Guémara
…que ce n'est pas là sa place, car la section précédente ne traite pas des voyages de la nation. Rabbi Yehouda HaNassi dit : ce n'est pas pour cette raison que les signes [les noun inversés] ont été insérés. Les signes sont plutôt là parce que cette section est considérée comme un livre à part entière.
שֶׁאֵין זֶה מְקוֹמָהּ. רַבִּי אוֹמֵר: לֹא מִן הַשֵּׁם הוּא זֶה, אֶלָּא מִפְּנֵי שֶׁסֵּפֶר חָשׁוּב הוּא בִּפְנֵי עַצְמוֹ.
La Guemara demande : selon l'opinion de qui se range ce qu'a dit Rabbi Chmouel bar Na'hman au nom de Rabbi Yonatan, à savoir qu'au sujet du verset « Par la sagesse elle a bâti sa maison, elle a taillé ses sept colonnes » (Michlé 9, 1), ce sont là les sept livres de la Torah ? Selon l'opinion de qui ? C'est selon l'opinion de Rabbi Yehouda HaNassi, car d'après son décompte il y a sept livres de la Torah : Béréchit ; Chemot ; Vayikra ; Bamidbar jusqu'à « Vayehi binsoa haAron » [« Et lorsque l'Arche se mit en route »] ; la section « Vayehi binsoa haAron », qui est considérée comme un livre à part ; le reste de Bamidbar ; et Devarim.
כְּמַאן אָזְלָא הָא דְּאָמַר רַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר נַחְמָן אָמַר רַבִּי יוֹנָתָן: ״חָצְבָה עַמּוּדֶיהָ שִׁבְעָה״, אֵלּוּ שִׁבְעָה סִפְרֵי תוֹרָה? — כְּמַאן כְּרַבִּי.
Qui est le tanna qui est en désaccord avec Rabbi Yehouda HaNassi ? C'est Rabban Chimon ben Gamliel. Car il a été enseigné dans une baraïta que Rabban Chimon ben Gamliel dit : à l'avenir, cette section sera arrachée d'ici, où elle figure, et sera écrite à sa place véritable. Et pourquoi a-t-elle été écrite ici, alors même qu'elle traite des voyages des enfants d'Israël et que la section qui la précède n'en traite pas ? C'est afin de séparer entre le premier châtiment et le second châtiment. Quel est le second châtiment qui apparaît immédiatement après ? C'est le verset : « Et le peuple se plaignit méchamment aux oreilles de l'Éternel, l'Éternel l'entendit et sa colère s'enflamma, et le feu de l'Éternel brûla parmi eux et dévora l'extrémité du camp » (Bamidbar 11, 1). Quel est le premier châtiment ? C'est le verset : « Et ils partirent de la montagne de l'Éternel [mehar Hachem] pour trois jours » (Bamidbar 10, 33), et Rabbi 'Hama, fils de Rabbi 'Hanina, a dit : qu'ils se détournèrent de derrière l'Éternel [mea'harei Hachem] et s'enfuirent en hâte du mont Sinaï. La Guemara demande : et s'il en est ainsi, où est la place véritable de ce paragraphe ? Rav Achi a dit : dans la section des bannières [degalim], où se trouve la description de la manière dont le peuple juif voyageait à travers le désert.
מַאן תַּנָּא דִּפְלִיג עֲלֵיהּ דְּרַבִּי — רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל הוּא. דְּתַנְיָא: רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: עֲתִידָה פָּרָשָׁה זוֹ שֶׁתֵּיעָקֵר מִכָּאן וְתִכָּתֵב בִּמְקוֹמָהּ. וְלָמָּה כְּתָבָהּ כָּאן — כְּדֵי לְהַפְסִיק בֵּין פּוּרְעָנוּת רִאשׁוֹנָה לְפוּרְעָנוּת שְׁנִיָּיה. פּוּרְעָנוּת שְׁנִיָּיה מַאי הִיא — ״וַיְהִי הָעָם כְּמִתְאוֹנְנִים״. פּוּרְעָנוּת רִאשׁוֹנָה — ״וַיִּסְעוּ מֵהַר ה׳״, וְאָמַר רַבִּי חָמָא בְּרַבִּי חֲנִינָא: שֶׁסָּרוּ מֵאַחֲרֵי ה׳. וְהֵיכָן מְקוֹמָהּ? אָמַר רַב אָשֵׁי: בַּדְּגָלִים.
