guemara rejette ce rapprochement :] d'où [le déduit-on] ? Peut-être Rabbi Eliézer n'a-t-il dit là [qu'on ne remonte pas le second animal] que dans un cas où il est possible [de le sauver] par la subsistance [en le nourrissant dans la fosse] ; mais ici [dans le cas de la jarre], où ce n'est pas possible — non [il conviendrait, et il permettrait de ruser]. Et peut-être Rabbi Yehochoua n'a-t-il dit là [qu'on peut ruser] qu'en raison de la souffrance des êtres vivants (tsa'ar ba'alé 'hayim) ; mais ici, où il n'y a pas de souffrance des êtres vivants — non [il n'autoriserait pas à ruser].
מִמַּאי? דִּילְמָא עַד כָּאן לָא קָאָמַר רַבִּי אֱלִיעֶזֶר הָתָם, דְּאֶפְשָׁר בְּפַרְנָסָה, אֲבָל הָכָא דְּלָא אֶפְשָׁר — לָא. וְעַד כָּאן לָא קָאָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ הָתָם, מִשּׁוּם דְּאִיכָּא צַעַר בַּעֲלֵי חַיִּים, אֲבָל הָכָא דְּלֵיכָּא צַעַר בַּעֲלֵי חַיִּים — לָא.
Nos maîtres ont enseigné [dans la Tossefta] : si quelqu'un a sauvé du pain fin (pat nékiya) [en suffisance pour ses besoins], il ne sauve plus de pain grossier (pat hadra'a) [pain fait de farine et de son] ; [mais s'il a sauvé] du pain grossier, il sauve [ensuite] du pain fin. Et l'on sauve [du pain] de Yom Kippour pour le Chabbat, mais non du Chabbat pour Yom Kippour. Et il va sans dire [qu'on ne sauve] ni du Chabbat pour un jour de fête (yom tov), ni du Chabbat pour le Chabbat suivant.
תָּנוּ רַבָּנַן: הִצִּיל פַּת נְקִיָּה — אֵין מַצִּיל פַּת הַדְרָאָה, פַּת הַדְרָאָה — מַצִּיל פַּת נְקִיָּה. וּמַצִּילִין מִיּוֹם הַכִּפּוּרִים לַשַּׁבָּת, אֲבָל לֹא מִשַּׁבָּת לְיוֹם הַכִּפּוּרִים. וְאֵין צָרִיךְ לוֹמַר מִשַּׁבָּת לְיוֹם טוֹב, וְלֹא מִשַּׁבָּת לַשַּׁבָּת הַבָּאָה.
Nos maîtres ont enseigné : si quelqu'un a oublié du pain dans le four et que sur lui le jour [du Chabbat] a été sanctifié [par son entrée], on sauve de la nourriture pour trois repas, et il dit à d'autres : venez et sauvez-en pour vous. Et lorsqu'il le retire [du four], qu'il ne le retire pas avec la pelle [du boulanger] (mardé), mais avec un couteau [d'une manière inhabituelle]. La Guemara interroge : en est-il vraiment ainsi ? Mais l'école de Rabbi Yichmaël n'a-t-elle pas enseigné : il est dit « tu ne feras aucun travail (mélakha) » (Chemot 20, 10) [et l'insistance sur le mot « travail »] exclut la sonnerie du chofar et le retrait du pain (rédiyat ha-pat), qui sont un savoir-faire ('hokhma) et non un travail [et ne sont donc pas interdits le Chabbat] ? [Si donc, selon la Torah, retirer le pain est permis, pourquoi ne pas le retirer de la manière habituelle ?] [La Guemara répond :] autant qu'il est possible de modifier [la manière], on modifie [pour bien marquer que c'est Chabbat].
תָּנוּ רַבָּנַן: שָׁכַח פַּת בַּתַּנּוּר וְקִידֵּשׁ עָלָיו הַיּוֹם — מַצִּילִין מְזוֹן שָׁלֹשׁ סְעוּדוֹת, וְאוֹמֵר לַאֲחֵרִים: בּוֹאוּ וְהַצִּילוּ לָכֶם. וּכְשֶׁהוּא רוֹדֶה, לֹא יִרְדֶּה בְּמַרְדֶּה, אֶלָּא בְּסַכִּין. אִינִי?! וְהָא תָּנָא דְּבֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל: ״לֹא תַעֲשֶׂה כׇל מְלָאכָה״, יָצָא תְּקִיעַת שׁוֹפָר וּרְדִיַּית הַפַּת שֶׁהִיא חָכְמָה וְאֵינָהּ מְלָאכָה? כַּמָּה דְּאֶפְשָׁר לְשַׁנּוֹיֵי מְשַׁנֵּינַן.
