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Traité Shabbat

116b

Étude de Shabbat 116b

Étude de la Mishna & Guémara 116b

[Il y avait dans le voisinage de Rabban Gamliel un philosophe] qui répandait sur lui-même la réputation de ne pas accepter de pots-de-vin. [La sœur de Rabban Gamliel et son frère, Rabban Gamliel lui-même,] voulurent se moquer de lui et révéler sa vraie nature. Elle lui fit secrètement parvenir une lampe en or (cheraga de-dahava), puis elle et son frère se présentèrent devant lui, l'abordant comme s'ils cherchaient un jugement. Elle dit au philosophe : « Je veux recevoir une part dans l'héritage des biens de la maison de mon père. » Il leur dit : « Partagez[-le également]. » Rabban Gamliel lui dit : « Il est écrit pour nous [dans notre Torah] : là où il y a un fils, la fille n'hérite pas. » Le philosophe lui répliqua : « Depuis le jour où vous avez été exilés de votre terre, la Torah de Moïse (Oraïta de-Moché) a été retirée et l'avon gilyon a été donné à sa place ; et il y est écrit : un fils et une fille hériteront pareillement. »
דַּהֲוָה שְׁקִיל שְׁמָא דְּלָא מְקַבֵּל שׁוּחְדָּא. בְּעוֹ לְאַחוֹכֵי בֵּיהּ. עַיַּילָא לֵיהּ שְׁרָגָא דְּדַהֲבָא, וַאֲזוּל לְקַמֵּיהּ. אֲמַרָה לֵיהּ: בָּעֵינָא דְּנִיפְלְגוּ לִי בְּנִכְסֵי דְּבֵי נָשַׁי. אֲמַר לְהוּ: פְּלוּגוּ. אֲמַר לֵיהּ, כְּתִיב לַן: בִּמְקוֹם בְּרָא, בְּרַתָּא לָא תֵּירוֹת. אֲמַר לֵיהּ: מִן יוֹמָא דִּגְלִיתוּן מֵאַרְעֲכוֹן, אִיתְנְטִילַת אוֹרָיְיתָא דְּמֹשֶׁה וְאִיתִיְהִיבַת עֲווֹן גִּלְיוֹן, וּכְתִיב בֵּיהּ: בְּרָא וּבְרַתָּא כַּחֲדָא יִרְתוּן.
Le lendemain, Rabban Gamliel fit à son tour parvenir au philosophe un âne de Libye ('hamara louva, présent plus précieux). Ensuite, Rabban Gamliel et sa sœur revinrent se présenter devant le philosophe pour un jugement. Il leur dit : « Je suis allé jusqu'à la fin de l'avon gilyon, et il y est écrit : moi, l'avon gilyon, je ne suis pas venu retrancher de la Torah de Moïse [et] je ne suis pas venu ajouter à la Torah de Moïse ; et il y est écrit : là où il y a un fils, la fille n'hérite pas. » Elle lui dit : « Que ta lumière brille comme une lampe (cheraga) » — allusion à la lampe qu'elle lui avait donnée. Rabban Gamliel lui dit : « L'âne est venu et a renversé la lampe » [d'un coup de pied], dévoilant ainsi toute l'affaire.
לְמָחָר הֲדַר עַיֵּיל לֵיהּ אִיהוּ חֲמָרָא לוּבָא. אֲמַר לְהוּ: שְׁפִילִית לְסֵיפֵיהּ דַּעֲווֹן גִּלְיוֹן, וּכְתִיב בֵּיהּ: אֲנָא לָא לְמִיפְחַת מִן אוֹרָיְיתָא דְּמֹשֶׁה אֲתֵיתִי [וְלָא] לְאוֹסֹפֵי עַל אוֹרָיְיתָא דְמֹשֶׁה אֲתֵיתִי, וּכְתִיב בֵּיהּ: בִּמְקוֹם בְּרָא — בְּרַתָּא לָא תֵּירוֹת. אֲמַרָה לֵיהּ: נְהוֹר נְהוֹרָיךְ כִּשְׁרָגָא. אֲמַר לֵיהּ רַבָּן גַּמְלִיאֵל: אֲתָא חַמְרָא וּבְטַשׁ לִשְׁרָגָא.