Une question fut posée devant les Sages : au sujet des feuillets vierges de parchemin [guilyonim] d'un rouleau de Torah, les sauve-t-on du feu le Chabbat, ou ne les sauve-t-on pas du feu ? Viens et entends une résolution à cela de ce que nous avons appris : au sujet d'un rouleau de Torah usé, s'il s'y trouve de quoi rassembler quatre-vingt-cinq lettres complètes, comme dans la section « Vayehi binsoa haAron » [« Et lorsque l'Arche se mit en route »], on le sauve du feu, et sinon on ne le sauve pas. Or si même les feuillets vierges sont sauvés, pourquoi ne sauverait-on pas un rouleau de Torah comportant moins que le nombre requis de lettres ? Déduis-en que ce rouleau peut être sauvé à cause de ses feuillets vierges ! La Guemara répond : un rouleau de Torah usé est différent, car à ce stade sa sainteté est annulée, et ses feuillets vierges ne sont pas sacrés. C'est pourquoi on ne peut sauver le rouleau que s'il contient quatre-vingt-cinq lettres.
אִיבַּעְיָא לְהוּ: הַגִּלְיוֹנִין שֶׁל סֵפֶר תּוֹרָה, מַצִּילִין אוֹתָן מִפְּנֵי הַדְּלֵיקָה אוֹ אֵין מַצִּילִין אוֹתָן מִפְּנֵי הַדְּלֵיקָה? תָּא שְׁמַע: סֵפֶר תּוֹרָה שֶׁבָּלָה, אִם יֵשׁ בּוֹ לְלַקֵּט שְׁמוֹנִים וְחָמֵשׁ אוֹתִיּוֹת, כְּגוֹן פָּרָשַׁת ״וַיְהִי בִּנְסוֹעַ הָאָרוֹן״ — מַצִּילִין, וְאִם לָאו אֵין מַצִּילִין. וְאַמַּאי, תִּיפּוֹק לֵיהּ מִשּׁוּם גִּילָּיוֹן דִּידֵיהּ! בָּלָה שָׁאנֵי.
Viens et entends une autre résolution de ce qui a été enseigné dans une autre baraïta : au sujet d'un rouleau de Torah dont l'écriture a été effacée, s'il s'y trouve de quoi rassembler quatre-vingt-cinq lettres complètes, comme dans la section « Vayehi binsoa haAron », on le sauve du feu, et sinon on ne le sauve pas. Et pourquoi en est-il ainsi ? Déduis-en que ce rouleau peut être sauvé à cause de ses feuillets vierges, puisque la partie effacée n'est assurément pas moins importante que les feuillets vierges du rouleau ! La Guemara répond : il n'en est pas ainsi. Dans le cas où l'emplacement de l'écriture est effacé, ce n'est pas pour moi une question, car il était sacré à cause de l'écriture : si l'écriture a disparu, sa sainteté a disparu. Là où c'est pour moi une question, c'est au sujet des parties vierges qui sont au-dessus et au-dessous, qui sont entre une section et une autre section, qui sont entre une page et une autre page, qui sont au début du rouleau et qui sont à la fin du rouleau. La Guemara demande de nouveau : déduis-en que ce rouleau peut être sauvé à cause de cette zone qui est vierge et dont la sainteté demeure ! La Guemara répond : là, il s'agit d'un cas où la zone vierge a été coupée et jetée, et où il ne reste que l'emplacement de l'écriture.
