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Traité Shabbat

115a

Étude de Shabbat 115a

Étude de la Mishna & Guémara 115a

…tailler [parer] les légumes est permis. Et Rabbi 'Hiyya bar Abba a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : si Yom Kippour tombe un jour de semaine, on peut casser des noix et égrener des grenades depuis l'après-midi [min ha-min'ha, le moment de l'offrande de l'après-midi] et au-delà, parce que cela ne constitue pas un travail effectif et à cause de l'angoisse [ogmat nefesh] — c'est-à-dire que si une personne ne sait pas qu'il y a de la nourriture préparée pour la fin du jeûne, elle souffre davantage durant les dernières heures du jour (Rabbi Zera'hia haLevi). La Guemara rapporte : les gens de la maison de Rav Yehouda taillaient les choux. Les gens de la maison de Rabba grattaient les courges. Lorsque Rabba vit qu'ils faisaient cela trop tôt, avant l'après-midi, il leur dit : une lettre est arrivée de l'Occident [maarava, c'est-à-dire d'Erets Israël], au nom de Rabbi Yo'hanan, disant que faire cela est interdit.
מוּתָּר בִּקְנִיבַת יָרָק. (וְאָמַר רַבִּי חִיָּיא בַּר אַבָּא אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: יוֹם כִּיפּוּרִים שֶׁחָל לִהְיוֹת בַּחוֹל) מְפַצְּעִין בֶּאֱגוֹזִים וּמְפַרְכְּסִין בְּרִימּוֹנִים מִן הַמִּנְחָה וּלְמַעְלָה מִפְּנֵי עׇגְמַת נֶפֶשׁ. דְּבֵי רַב יְהוּדָה מְקַנְּבִי כְּרָבָא. דְּבֵי רַבָּה גָּרְדִי קָארֵי. כֵּיוָן דַּחֲזָא דַּהֲווֹ קָא מְחָרְפִי, אֲמַר לְהוּ: אֲתַאי אִיגַּרְתָּא מִמַּעְרְבָא מִשְּׁמֵיהּ דְּרַבִּי יוֹחָנָן דַּאֲסִיר.
Nous voici revenus à toi [Hadran alakh], chapitre « Et voici les nœuds » [Ve-eilou kecharim].
הדרן עלך ואלו קשרים
Mishna 1
MICHNA : Tous les écrits saints [kitvei ha-kodesh], on les sauve du feu le Chabbat, qu'ils soient de ceux que l'on lit en public — par exemple les rouleaux de la Torah ou des Prophètes [Neviim] — ou qu'ils soient de ceux que l'on ne lit pas en public — par exemple les rouleaux des Écrits [Ketouvim]. Cette règle s'applique même s'ils ont été écrits dans n'importe quelle langue étrangère. Selon les Sages, ces rouleaux ne sont pas lus en public, mais ils sont néanmoins saints et requièrent l'enfouissement [gueniza]. Et pourquoi ne lit-on pas les Écrits [le Chabbat] ? À cause de la suspension [de l'étude] de la maison d'étude [bitoul beit ha-midrach] — les gens venaient à la maison d'étude à des heures fixes le Chabbat pour entendre des paroles de halakha, et il n'était pas permis [de lire] d'autres textes durant ces moments.
מַתְנִי׳ כׇּל כִּתְבֵי הַקֹּדֶשׁ מַצִּילִין אוֹתָן מִפְּנֵי הַדְּלֵיקָה, בֵּין שֶׁקּוֹרִין בָּהֶן, וּבֵין שֶׁאֵין קוֹרִין בָּהֶן. אַף עַל פִּי שֶׁכְּתוּבִים בְּכׇל לָשׁוֹן, טְעוּנִים גְּנִיזָה. וּמִפְּנֵי מָה אֵין קוֹרִין בָּהֶם — מִפְּנֵי בִּיטּוּל בֵּית הַמִּדְרָשׁ.(משנה)
Guémara