[Nous avons appris dans la MISHNA :] « Et pourquoi ne lit-on pas [les Ketouvim, les Écrits, le Chabbat] ? » — à cause de l'interruption [de l'étude] à la maison d'étude (bèt ha-midrach). Rav dit : ils n'ont enseigné [cette interdiction] qu'aux heures [d'étude] de la maison d'étude ; mais hors des heures de la maison d'étude, on peut les lire. Et Chmouel dit : même hors des heures de la maison d'étude, on ne lit pas [les Écrits le Chabbat]. [La Guemara demande :] est-ce bien ainsi ? Or Nehardéa était le lieu de Chmouel, où il était le maître de la ville, et à Nehardéa on achevait l'ordre [hebdomadaire] de l'étude par les Écrits (Ketouvim) à la min'ha du Chabbat [l'après-midi du Chabbat] ! Plutôt, si un débat fut énoncé à ce sujet, voici comment il fut énoncé : Rav dit : ils n'ont enseigné [l'interdiction] que dans un lieu où il y a une maison d'étude [à proximité, que l'on peut fréquenter] ; mais dans un lieu où il n'y a pas de maison d'étude, on peut lire [les Écrits].
וּמִפְּנֵי מָה אֵין קוֹרִין כּוּ׳. אָמַר רַב: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא בִּזְמַן בֵּית הַמִּדְרָשׁ, אֲבָל שֶׁלֹּא בִּזְמַן בֵּית הַמִּדְרָשׁ — קוֹרִין. וּשְׁמוּאֵל אָמַר: אֲפִילּוּ שֶׁלֹּא בִּזְמַן בֵּית הַמִּדְרָשׁ אֵין קוֹרִין. אִינִי?! וְהָא נְהַרְדְּעָא אַתְרֵיהּ דִּשְׁמוּאֵל הֲוָה, וּבִנְהַרְדְּעָא פָּסְקִי סִידְרָא בִּכְתוּבִים בְּמִנְחֲתָא דְשַׁבְּתָא. אֶלָּא אִי אִיתְּמַר, הָכִי אִיתְּמַר — אָמַר רַב: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא בִּמְקוֹם בֵּית הַמִּדְרָשׁ. אֲבָל שֶׁלֹּא בִּמְקוֹם בֵּית הַמִּדְרָשׁ — קוֹרִין.
Et Chmouel dit : que ce soit dans un lieu où il y a une maison d'étude ou dans un lieu où il n'y a pas de maison d'étude, aux heures de la maison d'étude on ne lit pas, [mais] hors des heures de la maison d'étude on lit. Et Chmouel suit ici sa propre ligne [énoncée ailleurs], car à Nehardéa on achevait l'ordre des Écrits (Ketouvim) à la min'ha du Chabbat.
וּשְׁמוּאֵל אָמַר: בֵּין בִּמְקוֹם בֵּית הַמִּדְרָשׁ בֵּין שֶׁלֹּא בִּמְקוֹם בֵּית הַמִּדְרָשׁ, בִּזְמַן בֵּית הַמִּדְרָשׁ — אֵין קוֹרִין, שֶׁלֹּא בִּזְמַן בֵּית הַמִּדְרָשׁ — קוֹרִין. וְאַזְדָּא שְׁמוּאֵל לְטַעְמֵיהּ, דְּבִנְהַרְדְּעָא פָּסְקִי סִידְרָא דִכְתוּבִים בְּמִנְחֲתָא דְשַׁבְּתָא.
Rav Achi dit : en vérité, [le débat est] comme nous l'avons dit au départ, et Chmouel [a parlé] selon l'avis de Rabbi Ne'hemya. Comme il est enseigné dans une baraïta : bien que les Sages aient dit, au sujet des Écrits sacrés (kitvé ha-kodech), qu'on ne les lit pas [le Chabbat], on peut [néanmoins] les étudier (chonin) et en exposer le sens (dorchin) [le midrach] ; si l'on a besoin d'un verset [qui s'y trouve], on apporte [le livre] et l'on y regarde. Rabbi Ne'hemya dit : pourquoi ont-ils dit que les Écrits sacrés ne se lisent pas [le Chabbat] ? Afin que les gens disent : « si les Écrits sacrés ne se lisent pas, à plus forte raison les documents profanes (chitré hedyotot) » [c'est-à-dire les contrats et les lettres]. [Ainsi, selon Rabbi Ne'hemya, lire tout Écrit sacré le Chabbat est interdit pour que l'on s'abstienne de lire des documents profanes le Chabbat — l'interdiction ne vise pas à encourager la fréquentation de la maison d'étude. Chmouel lui-même ne tranche pas selon l'avis de Rabbi Ne'hemya.]