תָּא שְׁמַע: סֵפֶר תּוֹרָה שֶׁנִּמְחַק, אִם יֵשׁ בּוֹ לְלַקֵּט שְׁמוֹנִים וְחָמֵשׁ אוֹתִיּוֹת, כְּגוֹן פָּרָשַׁת ״וַיְהִי בִּנְסוֹעַ הָאָרוֹן״ — מַצִּילִין, וְאִם לָאו — אֵין מַצִּילִין, וְאַמַּאי? תִּיפּוֹק לֵיהּ מִשּׁוּם גִּילָּיוֹן דִּידֵיהּ! מְקוֹם הַכְּתָב לָא קָמִיבַּעְיָא לִי, דְּכִי קָדוֹשׁ — אַגַּב כְּתָב הוּא דְּקָדוֹשׁ, אֲזַל כְּתָב — אֲזַלָא לַהּ קְדוּשְׁתֵּיהּ. כִּי קָמִיבַּעְיָא לִי שֶׁל מַעְלָה וְשֶׁל מַטָּה, שֶׁבֵּין פָּרָשָׁה לְפָרָשָׁה, שֶׁבֵּין דַּף לְדַף, שֶׁבִּתְחִלַּת הַסֵּפֶר, שֶׁבְּסוֹף הַסֵּפֶר. וְתִיפּוֹק לֵיהּ מִשּׁוּם הַהוּא! דְּגִיז וּשְׁדֵי.
Viens et entends une autre résolution de ce que nous avons appris dans une michna : les Sages ont décrété que les feuillets vierges qui sont au-dessus et au-dessous, qui sont entre une section et une autre section, qui sont entre une page et une autre page, qui sont au début du rouleau et qui sont à la fin du rouleau rendent impures [au sens rituel] les mains qui les touchent. Apparemment, les feuillets vierges possèdent la sainteté d'un rouleau de Torah ! La Guemara répond : ce n'est pas une preuve, car peut-être, lorsqu'ils font partie du rouleau de Torah, en est-il différemment, et dans ces conditions la sainteté de la Torah s'étend aux parties vierges ; mais lorsqu'ils sont seuls, ils n'ont aucune sainteté.
תָּא שְׁמַע: הַגִּלְיוֹנִין שֶׁל מַעְלָה וְשֶׁל מַטָּה, שֶׁבֵּין פָּרָשָׁה לְפָרָשָׁה, שֶׁבֵּין דַּף לְדַף, שֶׁבִּתְחִלַּת הַסֵּפֶר, שֶׁבְּסוֹף הַסֵּפֶר — מְטַמְּאִין אֶת הַיָּדַיִם! דִילְמָא אַגַּב סֵפֶר תּוֹרָה שָׁאנֵי.
Dès lors, viens et entends une autre résolution de ce qui a été enseigné dans une autre baraïta : au sujet des feuillets vierges [guilyonim] et des rouleaux des hérétiques [sifrei minim], on ne les sauve pas du feu ; ils brûlent plutôt à leur place, eux et les Noms de Dieu qu'ils contiennent. Ne s'agit-il pas là des feuillets vierges d'un rouleau de Torah ? La Guemara rejette cela : non, il s'agit des feuillets vierges des rouleaux des hérétiques. La Guemara s'en étonne : or, au sujet des rouleaux des hérétiques eux-mêmes, on ne les sauve pas ; est-il besoin de dire qu'on ne sauve pas leurs feuillets vierges ? La Guemara répond : c'est plutôt ainsi qu'il faut le comprendre : et les rouleaux des hérétiques sont comme des feuillets vierges [sans sainteté].
תָּא שְׁמַע: הַגִּילְיוֹנִין וְסִפְרֵי מִינִין אֵין מַצִּילִין אוֹתָן מִפְּנֵי הַדְּלֵיקָה, אֶלָּא נִשְׂרָפִין בִּמְקוֹמָן הֵן וְאַזְכָּרוֹתֵיהֶן. מַאי לָאו, גִּלְיוֹנִין דְּסֵפֶר תּוֹרָה? לָא, גִּלְיוֹנִין דְּסִפְרֵי מִינִין. הַשְׁתָּא סִפְרֵי מִינִין גּוּפַיְיהוּ אֵין מַצִּילִין, גִּלְיוֹנִין מִבַּעְיָא? הָכִי קָאָמַר: וְסִפְרֵי מִינִין הֲרֵי הֵן כְּגִלְיוֹנִים.