GUEMARA : Il a été énoncé que les amoraim ont débattu du statut des écrits saints rédigés en traduction araméenne [targoum] ou dans n'importe quelle autre langue. Rav Houna a dit : on ne les sauve pas du feu le Chabbat. Et Rav 'Hisda a dit : on les sauve du feu le Chabbat. La Guemara ajoute : selon celui qui dit que les écrits saints rédigés dans d'autres langues peuvent être lus, tout le monde s'accorde à dire qu'on les sauve. Là où ils divergent, c'est selon celui qui dit qu'ils ne peuvent pas être lus. Rav Houna a dit : on ne les sauve pas, puisqu'ils ne peuvent pas être lus. Tandis que Rav 'Hisda a dit : on les sauve, à cause du déshonneur fait aux écrits saints [bizayon kitvei ha-kodesh] qui en résulterait. Nous avons appris dans la michna : tous les écrits saints, on les sauve du feu le Chabbat, qu'ils soient de ceux que l'on lit en public ou de ceux que l'on ne lit pas en public, même s'ils sont écrits dans n'importe quelle langue étrangère. Quoi, n'est-ce pas que l'expression « ceux que l'on lit » se réfère aux livres des Prophètes, et l'expression « ceux que l'on ne lit pas » se réfère aux Écrits ? Bien que ce soient des livres écrits dans n'importe quelle langue étrangère, qui ne peuvent pas être lus, il est enseigné qu'on les sauve. Ceci est donc une réfutation concluante [teyouvta] de l'opinion de Rav Houna !
גְּמָ׳ אִיתְּמַר: הָיוּ כְּתוּבִים תַּרְגּוּם אוֹ בְּכׇל לָשׁוֹן, רַב הוּנָא אָמַר: אֵין מַצִּילִין אוֹתָן מִפְּנֵי הַדְּלֵיקָה, וְרַב חִסְדָּא אָמַר: מַצִּילִין אוֹתָן מִפְּנֵי הַדְּלֵיקָה. אַלִּיבָּא דְּמַאן דְּאָמַר נִיתְּנוּ לִקְרוֹת בָּהֶן — דְּכוּלֵּי עָלְמָא לָא פְּלִיגִי דְּמַצִּילִין. כִּי פְּלִיגִי אַלִּיבָּא דְּמַאן דְּאָמַר לֹא נִיתְּנוּ לִקְרוֹת בָּהֶן. רַב הוּנָא אָמַר: אֵין מַצִּילִין, דְּהָא לֹא נִיתְּנוּ לִקְרוֹת בָּהֶן. רַב חִסְדָּא: אָמַר מַצִּילִין מִשּׁוּם בִּזְיוֹן כִּתְבֵי הַקֹּדֶשׁ. תְּנַן: כׇּל כִּתְבֵי הַקֹּדֶשׁ מַצִּילִין אוֹתָן מִפְּנֵי הַדְּלֵיקָה, בֵּין שֶׁקּוֹרִין בָּהֶן בֵּין שֶׁאֵין קוֹרִין בָּהֶן, אַף עַל פִּי שֶׁכְּתוּבִין בְּכׇל לָשׁוֹן. מַאי לָאו, ״שֶׁקּוֹרִין בָּהֶן״ — נְבִיאִים, ״וְשֶׁאֵין קוֹרִין בָּהֶן״ — כְּתוּבִים, ״אַף עַל פִּי שֶׁכְּתוּבִין בְּכׇל לָשׁוֹן״ — דְּלֹא נִיתְּנוּ לִקְרוֹת בָּהֶן, וְקָתָנֵי: מַצִּילִין, וּתְיוּבְתָּא דְרַב הוּנָא!
Rav Houna a pu te dire : et comprends-tu [la michna] ainsi ? Considère la clause finale [seifa] de la michna, qui déclare : ils requièrent l'enfouissement [gueniza]. Ceci est superflu : maintenant qu'il a été mentionné qu'on les sauve du feu, est-il nécessaire de dire qu'ils requièrent l'enfouissement ?! Plutôt, la michna doit être expliquée [autrement] : Rav Houna l'explique selon son raisonnement, et Rav 'Hisda l'explique selon son raisonnement. Rav Houna l'explique selon son raisonnement : « ceux que l'on lit » se réfère aux Prophètes, et « ceux que l'on ne lit pas » se réfère aux Écrits. Dans quel cas cela est-il dit ? C'est dans un