רַב אָשֵׁי אָמַר: לְעוֹלָם כְּדַאֲמַרַן מֵעִיקָּרָא, וּשְׁמוּאֵל כְּרַבִּי נְחֶמְיָה. דְּתַנְיָא: אַף עַל פִּי שֶׁאָמְרוּ כִּתְבֵי הַקֹּדֶשׁ אֵין קוֹרִין בָּהֶן — אֲבָל שׁוֹנִין בָּהֶן וְדוֹרְשִׁין בָּהֶן. נִצְרַךְ לְפָסוּק — מֵבִיא וְרוֹאֶה בּוֹ. אָמַר רַבִּי נְחֶמְיָה: מִפְּנֵי מָה אָמְרוּ כִּתְבֵי הַקֹּדֶשׁ אֵין קוֹרִין בָּהֶן — כְּדֵי שֶׁיֹּאמְרוּ: בְּכִתְבֵי הַקֹּדֶשׁ אֵין קוֹרִין, וְכׇל שֶׁכֵּן בְּשִׁטְרֵי הֶדְיוֹטוֹת.
Mishna 1
MICHNA. On sauve [d'un incendie le Chabbat] l'étui du Séfer [Torah] avec le Séfer, et l'étui des tefilin avec les tefilin, même s'il y a de l'argent à l'intérieur. Et vers où les sauve-t-on ? Vers une ruelle qui n'est pas ouverte [aux deux extrémités] (mavoï ché-éno mefoulach) — laquelle, entourée de trois côtés, est considérée comme un domaine privé selon la loi de la Torah. Ben Betéra dit : même vers une [ruelle] ouverte (mefoulach).
מַתְנִי׳ מַצִּילִין תִּיק הַסֵּפֶר עִם הַסֵּפֶר, וְתִיק הַתְּפִילִּין עִם הַתְּפִילִּין, וְאַף עַל פִּי שֶׁיֵּשׁ בְּתוֹכָן מָעוֹת. וּלְהֵיכָן מַצִּילִין אוֹתָן — לְמָבוֹי שֶׁאֵינוֹ מְפוּלָּשׁ. בֶּן בְּתֵירָא אוֹמֵר: אַף לִמְפוּלָּשׁ.(משנה)
Guémara
GUEMARA. Nos maîtres ont enseigné : [si] le quatorze [de Nissan] tombe un Chabbat, on écorche le [korban] Pessa'h jusqu'à la poitrine ('hazé) [afin de pouvoir prélever les parties offertes sur l'autel le Chabbat] — paroles de Rabbi Yichmaël fils de Rabbi Yo'hanan ben Beroka [le reste, qui ne sert qu'à la consommation, ne repousse pas le Chabbat]. Et les Sages disent : on l'écorche en entier. [La Guemara demande :] soit, selon Rabbi Yichmaël fils de Rabbi Yo'hanan ben Beroka [qui dit qu'on n'écorche qu'une partie], cela se comprend, puisqu'il a déjà accompli pour lui le besoin du Très-Haut (tsorekh gavoha) [le sang ayant été aspergé sur l'autel]. Mais selon les Sages, quelle est leur raison ? Rabba bar bar 'Hana dit au nom de Rabbi Yo'hanan : car le verset dit « tout, l'Éternel l'a fait pour Lui-même (lema'anéhou) » (Michlé 16, 4) — [signifiant qu'une action interdite n'est permise que si elle honore D.ieu]. [La Guemara demande :] et ici, quel « pour Lui-même » y a-t-il [à écorcher le reste de la peau du Pessa'h] ? Rav Yossef dit : [les Sages ont permis d'enlever toute la peau] afin que [le sacrifice] ne se putréfie pas. Rava dit : afin que les saintetés du Ciel (kodché chamayim) ne gisent pas comme une charogne (nevéla).
גְּמָ׳ תָּנוּ רַבָּנַן: אַרְבָּעָה עָשָׂר שֶׁחָל לִהְיוֹת בְּשַׁבָּת, מַפְשִׁיטִין אֶת הַפֶּסַח עַד הֶחָזֶה — דִּבְרֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל בְּנוֹ שֶׁל רַבִּי יוֹחָנָן בֶּן בְּרוֹקָה. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: מַפְשִׁיטִין אֶת כּוּלּוֹ. בִּשְׁלָמָא לְרַבִּי יִשְׁמָעֵאל בְּנוֹ שֶׁל רַבִּי יוֹחָנָן בֶּן בְּרוֹקָה, דְּהָא אִיתְעֲבִיד לֵיהּ צוֹרֶךְ גָּבוֹהַּ. אֶלָּא לְרַבָּנַן מַאי טַעְמָא? אָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן, דְּאָמַר קְרָא: ״כֹּל פָּעַל ה׳ לַמַּעֲנֵהוּ״. וְהָכָא, מַאי ״לְמַעֲנֵהוּ״ אִיכָּא? רַב יוֹסֵף אָמַר: שֶׁלֹּא יַסְרִיחַ. רָבָא אָמַר: שֶׁלֹּא יְהוּ קׇדְשֵׁי שָׁמַיִם מוּטָלִין כִּנְבֵלָה.