À propos des rouleaux des hérétiques, la Guemara analyse le sujet lui-même. Au sujet des feuillets vierges [guilyonim] et des rouleaux des hérétiques [sifrei minim], on ne les sauve pas du feu. Rabbi Yossi dit : en semaine, on découpe les Noms de Dieu qu'ils contiennent et on les enfouit [gueniza], et on brûle le reste. Rabbi Tarfon dit sous forme de serment : que j'enterre mes fils si je n'agis pas de la sorte — si ces livres tombent entre mes mains, je les brûlerai, eux et les Noms qu'ils contiennent. Car même si un homme le poursuit pour le tuer, et qu'un serpent se hâte pour le mordre, on entre dans une maison d'idolâtrie [avoda zara] et l'on n'entre pas dans les maisons de ces hérétiques. La raison en est que ces hérétiques connaissent la grandeur du Créateur manifestée dans la Torah et ses mitsvot, et néanmoins ils nient l'existence de Dieu ; tandis que ces idolâtres, eux, ne la connaissent pas, et c'est la raison pour laquelle ils nient l'existence de Dieu. Et au sujet des hérétiques, le verset dit : « Et derrière la porte et le montant tu as placé ton souvenir » (Yechaya 57, 8) — bien qu'ils se souviennent de la parole de Dieu, ils la traitent avec mépris, comme en la rejetant derrière la porte.
גּוּפַהּ: הַגִּלְיוֹנִים וְסִפְרֵי מִינִין אֵין מַצִּילִין אוֹתָם מִפְּנֵי הַדְּלֵיקָה. רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: בַּחוֹל קוֹדֵר אֶת הָאַזְכָּרוֹת שֶׁבָּהֶן וְגוֹנְזָן, וְהַשְּׁאָר — שׂוֹרְפָן. אָמַר רַבִּי טַרְפוֹן: אֲקַפֵּחַ אֶת בָּנַי, שֶׁאִם יָבֹאוּ לְיָדִי שֶׁאֲנִי אֶשְׂרוֹף אוֹתָם וְאֶת הָאַזְכָּרוֹת שֶׁבָּהֶן. שֶׁאֲפִילּוּ אָדָם רוֹדֵף אַחֲרָיו לְהוֹרְגוֹ, וְנָחָשׁ רָץ לְהַכִּישׁוֹ, נִכְנָס לְבֵית עֲבוֹדָה זָרָה וְאֵין נִכְנָס לְבָתֵּיהֶן שֶׁל אֵלּוּ, שֶׁהַלָּלוּ מַכִּירִין וְכוֹפְרִין, וְהַלָּלוּ אֵין מַכִּירִין וְכוֹפְרִין. וַעֲלֵיהֶן הַכָּתוּב אוֹמֵר: ״אַחַר הַדֶּלֶת וְהַמְּזוּזָה שַׂמְתְּ זִכְרוֹנֵךְ״.
Rabbi Yichmaël dit : le fait que les Noms de Dieu contenus dans les rouleaux des hérétiques puissent être brûlés peut se déduire par un raisonnement a fortiori [kal va'homer] : si, pour faire la paix entre un homme et sa femme, la Torah dit que Mon Nom, qui a été écrit en sainteté, sera effacé dans l'eau [dans le cadre de l'épreuve de la sota], ceux-ci, les hérétiques, qui sèment la jalousie, la haine et la discorde entre le peuple d'Israël et leur Père qui est aux Cieux — à combien plus forte raison est-il juste d'effacer les Noms de Dieu à cause d'eux. Et au sujet des hérétiques, David a dit : « Ceux qui Te haïssent, Éternel, ne les haïrais-je pas, et ne me querellerais-je pas avec ceux qui se dressent contre Toi ? Je les hais d'une haine parfaite, ils sont devenus pour moi des ennemis » (Tehilim 139, 21-22). Et de même qu'on ne les sauve pas, eux les rouleaux des hérétiques, du feu, de même on ne les sauve ni d'un éboulement, ni de l'eau, ni d'aucune autre chose qui les détruit.