cas où ils sont écrits dans la langue sacrée [lechon ha-kodech] ; mais s'ils ne sont pas écrits en hébreu, dans n'importe quelle autre langue, on ne les sauve pas du feu le Chabbat — et néanmoins ils requièrent l'enfouissement. Rav 'Hisda l'explique selon son raisonnement : « ceux que l'on lit » se réfère aux Prophètes, et « ceux que l'on ne lit pas » se réfère aux Écrits ; même s'ils sont écrits dans n'importe quelle langue autre que l'hébreu, on les sauve également. Et voici ce que dit [réellement] la michna : et même leurs sections de parchemin décomposées [mekak] requièrent l'enfouissement.
אָמַר לְךָ רַב הוּנָא: וְתִסְבְּרָא? אֵימָא סֵיפָא: טְעוּנִין גְּנִיזָה — הַשְׁתָּא אַצּוֹלֵי מַצִּילִּינַן, גְּנִיזָה מִיבְּעֵי? אֶלָּא, רַב הוּנָא מְתָרֵץ לְטַעְמֵיהּ, וְרַב חִסְדָּא מְתָרֵץ לְטַעְמֵיהּ. רַב הוּנָא מְתָרֵץ לְטַעְמֵיהּ: ״בֵּין שֶׁקּוֹרִין בָּהֶם״ — נְבִיאִים, ״וּבֵין שֶׁאֵין קוֹרִין בָּהֶם״ — כְּתוּבִים. בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים — שֶׁכְּתוּבִין בִּלְשׁוֹן הַקֹּדֶשׁ, אֲבָל בְּכׇל לָשׁוֹן — אֵין מַצִּילִין, וַאֲפִילּוּ הָכִי גְּנִיזָה בָּעוּ. רַב חִסְדָּא מְתָרֵץ לְטַעְמֵיהּ: ״בֵּין שֶׁקּוֹרִין בָּהֶן״ — נְבִיאִים, ״וּבֵין שֶׁאֵין קוֹרִין בָּהֶן״ — כְּתוּבִים, אַף עַל פִּי שֶׁכְּתוּבִין בְּכׇל לָשׁוֹן, נָמֵי מַצִּילִין. וְהָכִי קָאָמַר: וּמְקָק שֶׁלָּהֶן טְעוּנִין גְּנִיזָה.
La Guemara soulève une objection à partir de ce qui a été enseigné dans une baraita : s'ils étaient écrits en traduction araméenne [targoum] ou dans n'importe quelle langue autre que l'hébreu, on les sauve du feu le Chabbat. Et ceci est une réfutation concluante [teyouvta] de l'opinion de Rav Houna, qui soutient qu'on ne les sauve pas ! Rav Houna a pu te dire : ce tana tient que les écrits saints non rédigés en hébreu peuvent être lus — tandis que moi, Rav Houna, j'ai énoncé ma règle selon l'opinion du tana qui tient qu'ils ne peuvent pas être lus, et donc qu'on ne les sauve pas. Viens et entends [ta chema] une autre preuve, à partir de ce qui a été enseigné dans une autre baraita : des écrits saints qui étaient rédigés en écriture copte [guiftit, égyptien], mède [madit], ivrit [c'est-à-dire l'ancienne écriture hébraïque], élamite [eilamit] ou grec [yevanit], on les sauve du feu le Chabbat, même s'ils ne peuvent pas être lus. Ceci est une réfutation concluante de l'opinion de Rav Houna, qui tient qu'on ne les sauve pas ! Rav Houna a pu te dire : c'est une controverse entre les tanaim, car il a été enseigné dans une baraita : s'ils étaient rédigés en traduction araméenne [targoum] ou dans n'importe quelle langue autre que l'hébreu, on les sauve du feu le Chabbat. Rabbi Yossi dit : on ne les sauve pas du feu.