[La Guemara demande :] quelle est la différence pratique entre eux [Rav Yossef et Rava] ? La Guemara répond : il y a entre eux une différence pratique quand [le Pessa'h] repose sur une table d'or (patora de-dahava) — [là, il y a bien à craindre la putréfaction, mais aucun élément d'avilissement]. Autre cas [de différence] : un jour de vent du nord (yoma de-istena) — [là, il n'y a pas à craindre la putréfaction, mais il y a à craindre l'avilissement du sacrifice]. [La Guemara demande :] et Rabbi Yichmaël fils de Rabbi Yo'hanan ben Beroka, que fait-il de ce verset « l'Éternel l'a fait pour Lui-même (lema'anéhou) » ? [La Guemara répond :] il s'en sert pour permettre d'enlever une partie de la peau [jusqu'à la poitrine] — car sans ce verset, il aurait été possible de retirer les parties sacrificielles (émourin) offertes sur l'autel avant d'écorcher la peau, [en perçant la peau de l'animal et en en extrayant les graisses par l'ouverture]. [La Guemara demande :] quelle est la raison [pour laquelle la Torah a interdit de faire ainsi] ? Rav Houna fils de Rav Natan dit : à cause des poils (nimin) [de laine], de peur qu'ils ne s'emmêlent dans les parties sacrificielles et ne les altèrent.
מַאי בֵּינַיְיהוּ? אִיכָּא בֵּינַיְיהוּ דְּמַנַּח אַפָּתוּרָא דְּדַהֲבָא, אִי נָמֵי יוֹמָא דְּאִסְתָּנָא. וְרַבִּי יִשְׁמָעֵאל בְּנוֹ שֶׁל רַבִּי יוֹחָנָן בֶּן בְּרוֹקָה, הַאי ״פָּעַל ה׳ לַמַּעֲנֵהוּ״ מַאי עָבֵיד לֵיהּ? שֶׁלֹּא יוֹצִיא אֶת הָאֵימוּרִין קוֹדֶם הַפְשָׁטַת הָעוֹר. מַאי טַעְמָא? אָמַר רַב הוּנָא בְּרֵיהּ דְּרַב נָתָן: מִשּׁוּם נִימִין.
Rav 'Hisda dit au nom de Mar Oukva : comment les membres du groupe ('havraya) répliquèrent-ils à Rabbi Yichmaël fils de Rabbi Yo'hanan ben Beroka ? Voici ce qu'ils lui dirent : si l'on sauve l'étui du Séfer avec le Séfer, pourquoi n'écorcherions-nous pas le [korban] Pessa'h de sa peau ? [Ici aussi, dès qu'une partie de l'action est permise, on devrait pouvoir accomplir l'acte entier.] La Guemara s'en étonne : sont-ils [vraiment] comparables ? Là [pour le sauvetage de l'étui], il ne s'agit que de déplacement (tiltoul) [interdit par décret rabbinique] ; tandis qu'ici [pour le Pessa'h], l'écorchement est un travail (melakha) [interdit par la loi de la Torah] ! Rav Achi dit : ils sont en désaccord sur deux points — ils divergent quant au déplacement (tiltoul) et ils divergent quant au travail (melakha) [de l'écorchement] ; et voici ce qu'ils lui dirent : si l'on sauve l'étui du Séfer avec le Séfer, ne déplacerions-nous pas la peau à la faveur de la chair ('or agav bassar) ? [Le sacrifice devrait pouvoir être déplacé avec sa peau pour qu'il ne se putréfie pas.]
אָמַר רַב חִסְדָּא אָמַר מָר עוּקְבָא: מַאי אַהְדַּרוּ לֵיהּ חַבְרַיָּיא לְרַבִּי יִשְׁמָעֵאל בְּנוֹ שֶׁל רַבִּי יוֹחָנָן בֶּן בְּרוֹקָה? הָכִי קָאָמְרִי לֵיהּ: אִם מַצִּילִין תִּיק הַסֵּפֶר עִם הַסֵּפֶר, לֹא נַפְשִׁיט אֶת הַפֶּסַח מֵעוֹרוֹ? מִי דָּמֵי?! הָתָם — טִלְטוּל, הָכָא — מְלָאכָה! אָמַר רַב אָשֵׁי: בְּתַרְתֵּי פְּלִיגִי, פְּלִיגִי בְּטִלְטוּל וּפְלִיגִי בִּמְלָאכָה, וְהָכִי קָאָמְרִי לֵיהּ: אִם מַצִּילִין תִּיק הַסֵּפֶר עִם הַסֵּפֶר, לֹא נְטַלְטֵל עוֹר אַגַּב בָּשָׂר?!