אָמַר רַבִּי יִשְׁמָעֵאל, קַל וָחוֹמֶר: וּמָה לַעֲשׂוֹת שָׁלוֹם בֵּין אִישׁ לְאִשְׁתּוֹ אָמְרָה תּוֹרָה: שְׁמִי שֶׁנִּכְתַּב בִּקְדוּשָּׁה יִמָּחֶה עַל הַמַּיִם, הַלָּלוּ שֶׁמְּטִילִין קִנְאָה וְאֵיבָה וְתַחֲרוּת בֵּין יִשְׂרָאֵל לַאֲבִיהֶן שֶׁבַּשָּׁמַיִם — עַל אַחַת כַּמָּה וְכַמָּה. וַעֲלֵיהֶם אָמַר דָּוִד: ״הֲלֹא מְשַׂנְאֶיךָ ה׳ אֶשְׂנָא וּבִתְקוֹמְמֶיךָ אֶתְקוֹטָט תַּכְלִית שִׂנְאָה שְׂנֵאתִים לְאוֹיְבִים הָיוּ לִי״. וּכְשֵׁם שֶׁאֵין מַצִּילִין אוֹתָן מִפְּנֵי הַדְּלֵיקָה, כָּךְ אֵין מַצִּילִין אוֹתָן לֹא מִן הַמַּפּוֹלֶת וְלֹא מִן הַמַּיִם וְלֹא מִדָּבָר הַמְאַבְּדָן.
Yossef bar 'Hanin posa une question devant Rabbi Abahou : au sujet de ces livres de la maison d'Abidan [sifrei dvei Abidan], les sauve-t-on du feu ou ne les sauve-t-on pas ? Il y avait dans cette maison des textes juifs sacrés, qui servaient aux débats et aux discussions sur les questions de foi. Rabbi Abahou ne lui donna pas de réponse claire, mais dit « oui » et « non », et la chose lui demeurait incertaine. Rav n'allait pas à la maison d'Abidan pour [y] converser, et à plus forte raison n'allait-il pas à la maison de Nitzrefei, le temple du feu des Perses. Chmouel, lui, à la maison de Nitzrefei n'allait pas, mais à la maison d'Abidan il allait. Les savants [non-juifs] dirent à Rava : pour quelle raison n'es-tu pas venu à la maison d'Abidan ? Il éluda leur question par un prétexte et leur dit : il y a un certain palmier sur le chemin, et il me rend la route difficile. Ils lui dirent : nous l'arracherons. Il leur dit : néanmoins, le trou qui en résultera à sa place me sera difficile. Mar bar Yossef dit : moi, je suis des leurs, nous sommes amis, et je ne les crains pas. Pourtant, une fois il y alla et discuta avec eux, et ils cherchèrent à mettre sa vie en danger. Rabbi Meïr appelait l'écrit chrétien, l'Évangile [Evangelion], le « feuillet de l'iniquité » [aven guilyon] ; Rabbi Yo'hanan l'appelait le « feuillet du péché » [avon guilyon].