מֵיתִיבִי: הָיוּ כְּתוּבִים תַּרְגּוּם וְכׇל לָשׁוֹן — מַצִּילִין אוֹתָן מִפְּנֵי הַדְּלֵיקָה. תְּיוּבְתָּא דְרַב הוּנָא! אָמַר לְךָ רַב הוּנָא: הַאי תַּנָּא סָבַר נִיתְּנוּ לִקְרוֹת בָּהֶן. תָּא שְׁמַע: הָיוּ כְּתוּבִין גִּיפְטִית, מָדִית, עִיבְרִית, עֵילָמִית, יְווֹנִית, אַף עַל פִּי שֶׁלֹּא נִיתְּנוּ לִקְרוֹת בָּהֶן — מַצִּילִין אוֹתָן מִפְּנֵי הַדְּלֵיקָה. תְּיוּבְתָּא דְרַב הוּנָא! אָמַר לְךָ רַב הוּנָא: תַּנָּאֵי הִיא, דְּתַנְיָא: הָיוּ כְּתוּבִין תַּרְגּוּם וּבְכָל לָשׁוֹן — מַצִּילִין אוֹתָן מִפְּנֵי הַדְּלֵיקָה. רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: אֵין מַצִּילִין אוֹתָן מִפְּנֵי הַדְּלֵיקָה.
Rabbi Yossi a dit : il y eut un fait [maasse] concernant mon père, 'Halafta, qui se rendit auprès de l'honoré Rabban Gamliel de Yavne [Rabban Gamliel beribbi] à Tibériade [Tverya], où il le trouva assis à la table de Yo'hanan ha-Nazouf [« le réprimandé »], ayant en main une traduction [targoum] du livre de Job [Iyov], et il y lisait. [Yo'hanan] lui dit : je me souviens de Rabban Gamliel, le père de ton père [c'est-à-dire Rabban Gamliel l'Ancien], qui se tenait au sommet d'une marche [maala] sur le Mont du Temple [Har ha-Bayit]. On apporta devant lui une traduction du livre de Job, et il dit au maçon : enfouis ce [livre] sous l'assise de pierres [nidbakh]. Lorsque [Rabban Gamliel de Yavne] entendit parler de ce fait, il ordonna qu'on l'enfouisse, et on l'enfouit. Rabbi Yossi, fils de Rabbi Yehouda, dit : sur le Mont du Temple, ils renversèrent sur lui un grand pétrin de mortier [areiva chel tit]. Rabbi [Yehouda ha-Nassi] dit : il y a deux objections [techouvot] à ce propos [prouvant que cela ne s'est pas passé ainsi]. Premièrement : d'où aurait-on eu du mortier [tit] sur le Mont du Temple ? [La construction du Mont du Temple se faisait avec d'autres matériaux, non avec du mortier.] Et de plus : est-il permis de détruire activement, de ses propres mains [be-yad], même des écrits saints que l'on ne lit pas ? Plutôt, [tout au plus] on les dépose en un lieu négligé [makom ha-tourpa], où ils sont susceptibles de se décomposer rapidement, et ils pourrissent d'eux-mêmes. [La Guemara cherche à clarifier :] Quels sont les tanaim [qui divergent sur cette halakha, selon Rav Houna] ?
אָמַר רַבִּי יוֹסֵי: מַעֲשֶׂה בְּאַבָּא חֲלַפְתָּא שֶׁהָלַךְ אֵצֶל רַבָּן גַּמְלִיאֵל בְּרִיבִּי לִטְבֶרְיָא, וּמְצָאוֹ שֶׁהָיָה יוֹשֵׁב עַל שֻׁלְחָנוֹ שֶׁל יוֹחָנָן הַנָּזוּף וּבְיָדוֹ סֵפֶר אִיּוֹב תַּרְגּוּם, וְהוּא קוֹרֵא בּוֹ. אָמַר לוֹ: זָכוּר אֲנִי בְּרַבָּן גַּמְלִיאֵל אֲבִי אָבִיךָ שֶׁהָיָה עוֹמֵד עַל גַּבֵּי מַעֲלָה בְּהַר הַבַּיִת, וְהֵבִיאוּ לְפָנָיו סֵפֶר אִיּוֹב תַּרְגּוּם, וְאָמַר לַבַּנַּאי: שַׁקְּעֵהוּ תַּחַת הַנִּדְבָּךְ. אַף הוּא צִוָּה עָלָיו וּגְנָזוֹ. רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: עֲרֵיבָה שֶׁל טִיט כָּפוּ עָלָיו. אָמַר רַבִּי, שְׁתֵּי תְּשׁוּבוֹת בַּדָּבָר: חֲדָא, וְכִי טִיט בְּהַר הַבַּיִת מִנַּיִן? וְעוֹד, וְכִי מוּתָּר לְאַבְּדָן בַּיָּד? אֶלָּא מַנִּיחָן בִּמְקוֹם הַתּוּרְפָּה וְהֵן מַרְקִיבִין מֵאֲלֵיהֶן. מַאן תַּנָּאֵי