Rachi

דהוה שקיל שמא דלא מקבל שוחדא - היה מוציא עליו שם שאינו מקבל שוחד מבעלי דינין הבאין לפניו והיה מקבלו בסתר:,א"ל - פילוסופא לר"ג מיומא דגליתון כו':

שפילית - כל סוף הדבר הוא תחתית שלו ושייך למימר שפילית לסיפיה:,נהור נהורך כשרגא - הנהר אורך כשרגא רמזה שנתנה לו מנורה בשוחד:,אמר לו ר"ג אתא חמרא ובטשא - דחפתו לארץ כלומר אני נצחתי בשוחד [והכל כדי שישמעו המתאספים שם נבלותו ומי הוא]:

בזמן בית המדרש - קודם אכילה היו דורשים:,שלא בזמן בית המדרש - לאחר אכילה לא דרשו משום שכרות:,פסקי סדרא בכתובים - [היו רגילים לקרא בבהמ"ד פרשה בכתובים]:,במקום בבהמ"ד - שהחכם דורש דהיינו בבהמ"ד אבל בעלמא קורין:

בין במקום בהמ"ד כו' בזמן בהמ"ד אין קורין - לפי שמבטלו מלילך אצל הדורש אבל שלא בזמן בהמ"ד כגון לאחר אכילה קורין:

ושמואל - דאמר לעיל אפילו לאחר אכילה אין קורין:,כר' נחמיה - אמרה למילתיה דלית ליה טעמא דאין קורין משום בטול אלא כדי שיאמרו קל וחומר לשטרי הדיוטות ומיהו שמואל הנהיג במקומו כדברי חכמים דמתני' דאמרי טעמא (דמתני') משום ביטול תורה הלכך לאחר אכילה דליכא דרשה קורין:,שונין בהן - כגון מדרש שה"ש וקהלת:,שטר הדיוטות - כגון של חשבונות או איגרות השלוחות למצא חפץ:

גמ' עד החזה - מתחיל מרגליו האחרונים עד החזה שיוכל להוציא אימורים שהקטר חלביו דוחין שבת ותו לא מפשיט מידי עד אורתא דצורך הדיוט הוא:,למענהו - לכבודו:,שלא יסריח - שהעור מחממו ומסריחו ואין זה כבודו להיות פרס אוכלי שולחנו מגואל:

אפתורי דדהבא - שאינו מוטל בבזיון אבל לשמא יסריח חייש רב יוסף ורבא לא חייש עד אורתא:,יומא דאסתנא - רוח צפונית שהיא בינונית לא חמה ולא צנה כדאמרינן ביבמות בפרק הערל (יבמות דף עב.) ואיזו רוח המסרחת רוח מזרחית בשעת החום כדאמרינן בגיטין (דף לא:) אפילו שכבת זרע שבמעי אשה מסרחת בו דכתיב (הושע י״ג:ט״ו) יבא קדים רוח ה' ממדבר עולה וגו' יש מפרשין יומא דאסתנא רוח דרומית שהיא צוננת אמת שרוח דרומית צוננת אבל אסתנא על כרחיך צפונית היא ונוחה כדאמר בעלמא (עירוביץ ד' סה.) צריכא שמעתא צילותא כיומא דאסתנא ורוח דרומית היא בלשון ארמי יומא דשותא:,קודם הפשטת העור - עד החזה:,מ"ט - עור לאימורין מאי קא עביד:,משום נימין - של צמר הנדבקין באימורין:

חברייא - בני מחלוקתו:,אם מצילין - בשבת:,תיק עם הספר - ואע"פ שיש בתוכו מעות ומשום כבוד הספר שהוא צורך גבוה עבדינן בהדיה הצלת מעות שהן צורך הדיוט:,לא נפשיט את הפסח - בתמיה משום צורך גבוה לא שרי צורך הדיוט בהדיה:,התם - תיק ומעות דקמייתי ראיה מיניה . טלטול בעלמא הוא:,הכא - גבי פלוגתייהו דפסח דאיירי בה השתא מלאכה גמורה דהפשטה מאבות מלאכות היא:,בתרתי פליגי - גבי פסח פליגי בטלטולו דאסר רבי ישמעאל לטלטל [הפסח] אחר שהוציא אימוריו אפי' מחמה לצל משום עור דלאו בר טלטול הוא ולא דמי לשלחין דאמרן בבמה טומנין (לעיל שבת מט.) שמטלטלין אותן דהתם עור בהמה גסה דחזי למישטחיה ולמיזגא עליה:,והכי קאמרי ליה - תשובה לענין טלטול:,לא נטלטל עור אגב בשר - דהוי נמי כבוד שמים דבשר דומיא דספר ומותר לטלטלו מחמה לצל ואגב בשר יטלטלו עור המחובר בו:

Tossafot

ושמואל דאמר כר' נחמיה - ולא פליג אדרב דשפיר מודה דלמתני' דמפרש טעמא מפני ביטול בית המדרש קורין שלא בזמן בית המדרש אלא בא לומר דר' נחמיה פליג עלה דמתני': ,וכ"ש בשטרי הדיוטות - פירש בקונטרס איגרות ותימה דנהגו העולם לקרות בכתב ואיגרות השלוחים ממקום למקום ולטלטלן ודאי שרי דהא ראויין לצור ע"פ צלוחית ונראה לר"י דלא קרי שטרי הדיוטות אלא שטרי חובות וכיוצא בהן אבל איגרות שרי דפעמים שיש בהן פקוח נפש ואפי' יודע שאין בו פקוח נפש מתיר ר"ת דלא הוי שטרי הדיוטות כיון שאין צריך למה שכתוב בה לפי שיודע מה שבאיגרות ואם אינו יודע שמא יש בו צורך גדול או פקוח נפש ושרי וכ"מ בירושלמי דקאמר מפני מה אין קורין בכתבי הקדש מפני שטרי הדיוטות שאם אתה אומר לו שהוא מותר אף הוא אומר מה בכך אם אתעסק בשטרותי משמע דווקא כעין חובות ושטרות קאמר וכן פי' רש"י לקמן גבי גזירה שלא יקרא בשטרי הדיוטות דבשטרי מקח וממכר קאמר וכן הגיה בפי' כתב ידו ומיהו אותן מלחמות הכתובין בלע"ז נראה לרבינו יהודה דאסור לעיין בהן דלא גרע מהא דתניא בפ' שואל (לקמן שבת קמט.) כתב שתחת הצורה והדיוקנאות אסור לקרות בהן בשבת ואפי' בחול לא ידע ר"י מי התיר דהו"ל כמושב לצים:

פליגי בטלטול כו' - פי' אחר שנפשט כל העור פליגי דרבנן שרו לטלטל שעדיין צריך לבשר שלא יתלכלך ור' ישמעאל אסר אבל כשאינו מופשט אלא עד החזה שרי לכ"ע לטלטל כדמוכח בסמוך ואע"ג דר' ישמעאל לא שרי להפשיט אלא עד החזה מ"מ פליגי במופשט כולו כגון שעבר והפשיט אי נמי בתמידים ומוספים דמותר להפשיטן:

Texte : Sefaria — William Davidson Edition - Vocalized Aramaic · traduction française de travail, à valider.

Shabbat 116b
100%
שבת קט״ז במַסֶּכֶת שַׁבָּת