בָּעֵי מִינֵּיהּ יוֹסֵף בַּר חָנִין מֵרַבִּי אֲבָהוּ: הָנֵי סִפְרֵי דְבֵי אֲבִידָן, מַצִּילִין אוֹתָן מִפְּנֵי הַדְּלֵיקָה אוֹ אֵין מַצִּילִין? אִין וְלָאו וְרַפְיָא בִּידֵיהּ. רַב לָא אָזֵיל לְבֵי אֲבִידָן, וְכׇל שֶׁכֵּן לְבֵי נִצְרְפֵי. שְׁמוּאֵל לְבֵי נִצְרְפֵי לָא אָזֵיל, לְבֵי אֲבִידָן אָזֵיל. אֲמַרוּ לֵיהּ לְרָבָא: מַאי טַעְמָא לָא אָתֵית לְבֵי אֲבִידָן? אֲמַר לְהוּ: דִּיקְלָא פְּלָנְיָא אִיכָּא בְּאוֹרְחָא, וְקָשֵׁי לִי. נִיעְקְרֵיהּ. דּוּכְתֵּיהּ קָשֵׁי לִי. מָר בַּר יוֹסֵף אָמַר: אֲנָא מִינַּיְיהוּ אֲנָא, וְלָא מִסְתְּפֵינָא מִינַּיְיהוּ. זִימְנָא חֲדָא אֲזַל, בְּעוֹ לְסַכּוֹנֵיהּ. רַבִּי מֵאִיר הֲוָה קָרֵי לֵיהּ ״אָוֶון גִּלְיוֹן״. רַבִּי יוֹחָנָן הֲוָה קָרֵי לֵיהּ ״עֲווֹן גִּלְיוֹן״.
La Guemara rapporte : Imma Chalom, l'épouse de Rabbi Eliézer, était la sœur de Rabban Gamliel. Il y avait un philosophe [pilosofa] chrétien dans leur voisinage…
אִימָּא שָׁלוֹם, דְּבֵיתְהוּ דְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר, אֲחָתֵיהּ דְּרַבָּן גַּמְלִיאֵל הֲוַאי. הֲוָה הָהוּא פִילוֹסְפָא בְּשִׁבָבוּתֵיהּ
Rachi
שאין זה מקומה - שאינה ראויה לכאן דלאו בהליכות מסעות משתעי לעיל מינה אלא בדגלים היתה ראויה ליכתב בפרשת במדבר סיני:,לא מן השם הוא זה - לא זה השם של טעמי הסימניות דמקומה הוא דפרשה זו בתחלת מסע שנסעו מהר סיני איירי כדכתיב לעיל מיניה ויהי בחדש השני בשנה השנית בעשרים לחדש נעלה הענן וגו':
ז' ספרי תורה - דפרשה זו ספר לעצמו נמצא שלמעלה ספר לעצמו [ושלמטה ספר לעצמו] הואיל וזה מקומה נמצא ספר וידבר נחלק לג' ספרים:
עתידה פרשה זו - לעתיד שיהו כל הפורעניות בטלין ולא ידאגו לפורענות ויצר הרע בטל:,מאחרי ה' - בתוך ג' ימים למסעם התאוו האספסוף תאוה להתרעם על הבשר כדי למרוד בהקב"ה:
הגליונין - קלפים חלקים וקס"ד השתא דבכל צדדין שיהו חלקים קמיבעיא ליה כגון חלק שלמעלה ושלמטה ושנמחק כתבו ונעשה חלק:,בלה שאני - דכיון שבלה אף הגליון בטל וכי מיבעיא ליה שהגליונין קיימים אלא שהכתב הלך:
ותיפוק ליה משום גליון דידיה - דהיינו כל הספר תורה:,מקום הכתב - שנמחק:,לא מבעיא לי - דודאי מיגרע גרע דכי קדיש מעיקרא לאו לשם גליון חלק קדיש אלא אדעתא דכתב וכיון דאזל ליה כתב פקע מקדושתיה:,של מעלה ומטה - דמתחלה לשם חלק קדיש והשתא כשנמחק כתב הספר נמי חלק הוא:,שבתחלת הספר ושבסוף הספר - שכולן היו כתובין כמגילה כס"ת ואמרי' בב"ב בפ"ק (דף יג:) ראשו כדי לגול עמוד סופו כדי לגול היקף להקיף כל הכרך:,ה"ג ותיפוק ליה משום ההוא דגייז ושדי - והכי פירושא ותיפוק לי' דאע"ג דאין בו כדי ללקט פ"ה אותיות הוה ליה למיתני בברייתא מצילין משום ההוא ריוח של מעלה ומטה אלא לאו פשוט מיניה דאין מצילין ומשני דגייז ושדי שנחתכו הגליונים ולא נשתייר בו אלא מקום הכתב:
מטמא את הידים - אם נגע בו ונגע בתרומה פוסלה דמגזירת י"ח דבר היא (לעיל שבת דף יד.):,דילמא אגב ס"ת - שלא נמחק כתב הספר אלא כולו קיים וזה נגע בגליונים וכי מבעיא לן בנמחק הספר ואין כאן קדושה אלא משום גליון ששמשו בעודו קיים:
ספרי מינין - משרתים לע"ז וכתבו להן תורה נביאים כתובים כתב אשורית ולשון הקודש:,וספרי המינין גופייהו מצילין - בתמיה:,ספרי המינין הרי הן כגליונים - כקלפים חלקים שלא נכתב בהם מעולם:
קודר - חותך חתיכות הקלף מקום השם:,שאפי' רודף אדם להורגו - על עצמו קאמר:,שהללו - נכרים העובדים ע"ז אינן מכירין שהרי בכך גדלו וכך למדום אבותם:,ואחר הדלת והמזוזה שמת זכרונך - זכרון הוא בידך ואינה שכחה לך אלא שהשלכת אותי אחרי הדלת:
כך אין מצילין אותן - אפי' בחול:
דבי אבידן - ספרים שכתבו להם המינין להתווכח עם ישראל ומקום שמתווכחים שם קרי ליה בי אבידן:,אין ולא - זימנין אמר ליה אין זימנין א"ל לא:,לבי נצרפי - ע"ז וכך שמה:,וקשה לי - ששורשן נעשו גבשושית ולדחותם בקש בא: ,אמרי ליה ניעקריה קשה לי דוכתיה - שתהא שם גומא אי נמי נסיתיו וקשה לי ריחו וכל זה שהיו מתייראין רב ורבא מלכת לבי אבידן שמא מתוך שיתווכחו יעמדו עליהם ויהרגום:,מינייהו אנא - מכירי הם:
פילוסופא - מין:
Tossafot
פורענות ראשונה ויסעו וא"ר חנינא שסרו מאחרי השם - פי' בקונטרס שמאז התחילו לשאול בשר ואומר ר"י דאין נ"ל כן אלא פורענות ראשונה כדאמר במדרש (ילמדנו) ויסעו שנסעו מהר סיני דרך שלשת ימים כתינוק היוצא מבית הספר שבורח לו והולך לו כך היו בורחים מהר סיני דרך שלשת ימים לפי שלמדו הרבה תורה בסיני אמר הקב"ה נסמוך פורענות לפורענות לאו אלא נפסוק פרשת ויהי בנסוע הארון:
ספרי מינין כו' א"ר טרפון כו' - אומר ר"י דמיירי בנמצאו ביד מינין דאי כתבן מין הא אמר בפרק השולח (גיטין דף מה:) נמצא ביד מין יגנז כתבו מין ישרף ודוחק לומר דאתי כר"ט ודלא כרבנן ורבי יוסי:
כך אין מצילין אותן לא מן המים כו' - דלא תימא דוקא מן הדליקה אין מצילין משום דאי שרית ליה אתי לכבויי אלא אפילו היכא דליכא למיגזר מידי אסור לטלטלן ולהוציאן והך סיפא כרבנן דלרבי טרפון לא איצטריך:
פילוסופא - מין כדפי' בקונטרס ורבינו שמע [מיהודי אחד שבא מארץ יון ואמר] דבלשון יון פלוספוס הוא דוד החכמה ואית דגרסי פילא סבא והוא לשון לצון שחוק כדאמר באיכה רבתי דפלי ביהודאי פירוש ששחק ונתלוצץ:
Texte : Sefaria — William Davidson Edition - Vocalized Aramaic · traduction française de travail, à valider.