Rav 'Hisda dit : qu'un homme se lève toujours de bon matin [le vendredi] pour [pourvoir aux] dépenses du Chabbat, comme il est dit : « Et il adviendra, le sixième jour, qu'ils prépareront ce qu'ils auront rapporté » (Chemot 16, 5) — [à savoir] aussitôt [au moment même de la récolte de la manne]. Rabbi Abba dit : le Chabbat, l'homme est tenu de rompre [le pain] sur deux miches (chté kikarot), comme il est écrit : « du pain en double (lé'hem michné) » (Chemot 16, 22).
אָמַר רַב חִסְדָּא: לְעוֹלָם יַשְׁכִּים אָדָם לְהוֹצָאַת שַׁבָּת, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְהָיָה בַּיּוֹם הַשִּׁשִּׁי וְהֵכִינוּ אֵת אֲשֶׁר יָבִיאוּ״, לְאַלְתַּר. אָמַר רַבִּי אַבָּא: בְּשַׁבָּת חַיָּיב אָדָם לִבְצוֹעַ עַל שְׁתֵּי כִכָּרוֹת, דִּכְתִיב: ״לֶחֶם מִשְׁנֶה״.
Rav Achi dit : j'ai vu Rav Kahana qui prenait deux [miches] mais n'en rompait qu'une. Il disait : « ils ont récolté (lakétou) » est écrit [au sujet de la manne, ce qui suggère qu'on tient deux miches ensemble, mais non qu'on les rompt toutes deux]. Rabbi Zéira rompait [un morceau suffisant] pour tout son repas. Ravina dit à Rav Achi : mais cela n'a-t-il pas l'air de gloutonnerie (ra'avtanouta) ? Il lui dit : puisque chaque [autre] jour il ne fait pas [ainsi], et que c'est maintenant [seulement, en l'honneur du Chabbat] qu'il le fait — cela n'a pas l'air de gloutonnerie. Rabbi Ami et Rabbi Assi, lorsque leur parvenait le pain de l'érouv [de la cour], commençaient [le repas] sur lui [en récitant la bénédiction]. Ils disaient : puisqu'une mitsva a été accomplie avec lui, qu'une autre mitsva soit accomplie avec lui.
אָמַר רַב אָשֵׁי: חֲזֵינָא לֵיהּ לְרַב כָּהֲנָא דְּנָקֵט תַּרְתֵּי וּבָצַע חֲדָא. אָמַר: ״לָקְטוּ״ כְּתִיב. רַבִּי זֵירָא הֲוָה בָּצַע אַכּוּלַּהּ שֵׁירוּתֵיהּ. אֲמַר לֵיהּ רָבִינָא לְרַב אָשֵׁי: וְהָא מִיחְזֵי כְּרַעַבְתָנוּתָא? אֲמַר לֵיהּ: כֵּיוָן דְּכׇל יוֹמָא לָא עָבֵיד, וְהָאִידָּנָא הוּא דְּקָעָבֵיד — לָא מִיחְזֵי כְּרַעַבְתָנוּתָא. רַבִּי אַמֵּי וְרַבִּי אַסִּי כִּי מִיקְּלַע לְהוּ רִיפְתָּא דְעֵירוּבָא — שָׁרוּ עִילָּוֵיהּ, אָמְרִי: הוֹאִיל וְאִיתְעֲבִיד בַּהּ חֲדָא מִצְוָה — לִיתְעֲבִיד בַּהּ מִצְוָה אַחֲרִינָא.