Rachi

מותר בקניבת ירק - דשבות לאו איסורא דאורייתא הוא אלא דרבנן והכא משום עגמת נפש שמתקן ואינו אוכל והרי קרוב לעינוי שרי ודווקא מן המנחה ולמעלה שהוא שואף ומצפה לעת אכילה ואיכא עגמת נפש טפי:,כיון דחזי דהוי קא מחרפי - מקדימין לפני המנחה דהשתא לאו עגמת נפש הוא:,אמר להו - לאינשי ביתיה:,אתא איגרתא ממערבא כו' - כי היכי דלקבלו מיניה:

מתני' כל כתבי הקדש - כגון תורה נביאים וכתובים ולא תימא תורה לחוד הוא דשרי למיטרח ולאצולי ולא שאר ספרים:,מצילין אותן - כדקתני לקמן למבוי שאינו מפולש וטירחא בעלמא הוא דשרי בה וחסרון עירוב כדמפרש בגמרא:,בין שקורין בהן - כגון נביאים שמפטירין בהן בשבת בבית הכנסת:,בין שאין קורין בהן - כגון כתובים ורבינו הלוי אמר דאפי' יחידים אין קורין בהן כדקתני טעמא משום ביטול בית המדרש דמשכי לבא ובשבת היו דורשין דרשה לבעלי בתים שעסוקין במלאכה כל ימות החול ובתוך הדרשה היו מורין להן הלכות איסור והיתר וטוב להן לשמוע מלקרות בכתובים:,ואע"פ שכתובין בכל לשון - ואיכא למאן דאמר לקמן לא ניתנו לקרות בהן מצילין אותן:,טעונין גניזה - אסור להניחן במקום הפקר ובגמרא מתרץ לה ורבותי פירשו דהאי בכל לשון דקאמר אכתובים קאי ולא אנביאים ומדומה אני מפני שמצינו ביונתן בן עוזיאל שאמרו תרגום הן מפרשין כך ואני אומר אף בנביאים אם אמר יונתן לא כתבו ולא ניתנו ליכתב והכי מפרש במסכת מגילה (דף ט.) ומאן דאסר בכולהו אסר בר מס"ת יוונית משום מעשה דתלמי המלך ולא מפליג התם בין נביאים לכתובים:,מפני בטול בית המדרש - שהיה קבוע בשבת כדפרישית לעיל:

גמ' איתמר היו כתובין תרגום - אכתובים קאמר ול"נ אכל כתבי הקדש קאי:,אליבא דמאן דאמר ניתנו לקרות בהן - מותר לקרות בכתבי הקדש הכתובין בכל לשון במסכת מגילה (דף ח:) ואין בין ספרי' ותפילין ומזוזות אלא שהספרים נכתבין בכל לשון:,לא ניתנו - (רבן גמליאל) פליג עלה ואמר אף ספרים לא התירו שיכתבו אלא יוונית:,ואע"פ שכתובין בכל לשון - ולא ניתנו לקרות דמדקאמר אף על פי מכלל דלא ניתנו לקרות בהן דאי ניתנו מאי גריעותייהו:

אימא סיפא - לדידך דאמרת אע"פ שכתובין בכל לשון אמצילין קאי אימא סיפא על כרחיך מילתא באנפיה נפשיה הוא וטעונין גניזה בחול פשיטא השתא בשבת מצילינן להו גניזה בחול מיבעיא:,ואפילו הכי בעו גניזה - ודקתני ואע"פ שכתובין בכל לשון לאו אהצלה קאי אלא אטעונין גניזה והכי קאמר אף על פי שכתובים בכל לשון ובשבת אין מצילין אותן בחול מיהא טעונין גניזה:,ומקק שלהם - אם בלו ונעשו רקבון אף המקק רקבובית של אכילת התולעים טעונין גניזה:

עברית - כתב של עבר הנהר:

אבא חלפתא - אבא של רבי יוסי חלפתא שמו:,רבן גמליאל בריבי - לא שהיה בנו של רבי אלא אדם גדול קרי בריבי:,רבן גמליאל אבי אביך - הוא רבן גמליאל הזקן ורבן גמליאל שהיה בדורו של חלפתא הוא אבי אביו של רבינו הקדוש:,גב מעלה בהר הבית - שבהר הבית היו מעלות כשהוא הולך וגבוה כדתנן במסכת מדות (פ"ב מ"ג):,נדבך - שורת אבני הבנין:,טיט בהר הבית מנין - וכי בטיט היו בונין והלא בטרכסיד היו בונים חול וסיד מעורבין וטיט לא הוי אלא עפר ומים:,התורפה - גלוי והפקר:,מאן תנאי - דקאמר רב הונא לעיל תנאי היא מאן מהני תנאי קאי כרב חסדא ומאן כרב הונא:

Tossafot

מתני' כל כתבי הקדש מצילין אותן מפני הדליקה כו' - אומר ר"ת דכולא האי פירקא איירי כשנפלה דליקה באותו בית או באותו חצר דכיון שהאש שם ודאי בהול הוא ואי שרית ליה אתי לכבויי כדמפרש בגמרא אבל נפלה דליקה בבית אחר מותר להציל הכל:

אליבא דמ"ד ניתנו לקרות בהן כ"ע לא פליגי דמצילין - והשתא ספרים שלנו מצילין דנתנו לקרות בהן משום עת לעשות לה' הפרו תורתך כדאמרינן בהניזקין (גיטין ס.):,לא ניתנו לקרות בהן - פירש רש"י דהיינו רבן שמעון בן גמליאל דפליג במתניתין בפ"ק דמגילה (דף ח:) דאף ספרים לא התירו שיכתבו אלא יוונית ופירש הרב פור"ת דהיינו טעמא כיון דלא ניתנו ליכתב אסור לקרות בהן משום דדברים שבכתב אסור לאומרן בעל פה וקשה דאין זה אי אתה רשאי לאומרו בעל פה כיון שאינו אומרו בלשון הקדש אלא באותו לשון כשהן כתובין דהא שרי למימר בעל פה תרגום כדמתרגם רב יוסף:

עילמית יוונית - אומר ר"י דאתיא כרבי יהודה דאסר שאר ספרים לכתוב יוונית ולא התיר אלא בס"ת בלבד אבל רבנן שרו אף בשאר ספרים כדאמר בפ"ק דמגילה (דף מ.):

ובידו ספר איוב תרגום - משמע שבימי התנאים כבר נעשה תרגום כתובים וכן תניא במגילה (דף כא:) במגילה ובהלל אפילו עשרה קורין ועשרה מתרגמין מה שאין כן בתורה אע"פ שיונתן לא עשאו מ"מ שוב נעשה בימי התנאים ודלא כאומרים דתרגום של כתובים רב יוסף עשאו:

Texte : Sefaria — William Davidson Edition - Vocalized Aramaic · traduction française de travail, à valider.

Shabbat 115a
100%
שבת קט״ו אמַסֶּכֶת שַׁבָּת