[La michna a enseigné :] « Comment cela ? Si un incendie s'est déclaré [la nuit du Chabbat, etc.] » Nos maîtres ont enseigné dans une baraïta : combien de repas (séoudot) l'homme est-il tenu de manger le Chabbat ? Trois. Rabbi 'Hidka dit : quatre. Rabbi Yo'hanan dit : et tous deux ont tiré [leur opinion] d'un même verset : « Et Moché dit : mangez-le aujourd'hui, car aujourd'hui c'est Chabbat pour l'Éternel, aujourd'hui vous ne le trouverez pas dans le champ » (Chemot 16, 25). Rabbi 'Hidka estime que ces trois [emplois du mot] « aujourd'hui » s'ajoutent au [repas du] soir [d'où quatre repas, car Moché parlait le matin du Chabbat] ; et les Sages estiment qu'ils incluent [le repas du] soir [d'où trois repas]. Nous avons appris [dans la michna] : si un incendie s'est déclaré la nuit du Chabbat
כֵּיצַד? נָפְלָה דְּלֵיקָה כּוּ׳. תָּנוּ רַבָּנַן: כַּמָּה סְעוּדוֹת חַיָּיב אָדָם לֶאֱכוֹל בַּשַּׁבָּת — שָׁלֹשׁ. רַבִּי חִידְקָא אוֹמֵר: אַרְבַּע. אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן, וּשְׁנֵיהֶם מִקְרָא אֶחָד דָּרְשׁוּ: ״וַיֹּאמֶר מֹשֶׁה אִכְלוּהוּ הַיּוֹם כִּי שַׁבָּת הַיּוֹם לַה׳ הַיּוֹם לֹא תִמְצָאֻהוּ בַּשָּׂדֶה״. רַבִּי חִידְקָא סָבַר: הָנֵי תְּלָתָא ״הַיּוֹם״ לְבַר מֵאוּרְתָּא, וְרַבָּנַן סָבְרִי: בַּהֲדֵי דְּאוּרְתָּא. תְּנַן: נָפְלָה דְּלֵיקָה בְּלֵילֵי שַׁבָּת
Rachi
אלא אמר רב אשי כו' - בין רבנן ובין בן בתירא כר' אליעזר סבירא להו דבעי ג' מחיצות וב' לחיים בעלמא והכא לגבי ספר אמרי רבנן מודה ר' אליעזר בלחי אחד ובן בתירא אמר דמודה ר' אליעזר אף בלא לחי:,בחד לחי סגי ליה - מילתא דרבנן קא מפרשי:
מתני' נפלה דליקה בלילי שבת - קודם אכילה:,שחרית - קודם סעודה:,לעולם הוא מציל - הואיל ויומא בר הכי הוא ובהיתרא טרח דהא בני טלטול נינהו ולחצר המעורבת ואפי' טובא הוה שרי ליה אי לאו משום גזירה וכדמפרש בגמרא:
גמ' מכדי בהיתרא קטרח - חזו לטלטול ולחצר המעורבת:,ואי שרית ליה - לאתחולי בהצלה כולי האי מתוך שהוא בהול מינשי ליה שבת ואתי נמי לכבויי:,ויקלוט - קילוח הנופל מן האויר:,ויצרף - סמוך לגג כעין שאיבה אלא שאינו ראוי לשאוב שהגג חלק והיין אינו בגומא מצרף כלי לגג שיזוב מן הגג לכלי והוא אוחז הכלי בידו:,התם מאי גזירה איכא - כיון דמידי דהתירא הוא אמאי לא יקלוט ויצרף:,שמא יביא כלי כו' - מתוך שהוא מחזר על כלים הרבה ישכח ויביא:
ולא יקלוט ואח"כ יזמין - אורחים דבשעת קליטה לא מיבעיא ליה:,אין מערימין בכך - לזמן אורחים שאינן צריכין לאכול ויותירו:
שנפלו לבור - בי"ט ואין שניהם ראוים לשחיטה ביום אחד:,ואינו שוחטו - שמוצא לו עלילה שמא חברו שמן ממנו:
עד כאן לא קאמר ר' אליעזר - דאין מערימין:
הציל פת נקיה - לשלש סעודות:,לא יציל פת הדראה - פת קיבר שניטל הדרה לפי שאין ערמה כשרה לומר פת הדראה נוחה לי:,אבל לא משבת ליום הכפורים - כגון אם חל יוה"כ באחד בשבת דהא לא אכיל עד לאורתא ולאורתא ליטרח ולייתי:,ואין צריך לומר משבת לי"ט - דיכול להכין בו ביום:
מרדה - כלי שרודין בו הפת ומפרידין אותו מכותל התנור שנדבק בה לא ירדה אותו במרדה שהוא דרך חול:
ישכים אדם - בע"ש לטרוח ולזמן הוצאת שבת:,והכינו את אשר יביאו לאלתר - בשעת הבאה הכנה והבאה בהשכמה היא דכתיב וילקטו אותו בבקר בבקר (שמות ט״ז:כ״א):,לבצוע - ברכת המוציא:
נקיט תרתי - אוחזן בידו:,לקטו כתיב - דמשמע אחיזה אבל בציעה לא כתיב משנה:,בצע לכוליה שירותיה - פרוסה גדולה ודי לו בה לאותה סעודה ולכבוד שבת ונראה כמחבב סעודת שבת להתחזק ולאכול הרבה:,כי מקלע להו - פעמים שהעירוב בביתם ופעמים בבית אחד משאר בני אדם:,שרו ביה - היינו ברכת המוציא שהיא התחלת אכילה. שרו מתחילין:
תלתא היום - למנין שלש סעודות בא:
Tossafot
הא דתניא נשברה לו חבית בראש גגו - הקשה הרב פורת אמאי לא פריך ממתניתין דריש חבית (לקמן שבת קמג:) דתנן חבית שנשברה מצילין ממנה מזון שלש סעודות ואומר לאחרים בואו והצילו לכם ובלבד שלא יספוג ותירץ דההיא איכא למימר כגון שהחבית בכרמלית דחיישינן שמא יעביר כלי ד' אמות בכרמלית אבל בהך ברייתא קתני בהדיא בראש גגו ור"י תירץ דהתם מיירי כשנשפך היין לארץ דחיישינן שמא יספוג אומר ה"ר שמואל בשם ר"ת דדוקא נשברה לו חבית אבל נסדקה ועושה טיף טיף מותר להביא כלים לקלוט ולצרף דאינו בהול כל כך להביא כלים דרך רה"ר כמו כשנשברה:,כלי אחר ויקלוט כלי אחר ויצרף - אומר ר"י דזו אף זו קתני לא מבעי לקלוט דמינכר שמציל דאסור אלא אפילו לצרף דלא מינכר כולי האי שהוא מציל אסור:
הציל פת נקיה לא יציל פת הדראה - אומר ר"י כשאפו בי"ט של פסח מצות מסולת נקיה שיש לו די לצורך י"ט אין אופין אחריהן פת של הדראה אלא מתחילה יעשה של הדראה ואחרי כן יעשה הנקיה:,אבל לא משבת ליום הכפורים - פירש בקונטרס למוצאי יוה"כ וא"ת פשיטא דחול גמור הוא ומ"ש משבת למוצאי שבת וי"ל דמצוה לאכול במוצאי יוה"כ כדפי' לעיל (שבת דף קיד:) ועוד לפי שהתענו מותר יותר אי נמי ליום הכפורים עצמו קאמר ולהאכיל התינוקות:
והתנא דבי רבי ישמעאל כל מלאכת עבודה לא תעשו - וא"ת ואמאי מייתי קרא דכל מלאכת עבודה דכתיב גבי י"ט הא אפי' בשבת דכתיב לא תעשה מלאכה סתם ולא כתיב עבודה שרי לתקוע ולרדות מן התורה כדמשמע הכא דאשבת מייתי לה ופירש רבינו שמואל דגרס כל מלאכה לא תעשו ורשב"א מפרש דלעולם מכל מלאכת עבודה אימעיט תקיעה ורדייה ושבת ילפינן מי"ט דאין בין י"ט לשבת אלא אוכל נפש בלבד כדכתיב אך אשר יאכל לכל נפש (שמות י״ב:ט״ז):,שהיא חכמה ואינה מלאכה - וכיון דמדאורייתא שריא אע"ג דמדרבנן אסירא כדאמר בראש השנה (דף לג.) אין מעכבין את התינוקות מלתקוע הא נשים מעכבין הכא הוה לן למישרי משום ג' סעודות:
Texte : Sefaria — William Davidson Edition - Vocalized Aramaic · traduction française de travail, à valider.